Russie, immigration, "Quelle Époque", écologie... Jordan Bardella : Le Grand Entretien sur LCI
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Merci d'être avec nous à Strasbourg, au Parlement européen, dans le cœur vibrant de l'Europe, à l'heure où l'Union européenne est sous pression. Trump d'un côté, Poutine de l'autre. Et pour la France, vous, Jordan Bardella, bonsoir. Bonsoir M. Rochemin, merci d'être ici au Parlement européen de Strasbourg. Merci de nous accueillir en tant qu'élus. Vous êtes en tête des sondages au premier tour à la présidentielle. Beaucoup de sujets d'actualité où vous pourrez prendre position. D'abord ce lieu, entrons, commençons à entrer, ce lieu solennel avec tous les drapeaux. En arrivant ici, est-ce que vous vous dites la grandeur de l'Europe ou méfiance, c'est un machin supranational ? Un peu les deux.
On est ici dans la maison de la démocratie européenne. Ici où se joue la vie et l'avenir de 450 millions d'Européens, de plusieurs nations européennes. Et ici, les décisions qui sont prises dans cet hémicycle qui est devant nous à Strasbourg a des conséquences sur la vie des Français. Et moi, je ne cesse de dire à mes compatriotes, l'Europe n'est pas quelque chose d'éloigné. Ce qui se décide à Bruxelles. Ce qui se décide à Strasbourg. Ce qui se décide à Strasbourg, sur l'agriculture, sur l'automobile, sur l'immigration, sur les normes, a des conséquences dans votre vie quotidienne.
Un mot, on a tellement dit que vous étiez un frexiteur caché, qu'en réalité, vous vouliez que... Est-ce que le frexit, pour vous, c'est enterré pour toujours ?
D'abord, je n'ai pas pour habitude de dissimuler mes convictions. On verra. J'espère en tout cas que c'est ce qui ressortira de cet entretien. Moi, je considère que les idées que je porte, que l'Europe des nations, des coopérations, entre États, qui a été un petit peu à la racine du projet politique européen, est en train de s'imposer chaque jour davantage, et que nous gagnons des batailles à la fois idéologiques, mais aussi sur le plan politique. On en reparlera. Donc, pas besoin de sortir. Et la changer de l'intérieur ?
Parce que nous avons, nous Français, une responsabilité double, à la fois à l'égard de nos concitoyens, mais c'est vrai que beaucoup de peuples en Europe attendent aussi ce changement qui viendrait de la France. Vous n'avez pas dit le mot jamais. Le frexit, jamais. On est le premier contributeur net au budget de l'Union Européenne. Vous hésitez à le dire, pourquoi ? Non, je ne suis pas pour la sortie. Il y a une partie de votre électorat qui continue de le penser, vous savez bien. Je ne crois pas. D'abord, je pense que nos électeurs, avec les Français, nous font confiance. Et moi, je veux leur dire que j'ai un principe qui paye, décide.
Nous avons l'une des plus grosses contributions au sein de l'Union Européenne, la contribution de la France au budget de l'Union Européenne, plus de 10 milliards de cash chaque année. Et je ne cesse de rappeler que lorsqu'on est en passe de gagner la partie, on ne quitte pas la table des négociations. Donc, vous voulez prendre le pouvoir de l'intérieur.
On va en parler dans un instant, absolument, avec nos alliés. Des drapeaux, évidemment. 27. 27 drapeaux. Peut-être 28. Certains parlent de l'adhésion de l'Ukraine très rapide. Certains disent même janvier 2027.
J'y suis opposé. Pourquoi ? Avec beaucoup de raisons et beaucoup de mesures. Parce que, d'abord, l'adhésion d'un nouvel État à l'Union Européenne va coûter un argent considérable. D'après le Financial Times, c'est plus de 180 milliards d'euros pour l'adhésion de l'Ukraine à l'Union Européenne.
Ça amènera aussi le plus grand pays, la plus grande surface métropolitaine, en termes, par rapport à la France.
Je ne crois pas que la solution du problème actuel de l'Union Européenne soit dans l'élargissement. Je suis opposé à tout nouvel élargissement. Et puis, on est à quelques mètres, ici, d'une mobilisation d'agriculteurs français qui se battent contre la concurrence déloyale et contre le Mercosur. J'étais, il y a quelques heures, à leur côté. Et faire entrer l'Ukraine dans l'Union Européenne, c'est accentuer cette concurrence déloyale.
C'est la raison pour vous ?
Et c'est faire, évidemment, imploser la politique agricole commune. Donc, aider l'Ukraine, oui, bien sûr. Si demain, l'Ukraine est dans l'Union Européenne, et que l'Ukraine est en guerre, nous aurons un devoir d'assistance
à l'égard de l'Ukraine, il faut que l'Ukraine... En clair, pardon, si elle est attaquée une fois dans l'Union Européenne, on entre en guerre pour la défendre ? C'est ce que prévoient les traités. De la même façon que le prévoient, aujourd'hui, les règles de l'OTAN. Aujourd'hui, pardon, il y a des Baltes, aussi, qui sont là. Si demain, les Russes pénètrent en Estonie, est-ce que la France entre en guerre pour les assister ?
Ce que je peux vous dire, c'est que nous avons, à l'égard des pays baltes, aujourd'hui, nous assurons la sécurité aérienne de ces pays-là. Et si demain, je suis à la tête du gouvernement, la France continuera d'honorer ses partenariats.
Vous tirerez sur la Russie, si les Russes entrent en Estonie ?
La Russie est une puissance nucléaire, monsieur Rochebin. Donc, je serai extrêmement vigilant avec les mots que j'utilise. La Russie est, je le crois aujourd'hui, une menace multidimensionnelle pour les nations européennes, et c'est une puissance nucléaire. Et je pense que l'urgence aux portes de l'Europe, c'est de négocier la paix et d'offrir à l'Ukraine des garanties de sécurité.
Jean-Marc Marnella, on continue à progresser dans le Parlement. Et voici cette première étape, cette cour extrêmement importante. C'est impressionnante, qui manifeste la puissance de l'Union européenne. 450 millions d'électrices et d'électeurs. Un mot là-dessus, c'est beau ou c'est moche ? Premier sentiment ?
Non, ce n'est pas très beau. Je n'ai jamais trouvé que cette cour reflétait ce qu'était l'Europe. Parce qu'au fond, pour moi, avant d'être une machine ou une administration, l'Europe, c'est d'abord et avant tout une identité, une civilisation. Et je pense que c'est aussi pour ça qu'on est regardé avec beaucoup de bienveillance de par le monde.
Madame Mélanie, je crois, dit que la capitale de l'Europe, ça pourrait être Rome. Ou Paris. Vous seriez capable de proposer ça, Paris, capitale de l'Europe ?
Moi, je souhaite radicalement changer le fonctionnement des institutions européennes. Et je souhaite notamment renforcer le rôle du Conseil. Moi, je crois dans l'Europe qui a été l'Europe gaullienne, l'Europe des coopérations entre États.
Donc, pardon, vous connaissez bien, plus de pouvoir au Conseil, moins la Commission, moins Madame von der Leyen ou ses successeurs. Moins de bureaucratie.
Et la Commission européenne s'arroge aujourd'hui des compétences qui ne sont pas les siennes. On l'a vu durant la guerre en Ukraine, en cherchant à s'accaparer la compétence diplomatique de l'Union européenne, me semble remettre en cause fondamentalement ce que devrait être l'Europe. Ce qui est terrible, c'est de voir que l'Union européenne passe son temps à créer de la norme et à réglementer des choses aussi dérisoires que le bruit des tondeuses à gazon, pendant que les grands projets du XXIe siècle, comme l'intelligence artificielle, par exemple, sont totalement absents des débats que nous avons ici.
Parlons-en, et ce n'est pas dérisoire, c'est un grand tournant pour l'Europe. C'est l'abandon de ce qui était un grand projet fondateur pour l'écologie européenne. On renonce à l'interdiction du diesel et de l'essence pour 2035. Est-ce que ça vous rend heureux ?
Ce qui me rend dubitatif, c'est de voir la Commission européenne revenir sur l'ensemble des interdictions et du projet idéologique qui a été le sien depuis très longtemps. Vous l'espériez ? Non seulement je l'espérais, mais nous avons poussé pour, nous avons travaillé pour. Et c'est bien la preuve que nous sommes précisément en train de faire bouger les lignes ici à Strasbourg. Et grâce à nous, grâce à ce premier groupe d'opposition que je présente, au Parlement européen, nous arrivons à enregistrer des victoires idéologiques.
Et aujourd'hui, l'Union européenne, qui de manière totalement dogmatique, idéologique, sans aucune étude d'impact, prévoit la mort de l'industrie automobile, qui est un fleuron de notre identité économique à l'horizon 2035, est évidemment un désastre qui a déjà créé la perte de 40 000 emplois. Donc je me réjouis que nous réussissions ici avec nos alliés de faire bouger les lignes. Je pense que l'Europe retrouvera de la prospérité dans la création de richesses par nos entrepreneurs et par nos producteurs. L'interdiction des ventes de voitures essence et diesel ? Oui.
D'abord, il y a eu un premier assouplissement qui a été décidé par la Commission européenne, par notre pression et par notre travail. Abandon pour toujours l'interdiction. Et il y a en tout cas des normes qui sont aujourd'hui excessives sur l'industrie automobile et qui rendent fous nos chefs d'entreprise. Je vais vous donner un exemple. 25% des ingénieurs de Renault sont des ingénieurs qui sont embauchés par ce grand groupe français pour adapter les réglementations qui sont décidées ici au sein du Parlement européen. Et un deuxième chiffre. Des hausses à venir dans l'industrie automobile sont liées aux réglementations et aux normes qui sont décidées ici par le Parlement européen.
Donc je me bats contre cela. Et moi, je suis résolument du côté de nos entreprises et de nos industriels en France comme partout en Europe. Et si on veut affronter les grands défis du XXIe siècle, on a besoin de croissance, on a besoin de production.
Est-ce que Trump change l'air du temps ? Trump, il va beaucoup plus loin que vous. Vous, on vous sent plus soumis, bien ou mal, parfois à l'air du temps. Moi, je ne suis soumis à personne, monsieur Reuven. Je vous pose la question. Ou alors vous allez me dire à qui est-ce que je vous donne le sentiment d'être soumis. Il y a une arnaque verte. Une arnaque verte. Il considère qu'il y a tout un discours sur l'écologie qui est excessif. Alors lui, il va très très loin. Il va dire, on balaie tout. Est-ce que vous pensez comme lui ?
Je pense que l'écologie poussée à outrance et à excès dans sa dimension politique a contaminé ici les esprits et les décisions qui sont prises. Je veux dire, quand on interdit à un fleuron industriel comme l'automobile de produire des véhicules thermiques à l'horizon 2035 sans aucune étude d'impact, on fait de l'idéologie, on ne fait pas du pragmatisme. Arnaque verte, vous reprendriez ces mots pour vous ? Je pense que c'est de la décroissance. Je pense que ce décroissantisme qui s'appuie sur les lubies d'écologistes poussés à l'excès, d'abord, fausse l'idée même que je me fais de l'écologie.
Je pense que l'écologie est une valeur de droite, que c'est une valeur qui peut s'appuyer sur la raison et le progrès économique, et certainement pas sur la punition ou l'interdiction. Qu'est-ce qu'il y a d'écologiste en vous ? L'amour de ma terre. Oui. La volonté... Vous n'avez pas le monopole de l'amour de la terre ? Non, mais je vais vous donner un exemple très simple. Aujourd'hui, un tiers de l'empreinte carbone dans l'Union européenne est liée à nos importations.
Lorsque je défends la production, lorsque je défends le patriotisme économique et les circuits courts pour permettre aux entreprises qui produisent en France, en Europe, avec de l'emploi français et européen, d'être avantagées, mécaniquement, je réduis l'empreinte carbone. Et puis, je vais vous dire, autre aspect, la question énergétique. Je suis un partisan du nucléaire. Je pense que la France doit redevenir un paradis énergétique. Nous avons, grâce au nucléaire et grâce aux infrastructures qui nous ont été dotées par le général de Gaulle, notamment l'une des énergies les moins chères et les plus décarbonées d'Europe, on doit pouvoir retrouver la maîtrise du prix.
Oui, pour avantager les Français, pour faire baisser les factures et pour avantager les entreprises françaises.
Cette décision sur l'automobile, elle est très forte de symbole. Est-ce qu'on est en train de détricoter ? Est-ce que c'est un changement de cap ? En clair, comme disait Pompidou, est-ce que c'est une façon de dire on arrête d'emmerder ? C'était son mot, les gens.
C'est une humiliation pour la Commission européenne, qui, sous notre pression, revient sur tout ce qu'elle a mis en œuvre contre les intérêts de la France et contre les intérêts de l'Europe.
Les écologistes vous diront que c'est un désastre même de génération. J'ai une fille de 15 ans, comme beaucoup de... C'est presque un crime contre l'humanité de ne pas être conscient du désastre écologique qui est là.
Mais le désastre écologique, il est là. La question environnementale, elle est là et il ne s'agit pas de la nier. En même temps, on remet à la mesure. Non, moi je veux bien qu'on dépende des importations, monsieur Rochebin. Mais à ce moment-là, dans quelques années, on n'aura plus d'emplois en France, on n'aura plus d'industrie en France. Si ce n'est pas nous, c'est les Chinois. On sera verts, mais on sera tous morts. On continue la visite.
Vous êtes là depuis combien d'années ?
Eh bien, depuis mes 23 ans. Depuis 2019.
Ah, mais vous êtes un vieux sénateur. Je fais partie des meubles. On va s'approcher du lieu où on va tourner. Jean-Marie, nous voici donc au cœur du Parlement. Pour l'instant, vous restez un opposant, c'est-à-dire la majorité des députés vous regardent comme un opposant. Oui, je suis sur la tête du... Vous restez un peu sulfureux, vous, pas mal d'enfants.
Non, je ne suis pas sulfureux du tout, monsieur Rochebin. Ça, c'est dans la tête. Ah, eux, vous regardent. Ça, c'est dans les caricatures que font nos adversaires. En revanche, c'est vrai que je préside ici le premier groupe d'opposition. C'est la troisième force du Parlement, mais c'est le premier groupe d'opposition. Et c'est vrai que les équilibres ont bougé. Et aujourd'hui, notamment avec le parti de la droite européenne, qu'on appelle ici le PPE, nous arrivons parfois, sur certains sujets, à travailler main dans la main dans l'intérêt de nos pays. Vous disiez prendre le pouvoir tout à l'heure.
Avec qui exactement ? Les Françaises et les Français se représentent quelques-uns. Alors, la géographie du Parlement, c'est compliqué, parce qu'il y a 27 pays. Mais enfin, en gros, l'AFD, par exemple. L'AFD allemande, vous n'êtes plus dans le même groupe aujourd'hui. Nous ne sommes pas dans le même groupe que l'AFD. Bon, vous les voyez quoi ? Infréquentables ?
Non, l'AFD a pris des positions, il y a quelques mois, qui n'étaient pas compatibles avec le projet que nous portions pour le pays avec Marine Le Pen.
Soyons plus directs, est-ce qu'ils sont fachos ? Est-ce que l'AFD, c'est des fachos pour vous ?
Non, mais je n'utilise pas, moi, ce genre de... N'importe quel mot. Est-ce qu'ils sont des extrémistes ? Ils avaient une ligne politique qui ne correspondait pas à ce que nous avions décidé ensemble, lorsque nous travaillions ensemble par le passé. Oui, mais soyons plus directs. C'est des extrémistes ou ce ne sont pas des extrémistes ?
Non, mais je ne jette pas d'anathème comme ça, M. Rochebain. C'est une définition. Il y a un moment donné, vous savez bien, quand on sort d'un certain cadre, on devient extrémiste.
Non, non, mais ça ne marche pas comme ça avec moi. Je ne jette pas des étiquettes sur les gens extrémistes, fachos, etc. Je ne m'insulte pas.
Ils sont allés jusqu'à imaginer la remigration. La remigration, on sort de... Ou la dénaturalisation des gens.
Oui, et puis il y a surtout eu un certain nombre de prises de position contre des territoires français, notamment dans le territoire d'Outre-mer, de la part de certains élus de l'AFD. Encore une fois, je ne mets pas l'intégralité du mouvement politique allemand en l'occurrence dans cette situation.
Alors avec qui ? Avec qui ? Parce que souvent, en général, vous dites oui, on va avoir des majorités, et quand on entre dans le particulier, ça se gâte un peu parce que vous n'avez pas très envie de vous afficher. Alors avec l'AFD, on a compris que c'est fini. Avec qui d'autre ?
Non, mais M. Rochebain, il y a ici trois grands groupes qui sont des groupes patriotes ou des groupes de droite. Le PPE, qui parfois a regardé vers la gauche et qui de plus en plus se met à regarder vers l'opposition que je représente. Et il y a les conservateurs.
Il y a le début de l'union des droits ici.
Et il y a les conservateurs. Le groupe des conservateurs italiens, dans lequel siègent notamment les eurodéputés de Giorgia Meloni, et il est arrivé à plusieurs reprises, notamment il y a encore quelques jours, sur un texte de simplification pour alléger les normes du Green Deal qui pesait sur les entreprises françaises. Nous, nous sommes alliés, nous avons travaillé ensemble pour supprimer ces normes. Donc il y a des majorités qui existent, qui sont possibles ici au Parlement européen. Et c'est vrai qu'on travaille peut-être avec un petit peu plus de souplesse qu'à l'Assemblée nationale.
Orban, dans cette même émission, nous disait, quand l'ERN arrive au pouvoir, j'ouvre un magnum de champagne. Est-ce que vous ferez pareil s'il est réélu,
s'il regagne les élections là-dedans ? Je lui souhaite de gagner les élections, naturellement. Victor Orban tient tête depuis un certain nombre d'années à la Commission européenne, notamment sur la question de l'immigration. Parce que la Commission européenne, qui a tendance à s'ingérer dans la vie des États, considère comme des adversaires les États membres qui refusent notamment d'accueillir des migrants depuis 2015. Il faut bien comprendre que ici, l'Union européenne fait de l'idéologie et fait de la politique. L'Union européenne considère par exemple que l'immigration n'est pas un problème, qu'elle est un projet.
Moi, je la considère comme un problème et nous sommes de plus en plus nombreux en Europe à considérer cela.
Si on ramasse, Mélanie, Orban sont des alliés. Qui d'autre, pour l'instant ? Vous êtes prêts à former une forme de nouvelle majorité européenne ?
Avec ceux qui partageront les orientations que nous donnerons aux pays. Je vous donne un exemple sur l'immigration. On voit que la France devient une exception en Europe. Regardez partout autour de nous-mêmes des gouvernements conservateurs. L'Allemagne a rétabli des contrôles aux frontières pour se protéger de l'immigration clandestine. L'Autriche a suspendu le regroupement familial. On voit que des gouvernements, y compris qui ne sont pas de notre famille politique, prennent conscience du danger migratoire. Parlons-en plus en détail.
On va s'asseoir. Je vous en prie. Merci à vous. Merci. Vous commenciez le sujet. L'immigration, évidemment, et le changement. Là encore, l'Europe est en train de changer de manière assez étonnante. Et on voit parfois les majoritaires qui sont en train même de vous dépasser sur votre droite, les Danois, les Danois socialistes, je crois que vous êtes allé là-bas.
Absolument. J'ai rencontré le ministre de l'immigration. Et c'est vrai que le Danemark fait figure d'exception pour la gauche en Europe, puisque c'est un gouvernement qui a compris l'inquiétude des classes populaires et qui prend des mesures extrêmement dures sur l'immigration. Peut-être d'ailleurs est un gouvernement qui, aujourd'hui, est un gouvernement de gauche et qui a parmi les mesures les plus restrictives sur l'immigration. Parce que je pense qu'il y a beaucoup de gens de gauche qui ont voté pour le Parti socialiste ou pour une gauche plus radicale toute leur vie, qui ne souhaitent pas alimenter les deux.
Des tensions communautaristes et qui sont extrêmement soucieux de l'équilibre des comptes publics. Et donc qui, par définition, sont extrêmement réservés à l'égard de l'immigration. Et peut-être qu'en France, les idées que je porte rayonnent aussi pour ces personnes qui viennent de la gauche. Ces pays d'Union européenne proposent, par exemple,
des hubs hors Union européenne, donc des centres
pour le renvoi des migrants. Donc ils sont en dehors d'Union européenne. C'était tabou jusqu'à présent. Le tabou est tombé pour moi. Pour vous, non. Mais la France reste sceptique. Le pouvoir en France reste sceptique. Est-ce que vous êtes pour ces hubs ?
Oui, j'y suis favorable. Je suis même favorable à ce qu'aucune demande d'asile ne puisse être traitée sur le sol national. Je suis extrêmement attaché au droit d'asile. Mais je considère que le droit d'asile doit rester une exception et qu'il ne peut pas devenir une filière d'immigration.
Je vous parle vraiment de ces centres de renvoi. Rappelez-vous, quand Mme Mélanie l'a tenté, il y a eu beaucoup de cris en disant « c'est pas très humain, là on tombe dans quelque chose d'autre, d'emmener en dehors de l'Union européenne un centre où on va masser des gens sans toujours savoir combien de temps ils resteront. Ce que les Américains font.
Vous êtes pour. Il m'intéresse de dresser une liste de pays sûrs et c'est ce à quoi nous travaillons ici avec mon groupe, autour notamment de Fabrice Leggeri qui est l'ancien directeur de Frontex, l'agence de garde frontière européenne, qui est un grand préfet français et qui travaille aujourd'hui à nos côtés pour régler cette question si essentielle de l'immigration qui est au cœur des inquiétudes de nos compatriotes, mais aussi partout en Europe.
Et si demain, les Français nous accordent leur confiance, nous déclencherons dès notre arrivée au pouvoir un référendum sur la question de l'immigration et nous intégrerons notamment à ce bouclier juridique, politique, administratif, le traitement de l'asile dans les ambassades et consulats des pays de départ parce qu'on se rend compte aujourd'hui que les gens viennent sur le sol français, ils font une demande d'asile dans deux tiers des cas, ils ne répondent pas aux critères de l'asile et ils restent sur le sol de la République française, bien souvent à la charge
de ceux qui travaillent. Vous n'avez pas répondu sur ces centres. Encore une fois, c'est un peu différent que l'accueil. Je vous ai répondu, j'y suis favorable. Vous au pouvoir, donc ça veut dire qu'il pourrait y avoir un centre de rétention des migrants en attente d'être renvoyés. On sait que ça peut durer très longtemps. Les Américains le font, encore une fois, Trump l'assume absolument, en dehors des frontières de la France et de l'Union Européenne. Vous le ferez ?
Oui, bien sûr. Nous utiliserons ce que j'ai appelé pendant la campagne européenne la double frontière. Je souhaite poser des frontières à l'Europe et c'est la mission de Frontex et ça peut être évidemment la mission de Céob sur lesquelles nous travaillons avec des alliés de circonstance sur ce texte en commission mais également de rétablir des frontières à la France parce que la France c'est une maison et si on supprime à une maison ses portes et ses fenêtres alors tout le monde peut y entrer.
Or je ne souhaite pas que la France continue de devenir un pays d'accueil pour une immigration massive qui vient dans notre pays qui peut bénéficier de prestations sociales alors que nous avons des millions de Français qui n'arrivent plus à joindre les deux bouts et que les grands équilibres de notre société à cause de cette politique d'immigration sont aujourd'hui déstabilisés et je dirais même hors de contrôle.
Certains contrôles aux frontières sont rétablis, on le voit entre les Polonais et les Allemands. En théorie c'est provisoire c'est exceptionnel et on voit bien que c'est en train de s'installer en réalité est-ce que vous le souhaitez partout ?
Mais, monsieur Rochebin je souris parce que ça fait des années qu'on appelle la France et en réalité tous les pays européens à reprendre le contrôle sur l'immigration et à reprendre la maîtrise des frontières or on voit que tous les pays européens sont en train de prendre conscience du danger que représente l'immigration de masse pour notre identité, notre culture, notre sécurité et nos comptes publics. Et moi je vois des pays autour de nous, y compris, vous citiez l'Allemagne.
L'Allemagne a fait partie de ces pays en 2015 sous la responsabilité de Madame Merkel, ont décidé d'ouvrir les bras, d'ouvrir les vannes migratoires, notamment en provenance d'Afrique, du Moyen-Orient et en l'occurrence à l'époque de la Syrie donc moi je plaide pour que la France retrouve la maîtrise de ses frontières et précisément, vous citiez les frontières entre la Pologne et l'Allemagne le code Schengen prévoit déjà la possibilité de reprendre le contrôle des frontières. Mais il faut bien vous comprenier, monsieur Rochebin. Je pense que nous sommes dans des circonstances exceptionnelles. Rediscutez Schengen et Dublin, rediscutez les accords.
Oui, je vais vous répondre, mais il faut bien comprendre qu'Emmanuel Macron considère l'immigration comme un projet. Pour monsieur Macron, qui a battu tous les records d'immigration, y compris quand monsieur Retailleau, la droite, était ministre de l'Intérieur, ne considère pas le phénomène comme un défi négatif pour nos sociétés, mais comme un projet politique. Il n'est pas le seul, monsieur Mélenchon, avec lui.
Vous avez raison. Tous ceux qui considèrent, à tort ou à raison, que vu qu'il n'y a plus une natalité, une fécondité suffisante et on l'a vu, là, ces derniers jours, les courbes qui se sont croisées entre les morts et les naissances si on veut remplacer ça pour payer les retraites, pour travailler, etc. à un moment donné, c'est ça, il le pense. Et comme vous le dites, Jean-Luc Mélenchon, en tout cas, l'assume entièrement.
Oui, Jean-Luc Mélenchon est un macroniste impatient qui partage très certainement le même projet de déconstruction de notre pays dans son économie, dans son système social, dans son identité que monsieur Macron, à la différence près, et que monsieur Mélenchon le fait pour un intérêt électoraliste.
Est-ce que vous lui reconnaissez qu'au moins, lui, a un projet clair ? Quand il dit créolisation, c'est un modèle et il l'assume très bien alors que chez vous, parfois, c'est moins clair. Mais si la population se réduit, un grand pays comme la France, vous le disiez tout à l'heure en entrant dans ce bâtiment, si la France pèse tellement, c'est aussi la logique simplement démographique. Est-ce que vous êtes pour qu'elle se réduise comme le Japon qui assume de dire on n'accueille plus mais on vieillit ?
Je souhaite que l'État considère la natalité comme un défi économique, social et civilisationnel majeur. Et si demain nous sommes à la tête du gouvernement et à la tête du pays, nous mettrons en place une politique fiscale qui favorise les familles, je pense que les mesures qui ont été mises en place, notamment sur l'universalité des allocations familiales, sur la révision du COSAN par M. Hollande... Vous savez très bien que ce n'est pas ça qui change les choses.
Le paradoxe, c'est que ce sont souvent les sociétés davantage pauvres, conservatrices où il y a plus d'enfants. On peut s'en réjouir ou le déplorer, c'est un peu comme ça que ça se passe. Ce n'est pas la prospérité qui amène les gens à faire plus d'enfants.
Je considère que les travailleurs de 2045 ou de 2055, il nous faut mettre en place le cadre. Notamment fiscal, le cadre social, le cadre économique pour que ceux qui ont envie de faire des enfants puissent le faire sans avoir l'inquiétude du lendemain. Je pense qu'il y a une frilosité générale dans notre pays à l'égard de l'avenir parce que nos compatriotes, au regard de la situation du pays, au regard de l'insécurité qui se multiplie, au regard des difficultés économiques, ont le sentiment que leurs enfants et leurs petits-enfants vivront moins bien qu'eux.
Or, moi, j'ai envie précisément de renouer avec cet optimisme français, de rappeler que nous avons l'un des plus beaux pays du monde et que si demain nous avons à la tête du pays des gens qui aiment, respectent et considèrent les Français, considèrent son histoire, son destin, sa géographie, sa géopolitique, son avenir, ces entrepreneurs qui osent, qui créent de la richesse et qui sont l'avant-garde de la souveraineté de demain, la France est encore capable de grandes choses au XXIe siècle.
Jordan Bardella, le rétablissement du contrôle réel du territoire, ça passe par le contrôle du trafic de drogue et la lutte contre le trafic, la lutte contre les mafias qui sont en train d'être développées. Éric Ciotti, votre allié sur notre antenne, hier disait qu'il proposait d'alourdir les peines des consommateurs. Le président de la République dit, je crois, d'aller à 500 euros. Lui, il disait 1000 euros. Vous consommez un joint, 1000 euros d'amende. Est-ce que vous êtes pour ? J'y suis favorable.
Le trafic de drogue est l'un des grands défis qui se posent aujourd'hui à nos services judiciaires et à nos services de police. Il faut mener une guerre implacable à l'égard de tous ceux qui organisent le trafic de drogue, de ceux qui en font commerce au prix de beaucoup de sang dans les rues de France, dans les quartiers français, mais aussi de ceux qui se prêtent à la consommation.
Donc, je suis non seulement favorable à ce que nous renforcions, et nous le ferons demain dans le cadre du choc d'autorité, du rétablissement de l'ordre que je souhaite porter avec Marine Le Pen, mais nous mettrons également en place une politique pénale qui soit ferme, dissuasive, qui puisse nous permettre d'augmenter nos places de prison pour accueillir les délinquants et les criminels qui pourrissent, je le dis véritablement, la vie des Français. Nous expulserons les délinquants et criminels étrangers, nous reprendrons la maîtrise frontière, et puis nous mettrons fin aux remises automatiques de peine, et nous mettrons en place des peines minimales.
Il existe des peines maximales dans le droit français, il doit exister des peines minimales, autrement dit des peines planchers.
Alors, il y a les grands mafieux, mais encore une fois, sur les consommateurs purs, est-ce que vous assumez le côté 1 joint, 1000 euros d'amende ? Oui, bien sûr. Vous voyez, je suis très à l'aise
avec ça, je n'ai jamais touché une cigarette de ma vie, et j'ai encore moins touché un joint. Pas un seul joint ? Jamais, jamais. Vous ne trouverez rien, mais alors vraiment, rien de rien, et je n'ai jamais touché une cigarette de ma vie. C'est Clinton qui a inauguré la question avec, je crois qu'il avait avoué une fois. Absolument, absolument. Je suis très à l'aise avec ce sujet, et je considère que l'addiction aux produits stupéfiants, aux joints, à la drogue, de manière plus générale, a des conséquences cataclysmiques pour la santé, et notamment pour la santé de nos jeunes. Votre allié,
M. Ciotti, va même plus loin, il dit, il faut un processus de honte, c'est-à-dire, non seulement il faudrait une amende de 1000 euros pour le moindre joint, mais il faut aussi donner la liste, publier la liste des sanctionnés.
Je ne sais pas s'il faut publier la liste des sanctionnés, mais en tout cas, c'est une proposition de nos alliés, de l'UDR, d'Éric Ciotti, j'en parlerai naturellement avec lui. Je ne savais pas d'ailleurs qu'il avait fait cette proposition, mais je pense qu'il ne faut pas fermer les yeux sur les têtes de réseau. Le trafic de drogue, il prospère parce qu'il y a dans notre pays 5000 chefs de gang qui sont identifiés par les services de renseignement, qu'il faut neutraliser avec la plus grande fermeté pénale et politique qu'il soit, et notamment sur le modèle des dispositifs anti-mafia qui ont été mis en place par l'Italie, nous devons nous en inspirer.
Pour faire en sorte que la France qui est aujourd'hui, et c'est mon projet, le pays le plus laxiste d'Europe, devienne le pays le plus sévère d'Europe, à l'égard de la délinquance et de la criminalité.
Quand Trump bombarde, bombarde et tue. Vous avez vu la grande polémique qu'il y a aux Etats-Unis parce qu'on est à la limite du droit et beaucoup disent, en dehors du droit même, c'est-à-dire on repère un navire de trafiquants en Caraïbe et l'armée américaine les bombarde et les tue. Oui, c'est une méthode
de dissuasion. Moi je suis pour la politique. Vous avez dit bravo dans un cas pareil ? Vous savez qu'on est un Etat de droit qui parfois nous sclérose notamment face à la délinquance et la criminalité.
Donc moi je souhaite changer le droit et je souhaite effectivement que à la fois les gardes frontières mais aussi Frontex dans une mission de protection des frontières plus larges face à l'immigration clandestine mais aussi face aux trafiquants de drogue et aux trafics en tout genre puissent effectivement mettre en place des actions distinctes dissuasives et notamment des actions de push-back qui consistent à repousser par la force s'il le faut si encore une fois les trafiquants en face sont armés ceux qui tentent au mépris de notre droit et de nos frontières
de les traverser. Il faut toujours penser contre soi-même. Quand Louis Sarkozy dit au contraire il n'est pas le seul la dépénalisation des drogues y compris les plus dures résoudrait qu'est-ce que vous répondez à ça ?
On peut peut-être prendre sa carte à la France Insoumise parce que c'est des propositions de l'extrême gauche ça. Vous voyez. Si demain vous légalisez les drogues qui non seulement auraient des conséquences cataclysmiques pour la santé mentale de nos jeunes et bien les trafiquants de drogue aujourd'hui trouveront autre chose pour générer de l'argent dans ce qui est aujourd'hui une économie parallèle dans notre pays.
Moi vous savez j'ai grandi en Seine-Saint-Denis vous le savez j'ai grandi dans une cité HLM qui est aux mains du trafic de drogue aux mains des trafiquants de drogue et je peux vous dire qu'il n'y a absolument aucun cadeau à faire à ces gens-là et les premières victimes de ce laxisme d'État généralisé de cette culture de l'excuse, ce sont les drogues. Les personnes, les travailleurs, les françaises et les français
qui habitent dans ces cités modestes. On parlait de Trump à l'instant. Il a publié son document sur la sécurité nationale où il parle de ceux qu'il appelle les patriotes européens. Alors je ne sais pas comment vous les désignez d'ailleurs. On dit extrême droite, on dit nationaliste. Vous dites extrême droite. Moi je dis nationaliste. C'est le terme le plus général que vous m'incluez dedans.
Alors vous non, je vous pose la question. Quel nom vous utilisez-vous ? Moi je suis un patriote français et j'appelle patriotes tous ceux qui refusent de voir leur pays mourir. Il y a des millions de français qui sont extrêmement attachés à la France, à ce qu'elle a été et qui refusent de la voir disparaître
notamment dans le fédéralisme européen. Patriote c'est le mot qu'utilise d'ailleurs Donald Trump. Il vous tend la main en quelque sorte. Il dit je veux des champions de mes idées dans chaque grande région d'Europe. Il pense forcément à Mme Meloni et il pense forcément à vous. Qu'est-ce que vous lui répondez ?
Que nous sommes français et que lorsqu'on est français on est un pont entre l'Est et l'Ouest mais on est surtout attaché à l'indépendance de notre pays. Moi je ne perçois pas le destin de la France dans la servitude à l'égard d'un état, quel qu'il soit. Et c'est vrai qu'on a un peu trop tendance à se voir plus petit qu'on ne l'est réellement. Il y a deux choses intéressantes dans cette stratégie qui a été proposée par les américains. D'abord il y a un constat du président Trump que je respecte pour sa capacité à défendre les intérêts américains qui est celui de l'effacement civilisationnel de l'Europe.
Ce constat que demain l'Europe pourrait ne plus être l'Europe il est partagé par des millions de français, sous le poids du communautarisme, de l'islamisme et d'une politique migratoire hors de contrôle.
Est-ce que ça montre pour vous qu'il aime l'Europe ? Est-ce que ça montre pour vous que contrairement à ce qu'on dit parfois, il aime l'Europe ?
Ou cette Europe-là en tout cas ? J'ai la naïveté de croire et de penser mais ça c'est mon côté un peu chauvin monsieur Rochebin que la France et l'Europe sont capables de parler à tous les cœurs et à toutes les consciences du monde. Vous savez, Michelet disait, la France est une personne.
Et je crois que la France est une personne avec son histoire, avec ses sentiments avec sa beauté son élégance et parce que nous sommes la France, parce que nous sommes une civilisation qui n'a eu de cesse d'étonner le monde et bien à l'extérieur de nos frontières très loin du territoire français et bien je pense qu'il y a beaucoup de gens qui sont extrêmement malheureux de voir cette civilisation millénaire sombrer aujourd'hui se renier nier son histoire, ses valeurs son identité, ses coutumes or moi je pense que pour savoir où on va il faut savoir qui on est et si demain on veut remettre le pays sur le chemin de la prospérité et bien il faut qu'on soit capable non pas de nier notre existence, non pas de déboulonner nos statuts mais d'assumer qui nous sommes nous sommes le peuple français nous appartenons à une civilisation européenne qui a été forgée par 2000 ans d'histoire chrétienne et je pense que ceux qui cherchent à nier aujourd'hui cette existence et bien créent les conditions d'un affaissement culturel, politique et civilisationnel de l'Europe
La France, le Royaume-Uni ont été des très grandes puissances coloniales j'étais frappé de voir combien ce débat revient dans l'histoire, dans notre émission il y a quelques jours, Jean-Michel Apathy demandait à Edouard Philippe est-ce que la colonisation était un crime ?
Monsieur Apathy voulait même, je crois, raser le château de Versailles Vous voyez, Monsieur Apathy il me fait penser à à ce concept qui est défendu par Alain Finkielkraut dans l'identité malheureuse dans lequel il parle de loïcophobie la haine de la maison mère et Monsieur Apathy est précisément de ce concept qui consiste à nier ce qu'on est soi-même
Je pose une question de fond est-ce qu'une puissance peut rester immobile ? Le grand rêve européen, il est incarné ici c'est au fond d'être immobile on veut gagner des parts de marché économiques mais on ne veut plus coloniser personne les Chinois, eux, ont gardé l'énergie l'agressivité colonisante peut-être ça se jouera à Taïwan les Américains l'ont beaucoup de puissance l'ont les empires l'ont, la Russie l'a
l'Europe rêve de ne plus l'avoir est-ce que c'est possible ça ? La France doit renouer avec son instinct de puissance la grandeur et l'indépendance et je vais vous dire Monsieur Rochebin dans le monde qui vient dans le monde plein de troubles qui nous entourent les naïfs et les gentils disparaîtront parce qu'ils seront mangés par les forts
Est-ce que ça voudra dire être plus agressif ? Pardon, je vous donne un exemple parce que je trouve qu'il est très concret en Afrique, en Afrique souvent ces derniers temps la France a reculé parce que pour de bonnes ou de mauvaises raisons elle dit c'est du colonialisme quand il y a un coup d'Etat on s'en mêle plus De Gaulle l'a fait, Pompidou l'a fait Giscard l'a fait encore, Chirac l'a fait parfois, maintenant on dit on arrête Vous Président, est-ce que vous reprendriez ça ? C'est une politique un peu plus agressive où on dit même si on n'est pas chez soi la France n'est pas chez elle en Afrique
mais elle se mêle des affaires Monsieur Rochebin, si la France n'est plus elle-même de par le monde et notamment sur un continent sur lequel les liens historiques et culturels sont très forts moi j'ai beaucoup de respect pour les peuples d'Afrique j'ai beaucoup de respect pour les états africains mais si demain nous sommes à la tête du pays nous discuterons avec eux d'égal à égal non pas dans des logiques non pas dans des logiques d'accompagner un développement mais dans des logiques d'investissement, de partenariat stratégique Vous savez, je pense qu'entre l'Est et l'Ouest Tout le monde entre l'Est et l'Ouest
s'ignorait des deux mots que vous venez de dire on ne parle pas de ça on parle de ce qu'on fait la France parce que la France a fait longtemps jouer l'intervenance
c'est autre chose Emmanuel Macron a éteint la voix de la France et il s'est fâché avec beaucoup de gens beaucoup de chefs d'Etat africains réussissant, pardon monsieur Rochebin le luxe de nous fâcher et avec l'Algérie et avec le Maroc, il fallait quand même le faire donc notre voix est en train de s'éteindre partout dans le monde et je vais vous raconter une anecdote il y a quelques mois j'ai été reçu par le gouvernement des Emirats Arabes Unis au début du mois de juin les Emirats Arabes Unis sont un très grand pays qui regarde la France avec du respect avec de la déférence pour ce que nous sommes et pour ce que nous avons incarné par le passé et d'ailleurs le président Chirac était je crois l'un des seuls dirigeants occidentaux présent à l'enterrement de Cheikh Zayed qui est le père de la nation donc il y a des liens très forts avec notre pays ils disent quoi les Emirats Arabes Unis ?
ils disent n'oubliez pas que vous êtes la France et il y a un ministre qui m'a dit le problème avec vous aujourd'hui, avec vous français c'est que vous avez l'un des plus grands pays du monde mais vous manquez d'appétit or moi j'ai envie que la France renoue avec cet appétit j'ai envie que la France renoue avec une voix diplomatique autonome, libre, indépendante c'est la raison pour laquelle si demain je suis Premier ministre je rétablirai dès mon arrivée à Matignon une République qui a été supprimée par le Président de la République dans sa volonté de déconstruire tout ce qui fait les fondements de l'Etat français et de la République française et donc je souhaite que la France puisse rétablir une relation d'égal à égal parler entre être ce pont entre l'Est et l'Ouest mais aussi être capable de regarder vers le Sud global parce que si on veut demain résoudre le défi migratoire alors il nous faudra discuter avec un certain nombre de pays africains et c'est précisément dans cet état d'esprit constructif que je m'inscrirai si demain les Français nous accordent leur conscience
Je vous ai posé la question Trump, pour vous c'est une bonne surprise L'élection de Trump ? La présence de Trump, les progressistes ont été tellement ravis avec raison que Obama soit là les anticommunistes, que Reagan soit là pour vous nationaliste, français, européen l'arrivée de Trump c'est une bonne surprise
Ce qui m'a fait plaisir c'est de voir le visage et la mine des confites des observateurs et des journalistes de gauche c'est vrai que je n'ai pas boudé mon plaisir mais Donald Trump il défend les intérêts de l'Amérique
Le problème Monsieur Rochebard Il y a une influence des idées On a l'impression que ça vous gêne un peu Vous savez très bien comme moi que on vous cherche là-dessus sur le thème est-ce que vous allez être les caniches des Américains Il y a toujours en Europe des caniches des Européens Qui est caniche des Américains aujourd'hui Monsieur Rochebard ?
Je vous pose la question Qui est allé signer cet été au mois d'août dans le bureau Oval pendant que Monsieur Trump terminait sa partie de golf un accord économique qui est un accord de servitude qui prévoit l'achat sans contrepartie de 650 milliards de dollars de matériel d'investissement américain de 750 milliards d'énergie américaine Vous auriez été plus dur ? Qu'est-ce que vous auriez fait de plus ? Mais moi j'aurais défendu les intérêts Pourquoi Monsieur Rochebard ? Attendez la critique est facile
Vous avez raison ils se sont couchés
D'abord constat Ce n'est pas moi qui me couche C'est la présidente de la commission européenne Et en plus on se prend des droits de douane de 15% avec un dollar déprécié de 12% Qu'est-ce que vous auriez fait de plus ? L'état de déséquilibre entre la France et les Etats-Unis il est aujourd'hui même au moment où on se parle Deuxièmement je vous rappelle que l'essentiel 80% des augmentations de budget qui ont été décidées après le déclenchement de la guerre pour soutenir l'Ukraine dans les pays membres ont été déployées au profit d'entreprises extra-européennes et notamment d'entreprises américaines et c'est la raison pour laquelle moi je défends la préférence européenne
dans les marchés publics et notamment dans les achats d'armement Vous êtes très doué pour 20% de l'Union Européenne Un exemple simplement de ce que vous auriez fait en plus que Mme von der Leyen pour dire allez, on est fort face à Trump, on ne se laisse pas avoir
Vous connaissez bien la Suisse, M. Rojlo Pourquoi est-ce que la Suisse a réussi
Pourquoi est-ce que la Suisse a réussi
à diminuer ses droits de douane de 30% à 15% avec les Etats-Unis ? Pourquoi est-ce que l'Angleterre est-ce que le Canada réussissent à obtenir de bien meilleurs accords économiques que la France et que l'Europe ?
Parce qu'ils sont meilleurs, parce qu'ils ont confiance d'eux-mêmes, parce qu'ils ne conçoit pas l'avenir de leur peuple dans la servitude et dans la soumission Donc vous voyez les grands dirigeants de ce monde que seront par exemple demain et que sont aujourd'hui le président Trump qui est le président qu'on le veuille ou non de la première puissance économique mondiale il faut les regarder dans les yeux et pas regarder leurs chaussures Or précisément regarder leurs chaussures et vivre à genoux devant les grands de ce monde c'est précisément ce qu'a fait Emmanuel Macron et ce qu'a fait la présidente de la Commission Européenne depuis 2019
Jean-Anne Bardella, parlons de vous plus précisément Il y a un phénomène, Bardella qui est très stable, qu'on vous aime, qu'on ne vous aime pas 2025 aura été le moment peut-être que vous montrez encore dans les sondages, les livres combien vous avez vendu votre livre à ce stade ?
J'en ai vendu 80 000 en un mois Donc c'est plus que Nicolas Sarkozy ? Nicolas Sarkozy a un petit peu plus d'expérience littéraire parce que je crois qu'il a dû écrire une dizaine de livres Vous êtes en concurrence ? Non, je ne suis pas en concurrence et je me réjouis que qu'il y ait aussi un rééquilibrage dans le monde culturel et c'est vrai que quand on voit aujourd'hui les livres qui se vendent bien c'est vrai qu'il y a celui du président Sarkozy il y a le mien, il y a celui de Philippe de Villiers il y a celui d'Éric Zemmour comme quoi le monopole de la bataille culturelle n'appartient plus à la gauche Jean-Anne Bardella, ces sondages sont entre emplois
c'est-à-dire que ce sont des sondages de premier tour
Je me méfie des sondages
Et vous avez bien raison, et on se méfie tous Au second tour, que se passerait-il ? Qu'est-ce qui cette fois ferait que ce qui s'est passé en 2002, en 2017 en 2022, au législatif de 2024 à chaque fois le RN est haut très très haut, mais il y a ce plafond qui fait qu'une partie des gens se disent que ce n'est pas convenable En une phrase, qu'est-ce qui fait qu'aujourd'hui ce serait différent que toutes les fois précédentes ? Qu'est-ce qui aurait changé ?
D'abord, les sondages qui sont faits aujourd'hui sur le second tour nous donnent gagnant quel que soit le cas de figure, au second tour l'élection présidentielle, si elle avait lieu dimanche Qui est prenable après vous ?
Edouard Philippe est prenable ?
Vous pouvez battre Edouard Philippe ? En 2012, on faisait 17% 2017, 5 ans après, on a fait 34% En 2022, 42% et aujourd'hui, nous sommes donnés gagnant après une victoire avec un score inédit aux élections européennes et le premier groupe de députés à l'Assemblée nationale, donc je me bats pour convaincre les Français, je veux juste dire aux gens qui nous regardent ce soir, notre pire adversaire c'est le temps.
Nous pouvons encore aujourd'hui changer le destin de la France et changer le quotidien des Français Peut-être que dans 5 ans ou dans 10 ans on ne le pourra plus, donc l'élection présidentielle qui viendra est un choix de civilisation et je dis aux Français ce que vous vivez, c'est la conséquence de choix politiques, on peut encore changer votre quotidien si on change les choix politiques alors naturellement votre quotidien peut changer
Est-ce que le nom Le Pen est davantage pénalisé que le nom Bardella ? Vous m'avez posé cette question à peu près 10 fois, Monsieur Rochebin
Vous savez combien ça a évolué Vous savez combien ça a évolué Il y a des gens qui se répètent, d'autres qui se contredisent moi je suis de ceux qui se répètent manifestement vous aussi et c'est bien d'avoir cette forme de conscience mais je vais vous faire exactement la même réponse que je vous ai formulée à plusieurs reprises je ne crois pas que le nom Le Pen soit pénalisant nous travaillons aujourd'hui avec Marine main dans la main, elle m'apporte une expérience certaine, j'essaie d'apporter avec la fougue de mes 30 ans une énergie une sensibilité, un regard mais nous travaillons évidemment main dans la main et je souhaite qu'elle puisse se présenter
à l'élection présidentielle Il y a eu un petit changement de votre côté c'est-à-dire, moi je crois avoir senti un certain nombre de changements aujourd'hui vous dites au fond si Marine Le Pen ne parvient pas en procès, en appel à passer cette barrière et bien vous êtes candidat et vous pouvez gagner aussi bien qu'elle est-ce que ce n'est pas une façon d'ouvrir la voie ?
C'est une façon de dire et de rappeler que quoi qu'il arrive, quoi qu'il se passe et même si une décision de justice aussi scandaleuse soit-elle venait à priver des millions et des millions de Français de leur candidate à l'élection présidentielle et encore une fois je me battrais à ses côtés pour qu'elle puisse prouver son innocence au début de l'année nous serons là quoi qu'il arrive
et nous gagnerons cette élection présidentielle
Vous êtes tous les deux candidats à égalité des chances ? Égalité des chances, ça veut dire quoi ?
Je sais très bien ce que ça veut dire Elle est notre candidate naturelle je suis candidat au poste de chef de gouvernement nous serons là quoi qu'il arrive et je n'ai pas pour habitude de me lancer dans une bataille électorale pour la perdre l'intérêt du pays exige le rassemblement et d'ici à l'élection présidentielle quel que soit mon rôle à créer les conditions du rassemblement le plus large possible parce que je crois qu'il peut exister dans le pays une majorité pour défendre la France pour rétablir la sécurité pour déclarer la paix fiscale pour redonner des libertés aux entreprises pour augmenter le pouvoir d'achat pour redresser l'école sur tous ces grands chantiers de bon sens je crois qu'une majorité de Français considère qu'un changement est nécessaire
La politique passe très bien par des choses très superficielles vous savez comme moi, cette émission de télévision où vous êtes fait maître en boîte par Roselyne Bachelot
mais je veux dire monsieur Rochebin, vous pouvez reprendre les montages de la France Insoumise qui ont été faits par des militants de gauche mais voyez bien à quel point la période est malhonnête voyez bien à quel point avec un montage on peut faire dire tout et n'importe quoi à quelqu'un je me suis retrouvé sur un plateau de télévision du service public sous les moqueries d'un certain nombre d'observateurs qui étaient présents sur le plateau qui n'avaient pas jugé utile de me répondre sur le fond de mes arguments et qui préféraient qu'il y ait un jeu partout c'est le jeu monsieur Rochebin mais je sais que je joue à un jeu où les règles sont plus dures pour moi qu'elles ne le sont pour les autres et la réalité c'est quand on n'a plus rien à me reprocher sur le fond quand on n'a plus rien à contester sur mes idées et bien on essaye de dézinguer la personne et c'est sans doute à quoi je serai confronté dans les prochains mois j'y suis prêt et je rassure mes adversaires je suis extrêmement solide
est-ce que vous vous êtes dit merde, merde
j'aurais dû penser à répondre ceci ou cela pas du tout mais j'ai répondu monsieur Rochebin si vous voulez vous êtes dans une émission de télé qui est une émission de divertissement dans laquelle on utilise parfois des toits un petit peu légers je veux dire
je ne comprends pas ce qu'on me reproche non mais il n'y a rien de grave, objectivement il n'y a rien de grave mais vous savez comment est faite la politique c'est le point d'appui pour certains de dire mais ce n'est pas de la politique monsieur Rochebin les coups bas et les coups hauts ce n'est pas des coups bas
c'est qu'on essaye si vous voulez de découper de manière malhonnête comme on le fera très certainement pour cette émission vous voyez je ne demande rien d'autre mes opposants découperont des extraits de cette émission ils feront des montages
et puis ils chercheront à désinguer
si je suis attaqué monsieur Rochebin c'est parce qu'on est donné gagnant c'est aussi la rançon de je ne vais pas dire du succès mais en tout cas de ces sondages parce que la place de numéro 1 ou de numéro 1 bis en politique c'est peut-être la plus périlleuse
les attaques contre vous effectivement quand ici liées à vos activités au parlement européen certains vous reprochent d'avoir employé le service d'un coach financé par les fonds du parlement européen vous contestez absolument oui totalement
il faut bien comprendre qu'ici le parlement européen vous donne des budgets qui sont des budgets pour faire de la communication donc tout a été évidemment fait dans les règles validé par le parlement européen et la somme qui est mentionnée en l'occurrence concernait aussi plusieurs députés européens puisqu'effectivement on a suivi des formations enfin un certain nombre de parlementaires de mon groupe ont suivi des formations donc le parlement a tous les documents il n'y a absolument aucune difficulté on verra bien pardon ça arrive quelques jours après des sondages où nous sommes donnés gagnants à l'élection présidentielle ça veut dire qu'on veut votre peau ?
oui je pense que mes adversaires politiques sont prêts à tout contre moi tous les coups sont permis
vous pensez que de la même façon que Marine Le Pen risque d'être empêché définitivement certains pensent ou rêvent de vous empêcher
vous n'êtes pas naïf monsieur Rochebin quand même vous avez de l'expérience de la vie politique la politique est devenue un chemin de croix c'est pas pour rien que personne n'a envie d'en faire en première ligne aujourd'hui et qu'on est très peu nombreux à vouloir assumer le sacrifice et les responsabilités qui vont avec mais je rassure mes adversaires j'ai le cuir solide et je repense à cette phrase du général de Gaulle dans un livre remarquable qui s'appelle le fil de l'épée
le caractère et la vertu des temps difficiles derrière ça encore une fois c'est des choses très légères ça n'a aucune importance dans un moment on n'en parlera peut-être plus vos adversaires qui disaient en substance c'est un facho masqué disent plutôt maintenant il est bête c'est un peu là d'abord qu'est-ce qui est le plus flatteur d'après vous ? pourquoi est-ce que je leur fais
si peur alors ?
si mon discours est creux alors ils ne devraient pas avoir à s'inquiéter je pense qu'il y a aussi une forme de mépris social de la part de beaucoup de gens qui considèrent que parce que je n'ai pas fait les grandes écoles je devrais rester à ma place qui considèrent que parce que je n'ai pas été ministre avant je ne devrais pas pouvoir défendre mes compatriotes je pense qu'il y a derrière ces accusations derrière cette médisance qui ne vise pas mes idées mais qui me vise encore une fois personnellement une forme de mépris social et vous savez je pense que quand les français voient ces attaques personnelles qui me sont faites sur le fait que je serai inculte mal formé etc en réalité je dis aux français c'est vous qui le méprise ce sont des millions de français qui n'ont pas fait les grandes écoles et qui ont aussi très bien réussi qui ont monté des entreprises qui ont monté des industries on peut ne pas avoir de diplôme et avoir créé les plus grandes entreprises au monde
c'est le cas de beaucoup de chefs d'entreprise donc je n'ai aucune quels exemples vous vien à l'étranger
vous avez des gens qui se sont construits eux-mêmes vous avez des grands patrons français je pense par exemple à Xavier Niel qui s'est construit tout seul qui a grandi en banlieue et qui est aujourd'hui l'un des plus grands patrons de l'économie française à la tête d'un grand groupe donc je veux dire on a le droit d'avoir fait les grandes écoles et on a le droit à l'inverse de défendre ses compatriotes moi vous voyez je me sens lié à la vie de millions de français parce que j'ai grandi dans une cité modeste que mes parents m'ont élevé avec des moyens modestes et je conteste totalement les reproches qui me sont faits par mes opposants
l'expérience c'est un fait objectif encore une fois il y a des gens qui ont plein d'expérience et qui ont fait n'importe quoi je crois qu'on l'a assez vu ces dernières années l'expérience c'est effectivement un fait objectif on en a ou on en a pas mais Emmanuel Macron avait été ministre de très grand ministère quoi qu'il en soit
1200 milliards d'euros de dettes supplémentaires déficit commercial record insécurité qui explose
c'est vrai que l'expérience lui a servi en terme d'exécutif vous n'avez pas eu du tout d'expérience d'exécutif, de pouvoir, même de pouvoir sur une mairie une entreprise etc vous êtes un apparatchik il y a des apparatchiks qui ont fait de très belles carrières
je suis président du premier parti de France je suis président du premier parti de France je le suis depuis l'âge de 26 ans je suis député dans cette maison le parlement européen parlementaire depuis l'âge de 23 ans j'ai été élu pour la première fois dans un mandat local en tout cas régional à l'âge de 19 ans donc je n'ai pas honte dans le cadre d'une préparation à une mission importante en politique et celle de chef de gouvernement d'avoir exercé des responsabilités politiques à plus modeste niveau je n'ai pas honte de cela et encore une fois les leçons si vous voulez de gens qui se prétendent comme des experts et qui ont tout raté dans notre pays et qui ont mis mon pays la France
au bord d'une situation de ruine économique et de faillite budgétaire franchement je m'en passe donc qu'est-ce qui vous a tanné le cuir ?
beaucoup tournent autour de ça c'est 30 ans quand même le pouvoir la France est la 7ème puissance économique de la terre Mitterrand disait il faut avoir souffert il avait eu l'affaire de l'observatoire tous n'ont pas souffert mais beaucoup de ceux qui ont accédé à la fonction suprême ont pris des coups, donné des coups, ont eu des cicatrices la biographie elle est connue à 16 ans vous entrez au FN la première élection etc mais on a la peine à voir des moments où vous avez vraiment souffert ou au contraire éprouvé quelque chose de fort là où vous avez tanné le cuir
donnez-nous un exemple je peux vous laisser ma place pendant quelques jours vous me direz si c'est simple je ne vous fais pas la leçon
je vous pose la question un moment où vraiment vous avez eu le cuir tanné
Monsieur Rochevin je ne vais pas m'inventer il y a 40 ans de vie politique vous voyez donc j'ai 30 ans si tout se passe bien j'en aurai 40 dans 10 ans et je n'y pourrai rien mais ce que je note et je le note de la part de mes adversaires et de mes détracteurs aussi quand un maire de New York est élu à l'âge de 34 ans toute la gauche applaudit quand un premier ministre français est nommé à l'âge de 33 ans toute la droite applaudit quand c'est le rassemblement national ça fait tiquer les observateurs de poids, de mesures
pour regarder ce que faisait Napoléon à 30 ans je ne sais pas ce qu'il faisait
il avait déjà conquis l'Italie Napoléon à qui d'ailleurs on reprochait Napoléon Napoléon à qui d'ailleurs on reprochait son jeune âge disait souvent et je fais mienne cette phrase on grandit vite sur le champ de bataille et j'en arrive disait-il Est-ce que Nicolas Sarkozy sera votre coach ? Non il ne sera pas mon coach et je ne crois pas que c'est son souhait mais je respecte
quelque chose de ça quand on voit les dernières déclarations sur vous je respecte le président Sarkozy il dit en gros vous êtes un jeune gars du RPR sa thèse c'est voilà vous n'êtes pas si différent idéologiquement d'un Chirac, d'un Pascua à l'époque vous êtes un jeune gars du RPR
je pense être un homme de mon temps et de ma génération Chateaubriand disait pour être l'homme de son pays il faut être l'homme de son temps j'essaie d'être l'homme de mon temps je le suis, je suis l'homme de ma génération donc j'évite de m'inscrire en comparatif je n'ai pas raison avec ce qui a pu être le RPR par le passé mais ce qui est certain c'est que le président Sarkozy pour qui j'ai du respect est celui qui a emmené la droite au pouvoir en 2007 quoi qu'on en dise et qui a fait cette jonction entre les classes populaires les classes moyennes et une partie de l'élite entrepreneuriale or moi j'ai aussi envie de m'adresser à cette élite entrepreneuriale, à ces déçus de la droite, à ces gens qui ne se reconnaissent plus à ce peuple de droite qui ne se reconnait plus aujourd'hui dans le Macronisme et avec qui il faut travailler
le fameux chaînon manquant qui vous manque jusqu'à présent entre la droite nationaliste et la droite plus convenable entre guillemets très longtemps vous nous citez toujours Bellamy qui est là et très sympathique pour vous il pèse pas autant que Nicolas Sarkozy est-ce que Sarkozy peut être dans votre stratégie le pont qui fera le lien en quelque sorte pour aller capter un certain nombre d'électeurs moi je ne demande rien mais
encore une fois il a été moi j'ai des principes donc je me les applique mais je les applique aussi à mes adversaires politiques lorsque quelqu'un qui a été président de la république est mis en prison avec une exécution provisoire que je conteste à titre personnel parce que je considère qu'elle fait fi du double degré de juridiction et que l'exécution provisoire s'est appliquée pour Nicolas Sarkozy parce qu'il était Nicolas Sarkozy donc je veux dire je ne peux pas m'empêcher lorsque on a des principes et bien de les appliquer aussi à mes adversaires quand je vois avant même le caractère définitif de la peine et d'ailleurs le fait qu'il était remis en liberté démontre que l'exécution provisoire ne s'appliquait pas lorsque on fait fi du calendrier théorique qui veut que la légion d'honneur soit retirée une fois que la condamnation est définitive et qu'on décide avant même cela de lui retirer cette légion d'honneur alors même que c'est aussi l'homme de HB qui est rentré dans une école à Neuilly dans les années 90 pour sauver des enfants d'une prise d'otages et bien oui ça me gêne et je le dis quand j'ai quelque chose à dire je le dis même si ça concerne Nicolas Sarkozy je le dis comme quelque chose de bienveillant à son égard et encore une fois je peux avoir des désaccords avec Nicolas Sarkozy mais respecter l'homme qui traverse des épreuves qui sont difficiles et qui nécessite une énergie certaine et il a cette énergie certaine vous dites qu'il a souffert d'une injustice vous président, est-ce que vous pourriez le gracier ?
mais la question ne se pose pas je ne suis pas candidat à l'élection présidentielle la question ne se pose pas et vous savez qu'une grâce d'ailleurs s'applique lorsqu'une peine est définitive donc je n'ai pas vocation vous évitez un peu la question
si vous étiez un jour en position de le faire vous dites qu'il est victime d'une injustice si un jour vous êtes en position de le faire est-ce que vous le gracieriez ? Monsieur Rochebin, il a fait appel de la décision
donc je ne vais pas vous répondre sachant qu'une procédure de justice est en cours et qu'en l'occurrence c'est une question sensible
donc vous l'évitez un peu je ne l'évite pas, je vous ai répondu c'est très important c'est pas courant que l'ancien président et vous l'avez dit vous-même est-ce que vous prononceriez ou non la grâce pour lui ?
je viens de vous répondre monsieur Rochebin je ne peux pas me prononcer mais sur quelle peine ?
vous avez dit qu'il est victime d'une injustice
donc s'il est victime d'une injustice
ça veut dire qu'il va gagner en appel
vous savez comme moi que la justice est la justice vous demandez de me mettre dans une configuration qui n'existe pas j'essaie d'être respectueux du calendrier judiciaire
Madame Le Pen est victime d'une injustice de votre point de vue vous l'avez dit vous-même qu'il y a un doute sur la justice chacun est libre de son jugement à ce sujet sur certaines décisions de justice vous l'avez expliqué de la même manière Madame Le Pen
si vous étiez président mais non puisqu'elle gagnera son procès en appel vous fuyez encore deuxième fuite vous avez une conviction vous savez qu'un jugement se fonde aussi sur une conviction et je ne vais pas me mettre dans une configuration de m'exprimer sachant que ma conviction en vient à son innocence
Jordan Bardella aujourd'hui quand on parle d'union des droites est-ce que les choses sont en train de bouger ? Nicolas Sarkozy encore lui quand il dit le front anti-RN a vécu il fait état de la conversation qu'il a eu au téléphone avec Marine Le Pen ça c'est la théorie mais en pratique le début d'une forme de rapprochement avec la droite ce sera quoi ?
vous êtes ici à quelques mètres de l'hémicycle du parlement européen nous travaillons à faire bouger les lignes et je travaille personnellement à faire bouger les lignes parce que je ne veux pas et je ne voudrais jamais que des électorats qui partagent l'essentiel mais qui se tiennent à distance parce que des sensibilités sont différentes
ne se parlent jamais c'est pas ici avec les députés danois
vous savez il y a des députés français de LR ici
et nous avons à plusieurs reprises
on parle de monsieur Bellamy on parle de madame Borana qui sont des gens respectables et des gens très talentueux et je veux dire que lorsqu'il y a des textes qui vont dans l'intérêt de nos compatriotes par exemple il y a quelques semaines on a voté ensemble la directive omnibus c'est un peu technique mais c'est de la simplification de normes pour les boîtes françaises parce que moi je pense que les entreprises françaises sont en train de mourir de cette paperasse administrative nous avons travaillé attendez attendez attendez nous avons travaillé ensemble donc vous avez des exemples concrets je pense que cette union ne passera pas par les appareils politiques en revanche moi j'ai envie d'aller parler à ce peuple de droite qui ne se reconnait pas dans Emmanuel Macron qui ne veut pas voir Edouard Philippe devenir Président de la République et qui est extrêmement soucieux de ce que va devenir la France son identité, sa sécurité sa liberté et son indépendance et à ce peuple de droite là moi j'ai envie de dire travaillons ensemble créons des ponts parce qu'on est d'accord sur l'essentiel et dans l'intérêt du pays nous devons en vue de la prochaine élection présidentielle nous rassembler
vous président ou vous premier ministre puisque on comprend bien que les deux hypothèses existent à vos yeux est-ce que vous proposez des ministères à la droite classique à la droite LR
il n'est pas interdit de le penser et encore une fois ça dépend à qui il y a au sein des républicains des patriotes sincères et ces patriotes sincères là et bien moi je leur tend la main et je souhaite que demain dans le cadre d'un gouvernement qui soit un gouvernement d'union nationale travailler aux côtés de l'UDR d'Eric Ciotti et venir dans cette démarche d'union et de rassemblement
et je vous rappelle est-ce que vous imaginez, soyons très concrets est-ce que vous imaginez un jour un gouvernement dans lequel siège à vos côtés un Retailleau, un Wauquiez par exemple
Wauquiez je pense que c'est peine perdue très honnêtement pourquoi ? parce que il vient de voter là avec les socialistes et avec les macronistes tout change vous savez comme moi mes convictions elles changent pas eux leurs convictions changent pas les miennes et c'est bien le problème et la différence entre monsieur Wauquiez et moi c'est sans doute la sincérité parce que monsieur Wauquiez qui vote avec la gauche l'augmentation de la CSG qui va fragiliser les petits épargnants qui vote avec la gauche un budget qui va augmenter les taxes sur les mutuelles et donc augmenter les contrats de mutuelles
et pénaliser notamment les personnes âgées vous avez voté sur l'impôt sur la fortune improductive donc vous ne pouvez pas donner de leçon à cette droite là
je n'ai pas voté le budget de la sécurité sociale
donc vous pouvez sortir sur les milliers de textes
pardon vous pouvez sortir sur les milliers de textes une mesure, deux mesures non non non on va rentrer dans l'intimité du sujet moi je suis opposé et je me suis opposé à l'augmentation de la fiscalité sur les épargnants et notamment l'augmentation de la CSG qui va provoquer une augmentation de la flat tax mais vous savez comme moi et c'est la raison pour laquelle nous demandions une dissolution que lorsqu'un parlementaire est dans l'opposition de la fiscalité lorsque vous obtenez une baisse d'impôt et on avait obtenu notamment un abattement d'un million trois sur la résidence principale et bien vous êtes contraint d'aller chercher l'argent ailleurs mais ça n'est pas notre budget et encore une fois le budget de la sécurité sociale nous ne l'avons pas voté et monsieur Wauquiez a fait le choix avec les macronistes et avec les socialistes de le voter mais il n'est pas interdit de penser encore une fois qu'il y ait chez les républicains des patriotes sincères avec qui nous avons vocation demain et après-demain à travailler lorsqu'il y a eu la dissolution de prendre mon téléphone et d'appeler le patron des républicains monsieur Ciotti et de proposer à Eric de travailler ensemble une coalition, une alliance de gouvernement à laquelle il a répondu favorablement
demain de la même façon est-ce qu'avec Retailleau
vous voulez me mettre autour d'une table et dire travaillons j'aurais aimé le faire ces derniers mois mais le problème de monsieur Retailleau est qu'il a consenti à être ministre d'Emmanuel Macron et à gouverner avec des socialistes pendant un an et demi cette hypothèque là est levée il aurait pu partir sur la crise algérienne il aurait dû etc.
mais maintenant il n'a pas eu assez de poste dans un gouvernement qui était trusté par des socialistes vous voyez ça abîme sa crédibilité c'est ça que j'essaie de vous faire comprendre monsieur Rochebin en revanche chez les électeurs il y a beaucoup de gens qui sont orphelins d'un programme d'une incarnation, d'un leader beaucoup de ces gens ont pu voter Nicolas Sarkozy, François Fillon et à cette France là j'ai envie de lui dire venez à nos côtés, travaillons ensemble parce que dans l'intérêt de la France nous pouvons gagner l'élection présidentielle pour redresser le pays
Jordan Bardella, le chemin du pouvoir phénomène Bardella, vous savez le mot est ambigu ça veut dire phénomène tout le monde le reconnait
quel mot vous utilisez ? je fais campagne de manière permanente je veux dire aujourd'hui on est donné comme pouvons gagner une élection législative mais aussi comme pouvons gagner une élection présidentielle donc notre responsabilité c'est de nous préparer la vôtre c'est d'observer ces phénomènes mais il faut rester humble, la politique c'est l'école de l'humilité
est-ce que vous avez changé quand on voit le jeune Bardella qui va voir Jean-Marie Le Pen quel âge avez-vous à ce moment là ?
je suis dû le rencontrer deux fois dans ma vie et en marge d'un meeting je devais avoir 18 ans mais j'ai rejoint le parti lorsque Marine Le Pen était présidente il a été le fondateur de votre parti qu'est-ce que vous gardez de lui ? Patriotisme je l'ai peu connu à titre personnel tout le monde connait si j'ose dire Jean-Marie Le Pen je parle à titre personnel on est dans le parti politique et le Front National devenu Rassemblement National mais lorsque moi je me suis engagé c'était en 2012 pour Marine Le Pen plus que pour le parti politique comme structure parce que la politique ça s'incarne et que c'est elle qui m'a donné le goût et l'envie de faire de la politique vous dites patriotisme
aujourd'hui il y a toujours ceux qui vous soupçonnent de vous être en quelque sorte un peu limer les dents c'est-à-dire de vous masquer, de vouloir à tout prix devenir respectable sur les questions migratoires, sur les questions de climat dont on parlait tout à l'heure de ne pas oser par exemple aller aussi loin que Trump Trump, lui, bouscule tout il envoie tout valser
il faut bien comprendre que les Etats-Unis ce sont les Etats-Unis, ils ont une manière de faire de la politique qui est beaucoup plus virulente, parfois beaucoup plus brutale, beaucoup plus incarnée la France c'est différent, il y a un esprit de modération, il y a un esprit de raison qui est propre à l'imaginaire français qui est propre aux valeurs françaises et que je revendique et c'est pour ça que je pense que les Français attendent pour la prochaine élection présidentielle des vrais débats de fond sur l'avenir du pays et pas des batailles, des guerres de mots, des guerres de montage on a besoin de retrouver de la sérénité dans le débat démocratique et c'est un peu cette élégance que j'essaye de revendiquer dans la manière de faire de la politique et d'exprimer des idées
On va parler 2025 et 2026 quelques images rapides, ma collègue Marie va m'amener un Ipad et je vais vous montrer quelques images et vous allez pouvoir faire un commentaire alors on a beaucoup parlé de lui mais c'est la prestation de serment de Trump sur cette image exactement, je vous fais un petit commentaire sur ce que vous retenez de cette image au-delà de Trump en général
Je vois l'investiture d'un président qu'on aime ou qu'on n'aime pas à la tête de la première puissance économique mondiale et voir un petit peu cette diplomatie des bons sentiments qui consiste à refuser le dialogue avec tout le monde au motif qu'on est en désaccord avec la politique que ces dirigeants-là mènent dans leur pays me paraît être une folie au 21ème siècle. Jean-Luc Mélenchon
dit il va falloir s'entendre avec la Russie, vous le pensez ? Trump le dit
Je crois que pour négocier la paix et l'urgence est de négocier la paix aux portes de l'Europe, il faudra de toute manière se remettre autour d'une table pour discuter parce qu'encore une fois discuter, dialoguer être capable de mettre sur la table un plan de paix pour l'Ukraine il faudra de toute manière se remettre autour d'une table pour discuter si l'avenir n'est pas dans les armes il est nécessairement dans le dialogue
Marine Le Pen était l'invité d'une précédente émission là c'est sa condamnation et vous ?
Je suis un agnostique ami du christianisme c'est ce que disait Malraux à De Gaulle dans le chêne qu'on abat Donc vous n'êtes pas sûr ? Mais vous n'excluez pas ? J'assume en tout cas de courtiser des responsabilités dans un pays qui a été façonné par 2000 ans d'histoire chrétienne et je n'ai pas honte de cela
Le Cornu, est-ce qu'il est en train de réussir ? Est-ce qu'il devient
un présidentiable ?
Je ne suis pas journaliste ni électeur mais je pense que c'est le parti d'Emmanuel Macron donc il faut demander ça aux gens qui votent pour le parti d'Emmanuel Macron C'est un homme qui a cherché je crois un temps le dialogue mais qui a vendu le pays à un parti, le parti socialiste qui a fait 1,44% des voix lors de la dernière élection présidentielle donc il y a autour des macronistes aujourd'hui une sorte de syndrome de Stockholm à l'égard du parti socialiste et de ces lubies idéologiques qu'on avait beaucoup commenté et débattu de la taxation des très riches de Zucman notamment mais je ne peux pas concevoir qu'un parti qui a fait 1% des voix lors de la dernière élection présidentielle est aujourd'hui les clés de l'avenir des Français Vous ne pouvez pas choisir votre adversaire quel est le plus redoutable pour vous ?
Le temps et au deuxième tour ? Le temps qui passe au deuxième tour Ce n'est pas nous qui choisissons Au premier tour on rassemble son camp sa famille de pensée et on élimine celui qui représente peut-être un danger pour l'intérêt du pays pour l'intérêt de la France
Vous savez très bien que si c'est face à Mélenchon vous avez un peu plus de chance
Moi je ne sous-estime personne et je ne sous-estime pas Jean-Luc Mélenchon Je crois que Jean-Luc Mélenchon est un homme dont je combats toutes les idées politiques mais qui est extrêmement intelligent sur le plan politique qui sait de par sa grande culture et sa connaissance de l'histoire de France la réécrire à sa manière et qui depuis le 7 octobre 2023 a légitimé le retour d'un antisémitisme d'atmosphère dans notre pays en érigeant le Hamas et ses terroristes islamistes en résistant Et il aura l'occasion de vous répondre Vous avez choisi deux images celle-là d'abord La mairie de Menton Pourquoi ?
Parce que dans quelques semaines il y a des élections municipales et Menton par la candidature et par la voix d'Alexandre Hamasson de rassemblement soutenu par le Rassemblement National et par l'UDR est aujourd'hui très bien placé pour gagner cette mairie C'est-à-dire contre Louis Sarkozy ?
Contre le fils de Nicolas Sarkozy ?
Alexandra est élue depuis très longtemps si vous me le permettez Louis Sarkozy est arrivé il y a quelques semaines à Menton On a vu les images où père et fils déambulaient pour la campagne Oui, je les ai vu aussi mais Alexandra est une femme extrêmement compétente très proche des Mentonais et je lui souhaite de venir maire En tout cas elle a tout mon soutien et toute mon amitié Espérons qu'il y ait des élections anticipées parce que si demain il y a des élections anticipées et que nous obtenons une majorité d'abord nous ramènerons de la stabilité dans le pays mais ça veut dire que l'alternance pourrait ne pas durer 5 ans mais peut-être 6
Marine Le Pen qui était notre invitée il y a quelques semaines disait moi je ne serai pas la première ministre de Jordan Bardella parce que je ne veux pas de l'eau de consolation piquée là-dessus Qu'est-ce qu'elle ferait si vous étiez président de la République ?
Euh... D'abord je souhaite qu'elle puisse se présenter je redis pour que mes propos ne soient pas mal interprétés si la décision de justice devait être contraire à ce que nous souhaitons nous serons là quoi qu'il arrive nous travaillerons ensemble Vous savez entre Marine et moi il y a non seulement une relation d'une très grande confiance mais il y a de l'amitié, de l'estime mutuelle je n'oublie pas ce que je lui dois et sans Marine Le Pen et les Français le savent
je ne serai pas devant vous ce soir Monsieur Rochemin donc elle décidera Qu'est-ce qui vous a appris votre coach ? Je vous pose la question, elle n'est pas perfide du tout tous les gens qui font de la télévision je ne suis pas les conseils il fallait s'asseoir un peu en avant sur son siège ces petites bêtises qui sont censées vous donner de l'assurance Qu'est-ce qui vous a appris votre coach ?
Je ne suis pas très bon élève parce que j'essaie d'être le plus moi-même et le plus spontané possible Ce qui n'est pas difficile pas appris de choses particulièrement mais c'est vrai que l'exercice médiatique est un exercice difficile dans lequel il faut savoir éviter les pièges ça, ça s'apprend et dans lequel il faut savoir rester calme ça c'est mon tempérament, c'est mon caractère et dans les temps difficiles qui viennent je compte bien le garder être fidèle à ce que m'ont transmis mes parents
et à ce caractère On se rappelle que Mitterrand, Chirac avaient mis beaucoup de temps avant de devenir à l'aise ça fait partie on a bien compris que ce n'est pas le seul travail mais enfin une campagne présidentielle c'est aussi un travail de cet ordre-là de faire campagne Un mot ?
On apprend chaque jour on apprend chaque jour de la vie des français on apprend chaque jour à être meilleur et chaque jour que Dieu fait et chaque jour qui passe, je me prépare parce que je suis à mon âge écrasé par le poids des responsabilités et que je fais en réalité comme je le dis souvent à 30 ans ce qu'on fait normalement dans la vie à 50 donc j'essaie d'être à la hauteur de ces missions qui m'ont été accordées certaines par Marine Le Pen et puis d'autres dans le cadre de mon mandat par les français M'accorder un commentaire personnel ? Je vous en prie
il y a ceux qui disent il est bête il est pas bête etc moi je pense que vous êtes surtout très méfiant ce qui me frappe c'est que je pense que parfois quand vous évitez une réplique très directe c'est que vous dites je préfère avoir l'air un peu mécanique que faire une gaffe parce qu'on ne me la pardonnera pas et je suis frappé et ce n'est ni une qualité ni un défaut et beaucoup de gens de pouvoir sont méfiants
Est-ce que vous êtes méfiant ? Prudent je sais que je pratique une discipline de haut niveau qui s'appelle la politique où les règles sont plus dures pour moi qu'elles ne le sont pour les autres et je sais que chaque silence laissé dans une interview chaque mot maladroitement prononcé peut avoir des répercussions et des conséquences malheureusement la politique se vit dans l'instant plutôt que de se vivre pour l'histoire et je le déplore donc vous vous méfiez de tous ?
et je pense des journalistes en premier sans vous faire offense mais je vais vous dire je pense que faire de la politique il y a 30 ans c'était peut-être plus doux et plus agréable qu'aujourd'hui et c'est difficile de faire de la politique aujourd'hui parce que les politiques parlent beaucoup en termes d'exposition médiatique parce que les réseaux sociaux ajoutent une pression supplémentaire parce que les attentes des français sont toujours plus grandes et que nous arriverons si demain nous arriverons au pouvoir très certainement sur un champ de ruines face auquel il ne faudra ménager ni son temps ni son énergie je suis prêt à ce sacrifice
comme beaucoup de mes amis politiques Jordan Bardella, merci d'avoir été notre ami
Merci infiniment Monsieur Rojdan Merci à vous
Jordan Bardella