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interviewLCP (sur YouTube)· 7 juin 2025 34 min

Manon Aubry, députée européenne et co-présidente du groupe La Gauche au Parlement européen

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

France 24 LCP public Sénap [Musique] présente. Bonjour à tous et merci de nous rejoindre pour ici l'Europe. votre magazine qui vous est proposé par France 24 et Radio France internationale.

Alors, l'Union européenne est en questionnement. Investiture du très eurosceptique et ultraconservateur Donald Trump aux États-Unis. détricotage du pacte vert européen, allègement des contraintes réglementaires au nom de la simplification et puis sur le fond la montée des extrêmes droites en Europe et des guerres plurielles à nos portes.

Nous allons en parler aujourd'hui et nous avons le plaisir de recevoir la coprésidente de la gauche au Parlement européen Manon Aubri. Bonjour. Bonjour.

Je rappelle que vous êtes eurodéputé depuis 2019. D'ailleurs, vous avez été deux fois tête de liste euh pour la France insoumise qui a obtenu en 2024 10 % des sièges à peu près, soit 9 sièges au Parlement européen. Alors, on va commencer, si vous le voulez bien, par un sujet qui est peu connu, mais qui a pas mal d'impact sur nos vies.

Vous avez été à l'origine au Parlement européen de la directive européenne dite CS3D sur le devoir de vigilance des grandes entreprises qui opent en Europe qui leur impose de prévenir les atteintes aux droits humains et les atteintes à l'environnement dans l'ensemble de la chaîne de production avec un arsenal de sanction. Aujourd'hui, le président français Emmanuel Macron, le chancelier allemand Friedrich Mer s'y oppose fermement. Elle est en danger.

Elle est plus qu'en danger aujourd'hui. C'est un texte qui a été adopté à la fin du mandat précédent qui est le fruit de 5 ans de longue négociation, difficile négociation. Et déjà sur le principe, vous adoptez un texte démocratiquement et avant même qu'il soit mise en vigueur, moins d'un an après, il est complètement mis à terre par le poids des lobbyes, relayé en effet par Emmanuel Macron, la droite et l'extrême droite au Parlement européen, mais aussi par la complicité des socialistes qui ont accompagné ce décalage dans le temps de la mise en œuvre de ce texte.

Pourquoi ce texte est si fondamental ? Ce texte, vous savez, moi j'ai commencé à travailler sur l'idée de ce texte quand j'ai travaillé pendant plusieurs années en République démocratique du Congo avant d'être élu au Parlement européen bien sûr. Et là-bas, je travaillais sur l'impact des violations des droits humains dans le secteur extractif.

En République démocratique du Congo, vous avez des réserves extrêmement importantes de cuivre, de cobalt qu'on a tous dans notre téléphone. Et pourtant là-bas, ça crée des déplacements forcés de population. Euh ça crée euh évidemment euh euh des pollutions euh des cours d'eau, euh l'exploitation de travailleurs, d'enfants sans qu'à aucun moment la moindre entreprise multinationale ne soit rendue responsable.

Et donc c'est à ce paradoxe auquel on s'attaque. Les profits remontent toute la chaîne de production jusqu'à la maison maire des entreprises, mais pas la responsabilité en matière de droits humains et dommage à l'environnement. Et donc l'objectif de ce texte, c'est de faire en sorte que Total ne puisse plus déplacer de force des paysans en Uganda ou en Tanzanie. que Shein ou Nike arrête d'exploiter le travail forcé des Wigour en Chine.

Voilà les l'impact très concret de de ce texte qui était essentiel et que maintenant euh il est complètement mis à terre par une offensive de la droite et de l'extrême droite. Alors lors du premier mandat d'Ursula Van Derleen précisément en 2019, le pacte vert était la priorité des priorités pour engager l'Europe dans une transformation durable. Euh depuis le début de ce second mandat, on voit des tentatives de détricotage de ce porte pacte vert.

Euh en effet, est-ce que est-ce que d'ailleurs il y a une majorité euh désormais euh de députés et de pays pour cela ? Manon Aubri, vous avez raison qu'on a complètement changé de dynamique entre ces deux mandats et la réalité c'est qu'au Parlement européen, comme dans l'ensemble des institutions européennes, on est en train d'assister à une nouvelle alliance. Cette nouvelle alliance, c'est l'alliance de la droite et à l'extrême droite, comme on l'a vu dans un certain nombre d'Étatsmembres de l'Union européenne.

C'est le cas notamment en Italie. Et cela se traduit par une offensive sans précédent euh vis-à-vis de toutes les normes environnementales qui existent sur la scène européenne. Mais je vais vous dire, ça va au-delà et moi, j'en veux terriblement à une partie de la gauche et notamment aux socialistes parce que le groupe socialiste, c'est le deuxième groupe au Parlement européen.

C'est un groupe qui a pour tradition de travailler avec les libéraux et la droite dans le cadre de ce qu'on appelle le le bloc majoritaire. Mais la réalité c'est que à aucun moment les socialistes n'ont mis en place une stratégie pour défaire cette alliance de la droite et de l'extrême droite. Moi j'ai proposé comme présidente de groupe, j'ai proposé une réunion à mes homologues président du groupe des verts, président des groupes socialistes en disant quelle est notre stratégie de contreoffensive à cette alliance réactionnaire de la droite et de l'extrême droite qu'on fait les socialistes porte clause.

Pire encore, s'agissant de du projet omnibus que j'évoqué qui vise à détricoter notamment le texte sur le devoir de vigilance. Les socialistes ont voté pour ce qu'on appelle le stop de clock, c'est-à-dire de reporter la mise en œuvre de cette directive pour faire en sorte qu'elle soit détricoter. Donc moi, je demande aux socialistes, on est à minuit moins le quart avant l'arrivée du fascisme partout en Europe.

Le fascisme est déjà là en Italie, en Hongrie, en Pologne, dans de trop nombreux États européens et ils vont regarder le train passer. Donc je dis à mes amis socialistes, réveillez-vous, réveillez-vous avant qu'il ne soit trop tard parce que probablement il est déjà un peu trop tard. Alors, la Hongrie, vous vous l'avez mentionné euh vous avez mentionné en fait cette montée de l'extrême droite et en l'occurrence, c'est la droite ultra conservatrice de Victor Orban qui enfreint le droit européen en interdisant l'accès de contenu LGBTQ+ d'après la Cour de justice de l'Union européenne pour avis consultatif hein.

Et puis plusieurs eurodéputés ont annoncé qu'il se rendrai le 28 juin à la marche des fiertiers qui a été interdite par Victor Orbane. Vous vous aussi d'ailleurs oui j'irai je conduirai une délégation de mon groupe d'une dizaine de députés du groupe de la gauche qui viendront de partout en Europe. Il y a tous les groupes d'ailleurs hein dans cette délégation.

Il y aura des députés socialistes, il y aura des députés écolos, je crois qu'il y aura quelques députés aussi libéraux. Mais l'objectif c'est dire quoi à Victor Orban ? En fait, on a le droit d'être qui on est, on a le droit d'aimer qui l'on veut et cette offensive sans précédent de la part d'un gouvernement européen vis-à-vis des droits LGBT est en réalité une offensive contre les droits les plus fondamentaux.

Je veux dire, Victor Orban qui seulement interdit la Pride, va utiliser euh d'une reconnaissance algorithmque algorithmique de vidéosurveillance pour pouvoir mettre un maximum d'amende à tous ceux qui voudraient participer à cette pride qui fait passer des lois constitutionnelles pour interdire la promotion de ce qu'il appelle l'idéologie LGBT. Je veux dire, on en est là dans ce pays. On en est là.

Et donc c'est un honneur pour moi euh d'aller en Hongrie pour défendre les droits LGBT de la même manière que c'était un honneur aussi d'avoir participé au succès de l'initiative citoyenne européenne qui a obtenu 1,2 million de signatures pour interdire les thérapies de conversion qui vise à finalement redresser, c'est comme ça qu'ils le disent, redresser le genre, l'orientation sexuelle. Mais je veux dire, on est en 2025 et on en est encore à se battre d'être qui on est, d'avoir l'identité que l'on a et d'aimer qui l'on veut. Alors, en 2025 quand même, il y a aussi euh un mouvement de fond électoral puisqu'il faut revenir sur une élection qui a fait réagir l'Europe, euh celle euh du président de Pologne, Carole Navrotsky.

C'est le retour des ultraconservateurs à la présidence bien élu, il faut bien le dire, euh qui qui va pouvoir opposer son vétoe européen de Donald de Touque qui souhaitait notamment rendre possible les unions du même genre, du même sexe pardon et le droit à l'avortement. On va donc stagner sur l'état de droit. On fait pas que stagner, on retourne en arrière.

Vous mentionnez Donald Tusk qui en effet le Premier ministre. Il a été élu en Pologne sur la promesse de légaliser le droit à l'avortement. La réalité c'est que Donald Tusk qui est un libéral n'a rien fait.

Il avait déjà un président, il avait C'est vrai un président proche du PIS. Mais la vérité c'est qu'il n'a rien fait pour autant. Il était premier ministre. il aurait pu lancer la dynamique.

Pire encore. Moi, je vais vous dire cette semaine après l'élection de d'un ultra conservateur Nvrafqu à la tête de la Pologne, je vais avoir une pensée pour les militantes féministes. J'ai échangé avec Natalia.

Natalia, c'est une militante féministe qui a monté le premier centre pour l'avortement en Pologne à Varsovie qui est un centre évidemment illégal puisque le droit à l'avortement est illégal en Pologne. Et qui m'a dit "Maintenant, j'ai peur. J'ai peur pour moi, j'ai peur pour les femmes de de ma génération, pour toutes les femmes qui vont venir après moi et qui ne peuvent pas avoir ce droit le plus simple à disposer de leur propre corps." Et vous savez, il y a quelques semaines, ça a fait beaucoup parler.

Je suis allée en Pologne apporter des pilules abortives qu'on a apporté avec ma collègue Mathilde Panot pour tout simplement permettre à des femmes d'avorter parce que je me souviens d'une histoire j'étais pas née mais avant que le droit à l'avortement soit légalisé en France les femmes françaises allaient avorter en Pologne parce que le droit à l'avortement était légal en Pologne. Maintenant on est dans la situation inverse. femmes polonaises viennent en France et je veux dire et et je veux dire à Natalia, je veux dire à Justina, une autre militante féministe qui est poursuivi en Pologne pour avoir aidé des femmes avorter.

Je veux dire à toutes ces femmes qui se battent pour le droit à l'avortement, on ne va pas vous abandonner. On va continuer à se battre notamment pour inscrire le droit à l'avortement dans la charte des droits fondamentaux pour que ma génération qui est née en France avec ce droit fondamental à disposer de son propre corps ne soit plus jamais remis en question. Alors Manon Aué, on a bien compris que sur la question de la défense et de l'Ukraine, il y a peut-être un risque d'une coalition des mauvaises volontés sur l'aide à l'Ukraine.

Victor Orban en Hongrie, euh Robert Fitzo en Slovaquie euh et puis maintenant Navrotsky euh en Pologne. Est-ce que ça c'est une première crainte ? Et puis surtout euh euh rehausser euh le niveau de l'OTAN, réinvestir dans la défense comme on nous le demande à 5 % he pour ce qui est de l'OTAN.

Est-ce que ça ça va se faire aussi ? Je séparis deux choses. D'un côté, la nécessaire aide et soutien à l'Ukraine qui, je pense doit s'accompagner d'une initiative diplomatique pour entrevoir un chemin de la paix et une sortie de ce conflit et ne pas laisser Donald Trump seul aux manœuvres des discussions diplomatiques qui me paraissent indispensables, si on veut que ça ne se termine pas par une guerre totale d'un état qui écrase l'autre et enfin trouver le chemin de la paix.

Et puis de l'autre côté, il y a la question de la stratégie de défense. Et moi, j'alerte sur deux choses. À la fois, l'alignement total euh dans le cadre de l'OTAN qui veut dire un alignement total dans les intérêts de Donald Trump.

Et je je ne crois pas aujourd'hui que l'Union européenne peut parler de souveraineté et dans le même temps s'inscrire dans les pas de l'OTAN de Donald Trump d'une part et d'autre part sur les investissements. Autant il est évidemment nécessaire d'avoir un arsenal de défense qui permet de garantir euh notre souveraineté, notre dissuasion et la France est un bon exemple en la matière. Autant, j'observe quand même le deux poids de mesure, on trouve de l'argent sonnant et tribucht pour les chars d'assaut mais pas pour les hôpitaux.

Et augmenter le de à 5 % l'investissement en matière de PIB dans la défense, si on prend l'exemple de la France, c'est plus de 100 milliards d'euros. 100 milliards d'euros, c'est beaucoup d'argent. Et moi, je pose la question à quel besoin concret cela correspond ?

Parce qu'il y a un risque d'escalade qui dépasse même le un cadre qu'on a pu connaître qui est celui de la guerre froide et que c'est traduit par un affrontement généralisé. Et je pense que personne n'a intérêt à ça. on a plutôt intérêt à avoir une stratégie de désescalade euh pour éviter évidemment un conflit de tous les États les uns contre les autres qui se traduirait par encore plus de drame que les conflits qu'on connaît à l'heure actuelle sur le terrain européen bien sûr, mais je veux avoir aussi une pensée pour le drame humanitaire absolument insupportable dans la bande de Gaza et le génocide qui est en cours avec la complicité des Étatsmembres de l'Union européenne qui ne font rien, qui ferment les yeux et pire encore qui continuent à livrer des armes comme c'est le cas de la France.

Nous sommes signataire France 24 RFI les médias de France Médiamonde d'une tribune demandant sans restriction l'accès des journalistes immédiats à la banque de Gaza et la protection totale des journalistes palestiniens. Euh justement la France va coprésider au côté de l'Arabie Saoudite du 17 au 20 juin une conférence à l'ONU pour remettre sur la table la solution à deux États à laquelle évidemment le gouvernement israélien s'oppose très fermement. Ça c'est une bonne initiative française, vous diriez ?

J'observe que le président de la République Emmanuel Macron tergiverse beaucoup sur la question de la Palestine et face au génocide qui est en cours dans la bande de Gaza. Il tergiverse parce que sur la reconnaissance de l'état de Palestine, je me souviens à quelques mois, il avait dit ce n'était pas le bon moment et manifestement on n'est même pas sûr qu'il va le faire là dans les semaines qui viennent. Alors que j'ai envie de poser la question à Emmanuel Macron.

Quand est-ce que ce sera le bon moment ? Je veux dire, on a 100 % de la population en Palestine qui est menacé de famine. On a plus de 60000 morts civiles, près de 20000 enfants qui sont massacrés, qui sont sous les bombes israéliennes matin, midi et soir.

L'aide humanitaire qui n'entre pas dans la bande de Gaza. Quand est-ce que ce sera le bon moment Emmanuel ? Mais vous souhaitez par exemple à la gauche une suspension de l'accord UE Israël mais vous avez obtenu de signataires au Parlement européen y compris des abstentions dans votre groupe.

Il y a pas de majorité ni au Parlement ni dans les États pour cela. la suspension de ces accords et ça c'est ça c'est tout problématique. Écoute, j'observe que depuis le moment où on le demande et depuis des mois maintenant, le débat a quand même progressé puisque la Commission européenne a annoncé avec le Conseil et les Étatsmembres euh ouvrir un réexamen de l'accord d'association. cette semaine a fuité un texte issu de la Commission européenne euh qui euh fait état il y a quelques mois déjà de de l'état systématique des violations des droits humains et des crimes de guerre et des crimes contre l'humanité qui sont menacés en vertu desquels l'accord aurait dû être suspendu.

L'Union européenne est le premier partenaire commercial de d'Israël et participe de cette manière-là à financer l'effort de guerre de Benjamin Netaniaou. Franchement, quand on voit Kaya Kalas qui est la respons la haute représentante euh aux affaires étrangères, en réalité euh c'est la haute représentante à l'impuissance européenne. Et donc nous continuons à nous battre pour suspendre l'accord d'association, pour demander un embargo sur l'envoi d'arme, pour faciliter l'accès humanitaire.

Je demande aussi que le le le bateau Madeline dans l'initiative de la flotti de de la liberté par les les gardes de côte lib non enfin qui a qui est venu en aide à des à des migrants mais ce dont on parle là c'est une initiative qui a été lancée par une association avec à son bord ma collègue Rima Hassan Greta Turnberg qui vont aller à Gaza avec de l'aide humanitaire pour arriver et pour briser cet embargo humanitaire qui existe. Moi, je demande qu'un passage sur leur soit garanti, assuré par les autorités libiennes, égyptiennes, grec, mais aussi par les autorités Israël. Toute dernière question, la droite radicale de Gertvilder a provoqué la chute du gouvernement avec la droite traditionnelle.

On voit bien quand même que pour autant, elle est en passe d'être aussi dans de nouvelles élections en très bonne position. Cette montée des droites extrêmes, on n pas réussi à la contrer. On n'a pas encore réussi à la contrer.

Jordan, il y a une alliance aussi avec l'idéologie Maga quand même hein. Oui. Donald Trump et et Jordan Bardella organise un rassemblement ce lundi 9 juin dans le Loiré 1 an après les élections européennes avec Victor Rorban, avec Matthéo Salvini, avec Abbascal qui est le représentant de de Vox en Espagne.

Bref, à chaque fois que la gauche ne regarde pas le fascisme en face et est prête à se dresser, à se battre corps à corps, idéologiquement évidemment, pas physiquement, mais un contrerassemblement quand même. Et oui, pour ne pas laisser une de de terrain, le moindre petit centimètre à l'extrême droite parce qu'en réalité ce que montre ce rassemblement, c'est que l'extrême droite a beau porter des cravates, ils sont toujours aussi racistes, ils sont toujours aussi xénophobes, ils sont toujours aussi sexistes. Merci Manourri pour cet entretien.

Merci à vous de nous avoir suivi. On continue sur le sujet de la protection des océans car c'est bientôt effectivement le sommet des océans et ça se passe au Parlement européen entre eurodéputés sur ce sur cette grande bleue justement tout de suite [Musique] merci de nous rejoindre à Bruxelles au Parlement européen alors que beaucoup de redéputés ont un œil sur ce qui se passe à Nice où se tient le sommet des Nations-Unies pour pour la protection des océans avec de nombreux enjeux. Les océans sont les poumons bleus de notre planète.

Ils couvrent 71 % de la surface du globe et absorbe près de 30 % du CO2 mondial. Et malgré ce rôle vital, et bien ils subissent une pression croissante. 8 millions de tonnes de plastique y sont déversés chaque année. 34 % des stocks de poissons sont surexploités et seul 3 % des océans bénéficient d'une protection stricte.

Oui. Alors pour face à cette urgence, l'Union européenne s'est fixé l'objectif pour 2030 d'arriver à 30 % d'air marine protégé dans les eaux maritimes alors qu'elle en abrique 12 % actuellement. Alors, les Européens doivent présenter pour cela leur pacte pour la protection des océans.

Écoutons ce que Emmanuel Macron en disait en mars dernier. Ce pacte bleu, ce doit être un pacte d'investissement dans la protection de nos océans. investir dans les carburants durables en européen, créer les filières permettant de remplacer peu à peu les énergies fossiles, investir dans l'électrification des ports, dans la recherche, dans l'innovation pour donner à notre communauté scientifique plus de moyens au service de la connaissance de nos océans.

Des objectifs ambitieux, mais les associations de protection de l'environnement s'inquiètent d'un manque de stratégie clair pour parvenir à ces objectifs. pour évoquer le rôle de l'Union européenne dans la protection de nos océans. Trois invités aujourd'hui.

Christophe Clergeot, bonjour. Bonjour. Vous êtes au député français, vous êtes membre du groupe des socio-démocrates ici au Parlement européen et vous êtes président de l'intergroupe du Parlement européen dédié aux ma rivières, île et zones côtières.

Et le vice-président de cet intergroupe est également sur ce plateau. Paolo Donassimento Cabral. Bonjour.

Bonjour. Vous êtes eurodéputés portugais et membre du groupe PPE au centre droit de l'hémicycle du Parlement et en duplexe depuis Nice justement où tout se passe bien sûr Jeun Viè Ponce, bonjour. Euh bonjour.

Directrice générale de l'Institut Jacques de l'Oringt Tank européen, membre de la mission européenne sur la restauration des océans. Vous avez beaucoup travaillé, inspiré ce pacte européen sur les océans. Quelle est sa philosophie ? ce dont on a rêvé et et le commissaire Cadis nous a dit que c'était qui s'était beaucoup inspiré de ce dont on a rêvé.

On a fait un manifeste pour un pacte européen sur l'océan euh l'année dernière et on a su 3 mois après l'avoir euh l'avoir révélé que madame Vanerlion en faisait un un projet de son mandat. Euh il y a une logique. Cette logique était déjà dans la mission Starfish cinq branches.

C'est la mission européenne sur restaurer l'océan euh et les eaux. Quel quelles sont ces cinq branches pour arriver à restaurer notre océan qui est quand même le but central ? Il nous faut de la science, il nous faut de la gouvernance, il nous faut de la protection active, il nous faut de la lutte contre les pollutions et enfin il nous faut une économie bleue durable.

Voilà, je trouve que dans le discours d'Emmanuel Macron, il y a deux éléments qui sont tous les deux importants mais qui ne suffisent pas. La science est là et l'argent pour la science qui est nécessaire. En revanche, il il parle enfin il parle aussi très bien de l'économie bleue qui est également nécessaire.

Il ne parle pas dans l'extrait au moins de la protection et de la lutte contre les pollutions qu'il ne faut surtout pas oublier. Tout ça va ensemble. Et à ces éléments, nous devons désormais ajouter la sécurité.

L'océan joue un rôle très important dans la sécurité comme par exemple les attaques de câble par les Russes probablement nous ont montré encore récemment. Alors, parlons protection euh après ce que vous avez dit jeun Vièp Ponce Paolo Donimiento Cabral sur cette question de la protection, il y a cet objectif d'arriver à 30 % d'air marine protégé en 2030 et aussi augmenter les aires marines FREP protégées, c'est-à-dire sans activités humaines. Est-ce que vous ne craignez pas comme beaucoup finalement au sein de la droite européenne, au sein du Parti populaire européen que cela nuise à l'économie de la mer ?

C'est h euh très important pour protéger euh les océans, les maires de de l'Union européennes mais aussi de les mè global. Euh nous avons maintenant euh défini de 30 % pour la protection et je viens de les assortes et nous avons les premières régions qui a protégé 30 % de son maire une processe qui a avec la participation de tous les gagements de tous les les participantes pour l'activité maritime pour les pêcheurs pour l'entreprise pour l'industrie et c'est un process très très participatif et très important. nous défendre aussi que le protection des 30 % de la mer c'est nécessaire pour faire pour les situations spécifiques des spises qui sont en en dangereux et pour les aussi la situation des restauration de le stock et de la biodiversité pour nous le alors pour c'est important mais Christophe j'ai envie de dire enfin il y a quand même certaines résistances à l'idée de zone marine protégé à 30 % et surtout tout de zones marines ultra protégé, c'est-à-dire zéro activité humaine 10 %.

Ça ça connaît une certaine résistance au nom de l'économie toujours he l'écologie versus l'économie. D'abord, je crois qu'il y a une prise de conscience et j'espère qu'elle est générale que il n'y a pas d'économie bleue s'il n'y a pas d'océan en bonne santé. Donc comme la santé des océans se dégrade, les perspectives de la pêche et des autres activités économiques sont en danger.

Donc cet impératif de protection, il est le fondement des activités économiques de demain. Et je partage la philosophie qu' évoquait mon collègue Cabral, mais on ne le fait pas. Vous avez rappelé les chiffres, on est très très en retard.

Donc maintenant, il faut changer de braquet, passer réellement à l'action. Je crois que la priorité c'est de faire les 30 % de protection et de définir oui un projet de territoire avec les acteurs pour chaque secteur et dans les 30 % on trouvera les 10 % de niveau de protection plus fort et d'exclusion d'activité humaine. Mais il faut changer de braquette.

C'est ça le sens du pact pour les océans, c'est changeons d'approche, allons plus vite, prenons au sérieux les enjeux de protection des océans. Alors, parlons de la pêche avec Jeun Vièf Ponce, c'est un chiffre intéressant. En 2020, selon un rapport de la Cour des comptes européennes dans 60 % de ces aires marines protégées, et bien la pêche au chalu qui a quand même un fort impact sur les écosystèmes était davantage pratiqué que dans les zones marines non protégées.

Il y a une forme de paradoxe sur la la régulation de de ces zones marines et de la pêche. Oui. Bon, il faut dire que bon, le chalutage effectivement provoque beaucoup de beaucoup de dégâts.

Je crois qu'il faut donner aux pêcheurs qui actuellement pratiquent le chalutage la possibilité de se transformer de de transformer leur méthode de pêche. Ça prendra du temps mais il faut le faire parce que zone marine protégée ou pas, le chalutage a un impact important sur l'environnement. Alors, c'est vrai que c'est tout à fait paradoxal qu'il y ait plus de chalutage dans des aires marines protégées.

Il faut aussi retenir quelque chose qui est très lié à la notion de protection et ça a été prouvé partout dans le monde. Si vous protégez une zone, vous allez la voir se régénérer très rapidement et la pêche autour de cette zone sera beaucoup plus profitable. Donc il y a vraiment un intérêt commun de la protection et de la pêche à avoir des zones marines protégées, vraiment protégé parce que ce sera profitable pour les pêcheurs autour de ces zones.

Alors, le vice-président de de de l'Intergroupe, hein, justement sur ces questions euh marines, euh euh vous vous êtes en effet originaire de l'île des Assorts et euh la pêche au chalu est interdite depuis 2023 au-delà des euh 800 m de profondeur. Les pêcheurs sont très remontés contre ce type de restriction qui s'ajoute justement à des quotas de pêche par espèce de poisson dont vous nous avez parlé. Est-ce qu'on est en train d'affaiblir ou en passe d'affaiblir la pêche européenne ?

Est-ce que c'est un risque ? Euh bien euh je pense qu'il est nécessaire beaucoup d'informations pour les pêcheurs et pour le secteur. C'est très important pour le les pêcheurs, pour la pêche, l'industrie de la pêche euh pour comprendre le bénéfic euh cette décision. et le scientiste, la science a donné beaucoup d'informations pour les autorités régionales et c'est nécessaire aussi pour engager tout le monde pour partager cette information parce que je suis d'accord avec Genevièv que il a une phase de transition et les pêcheurs nécessitent de se tien public euh mais en long temps ils sont euh ils vont bénéficier de cette décision et c'est pourquoi Je je je crois qu'il n'a pas un impact direct dans la pêche de l'Union européenne parce que déjà nous importe 80 % de les produits que nous consomme ici des pêches qui nous consomme ici à à l'Union européenne.

Il y a des côtés de pêche et nous avons demandé que les décisions de le côté de pêche a intégré les trois pilars de sustainabilité, les pilar ambiental, les pilars social et pilers les piliers ou piliers, excusez-moi, et le pilier euh environnemental et économique. C'est très important pour la décision de le code de pêche. Et après ça, nous avons diversifié les accords commercials, les accords de pêche avec les païtiers pour garantir les sécurité alimentaire des Européens et notamment avec le Royaume-Uni.

Il y a eu récemment un accord entre l'Union européenne et Royaume-Uni pour pouvoir pêcher dans la zone économique exclusive britannique. Christophe Clergeot sur cette question de la pêche. Est-ce qu'il faut aller encore plus loin dans la régulation de cette activité, c'est-à-dire limiter encore davantage le chalutage et baisser les quotas de pêche ?

Il faut changer les pratiques de pêche, il faut sortir par étape du chalutage, mais pour que les pêcheurs puissent le faire, il faut les aider à investir dans de nouveaux bateaux et dans de nouvelles techniques. Donc c'est un contrat à passer entre la pêche et la société. préparer un avenir.

Il y a une perspective économique pour la pêche mais avec des bateaux globalement plus petits et d'autres techniques de pêche. Mais moi, je ne voudrais pas que le débat maritime sur la santé des océans se focalise uniquement sur les pêcheurs au moment où chacun d'entre nous a tendance à considérer la pêche la mer pardon comme sa poubelle et qu'on retrouve dans les océans les plastiques, les bouteilles, les négoci tendance à focaliser le débat sur les océans sur la pêche. Non, je dis pas ça.

Souvent les observateurs, on ne parle que de la pêche. Il y a une polarisation sur la pêche, mais il faut parler aussi des pesticides, des pifas qui sont dans l'eau, de tous les produits chimiques qui dégradent les océans. Les océans sont aussi le reflet de nos modes de vie et de société sur terre.

Donc ce qu'il faut faire comprendre aux gens, il y a le sujet de la pêche mais pour protéger les océans, il faut changer nos pratiques, changer nos modes de vie et faire attention à tous les gestes de la vie quotidienne. Alors jeune vif ponald Trump va lancer son pays dans l'exploitation minière, a-t-il annoncé des grands fonds marins euh d'ailleurs en zone internationale. C'est la il convoite pour les mêmes raisons d'ailleurs le Groenland.

Est-ce qu'il faut s'inquiéter des conséquences de cette exploitation sur la biodiversité marine et la santé de nos océans ? Oui. Alors, il faut bien sûr s'inquiéter de d'une telle activité.

Euh là aussi toutes les recherches qui ont été faites partout dans le monde montrent que aller dans ces profondeurs, d'une part, c'est extrêmement coûteux et d'autre part ça va provoquer des dégâts considérables pour aller gratter les fameux nodules polymétalliques qui font rêver tout le monde et notamment Mrter Trump, et bien il va falloir aller taper dans les dans dans le fond des mer dans tout ce qui s'est déposé dans le fond de la mer, on va non seulement libérer le dioxyde de carbone qui était emprisonné là, mais on va ensuite on va faire en sorte que la colonne d'eau va devenir beaucoup plus opaque. Et ça, ça veut dire que il y a une biodiversité tout le long de la colonne d'eau qui va être menacée. Donc c'est vraiment quelque chose, une chose contre laquelle les scientifiques avertissent et il y a une législation international et il y a une organisation internationale.

Cette organisation internationale est là pour définir des règles et cette organisation internationale est là pour délivrer des permis. Donc monsieur Trump ne peut pas croilatéralisme. Il ne croit pas beaucoup au multilatéralisme en attendant.

En effet, il n'y croit pas. Alors sur ce sujet Palo de Donimento Cabral, est-ce que l'Union européenne doit prendre le pas de Donald Trump et aussi se lancer dans cette course à l'exploration minière des fonds marins ? Hm.

Euh la science n'a pas donné déjà d'informations concrètes pour une décision et je pense que le moratorium c'est très très bien appliqué et je pense que la prochaine année des cadres n'est pas possible pour avancer pour l'exploration des fond mineires. Faut attendre les réponses de la science sur ce sujet. C'est très important et c'est mais vous voulez un seulement un moratoire, pas une interdiction maintenant parce que nous avons pas d'informations suffisantes et euh c'est pourquoi j'ai à présenter une proposition des euh pilote projet pilote pour l'établissement d'un observatoire européen de le fond des ma pour étudier concrètement la situation qui se passe dans le fond des mer pour protéger la biodiversité pour garantir qu'il n'y a pas euh des attaques des situations Christophe Clergeot, vous êtes en désaccord avec le PPE là-dessus.

Moi, je suis pour aller jusqu'à une interdiction totale parce que je pense que ce serait une folie d'aller piller le fond des océans. Mais ce que vient de dire Paolo est raisonnable, s'appuyer sur la science, observer et ne pas y toucher pour le moment. Mais je trouve fascinant que Trump veulent absolument piller les ressources naturelles et en même temps par exemple arrêter le développement des énergies marines renouvelables aux États-Unis.

Il y a beaucoup mieux à faire en mer que de piller les fonds marins. Utilisons les mers en lien avec les pêcheurs pour développer la production des énergies vertes en Europe. On aura de l'énergie verte produite en Europe, des emplois et une nouvelle filière industrielle en Europe.

Ça c'est du gagnant gagnant pour tout le monde. On n'a pas besoin du pillage des fonds marins. Et je ne viens je Oui.

C'est nécessaire aussi une simplification de les process pour les aquacultures aussi parce que nous avons notre pêche à limité pour les cotas mais c'est nécessaire augmenter la production des aquacultures et l'Union européenne et le pact des océans aussi c'est très important pour augmenter cette production et simplifier la licenciè et jeune vif Pon pour conclure un mot sur la pollution plastique aussi la lutte contre ce type de pollution c'est un des enjeux de ce sommet de Nice. Ce qu'il faut absolument comprendre, c'est d'où ils viennent ces plastiques. Et si vous regardez ce ça vient ça vient de l'intérieur.

Donc tout ce que vous allez faire vous dans votre façon de vivre, dans votre façon d'utiliser ou pas des plastiques et ensuite comment vous allez les traiter comme déchets, ça va avoir un impact sur l'océan. Donc c'est on la première responsabilité, c'est chez nous dans nos habitudes, il faut essayer euh d'être euh euh pleinement responsable et effectivement la réglementation aide beaucoup et au niveau européen, on a fait un grand pas en avant avec cette interdiction euh des plastiques à usage unique qui a été suivi dans d'autres parties du monde, y compris de l'autre côté de la Méditerranée. é un des polluées par les plastiques dans le monde et ce sera le mot de la fin.

Merci à tous les trois d'avoir participé à ce débat sur ce sujet si important de la protection de nos océans. Merci à vous d'avoir plongé avec nous dans ce fameux pacte bleu. À très bientôt. rester sur nos antennes. [Musique]