Renaud Muselier - L'interview politique du 05/02/26
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 10 %Attaque 60 %Défensif 30 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 94 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:34OuverteRéponse directe
Quelle leçon tirez-vous de ce voyage mémoriel à Auschwitz ?
- 1:39OuverteRéponse directe
Où en est-on dans les sondages pour les municipales en PACA ?
- 4:28RelanceRéponse partielle
Vous redoutez une poussée électorale du RN dans votre région ?
- 5:54OuverteRéponse directe
À Marseille, les sondages annoncent un match très serré. Comment l'analysez-vous ?
- 7:34OuverteRéponse directe
L'affaire judiciaire sur les chantiers scolaires à Marseille peut-elle influencer le vote ?
- 9:09OuverteRéponse directe
À Toulon, le RN est largement en tête. Comment l'expliquez-vous ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 2:24Invité politiqueFait
« Auschwitz-Birkenau, c'est très, très, très impressionnant. »
- 2:35Invité politiqueFait
« mon père a été déporté à Dachau »
- 3:30Invité politiqueChiffre
« nous avons fait 3000 jeunes déjà dans cette démarche mémorielle tous les ans, depuis près de 10 ans. »
- 4:51Invité politiqueFait
« qui nous avaient annoncé en 2014, qui allaient submerger les vagues du RN, il y a eu 6 villes qui sont tombées. »
- 4:56Invité politiqueFait
« notre région vote RN au niveau national, c'est très clair, enfin, elle a voté pour nous au dernier régional deux fois »
- 5:20Invité politiqueFait
« quand je prends département par département, quand je regarde tous les maires qui ont travaillé, qui sont unis »
- 6:45Invité politiqueFait
« j'ai un avis très relatif sur les sondages »
- 8:30Invité politiqueFait
« on a vu le système guérinique qui avait été mis par les socialistes en place à l'époque. D'ailleurs, M. Payan en est l'héritier direct. »
- 9:56Invité politiqueFait
« même si je mets toujours des réserves sur les sondages, je vous l'ai dit »
- 10:06Invité politiqueChiffre
« Mme Lavalette, pour le Rassemblement National, avait été donnée, il y a trois semaines, à 48-49% dès le premier tour. Et là, elle est à 38%. »
- 12:53PrésentateurChiffre
« 350 heures de débat, des semaines et des semaines d'aller-retour »
- 13:36Invité politiqueFait
« l'accouchement est extrêmement difficile »
Temps de parole
- Renaud Muselier58 %
- Présentateur38 %
- Présentateur 24 %
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Vous êtes ancien député, ancien secrétaire d'Etat aux affaires étrangères sous Jacques Chirac, président du conseil régional de Provence-Alpes-Côte d'Azur, la région Sud depuis 2017. On va parler bien sûr de ce qui se passe pendant cette campagne des municipales dans votre région. Mais un mot pour commencer sur le voyage d'études à Auschwitz que la région Sud organise chaque année avec un groupe de lycéens. Vous les avez accompagnés il y a quelques jours. Quelle leçon vous tirez de ce voyage mémoriel ? Renaud Muselier ? Ah, la liaison a sauté. Une coupure effectivement avec Renaud Muselier. C'est important.
À ses 81 ans justement de la découverte des camps d'Auschwitz, on a vu que de nombreuses personnalités s'étaient rendues notamment sur place, avaient rendu hommage aussi aux millions de morts. Renaud Muselier, donc David, s'est rendu effectivement sur place. Absolument, absolument. L'émotion imprimée, c'est une visite que le conseil régional organise chaque année avec des lycéens de la région. Ils sont restés plusieurs jours sur place et on va essayer de retrouver Renaud Muselier pour qu'il nous raconte cette expérience. Pour qu'il nous en parle, effectivement. Alors pour l'instant, écoutez, il n'est pas là. On va essayer de papoter en attendant, David. Pourquoi pas ?
C'est vrai, vous allez évoquer cette campagne municipale qui approche plus qu'un jour désormais pour s'inscrire en mairie. Où en est-on là dans les sondages ? Alors, il y a beaucoup d'enjeux différents. Ce qui est intéressant dans le fait d'interroger Renaud Muselier qu'on va avoir dans quelques instants, c'est que dans la région sud, dans la région PACA, il y a beaucoup, beaucoup d'enjeux. Il y a d'abord la ville de Marseille. On sait qu'il y a pas mal de candidats, mais les sondages annoncent un match très, très serré entre le maire sortant Benoît Payan et Franck Alizio, d'une part. Je crois qu'on a retrouvé Renaud Muselier ? Oui, tout à fait. On vous a retrouvé.
Oui, je vous posais la question sur votre voyage à Auschwitz. Vous les avez accompagnés il y a quelques jours, ces lycéens que votre région envoie chaque année sur place. Quelles leçons vous tirez de ce voyage mémoriel ?
Auschwitz-Birkenau, c'est très, très, très impressionnant. Très impressionnant parce que même si je suis d'une famille de déportés, puisque mon père a été déporté à Dachau, on se retrouve au cœur d'un dispositif immense, puisque c'est une zone qui est 40 km sur 40 km. À l'intérieur d'un camp où on a organisé de façon systématique, en essayant de ne pas rendre coupable les tortionnaires, une destruction humaine de façon méthodique, structurelle et industrielle.
Et quand on voit cette méthode d'accueil des trains, le tri, 80% des gens qui partent directement à l'élimination, les 20% qui sont mis dans des zones inhumaines et qui sont petit à petit exterminées, tout ceci de façon industrielle, c'est vraiment ça quand même. On en ressort particulièrement bouleversé. Alors moi, si je suis bouleversé à mon âge, c'est pas très grave, mais tous les jeunes qui sont venus, nous avons fait 3000 jeunes déjà dans cette démarche mémorielle tous les ans, depuis près de 10 ans.
Et s'ils font un peu du bruit, et c'est bien normal, le matin dans l'avion à 6h quand on part, le soir, l'ambiance n'est pas tout à fait la même, et on les voit écouter, regarder, comprendre, ne plus regarder leur portable, et essayer de porter un avis sur ce camp d'extermination. Et c'est vraiment, à mon avis, très positif pour cette jeunesse de savoir ce qui s'est passé là-bas, comment ça s'est passé, et essayer de comprendre pourquoi.
Une expérience très forte, donc, sur le plan émotionnel et pédagogique. On va passer à l'actualité politique de votre région, et c'est bien sûr la campagne pour les municipales des 15 et 22 mars prochain. On va rentrer dans le détail de quelques villes, mais globalement, la question qui se pose, c'est celle d'une grande poussée du RN tout autour de l'arc méditerranéen. Vous redoutez cette poussée électorale ?
Toute élection doit être traitée avec beaucoup de sérieux, et donc je fais toujours très attention. Mais je fais attention aussi aux commentaires en amont des observateurs politiques, qui nous avaient annoncé en 2014, qui allaient submerger les vagues du RN, il y a eu 6 villes qui sont tombées. Aux dernières municipales, on nous annonce exactement encore la même chose, il n'y en a aucune qui sont tombées.
Et là, on reprend toujours la même histoire, c'est-à-dire notre région vote RN au niveau national, c'est très clair, enfin, elle a voté pour nous au dernier régional deux fois, contre Mario Maréchal-Le Pen et Thierry Mariani, et nous avons su faire les additions nécessaires pour lutter contre l'extrême droite.
Alors ici, on repasse encore la même chose au municipal, c'est-à-dire qu'on nous promet un raz-de-marée, et quand je prends département par département, quand je regarde tous les maires qui ont travaillé, qui sont unis, qui sont éloignés du national, la proximité avec le national est mortelle, s'ils ont fait leur boulot, je ne suis pas du tout sûr que dans les Alpes-Maritimes, dans le Var ou dans les Bouges-du-Rhône, il y ait des chutes de villes du RN, tant s'en faut.
Alors je dis ça, mais ça veut dire qu'en tout cas, il faut être unis, toujours, autour du sortant, toujours, quelle que soit sa couleur politique, toujours, et dès qu'il y a la désunion, alors là, mécaniquement, il s'engouffre et il gagne.
Alors justement, à Marseille, votre ville, selon un récent sondage Opinion Way, Benoît Payan, maire sortant, candidat d'Union de la Gauche, compte 31% des intentions de vote au premier tour, à égalité avec le candidat à Rassemblement National, Franck Alizio, ensuite c'est Martine Vassal, qui est soutenue par les Républicains, Renaissance, Horizon et le Modem, qui serait troisième avec 20%, et enfin l'insoumis Sébastien Delogu, avec 14%, ça s'annonce très serré quand même, cette affaire.
Oui, c'est une affaire, comme toujours chez nous, notamment en Marseille. Là, c'est globalement très différent, par rapport aux autres fois, et donc ça perturbe un peu les pronostics, ou les diagnostics, parce que nous avons la nouvelle loi PLM qui vient s'immiscer, et la campagne ne se fait pas de la même manière. Ça, c'est le premier sujet, c'est très différent comme organisation de campagne. Deuxièmement, j'ai un avis très relatif sur les sondages, mais si on fait un peu la moyenne des sondages, tels que tous ceux qui auraient été faits, globalement, parce qu'il y en a qui auraient été faits sur 300 personnes, d'autres 400, etc.
Enfin, ça donne un baromètre, enfin, en tout cas, une ambiance. Dans cette ambiance, nous, on est à peu près à 25-26. Le tailleur est à 27-28, comme d'ailleurs M. Alizio, M. Delogou, du pour LFI, et lui, autour de 15-16. Donc, on se retrouve avec une cadre angulaire au deuxième tour. Je pense que la campagne commence. Ça va être un match particulièrement difficile. mais je ne crois pas une seule seconde que la ville de Marseille, en tout cas, on fera tout pour ne tombe pas dans les mains du Rassemblement national.
Alors, il y a une affaire judiciaire qui pourrait influencer cette campagne. Le parquet de Marseille a ouvert une enquête préliminaire à la suite d'un article 40, c'est-à-dire une dénonciation de l'ancien préfet des Bouches-du-Rhône. Il s'agit de soupçons de mauvaise gestion des chantiers du Grand Plan École pour Marseille. Potentiellement une enquête pour favoritisme. Je rappelle qu'il y a un énorme chantier de reconstruction, de rénovation, de modernisation des écoles publiques de Marseille de 1,5% d'euros. Il y a des soupçons selon lesquels le cadre législatif pour racheter des nouveaux bâtiments n'aurait pas été respecté.
Est-ce que ça, ça peut influencer la campagne et le vote des électeurs ?
En tout cas, ça peut peser, ça c'est évident. Ça prouve en tout cas une seule chose, c'est que vous savez quand vous avez un préfet de région, l'article 40, c'est-à-dire que c'est le préfet de région qui a signalé cette distorsion du respect des règles et des lois de la République auprès du procureur de la République. Il y a longtemps que je suis à Marseille, on a vu le système guérinique qui avait été mis par les socialistes en place à l'époque. D'ailleurs, M. Payan en est l'héritier direct. C'est un peu les mêmes méthodes qui recommencent. Est-ce que ça pèse dans la campagne ? Si ça l'empêche d'être candidat, ça aidera beaucoup pour le faire perdre.
Parallèlement à ça, ça dénote une seule chose aussi, c'est qu'ils ne respectent pas les règles et les lois de la République et à la première occasion, ils se mettent dans une situation où ils perturbent les marchés. Pour qu'elles a rien pensé, ça, la justice le dira. Ce qui est sûr, c'est que c'est d'une malhonnêteté profonde.
Alors, autre grande ville qui est sous les projecteurs, si j'ose dire, c'est Toulon. Toulon, où un sondage IFOP donne la candidate RN, Laure Lavalette, largement en tête du premier tour, 39% des intentions de vote. Devant la maire sortante, José Massi, 24%. Devant le sénateur LR, Michel Bonnus, 15%. Devant Magali Brunel, candidate de la gauche unie à 13%. Et la candidate LFI, Isaline Cornille, 6%. Là encore, et ça annonce aussi un deuxième tour très serré, là aussi, ça va se jouer à un cheveu, non ?
Effectivement, mais si vous regardez ce sondage, vous pouvez constater qu'au deuxième tour, Mme Massi gagne s'ils sont unis. Donc, on revient toujours sur ma thèse, qui est toujours la même. Quand vous êtes unis, vous gagnez. Ce qui est intéressant dans ce sondage, même si je mets toujours des réserves sur les sondages, je vous l'ai dit, c'est que Mme Lavalette, pour le Rassemblement National, avait été donnée, il y a trois semaines, à 48-49% dès le premier tour. Et là, elle est à 38%.
Ce qui veut dire que dès qu'on se rapproche du local, tous ceux qui mettent le chaos au niveau national, à l'Assemblée Nationale, quand ils arrivent devant leurs électeurs au niveau local, les électeurs sont sensibles au fait qu'ils participent au chaos de la vie politique au niveau national, et ils n'en veulent pas au niveau local. Mme Massi est une maire sortante, elle s'applique, elle est sérieuse, M. Bonus est un sénateur LR, je les invite à se mettre ensemble, et s'ils se mettent ensemble, ils gagnent, voilà, tout simplement. Donc, qu'ils se mettent ensemble et qu'on gagne, c'est la leçon toujours de pragmatisme politique, l'addition fait la victoire.
Alors, troisième grande ville, qui est aussi très intéressante, c'est le cas de Nice, et à Nice, c'est le grand mystère, aucun sondage n'a été publié, c'est une des seules grandes villes de France dans ce cas, et là-bas, c'est bien sûr le duel au soleil entre les deux ex-amis devenus des frères ennemis, voire des ennemis jurés, le maire sortant Christian Estrosi pour Horizon, et l'UDR Eric Ciotti soutenu par le RN. Les noms d'oiseaux pleuvent, les noms d'oiseaux volent plutôt, et les coups pleuvent, parfois sous la ceinture. Comment vous voyez le dénouement à Nice ?
Moi, je connais bien les deux protagonistes. Monsieur Estrosi est un homme de la droite et du centre, qui a toujours porté haut les couleurs de sa ville, et qui l'a profondément transformée, elle est rayonnante. Parallement à ça, il y a celui qui a été formé par Monsieur Estrosi, qui a été patron de LR, et qui est placé avec armes et bagages, ou tout seul peut-être, plutôt qu'armes et bagages, directement dans les mains du RN, ce qui est un peu un opportunisme politique, qui à mon avis ne lui servira pas. Sur le fond, la ville est assez exceptionnelle.
Ce qu'a fait Monsieur Estrosi, c'est pas mal, donc peut-être qu'au-delà de l'animosité entre les deux hommes qui est réel, on peut peut-être parler du bien-être à Nice, et dans ce bien-être à Nice, quand on voit la propreté, la sécurité, peut-être qu'elle est organisée avec la vidéoprotection de la police municipale, l'organisation des déplacements sur le territoire de Nice, où quand vous vous posez à l'aéroport, vous prenez le tramway, vous allez directement dans le centre-ville, où partout c'est accessible. C'est assez impressionnant, en fait, comment on est traité Nice, et puis ils ont aujourd'hui inauguré un parc urbain qui est assez superbe.
Je ne sais pas très bien ce qu'on peut proposer de plus quand on est l'adversaire, si c'est de dire qu'on n'aime pas Monsieur Estrosi, ça me paraît un peu court dans le débat. Donc je suis assez confiant quand même pour Monsieur Estrosi, qui est un très bon maire.
Alors, dernière question pour conclure en beauté sur la situation nationale. La France a enfin un budget pour 2006. Sébastien Lecornu l'a transmis il y a quelques heures au Conseil constitutionnel pour validation. Ça a été très dur, 350 heures de débat, des semaines et des semaines d'aller-retour. Qu'est-ce qu'ils vous disent les gens sur le terrain dans votre région de la situation politique nationale ? Ils sont inquiets, ils sont furieux, ils sont atterrés. Comment vous les sentez dans votre région ?
Je crois qu'ils sont passés un peu par toutes ces phases, qui sont globalement maintenant désabusés, désespérés de la vie politique nationale. On ne comprenait même plus ce qui se passait là-haut. La couverture médiatique légitime faisait en sorte qu'on ne savait plus quel amendement passait, qui était taxé, qui ne l'était plus. Tous ces débats dans tous les sens faisaient en sorte qu'à la sortie, on a un budget, ce qui était absolument nécessaire. Mais l'accouchement est extrêmement difficile. Et donc un rejet de la vie politique et si j'ai une zapette, c'est-à-dire que j'appuie sur mon petit... Je change de chaîne dès qu'on parle de ça. Les gens, ils font ça.
Ils en ont marre, ils en ont assez. Et ils mettent tout le monde dans le même panier en disant aux nationaux là, vous ne savez pas parler de nos problèmes ni les régler et vous êtes globalement impuissants parce que vous ne vous occupez que de votre petit nombril. Et ça aura sûrement
des implications sur les prochains scrutins. En tout cas, on va regarder de très près ce qui se passe dans votre région. Merci Renaud Muselier d'avoir été avec nous et à très bientôt sur Radio-J. Merci.
Merci. Merci.
Renaud Muselier