L'invité de Bourdin Direct : Marine Le Pen - 13/10
Audio original de l'émission.
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Marine Le Pen, bonjour. Bonjour. Merci d'être avec nous ce matin. Présidente du Rassemblement National, députée du Pas-de-Calais. Marine Le Pen, l'épidémie coronavirus s'intensifie. Est-ce que de nouvelles restrictions vous paraissent indispensables ?
Certainement, mais est-ce qu'il n'est pas déjà trop tard ? C'est ça la vraie question. Moi, ce qui me frappe depuis le début de cette épidémie, c'est l'absence totale d'anticipation de la part du gouvernement. Alors, on pouvait encore peut-être leur pardonner pour la première vague, mais c'est vrai qu'on a tendance à trouver ça impardonnable pour la seconde. Il y a trois semaines, le Premier ministre nous a réunis, les présidents de partis politiques et les présidents de groupes. Je lui ai demandé de nous fournir, de fournir à la représentation nationale, les plans de gestion de crise. Normalement, c'est fait par le secrétaire général de la Défense et de la Sécurité Nationale.
Il y a des plans pandémie et il m'a dit qu'il allait nous les transmettre. Il ne nous les a pas transmis. Pourquoi ? Parce que probablement, ils n'existent pas.
Et peut-être parce que l'épidémie évolue régulièrement et qu'elle est localisée, plus localisée que nationalisée, si je puis dire.
Justement, c'est pour ça qu'on fait des plans. On fait des plans de gestion de crise. Comment est-ce qu'on fait lorsque l'ensemble du territoire augmente de manière uniforme, lorsque plusieurs villes augmentent, des départements ? Ça s'appelle un plan de gestion de crise. Est-ce que depuis mars, ils n'auraient pas pu se pencher sur la mise en œuvre d'un plan de gestion de crise ? Ils ne l'ont pas fait. Alors, on se retrouve avec un gouvernement qui, nonobstant le fait qu'il donne des injonctions contradictoires, depuis mars, enfin depuis même février dernier, eh bien, se retrouve, donne le sentiment en tout cas, de prendre des décisions la veille pour le lendemain.
Alors, des restrictions sont indispensables selon vous, de nouvelles restrictions. Est-ce que, je ne sais pas moi, avec, je ne sais pas, le couvre-feu, des reconfinements locaux ?
Est-ce qu'on peut s'entendre ? Les restrictions, c'est quand on a tout raté. Oui. D'accord ? Ou quand l'épidémie progresse. Non, mais d'accord. Qui est responsable de la progression de l'épidémie ?
Est-ce le gouvernement ? Ou est-ce que ce sont les Français ?
Non, non.
Qui sont les responsables de la recrudescence de l'épidémie ?
Toutes les études qui ont été faites démontrent que le peuple français est un des peuples les plus disciplinés par rapport aux injonctions qu'on lui a données. Encore faut-il, encore une fois, que ces injonctions... Vous le trouvez discipliné ? Oui, je le trouve discipliné, oui. Compte tenu des sacrifices qu'on leur demande. Mais je vous rappelle quand même que pendant des mois, on nous a dit que les masques étaient inutiles et que même ils étaient dangereux. Que brutalement, on nous a dit qu'il fallait absolument les porter. Que pendant des mois, on a dit que les jeunes ne risquaient rien.
Que maintenant, on dit que ce sont les jeunes qui risquent parce qu'ils sont les vecteurs de contamination. Donc, ces injonctions contradictoires entraînent une conséquence très grave. C'est qu'elles aggravent en réalité la perte de confiance dans les demandes dans le gouvernement et donc une forme d'indiscipline ou en tout cas de contestation de ce que demande le gouvernement. Et puis, quand je vous dis toutes les restrictions, c'est quand on a raté le reste. Je rappelle quand même que la seule stratégie qui est efficace, tester, tracer, isoler, soigner. Tout dysfonctionne dans ce domaine. Je veux dire, aucun contrôle des flux entrants.
Il y a encore un ferry marocain qui est arrivé avec aucun contrôle. On s'est aperçu qu'il y avait A7, qu'il y avait des cas. Les avions, ça continue à entrer, il n'y a pas de difficulté. Il n'y a aucune cohérence dans la gestion des flux entrants. Les tests sont anarchiques. C'est-à-dire qu'il n'y a pas eu de politique de priorisation de la part du gouvernement. C'est très long pour avoir les résultats. Mais c'est là où ça pêche. Comme c'est très long pour avoir les résultats, en réalité, quand on a les résultats, on est quasiment guéri. Et entre-temps, on a très certainement contaminé toute une série de personnes.
Moi, j'aimerais qu'on nous explique pourquoi est-ce qu'on n'a pas un lit supplémentaire quasiment depuis mars dernier de réanimation. J'aimerais qu'on nous dise qu'est-ce qu'on va faire pour aller chercher des soignants qui aujourd'hui ne veulent plus travailler parce qu'ils sont en burn-out. Est-ce qu'on va faire appel aux privés ? Est-ce qu'on va faire appel à des retraités ? Ça, ça s'appelle un plan pandémie. Et puis, qu'on nous donne des informations. Où sont les clusters ? On nous dit que les clusters, ce sont les foyers. Mais on nous a expliqué qu'on fermait les restaurants parce que c'était les restaurants.
Si le gouvernement pouvait être clair, alors il serait respecté, entendu et les Français comprendraient ce qu'on attend d'eux.
Marine Le Pen, vous parlez de tracé. Il y a cette application. Vous ne l'avez pas téléchargé, moi non plus d'ailleurs. Je vous le dis. Pourquoi ?
Alors moi, je ne l'ai pas tracé, je ne l'ai pas téléchargé. Stop Covid et non pas télé-Covid. Parce qu'il me semblait que toutes les conditions de sécurité, de traitement des données n'avaient pas été confirmées aux Français. Donc moi, je ne veux pas que mes données soient traitées par je ne sais quel pays étranger, grandes entreprises étrangères.
Encore une ou deux questions sur cette épidémie. Arras et Nimbomont, dans votre circonscription, la situation est sérieuse. J'ai regardé ça de près. Elle est sérieuse. Que demandez-vous au préfet ? De nouvelles restrictions ? Je ne sais pas, vous êtes député Nimbomont. Que demandez-vous ?
Encore une fois, je demande au préfet de mettre en place les conditions pour que la population puisse se tester et avoir des résultats le plus rapidement possible. Pour qu'elle puisse s'isoler véritablement, parce qu'il n'y a aucun contrôle des isolements.
Et s'il le faut, fermeture des bars, des restaurants ?
Si on ne peut plus faire autrement. Mais il faut qu'on ne puisse plus faire autrement. Et puis, il va falloir penser aussi, à un moment donné, à ne pas laisser la charge de ces décisions aux bars et aux restaurants. Parce qu'ils vont tous mourir. Ils vont tous fermer. Donc, j'avais proposé, dès le confinement, dès le mois d'avril, de mettre en place un fonds d'aide aux entreprises de moins de 1000 salariés, un fonds de proximité.
Tout de suite, sans condition, sans remplir des dossiers avec des critères inouïs, dans une bureaucratie kafkaïenne, immédiatement, toutes les entreprises de moins de 1000 salariés, qui étaient obligées de fermer, avaient 1500 euros de forfait, plus 1000 euros par salarié. Si on avait fait ça, on ne se retrouverait pas dans la situation dans laquelle on est aujourd'hui, où, en réalité, beaucoup d'entreprises ont épuisé leurs fonds propres, leurs trésoreries, et se retrouvent dans une situation économiquement dramatique.
Alors, parlons de la situation économique. La discussion du budget 2021 a commencé à l'Assemblée nationale, sur fonds de crise sanitaire, ce plan de relance. Est-ce que vous demandez des contreparties aux aides, les baisses d'impôts accordées aux entreprises ?
Oui, ça me paraît la moindre des choses. Déjà, je demandais ça au moment du CICE. Vous vous souvenez, on a donné énormément d'argent aux entreprises, sans aucune contrepartie.
Mais quelle contrepartie, alors ?
Je ne sais pas, le maintien, par exemple, au moins le maintien de l'emploi. On ne peut pas dire aux entreprises, on va vous donner des dizaines de millions, sans leur demander que ces dizaines de millions servent à protéger l'emploi. Or, ça n'a pas été le cas pour le CICE, et en quelque sorte, on commet à nouveau les mêmes erreurs. Alors, on nous explique, on va demander des contreparties écologiques, etc. Mais l'urgence, on est en situation d'urgence. On doit inscrire dans la loi des contreparties. Bien sûr, l'urgence aujourd'hui, c'est de préserver l'emploi. Mais je ne suis pas dupe, je sais très bien, et je l'ai dit, que ce sont les TPE, PME qui sont le cœur de l'emploi dans notre pays.
Donc, ce sont elles qui doivent bénéficier de toute l'attention du gouvernement.
Avec des contreparties aussi pour les PME, TPE.
Oui, mais ce n'est pas le cas.
Non, non, mais vous demandez aussi des contreparties pour les PME et TPE.
Non, la situation peut être différente en fonction de la taille de l'entreprise.
Alors là, il faut que je comprenne. Demandez des contreparties.
Non, mais la situation peut être différente en fonction de la taille de l'entreprise. Excusez-moi, mais le CICE, ce ne sont pas...
Donc, des contreparties pour les grandes entreprises, mais pas pour les PME.
Mais les CICE, par exemple, ce ne sont pas les TPE, les PME qui l'ont touché.
Non, je ne vous parle pas du CICE, là. Je vous parle de ce plan de relance et des baisses d'impôts. Les baisses d'impôts, ça concerne toutes les entreprises, Marine Le Pen. Donc, vous dites, d'accord, baisses d'impôts, d'accord, contreparties pour les grandes entreprises.
Est-ce que vous demandez des contreparties pour les PME ? Je vous le demande. De quoi on parle ? On parle des baisses d'impôts, mais ils n'ont même pas d'activité. Enfin, écoutez, on est en train de parler d'impôts. On parle déjà de ce qu'ils devraient payer à l'État. Les baisses d'impôts de production. Mais oui, mais tant mieux. Parce qu'au lieu de leur donner de l'argent, mieux vaut ne pas le remprendre, figurez-vous. Tant mieux. Voilà. Donc, je pense qu'il faut faire des baisses d'impôts aujourd'hui pour les entreprises. Avec des contreparties demandées aux PME ?
Plutôt que leur donner des subventions, mieux vaut, encore une fois, plutôt que de leur donner de l'argent, mieux vaut ne pas le remprendre.
Est-ce que vous demandez des contreparties à l'argent versé ou les baisses d'impôts
qui concernent les PME ? Mais les TPE-PME, on sait de quoi on parle ? Une TPE-PME, elle ne licencie pas pour le plaisir. Elle se prive d'un salarié quand elle licencie. Personne ne le dit. D'accord ? Alors que les grandes entreprises, bien souvent, elles font des licenciements boursiers. C'est-à-dire que pour pouvoir délivrer des dividendes plus importants... Donc, contreparties uniquement aux grandes entreprises. À leurs porteurs, oui, je crois. Au-delà d'un certain seuil. Tout ça se discute avec elles. Mais encore une fois, je pense que le cœur de cible, ça doit être les TPE-PME. Or, je note que dans le plan de relance, c'est 3 milliards sur 100, c'est-à-dire 3% seulement pour les TPE-PME.
Il est mal orienté, ce plan de relance.
Bien, la lutte contre la pauvreté qui s'aggrave, parce que l'une des conséquences dont on ne parle pas de cette crise sanitaire, c'est l'aggravation de la pauvreté dans ce pays. Que faut-il faire ? Que feriez-vous si vous étiez au pouvoir ? Je ne sais pas, moi. Augmenter le RSA ? Verser le RSA au moins de 25 ans ? Augmenter d'autres aides sociales ? Que feriez-vous ?
D'abord, il va falloir arrêter de créer des taxes. Parce qu'on nous a dit qu'il n'y aurait pas d'augmentation d'impôts. C'est quand même particulièrement malhonnête. Sur votre antenne, ce matin, on entendait qu'il allait y avoir une augmentation de l'essence.
Des taxes sur l'essence, oui.
Voilà, d'accord. Et qu'il allait y avoir la création d'une taxe sur les jouets. Sur 95, oui. Mais ils vont faire ça tous les jours. Il va y avoir des nouvelles taxes, à nouveau. Alors que, justement, les Français sont dans une situation très difficile. Je suis désolée, mais les taxes, ce sont des impôts. Il faut arrêter de jouer sur les mots.
Avec quand même une baisse des prélèvements obligatoires.
Donc, est-ce qu'on peut arrêter...
Dans ce budget, par rapport au budget précédent et aux années précédentes.
Oui, d'accord. Oui, d'accord. En règle générale... Non, non, non, non. Non, non, pardon. On va s'y arrêter deux minutes. Parce qu'on nous a vendu des très grandes baisses d'impôts. On nous a dit qu'Emmanuel Macron a baissé massivement les impôts. Il a baissé massivement les impôts des très, très riches. D'accord ? 60% d'augmentation des dividendes en 2018. 60% d'augmentation des dividendes. 23 milliards. Donc, évidemment, en supprimant l'ISF et en mettant une flat tax, il a avantagé, mais en réalité, une partie minime de la population. Alors, qu'est-ce que je ferais là en urgence ? J'arrêterais toutes les taxes nouvelles qui sont envisagées.
Je prononcerais une baisse de l'énergie, du prix de l'électricité, du prix du gaz, du prix de l'essence. C'est-à-dire exactement l'inverse de ce qu'ils font. Donc, vous baisseriez les taxes sur les carburants ? Je dirais, vous voyez, cette année, ils ont décidé d'augmenter de 5 milliards la contribution à l'Union Européenne. Eh bien, je ferais un moratoire sur cette augmentation de la contribution à l'Union Européenne qui, objectivement, pour l'instant, n'en a pas besoin. Et je prendrais ces 5 milliards pour venir en aide aux populations les plus modestes de notre pays.
Comment vous augmenteriez le RSA, par exemple ? Les aides sociales, d'autres aides sociales ?
Oui, bien sûr, mais il y a mille manières de... Vous augmenteriez les aides sociales ? Je veux dire, M. Bourdin, il y a mille manières de le faire. De manière provisoire, on peut parfaitement, y compris directement sur la feuille d'impôt, puisque maintenant, permettez-moi de vous dire, mais il y a le prélèvement automatique. Oui, automatique. Et par conséquent, on peut très bien inverser la machine pour aller donner une aide à ceux qui, dans notre pays, sont aujourd'hui en train de basculer ou sont déjà dans la pauvreté.
Oui, Marine Le Pen, il y a une mesure qui est très contestée au sein même de votre mouvement, c'est la retraite à 60 ans. Est-ce que vous allez abandonner cette idée ?
Écoutez, je lis ça dans les journaux.
Oui, je lis ça partout, moi aussi.
Ah oui, c'est étonnant, parce que moi, je n'ai jamais entendu quelqu'un dans mes instances venir me demander de supprimer la retraite à 60 ans avec 40 annuités. Je répète toujours avec 40 annuités, pourquoi ? Parce qu'on sait très bien qu'on entre sur le marché du travail de plus en plus tard et qu'avec les accidents de la vie professionnelle, ceux qui auraient virtuellement la possibilité de partir à 60 ans sont probablement aujourd'hui quasi inexistants. Voilà, parce que quand on rentre à 23 ans sur le marché du travail ou à 25 ans et qu'on a besoin de 40 annuités, alors on sort à 63 ou à 65 ans. Donc déjà, c'est très difficile.
Je dis, arrêtons de demander en permanence des sacrifices aux Français. Alors qu'il y a des économies à faire. M. Bourdin, l'éolien, ça nous coûte 8 milliards d'euros par an. Ça ne fonctionne pas, ça défigure les territoires, c'est épouvantable, ça pose des problèmes de santé publique, peut-être, d'après ce que disent certains, et ça nous coûte une fortune. Bon, je suis navré de vous dire que l'immigration, je sais que c'est un sujet qui parfois est sensible pour vous, mais l'immigration, il faut qu'on l'arrête en situation de crise. Pourquoi sensible pour moi ? Parce que, souvent, vous réagissez quand j'en parle. Non, je réagis, je veux savoir. Mais M. Bourdin, continuez à accueillir 270...
Mais il n'y a rien sur l'immigration dans le plan. Continuez à accueillir 270 000 personnes par an, alors qu'on a 6 millions de chômeurs officiels, si je puis me permettre, 9 millions de pauvres, et ça va s'aggraver, que nos hôpitaux sont saturés. Ça n'a aucun sens qu'il y ait une crise du logement qui est considérable, où est-ce qu'on les loge, comment on les soigne, quel travail on leur donne. Ça n'a pas de sens.
Dans la loi séparatisme, il doit y avoir un volet immigration.
Évidemment, évidemment, mais pour une raison simple. Mais bien sûr, parce qu'il n'y a pas de cohérence à lutter contre le fondamentalisme islamiste sans lutter contre l'immigration anarchique. Il faut que nous sachions, évidemment, qui entre sur notre territoire.
Même si la menace islamiste a été désignée, dorénavant désignée. C'est ce que vous avez dit, après le discours d'Emmanuel Macron. D'accord, bon, très bien, ok.
Vous savez, il y a une citation chinoise qui dit que le mot « chien ne mord pas ». Ça veut dire qu'il ne suffit pas de dire les choses ou de les écrire pour que les problèmes soient réglés. Moi, je dis que le fondamentalisme islamiste depuis 20 ans dans notre pays est en grande partie d'importation. C'est-à-dire qu'on voit bien qu'il y a des gens qui sont venus dans notre pays porter une exigence de mise en œuvre de la charia qui, non seulement, veulent vivre séparément, mais ça n'est qu'une étape, mais en réalité, souhaitent imposer leur mode de vie à ceux qui sont autour d'eux, c'est-à-dire d'abord aux autres musulmans, mais également à ceux qui ne sont ni musulmans ni croyants.
Ça, c'est inadmissible. Donc, il faut évidemment agir sur ce sujet.
Bien. Marine Le Pen, ce projet de loi, on ne sait pas tout. On a quelques grandes lignes sur ce projet de loi. Vous pourriez le voter ou pas ? On ne sait pas tout. Vous pourriez le voter ou pas ? On ne connaît même pas le titre. Oui, oui. Défense de la laïcité, peut-être. Non, mais d'accord. Mais vous, vous pourriez le voter ou pas ?
Il nous explique, M. Bourdin, que ça fait trois ans qu'il travaille. Est-ce que vous pourriez le voter ? Est-ce que vous pourriez voter ? Non, je ne le pense pas, parce que je pense que les amendements que je ferai très certainement seront retouffés. Mais ça ne veut pas dire que dans ce texte, il n'y a pas un certain nombre de sujets avec lesquels je ne serai pas d'accord. Évidemment, entre l'absence totale de contrôle des financements étrangers des mosquées et le contrôle des financements étrangers des mosquées, je préfère le contrôle des financements étrangers des mosquées, même si je pense que ça ne va pas assez loin.
Donc, je participerai à ce travail législatif avec beaucoup d'honnêteté, mais je suis convaincue que le résultat ne sera pas à la hauteur de ce qui est nécessaire de faire.
L'apprentissage de l'arabe, l'apprentissage de l'arabe, vous êtes...
Ce n'est pas l'apprentissage d'arabe, parce que ça existe déjà.
Bon, oui, ça désigne, dans des conditions... Non, non, ça existe déjà. Oui, enfin, ce n'est pas toujours évident.
Comme les autres langues vivantes. Pas toujours, moins que les autres langues vivantes. Comme les autres langues vivantes. Mais ce qu'ils veulent, c'est... C'est une grande langue, c'est une grande culture. C'est généraliser l'apprentissage de l'arabe. Moi, mon problème... Moi, je regarde les choses telles qu'elles sont, M. Bourdin.
On ne va pas obligé, en sixième, chaque élève à apprendre l'arabe. Non, mais moi, je regarde les choses... Ce n'est pas l'intention, apparemment.
D'accord, moi, je regarde les choses telles qu'elles sont. Je vois que nous avons une grande partie de l'immigration que nous n'avons pas réussi à assimiler, probablement d'ailleurs en grande partie en raison du nombre trop important de cette immigration depuis 20 ans. plutôt que de travailler à cette assimilation qui passe par la maîtrise du français. Parce que le meilleur moyen de réussir en France, M. Bourdin, et vous pourrez me raconter tout ce que vous voulez, c'est de parler correctement le français et de correctement l'écrire. C'est ça la priorité absolue. Or, plutôt que de faire ça, on renvoie les enfants à leur culture d'origine, à leur langue d'origine...
Mais apprendre une langue, est-ce que ça empêche un enfant d'apprendre à écrire français
ou à bien écrire français ?
Franchement, je vous pose la question. Est-ce que c'est la priorité ? Est-ce que c'est apprendre l'arabe empêchera un enfant de bien écrire français ? Ou de bien connaître la langue française ? Est-ce que la priorité de l'école,
ça ne doit pas être ça ? C'est une vision en fait. N'est-ce pas la priorité déjà ? Mais vous voyez bien qu'il y a une vision...
Mais apprendre des langues étrangères...
Oui, d'accord, M. Bourdin. Mais encore une fois, ça existe déjà. Donc, quand un gouvernement vient vous dire... Quand un gouvernement vient vous dire, il faut accélérer, élargir l'apprentissage de l'arabe. C'est juste électoraliste. Sauf que ça ne va pas dans le bon sens.
Marine Le Pen, l'insécurité... Est-ce que l'insécurité est le point faible de notre pays ? Comme le reconnaît lui-même le Premier ministre.
Un des points faibles.
C'est ce qu'il dit. Moi, il dit le point faible de notre pays. C'est ce qu'il dit. Enfin, bon, un des points faibles, si vous voulez.
Oui, c'est terrifiant. La situation de l'insécurité en France est terrifiante. Et moi, je pense que le gouvernement s'honorerait à faire des comparaisons avec les pays européens. Pour s'apercevoir de la gravité de la situation et de l'ambiance dans laquelle vivent aujourd'hui les Français. Qui sont confrontés à cette insécurité qui a explosé. On a parlé hier du commissariat de Champigny. On se pose la question, mais est-ce qu'il y a une aggravation des actes contre les forces de l'ordre ? Oui, spectaculaire. Spectaculaire. On est aujourd'hui à 65 000 agressions par an contre les forces de l'ordre, gendarmes et policiers. On était à 55 000 pendant les émeutes de 2005.
Vous vous rendez compte ? C'est considérable. Ça a augmenté de 60 % en 20 ans. Donc, oui, nous payons des années de laxisme, de culture de l'excuse, de Dupond-Moretti, de Christiane Taubira... Ah bah tiens, j'allais vous parler de Dupond-Moretti. Et j'en passe à des liens.
Tiens, j'allais vous parler d'Éric Dupond-Moretti qui a fait cette proposition jeudi dernier. Ici même, à votre place, il dit qu'il faut absolument encadrer ou recadrer les mineurs délinquants ou les jeunes majeurs délinquants avec l'armée. faire appel à l'armée pour les recadrer. Bonne idée ou mauvaise idée ?
C'est une posture. C'est-à-dire ? Parce qu'il veut faire oublier ses déclarations sur les pauvres gamins déchirés par la vie. Donc, il y a sûrement un conseiller mystérieux qui lui a dit « Tiens, mets armé dans ton discours parce que ça va faire plaisir aux gens, ça va faire autorité, etc. » La réalité, c'est que ça a existé déjà. Il y a eu des structures telles que celles-là. Les épides créés par Alio-Marie, par exemple, qui étaient effectivement gérés par des militares. Ça ne marchait pas trop mal ? Non, ça ne marchait pas trop mal. Oui. Alors, pourquoi ne pas ? Le service militaire adapté en Outre-mer, ça ne marche pas mal aussi. Pourquoi pas ?
Mais encore une fois, est-ce qu'on peut essayer d'avoir une vision globale du problème de l'insécurité dans notre pays ? C'est-à-dire les moyens qui sont donnés à la police, les consignes qui leur sont donnés, les ordres. Parce que moi, je les ai lus, les ordres qui sont donnés à la police. En réalité, ils ne peuvent rien faire. Ils ne peuvent pas réagir. Ils ne peuvent pas répondre lorsqu'ils sont confrontés à la criminalité. Vous regardez très souvent, évidemment, les dépêches de l'agence France Presse. Regardez le nombre de dépêches qui font état d'émeute et qui termine par « Il n'a été procédé à aucune interpellation.
» Comment c'est possible qu'il soit procédé à aucune interpellation à Champigny ? Alors qu'il y a 40 voyous, 40 délinquants qui viennent attaquer un commissariat aux mortiers. Réponse du ministre, il faut interdire les mortiers. Non mais écoutez, franchement, ce n'est pas au niveau. Et demain, ils balanceront des frigidaires et on dira, il faut interdire les frigidaires. C'est quoi le sujet ? On voit que ce n'est pas au niveau. Donc, il faut une grande politique. Moi, je ne peux pas vous la résumer en trois minutes, mais j'ai fait un livre blanc sur la sécurité de 74 pages. J'appelle les gens à aller le regarder sur le site du Rassemblement National.
Mais j'attends toujours le livre blanc qui a été promis en juillet 2019 par le Premier ministre, promis par M. Castaner en octobre et dont nous n'avons pas vu le début d'un commencement d'une ligne.
Marine Le Pen, j'ai deux questions pour terminer politique. Est-ce que vous allez abandonner la présidence de votre parti ?
J'y réfléchis pour pouvoir me présenter comme étant la candidate de tous les Français et pas la candidate d'un parti politique. Vous avez déjà décidé, vous y réfléchissez. Vous avez déjà décidé, franchement. J'y réfléchis.
Oui. Oui. Quand est-ce que vous déciderez ?
De toute façon, après le prochain Congrès puisque le Congrès doit me légitimer en quelque sorte comme candidate à la présidence. Si vous êtes légitimé,
vous abandonnez la présidence.
Je verrai. Je n'ai pas encore pris ma décision. Je vous la transmettrai et qu'est-ce que ce sera fait.
Est-ce que Nicolas Dupont-Aignan vous a répondu ?
Oui. Il m'a répondu que les Français choisiront au premier tour le meilleur candidat.
Donc ?
C'est dommage. Voilà. C'est dommage. C'est de la perte d'énergie. C'est de la perte de temps. C'est de la perte d'efficacité. Donc voilà. Moi, j'en appelle à nouveau à lui, à ses troupes, à ses élus en leur disant écoutez, venu de travailler. On peut faire à la présidence quelque chose de formidable et donner à nouveau de l'espoir aux Français.
Marine Le Pen, merci. 8h56 RMC et BFM TV.
RMC.
Marine Le Pen