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interviewLCP - Assemblée nationale· 17 novembre 2024 80 min

Audition des représentants de la Société civile des Auteurs-Réalisateurs-Producteurs

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

chers collègues. Alors nous reprenons nos auditions cet après-midi en donnant la parole aux auteurs-réalisateurs-producteurs, l'ARP, en recevant M. Mathieu Ripka, délégué général de l'ARP, Mme Joyce Dardan, déléguée générale adjointe, accompagnée de M. Quentin Delcourt et Jérôme-Henrico, cinéaste. J'ai à peu près dit correctement les noms. Comme vous le savez, notre commission d'enquête cherche à faire la lumière sur les violences commises contre les mineurs et les majeurs dans le monde du cinéma, de l'audiovisuel, du spectacle, notamment et plus largement. Le réalisateur comme le producteur occupent un rôle central dans la conduite d'un projet cinématographique.

Il est donc le témoin privilégié et parfois hélas l'auteur des violences sexuelles et sexistes qui peuvent survenir avant, pendant ou après un tournage. Comment vos organisations répondent-elles à l'impérieuse nécessité de prévenir ces violences et de les gérer au mieux lorsqu'elles surviennent ? Le mouvement MeToo a-t-il fait évoluer les pratiques des réalisateurs dans la conduite d'acteurs ? Que faire d'un film qui aurait été entaché par des faits de violences sexuelles ? Quelles propositions souhaitez-vous formuler auprès de la commission pour assurer une prévention efficace de ces violences ? Toutes ces questions seront l'objet de notre audition.

Je rappelle que cette audition est ouverte à la presse et qu'elle est retransmise en direct sur le site de l'Assemblée nationale. Avant de vous laisser la parole et d'entamer nos échanges pendant environ 1h30, je vous rappelle que l'article 6 de l'ordonnance du 17 novembre 1958 relative au fonctionnement des assemblées parlementaires impose aux personnes entendues par une commission d'enquête de prêter serment, de dire la vérité, toute la vérité, rien que la vérité. Je vous invite donc à dire chacun votre tour, micro ouvert, en levant la main droite, je le jure.

1:57
Erwan Balanant

Je le jure. Je le jure.

2:02
Invité

Je le jure.

2:04
Erwan Balanant

Je le jure.

2:09
Présentateur

Je vous remercie. Je vous laisse la parole pour 10 minutes de propos liminaires. Merci.

2:14
Erwan Balanant

Alors, c'est à moi que revient la charge de présenter un peu l'ARP. L'ARP, l'Association des réalisateurs producteurs, qui existe depuis 1987, qui fête donc ses 35 ans, regroupe et a la particularité de regrouper non seulement des réalisateurs, mais aussi des producteurs, auteurs, enfin des gens qui font les trois. Et c'est donc qu'on a une vision assez transversale du métier, à un peu toutes les positions, ce qui est sans doute notre singularité et qui évidemment, nous... Voilà. Pour commencer, on voulait vous dire qu'on est extrêmement content de voir cette commission d'enquête se réouvrir après la dissolution de l'Assemblée et aussi rapidement.

Et on est ravis d'y participer et de pouvoir amener notre contribution à tout cela. Voilà. Donc, en fait, on a une vision transversale des métiers. On est connue parce qu'on a défendu, on défend depuis toujours l'indépendance, la diversité et qu'on pense que ça a beaucoup à voir aussi avec la défense contre les violences, que cette diversité souhaitée par notre organisation culturelle se retrouve évidemment dans la composition de l'organisation, dans la parité, dans toutes ces questions qui sont centrales pour nous dans la lutte contre les violences de tout ordre. Voilà.

Et donc, c'est quelque chose qui est au cœur de nos préoccupations, de nos débats depuis toujours, transparence, diversité, pour nous amener à une plus grande parité au sein même de notre organisation, ce qui nous semble être, on y reviendra sans doute tout à l'heure, mais la base d'un équilibre qui éloigne les violences commises, etc., à partir du moment où il y a la parité. Je me permets de faire une parenthèse rapide. Je suis également non seulement cinéaste mais directeur d'une école de cinéma et on a pu remarquer que depuis que la parité a été atteinte et voire dépassée, on avait de moins en moins de questions de cet ordre-là au sein de l'établissement scolaire que je dirige. Voilà.

Pour vous parler un peu des multiples choses qu'organise l'ARP, on a très récemment, vous devez être au courant, parlé de ces débats qui traversent l'organisation, on a voulu s'en emparer, en mettant en lumière le groupe Respect que vous avez, je crois, auditionné ce matin et justement qui nous paraissait une façon très intéressante de répondre aux questions à un certain nombre de questions que vous posez sur comment on fait face à ces problèmes, vers quoi on doit aller pour rendre plus vertueux le monde dans lequel on est, l'univers dans lequel on est, le métier dans lequel on est, qui est très regardé en plus, qui a valeur souvent d'exemple en fait.

Et donc on a organisé cette table ronde avec d'ailleurs M. le député Erwann Balanant. Et c'était un moment important, ça a ouvert des débats. On est nous-mêmes en train de réfléchir et de débattre sur la mise en application et la réflexion sur ces différentes propositions du groupe Respect. Voilà. On a été aussi, pour faire un peu l'historique des choses, on a été les premiers à demander le retrait du président du CNC, Dominique Boutonna, au moment de sa mise en examen. Donc on est quand même assez attentifs à toutes ces questions-là. Il nous semblait que s'il était difficile de continuer les débats avec le CNC d'une manière sereine, avec cette épée de Damoclès au-dessus de la tête.

Et donc on a été les premiers à réclamer sa mise en retrait. Voilà, je crois que... Et dernière chose, très importante, pardon. On a changé les statuts de l'ARP il y a maintenant 4 ans, je crois, à peu près 2 ans, pardon. Il y a 2 ans, on a changé les statuts de l'ARP pour pouvoir mettre en retrait quelqu'un qui serait impliqué dans une affaire de violence sexiste, sexuelle, etc. Et donc on a pris aussi là le problème à bras-le-corps. Et donc on a même la possibilité, à partir du moment où une condamnation intervient plus tard, à exclure définitivement de l'organisation le membre incriminé. Voilà.

Je crois que j'ai essayé de vous faire un tableau général, peut-être un peu bref ou un peu court, mais on est là pour évidemment répondre à vos questions.

6:50
Présentateur

Merci beaucoup. Rien n'est trop court, je vous rassure, dans ces auditions qui sont extrêmement denses. Est-ce que vous voulez compléter le propos liminaire ou est-ce qu'on passe directement en question ? Comment... Allez-y, monsieur Réponse.

7:12
Invité

Bonjour, madame la présidente, monsieur le rapporteur, mesdames et messieurs les députés. Tout simplement, je pense que ça peut être bien de venir aux questions. Évidemment, je veux juste rappeler la particularité de nos métiers qui nous rassemblent sans doute sur des temps éphémères, limités dans le temps. La particularité également des projets qui sont des projets d'une vie pour nombre de participants à ces projets, pas seulement les réalisatrices ou les réalisateurs, mais tout l'ensemble des participants.

Un peu comme pour vous, une élection, c'est un projet d'une vie, un engagement, que nous sommes parfaitement conscients que ce cadre-là peut être générateur de violence, tout simplement, et que c'est donc un travail dont nous nous réjouissons pour pouvoir continuer à le faire, tout simplement, et de le faire d'une manière la plus informée possible et la plus libre possible. Et pour ça, il faut un cadre. Et c'est donc, nous nous réjouissons à nouveau, je tiens à le dire, de la mise en place rapide de cette commission d'enquête qui, je l'espère, trouvera des moyens pour nous permettre de continuer à exercer ces métiers.

8:24
Présentateur

Merci. Alors, je vais commencer. Et puis après, Erwann Balanant, qui est rapporteur de cette commission, poursuivra sur la première série de questions. Moi, j'avais envie de vous demander quel rôle, très concrètement, vous pensez pouvoir vous donner dans une éradication ou dans une limitation au maximum, en tous les cas, des violences sexistes et sexuelles dans le cinéma. Parce qu'en fait, depuis le début de ces auditions, et je vais le dire de manière un peu directe, mais tout le monde fait beaucoup d'efforts, mais à la fin, il demeure des violences. Et donc, est-ce que c'est...

Quel rôle vous pensez jouer pour faire véritablement bouger les choses et pas juste être ouvert à ce qui est en train de se passer, mais être un acteur qui modifie le paysage dans lequel il intervient. Et ça, bon, j'ai entendu dans votre propos liminaire que vous aviez des pistes, le changement de statut, je trouve que c'est déjà une piste très intéressante. Mais comment vous pensez pouvoir être vraiment proactif pour diminuer l'espace, mais aussi l'impunité de ces violences, M. Balanon.

9:32
Invité

Première question complémentaire à celle de Mme la Présidente, dont vous avez rappelé votre implication. Vous avez rappelé également l'organisation récente à vos journées annuelles d'une table ronde sur le sujet. Donc c'est bien la preuve que vous impliquez. La question que je vous pose, c'est est-ce que vous sentez que l'ensemble de vos membres est impliqué sur le sujet. J'ai remarqué quand même qu'au début de la table ronde, la salle s'est largement dégarnie au moment où on a fait notre table ronde. Elle s'est quasiment vidée les trois quarts. Donc c'était bon. Mais voilà, c'était peut-être une explication. On sait comment c'est quand c'est des séminaires comme ça.

Il y a des moments où on saisit le moment où on va pouvoir les prendre un café. Et moi, je vous remercie vraiment parce qu'on voit et votre soutien au groupe Respect montre bien que, en tout cas, vous et sans doute peut-être la gouvernance de votre structure, vous souhaitez avancer sur ce sujet. Mais pensez-vous qu'à ce stade aujourd'hui, après toutes les affaires, après la mise en place de cette commission d'enquête, est-ce que vous pensez qu'il faut encore plus mobiliser vos adhérents, vos acteurs sur le sujet ?

Est-ce que le degré, c'est la première question qui n'est pas encore une question technique, mais qui est une question plus de, j'ai envie de dire, de contexte, d'ambiance, est-ce que vous pensez vraiment que tous les acteurs ont pris conscience de l'ampleur du fléau et des conséquences qu'il peut avoir ?

11:03
Présentateur

Merci. Qui veut répondre pour cette première double question ?

11:10
Invité

Alors, bonjour. C'est une question qui est très vaste et très complexe. Déjà, il faut savoir que nos métiers, nous, sont vraiment, jouent sur les individualités qui doivent vraiment former un collectif pour créer une œuvre et ensuite la diffuser. C'est compliqué. Pourquoi ? Parce que chaque individualité doit déjà faire son propre chemin personnel. Et nous, ce que nous pouvons faire en tant que réalisateurs ou producteurs, ce qui est la spécificité de l'ARP, c'est d'avoir aussi des réalisateurs producteurs. Je parle des producteurs parce que ce sont ceux qui emploient, donc qui ont aussi une responsabilité morale du collectif.

C'est vraiment de sensibiliser et de poser un cadre et d'être, j'ai envie de dire à titre personnel, intransigeant sur ce cadre. Cependant, c'est quelque chose qui est en train de se produire, mais qui demande encore, je pense, un peu de temps. C'est-à-dire que, heureusement, aujourd'hui, la parole se libère sur ces sujets-là. Et nous, le cinéma, nous sommes le miroir de la société. Donc, c'est très important que nous soyons un petit peu en avant sur ces questions-là pour le reste de la société. On voit que d'autres corps de métier commencent vraiment à parler.

Et nous, ce que nous devons faire, c'est vraiment sensibiliser chaque membre de nos équipes sur ces questions-là, sur la question de l'intolérance face à tout type de violence, qu'elle soit morale, qu'elle soit sexiste ou sexuelle, bien entendu. Il y a des outils qui ont été mis en place, notamment par le CNC, pour former d'abord les producteurs. Et maintenant, ça s'est élargi à tous les techniciens et les réalisateurs. Mais il y a vraiment un travail à faire là-dessus parce qu'une personne qui va travailler sur un tournage avec une équipe qui va monter un film, c'est parfois trois ans de sa vie, comme ça peut être trois semaines de son année. C'est très différent.

Vous savez, un réalisateur va passer parfois un an, deux ans, trois ans, voire plus sur un film avec une équipe. Ce n'est pas la même chose qu'un technicien ou qu'une technicienne qui va pouvoir faire 10, 20 tournages dans l'année ou qu'un acteur ou qu'une actrice. Donc, ce sont toutes ces singularités qui sont interconnectées. Et du coup, c'est un travail à la fois collectif, certes, de se dire stop, maintenant, ça suffit, on ne tolère plus.

Et c'est ça, moi, à titre personnel, étant assez un jeune cinéaste, j'ai 33 ans, voilà, que j'apprécie, c'est de dire OK, je prends conscience, on prend conscience collectivement que le milieu du cinéma, qui est un milieu assez opaque, est avant tout un milieu du travail avec un code du travail et un certain respect des droits et des devoirs qui doivent être respectés. Donc, tout ça, c'est très important et la commission que vous menez, on vous en remercie, va aider dans ce sens-là. Mais le rôle que nous avons à jouer est un rôle avant tout, je pense, d'exemplarité, c'est-à-dire à commencer individuellement à être convaincu, déjà, de la réalité de ces violences.

C'est-à-dire qu'il y a beaucoup de gens, on a pu l'observer au moment des discussions et notamment au sein de l'ARP, quand on a eu des débats sur la question de l'exclusion ou de la mise en retrait de membres qui seraient impliqués, alors avec présomption d'innocence jusqu'au verdict de la justice, bien entendu. Mais à partir du moment où une affaire voit le jour et qu'il y a une mise en examen, nous avons eu cette discussion pour décider de la mise en retrait ou de l'exclusion des membres. Et on a pu constater à ce moment-là qu'il y avait réellement débat. Il y avait un débat entre peut-être différentes générations aussi de cinéastes.

Et ça montre bien un petit peu cette société qui est en train de changer et que la majorité emporte évidemment sur la question de l'exemplarité. Donc c'est aussi un rôle d'éducation qui est très important et je pense qu'il faut être, mais ça c'est un titre plus personnel, je ne parle pas au nom de l'ARP, je pense qu'il faut être très sévère sur ces questions-là et qu'il faut vraiment continuer. L'éducation passe aussi par la sévérité vis-à-vis de tout dérapage possible. Parce que des dérapages, il y en a, il y en a encore et il y en a moins, je pense, du fait que la médiatisation et le sujet arrivent vraiment sur le devant de la scène.

Et du coup maintenant peut-être certaines personnes prennent conscience aussi d'actes abusifs qu'ils avaient et qu'ils faisaient de façon, j'ai envie de dire, naturelle ou du moins non sanctionnée. Parce qu'en fait, il y a une certaine, sur un tournage, vous savez, quand on fait un film, il y a une émulation, il y a tout un processus, c'est aussi beaucoup d'argent, beaucoup de stress, beaucoup de choses en jeu. Et parfois il y a des dérapages. Et dans ces moments-là, mais ça vous l'avez déjà entendu, se pose toujours la question de qu'est-ce qui se passe avec le film.

Donc nous, je pense que notre rôle, il est vraiment d'éduquer, d'informer et d'encadrer, du moins au sein de notre organisation qui est l'ARP, c'est de dire, nous, on ne tolère pas ces agissements.

16:10
Présentateur

Madame Dardane, vous vouliez peut-être compléter ?

16:13
Invité

Oui, merci beaucoup.

16:15
Présentateur

Il faut que vous... Oui.

16:17
Invité

On va y arriver. Non, mais je suis tout à fait, enfin, on est tout à fait en accord avec ce que Quentin vient d'exposer, c'est-à-dire que l'autoréalisateur a à la fois un rôle sur le tournage dont il est l'auteur-réalisateur, un rôle d'impulsion aussi, d'exemplarité qui est très important. Et nous, au sein de la structure qu'est l'ARP, qui est donc un collectif différent du collectif du film, on essaie de jouer ce rôle justement de sensibilisation, d'où l'importance du débat qui a eu lieu la semaine dernière, qui lui-même a été précédé de débat au sein de notre structure que vient de mentionner Quentin.

Et je peux peut-être faire un tout petit écart sur le changement statutaire qu'on a mis en place, parce que c'est vrai qu'on a aussi un rôle de prosélytisme auprès d'autres organisations professionnelles comme la nôtre, que ce soit les organisations de producteurs, de réalisateurs, de distributeurs. Donc nous, on se fait l'écho du travail qu'on a mené pendant deux ans autour de cette modification statutaire pour dire comment nous, on traite ce sujet-là et voir comment les autres peuvent aussi s'en inspirer au sein de leur propre structure, qui encore une fois concerne d'autres maillons de la chaîne et donc permettent aussi de pousser cette réflexion-là.

Donc ce que nous avons mis en place, donc il y a maintenant deux ans et demi, c'est une suspension automatique en cas de mise en examen pour un crime ou un délit puni d'au moins deux ans de prison ou une suspension automatique en cas de soustraction à une autorité judiciaire étrangère pour des faits de cette nature. Et voilà. Donc la procession de suspension est encadrée pour empêcher justement une sorte de tribunal qui n'est pas notre place, pour empêcher tout abus ou décision arbitraire.

Il y a donc une instruction qui est contradictoire avec un appel possible contre la suspension devant les membres en Assemblée générale, mais ça c'est dans un second temps si c'est le souhait de la personne concernée. Et une définition très claire du début et de la fin de la suspension en fonction de nombreux critères précis, transparents. La suspension a pour effet la perte de jouissance de l'ensemble des droits attachés à la qualité d'associé des membres, droit de vote, éligibilité, etc.

La fin du mandat exclusif confié à la société en qualité d'associé et la fin du paiement de la cotisation à l'ARP, ce qui est un détail, mais ça fait partie des considérations très claires qu'on a voulu réfléchir pour justement que nous, de notre côté, on sache comment réagir face à ces mises en cause possibles au sein de notre collectif.

18:42
Présentateur

Merci. Alors M. Balanon, et moi j'ai d'autres questions encore, et après il y a M. Amir Chey.

18:47
Invité

Oui, juste élément de précision, c'est suspension à partir de la mise en examen. Comment vous traitez, ça c'est le choix que vous avez fait, et comment vous traitez les sujets, qui est un vrai sujet, qui est une préoccupation qu'on a tous, c'est la question de la rumeur ou de la personne que l'on sait, parce que un certain nombre de personnes ont parlé, peu recommandables dans ces attitudes. Et je précise bien que notre commission d'enquête traite des violences sexistes et sexuelles, mais aussi des violences morales, voire même d'ailleurs des violences économiques.

Et ça c'était juste la première question, mais l'autre question, oui, l'autre question qui est importante, vous avez parlé d'un statut qui est un statut particulier, et vous en êtes les représentants, c'est le producteur-réalisateur. Alors nos collègues, on sait maintenant, on a vu que le producteur a un rôle particulier, puisque le producteur est l'employeur du film, il n'en est pas l'auteur, c'est lui qui met tout en musique, c'est lui qui finance, mais c'est lui qui en est aussi responsable sur la bonne fin de programme, enfin sur la réalisation du film avec ses financeurs, mais il est aussi responsable devant le code du travail.

Quand on a un producteur-réalisateur, on a une difficulté qui est encore plus importante, il me semble, parce que vous avez une personne qui est en même temps la personne qui doit gérer tous ces aspects-là et qui gère le volet réalisation du film, qui est son œuvre. Et on sait l'attachement que peut avoir une personne avec son œuvre. Donc on a un statut un peu particulier qui pourrait, qui pourrait, je dis bien qui pourrait, encourager à être moins regardant sur la question du code du travail, des obligations légales. J'ai bien dit qu'il pourrait. Et donc est-ce que c'est une attention particulière que vous avez sur le renforcement justement des formations sur cette question-là ?

Et ma première question était aussi importante, ne l'oubliez pas, parce que voilà, sur les rumeurs.

20:56
Présentateur

Et j'ajoute, parce que c'est en complément de la question que vient de vous poser le rapporteur, c'est qu'il nous a été dit dans les auditions précédentes qu'il y avait un rapport au corps particulier dans votre métier, évidemment. Et je trouve que là, on se focalise, et c'est normal, beaucoup sur quand il y a des cas, comment on les gère ? Comment on évite les cas ? C'est moins précisé et c'est moins précis. Et donc, est-ce que vous avez, par exemple, des formations ou est-ce que vous proposez des formations ou des échanges ou des débats à vos membres sur ce rapport au corps, notamment dans un casting, mais aussi dans le jeu ?

Est-ce que vous avez informé, par exemple, les membres de votre association de l'existence des coordinateurs ou coordinatrices, plus souvent d'intimité ? Est-ce que tous ces dispositifs-là, vous les avez abordés avec vos membres ? Et autre question, puisque c'est quand même la difficulté de votre position, c'est qu'à la fois, vous êtes artiste et vous devez être manager, spécialiste du droit du travail, etc. Et donc, il y a cette question qui revient aussi de manière récurrente, qui est, sont les temps hors travail, mais sur un tournage, typiquement les soirées, les fêtes, les déplacements ?

Est-ce que tout cela, en fait, vous avez une réflexion très concrète avec vos membres ou est-ce que c'est juste aller en l'état d'intention à ce stade ? Ce qui est une réponse, évidemment, aussi possible.

22:21
Erwan Balanant

Alors, je vais essayer de répondre à la première partie des choses soulevées par Erwann Balanant. C'est un vrai débat que nous avons au sein de l'organisation, mais en général sur ces questions-là, qui est à quel moment on écarte de la lumière ? Est-ce que c'est un mis en cause ? Est-ce que c'est un mis en examen ? Et comme d'ailleurs a dû vous le dire, je pense, le groupe Respect ce matin, c'est la chose qui fait le plus débat, finalement, à quel moment pour préserver la présomption d'innocence, d'une part, et en même temps pour protéger la victime, d'autre part. Donc c'est assez compliqué, en fait.

Et souvent, on peut avoir l'impression qu'on se substitue au cours de la justice qui est plus lent, et c'est compliqué dans nos métiers, puisqu'on est effectivement dans des entreprises courtes en général, enfin sur une durée déterminée, je parle du tournage d'un film, etc. Et que donc, on est obligé de prendre des décisions, c'est ce qu'ont fait les productrices du groupe Respect, et c'est pour ça que ça nous a intéressés aussi, comment on agit rapidement là-dessus. Mais c'est une vraie question, et c'est un vrai débat qui est toujours ouvert, sur à quel moment on fait, et comment, question corollaire, comment on gère les rumeurs sur les réseaux sociaux, dans la presse, etc.

Moi, j'ai tendance à penser que c'est difficile de contrôler la rumeur autour d'un film qui se répand sur les réseaux sociaux, etc. On se dit presque qu'il faudrait qu'il y ait une clause de confidentialité, si j'ose ainsi m'exprimer, des membres d'une équipe qui travaillent sur un film, pour que la communication soit contrôlée par quelqu'un, quoi, en fait. Mais il y a un vrai problème, parce qu'à partir du moment où on commence à répandre des bruits, vrai, faux, etc., ça devient incontrôlable. Et c'est une vraie question sur les films dits abîmés, dont le groupe Respect vous a parlé ce matin.

C'est-à-dire qu'effectivement, il faut essayer de pouvoir défendre l'œuvre collective, même lorsqu'il y a eu un incident sur le film, lorsque quelqu'un a fait un pas de travers, etc. Mais je ne suis pas sûr qu'on ait tous les moyens de cela, pour l'instant, en fait. Et effectivement, comme vous le savez, comme on l'a rappelé, un film, c'est beaucoup d'énergie, c'est beaucoup de travail, c'est une œuvre collective à chaque fois. Donc, comment dirais-je, descendre un projet par la faute d'une personne, c'est un peu compliqué, quoi, en fait. Et c'est une vraie question dans nos métiers, je pense. Et on n'a pas trouvé encore tout à fait la solution. C'est un débat ouvert.

Et on essaie de trouver, c'est un peu, je pense, le chemin suivi par le groupe Respect, justement. Mais ce sont des vraies questions qui se posent. D'autant plus que parfois, comme vous le savez, ce qui tout d'un coup met en difficulté la sortie d'un film, ça n'est pas une histoire contemporaine du film en question. C'est une histoire qui est liée à l'un des protagonistes qui peut être vieille de 20 ans et qui réémerge aujourd'hui. Donc, on discute de tout cela pour savoir quelles seraient les meilleures façons de faire face à ce genre de questions. Mais c'est un débat plutôt ouvert, je pense, et dans le métier et au sein de l'ARP. Mais on n'a pas trouvé toutes les solutions.

Enfin, ça, c'était pour répondre, je crois, à la première partie de la question.

25:42
Invité

Juste pour compléter sur... Nous, en effet, on a fait le choix au moment du débat qui a eu lieu au sein de notre collectif, que ce soit la date de la mise en examen par un juge d'instruction près d'un tribunal judiciaire français ou la prise d'une mesure équivalente par une juridiction européenne qui faisait foi de... Donc, la rumeur n'est pas le déclencheur de cette suspension automatique.

26:04
Présentateur

Ni la rumeur, ni le témoignage. C'est-à-dire que c'est la mise en examen. C'est ça. Je rappelle quand même que la justice sanctionne aujourd'hui 0,7% des viols. Ce qui dit... Alors, il y a un peu plus de mise en examen, mais pas beaucoup. Au maximum, c'est le double. Et ça fait 1,4%. Absolument. Donc, c'est vraiment très faible. Enfin, je le rappelle pour qu'on ait en tête les chiffres, parce qu'on nous renvoie toujours à la justice sur ces questions, mais la justice est largement défaillante en France sur ce sujet.

26:29
Invité

Et est-ce que, par exemple... Je me déprends. Il y a la mise en examen, mais il y a aussi le dépôt de plainte. Est-ce que vous pourriez imaginer, qu'au moment où s'il y a un dépôt de plainte, par exemple, vous auditionniez la personne qui serait mise en cause pour en discuter et pour éventuellement prendre des décisions ? Est-ce que c'est quelque chose... C'est compliqué, je sais, parce que c'est un travail qui n'est pas nécessairement un travail d'enquêteur, parfois. Mais est-ce que c'est des choses que vous pouvez imaginer ? M. Adrenco.

27:00
Erwan Balanant

Ça marche, oui. Ça, c'est prévu même dans les statuts, puisqu'on a prévu une démarche contradictoire à partir du moment où il y a une... Pour entendre la mise en cause, quoi, en fait, et pour se forger une opinion sur ce qui se passe, etc. Donc c'est prévu, non ? Joyce ?

27:21
Invité

Oui, mais c'est postérieur à, du coup, la mise en examen. Donc aujourd'hui, on n'a pas mis en place ce système-là. Je cite nos statuts, mais évidemment, ils n'ont pas une valeur de perfection, vu qu'on apprend aussi... Voilà, pour nous, c'était une première marche qui a été franchie, et je pense qu'il y a tout à fait... Comme vous le dites, la mise en examen est déjà une étape qui peut être déjà très tardive et incertaine, ne mène...

Enfin voilà, rarement à des condamnations encore, et on espère que ce sera de moins en moins le cas, mais évidemment, cette réflexion sur le moment de bascule et donc, voilà, qui peut nous permettre à nous d'avoir un curseur, en fait, pour savoir jauger de la situation, peut être amenée à évoluer en fonction d'aussi tous les débats qui, aujourd'hui, occupent notre profession. Donc je pense qu'ils peuvent être tout à fait amenés à évoluer à la lumière de... d'aussi vos commentaires, d'ailleurs. Donc merci pour ça.

28:17
Présentateur

Parce que la mise en examen, ça paraît pas... Pardon, hein, mais ça paraît pas le moment le plus adéquat, en fait, parce que, comme l'a dit M. Balanant, ça peut aussi donner lieu à un non-lieu. Donc en fait, pourquoi la mise en examen ? Pourquoi pas la plainte ? Pourquoi pas... Bon, enfin, j'entends que vous avez arbitré de ce point de vue-là. Je repose mes questions sur le rapport au corps, hors temps de travail stricto sensu, et sur des métiers comme les coordinateurs ou coordinatrices d'intimité.

28:44
Invité

Alors, là-dessus, je vais me permettre de vous répondre et de compléter en même temps sur une autre partie de la question qui était le statut particulier du producteur-réalisateur, parce que c'est un peu lié d'une certaine façon. Déjà, il faut savoir que le film, comme une entreprise, il y a des petits films, des moyens films et des gros films, et que chaque schéma de tournage, d'organisation, de tournage de structure est différente, à la fois structure financière et structure d'équipe. En gros, évidemment, chaque projet est unique. Et il n'y a jamais, ça n'arrive jamais que le producteur et le réalisateur vraiment ne soient qu'un.

C'est-à-dire qu'il y a toujours des coordinateurs de production, des délégués de production. C'est très, très difficile, déjà, pour tout simplement la faisabilité du métier, d'avoir les deux casquettes à 100% sur un plateau. Quand on réalise, souvent, et qu'on est producteur aussi de son film, c'est-à-dire qu'on est allé en amont, qu'on a été chercher de l'argent en amont, mais on emploie toujours quelqu'un, on délègue à quelqu'un vraiment la spécificité de la production sur le tournage. Pourquoi ? Parce que les rapports entre les équipes techniques, les comédiens, les techniciens, les prestataires, et le producteur sont souvent différents du rapport que les équipes ont avec le réalisateur.

Pourquoi ? Parce que le réalisateur ou la réalisatrice, évidemment. Parce que... On ne va pas aller parler de la même façon au metteur en scène, à la metteur en scène, qu'à la production, où là, on peut parler très concrètement heure de travail, argent, problème de respect, etc. Alors que devant le metteur en scène, la metteur en scène, on va avoir tendance à plutôt privilégier une discussion artistique afin de ne pas dévier la vision du film commune à toute l'équipe.

Donc, il y a évidemment des choses qui sont mises en place de façon à ce que le problème de nos métiers, nous, et des situations dans lesquelles on se trouve en tournage, notamment quand on est en déplacement, c'est la porosité entre le professionnel et le personnel. Et ça, c'est très complexe. Parce que le cinéma, le film, se fait à partir aussi des individus, de l'intime, évidemment, à la fois du talent, mais aussi du corps, pour répondre à votre question, du corps et de l'engagement corporel des gens.

Et quand on parle du corps, on a tendance à penser souvent aux acteurs et aux actrices, évidemment, parce que eux, de par leur profession, exposent leur corps, mais c'est aussi le corps général, j'ai envie de dire. Le corps d'une technicienne, le corps d'une accessoiriste, d'un accessoiriste, etc. Le corps aussi, parfois, parce qu'il y a des situations. Par exemple, je vais prendre un exemple très concret. Très, très concret. Quand on tourne une scène dans une piscine. On tourne une scène dans une piscine. Parfois, c'est un lieu clos, un lieu où il fait chaud.

Il peut s'avérer que les personnes qui viennent tourner, bon, les comédiens sont relativement dénudés puisqu'ils sont en maillot de bain, mais il peut s'avérer que souvent, l'équipe autour aussi va être très peu vêtue, par exemple. Et ça, c'est des choses qu'il faut savoir encadrer. C'est-à-dire que dans les discussions qu'il y a en ce moment autour du corps, ça s'intéresse beaucoup aux comédiens, mais le corps, on en a tous un. Et sur un tournage, il est mis, je vais employer une expression, mais il est mis à rude épreuve, il est mis à mal, d'une certaine façon, par l'engagement qu'on fait. Alors, ce corps doit être respecté. Il doit être respecté à tous les sens du terme.

C'est-à-dire qu'autant sur les heures de travail que sur les heures hors travail, c'est-à-dire le moment où on va dormir, où on va, vous parliez, éventuellement se détendre, les jours off, parce qu'un tournage, même quand on est parti cinq semaines hors de chez soi, on a des journées de repos quand même. Il faut que ce temps-là, qui est un temps souvent quand même collectif, on partage des résidences, on partage parfois des hôtels, je ne sais pas, il y a plein de lieux qui sont amenés à être partagés, que dans ce moment-là, le temps de l'intimité et du corps soit respecté.

Alors, il y a des choses qui sont mises en place, c'est vrai, les producteurs de plus en plus, et par exemple, à titre personnel, ça a déjà été mon cas sur des productions, mettent en place des chartes de bon comportement, de bonne conduite, qu'ils font respecter, notamment quand il y a de plus en plus des locations de Airbnb, des locations d'hôtels, etc., de dire attention, vraiment le respect de l'intimité de chacun est très importante. Alors évidemment, en prévention, il faut que la production s'assure de choses qui peuvent paraître évidentes, mais qui ne le sont pas toujours pour des raisons économiques.

Par exemple, pendant très longtemps, il y a eu des moments où on réunissait des techniciens, des techniciennes ensemble dans des chambres d'hôtel. Ça, c'est des choses sur lesquelles, quand on a un tout petit budget, c'est sûr que des chambres d'hôtel individuelles, ça va vite chiffrer, mais ce sont des choses sur lesquelles il faut être très vigilant, parce que c'est dans ces moments-là aussi qu'on a observé des dérapages et des actes criminels, de viol, par exemple, parce qu'il faut arrêter de dire qu'un viol est un dérapage, c'est un délit, c'est un crime, et pas juste un geste anodin.

Donc ça, c'est des choses aussi qu'il faut prévoir dès la production, c'est-à-dire de dire, bon, on va faire un sacrifice financier pour la sûreté, évidemment, de l'équipe et individualiser le plus possible les moments personnels des employés, c'est-à-dire les moments où ils ne sont pas sur le plateau. Et sur le plateau, là, on va venir encadrer avec, pour répondre à votre question sur le corps, et cette fois-ci, on fait la bascule avec le comédien, avec des coordinateurs d'intimité s'il y a besoin d'avoir des scènes compliquées où les personnes se mettent à nu, ou des scènes parfois physiques difficiles.

34:26
Présentateur

Mais ma question, c'était vraiment, est-ce que vous avez une action là-dessus ? Parce que j'entends que vous soyez conscient ou pas conscient individuellement, est-ce qu'en tant qu'ARP, vous avez une action véritablement là-dessus ? Parce qu'il y a les temps hors travail, il y a aussi les castings qui sont en dehors des temps de travail. Je vais enchaîner sur des questions, si ça te va. Donc, alors, M. Amir Chahi et Mme Maré-Beuil, et ensuite, on revient ici.

34:55
Invité

Bonjour, Mesdames, Messieurs, merci d'être là. J'ai deux, trois questions. Qu'est-ce qu'il y a ? Qui a-t-il ?

35:02
Présentateur

J'ai dit une minute.

35:05
Invité

J'ai deux, trois questions. On n'a pas eu le temps de la poser au groupe Canal+, qui était venu, mais ils ont un peu comme vous, mis en place une sorte de dispositif, on va appeler ça de signalement, pour veiller à ce qu'il y ait des alertes, que les alertes soient traitées. Je comprends que ce soit très difficile, mais la question est la suivante. Lorsqu'il y a quelque chose qui manifeste manifestement hors des clous, quel est votre rapport à la justice ? Quels sont les signalements que vous faites à la justice ? Parce que tous les règlements en interne ne peuvent pas faire office de justice et pour cause.

Deuxièmement, vous êtes surtout là auditionné, parce que vous êtes à la tête de réseau, vous avez mis des réseaux. Donc, qu'est-ce que vous envoyez à vos membres, à ceux qui sont membres de vos réseaux, très formellement, et quel type d'informations contre les VSS, dû d'ailleurs de façon générale contre les discriminations ? Mais enfin, qu'est-ce qu'au sein de vos réseaux et à l'égard de vos membres, de façon régulière et formelle, vous transmettez ? Et troisième question, plus particulièrement à l'attention des mineurs, vous avez fait référence à des tournages spécifiques, qu'est-ce qui est mis en place de façon spécifique ?

Monsieur Enrico, enfin, vous avez dit que vous étiez par ailleurs directeur d'une école, le cinéma. Est-ce qu'il y a des messages spécifiques à destination de vos étudiantes et de vos étudiants ?

36:26
Présentateur

Merci, Madame Marée Beuil.

36:28
Invité

Oui, merci, Madame la Présidente. Merci pour votre venue. Alors, j'ai une question. Tout à l'heure, vous nous avez parlé des sanctions mis en place au niveau de vos membres de l'ARP. Est-ce que ces sanctions redescendent sur les équipes de tournage ? Est-ce que ce sont les mêmes ? Est-ce que les équipes de tournage appliquent également la même règle ? Au cas où ce serait en place, comment se passe un tournage ? Qu'advient le tournage d'un film si en cours de route, une sanction est prise, c'est-à-dire bien un réalisateur ou bien un acteur, qui met forcément à mal une équipe entière, des moyens financiers énormes, puisque les moyens financiers ont souvent été pris bien en amont.

Et ma dernière question était en direction des mineurs. Le début a été déjà posé par mon collègue. Mais comment intégrez-vous et comment faites-vous face à la famille, c'est-à-dire aux parents des mineurs ? Comment les intégrez-vous dans le tournage, dans l'accompagnement des mineurs sur les plateaux, sur les tournages ?

37:27
Présentateur

Je vous en prie, qui souhaite répondre ?

37:33
Erwan Balanant

Moi, je veux bien commencer. Moi, ça ne s'est jamais produit depuis que je suis à l'ARP, mais sur le signalement, oui, il y a une possibilité, évidemment, de répondre à quelqu'un qui serait mis en cause par un des membres de l'ARP ou même par quelqu'un d'extérieur, finalement. Ça nous semble être de notre devoir, évidemment, de répondre à cette question. En ce qui me concerne, enfin, je veux dire par là, depuis que je suis là, ça ne s'est pas produit. Donc, je ne peux pas... Voilà. Le rapport à la justice. Alors là, je vais faire, comme vous m'avez tendu la perche tout à l'heure, je vais faire une digression en tant que directeur d'école, de cinéma, effectivement.

En tant que directeur d'école de cinéma, d'abord, on a mis en place des mesures du type de la charte respect, etc., depuis très longtemps. Pourquoi ? Parce que les écoles sont des grosses entreprises qui réglementent... Donc, il y a des chartes de bonne conduite qui sont signées par les élèves, qui sont signées par les enseignants, etc. Et donc, on a, j'ai envie de dire, presque une longueur d'avance dans ce domaine. Et par ailleurs, ce que je peux remarquer, ce que je note, c'est que le... C'est beaucoup aussi une question générationnelle. Ma génération, peut-être plus que celle de Quentin, est au départ moins sensibilisée à ces questions-là que les gens plus jeunes.

les générations d'aujourd'hui, dans l'école que je dirige, par exemple, l'ESEC, qui a atteint, non seulement atteint, mais dépassé la parité, en fait. On a plus de filles que de garçons dans l'école. Et on s'est aperçu que les quelques problèmes auxquels on avait pu avoir à faire face et qu'on a transmis à la justice, pour répondre aussi à l'une de vos autres questions, immédiatement, évidemment, quand je dis transmis à la justice, c'est-à-dire qu'on a accompagné la plaignante, en l'occurrence, dans sa démarche pour porter plainte auprès des autorités concernées. Et évidemment, on a convoqué le mise en cause. Et on a discuté avec lui. Et on a écouté sa parole, etc.

Et on a mis en retrait, mais c'est beaucoup plus simple, dans une école, parce que dans une école, on n'est pas sur un tournage, sur un flux tendu qui est un tournage de film. On est sur un temps plus long et donc, on peut reporter la scolarité en attendant une éventuelle décision de justice ou le règlement, en tout cas, par la justice des choses. Donc, ça n'est pas exactement pareil. Donc, dans les écoles, oui, l'information sur les VHSS, sur l'exercice de notre métier d'une manière vertueuse, etc. est déjà extrêmement développée.

Et j'ai envie de dire, cette génération qui seront les réalisatrices, les réalisateurs, les techniciens de demain, ils sont déjà extrêmement au fait, extrêmement concernés par la question. Et il y a quasiment, c'est plutôt une bonne nouvelle, en tout cas, j'ai envie de dire une source d'espoir, c'est qu'on s'aperçoit quand même que les problématiques telles que celles qu'on évoque en ce moment de violence disparaissent beaucoup à partir du moment où on atteint la parité dans un corps scolaire, en l'occurrence, mais c'est aussi des équipes de tournage dans une école de cinéma, etc.

Juste, après je vais passer la parole à quelqu'un d'autre, mais je voudrais juste dire aussi que le tournage avec les mineurs est déjà extrêmement encadré en France, c'est-à-dire qu'il y a une autorisation préfectorale, il y a, alors, ce qui n'était pas obligatoire, en tout cas sur tous les tournages, c'était l'accompagnement avec une personne dédiée, maintenant, ça va le devenir, je pense, obligatoire, mais il faut quand même comprendre qu'il y a quand même un encadrement fort sur le tournage des mineurs et c'est même extrêmement contraignant et compliqué à juste titre, je veux dire que, par exemple, en dessous d'un certain âge, un enfant ne peut pas tourner plus de 4 heures dans la journée, enfin, tout ça est extrêmement contrôlé, ce n'est pas du tout open bar, on va dire.

voilà ce que je voulais dire et pour finir, oui, alors, je ne sais pas si je réponds vraiment à votre question mais bien sûr qu'on parle du rapport au corps et on en parle avec nos étudiants, nous, on a fait venir, on a eu tout un débat au mois de juin dernier avec une coordinatrice d'intimité sur ces questions-là et où des gens ont pris la parole différemment, ceux qui avaient travaillé avec des coordinateurs d'intimité, ceux qui, voilà, donc c'est un débat qui est rentré dans le, alors là, je parle de l'école beaucoup et un peu moins de, mais c'est un débat qui nous anime et qui est extrêmement vivace chez les jeunes générations, j'ai envie de dire, chez les, ceux qui vont être les techniciens et les réalisatrices et réalisateurs de demain et c'est quelque chose qu'il faut insuffler avec plus d'énergie, on va dire, auprès des générations comme la mienne.

42:27
Présentateur

Ok, merci. Alors, moi, les chartes, ça devient un sujet un peu de, de plaisanterie entre nous parce qu'à chaque audition, il y a une charte. Donc, il y a des chartes partout. Manifestement, tout le monde a fait des chartes. Ce qui dit quelque chose, c'est à la fois la volonté mais l'incapacité en même temps. C'est les deux en même temps puisqu'une charte n'est pas contraignante, donc alors on fait une espèce de déclaration d'intention comme ça, mais ceci dit, la multiplication des chartes dit quand même qu'il manque quelque chose dans la loi parce que sinon, on n'aurait pas besoin d'en faire autant.

Donc, la question que j'ai envie de vous poser, c'est ce qui manque à votre avis dans la loi qui doit être complété par une charte ou dont vous ressentez le besoin de le mettre dans une charte. Première question. Deuxième question, vous dites que vous supprimez de vos membres les personnes mises en examen. Mais une personne, un producteur réalisateur qui aurait masqué quelque chose sur son tournage, est-ce que là, il y a une procédure prévue ? Parce qu'aujourd'hui, c'est quand même le cas essentiel. C'est-à-dire le cas le plus général, le plus courant, c'est une personne qui ne veut pas que ça se sache, donc qui fait tout pour masquer, pour intimider.

On a eu évidemment un témoignage là-dessus. Donc, ça, par exemple, est-ce que vous avez prévu des procédures dans ce cadre-là ? Parce qu'aujourd'hui, manifestement, ce serait moins coûteux de masquer que de prendre en charge pour les personnes concernées. Donc, voilà. Est-ce que tu avais une question complémentaire ?

43:58
Invité

Oui, oui. J'ai une question complémentaire qui allait dans le sens de, justement, si vous voyez, vous, des choses qui seraient à améliorer et qui seraient à améliorer au niveau législatif, évidemment, on est preneur. Donc, est-ce que vous pensez, c'est la question que je vous pose, est-ce qu'il faut un renforcement du cadre légal ? Est-ce que vous pensez que la loi est suffisante et est-ce que vous pensez que le code du travail, qui est très protecteur, déjà, doit être encore plus protecteur ou est amélioré par rapport à vos spécificités ? Parce que vous en avez parlé d'un certain nombre de spécificités et on les comprend bien.

Et moi, la question que je voulais aussi vous poser, est-ce qu'il faut développer, entre guillemets, la culture du contrat, c'est-à-dire que les choses soient mieux contractualisées entre les différentes parties prenantes d'un tournage ? Et donc, ce qui veut dire tout simplement aussi, et ça, c'est une question qui va rebondir encore une fois sur la formation et sur l'école, est-ce que vous pensez qu'aujourd'hui, les acteurs, alors pas les acteurs, mais les personnes du monde du cinéma, acteurs, producteurs, réalisateurs, techniciens, techniciennes, sont suffisamment formés, outillés, en termes de droits ?

Et est-ce que vous pensez que vos écoles devraient avoir une formation obligatoire du droit, du droit pénal et du droit du travail ? Si je puis me permettre de répondre à votre première question, Madame la Présidente, sur la question de l'OMERTA, en fait, de garder secret un incident quelconque. Aujourd'hui, dans nos statuts, il y a en effet l'exclusion d'un associé, peut-être prononcé par l'Assemblée Générale à la majorité prévue, etc., convoqué à la requête du CA et pour les motifs, figurent par exemple l'infraction grave au règle de la probité professionnelle. Donc, voilà.

Aujourd'hui, peut-être que le CA ne s'est jamais présenté ou en tout cas, nous n'avons jamais eu connaissance de ce genre d'incident chez certains de nos membres dont il aurait essayé de couvrir. Donc, peut-être que cette écriture me permettrait de couvrir ce cas-là.

46:14
Présentateur

Merci. Oui, M. Ribka, peut-être que vous vouliez...

46:16
Erwan Balanant

Je voudrais juste dire une chose, c'est que... Je pense que c'est au cœur du rapport respect. C'est aussi donné, et c'est une chose importante dont on n'a pas parlé jusqu'ici, c'est de permettre aux gens qui sont victimes de s'exprimer sans avoir peur, de mettre à mal tout le projet sur lequel ils travaillent. Et c'est une vraie question, parce que c'est vrai que, par exemple, si on est actrice sur un film et qu'on a été victime d'une violence quelconque, c'est très compliqué de se dire « Ah ben, je vais mettre à mal l'histoire du film parce que... » À cause de moi. Et donc, l'idée de cette charte qui accompagnerait...

Ce n'est pas plus de lois, j'ai l'impression, mais en tout cas, une réglementation plus grande, à vrai dire, permet de... Pas de déresponsabiliser, mais en tout cas, d'alléger la charge pour la personne qui est la victime. Et c'est quand même assez important, quoi, me semble-t-il. Voilà, c'est tout ce que je voulais dire.

47:20
Invité

Monsieur Repka. Ah, monsieur Delco. Pardon. Juste, je voulais ajouter, il y a aussi un outil important dont on n'a pas parlé, mais qu'on utilise de plus en plus et nous, on sensibilise quand même dessus. Il y a un numéro, une ligne d'écoute qui a été mise en place par le ministère de la Culture et qui est fortement relayée par le groupe Audience. Et ça, c'est intéressant et je trouve efficace parce que ça fait que sur les tournages, dans les structures, des gens peuvent appeler et ne pas être confrontés à personne directement de l'entreprise du film. Et donc, commencer par parler à quelqu'un d'extérieur à cette entreprise qui est le film.

Et cette cellule d'écoute, alors il a fallu le temps de la mettre en place et de sensibiliser dessus, mais ça commence à fonctionner parce qu'il y a eu quand même beaucoup de témoignages. Je me permets juste de citer un chiffre. Là, je l'aurais demandé juste avant de venir. Ils ont enregistré depuis le lancement de la plateforme 2735 appels ou mails.

48:18
Présentateur

On les a auditionnés la semaine dernière.

48:21
Invité

Donc, c'est quand même utile et je pense aussi important. Après, il y avait... Qu'est-ce qui manquerait dans la loi ? Je vous dis déjà, on est déjà en train de prendre conscience. Alors, je sais, ça ne va peut-être pas assez vite à vos yeux et aux yeux de beaucoup de personnes, mais il y a une réelle prise de conscience pour beaucoup que ces métiers-là sont des métiers avec un code du travail. Et ne serait-ce que la formation du CNC sur les violences sexistes et sexuelles nous oblige à vraiment se pencher sur la question de code du travail, de qu'est-ce que c'est que vraiment les droits, les devoirs, etc. Et je pense qu'il y a eu vraiment... Bon, on ne va jamais nier l'omerta.

L'omerta est réelle et elle continue d'exister. Mais il y avait aussi de l'autre côté en contrebalancement beaucoup de personnes qui avaient du mal à faire la différence entre le moment travail et la vie. Et on dit souvent que le cinéma, c'est un métier passion, c'est un métier qui est... Enfin, c'est... On ne dit pas qu'on travaille, on dit que c'est notre vie. Donc, il y a toute cette prise de conscience aussi qui est nécessaire. et beaucoup de personnes découvrent des droits, découvrent la loi, etc. Il faut prendre ça en compte aussi, je pense.

49:35
Présentateur

Oui, oui, nous le prenons en compte. Mais c'est quand même... Enfin, vous comprenez aussi notre surprise de découvrir en 2024 que c'est un métier avec un code du travail et des obligations. Mais vous n'êtes pas le premier à nous le dire. M. Ripka.

49:49
Invité

Et je... Madame la Présidente, je pense que c'est aussi lié à qui nous sommes en tant qu'ARP. Pour ne pas qu'il y ait de confusion, il y a beaucoup de questions sur lesquelles nous nous penchons, notamment en termes de réglementation, en termes d'action, même, on peut dire, une action politique. Mais nous n'agissons pas à ce stade sur les questions sociales. Nous ne sommes pas dans les discussions, notamment sur les conventions collectives. On participe moins sur cet aspect-là. alors qu'on est vraiment présent sur l'ensemble des autres questions. Donc, c'est vrai que, par exemple, ce qui concerne ce qui se passe sur les tournages n'est pas exactement l'objet de l'ARP. Voilà.

Donc, ça, c'est juste à bien avoir en tête. Par contre, c'est un espace de discussion, évidemment. Et donc, ces discussions-là, oui, et je reprends à M. L'Avanteur, concernent tout le monde. Parce qu'il s'agit bien d'une manière de réfléchir à comment on fait comment on travaille, comment on fait notre pratique. En fait, c'est ça. Donc, oui. Et il y a, par contre, il y a deux autres espaces. Nous sommes très présents. Comme je vous ai dit, nous essayons d'agir sur la réglementation pour défendre nos valeurs qui sont l'indépendance, la transparence, mais surtout la diversité, qui a un corollaire absolu qui est la parité. c'est-à-dire qu'on ne peut pas avoir de diversité sans parité.

Ça, c'est une question très importante. Et pour nous, quand vous parliez de qu'est-ce qu'on peut faire, pour nous, c'est le premier objectif. Parce que, de toute façon, on constate que dès qu'il y a parité, il y a moins de problèmes. Donc, c'est une façon d'agir également. Et ça, croyez-moi, nous essayons de pousser au maximum cet aspect-là. Mais, il y a aussi d'autres éléments. Alors, qu'est-ce qu'il manque dans la loi ? C'est une vraie question. Je ne sais pas si ça peut être inscrit dans la loi. Justement, c'est l'accès à la loi. C'est un accès permanent à la loi.

C'est-à-dire que, comme les tournages ont lieu en permanence, partout, qu'on puisse avoir un endroit où s'en référer pour savoir si on fait n'importe quoi ou pas. Excusez-moi du terme. Mais parce qu'on est obligé d'inventer, parfois, en tant... Alors là, je parle en tant qu'ancien producteur, on est obligé d'inventer, parfois, des solutions sans savoir si elles sont conformes à la loi. Donc, s'il y avait un meilleur accès... Alors, je sais que nul n'est censé ignorer la loi. Ça, j'en suis bien conscient. Mais s'il existait vraiment un endroit où on puisse avoir un accès au droit, ce serait vraiment et disponible...

52:21
Présentateur

Une espèce de ligne qu'on pourrait appeler quand on a des questions juridiques qui pourraient, par exemple, être prises en charge par le CNC, quelque chose de cet ordre-là, vous avez en tête ? Monsieur Balan.

52:32
Invité

Mais est-ce que ça ne passerait pas et ça vous permettra peut-être de répondre à ma première question ? Il y a des métiers qui sont encadrés. Il y a des métiers où on a besoin d'avoir suivi un cursus, un parcours et qu'on ne peut pas faire si on n'a pas ce cursus. Je vais prendre l'exemple. Pour être coiffeuse ou coiffeur, il faut avoir un CAP de coiffure. Et c'est obligatoire. Vous ne pouvez pas mettre une affiche coiffeur si vous n'avez pas votre CAP de coiffure. Donc, dans vos métiers, est-ce qu'imaginer qu'il y a des troncs communs dans la formation et qu'il soit obligatoire en termes de connaissance du droit, de connaissance des règles, ne serait pas nécessaire, utile.

Et pour tout le monde. Pourquoi pour tout le monde ? Parce que vous, évidemment, quand vous êtes producteur, c'est normal, vous êtes employeur et c'est évidemment, ça me semble assez logique. Mais pour une comédienne, un comédien, connaître ses droits, ça lui permettrait de travailler sur son contrat avec son agent et de comprendre et d'être sensibilisé. Premier point. Mais par exemple, pour aller dans le même ordre d'idées, le témoin d'une scène sur un plateau, connaissant le droit, se dirait, mais attends, ce qu'ils sont en train de faire, là, c'est du gros n'importe quoi. Ils n'ont pas le droit de le faire. Et donc, de faciliter les signalements. Et donc, la question est simple.

Est-ce que vous pensez qu'il faut renforcer la connaissance du droit dans les formations de vos métiers ?

54:07
Erwan Balanant

Alors, moi, je pense que c'est une bonne chose. Je pense que, encore une fois, pardon de prendre ce... Mais à l'école, c'est déjà une chose qu'on fait dans pas mal de domaines, sans doute insuffisamment. Mais comme on l'a fait sur le droit d'auteur, on l'a fait sur la réglementation, on le fait sur le code de bonne conduite, etc., c'est quelque chose qui est rentré, on va dire, dans nos écoles de cinéma, mais pas seulement, enfin, dans toutes les écoles, enfin, dans la plupart, je pense, en tout cas. Et je pense que c'est quelque chose...

Alors, juste une chose, c'est que nous, on a un rapport un peu particulier puisqu'on est tous, pratiquement tous, en tout cas, auteurs, réalisateurs, producteurs. on a quasiment tous suivi la formation obligatoire de producteurs au CNC, ce qui donc sensibilise, nous sensibilise déjà à ces questions avant tout le monde, quoi, en fait. Voilà. Et que maintenant, il est question qu'on élargisse ces formations, enfin, à l'ensemble des techniciens, etc., etc. Donc ça, je pense que c'est une bonne chose. Moi, j'ai juste... Je reviens, peut-être, c'est...

ça n'a pas de sens, mais le problème majeur qu'on a, c'est aussi, mais bon, on n'est pas les seuls, la vitesse de la justice à partir du moment où elle est saisie. Et je me demande s'il ne pourrait pas y avoir un peu comme si vous voulez, on a des... sur des problèmes de droit d'auteur dans nos métiers, on a des commissions de conciliation à ma page, je crois, etc.

S'il ne pourrait pas y avoir un espèce de comité ad hoc distant, qui n'est pas partie prenante de l'un et de l'autre et qui puisse écouter les problématiques parce que c'est quand même à cause de ce temps long de la justice, du temps court du cinéma, on est parfois en porte-à-faux et parfois le droit d'auteur vient télescoper le droit du travail, enfin, comme on l'a évoqué déjà, et c'est une problématique. Alors, je ne sais pas si on peut arranger quelque chose dans ce sens-là, mais je me dis que s'il y avait une... C'est plus qu'une cellule d'écoute, c'est une commission qui dit « Nous, on pense que le droit, il est là, quoi, en fait, d'une certaine manière.

» Et moi, j'ai l'impression que ça manque dans nos métiers.

56:23
Présentateur

Alors là, ce n'est pas tout à fait la même chose que la ligne d'écoute, enfin, la ligne juridique dont on parlait tout à l'heure. Le droit du travail, ce n'est pas tout à fait à justice, ce n'est pas deux choses similaires, et notamment la présomption d'innocence, qui est souvent l'objet de toutes les passions, évidemment à juste titre, ne s'applique pas en matière de droit du travail puisque le principe supérieur, c'est la mise en sécurité des personnes. Et donc, en fait, pour la mise en sécurité des personnes, on peut suspendre une personne à titre conservatoire, par exemple, et faire en sorte que comme ça, elle ne mette pas en danger en attendant l'instruction d'autres personnes.

Donc ça, par exemple, ça me semble dans les paroles que vous posez assez flou encore dans l'exercice du métier. Et je me dis que vous avez quand même une responsabilité toute particulière puisque vous êtes au centre, enfin, vous êtes quand même un maillon absolument indispensable de l'existence d'un film et vous êtes un acteur absolument indispensable dans le monde du cinéma. Et donc, je trouve que là, j'entends vos intentions et je trouve qu'elles sont bonnes, elles sont louables. Mais quelle est la manière vraiment de passer à l'action pour que les choses changent ?

C'était un peu ma première question et j'y reviens parce que pour l'instant, dans vos réponses, je n'ai pas senti, je sens vraiment des intentions et je ne les nie pas mais je n'arrive pas à voir comment concrètement vous les mettez en œuvre pour que véritablement ça ne se produise pas.

57:56
Invité

Je ne sais pas si ça a été très clairement exprimé de notre côté mais en tant qu'ARP, on n'a pas d'impact sur un tournage particulier.

Voilà, on peut sensibiliser, on peut être exemplaire nous, voilà, mais ce qu'on peut demander, en tout cas, moi, ce que je trouve intéressant, vous demandiez qu'est-ce qu'on pourrait essayer de faire pour changer et certains le font, c'est que les rapports sur un tournage, dans un travail ne soient jamais à deux, qu'il y ait toujours trois personnes déjà pour que les personnes ne se retrouvent jamais isolées avec la version de l'un, la version de l'autre, la vulnérabilité de l'un ou le pouvoir de l'autre qui est toujours, ça on le voit des fois dans certains lieux de travail, les portes doivent être toujours ouvertes, il doit y avoir toujours trois personnes, etc.

Et je pense que ça pour le milieu du cinéma, c'est quelque chose que certains mettent déjà en place pour se protéger déjà aussi parce qu'aujourd'hui ça reste aussi un stress de se dire bon bah vous parliez du casting, etc.

C'est typiquement des moments où si on n'est qu'à deux, c'est compliqué, déjà trois, ça permet de rassurer, plus de formation, c'est toujours bien, mais ça c'est ce que je pense, mais d'avoir une personne référente qui connaît, elle, le droit sur un tournage, par exemple, ça pourrait être peut-être plus efficace rapidement que de former vraiment tout le monde, avoir une personne bien formée, on le voit là, on le fait sur les questions écologiques et éthiques, on le fait avec les coordinateurs d'intimité, mais peut-être on pourrait trouver des personnes qui font un petit peu, qui peuvent cumuler le rapport écologique, éthique, et les questions juridiques, par exemple, sur un plateau, d'avoir cette personne de référence qui en début de tournage vient et fait un point et le refait même à mi-tournage s'il faut, parce que le souci c'est que nous on a un va-et-vient constant, donc on fait des réunions en début, mais une semaine après on va changer complètement d'équipe, donc c'est quelque chose qu'il faut répéter.

S'il y a une personne responsable, c'est peut-être aussi plus simple pour gérer les individualités.

1:00:04
Présentateur

J'entends bien que vous ne soyez pas présent sur les plateaux et je comprends tout à fait votre position, mais justement je trouve que vous êtes un endroit aussi où la réflexion peut se mener en dehors d'un cadre juridique quelque part et vous avez un rôle à mon avis essentiel dans la bataille culturelle là-dessus et je trouve que je vous sens presque en difficulté à appréhender cette bataille culturelle, c'est comme si en fait vous ne saviez pas trop par quel bout prendre, alors il y a des enjeux économiques, il y a des enjeux de réputation, il y a des enjeux énormes pour vous, vraiment énormes et sans doute même très supérieurs à beaucoup d'autres risques et donc il y a une dichotomie je trouve entre à la fois l'enjeu que ça représente pour l'association que vous êtes et de l'autre côté l'espèce de difficulté, de modestie peut-être aussi dans l'appréhension de ça en posant le CNC comme un acteur, en posant le respect comme un autre acteur, etc.

mais vous, vous en tant qu'ARP, parmi vos membres, peut-être êtes-vous un espace qu'il faudrait investir pour que la parole aussi se libère et pour que le stress, l'angoisse, mais aussi que ça se transforme en proposition très claire d'évolution du métier et du secteur.

1:01:20
Invité

Après, on rappelle qu'on a été les premiers à demander le retraite de Dominique Boutonat dès qu'il y a eu les choses et ça c'est quand même une prise de risque par rapport à nos positions, par rapport aussi au dialogue qu'on a en continu avec les pouvoirs publics, vous savez, et là-dessus on n'a jamais flanché et on ne flanchera pas. Ça je le garantis, en tout cas moi à titre personnel. Oui, vous avez organisé, vous avez soutenu, porté en quelque sorte aussi l'association en respect, vous les avez, enfin bon, non, non, mais je crois que, mais on voit bien que c'est compliqué quoi et que, et qu'il y a, c'est que, enfin, c'est pas simple.

Alors moi, je voulais juste revenir sur des aspects un peu plus techniques si Madame la Présidente, si vous me le permettez, sur la question des feuilles de service. Vous savez, les feuilles de service, vous savez ça mieux que moi, donc est-ce que vous pouvez nous dire exactement ce qu'elles sont, comment elles sont utilisées et est-ce qu'elles sont bien utilisées et est-ce que, parce que dans des précédentes auditions on nous a dit que parfois les feuilles de service c'était pas la priorité première alors que c'est pourtant un outil qui permet à l'inspection du travail de faire des contrôles et en particulier pour les mineurs.

Donc j'aimerais avoir votre vision sur cette question un peu plus technique des feuilles de service.

1:02:38
Erwan Balanant

Je peux bien commencer. Les feuilles de service sont une chose importante, pas lues par tout le monde, forcément, mais où elles résument évidemment tous les éléments de la journée de tournage et donc elles sont et pour les assurances et pour les autorités un espèce de point de repère. C'est aussi un moyen de communication important entre la production et l'équipe du film dans son ensemble.

Après je dis qu'elles ne sont pas lues toujours parce que la plupart des gens qui travaillent sur un film sont déjà au fait de ce que raconte la feuille de service donc elle est un peu comme un témoignage mais elle est quand même quelque chose d'important consultée pour connaître les horaires de préparation donc elle a son importance et elle peut être effectivement un vecteur de communication simple et quotidien entre la production et le voilà. Mais c'est quelque chose qu'on fait de toute façon effectivement.

1:03:39
Invité

Je vais compléter là-dessus aussi parce que ça concerne vraiment je pense les cinéastes. pour le pratiquer la feuille de service le souci aussi de la feuille de service c'est qu'elle est rééditée chaque jour et réactualisée en fonction de la fin de l'heure de la veille alors quand ça se termine à 2h du matin et qu'on reçoit sa feuille de service pour le lendemain à 4h du matin évidemment on espère que certains sont en train de dormir pour récupérer. Enfin bon bref c'est un outil qui est un outil technique c'est un outil de communication et d'organisation du travail.

alors on a vu émerger sur les feuilles de service depuis 2-3 ans des indications qui sont mises dessus attention il faut se respecter il ne faut pas être lgbtophobe raciste etc. il y a des choses qui sont rajoutées des textes qui sont rajoutés quand c'est arrivé comme tout ce qui est nouveau ça a été remarqué je pense qu'aujourd'hui c'est un petit peu j'ai envie de dire banalisé malheureusement et du coup la feuille de service je pense que c'est vraiment quelque chose qui est un outil technique pour les équipes et qui ensuite peut avoir valeur pour effectivement les le droit du travail etc. mais c'est vraiment pas un outil sur lequel il faut se baser à source 100% sûre à mon sens.

1:05:00
Présentateur

Dans certains pays notamment aux Etats-Unis il y a dans les contrats de travail une description très précise des scènes de nu des scènes d'intimité et avec un cadre vraiment où il est décrit en amont tout ce que va devoir faire la comédienne peut-être même aussi d'ailleurs je n'en sais rien sur les contrats de travail des techniciens et techniciennes qui seront sur place qui seront amenés à voir pas à voir je ne sais pas ça je n'en sais rien est-ce que ça ça vous semblerait une évolution juridique nécessaire ou pas quel est votre avis là-dessus ?

1:05:37
Invité

Ah bah totalement bien sûr en fait ce qui est ce qui est important et ce qui a posé problème auparavant et qui continue par moments de poser problème c'est une grosse différence entre ce qui est écrit sur un scénario et ce qui termine à l'écran et ça je pense que là-dessus il faut arrêter alors je vais me mettre des gens à dos mais il faut arrêter de penser que tout se crée sur le tournage qu'il y a la magie du moment de l'inspiration instantanée quand on est sur des scènes de nudité quand on est sur des scènes difficiles complexes de violence ne parlons pas que de nudité parce que de violence de violence morale de violence physique il y a des moments et il y a eu parfois des metteurs en scène et il y en a toujours qui sont très violents moralement avec leurs acteurs pour faire émerger des émotions bon bah ça ça peut être évité à partir du moment où ce qui est accepté validé dans un scénario va se retrouver à l'écran c'est à dire que le comédien la comédienne et y compris les techniciens qui doivent assister à ces scènes là ont déjà conscience avant de s'engager sur le film d'exactement les scènes qu'ils vont devoir tourner qu'ils vont devoir véhiculer et qu'ils vont ensuite devoir porter pour les acteurs dans leur image distribuée dans le monde entier pour la vie parce que ça une fois que le film est parti c'est aussi important et trop souvent on a observé des différences entre arriver le réalisateur qui arrive et qui dit bon bah cette nuit j'ai eu une illumination en fait on va changer tu vas te faire violer bah non ça ça doit pas être possible ou alors ça doit être fait en consultation avec les agents doit y avoir une reprise de contrat puisque un contrat c'est pour une mission précise pour un scénario précis alors évidemment que des scénarios ça serait écrit bien entendu peut y avoir des versions différentes y compris pendant le tournage il arrive qu'on réajuste mais sur des scènes violentes sur des scènes de nudité sur des scènes avec des enfants aussi ce sont des choses qui doivent être beaucoup plus encadrées je pense et les Etats-Unis le font effectivement très bien

1:07:39
Présentateur

d'accord donc j'entends que vous seriez pour une précision de cela dans les contrats même si c'est une rigidité j'imagine sur les plateaux un peu supplémentaires mais au moins ça permet de cadrer les choses Erwan Balanant

1:07:52
Invité

merci oui pardon vous l'avez dit il y a une vraie différence culturelle entre pour le coup le cinéma français d'auteur et le cinéma américain qui a aussi un cinéma d'auteur qui est d'abord qui est aussi très bon je suis toujours surpris non mais la question est intéressante parce que j'ai toujours été surpris sur la différence de préparation entre ces deux cultures avec les américains qui ont un des séquençages des découpages qui sont extrêmement précis et en France parfois vous l'avez dit alors c'est pas vrai pour tous les réalisateurs il y a des réalisateurs très précis aussi très en préparation en amont voilà mais alors on a interrogé les coordonnatrices d'intimité lors de la première saison 1 on va dire la saison 1 de la commission d'enquête on le fera encore sans doute pour la saison 2 et elles nous ont dit qu'elles avaient quand même parfois aussi des difficultés à travailler avec certains réalisateurs qui les voyaient comme une intrusion c'est à dire que le fait que quelqu'un va leur dire comment ça serait mieux de tourner la scène dans le respect mutuel des deux comédiens et des membres du plateau donc c'était un peu ça pouvait leur paraître un peu casse-pieds donc qu'est-ce que vous pensez de la question des coordinateurs d'intimité est-ce qu'on peut imaginer qu'il soit obligatoire à partir du moment où on juge qu'il y ait une intimité soit du nu soit des choses gênantes il n'y a pas que le nu qui peut être gênant d'ailleurs est-ce que ça c'est des choses qui pourraient être imaginées et est-ce qu'on peut imaginer justement dans le rôle dans la contractualisation le rôle qu'ils peuvent avoir les agents avec la comédienne ou le comédien de dire j'exige qu'il y ait une coordinatrice d'intimité pour tourner ce film c'est vrai que l'agent a un rôle très important au niveau des contrats et l'agent peut exiger à travers l'agent évidemment le comédien ou la comédienne peut exiger peut demander ce qu'il ou ce qu'elle veut après c'est accepté ou non voilà mais c'est la base le contrat une fois qu'on a fait le contrat on ne revient plus donc moi je suis pour que des contrats soient très détaillés pour qu'après il n'y ait plus de problèmes concernant les coordinateurs d'intimité à titre personnel en tant que metteur en scène je ne vois pas un coordinateur d'intimité comme une intrusion à mon travail du tout c'est pas le coordinateur d'intimité qui va mettre en scène le film et ce n'est pas le coordinateur ou la coordinatrice d'intimité qui va performer à la place de l'acteur et de l'actrice donc évidemment si un acteur ou une actrice demande un coordinateur d'intimité c'est tout à fait son droit et c'est une question de bon sens il n'y a pas d'intrusion à ce niveau là après est-ce que ça reste aussi on tourne en France on a la chance et la richesse culturelle de tourner beaucoup de films on a un cinéma qui est très riche et ça il ne faut surtout pas que ça change mais est-ce que le métier de coordinateur d'intimité étant un métier nouveau le temps que des personnes se forment etc est-ce qu'on ne devrait pas déjà insister là-dessus pour tout ce qui est des premières fois la première fois c'est très important la première fois que des comédiens jouent ensemble une scène d'intimité par exemple ce ne sera pas le même impact que des comédiens des comédiennes qui ont déjà fait 5 ou 6 films ensemble vous voyez ce que je veux dire qui se connaissent déjà mieux donc peut-être de rendre obligatoire sur les premiers films déjà en première partie ou sur des fois où les acteurs jouent pour la première fois des scènes difficiles ensemble ça pourrait être intéressant et ça permettrait de déjà avoir un impact ouais je pense je veux juste signaler qu'il y a quand même des gros films très préparés américains qui sont générateurs de violence nous n'avons pas encore

1:11:56
Présentateur

trouvé l'endroit parfait

1:11:57
Invité

et il y a des tout petits films très mal préparés où ça se passe très bien voilà et ça c'est une chose importante ce que vous dites sur le scénario est très important parce que le scénario est ce qui rassemble les gens avant le film c'est la seule chose réelle qui unit tout le monde les contrats même eux sont moins précis que le scénario alors ils viennent compléter le scénario mais le scénario est ce qui lie tout le monde autour d'un projet d'où l'importance de ce scénario et qui a été pour plein de raisons historiques artistiques parfois en France en effet peut-être pas traité comme tel comme étant la chose qui rassemble tout le monde qui fait partie du capital du film qui est vraiment un des trois éléments je dirais avec la capacité du réalisateur la capacité du producteur qui fait la force du film qui fait qu'il va être financé qui fait qu'il va réunir autant de gens qui va motiver les autres aspects donc les acteurs connus qui viennent parce que le scénario est bon aussi pas que parce que la réalisatrice ou le réalisateur sont bons donc c'est un élément central donc sans doute un élément d'action ça c'est certain et pour revenir à votre question sur ce que peut faire l'ARP parce que je pense vraiment que vous attendez une réponse là-dessus c'est à mon avis il y a trois choses quoi vraiment la première chose c'est d'aider les initiatives du secteur et des victimes les deux c'est-à-dire d'être vraiment à l'écoute non seulement à l'écoute des propositions qui existent et puis ensuite être force de propositions en conséquence déjà rien qu'en étant ici il y a des propositions que vous formulez qui sont intéressantes moi je pense qu'il y a plein d'endroits et l'ARP c'est ça c'est un endroit on vient on essaye de générer des propositions qui puissent ensuite être reprises ensuite nous c'est de faire le lien avec les autres organisations professionnelles qu'on connait bien le CNC et puis avec vous c'est-à-dire que nous nous avons accès à ici par exemple donc ça c'est notre rôle c'est notre rôle de venir faire le lien sur ces trois aspects plus tout ce qui sera en termes de propositions je rappelle aussi que l'ARP a aussi une action culturelle très forte qui est à l'image de son action politique et c'est dans le cadre de cette action culturelle là on peut tout à fait aller sur des aspects dont vous discutiez plutôt c'est-à-dire sur le rapport au corps ça c'est typiquement quelque chose on fait des soirées de la création qui peuvent être sur le rapport à la guerre le rapport à l'amour le rapport au corps et ça c'est typiquement quelque chose où on va essayer de faire des choses alors je ne dis pas qu'on l'a fait c'est des discussions qui existent et je suis sûr qu'on peut mieux faire notamment pour mieux informer de façon régulière et formelle nos membres sur les initiatives du secteur qui existent pour lutter contre les violences et du coup d'améliorer pourquoi pas certaines pratiques après voilà on est une organisation de cinéastes qui se rassemble pour essayer de générer des propositions générer des idées et des réflexions voilà il y a une dernière chose que je souhaite dire parce que je l'ai vécu moi-même c'est que la rumeur peut tuer ça c'est quelque chose que j'ai vu moi-même

1:15:09
Présentateur

mais la non prise en charge aussi

1:15:11
Invité

complètement merci

1:15:15
Présentateur

est-ce qu'il y a d'autres questions est-ce que je peux

1:15:18
Invité

compléter justement le propos de Mathieu parmi les actions culturelles qu'on fait qui sont pas directement liées aux violences mais qui pour nous et on l'a dit en introduction sont quand même liées à ça c'est la mise en valeur des femmes cinéastes dans notre profession et ça c'est une mise en lumière qu'on fait depuis des années au moment des enfin justement via des masterclass via des rencontres de réalisatrices pour qu'elles rejoignent aussi le collectif et qu'elles viennent alimenter de leurs visions et de leurs idées justement tous les débats qu'on a et qu'on doit continuer à avoir on fait un travail parce qu'on n'a pas tout à fait répondu à la question de communication sur ce qui existe qui n'est peut-être pas encore assez vous avez dit fait de manière régulière et formelle parce qu'on l'a fait beaucoup de manière orale en expliquant par exemple l'extension de l'obligation de formation à toutes les équipes de tournage aux réalisateurs etc on l'a fait on diffuse pendant les rencontres vu qu'il y a énormément de professionnels qui ne sont pas juste des auteurs réalisateurs mais aussi des producteurs distributeurs institutionnels on diffuse tous les supports de communication d'audience qui a longtemps été notre partenaire pour les rencontres donc il y a des choses qui sont déjà faites et c'est évident qu'on peut faire toujours mieux sinon cette commission d'enquête n'existerait pas donc en tout cas merci pour vos retours et voilà c'est pour compléter sur ces aspects

1:16:38
Présentateur

merci beaucoup monsieur Delcourt vous vouliez ajouter quelque chose ?

1:16:42
Invité

oui c'est juste là je sors peut-être de l'ARP mais c'était par rapport à cette question du scénario et des américains et des contrats une différence oui mais c'est vrai parce que moi j'ai appris le cinéma justement en Amérique du Nord c'est pour ça que la question me touche particulièrement mais je pense aussi que le scénario c'est le contrat à la fois donc avec évidemment les acteurs mais c'est aussi le contrat avec les financiers et il y a une différence réelle entre les Etats-Unis et la France c'est que aux Etats-Unis scénariste c'est vraiment un métier séparé du réalisateur pour la plupart des cas bien entendu et donc le réalisateur ne peut pas modifier un scénario comme il le souhaite et du coup le scénario c'est vraiment la base sur laquelle s'engagent les financiers le réalisateur et une équipe à faire un film et donc là-dessus je relis avec exactement c'est contractuel et je relis là-dessus avec le système français qui est un système vertueux à vraiment préserver le système du financement public français du cinéma ce qui a fait que notre cinéma ne meure pas notamment après ne soit pas mourir est un mot mais ne soit pas affaibli trop par la crise pandémie mondiale etc ce système là il se base sur le financement des films et le financement des films il se passe au départ par un scénario et je pense que là-dessus peut-être il y a un moyen de durcir la condition d'obtention de certains financements sur la respectabilité de ce qui a été envoyé au scénario on a vu observer plusieurs fois le cas évidemment de commissions qui regardent les films à la sortie et qui se disent mais ça c'était il y a une scène là qui n'était pas dans le scénario attention parfois même de sanctions on a en mémoire l'année dernière un exemple assez inédit avec le film de Catherine Corsini voilà et je pense qu'en France on peut peut-être travailler là-dessus c'est-à-dire prendre conscience de la chance du système vertueux que nous avons mais que cela nécessite en retour des responsabilités et on en revient à cette idée encore du fait que c'est un travail avec des engagements de travail et de code du travail et de dire on vous donnera ce qu'on vous a vendu et pas autre chose sinon il n'y a pas d'argent et là ça peut aider aussi parce que la sanction financière est une sanction réelle dans l'éducation de nos métiers

1:19:00
Présentateur

et bien je vous remercie chaleureusement pour vos paroles pour vos actions et pour être venu passer du temps avec nous pour éclairer de vos réflexions notre commission d'enquête je vous souhaite une bonne soirée et évidemment nous ne l'avons pas dit mais cette commission d'enquête rendra ses conclusions probablement au mois d'avril avril peut-être début mai et pardon juste avant Cannes juste avant Cannes en fait on fait ça pour monter le tapis rouge on est comme ça et ensuite ça ne sera pas l'aboutissement du travail puisque après il y aura un travail législatif pour traduire une partie des propositions sous forme de loi et peut-être que vous serez réappelé du coup dans les différentes étapes de ce processus à venir nous dire ce que vous pensez de nos travaux merci beaucoup en tous les cas bonne journée

Audition des représentants de la Société civile des Auteurs-Réalisateurs-Producteurs — Erwan Balanant · Pourquijevote