"Reconnaissez les mérites du Président monsieur Praud !" : (Rachida Dati)
Transcription automatique. À recouper avec la source d'origine.
Rachida Dati, ministre de la Culture, est avec nous. Bonjour Madame la Ministre. Bonjour Monsieur le Proulx.
Vous connaissez Elisabeth Lévy, Richard Millet, Joseph Massé-Scaron, Gérard Carreau et Thomas Bonnet, puisque je sais que vous nous écoutez certains matins, quand le temps vous le permet. Ce vol qui frappe l'imagination, est-ce que vous pouvez nous donner des informations ce matin sur l'enquête qui a commencé hier ? L'enquête, la procureure s'est exprimée hier sur un plateau télévisé.
Elle a indiqué que c'était ouvert sur une qualification de vol en pandémie organisée. Elle n'exclut aucune hypothèse, y compris sur une hypothèse liée à l'étranger. Et donc l'enquête est ouverte.
Ça c'est une chose. Moi je suis venue aussi pour dire, c'est vrai que ça a créé de l'émoi. Moi j'ai eu le sentiment hier, j'étais sur place, j'étais aux côtés des agents, mais vous rencontrez aussi des Parisiens, ou en tout cas des visiteurs, pas forcément que des Parisiens.
Tout le monde a eu un effet, j'allais dire, de sidération avec beaucoup d'émotions. J'ai eu le sentiment, et vous l'avez dit tout à l'heure, qu'on retrouvait un peu l'effet Notre-Dame. Parce qu'on touche à la culture, on touche à notre patrimoine commun, on touche, j'allais dire, à notre cohésion et à nos valeurs de la culture.
Et je trouve que la culture, comme pour Notre-Dame, je disais, Notre-Dame, quand on a vu les flammes, les gens ne se font pas dire, je réagis comme catholique, ou je réagis comme français, on réagit comme universel. Et j'ai eu le sentiment hier que c'était la même chose lors de ce vol de bijoux. Et donc, c'est une réalité.
Mais quand même, parce que là, vous disiez tout à l'heure, on a l'impression que tout s'effondre le délitement. Moi je trouve que ce pays tient, et il tient grâce à sa culture, et il est grâce aux valeurs qu'il véhicule. Moi je vous le dis, je l'ai dit hier, la protection, la sécurisation du patrimoine a toujours été sous-estimée, c'est une réalité.
Et d'ailleurs, regardez, quand on parlait de patrimoine, on nous traitait, je vais pour rester poli, de conservateur, de has-been. Ce n'était pas très en vogue que de dire qu'il fallait s'occuper du patrimoine. Moi il y a deux choses, lorsque j'ai été nommé ministre, et le président de la République, je dois le dire, et je suis très libre.
Moi je n'appartenais pas à l'équipe d'avant, donc je suis très libre. Quand il me donne, il me donne une mission très claire. Il me demande d'amplifier la politique de préservation et de protection du patrimoine.
Je vais vous donner trois chiffres qui sont vraiment faciles à vérifier. C'est le budget de la culture, du ministère de la culture, a augmenté depuis sa présidence de plus de 20%. C'est inédit, j'ai participé à d'autres gouvernements.
Il représente combien aujourd'hui le budget de la culture ? C'est un peu plus de 8 milliards, dont la moitié est consacrée à l'audiété. Et en pourcentage ?
Et donc plus de 20%. Oui, il a augmenté de plus de 20%, mais en pourcentage global, le budget de la culture, c'est combien ? C'est très peu.
Oui, c'est pas assez. C'est pas assez, mais tout le monde vous dira que c'est jamais assez. Simplement, quand je suis arrivé, il y avait une baisse préconisée de plus de 200 millions d'euros.
Ça n'a pas été le cas. Et je ne me suis pas battue, comme on fait souvent, on défend son budget, on dit qu'on ne veut pas que ça baisse, pour à la limite dire, oh là là, comme je vais me faire engueuler par les agents du ministère ou par les acteurs culturels, et donc on a peur que son budget baisse. Non, je l'ai défendu pied à pied en raison des enjeux qu'il portait.
Le ministère de la culture, je vous le dis, et moi c'est vrai, rappelez-vous, la controverse que j'ai subie lors de ma nomination, en disant qu'est-ce qu'elle va faire, pour ne pas dire pire, au ministère de la culture. Je trouve que c'est le ministère le plus régalien de la République. Il y a tout dedans.
La cohésion, la citoyenneté, les valeurs, la République, tout y est. Et donc il est important de le défendre. Donc plus de 20% d'augmentation sur le budget, et plus de 25% sur le patrimoine.
Près d'un milliard d'euros. Non mais c'est important de le dire. J'entends.
Et donc sécurisation et protection. Et forcément il y a des questions très précises, qui sont des questions toutes simples, par exemple. Non mais je voulais donner les questions toutes simples.
Il faut quand même le dire. Parce que le délitement, moi, ce qui polémique aujourd'hui, il fallait s'en occuper avant. Non mais il fallait s'en occuper avant.
Parce que ça, on a toujours mis la poussière sous le tapis, à telle ancienne qu'on l'a tellement mise sous le tapis que ça s'écroule. Rappelez-vous quand je demande un plan pour protéger, restaurer, sauver les églises. Les vols dans les églises, c'est de plus en plus important.
Je demande un plan de protection des églises. Et qu'est-ce que j'ai demandé ? J'ai demandé est-ce que sur les 10 millions, 12 millions de visiteurs que nous allons avoir à Notre-Dame, est-ce qu'on ne peut pas prélever 5 euros par visiteur ?
Pas les fidèles, pas les paroissiens. 5 euros. Avec ça, je sécurise et je protège toutes les églises de France en l'espace de deux ans.
J'ai fait le calcul là-dessus. Évidemment, repolémique. Mais on a une responsabilité.
Est-ce qu'on veut garder les valeurs françaises, notre culture, notre patrimoine ou est-ce qu'on n'a pas envie ? Et donc, aujourd'hui, la protection du patrimoine et la sécurisation, c'est un enjeu important qui coûte beaucoup d'argent parce que nous sommes un pays où, évidemment, nous avons énormément de patrimoine historique. S'agissant du Louvre, je vais vous dire, c'est 2200 agents.
La moitié, c'est que de la sécurité. Que des agents dédiés à la sécurité. Il y en a moins qu'avant ?
J'ai entendu une personne dire qu'il y avait moins de personnel de la sécurité qu'avant. Non, ils vous disent qu'on en veut plus. C'est pas qu'il y en a moins.
Ils en veulent plus. Il n'y en a pas qui ont été supprimés, par exemple, ces dernières années. 35 heures ?
Non, mais attendez. D'abord, c'est une organisation. Puis je vais vous dire quelque chose de très simple sur le musée du Louvre.
Le musée du Louvre, quand il est conçu, il n'est pas conçu pour recevoir 10 millions de visiteurs. Il n'est pas confronté aux nouvelles formes de délinquance, aux intrusions. Là, c'est un vol spectaculaire.
Mais les intrusions, les dégradations, la suroccupation, c'est une réalité. Et donc, il y a eu un audit de sécurité 2022-2023, recommandation remise en 2024 et annonce par le président de la République du nouveau projet Louvre Renaissance. Là-dedans, 160 millions d'euros uniquement dédiés à la sécurité.
Et là, on a commencé à déployer les mesures. Mais nous en avons parlé hier, M. Praud.
Qu'est-ce que je vous ai dit ? C'est-à-dire que nous avons mis le président de la République, en annonçant le Louvre Renaissance, il y a toute une partie, reprenez son discours, qui concerne la sécurisation du site et des œuvres. Mais ça n'a pas été mis en place encore ?
Pas du tout. Non. On l'a lancé immédiatement après le résultat des audits.
Mais que se passe-t-il ? Et vous le savez, il faut mettre en concurrence. Il faut les marchés publics.
Et donc, le lancement de ces marchés nous contraîne. Eh bien, ça se déploie avec le temps. Ça prend du temps.
Donc, ce n'est pas mis en place, c'est ce que je voulais dire. Si, si. Non, non, non, non, M.
Praud, je ne peux pas vous laisser dire ça. Non, je vous pose la question, je n'en sais rien. Depuis que je suis ministre de la Culture, moi, je rends compte de mon action.
Il y a...
Nous sommes en train de moderniser les PC de sécurité au niveau du musée du Louvre, qui sont obsolètes. C'est une réalité. Création d'un nouveau PC central.
Nous sommes en train d'équiper pratiquement toutes les salles de vidéosurveillance en intégrant des nouvelles technologies. On refait à neuf tout le réseau numérique et informatique qui était totalement obsolète. 450 kilomètres de câbles.
Ça ne se fait pas en 24 heures et ça ne se fait pas avec n'importe qui. Ça prend du temps, ça coûte de l'argent et donc les efforts...
Après, moi, je déplore ce qui s'est passé. Je ne vais pas vous dire. On est content, tout va bien.
Deux petites questions. J'essaye de traduire les questions que se posent les gens. D'abord, j'apprends, est-ce que c'est vrai ou pas, que cette vitre n'était pas blindée.
Est-ce une réalité ? Cette vitre-là qui a été coupée...
Il faut employer les bons mots. D'abord, ils y sont allés à la disqueuse, à la tronçonneuse. Vous savez, quand vous...
Moi, j'ai été magistrat et notamment en charge du grand banditisme sur la criminalité organisée. Ça, c'est comme l'explosif. Une fois que vous mettez l'explosif, vous pouvez blinder tout ce que vous voulez.
Ils sont allés à la disqueuse. Les vitres étaient sécurisées. L'alarme a été déclenchée.
Donc, sur les dispositifs de sécurité, ils ont été...
Et l'alarme a été entendue. En fait, l'alarme ne se déclenche jamais dans la salle. Elle est en PC de sécurité.
Justement, pour voir bien tirer. Mais qu'est-ce qui se passe d'ailleurs ? Je me suis posé une question toute simple.
L'alarme est déclenchée. Donc, il y a des gens qui interviennent, qui peuvent intervenir, des gens de la sécurité. Mais ces gens, j'imagine, ne sont pas armés.
S'ils ont en face d'eux les voleurs, qu'est-ce qu'ils font ? Ils ne vont pas tirer dessus ? Qu'est-ce qu'ils font ?
D'ailleurs, hier, il y avait une responsable du syndicat Sud, qui est du musée du Louvre, avec laquelle je m'entretiens, avec laquelle on échange. Et on échange, je dois le dire, de manière assez constructive. Je le reconnais.
Qu'est-ce qu'ils font, donc, ces agents, quand ils interviennent ? Elle le dit, très justement. Elle dit, dans nos missions de sécurité, sans dévoiler le détail de leur formation, ils doivent protéger les vies humaines.
Donc, c'est d'abord fermer les portes et faire sortir les visiteurs. C'est ce qui s'est passé. Moi, j'ai vu les images.
Il y avait des visiteurs qui entraient au moment où ils ont pénétré dans la salle. Donc, si, par exemple, il y avait des officiers de sécurité, des personnels de sécurité qui étaient entrés à ce moment-là, ils ne pouvaient pas intervenir sur le vol des bijoux, sans doute. Et eux-mêmes, si les gens sont armés, peut-être...
Mais bien sûr, mais on ne leur demande pas de mettre leur vie en péril. On leur demande de faire évacuer et protéger les vies humaines. Et de ce point de vue-là, c'est quelque chose qui a été positif hier.
Il n'y a pas eu de soucis sur les...
Bon. Alors, après, la responsabilité. Et c'est là que la question se pose.
Il y a un responsable de la sécurité au Louvre. Bien sûr. Bon.
Il dépend de vous, directement ? Non, il dépend de...
Vous savez que les opérateurs sont des établissements publics qui sont...
Ils ont une autonomie. Nous nommons les présidents...
Là, par exemple, la présidence, elle dépend de vous ? C'est nous qui la nommons. Donc, si vous considérez qu'elle a failli, vous pouvez demain la...
On peut en tirer les conséquences. Je ne veux pas jeter la pierre sur Mme Descartes. Non, parce que Mme Descartes, quand elle est arrivée...
D'ailleurs, c'est aussi grâce à elle que le président de la République s'empare de ce nouveau projet Louvre Renaissance. Vous savez, c'est presque un milliard d'euros. On a trouvé des mécènes.
Moi, j'ai fait augmenter...
Vous savez très bien que j'ai fait une nouvelle politique tarifaire. Les étrangers paieront plus que les Français ou que les citoyens européens. Et donc, ça nous permet aussi de financer tous ces nouveaux dispositifs.
Et donc, dès que les alertes ont été données, dès que les audits de sécurité ont été annoncés avec les recommandations, le président de la République a pris ses responsabilités et nous avons annoncé les mesures qui sont en train de se déployer. Mais comme je le disais, ça prend du temps. Mais on considéra qu'il y a des responsabilités par rapport à ce qui s'est passé ?
Peut-être responsabilité de la présidente ? Peut-être de la responsabilité de la sécurité ? Il y a une enquête pénale, parce qu'on ne sait pas aussi ce qui s'est passé, parce que ça semblait bien renseigné aussi.
Je vais vous dire, dans la salle, moi j'ai vu la vidéo 3 minutes 57 ou 3 minutes 52, dans la salle. Ils sont allés directement sur les vitrines. Ils savaient exactement ce qu'ils voulaient.
Et chacun sur une vitrine, de manière très efficace. Et ils ne se sont pas attardés. Ils sont allés à la disqueuse.
Ils ont détruit ces vitrines et ils sont repartis. D'ailleurs, ce butin, il est inestimable. Donc je ne sais pas ce que veut dire le mot inestimable.
Mais ce qui est certain, c'est qu'on ne peut même pas l'écouler tel qu'il est sur un marché. Et c'est pour ça que je citais l'épée de Charles X. Elle n'aurait jamais été retrouvée.
Et sans doute, a-t-elle été, alors je ne sais pas si on dit dessertie, les diamants sont dessertis pour être vendus séparément. C'est sans doute, c'est ça qui est terrible d'ailleurs. C'est sans doute ce qui guette ces bijoux de famille.
Les enquêteurs, vous avez la police, vous avez tous les enquêteurs et une équipe importante. C'est la GIRS, comme l'a annoncé hier Mme la procureure, qui est en charge de cette enquête. Mais on a retrouvé quand même les motos, il y a une immatriculation.
Moi, je voulais aussi rendre hommage aux agents de sécurité qui ont empêché l'incendie du camion, enfin de la nacelle, puisqu'un des malfaiteurs a essayé d'incendier cette nacelle. Et il l'a mis en fuite. Et donc, ça nous a permis de récupérer aussi des indices sur place.
Donc ça, c'est une réalité. Alors, cette couronne, elle a été récupérée. Dans quel état ?
Vous avez des informations précises sur cette couronne ? Ils sont en train de regarder. Elle a été évidemment prise.
C'est assez étrange d'ailleurs qu'il l'ait perdue. Elle a dû tomber. Oui, évidemment.
Mais elle a été cassée, brisée ? Alors, moi, je n'en sais pas plus. Ils l'ont prise et la police l'a récupérée.
Bon, écoutez, je pense qu'on fait le tour dans ces cas-là avec la responsabilité. Ce qui, effectivement...
Alors, vous avez dit quelque chose aussi qui est très intéressant sur le fonctionnement de l'administration. Je crois que vous avez dit qu'il faut neuf mois pour faire un appel d'offres, c'est ça ? Il faut plusieurs mois, les mises en concurrence, éviter les recours.
Oui, mais justement, nous allons...
J'entends tout ça, mais cette fameuse réforme de l'État, et tout le monde est d'accord pour dire qu'il faudrait la faire, pour simplifier les procédures. C'est-à-dire que quand on fait quelque chose ici dans le privé, on ne fait pas neuf mois. S'il y a un problème de sécurité dans ce bâtiment, demain, il est réglé.
Vous n'avez pas les sujets de mise en concurrence et les marchés...
Mais je sais, je sais. Pour éviter...
Mais j'entends ça, mais on voit bien que toute cette administration...
Notre-Dame, c'est intéressant. Notre-Dame, c'est intéressant, parce que là, il faut rendre hommage à Emmanuel Macron. Il a sorti du ministère de la Culture, le dossier, il s'en est occupé lui-même, et c'est un des rares dossiers qui a été parfait.
Le général Georges Lain, auquel il faut rendre hommage. Ça a été un des rares dossiers. Mais on voit bien qu'on est au bout d'un système avec cette administration, parce qu'on ne fait rien, ou qu'on fait mal.
Monsieur Pro, vous avez raison sur ce sujet. On met ces procédures de mise en concurrence et de transparence, c'est pour éviter...
Vous savez très bien, tout est judiciarisé aujourd'hui. Les favoritismes...
Oui, mais attendez, justement, juste après votre émission, nous avons une réunion avec Laurent Nouniez pour évoquer ces sujets de sécurité, de la sécurisation de tous ces lieux culturels, qui quand même contiennent des joyaux, et comme vous disiez...
Et vous avez parlé des églises, justement. Et des églises, parce que...
Et votre initiative sur la Notre-Dame de Paris, à mon avis, est une excellente initiative pour protéger les églises. Et bien sûr, parce que le vol dans les églises, ça s'est de plus en plus répandu. D'ailleurs, depuis 2019, il y a un plan de sécurisation et de lutte, enfin, les mises aux normes et de lutte contre les incendies, qui bénéficient à l'ensemble des églises.
C'est 12 millions par an. Et d'ailleurs, il y a une cathédrale que vous connaissez bien, M. Proquet, à Nantes, que je suis allée procéder à la réouverture, et qui a bénéficié, justement, de dispositifs de sûreté et de sécurité incendie, qui s'élèvent à environ 7 millions d'euros.
J'ai la liste sur les musiers qui ont été cambriolés. Pour terminer sur la sécurisation, et justement, avec Laurent Nouniez, nous voulons proposer au président de la République que c'est mise en protection et en sécurisation, qu'on puisse bénéficier de la même procédure que pour Notre-Dame, d'une part, et pour les JO. Par exemple, on a construit des logements pour les JO, avec beaucoup plus de rapidité et beaucoup moins de contraintes.
Je disais tout à l'heure, dans un pays qui n'a plus un centime, évidemment, la priorité, c'est sans doute pas de sécuriser les musées. Mais j'ai la liste, et on voit bien les organes. Il y a quand même des valeurs.
Je suis d'accord avec vous. C'est pour ça que moi, j'ai trouvé des...
Attendez, M. Pro, parce que j'ai trouvé...
Alors, c'est attaqué, d'autres dispositifs de financement. Nous avons lancé, bientôt, je vous fais un petit scoop, nous allons annoncer aussi un nouveau musée d'Orsay. L'Opéra Bastille, il y a un concours qui a été lancé, avec d'autres dispositifs de financement.
Des financements innovants, des mécénats, évidemment, d'autres types de recours. Ce qu'on appelle, évidemment, le bâchage publicitaire. Ça permet de financer.
L'Opéra Garnier est quasiment financé avec ça. Nous avons des licences de marque. Et donc, tout ça permet de préserver et de protéger aussi nos joyaux culturels.
J'entends, mais ce qui est vrai, c'est peut-être qu'il y a des nouvelles organisations criminelles plus performantes qu'avant. Parce que j'ai la liste des cambriolages dans les musées de France. Musée Hommes d'Histoire Naturelle, 16 septembre 2025.
Musée du Parfum à Paris, 2022. Musée Cognac-Jet, situé dans le Marais à Paris, frappé récemment. Dans le Nord, le musée de Cambrai avait également connu une effraction audacieuse.
Là, on est en 2021. En 2019, c'est le musée de la Résistance à Lyon. Un autre vol marquant, en 2017, ça remonte un peu plus loin, sans doute, au musée des Beaux-Arts de Nice, etc.
Mais il semble que ces musées soient des cibles par des organisations peut-être criminelles. Alors, je vais vous dire, justement, j'ai regardé un peu, par exemple, le musée Cognac-Jet, on a retrouvé 5 objets sur 7. Sur le musée Hommes d'Histoire Naturelle, le voleur a été appréhendé en Espagne.
C'est une criminalité organisée. Et donc, il faut se donner les moyens. Vous n'y allez pas uniquement avec un agent de sécurité.
J'entends bien, mais quand il n'y a plus d'argent dans la caisse, peut-être que vous passez, effectivement, pas en priorité. Alors que ça pourrait l'être. Justement, le patrimoine, je vous ai indiqué l'augmentation du budget.
Et c'est une priorité, le patrimoine est une priorité du Président de la République que j'ai porté et amplifié depuis que je suis ministre. Et je continuerai à le faire parce que c'est important pour notre cohésion. Je vous dis, c'est une mission régalienne.
J'y tiens. Et je pense que, pour le coup, tout le monde sera d'accord avec vous. J'espère.
Parce que, vous l'avez dit très justement, il y a un état de sidération entre Notre-Dame, le Louvre, ça frappe l'imaginaire. Même le vol dans les églises. C'est quand même choquant qu'on puisse voler des objets religieux.
Oui, alors là, c'est encore un autre sujet. C'est-à-dire qu'il est sous-estimé dans les médias parce que ce sont les églises. Je suis d'accord avec vous.
Et on n'en parle pas. Mais il n'est pas sous-estimé au ministère de la Culture, croyez-moi. J'entends bien.
Mais ce qui se passe dans les églises de France, dans l'espace médiatique, ça n'a pas la place que ça devrait avoir. Parce que ce sont des églises. Je vous dis exprès, M.
Pro, comme ça, pour vos processus éditoriaux, le Président de la République a lancé un fonds, justement, de sauvetage des églises pour le patrimoine religieux. Voilà, 30 millions d'euros ont été collectés, une souscription populaire. C'est plutôt pas mal.
Vous le connaissez un petit peu, le Président de la République. Oui, mais des fois, vous êtes un peu trop critique, parfois. Un peu injuste.
Je suis moins critique que ces anciens premiers ministres, si vous me permettez. Et en plus, je vais vous dire, et M. Pro, je vous entends parfois parler de certains de vos amis.
Moi, je pense qu'il y a aussi une valeur qui est républicaine pour moi. La reconnaissance et la loyauté, ça devrait presque être une devise républicaine. Je suis d'accord avec vous.
Mais manifestement, les anciens premiers ministres, il faut leur dire également. Mais quand j'ai vu, et on en parlera tout à l'heure, Alain Juppé, ce qu'il a dit de Bruno Retailleau dans l'émission « Quelle époque ? », je comprends pourquoi la droite française est dans cet état-là en même temps.
Vous me dites ça à moi, M. Pro ? Oui, mais on avait dit qu'on ne parlait que du Louvre.
On a dit qu'on ne parle que du Louvre. Parce que vous irez chez Sonia Mabrouk, on a dit qu'on ne parle que du Louvre. Oui, oui, ça c'est vrai.
Donc on ne parlera pas d'Emmanuel Macron, on ne parlera pas d'ELR. Mais pourquoi, M. Pro ?
Et vous irez chez Sonia Mabrouk. Mais volontiers, vous savez. Demain.
Pourquoi je ne voulais pas qu'on parle d'autres sujets ? Parce que les Français ont besoin aussi d'être informés et que ce ne soit pas en méli-mélo. Parce que là, il y a eu un effet de sidération, beaucoup d'émotions, beaucoup de sensibilité.
Donc on dit tout et n'importe quoi. Et sur ce sujet-là, moi, il me tient à cœur. Je le porte depuis pratiquement deux ans maintenant.
Je continuerai. Patrimoine religieux, patrimoine historique, nos joyaux culturels. Je vous le dis, c'est une mission régalienne que j'ai à cœur.
Et c'est ça que si vous pouviez m'aider à convaincre l'archevêque, Mgr Hildurie, je lance un appel pour qu'il accorde. Bien évidemment. J'ai vu que Richard Millet, qui est invité régulièrement sur nos plateaux, qui est un des plus grands romanciers et écrivains de son époque, et qui a parfois été écarté là aussi du système médiatique.
Je ne doute pas que vous lui donnerez bientôt la Légion d'honneur. Mais cher Richard Millet, vous vouliez poser une question ? J'ai cru que vous...
Oui, je voulais parler du musée Jacques Chirac en Valorès, qui a été cambriolé à deux reprises, à 48 heures d'intervalle. Et un musée à Limoges aussi, très important. Oui, exactement.
Mais je voulais dire qu'il me semble que tout ceci s'inscrit, parce qu'on me semble sensible à la dimension symbolique du Louvre et des musées et des églises, mais que tout ceci s'inscrit dans un cadre de pillage de la France, et notamment des fibres. La fibre optique, parce qu'elle contient du cuivre. Et régulièrement, les caténaires, enfin toutes les choses de la SNCF et des fibres optiques sont pillées.
Voilà, ça s'inscrit aussi là-dedans. Il est privant des régions entières de télévision et de...
Alors, ce que vous dites, ça me permet de rebondir sur le premier plan que j'ai mis en oeuvre, parce que comme je suis plus l'objet de polémiques que sur le fond, même quand j'étais garde des Sceaux, personne ne me donne crédit des réformes que j'ai pu porter. Mais bon, ça c'est encore une autre question. Quand je suis arrivée au ministère de la Culture, certains auraient voulu que je sois plutôt sur certains sujets, pour ne pas dire certains territoires.
J'ai lancé un plan culture et ruralité, parce que la ruralité et la culture, ça va avec. Par exemple, les arts et traditions populaires, qu'on qualifie souvent de tradition ou de danse folklorique, je l'ai rendu éligible au ministère de la Culture. Je veux que ce soit reconnu comme de la culture française.
Le plan fanfare, ça n'a jamais connu, c'est un niveau inédit de succès. Tous les villages de France ont une fanfare. Et donc, ça, j'ai mis évidemment, j'ai déployé aussi beaucoup de moyens.
Mais aussi, dans ce plan culture et ruralité, j'ai dédié un budget à la sécurité, à la sécurisation des petits patrimoines historiques, des petites églises. Souvent, dans des villages, vous n'avez comme lieu culturel qu'une église. Elle sert de lieux de concert, d'exposition, d'échange, de kermesse.
Et donc, c'est important aussi de pouvoir les protéger. Et dans ce plan culture et ruralité, j'y ai consacré aussi un budget. Sur l'histoire des fibres, il n'y a pas très longtemps que vous êtes du 7e arrondissement, monsieur le pro, la moitié de l'arrondissement du 7e arrondissement a été privée de téléphones, d'ordinateurs, parce qu'il y a eu un vol de fibres dans une armoire.
Évidemment, ça a été rétabli, puisque j'ai mis un petit coup de pression, très rapidement. Mais c'est une réalité française aussi. Je vais vous remercier.
Vraiment, j'avais une tonne de questions à vous poser. Moi, j'avais une tonne de réponses à vous donner. Vous avez parlé du 7e arrondissement.
Je crois que vous serez candidate à la mairie de Paris. Non, mais ça me permet par contre...
Si j'ai bien lu les gazettes...
Non, de faire un petit sujet qui est important. Hier, quand ils arrivent sur la nacelle, par la fenêtre, parce que c'est bien sécurisé, les musées, mais les abords. Les abords, l'espace public appartient à la mairie de Paris, par exemple.
Sans être polémique, il faut accepter d'avoir de la vidéoprotection sur l'espace public. Parce qu'il n'y en avait pas ? Notamment aux abords...
Il n'y en avait pas ? Il y en a une qui est une caméra de la préfecture de police. Mais moi, je trouve que sur les sites sensibles, il faut que la mairie accepte l'implantation de caméras de vidéoprotection.
Voilà. Évidemment. Donc, j'avais une tonne de questions à vous poser sur la mairie de Paris, sur ce que fera d'ailleurs Gabriel Attal et Renaissance, sur ce que...
Encore une fois, c'est des gens qui n'ont plus de boussole, pour certains. Oui, mais vous ne vouliez pas en parler. Moi, je veux bien que vous en parlez.
Non, mais à un moment donné, il faut savoir ce qu'on veut. Moi, je vais vous dire, je suis déterminée. Il n'y a rien qui veut m'entraver.
Alors, la gauche s'attaque à ma vie personnelle, à ma personne, à l'affaire Renault. Oui. Et alors, moi, j'ai travaillé.
Ça démontre quoi ? Que je travaille. Moi, je ne vis pas de la politique.
Je ne vis pas des notes de frais. Comme ça a pu être démontré. Voilà.
Je ne vis pas sur l'argent des Parisiens. Je travaille à côté. Je suis très fière de ça.
Il n'y en a pas beaucoup dans ce milieu qui pourraient en dire autant. Il y en a très peu, même. Il n'y en a pas qui travaillent dans le privé.
Eh bien, voilà. Dans le privé ou ailleurs. J'ai travaillé partout.
Voilà. J'ai fait tous les métiers. Donc, j'ai eu mille vies.
J'en suis fière. Et c'est pour ça que certains essayent toujours. De toute façon, ils ne vont pas me lâcher jusqu'à l'élection.
Je vous le dis. Je vais faire prévenir. Voilà.
Ça va être non-stop. Mais je leur dis, ils vont se décourager avant moi. Bon.
On aurait pu parler de tout ça. Mais non, pas du tout. Mais en revanche, parce que j'ai vu Sonia Mabrouk, et elle m'a dit, vous venez chez Sonia.
Pas de problème. Pour parler de tous ces sujets-là. Et reconnaissez les mérites du président de la République de temps en temps.
Bien pro. Mais, mais, mais, mais, mais, mais, mais, mais, mais, mais, mais, mais, mais, mais, mais, je veux bien. C'est objectif.
Mais je l'ai dit, je l'ai dit sur Notre-Dame. Vous pouvez le dire sur les musées, sur le patrimoine. Je vous ai donné les chiffres.
Je suis d'accord avec vous, mais c'est vrai que nous traversons une période quand même compliquée dans beaucoup de sujets. Bien sûr. Sur beaucoup de sujets.
Est-il aidé ? Les mêmes qui ont été gavés, maintenant le piétine. Est-ce que c'est normal ?
Mais ça, c'est tentant. Voilà. Je veux dire, si vous voulez de la fidélité, prenez un chien.
Non. Bien évidemment. Mais heureusement, ça reste pour moi.
Parce que les gens trahissent. Mais ce que, le premier reproche que je peux faire à Emmanuel Macron, j'en ai qu'un finalement, c'est de ne pas avoir réformé l'État. C'est-à-dire de ne pas avoir pris à bras le corps.
Sur le marché du travail, il n'a pas réformé. Sur les administrations, il n'a pas réformé. Sur certaines agences, il n'a pas réformé.
Il y a 13 agences indépendantes, elles ne servent à rien. Non, alors, non. Les agences administratives, nous sommes d'accord.
Les autorités administratives indépendantes, il y en a 13. Mais elles ne servent à rien. Écoutez, vous êtes ministre, par exemple, le réformé de l'audiovisuel, c'est intéressant.
Si le ministère de la Culture ne s'en occupez, il n'y a pas besoin d'une agence, d'une autorité administrative indépendante. Laquelle, l'ARCOM ? C'est au ministre, me semble-t-il.
Là, je déborde un peu, je ne devrais pas le dire. L'ARCOM a besoin d'être réformé, je suis d'accord avec vous. Ah oui.
Voilà, moi je suis d'accord avec vous. C'est certain. Voilà.
Et là, d'ailleurs, il y a eu des sujets. L'audiovisuel public, je porte une réforme, vous le savez. Et en plus, si vous voulez, moi je suis tellement attachée à l'audiovisuel public.
J'en suis le pur produit. Le pur produit. Et moi, je vous le dis, j'écoute France Inter.
Parce qu'il y a des émissions qui sont vraiment éducatives, pédagogiques, qui parlent à tout le monde. Sauf qu'aujourd'hui, l'audience, évidemment, c'est restreint. Et moi, c'est ce que je leur ai dit sur les plateaux.
Je ne peux pas que l'audiovisuel public devienne un club. Voilà. Bon, en tout cas, toutes ces questions, Sonia Mabrouk ou Laurence Ferrari pourront vous les poser.
Ou tous les deux, d'ailleurs. Ah ben, revenez. Voilà, ben oui.
Bon, merci beaucoup. Mais là, je range mon frein. Parce que j'adore la politique et le combat.
En tout cas, je vois que vous êtes en forme. Ben, toujours. Je suis née comme ça.
Et que vous avez de l'énergie. Ben oui. Et que vous êtes une combattante.
Et c'est la République qui m'a permis ça. Je vous le dis. C'est pour ça que j'aime ce pays.
Bon, et j'aurais aimé vous interroger également sur ce qui va se passer demain. Comme vous le savez. Et ce pays, il tient.
Quand même, malgré tout. Il tient. Et donc, s'il tient, c'est aussi grâce aux Français.
J'entends. Mais puisse-t-il tenir encore longtemps ? Mais il tient.
Moi, ce n'est pas de l'optimisme. Mais Béat, vu d'où je viens et vu ma vie, il y a eu des moments où j'aurais pu désespérer. Franchement, j'ai lu un livre qui a été écrit par Mgr Chauvet sur l'espérance.
C'est tout à fait ça. La France, c'est ça. Je suis d'accord.
Et évidemment, j'aurais aimé vous interroger également sur ce qui va se passer demain. et l'incarcération de Nicolas Sarkozy. Vous connaissez mon lien avec lui.
Je sais. Et c'est plus que mon ami, c'est ma famille. Voilà.
Et vous le savez. Merci. Merci, Rachida Dati.
Je vais voir M. Nunez. Allez voir M.
Nunez. Merci. Il est 9h29.
On va marquer une pause. Et puis, vous allez pouvoir réagir. On va écouter d'ailleurs d'autres...
Mais bien, c'est bien. Mais bien, c'est vrai. Je ne sais pas ce qui s'est passé à l'antenne.
Mme Dati, partant, a dit « Et réagissez bien ». Écoutez, ce qui est intéressant, c'est d'avoir des hommes politiques qui sont authentiques et sincères. Et qui font le job.
Et qui, voilà. Pardonnez-moi, mais l'expression. Qui sont bagarreuses.
Ce qu'elles disent sur Emmanuel Macron est intéressant. Est-ce qu'on est trop critique ou pas ? La question peut se poser.
C'est possible d'ailleurs qu'on le soit. C'est possible. Je pense que le bilan, convenez-en, n'est pas bon.
Les Français qui le sont critiqués. Mais bien sûr. Les Français sont un peu...
Quelques élections perdues. Les Français sont un peu haineux aussi. En tout cas, il est 9h30.
Je crois qu'on est très en retard.
Rachida Dati