Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
interviewBFMTV· 20 septembre 2022 10 min

Iran, Ukraine: le point d'Emmanuel Macron en intégralité avant son discours à l'ONU

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Emmanuel Macron

J'ai eu l'occasion ce matin, en effet, d'avoir un échange avec le président iranien. D'abord, pour parler de la lutte contre la prolifération nucléaire et des sujets de sécurité régionale. Écoutez, ça a été une longue discussion. Elle sera suivie d'autres échanges techniques. Et vous savez que j'ai eu plusieurs échanges téléphoniques avant cela avec le président Raisi, que la France mène depuis plusieurs années un travail. D'abord, en 2015, pour aider à finaliser la négociation sur le JCPOE. Et puis surtout, dans la période post-2018, où nous avons tout fait pour essayer de préserver un cadre de sécurité, ici même en 2019, en essayant de sauver ce qui était sauvable.

Il y a aujourd'hui des discussions très techniques qui se poursuivent. Nous, notre volonté, c'est qu'il y ait un cadre sincère, vérifiable par l'Agence internationale de l'énergie atomique et qui préserve la sécurité, en particulier de la région, c'est-à-dire de tous les pays voisins, en particulier pays du Golfe et Israël. Dans ce contexte-là, les discussions d'aujourd'hui ont permis de voir ce sur quoi il y avait accord et désaccord. La balle est maintenant dans le camp de l'Iran, qui doit dire si elle accepte ou pas les conditions qui ont été proposées par les Américains et les Européens de manière formelle.

Le président Raisi m'a fait part de sa préoccupation des dossiers historiques et du sujet des garanties sur les dossiers qui étaient ouverts à l'AIEA. Si c'est une précondition, alors l'AIEA doit faire en toute indépendance son travail. J'ai insisté là-dessus. Ce n'est pas une expertise politique. Il n'y aura pas d'intervention politique. Il faut préserver l'indépendance de l'AIEA. Ce travail doit aller à son terme. Et si c'est ce que souhaite l'Iran, alors de fait, ça voudrait dire qu'elle n'irait pas au bout d'un JCPOE et en resterait là. Ce choix appartient maintenant à l'Iran. En tout cas, j'ai été clair sur le cadre.

Et on ne peut pas jouer en quelque sorte avec la confiance et la sécurité. Nous avons par ailleurs évoqué le sujet du droit des femmes, sur lequel j'ai insisté auprès du président Raisi, et de respect de celui-ci, qui était pour nous important et qui, pour le dialogue bilatéral et la place de l'Iran, était un sujet qui devait prendre toute sa place. Et nous avons évoqué évidemment les sujets bilatéraux et régionaux au-delà de cela.

2:19
Invité

Monsieur le Président, quelle est votre réaction au référendum organisé dans le Donbass ? Est-ce que la communauté internationale va en réagir ?

2:26
Emmanuel Macron

Aujourd'hui, nous avons une guerre qui est une guerre d'annexion lancée par la Russie contre l'Ukraine. La guerre continue avec des offensives et contre-offensives. Les conditions ne sont absolument pas remplies. Et ceci n'a pas d'existence légale. Et donc, il s'agit d'une provocation supplémentaire qui, à nos yeux, ne donnerait lieu à aucune conséquence sur la position qui est la nôtre. La Russie doit quitter le territoire ukrainien. Les armées russes doivent quitter le territoire ukrainien, qui est un territoire souverain. Elle doit respecter les frontières qui sont internationalement reconnues.

Et alors même qu'elle a organisé et qu'elle a créé des fuites massives de populations, l'idée même d'organiser des référendums dans des régions qui ont subi la guerre, les bombardements où les gens ont dû fuir, et la signature du cynisme.

3:24
Locuteur

Est-ce que vous êtes en train de vous entretenir avec Vladimir Poutine ?

3:26
Emmanuel Macron

Il est prévu que je m'entretienne avec le président Poutine dans quelques jours sur la question nucléaire en particulier, puisque vous savez que nous avons eu un entretien il y a maintenant 15 jours sur ce sujet, que nous avons ensuite fait travailler nos ministres. La ministre des Affaires étrangères a eu un échange hier avec son homologue. Je verrai moi-même demain le directeur général de l'AIEA, et nous aurons une session dédiée à la sécurité nucléaire demain matin. Et en fonction des résultats, des avancées et des précisions que nous définirons ensemble, je reparlerai au président Poutine dans les prochains jours.

4:00
Invité

Est-ce que vous croisez que derrière ce référendum, si l'annexion devait être confirmée, il y a un risque existentiel pour la Russie de l'escalade ?

4:10
Emmanuel Macron

Non, je pense que c'est un principe même d'imitation de forme démocratique ou de légitimité démocratique. Mais ce n'est pas parce qu'on imite ces formes qu'en substance, on retrouve la souveraineté des peuples. Je le redis, la Russie a déclaré la guerre. Elle a envahi cette région. Elle l'a bombardée. Elle a tué des gens. Elle a fait fuir d'autres gens. Et maintenant, elle explique que dans cette même région, elle va organiser un référendum. Si ça n'était pas tragique, nous pourrions en rire. C'est du cynisme. Et donc, évidemment, que ce ne sera pas reconnu par la communauté internationale. Et que ce n'aura donc aucune conséquence sur le plan juridique.

La seule chose qui peut permettre d'avoir un résultat, c'est le retrait des forces russes. C'est le retour choisi dans des termes qu'ils auront à définir par les Ukrainiens de la négociation. Et c'est la conclusion d'une paix.

5:08
Invité

Est-ce que Moscou a signifié à la France le caractère inacceptable des livraisons d'armes ?

5:13
Emmanuel Macron

Non. Depuis le début, en toute transparence, il y a un cadre. Ce cadre est celui dans lequel nous aidons un pays à défendre son peuple et son territoire. Nous avons à chaque fois veillé à ce qu'il n'y ait pas d'équipement qui se mette en situation de menacer le territoire russe. C'est toujours la ligne que nous avons définie. Elle a toujours été respectée. Les choses se font en transparence. Rien de nouveau à cet égard.

5:44
Invité

Est-ce que vous avez un prix de la situation ? Et est-ce que si, en effet, à cette annexion, il y aura une réaction supplémentaire de la communauté internationale ?

5:51
Emmanuel Macron

Mais je voudrais que ce soit clair que les référendums n'auront aucune conséquence juridique. Donc ne commençons pas à parler aujourd'hui d'annexions, y compris dans des territoires qui sont encore contestés militairement. Donc je pense qu'il faut chasser de notre vocabulaire ce mot qui tendrait en quelque sorte à donner une forme d'effet utile ou d'efficacité à un processus qui est une parodie. Je pense que c'est une parodie ce qui a été annoncé par la Russie. La seule chose qui existe, c'est la guerre, décidée par la Russie. C'est la résistance que mène l'Ukraine. Et c'est la fin de la guerre que nous souhaitons tous.

Et donc aujourd'hui, nous devons tous nous concentrer pour que cette guerre puisse cesser, que la paix revienne, que l'Ukraine retrouve justement sa souveraineté et sa liberté, que les négociations dans des termes que l'Ukraine aura choisis et que la Russie a acceptés puissent se faire, et que nous réglions les problèmes qui découlent de cette situation sur le plan alimentaire, énergétique, etc. C'est aussi un des défis que nous avons à gérer lors de cette Assemblée Générale.

6:51
Invité

Est-ce qu'il y a une question sur les fêtes ? Est-ce qu'il y a une question sur les fêtes ?

6:55
Emmanuel Macron

Je ne ferai jamais de discussion. Il y a des discussions bilatérales qui se font avec les Ukrainiens. Il y a des demandes qui se font. Ils en ont parlé en particulier pour les Césars. Nous avons déjà fait des livraisons. Nous en referons. Et nous avons d'autres équipements. Je considère que c'est plutôt aux Ukrainiens d'expliciter quand ils le souhaitent les choses, et à nos ministres devant la représentation nationale. Écoutez, le cœur de mon discours à la tribune tout à l'heure, c'est en effet celui du choix entre la guerre et la paix.

Et celui, dans le contexte que nous vivons, évidemment, de tout faire pour mettre fin à cette guerre, traiter de ses conséquences mondiales, mais d'éviter derrière cette guerre la division du monde entre l'Ouest et le reste de la planète. Et donc, pour moi, c'est le cœur du message que je viens porter aujourd'hui. Et je pense au contraire que nous avons évidemment cette guerre, mais nous avons la famine, nous avons les drames liés au dérèglement climatique, nous avons d'immenses défis qui supposent de la coopération internationale.

Et donc, le devoir qui est le nôtre, c'est de retrouver de l'unité pour mettre le plus tôt possible fin à cette guerre, et pour le plus tôt possible réussir dans la lutte contre le réchauffement climatique et l'effondrement de la biodiversité, dans la lutte contre la famine, dans la lutte contre les pandémies, et bien, retrouver de la coopération internationale et réengager la communauté internationale.

8:19
Invité

D'abord, en étant factuel, qui aide face au dérèglement climatique ?

8:32
Emmanuel Macron

Qui a aidé face au Covid ? Qui aide sur le plan du développement ? Nous. Nous. Et donc, il faut aussi qu'on soit cohérent. Et donc, qui apporte des solutions durables pour, justement, la sécurité alimentaire, pour faire face aux défis ? Ce sont les pays de l'Ouest, largement, je dirais, les pays aussi du G7. Et donc, nous devons donner une transparence à cet agenda. Nous devons être respectueux de l'agenda des pays du Sud, dans leur variété, et réengager.

9:02
Invité

Vous demandez de vous prendre un pragmatisme ?

9:03
Emmanuel Macron

Je suis pour qu'il y ait du pragmatisme de tous les côtés.

9:05
Locuteur

Comment s'est passée votre rencontre avec l'Est France ? Est-ce qu'il y a une relance ?

9:09
Emmanuel Macron

Écoutez, d'abord, je veux ici redire tout notre soutien, notre affection au peuple britannique, à la famille royale et au roi, Charles III, et dire l'émotion qui était celle de mon épouse et la mienne, hier, en étant, lors de ces funérailles nationales, aux côtés du peuple britannique. Je l'ai redit ce matin à la Première Ministre. Nous avons eu, en effet, notre premier échange bilatéral à l'instant, donc en marge de cette Assemblée Générale des Nations Unies. Ça nous a permis de passer en revue les dossiers, la guerre en Ukraine, les grands dossiers régionaux, la relation bilatérale, la question européenne plus largement et celle de la communauté politique européenne.

Et donc, maintenant, moi, je crois aux preuves et aux résultats. Et donc, il y a une volonté de réengager, d'avancer et de montrer que nous sommes, comme qui dirait, des alliés et des amis dans un monde complexe. Merci beaucoup. Merci beaucoup.

Iran, Ukraine: le point d'Emmanuel Macron en intégralité avant son discours à l'ONU — Emmanuel Macron · Pourquijevote