Marine Le Pen : "Les critères de l'asile politique ont été totalement dévoyés"
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Et avec Léa Salamé, nous recevons ce matin la députée du Pas-de-Calais, présidente du groupe RN à l'Assemblée Nationale. Questions et réactions au 01 45 24 7000 et sur l'application de France Inter. Marine Le Pen, bonjour. Bonjour. Et bienvenue à ce micro. Beaucoup de sujets à aborder avec vous ce matin. Mais d'abord quelques mots sur cette semaine qui s'est écoulée, qui a été marquée par les visites du roi Charles III et du pape François par les matchs de la Coupe du Monde de rugby. Le tout s'est déroulé sans incident. Emmanuel Macron s'en est réjoui. Il y a en France une capacité à accueillir, à assurer la sécurité, à être exemplaire dans l'accueil.
Est-ce que vous vous félicitez de la manière dont ça s'est passé ? Est-ce que vous saluez la manière dont Emmanuel Macron a géré les choses ?
Je crois qu'on mélange beaucoup de choses différentes. Que la France, qui est une grande puissance, puisse accueillir dignement un certain nombre d'événements, m'apparaît relever une forme de normalité. C'est l'inverse qui interroge en réalité. J'ai vu un certain nombre de polémiques d'ailleurs qui sont nées sur la visite de Charles III. Je pense que la Grande-Bretagne est un allié précieux et que par conséquent, il est tout à fait normal d'accueillir le roi Charles III de manière...
De la manière dont ça a été fait, à Versailles ?
Non, oui, bien sûr, l'accueillir à Versailles ne pose pas de difficultés. Le problème, c'est que les Français ont été, je crois, agacés par les images de ce dîner. D'abord parce qu'il y avait un petit côté festival de Cannes qui n'était pas une obligation. Et deuxièmement parce qu'ils ont le sentiment qu'en réalité, il y a une forme de vacuité et que le président de la République se sert de ces événements pour sa glorielle personnelle. Je suis sûre que si les Français se sentaient protégés, se sentaient défendus, ce type d'événement demain pourrait être pour une fierté et pas être ressenti comme une provocation.
Marine Le Pen, vous auriez été présidente aujourd'hui. Vous seriez allée assister à la messe du pape au Vélodrome.
Oui, bien sûr.
Et vos oreilles auraient sifflé quand il a dit « Ne nous habitions pas à considérer les naufrages comme des faits divers. Ce sont des noms et des prénoms. L'indifférence devient fanatique. Les personnes qui risquent de se noyer doivent être secourues. C'est un devoir d'humanité, un devoir de civilisation. »
Mais je n'ai aucune difficulté avec ces propos-là, moi. Il n'a jamais été question dans notre esprit, ni dans l'esprit des élus du Rassemblement national, de laisser les migrants se noyer. Nous sommes en revanche fondamentalement en opposition avec ceux qui nous expliquent qu'il faut accueillir l'ensemble des migrants qui souhaitent venir en Europe. C'est aussi simple que ça. Donc nos solutions sont assez claires.
Nous pensons qu'il faut, avec les différentes nations qui sont concernées, effectuer un blocus maritime, qu'il faut mettre en sécurité les migrants, bien entendu, qu'il faut les ramener à leur port de départ, qu'il faut traduire les passeurs et les condamner à des très lourdes peines, et qu'il faut détruire les embarcations.
Mais quand vous avez votre député, le député Rassemblement national, Jean-Philippe Tanguy, qui dit « Ce qui me dérange avec le pape, c'est son côté irréaliste et donneur de leçons ». Vous partagez ces mots ?
Vous trouvez le pape donneur de leçons ? Je vais vous dire, il y a ce qui relève des Saintes Écritures et puis il y a ce qui relève de la pensée politique du pape. Beaucoup de papes se sont succédés et ont eu des positions différentes sur l'immigration. Moi je me souviens, Benoît XVI par exemple, qui disait que les nations ont parfaitement le droit de maîtriser les flux migratoires et de protéger leurs frontières. Lorsque le pape actuel vient dire que l'intégration c'est bien et que l'assimilation c'est pas bien, c'est je crois un propos politique. Ça ne relève pas, me semble-t-il, des Saintes Écritures.
Donc il faut faire la part des choses et c'est peut-être le reproche qu'on peut lui faire, c'est-à-dire cette forme d'ambiguïté entre le chef d'État qu'il est et le chef religieux.
Le spécialiste des religions, Audon Vallée, dit dans le monde « Tous les papes ont fait de la politique ». Tous. Que ce soit Benoît XVI ou le pape François.
Le tout c'est de différencier encore une fois ce qui relève de la parole du chef religieux, ce qui relève de la parole politique. Mais pour vous ce pape-là, ce pape François est un donneur de leçons ? C'est-à-dire que le pape François vient exprimer un certain nombre de choses fondées sur la charité et encore une fois je crois que personne n'est d'accord pour laisser les migrants mourir en mer. Que les choses soient extrêmement claires. C'est-à-dire que là par exemple vous seriez à la place de... Mais lorsque... Allons-y.
Sur Giorgia Meloni par exemple, vous seriez à sa place aujourd'hui il y a 11 000 migrants qui débarquent sur ces côtes à Lampedusa. Vous feriez quoi ?
Exactement ce qu'a fait Matteo Salvini. Vous voyez donc je pense que la méthode qui a été utilisée par Matteo Salvini qui a fait baisser de 80% l'arrivée des migrants en Italie était la bonne méthode. C'est-à-dire une méthode qui consiste à faire preuve de clarté, de pugnacité et de dire non, vous ne pouvez pas risquer votre vie d'ailleurs en tentant cette traversée parce que nous arraisonnerons les bateaux et après vous avoir mis en sécurité nous vous ramènerons dans vos ports de départ.
Giorgia Meloni a été élue en martelant ce message en disant avec moi les problèmes de l'immigration seront réglés, il y aura blocus naval. Un an après, elle reconnaît elle-même que les résultats ne sont pas ceux qu'elle espérait. Le nombre de migrants a même plus que doublé depuis qu'elle est au pouvoir. Vous qui faites campagne, Marine Le Pen, sur avec nous on va régler les problèmes de l'immigration va tarir le flux. Vous voyez bien qu'il y a un principe de réalité. Vous pensez que vous feriez mieux qu'elle ?
Oui, oui, oui, tout à fait. Tout à fait parce que je pense que Giorgia Meloni a commet une erreur, c'est qu'elle en appelle à l'Union Européenne. Or, pardon de vous dire que le moins qu'on puisse dire c'est qu'en matière d'arrivée de migrants, l'Union Européenne n'a pas démontré son efficacité puisque précisément le nombre de migrants double quasiment d'année en année et il y en a autant d'ailleurs qui sont arrivés en neuf mois cette année que l'intégralité de l'année dernière. Non, il y en a plus. Il y en a deux fois plus. Non, mais je crois que venir si vous voulez en appeler enfin en appeler à l'Union Européenne je l'ai dit c'est en même temps vain et dangereux.
C'est vain parce qu'elle est inefficace et parce qu'en réalité son souhait est précisément de faciliter l'immigration y compris illégale et c'est dangereux parce que ça veut dire que l'on accepte nous nations de transférer à l'Union Européenne la responsabilité de la gestion de l'immigration. Or moi je pense que les nations doivent rester celles qui décident qui entre chez elles qui se maintient chez elles et à quelles conditions.
Mais comment vous jugez le fait qu'elle ait fait campagne ? Elle-même elle parlait vous parlez de blocus maritime elle disait dans sa campagne on va faire un blocus maritime elle disait on va tarir le flux elle disait avec moi vous allez voir vous allez voir ce que vous allez voir et elle n'y est pas arrivée. vous comprenez qu'il y a un principe de réalité non non non il n'y a pas de principe de réalité ou alors c'est juste que Giorgia Meloni est mauvaise ?
Non mais Nicolas Sarkozy aussi il avait fait de grandes promesses la réalité c'est qu'ils ne se mettent pas en situation pour Giorgia Meloni c'est une raison essentiellement financière on le sait enfin l'Italie attend 200 milliards du plan de relance européen et de fait je pense qu'elle subit une forme de chantage de la part de la commission et de l'Union Européenne
Et donc qu'elle s'assoit sur ses convictions ce que vous dites ?
Non je ne dis pas qu'elle s'assoit sur ses convictions mais elle pense que l'Union Européenne est capable de mettre fin à cette immigration je pense qu'elle n'a pas compris que l'Union Européenne a une vision qui est une vision immigrationniste qu'elle souhaite cette immigration encore une fois qu'elle soit légale ou illégale et donc on ne peut pas essayer d'arrêter l'immigration et quelqu'un qui veut l'aggraver
Sur les migrants de Lampedusa Emmanuel Macron a dit que la France prendrait sa part uniquement pour ceux qui relèvent de l'asile politique mais pas pour les migrants économiques est-il sur la bonne position ?
Oui mais encore une fois ce ne sont que des paroles verbales la réalité c'est qu'Emmanuel Macron a mis en place une politique d'immigration a changé d'ailleurs d'avis plusieurs fois sur ce sujet puisque début août il nous parlait de sa volonté de mettre en place une immigration de peuplement puis trois semaines plus tard il nous explique qu'il faut restreindre drastiquement l'immigration dans le même temps ces ministères font la publicité de la localisation des migrants dans les campagnes pour revitaliser la ruralité ce qui est quand même incroyable donc que veut-il Emmanuel Macron ?
En réalité il veut faire plaisir voilà donc il veut faire plaisir aux français dans les paroles dans les actes ni l'immigration clandestine ni l'immigration légale n'est maîtrisée dans notre pays aujourd'hui
Là sur les 11 000 ceux qui relèvent de l'asile politique il faut les accueillir en France il faut prendre sa part sur concrètement non mais là il y a des migrants économiques et il y en a qui relèvent de l'asile politique ceux qui relèvent de l'asile politique est-ce qu'on les accueille ou pas ?
Concrètement les critères qui sont ceux de l'asile politique ont été totalement dévoyés ce qui fait qu'on a aujourd'hui un nombre de gens qui indiquent relever de l'asile politique et qui en réalité n'en relèvent pas donc on n'applique pas et les règles qui nous sont imposées par l'Union Européenne par les cours européennes nous obligent en réalité de toute façon à les accueillir et nous empêchent de les refouler et c'est là où vous feriez quoi ? Alors c'est la raison pour laquelle tout de suite je pense qu'il faut que les demandes d'asile soient faites à l'étranger et qu'elles soient analysées par la France et lorsque l'asile est accordé alors les personnes en question peuvent rejoindre
Marine Le Pen ils sont en train de dire au niveau de l'Union Européenne et vous le savez
je vous signale d'ailleurs que ça permettrait d'ailleurs d'accorder l'asile politique à monsieur Assange puisque nous faisons une résolution dans notre niche pour lui accorder l'asile politique or aujourd'hui on lui refuse l'asile politique parce que le dépôt de demandes d'asile n'a pas été fait en France Mais aujourd'hui
sur les 11 000 pour l'instant la loi elle est telle qu'elle est elle n'est pas changée peut-être qu'à terme on devra faire les demandes d'asile depuis le pays extérieur aujourd'hui les 11 000 de l'Empédouza s'il y en a qui ressortent de l'asile politique est-ce qu'il faut les accueillir ou aucun ?
Mais je pense qu'il faut un moratoire sur l'immigration donc non aujourd'hui aujourd'hui nous sommes dans une situation telle donc aucun nous sommes dans une situation telle qu'il faut un moratoire le temps de soumettre aux français le référendum sur l'immigration que nous avons rédigé et qui va nous permettre de reprendre la main sur les conditions d'acceptation de l'arrivée des migrants dans notre pays
Encore un mot sur le projet de loi immigration de Gérald Darmanin qui arrive au Parlement Emmanuel Macron a précisé la mesure sur la régularisation dans les métiers en tension en disant qu'ils seront d'abord réservés aux français et qu'il n'y a pas de droit inconditionnel à la régularisation je le cite mais après il y a des situations très humaines quand il y a des femmes et des hommes qui travaillent bien qui sont là pour travailler qui sont intégrés il ne faut pas les laisser dans la précarité administrative et c'est pour ça et c'est ça que doit trouver ce texte c'est du bon sens cette précision vous rassure-t-elle ?
Je vois que j'ai réussi à convaincre le président de la République sur la nécessité de mettre en place la priorité nationale c'est quand même une grande victoire idéologique
pas exactement ce qu'il a dit
Ah si il faut d'abord que l'on voit si les français peuvent remplir ses emplois ça s'appelle la priorité nationale vous voyez que comme quoi on a diabolisé ce concept Et en l'occurrence
dans le BTP dans l'hôtellerie il manque des mains il manque des mains et les français n'y vont pas
C'est étrange parce que moi j'ai entendu le BTP expliquer qu'ils allaient supprimer 150 000 emplois d'ici 2025 donc si oui et pour une raison simple d'ailleurs c'est que la construction est dans un marasme absolu à raison d'ailleurs des mauvaises décisions politiques qui ne cessent d'être prises par le gouvernement donc je viens dire et je le dis depuis de nombreuses années que le problème des métiers en tension est très souvent lié à un problème de salaire et que si l'on payait correctement dans ces secteurs et bien on aurait très certainement beaucoup plus de gens qui acceptent d'y travailler
Marine Le Pen on a beaucoup de questions à vous poser ce matin on va donc accélérer Emmanuel Macron a présenté hier son grand plan de transition écologique où il défend une écologie à la française une sobriété mesurée ce sont ses mots avant d'entrer dans les détails est-ce que vous le soutenez sur l'idée de faire pour la première fois une grande planification écologique comment réduire d'ici 7 ans 55% de nos émissions voilà comment on va faire voilà comment on chiffre ce qu'on va faire
vous avez compris quelque chose vous ? parce que personne n'a rien compris d'abord il change d'avis tous les 15 jours Emmanuel Macron ce qui crée un gros problème parce que en réalité il crée une insécurité juridique notamment pour les entreprises on ne sait pas où on va un coup c'est les pompes à chaleur puis après ça n'est plus les pompes à chaleur là c'est les pompes à chaleur après c'est plus l'immigration c'est la vente à perte et puis c'est plus la vente à perte on ne comprend plus rien à ce qu'ils souhaitent mettre en œuvre alors je vais vous dire à date quant à la planification excusez-moi avez-vous entendu comment ils financent cette planification ?
7 milliards de plus cette année sur les 30 milliards qui sont déjà budgétés donc 40 milliards sur le budget non mais pardon ça coûte de l'argent
la transition écologique effectivement il faut mettre de l'argent non mais excusez-moi on va reprendre les termes vous parlez de transition écologique c'est pas une transition c'est une destruction pour l'instant avec aucun moyen véritable de remplacement c'est-à-dire ? on vient d'annoncer il a annoncé la fin des moteurs thermiques en 2035 est-ce qu'il y a un remplacement à ces moteurs thermiques ?
un million de voitures électriques qui vont être produites en France et un leasing social il n'y a pas à la fin des moteurs thermiques on s'entend en 2035 il n'y a pas au moment où nous nous parlons un moyen souverain abordable pour les français de remplacement à ces moteurs thermiques c'est pour ça qu'il veut contrôler le prix de l'électricité ah ah bah oui ah bah tiens c'est drôle c'est ce que demande le rassemblement national depuis des mois et plutôt que de contrôler le prix de l'électricité le président de la république a décidé de faire des chèques qui ont contribué par ailleurs souvent mal ciblés mais qui ont contribué à aggraver considérablement notre dette comment compte-t-il faire ?
est-ce qu'il vous l'a dit ? moi je n'ai rien entendu
il a dit qu'il le dirait en octobre comment il va vous le savez aujourd'hui EDF est nationalisé donc ils peuvent décider de contrôler les prix d'EDF après vous savez ce que ça veut dire ça veut dire moins d'investissement
ça n'a rien à voir avec la nationalisation pardon ça a tout à non mais rien à voir rien non rien non madame ça n'a rien à voir nous contrôlions déjà de manière quasi totale cette grande entreprise donc on aurait pu parfaitement contrôler les prix le problème n'est pas là le problème c'est que les prix aujourd'hui sont fixés par l'union européenne et ils sont évidemment considérablement plus chers que nos prix de production donc la vraie question qu'il faut poser à Emmanuel Macron c'est souhaite-t-il sortir du système de tarification européen de l'électricité oui ou non nous le réclamons depuis des mois et depuis des mois ils refusent de le faire mettant les français dans une situation qui est aujourd'hui insupportable pour nombre d'entre eux
Jean l'économiste Jean Pisani Ferry préconisait de mettre en place un impôt exceptionnel et temporaire sur le patrimoine financier des 10% de français les plus aisés à hauteur de 5 milliards d'euros par an pour financer précisément la transition écologique ce qu'on a résumé par ISF Vert mesure reprise hier par plusieurs députés dont le modem vous y êtes favorable Marine Le Pen
je suis pour la taxation des surprofits et des surdividendes nous l'avons proposé à l'Assemblée nationale ils ont refusé de l'accepter voilà qu'est-ce que c'est que les surprofits et les surdividendes lorsqu'une entreprise fait des efforts des efforts technologiques des efforts de compétitivité il est normal que cette entreprise conserve ses profits et ses bénéfices mais lorsqu'ils font des surprofits et des sur bénéfices à raison d'une crise dont ils profitent sans avoir effectué le moindre effort alors il est normal qu'on puisse créer une fiscalité spécifique sur ce sujet je vous donne un exemple on a fermé les petits commerces pendant le Covid les grandes surfaces ont fait des surprofits incroyables du fait de cette décision administrative il aurait été normal de fiscaliser ces surprofits pour pouvoir effectivement financer des aides à destination des français mais ce que viennent expliquer ces gens qui indiquent qu'il faut taxer les 10% mais ce n'est pas au niveau des besoins de financement pour financer une transition écologique vous feriez comment
Marine Le Pen et sur le fond ce que je veux dire c'est que si imaginons que vous êtes élu en 2027 vous appliquerez la règle européenne qui est de faire baisser les émissions de 55% d'ici 2030 c'est à dire d'ici demain où vous sortirez vous émanciperiez de cette règle en disant non moi je ne l'applique pas je ne l'applique plus les voitures thermiques interdites à partir de 2035 je reviens sur cette proposition je reviens sur tout et je refixe un autre calendrier
ou vous la respecterez cette règle ? Oui très certainement pour une raison simple c'est que ce calendrier ne sera jamais tenu par ailleurs c'est une fausse promesse qui est faite et on tente de l'atteindre en mettant en place des normes qui sont en train de tuer notre économie des suppressions des interdictions qui vont plonger notre pays dans des difficultés qui vont être des difficultés majeures
donc l'objectif de baisser de 55% nos émissions d'ici 2030 vous en sortez non mais vous en sortez il faut baisser
nos émissions c'est une évidence mais il faut d'abord s'attaquer aux gros morceaux c'est quoi le gros morceau des émissions de gaz à effet de serre c'est les importations 50% c'est le haut conseil du climat qui le dit 50% sont les importations donc commençons par nous attaquer aux importations et mettons en place la réindustrialisation la relocalisation que nous plaidons maintenant vous posez une question intéressante le financement et moi j'ai pas entendu je suis désolé de la part d'Emmanuel Macron le moindre commencement de piste de financement il y a à mon sens deux éléments qui doivent être travaillés immédiatement sur ce sujet c'est d'abord le fonds souverain que nous avons développé pendant la campagne présidentielle qui aurait vocation à financer les infrastructures rentables pour que les intérêts qui sont générés par ces infrastructures rentables puissent bénéficier aux français et pas au marché financier et puis la deuxième chose c'est peut-être une réflexion qu'on doit avoir sur les banques centrales parce que les banques centrales elles ont créé de la monnaie pendant des années et des années des milliards et des milliards qui n'ont pas bénéficié à l'économie réelle qui n'ont pas bénéficié aux états qui n'ont pas bénéficié et bien je pense qu'il faut peut-être réfléchir avec les banques centrales à mettre en place un financement à des taux qui sont des taux bas pour les investissements et notamment pour une transition qui soit une transition sérieuse voilà des pistes qui à mon sens doivent être mises sur la table
sur l'international Marine Le Pen Emmanuel Macron a finalement annoncé dimanche que l'ambassadeur de France ainsi que les 1500 soldats français présents au Niger seraient rapatriés d'ici la fin de l'année comme le demande la junte militaire au pouvoir jusque là et depuis le coup d'état la France refusait de partir refusait de reconnaître la légitimité de la junte comprenez-vous la décision d'Emmanuel Macron ?
c'est pas une décision c'est pas une décision il n'a pas de choix en réalité il a commis une erreur d'analyse il a pensé que la junte était plus fragile qu'elle ne l'était que la CEDAO interviendrait et en réalité rien de tout cela ne s'est passé donc il a commis une erreur d'analyse aujourd'hui il est au pied du mur il ne peut pas faire autrement que d'annoncer ce départ ces choses là nous dépassent feignons d'en être les organisateurs c'est malheureux parce que la réalité c'est qu'on est en train de se faire éjecter d'Afrique est-ce qu'on a d'autres choix
que de partir là ?
là on n'a pas d'autres choix non bien entendu que non mais on fait partir notre ambassadeur nos militaires dans des conditions qui sont des conditions humiliantes et tout ça est un échec absolument considérable de la diplomatie française la vraie question qu'on se pose existe-t-il encore une diplomatie française ?
quand vous entendez les partisans de la jeune se réjouir du départ des français et célébrer leur amitié avec les russes Wagner eux c'est nos vrais partenaires c'est eux qui vont nous aider c'est Wagner vous leur dites quoi vous vous trompez ?
oui vous vous trompez bien sûr vous vous trompez vous en reviendrez
vous en reviendrez
des russes comme vous ? oui des russes et des chinois d'ailleurs vous en êtes revenus vous aussi ?
non mais c'est pas le sujet n'est pas là je n'ai jamais encore une fois tenu ces propos là vous le savez très bien enfin c'est un faux procès qui nous est fait stop game over c'est bon sur la Russie la réalité c'est que sur ce continent la Russie contribue à évacuer la France de ces liens historiques amicaux économiques culturels avec différents pays africains les pays africains en reviendront mais la France a très certainement par l'intermédiaire de son dirigeant commis des erreurs et c'est la raison pour laquelle je me suis attelée à la rédaction de cette déclaration des droits des peuples et des nations dont je pense que non seulement elle a vocation à s'appliquer aux pays européens mais également à l'ensemble des pays du monde et notamment aux africains qui on le voit bien ont des souhaits de souveraineté qu'on peut difficilement leur reprocher
Un mot sur la guerre en Ukraine récemment en plein contentieux s'est réallié avec l'Ukraine la Pologne pourtant alliée du pays farouchement anti-rus a décidé de suspendre ses livraisons d'armes à Kiev comment jugez-vous cette décision de la Pologne ?
Il faut dire que la Pologne réagit à des insultes Je pense que le président ukrainien a été extrêmement maladroit avec la Pologne qui est un allié de l'Ukraine depuis le premier jour qui a d'ailleurs accueilli sur son sol je crois plus d'un million d'Ukrainien donc je crois qu'il faut bien traiter ses alliés je ne sais pas s'il y aura une persistance dans le temps de la colère exprimée par la Pologne sur le reste ce sont des considérations économiques qui méritent d'être posées parce que vouloir aider l'Ukraine est évidemment d'un bon sentiment mais encore une fois c'est un peu comme pour les sanctions qui ont été décidées sur l'énergie on ne peut pas prendre des décisions qui frappent aussi violemment des secteurs économiques entiers de notre pays et mettre ainsi notre peuple dans la difficulté
Revenons en France dernier épisode d'une enquête judiciaire longue de 8 ans le parquet de Paris a requis le renvoi du Front National de vous-même et de 26 autres prévenus devant le tribunal correctionnel pour détournement de fonds publics le parquet estime qu'il y a eu un système centralisé où de 2004 à 2016 vous auriez financé les dépenses du FN grâce à l'argent du Parlement européen à hauteur de 6,8 millions d'euros quelle est votre réaction Marine Le Pen à cette décision du parquet ?
Je ne suis pas très étonnée par cette décision du parquet puisque c'est la même philosophie encore une fois qu'il a appliqué au Modem qu'il a également renvoyé et qu'il l'appliquera très certainement à la France Insoumise je pense que le parquet se trompe totalement sur le rôle qui est celui des députés et notamment des députés d'opposition et de leurs assistants nous faisons de la politique les députés font de la politique leurs assistants font également de la politique nos assistants n'ont pas vocation à être des fonctionnaires de la commission n'en déplaise à l'Union Européenne Marine Le Pen nous avons parfaitement respecté tout cela
quand vous avez été auditionné on peut le lire dans Libération Aujourd'hui vous avez reconnu selon le journal le flottement de vos équipes et le fait d'avoir baissé la masse salariale de votre parti grâce à l'Union Européenne je rappelle aussi que vous avez remboursé en juillet dernier 330 000 euros au Parlement Européen pour avoir payé sur les fonds européens deux de vos collaborateurs jusque là vous refusiez de rembourser là vous avez remboursé 300 000 euros le fait de rembourser c'est que vous reconnaissez qu'il y a eu des torts que vous avez eu des torts
non absolument pas d'ailleurs pourquoi vous avez remboursé ? parce qu'ils avaient mis en place une procédure de saisie donc j'ai été contrainte de rembourser et j'ai remboursé en indiquant bien que ce remboursement était évidemment effectué tout en contestant formellement la procédure qui était engagée contre moi et son fondement
mais vous avez reconnu le flottement de vos équipes vous avez reconnu avoir fait baisser la masse salariale
grâce à l'Union Européenne c'est pas vrai ? non mais absolument rien à voir que nous ayons baissé notre masse salariale est une chose j'ai juste indiqué qu'il m'apparaissait assez normal que si on cherchait des assistants parlementaires on allait plutôt chercher dans notre propre camp de pensée si vous voulez que ailleurs tout ceci encore une fois est une manœuvre qui est faite sur la base encore une fois d'une incompréhension de ce qu'est le travail politique
Marie Le Pen merci d'avoir été au micro d'Inter ce matin
Marine Le Pen