"La loi de programmation militaire est insuffisante !" - Christophe Gomart
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Midih [musique] 14h, Sud Radio, la France dans tous ces États. Le [musique] face- à face. Vous êtes bien sur Sud Radio en ce jeudi 28 mai 2026, il est 13h4.
Nous allons parler actualité internationale, géopolitique, défense nationale. Est-ce que nous avons la politique militaire que nous méritons et dont nous avons besoin ? Nous allons discuter avec le général Christophe Gomard.
Merci. Merci mon général d'être dans ce studio avec nous pour nous décrypter, pour éclairer nos lumières parce que comme vous le savez, l'information va un peu dans tous les sens. euh les nouvelles, les contre-enouvelles, les évolutions, les caprices du président américain et puis une réalité du terrain qui ne correspond pas toujours à ce qu'on veut bien nous faire croire et nous avons besoin justement de votre lucidité, de votre décryptage et puis nous aurons euh en visio Christophe Boutin qui est lui un politologue qui nous parlera de la sécurité intérieure et j'attends beaucoup de l'échange entre vous deux puisque vous avez une une vision complémentaire l'un et l'autre de ce qui se passe aujourd'hui.
En un premier mot, la question voilà que l'on répète systématiquement depuis le début de ce conflit mais même depuis avant et depuis la polémique entre Pierre Devilier, le président de la République, chef d'état-major des armées ayant signalé que la France n'était pas forcément dotée des moyens militaires dont elle avait besoin. Est-ce qu'il y a eu de ce côté-là et aussi au niveau du renseignement des efforts concrets malgré la situation politique très compliquée avec cette cette dissolution et cette chambre un peu ingouvernable ? Est-ce qu'il y a eu quand même des résolutions qui ont été prises par l'exécutif français pour nous doter d'un armement et d'une armée qui puisse faire face à l'adversité en cas de coup dur ?
Alors [grognement] beaucoup disent que le le budget des armées a été doublé. Oui, sans doute en en euros, mais à la fin des fins et à la fin de la loi de programmation militaire actuelle, il n'y aura pas plus de char, il n'y aura pas plus d'avion rafales ou pas plus de frégat. En revanche, avec l'actualisation de la loi de programmation militaire qui va être augmentée, ça permettra de recompéter les stocks qui ont été vidés pour deux raisons.
La première, c'est des stocks vidés parce qu'on a donné de l'armement et des munitions aux Ukrainiens. Et la deuxième, c'est lié à la guerre en Iran parce que nous avons protégé nos notre allié Emmirati et nos alliés du golfe face aux drones ou face aux missiles lancés par les Iraniens. Donc de mon point de vue, cette loi de programmation militaire est totalement insuffisante et le prochain président de la République devra sans aucun doute doubler cette loi de programmation militaire pour avoir une loi une loi de programmation militaire de reconstruction car aujourd'hui malheureusement les armées françaises sont dotées de 220 char lecler seulement 220 chars de d'une centaine combien opérationnel sur les 220 chars je je ne sais je ne sais un certain nombre lorsque j'étais capitaine l'armée française c'est dans les années 90 début des années 90 il y avait 1300 100 chars.
J'ai commandé un escalon de char. J'avais 17 chars dans mes garages. C'était des AMX30 à l'époque.
C'est les AMX30 B2. Alors aujourd'hui c'est du Charles Leclerc, du char plus moderne, plus plus performant sans aucun doute, mais on voit bien le désarmement lié à la fin de la guerre froide et aujourd'hui compte tenu de l'évolution du monde, de la résurgence des empires, des États-Puissances, il est temps en effet que la France prenne conscience la France et les Français que les menaces sont là, que l'Europe est prise en étau entre une Russie impérialiste, un des États-Unis qui deviennent prédateurs alors qu'ils étaient protecteurs avec une Turquie qui cherche à réinventer l'Empire ottoman avec une Chine qui cherche à nous imposer son économie face au terrorisme islamiste qui demeure. Donc oui, il est temps en effet de reconstruire et en tous les cas de développer beaucoup plus qu'elle né l'armée française en développant par exemple en ayant une loi sur les réserves par exemple pour développer le nombre de réservistes mais également en relançant et des commandes parce que vous adressez aux industries de défense, ils n'ont pas de commande.
Hier encore, j'ai vu le PDG de Renko qui m'a dit "Mais mon chiffre d'affaires, c'est 7 % pour la France." Il me dit "Je n'ai pas de commande de l'armée française." C'est dire, c'est dire que oui, il est temps en effet de reconstruire.
Général Gomard, vous me faites penser, je relis régulièrement les ouvrages sur la guerre de 40 et il y a potentiellement un armement français qui est presque comparable à celui des Allemands, mais vous avez le témoignage des patrons des usines de l'armement français de l'époque qui vous dit "La loi a été votée, nous n'avons pas le bon de commande." C'est-à-dire qu'on a pris la décision politique d'armement, donc sur le papier, c'est formidable. Et le gouvernement Front populaire s'est défendu en disant "Mais moi, j'avais étonné." Oui, mais c'est comme le décret d'application d'une loi, tant qu'elle est pas au jour au journal officiel, elle est pas appliquée.
Et là, on est dans une situation où on prend la décision d'eux, mais on ne se donne pas les moyens pratiques de mettre en place et en œuvre la décision. C'est exactement ça. Quand le président de la République Emmanuel Macron parle du fait que nous soyons en économie de guerre, mais ça n'est qu'un slogan, ça n'est rien dans la réalité.
Nous ne sommes pas du tout en économie de guerre. Nous sommes réellement dans un état de préguerre, j'allais dire dans une cyberguerre qui soit faite d'influence, d'intoxication, d'attaque cybernétique. Mais réellement, il est temps de prendre conscience de ça et de faire en sorte que notre défense, que nos armées réinvestissent de de que la France réinvestisse de l'argent dans ses armées.
C'est c'est absolument une évidence. Christophe Gomard, en en 1989, le mur s'effondre. L'Union Soviétique n'a plus que quelques années à vivre.
Est-ce qu'il est cohérent et logique de la part [gémissement] d'un exécutif, d'un gouvernement, d'une classe politique et d'une armée de dire "Bon, il y a une page de tournée, on a moins besoin de faire le stock de médicaments, l'épidémie est écartée, puis on a un allié très puissant qui qui sont les États-Unis, on a l'OTAN qui est là, on peut baisser la garde." C'est exactement ce qui s'est passé. Oui, comme vous lisez les livres blancs, mais est-ce que c'est responsable ça de c'était un choix politique de nos gouvernements successifs de plus dépenser, j'allais dire dans le social ou le sociétal que dans notre propre défense.
Finalement la France moins que les autres pays européens qui ont laissé la défense qui on coit leur défense aux États-Unis au parapluis nucléaire américain même si la France dispose de son propre parapluie nucléaire mais on a laissé l'industrie partir en Chine et on a laissé j'allais dire l'énergie pratiquement aux Russes en particion européenne que l'Europe et la France sont un peu nuus et il serait temps de se rendre compte que ce monde est dangereux mais vous savez euh le prochain président de La République devra montrer au aux français le besoin de courage, la nécessité de faire des sacrifices. Alors, c'est des mots qu'on aaime pas entendre mais c'est l'arrêté est bien là. Si les Français savaient exactement l'état de l'armée française, il serait sidéré parce qu'on a une armée française qu'on voit bien le 14 juillet sur les Champsélysées qui est très belle.
J'ai connu une armée française expéditionnaire au Mali, en Afghanistan. On a les moyens de faire ça et la France a toujours les moyens de faire ça. Mais de là à mener une guerre de haute intensité, je pense que la France aujourd'hui n'en a pas les moyens malheureusement.
Bien sûr Christophe Boutin, merci d'être en visio avec nous. Euh j'ai le général Gomard, Christophe Gomard qui nous dit qu'effectivement on a pris du on a pris du retard. Vous êtes-vous un analyste ?
Alors là, j'ai un analyste militaire là, vous avez un un analyste un analyste politique. Euh vous expliquez cette ce relâchement ou cette cette baisse de la garde de la classe politique française par rapport à un changement de câble de priorité. Il était plus important de résoudre problèmes économiques et sociétal.
Et on a dit ben la défense n'est plus un enjeu majeur. Ah effectivement pendant longtemps, il s'est agit de tirer les fameux dividendes de la paix et donc d'écarter la défense. Ça a été très clair.
Ça a été affirmé par le pouvoir politique. La chute du mur de Berlin, l'éloignement de la menace à l'est était des choses qui permettaient enfin de retrouver une marge financière et de la retrouver au dépend des armées, au dépend de l'information, au dépend aussi du matériel. Cela a conduit à des baisses de stock, cela a conduit à des baisses en personnel, cela a conduit à des baisses en formation.
Ensuite, les armées se sont lancées sur les opérations extérieures avec un format réduit des forces spéciales parfaitement adapté à ce type d'intervention mais très loin de la nouvelle dimension qui pourrait être celle d'un théâtre d'opération classique. Et effectivement, comme vient le dire général Gomard de manière très juste, cela suppose de revoir complètement le mode de financement et de revoir notamment notre base industrielle de défense et le financement de cette base qui doit se tourner vers une véritable production. La France, Dieu merci, n'a pas abandonné la production des armes.
On est un très bon exportateur. Mais encore faut-il savoir garder pour nous quelques matériel. Pour autant Christophe Boutin, aujourd'hui, on a qu'un seul mot à la bouche quand on gouverne ce pays, c'est la réindustrialisation, la reproduction, vous venez de l'évoquer à l'instant.
Euh l'industrie l'industrie militaire, ce sont des richesses, ce sont des emplois. Euh est-ce qu'on n pas pu à l'époque le général de Gaulle, évidemment, il aurait planifié. Quand je parle du général de Gaulle, je parle de cette époque où la classe politique avait une vision planifiée de l'économie.
On s'est dit qu'on allait pouvoir contourner cet obstacle. On pleure aujourd'hui cette cette industrie cette capacité d'armement un [raclement de gorge] comme vous le dites ça se vend donc ça fait rentrer des richesses et surtout ça maintient à l'intérieur du pays. On voit les endroits où les industries d'armement ont fermé.
Il y a eu un approvrissement territorial, il y a eu une périphérisation à cause de ça. Comment se fait-il qu'on ait pas eu des dirigeants qui aient au moins cette vision de dire nous aurons toujours besoin d'avoir une richesse industrielle qui donne de l'armement qui en plus nous permet de nous défendre et et si je vais me permettre d'oublier une troisième dimension qui est la dimension de recherche. industrie d'armement est une est une une industrie qui tire derrière elle voilà elle tire derrière elle un énorme bloc de recherche absolument indispensable à notre pays qui débouche sur bien d'autres domaines d'ailleurs que très strictement la production d'armes pour pour nos armées mais je crois que vous avez raison notamment sur le le maillage local de l'industrie de défense qui était essentiel dans certaines régions.
Je pense à Ran par exemple et dans d'autres secteurs aussi. où il y a eu une désindustrialisation et euh c'est cela frappé, on aurait dû à ce moment-là prévoir éventuellement au minimum des reconversions, ce qui n'a pas été fait. Enfin, le dernier point qu'il faut signaler, c'est que c'est une industrie de très haute technologie.
Euh la soudure des coques de sous-marin, ça ne se fait pas avec n'importe quelle soudeur. Il y a des savoir-faire qu'on ne peut pas se permettre de perdre euh en matière en oubliant euh de maintenir un minimum de formation et un minimum de suivi de cette industrie. Vous êtes bien sur ce de radio.
Je reçois le général Christophe Gomard, par ailleurs député européen et en duplexe, nous avons Christophe Boutin et nous sommes en train de décrypter la situation dans laquelle se trouve la France au niveau militaire, au niveau défense par rapport à au conflit au filfit du proche-ri et la guerre du golf. Vous nous appelez au 0826 300300. [musique] Emmanuel Galasso attend votre appel.
Tant Christophe Domar que Christophe Boutin répondront à vos interrogations. Vous avez le droit de donner votre avis. Vous vous êtes peut-être pas content [musique] de ce qui se passe.
Au contraire, vous êtes inquiet. Vous avez besoin de ce des experts vous rassurent, n'hésitez pas à le faire en nous appelant au 0826 300300. À tout de suite sur Sud Radio.
Midi 14h, la France dans tous ces États. Pericolégas, [musique] vous êtes bien sur S Radio. Il est 13h18.
Je reçois le général Christophe Gomard et nous avons Christophe Boutin en duplexe. Nous parlons aujourd'hui de l'état de la défense française, de la situation de nos armées et de la capacité de la République française à faire face à l'adversité. s'il devait y avoir une attaque massive ou en tout cas une obligation de la France de se présenter sur le terrain.
Évidemment euh queles que soient les réponses, le compte n'y est pas. Christophe Gomard, quelle est une des options qu'il faut envisager une coopération renforcée entre armée nationale, un état majeur européen plus efficace éventuellement ? Oui, le constat que je fais, c'est que euh actuellement l'OTAN l'OTAN est en train sans doute de se euh dissoudre, de se détricoter.
Euh on voit bien qu'un Donald Trump n'arrête pas d'accuser les Européens de ne rien faire en particulier dans le Golf en disant "J'ai beaucoup dépensé pour les Européens, vous faites rien." Donc ma réflexion, c'est de dire "Mais attendez, est-ce que les Européens face aux menaces du monde peuvent pas s'entendre entre eux pour créer leur propre défense, leur propre architecture de défense ?" Et de ce point de vue-là, il faudrait en effet un Conseil de sécurité européen et au-delà du Conseil de sécurité qui décide rapidement de l'emploi de force issu des nations européennes un étatmajor qui permet de planifier, conduire une guerre.
Ça veut dire quoi ? Il va avoir des moyens de logistique, des moyens de communication, des moyens de commandement, des moyens de renseignement qui soient partagés tout en gardant la les armées nationales. Je ne crois pas du tout en une armée européenne, c'est un vœu totalement pieux, un soldat. un corps peut-être européen éventuellement, mais il faut que n qu'on garde quand même.
Vous êtes pour la subsidiarité si je comprends bien. Oui, je crois beaucoup à un état major qui est capable de dire de conduire différents différentes unités qui viennent de différents pays. Moi-même, j'étais sous commandement américain, j'ai eu sous mes ordres des soldats américains.
Donc, je vois bien, mais je restais totalement souverain et je je répondais aux besoins du chef état-major des armées françaises. Et il y a pas de raison que ça soit ça soit pas le cas demain. Aujourd'hui, l'étatmajor de shape à Mons en Belgique est environ de 1400 personnes.
Si on additionne l'étatmajor de l'Union européenne et le record des moyens de communication, des moyens de liaison, des moyens de renseignement, je pense qu'on est en mesure ensuite de pouvoir planifier et conduire une guerre de haute intensité avec des contingents fournis par les armées nationales des 27 Étatsmembres. Et en cela, la France doit être je pense leader. En tous les cas, elle peut prendre le lead sans vouloir commander cet ensemble.
Mais en tous les cas dire mais attendez au à ces alliés européens, les principaux alliés européens, ceux qui dépensent de leur défense, mais attendez, il faut qu'on soit capable entre nous d'être de de de pouvoir se défendre face à n'importe quel adversaire, qu'il soit russe, qu'il soit turc, qu'il soit pourquoi pas chinois demain ou autre, je n'en sais rien. Mais en tous les cas, c'est absolument une évidence aujourd'hui. Autant il faut que l'Europe parle d'une seule voix quand elle veut se positionner sur des enjeux internationaux, autant vous vous dites il faut absolument que l'on garde nos prérogatives nationales en terme d'armée.
Le record est un symbole, c'est voilà, c'est c'est un épisode mais l'armée nationale reste la vraie dissuasion. Bien sûr, parce que qui décide de l'envoi de soldats qui peuvent se faire tuer ? On se souvient des soldats français qui sont tombés au combat et les certains sont tombés au Liban récemment qui les reçoit dans la cour des invalides.
C'est le chef de l'État, c'est le chef des armées, c'est lui le décideur. Oui, c'est lui le décideur sûr et c'est lui qui emporte finalement la responsabilité. Et quand vous en parlez, un Nicolas Sarkozi ou un François Hollande ou un Emmanuel Macron, c'est des gens qui sont très marqués par cela.
Donc oui, c'est de la responsabilité de l'exécutif, du chef de l'État, d'envoyer des soldats. Donc une armée, elle reste nationale, elle reste souveraine, sinon ça ne peut pas fonctionner. Christophe Boutin.
C'est donc la preuve de ce que ce que dit le général Gomard. C'est donc la preuve que la décision, la dissuasion nucléaire française reste aujourd'hui l'élément le plus fort pour représenter les la force de la France. C'est c'est par là qu'elle pèse et non plus par ses armées conventionnelles.
Elle pèse encore par ses armées conventionnelles. N'exagérons pas. Mais effectivement la dission nucléaire est un élément essentiel.
Maintenant cette dissour nucléaire on voit bien toute l'ambiguité de la démarche actuelle du président Macron qui consiste à associer les États européens tout en gardant finalement la décision finale en France. Mais jusqu'où irait dans ce cas-là le parapluie qui est proposé à d'autres États européens. Je crois que personne n'a véritablement compris la pensée profonde nouvelle fois du du président Macron.
Euh par ailleurs sur le rappe. Si tentez qu'il y en ait une. C'est une autre question.
Je vous [rires] laisse je pose la question. Mais l'autre question aussi, c'est que au sein de l'Union européenne, il faut pas oublier que les traités disent très clairement que c'est l'OTAN qui est responsable de la défense [raclement de gorge] européenne et que donc il faut revoir les traités de l'Union européenne pour arriver à autonomiser une force spécifique européenne. Or, autant si on veut du moins arriver à découpler les deux éléments.
Enfin, le troisième point que j'aimerais signaler, c'est que l'effort français actuel dans l'hypothèse d'un réarmement spécifiquement européen et sans commune mesure avec ce qui est prévu du côté allemand, y compris financier, y compris en nombre d'hommes, y compris en matériel. La France actuellement est en train de voir son leadership grignoter et sa position. Le général Gomar évoquait à juste titre le fait que la France pouvait espérer prendre un lead en la matière.
Euh dans les années qui viennent, cela va être d'autant plus difficile à cause du poids allemand. Général Gomard, comme il y a l'autant, pas la peine d'avoir une force de dision européenne. Non, je suis pas tout à fait d'accord avec ça, c'est qu'il existe dans les traités de l'Union européenne l'article 42.7 qui est plus contraignant que l'article 5 de l'OTAN.
Euh cet article a été joué une seule fois par la France euh suite aux attentats du Batacllan qui dit que si on est impliqué euh si on est impliqué les autres doivent venir vous soutenir par tous les moyens. Il est beaucoup plus contraignant que l'article 5 de l'OTAN. Donc basons-nous là-dessus.
D'ailleurs aujourd'hui il y a une vraie réflexion au sein du Parlement européen en particulier dans lequel j'essaie d'apporter ma pierre à l'édifice dans lequel c'est de dire mais attendez que se passe-t-il ? Chypre a été attaqué par des missiles iraniens qui visaient une base britannique. Quelle était la réaction ?
Elle a été désordonnée. La France a envoyé des bateaux, l'Italie, l'Espagne, la Grèce, mais il y a pas eu de réaction coordonnées. C'est-à-dire que en 2015, lorsque la France a fait jouer l'article 42.7, c'était pour libérer des forces en parti en Afrique pour permettre à nos soldats et à nos moyens d'être beaucoup plus présents sur le sol français afin de protéger les Français face aux attaques terroristes.
On peut jouer là-dessus. Et cet état majeur de l'Union européenne qui existe qui est un état majeur de crise, il faut le renforcer pour qu'il devienne un véritable état majeur de planification opérationnelle. capable de conduire une guerre de haute intensité, mais c'est des moyens qui ne suffisent pas.
C'està-dire qu' au-delà de ça, il faut un cloud européen autonome. Pourquoi ? Parce que nos données aujourd'hui sont hébergées dans les gars femmes américains.
Il nous faut un accès à l'espace beaucoup plus important que nous avons aujourd'hui. Aujourd'hui, l'on Musk lance une fusée tous les de jours et demi. Nous, l'Europe, on en lance une fusée ariane tous les deux ou 3 mois.
C'est totalement insuffisant. Aujourd'hui, les constellations qui sont autour du du la Terre sur les 15000 satellites opérationnels, 10000 appartiennent à Elon Musk. C'est dire que on a laissé partir, on est devenu un vassal numérique des États-Unis et il est temps de ce point de vue-là de reprendre le lit, de prendre notre autonomie et donc de limiter nos dépendances qui plus d'une société privée aux mains d'une personnalité un peu controversée.
C'est ce que j'appelle les proto [raclement de gorge] état. C'est ce que j'appelle les protoat. On se souvient que avec Starlink, Elon Musk a été capable de couper le renseignement à la fois ukrainien ou de couper les communications russes.
Ce qui a permis de part et d'autre et un tour de rôle d'avancer parce que on ne pouvait plus communiquer entre soi. Donc si on n pas nos propres systèmes de communication autonome, et bien je crains fort que demain on est de fortes désillusions. Christophe Boutin, ça c'est une perte de souveraineté caractérisée.
Oui, absolument. Et ça a été très bien très bien dit. On pourrait évoquer aussi le fait, on a parlé du cloud à l'instant, on pourrait évoquer le fait que nous avons des contacts un peu particuliers quand même.
Lorsque la DGSI bosse avec Palentir, on peut se demander si on a réellement des problèmes de de sécurité et où sont nos données lorsque un certain nombre de nos services sont hébergés sur des sites américains et que le cloud act permet de piogger ensuite allègrement dans les données, y compris de santé, on peut se demander où est la souveraineté. Enfin, question cybersécurité. Euh si on en juge par la longue liste des sites français qui se sont fait exploser littéralement dans les trois derniers mois, on on est vraiment dans le comique Troupier.
Dans la NTS, dans la NTS dans la NTS. Vous êtes sur Sud Radio est 13h27. Je reçois le général Christophe Gomard, député européen et Christophe Boutin.
Et nous discertons tous les trois sur l'urgence qu'il y a à ce que la France retrouve une souveraineté militaire et se dote des moyens suffisants pour qu'elle puisse continuer à dissuader ceux qui voudraient lui faire du mal de ne pas l'attaquer. À tout de suite et vous nous appelez au 0826 300300. Il va être 13h30.
Vous avez la parole, c'est vous qui appelez et c'est vous qui aujourd'hui animez le débat. On attend vos questions, vos suggestions, vos remarques et nous y répondrons tous les trois notamment le général Gomard et Christophe Boutin avec la fermeur qu'on le connaît. À tout de suite sur Sud Radio.
Sud Radio, [musique] la France dans tous ces États Péricolas. Vous êtes bien sur Sud Radio, il est 13h31, vous avez la parole, vous nous appelez. Juste une question et ensuite on donnera la parole à Flérique qui nous appelle de Blagnac.
Est-ce qu'il ne faut pas remercier Christophe Gomard et Christophe Boutin, je vous pose la question, Donald Trump malgré tout [raclement de gorge] de nous avoir donné conscience de nos faiblesses et du besoin de recréer une puissance militaire européenne. Oh, je dirais je dirais merci monsieur Trump euh car il nous avait prendre conscience de l'arité du monde. Il le dit de manière brutale.
Je pense que le président Joe Biden ou Barack Obama juste avant lui en fait pratiquaient la même politique vis-àis de l'Europe mais ça se faisait en douceur donc sans douleur. Donc on se rendait pas compte. Trump le dit de manière brutale.
Donc je dis merci Trump de nous réveiller. Christophe Boutin, vous êtes un peu sur cette longueur d'onde. Pleinement sur cette longueur d'onde.
Tout à fait. Je crois effectivement que la le langage un peu cru peut-être parfois du président Trump a le mérite de la une rue de franchise et de montrer clairement les distances qu'il faut savoir parfois prendre. Et en tout cas, on aurait peut-être pu éviter le gâ qui est celui qui nous sépare de la de la Russie aujourd'hui.
On va y revenir. Frédéric, bonjour. Vous nous appelez le Blagnac ?
Oui, bonjour. Bonjour à tous. Bonjour.
Bonjour Frédéric. Vous considérez-vous que le budget de la défense reste malgré tout insuffisant ? Bah bien sûr, il est il est largement insuffisant et ce depuis de nombreuses années et puis on on le voit ne serait-ce qu'à au niveau de nos armements.
Je crois que et vous me contredz, vous m'informez en la matière, mais je crois qu'on possède un porte-avion voire un deuxième qui doit arriver avec les usines en en 2035. Voilà, en 2035 la Chine on a trois et on prévoit 6. Bref, rien que rien que cela déjà prouve je dirais notre notre manque de d'armement à la matière.
Mais on manque on manque de tout. Mais ça remonte un peu plus loin. Moi, je suis un un boomer donc j'ai fait l'armée en 79 et je regrette justement que bah l'armée comme on l'avait auparavant, le service militaire est disparu pour plusieurs raisons.
Déjà pour apprendre ce qu'est l'armée, ce que éventué les armements en cas de conflit parce qu'en cas de conflit il faut quand même savoir un petit peu manier quelque chose et ce qu'on append un armé. Vous étiez dans quelle arme Frédéric ? ét quel arme en 79 ?
Alors moi j'ai alors moi j'étais Grandani Voltigur, c'est l'armée du train. Donc les personnes qu'on envoie en premier, c'est en général les premiers qui se font qui vont casser leur P. Mais sans eux, il y a pas de sans sans eux, il y a pas d'offensive hein.
Sans eux, il y a pas d'offensive. On envoie justement les plans des troupes à tout le monde pour pouvoir laisser les parachutes et autres. Mais je dirais que moi ça m'a appris beaucoup de choses.
Ça m'a appris aussi du civisme, ça m'a appris du respect, ça m'a appris plein de choses et plein de choses qu'à 65 ans je continue à faire comme serrer mes chaussures que j'ai appris à l'armée parce que sier Rangers, on s'aperçoit qu'en cas de marche, c'est quand même important de les faire tous les soirs. Mais voyez, il y a plein de choses comme ça. C'est-à-dire que on manque d'armement, on manque de volonté et pourquoi pas dans ce cas-là développer un plan d'épargne.
Puisqu'on parle de plan d'éparne au plan d'éparne retraite au plan d'éparne pourquoi pas développer un plan d'éparne pour l'armement ou un emprunt ou un emprunt un emprunt député européen un emprunt français pour la défense ça vous semble soit moi j'ai j'ai j'ai rédigé un rapport d'initiative au Parlement européen sur le financement privé de l'industrie de défense c'est-à-dire avoir accès à l'argent privé en effet pour financer nos défenses via des investisseurs, via les assureurs, via les banques elles-mêmes. Il y en a qui seraient prêts à investir bien sûr, mais euh il y avait jusqu'à jusqu'à une époque assez récente, finalement la défense c'était pas en terme de réputation. On n'investit pas dans une bombe, on n'investit pas dans les munitions, on n'investis pas dans les canons.
Euh c'est en train de changer, même si ça même si c'est lent au changement. La Banque européenne d'investissement aujourd'hui refuse par exemple d'investir dans tout ce qui est tout ce qui tue. Elle accepte d'investir dans tout ce qui est dual.
Donc un satellite d'observation militaire, on va investir parce que ça ne tue pas. euh même si ça permet de le faire ensuite, mais euh on permet d'investir dans la construction de caserne, mais c'est pas dans l'armement sonnant et trébuchant. C'est en cela où oui, il faut réfléchir à l'investissement.
Maintenant, sur ce que vient de dire Frédéric sur le service euh national, je pense que le le service national lorsqu'il a été euh euh supprimé tout simplement ou abandonné abandonné par Jacqu par Jacques Chirac. En réalité, l'armée n'est pas là pour remplacer ce que ne font pas les familles ou ce que font pas l'école. L'armée, elle est là pour défendre un pays.
Or, on avait imaginé qu'il y a plus de menace. Aujourd'hui, il y a une nouvelle menace. Donc, je pense que il faut en effet développer un service militaire volontaire et il faut avoir une réserve opérationnelle beaucoup plus importante qu'elle est aujourd'hui.
Et pour ça, il faudrait avoir une loi réelle sur les réserves pour permettre aux Français qui le souhaitent, qui sont volontaires de continuer à défendre leur pays dans la réserve mais en lien avec leurs entreprises qui les laissent faire. Aujourd'hui, on signe des conventions entreprises et armées. C'est de mon point de vue insuffisant.
Non, il faut penser à une véritable loi. Pour autant Christophe Gomard, ce service militaire était quand même un instant de conscience nationale qui nous fait cruellement défaut au moment où on a plus rien, on a plus de repère. Je sais bien que ça serait difficile à reconstituer mais l'instant que ça supposé dans la mobilation des jeunes est un instant qui nous manque.
Christophe Boutin, vous pensez que un emprunt serait une solution ? On va chercher le monde de l'économie pour relancer la pour relancer la défense française. C'est quelque chose de concevable pour vous ?
Non, je pense que au-delà de l'emprunt, il faut simplement que l'on puisse considérer que euh acheter des actions d'une société de défense est un acte normal, aussi normal qu'acheter des actions de notre société et arrêter avec les éléments qui bloquent cela pour des motifs sociétaux, pour des motifs écologiques qui visent à limiter l'investissement dans ces sociétés de défense. C'est pas la peine de faire un emprunt, il y a des tas de gens qui sont tout à fait prêts à acheter des actions qui d'ailleurs a priori ne devraient pas baisser. des actions dans l'industrie de défense.
C'est le l'autre point, c'est que je crois qu'il faut pas non plus fantasmer sur ce qu'était le le service national. Euh il avait de multiples qualités. Euh ce n'était pas non plus le creusé dans lequel l'intégralité d'une jeunesse française se retrouvait.
D'abord parce que nombre de cette jeunesse y échappaient pour diverses raisons. Des exemptions effectivement. Voilà.
Et ensuite parce que il faut bien le dire dans les cordes de régiment d'appelé, on avait parfois on notait on commençait à noter certaines tensions internes qui transcrivaient des tensions qui peuvent parcourir la vie politique ou la vie sociale française et qui avaient les mêmes non réponses au sein de l'institution militaire que les non réponses au sein de la société civile. Donc gardons-nous ici de rêver. Euh nous avons Julien qui nous appelle de Viri Châtillon.
Bonjour Julien. Oui, bonjour à vous. Bonjour à tous.
Voilà. Donc Julien, vous vous considérez que quoi qu'il arrive, même si on augmente le budget, on ne rattrapera jamais le retard vis-à-vis des Russes, des Chinois et des Américains. C'est un peu ça.
C'est c'est ça dans les grandes lignes en fait. La problématique, c'est que même si on augmente le budget, c'est pour acheter à l'étranger. Donc on n pas de souveraineté.
Si jamais un pays décide de nous bloquer comme l'Américain font en bloquant les F15 et compagnie, on on se retrouve pied point lié. Enfin, on le voit avec la l'Ukraine qui est soumise au bon vouloir de tous les pays qui l'aident parce que ils ont pas le choix. Ils se sont endettés à des à des hauteurs paramieuses que même si la guerre s'arrête la la pour moi aujourd'hui économiquement la l'Ukraine croule tellement sous des montagnes de dette que soit on annulera la dette et c'est nous qui du coup serons perdant soit on nannule pas la dette et du coup l'Ukraine n'aura aucun aucunement les moyens de se relever de de de ça.
Enfin, c'est euh c'est c'est c'est et la Russie sera gagnante de coup dans l'histoire puisque l'Ukraine sera tellement affaiblie au final elle s'en relèvera pas et je pense que c'est exactement le sort qui menace la France aujourd'hui, c'est qu'on a aucune souveraineté sur pas grand-chose et du coup bah aujourd'hui on est un petit peu piedbé quand on est au pied du mur et et on a plus qu'à regard enfin là on est à 2,30 € du de de de l'essence enfin où est-ce qu'on va quoi. Et en plus et en plus l'accord de Budapest avait dit aux Ukrainiens vous rendez votre arsenal nucléaire mais on vous protégera si on a besoin on a besoin de vous. Finalement, ça s'est passé entre les deux.
Euh, général Gomard, effectivement, pas de souveraineté de production. On peut avoir un budget de défense formidable si la production n'est pas française, c'est pas le même effet. Oui, il faut l'autonomie stratégique européenne dont parle la France en partie est liée à l'achat et à la préférence européenne.
C'est-à-dire que l'achat de matel d'équipement militaires doivent être fait en Europe. Il faut se rendre compte que depuis le début de la guerre en Ukraine, 80 % des équipements militaires achetés par les Européens ont été en grande partie des États-Unis et en Corée du Sud euh et quelques quelques pourcentages en Israël. La Pologne a racheté des F35, il a elle a fait cadeau de ses de ses avions français à l'Ukraine et au lieu de racheter du matériel européen, elle rachète des F35.
C'est c'est c'est on dit ça, on dit ça en permanence préférence européenne. On a vu émerger cette préférence européenne dans le casadre d'un instrument financier qui s'appelle EDIP pour Européan Defense industrie Programme dans lequel en effet il faut que 65 % des composants d'un équipement militaire soient conçus et fabriqué en Europe. Mais en fait on veut ouvrir le panel beaucoup trop large au Canada, à des États tiers, même éventuellement à l'Ukraine.
Non, il faut garder notre autonomie, notre souveraineté en matière de défense. Nous avons en en France en particulier des industriels de défense très très performants. Nous avons une base industrielle technologique de défense qui est extrêmement performante avec 4500 entreprises.
Donc il suffit de commande. Or il y a pas assez de commande. Si on investit les chaînes de production doubleront, elles passeront en 28 voire en 38.
Et nous avons toutes les capacités de produire. Aujourd'hui, ceux qui achètent des matéria américains, par exemple des F35, ils ne seront pas livrés avant 10 ans. Aujourd'hui, d'ailleurs, Donald Trump a même gelé toutes les livraisons faites aux armées européennes parce qu'il a besoin de ses munitions aujourd'hui dans le cadre de la guerre contre l'Iran.
Christophe Boutin, une production française et le gage évidemment de la souveraineté. La souveraineté c'est qu'on peut avoir toutes les disas qu'on veut. Si on est dépendant d'autres productions militaires, on a on aura jamais l'indépendance de la défense.
Non, mais absolument ça, quel que soit le matériel d'ailleurs concerné, c'est c'est évident pour les avions avec les composants électroniques qui peuvent être contrôlés, mais le problème qui par le général Gomard est très juste. La question c'est la question d'échelle pour nos industriels pour pouvoir se mettre à produire et derrière avoir un carnet de commande qui sont un carnet de commande créble. Vous ne pouvez pas produire pour des secondaires inutiles.
Enfin quand vous allez faire trois regardez l'état de notre de notre petit arbement, regardez l'état des stocks de munition. Nous avons des industriels parfaitement performants en terme de munition, notamment en terme d'OBU où on est absolument remarquable et il n'y a pas [raclement de gorge] de commande suffisante en France. On on narrive pas à avoir clairement une mise ne serait-ce que nous c'est même pas la question européenne nous faire acheter par d'autres.
Nous n'achetons pas nous-même assez nos propres munitions pour avoir une visibilité suffisante de de tir sur la distance. Il y a quand même un problème. Vous vous voulez dire voulez dire que si la France avait été le fournisseur exclusif, si dans l'Union européenne il avait un traité entre les chefs de des chefs d'état de gouvernement disant désormais priorité on se sert d'abord dans l'armement français si on n pas le rapport qualité prix on va ailleurs.
L'histoire aurait été modifiée. C'estàd que nous serions nous la France une très une puissance très enrichie par la par nos compétences et nos capacités d'armement. Nous sommes déjà la France est déjà le deuxè ou le trème exportateur de d'équipement militaires au monde.
Alors c'est vrai que c'est en grande partie lié à nos bateaux qui sont fabriqués par Naval Group où c'est lié au rafal mais on a une vraie capacité. Les César, par exemple, le canon César, c'est une vraie performance française. Donc, on a toutes les capacités en France en particulier et en Europe de manière générale pour répondre aux besoins des armées des différents pays européens et en partie de l'armée française.
Donc oui, dépensons français. Les Allemands empreintent aujourd'hui pour leur propre défense. Ils veulent devenir la première armée conventionnelle en Europe.
Très bien. Mais ils vont acheter les équipements allemands. Euh nous, ils ont de l'industrie énormement malgré tout en plus.
Oui, métal et de qualité. Mais aujourd'hui, la France, elle ont fait des appels d'offre, n'achète pas forcément français. Euh donc achetons d'abord français.
L'argent français doit servir aux français et en tous les cas, l'argent des Européens doit servir aux Européens et non pas aux États-Unis, à la Corée du Sud ou à d'autres. et on voit émerger de nombreuses industries de défense de plus en plus euh qui vont devenir compétitifes des nôtres avec qui n'auront pas les mêmes règles du travail que les les règles françaises européennes et donc seront moins disantes et donc moins chères et on ira acheter chez eux. C'est c'est de la folie.
Voilà. Voilà une disposition qui mériterait presque d'être inscrite dans la constitution. On en parle juste après.
Voilà, vous nous appelez au 0826 300300. Je reçois le général Christophe Gomard et en duplexe, nous avons Christophe Boutin et nous en sommes en train nous n'ayons pas y arriver à nous trois mais nous sommes sommes en train de voir est-ce qu'on va pouvoir obtenir de notre classe politique le courage et la détermination et la cohérence nécessaire pour que la France retrouve son sa puissance, son rôle et sa et sa légitimité dans les enjeux de défense internationale. À tout de suite sur Sud Radio.
Vous nous appelez au 0826 300300. Sud midi 14h [musique] Sud Radio, la France dans tous ces états. Périco gas vous êtes bien sur Sud Radio.
Il est 13h48, je reçois le général Christophe Gomard et Christophe Boutin qui est en duplex. Vous avez la parole et là on peut ouvrir le débat à toute l'actualité mais je vois que les gens qui nous appellent, ceux qui nous appellent [raclement de gorge] veulent rester sur la thématique de la de la défense. Nous avons Roland qui nous appelle de Saint-Étienne.
Bonjour Roland. Bonjour Pico, bonjour à tous. Vous considérez qu'on est quand même une un pays une puissance militaire et nucléaire qui continue à faire peur quand même qui inspire le respect.
Vous en êtes convaincu ? Oui, franchement oui, j'en suis convaincu. Je suis pas un grand spécialiste militaire donc je pense que je vais écouter avec attention nos intervenants.
Mais moi, de ce que j'en vois un petit peu de loin et en regardant un petit peu ce qui se passe, c'est vrai que moi en tant que français, personnellement, je me sens rassuré. Enfin, on a quand même on a quand même un porte-avion d'extrême qualité, le Charles de Gaulle. On a des rafales, on a on a des sous-marins nucléaires, on a quand même une je considère une belle armée euh une belle armée qui qui est qui est qui est qui est pro, qui et qui voilà qui qui est spécialisé.
Donc moi, honnêtement, de ce que j'en vois, je suis pas je suis pas forcément je suis pas forcément inquiet. et puis de savoir que la France bah on a la dissuasion nucléaire bah dans le contexte actuel qu'on connaît au niveau international forcément je pense que c'est un plus qui qui peut bah qui nous rassure en tant que français au niveau des des menaces extérieures. Christophe Boutin est-ce que vous partagez l'optimisme de Roland très moyennement.
D'abord une bonne partie des matériels sont il faut chois savoir quels sont les matériels qui sont réellement disponibles. C'est le premier élément et non pas ceux qui sont vampirisés pour servir de pièces détachées aux autres. Il faut savoir combien de temps, par exemple quand on y est en hyper, combien de temps un porte-avion nucléaire est bloqué.
Et quand on a un seul porte-avion, et bien pendant ce temps-là, c'est toute la flotte en marquée qui est bloquée. Euh voilà les éléments, je crois assez importants qu'il faut quand même tenir compte. Christophe Gomard, vous êtes sur la je retiens ce que dit, je suis d'accord avec Christophe Boutin.
Nous avons d'excellents soldats français qui sont prêts demain à aller au combat et qui sont bien entraînés, bien formés, ça c'est certain. En revanche, en terme d'équipement, je pense que oui, il faut investir beaucoup plus. Il faut arriver à 3,5 % du PIB.
Il faut au moins dépenser 100 milliards d'euros par an pour notre défense. Ça c'est une évidence. Ça serait mieux si on avait pas les 3600 milliards de je Ah, ça serait plus facile sans aucun doute.
Nous avons Loï qui nous appelle de Toulouse. Bonjour Loï. Bonjour.
Donc vous vous dites qu'on est armé militairement, vous en faites pas de souci. Vous avez une inquiétude sur le cyber en revanche. Alors oui, je vous cache pas que euh bon euh est ce qu'elle est.
C'est quand même une des deux seules armées européennes capables d'être projetée aujourd'hui. J'entends qu'effectivement il y a parfois des problématiques d'équipement mais je dirais comme dans toutes les armées. Euh faudrait juste pas que nos politiques oublient que nous avons de très très grands producteurs d'armes en France et qui serait peut-être opportun temps en temps de les mobiliser plutôt que d'acheter certains matériel à l'étranger.
Maintenant, moi ce qui m'inquiète depuis une dizaine ou une quinzaine d'années et de manière encore plus forte depuis 18 mois parce qu'on a subi nous une cyberattaque au boulot, c'est que on a un état qui aujourd'hui enlève des fonctionnaires, digitalise énormément de procédures, digitalise énormément de choses, énormément de demandes et on se rend compte que derrière malheureusement là aussi l'intendance ne suit pas. Alors Loï, vous avez ici sur ce plateau le plus grand spécialiste [raclement de gorge] les l'éminence de la compétence sur le renseignement. Général Gomard, est-ce que on a sur on on a matière à s'inquiéter sur le cyber et sur le cyber et tout ce qui peut aller autour de le du numérique ? qu'on soit inquis, c'est bien parce que ça veut dire qu'on est en alerte et c'est bien.
Mais est-ce qu'on a les moyens de de ce qu'on me disait quand j'étais en formation, un bon chef est un chef inquiet, non pas au sens qu'il ait peur, mais inquiet au sens où il est mobilisé et toute son attention est concentré sur on a beaucoup de bons chefs, on a ensuite il y a les moyens de l'inquiétude. Oui. Alors en terme cybernétique, c'est vrai que on dispose en France quand même de très bons moyens.
Euh on est on est je pense parmi les armées européennes ou la défense européenne, on a des moyens très efficaces. On a combien de drones pour l'instant ? Alors c'est pas en terme de drone là, je parle pas en terme de drone mais c'est pas une notion de drone la guerre cybernétique c'est plus une notion de capacité réellement dans ce monde cyber.
On a un commandement cyber, on a réellement des vraies capacités. Et faut pas se leurer. Si on est attaqué, il y a toujours une réponse.
On en parle jamais mais on a des capacités défensives comme on a des capacités offensives. La France intéressé hein, c'est le général de mais la France ne se laisse pas faire du tout de ce ce côté-là. C'est vrai qu'il est parfois difficile de de savoir d'où vient l'attaque, même si nos services euh sont très compétents à la matière, que ça soit à la DGSI, à la DGSE, à la DRM dans les services de renseignement, à l'Agence nationale des sécurité systèmes d'information.
Donc oui, il y a des vrais vraies compétences, je peux vous le dire. La France a a investi énormément d'argent dans ce domaineelà et depuis des années. Donc bien sûr, il y a des attaques qui réussissent mais comme la la défense ne se laisse pas faire et répond.
Christophe Boutin, au niveau du cyber de la défense intérieure, on est équipé raisonnablement par rapport au danger supposé. Ah, écoutez, le spécialiste vient de parler, je neaiis pas à l'encontre de ce qui vient de dire le général Gomard sur le sur le sujet. Sur le reste, moi ce qui m'inquiète plus sur le cyber, c'est finalement les blocages dans les dans le thème de la guerre hybride.
C'est bien de cela qu'il s'agit, pas uniquement des attaques dirigées contre les systèmes de défense, mais des attaques dirigées contre d'autres systèmes qui me semblent actuellement particulièrement sensibles. qu'il s'agisse des barrages, qu'il s'agisse des transformateurs, qu'il s'agisse d'autres structures qui peuvent faire courir des risques très importants à la population et conduire à des troubles très importants sur le territoire national et sur lesquels effectivement je serai plus réservé quant à leur cyberprotection. Nous avons Arnaud qui nous appelle de vanne.
Bonjour Arnaud. Oui, bonjour Verico. Bon, alors vous vous êtes catégorique.
Vous vous êtes catégorique. Ça ça va Arnaud ? Merci.
Merci. Euh vous vous êtes catégorique euh pas de réindustriel, pas de souveraineté militaire sans réindustriisation. Il y a pas à tortiller, il faut commencer par la réindustrialiser le pays pour se doter d'une force militaire.
C'est c'est votre avis ? Oui. Oui, clairement.
Et et c'est surtout les décisions politiques qui doivent être prises pour l'intérêt du pays, pour l'intérêt de la France. Or, depuis des décennies, on est gouverné par des je suis désolé, des socio-globalistes qui ne pensent qu'à vendre aux autres matériel. Ça veut dire que vous avez fait mouche.
Bah oui oui c'est ça le problème c'est que ces bons matériel on les voit en Ukraine, on les voit un peu partout en Afrique, on les voit bon mais on les voit pas très peu chez nous. Moi, je suis un ancien du 3e RPMA euh parachute. Donc voyez, je je je vois bien que nos nouveaux matériels sont c'est c'est des moteurs américains, c'est des il faut vraiment centraliser sur le plan national des achats qui restent je pense la nécessité pour le pays de de fabriquer français, de produire français pour nos nos troupes en priorité en priorité et non pas commercialement comme c'est ça fait actuellement.
Merci reçu. Il nous reste 1 minute 39. Je vais la partager.
Général Gomard, le socialisme, est-ce queon va pouvoir s'en à un moment donné le contourner ou en tout cas le guérir ? Je l'espère. J'espère.
Mais en tous les cas, la France doit rester une nation puissante si elle veut conserver sa liberté. Sans puissance, malheureusement, il y a pas liberté. Il faut à la fois de la souveraineté et de la liberté si on veut rester la France telle que on la connaît.
Donc vous vous réhabilitez le concept de souveraineté et de et de gloire militaire française. Le général de Gaulle depuis Taton de Colombé s réjoui. Christophe Voutin.
Vous vous alignez sur la considération du général Gomard. Souveraineté d'abord. Pleinement souveraineté d'abord en sachant que la souveraineté c'est une chose mais il faut savoir qui est souverain.
Donc il y a pas de souveraineté sans identité. C'est au peuple français à décider. Christophe c'est au peuple français décider.
Oui, ça c'est au peuple français de décider de manière qu' nous somme en démocratie donc on peut le souhaiter effectivement. Gageons que ce le sujet dont nous venons de débattre avec courage et pertinence, vous n'avez pas mâché vos mots messieurs et vous êtes resté dans le parlon vrai sera au cœur de des enjeux de la future campagne présidentielle de 2027 et que peut-être le candidat qui sortira en tête aura aura compris l'urgence à redonner à la France sa gloire, son honneur, sa souveraineté, sa capacité de dissuasion, mais surtout le message universel qui est celui d'abord d'une immense fraternité, n'est-ce pas la dissuasion c'est pour c'est pour garantir la paix. Une France forte une France forte dans une Europe unie.
Oui, c'est important. Bon mais merci mon général. Merci Christophe Bouta.
Merci d'avoir été en direct sur Sud Radio. Quant à nous je vous dis à à lundi prochain pour d'autres aventures d'information et là je vous laisse en compagnie de Brigiteille qui va vous tenir des propos bien plus apaisés, bien plus rassurants que ce qu'on a pu vous dire jusqu'à présent. Bonne journée.
Merci. À bientôt. Midih 14h, la France dans tous ces États.
Christophe Gomart