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Podcast / conversationLe Média (sur Podcast)· 11 avril 2023 22 minContradictoireActualité / polémiqueRetraitesInstitutions & électionsÉconomie & entreprisesSolidarités & famille

Instant Porcher | "Là on dépasse une limite" - Pourquoi Macron et Darmanin vont trop loin

Source d'origine 2 locuteurs

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Attaque 85 %Défensif 15 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 2:20OuverteRéponse directe

    Crise démocratique ou pas ?

  • 4:04OuverteRéponse directe

    Autre pente glissante : attaque contre la Ligue des droits de l'homme ?

  • 4:53OuverteRéponse directe

    Est-ce que là, il y a de quoi être choqué de cette sortie ?

  • 6:02OuverteRéponse directe

    Commission d'enquête sur les manifestations : objectif ?

  • 6:23RelanceRéponse directe

    Vous avez choisi votre cible : France insoumise ou extrême droite ?

  • 6:45OuverteRéponse directe

    L'extrême droite récolte les lauriers d'une mobilisation absente ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 2:34InvitéFait
    « Vous n'avez pas recours au vote au Parlement parce que vous avez fait tous vos calculs et que vous savez que, quels que soient les calculs, vous avez un fort risque de perdre le vote et que vous passez en 49-3. »
  • 4:57InvitéFait
    « Là, on dépasse une limite, clairement. »
  • 6:49InvitéFait
    « En réalité, la Macronie c'est la droite, et la droite et l'extrême droite sur le programme économique. »
  • 10:51InvitéFait
    « Macron a utilisé la constitution par opportunisme. »
  • 11:22InvitéFait
    « Là, la mise en application, elle est passée, c'est dans 3 mois, dès septembre. »
  • 13:25PrésentateurChiffre
    « Sa fortune est aujourd'hui estimée à 211 milliards de dollars. »
  • 18:12InvitéFait
    « Les 1% de la population étaient responsables, polluaient autant que les 50% les plus pauvres. »

Temps de parole

  • Invité64 %
  • Présentateur32 %
  • Invité 22 %

0,5 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Invité

La mise en application, si elle est passée, c'est dans trois mois, dès septembre. Le droit à la sécurité juridique, il n'est pas là. On ne peut pas changer les lois comme ça toutes les cinq minutes. Donc le Conseil constitutionnel peut retoquer. S'il ne retoque pas, je pense qu'il va y avoir une vraie crise de confiance envers les institutions, qui existe déjà, qui est là, qui est présente.

0:17
Présentateur

Bonjour tout le monde et bienvenue pour ce nouvel Instant Porcher. Je suis ravie de vous retrouver. L'Instant Porcher, c'est un petit moment qu'on se prend entre nous, avec Thomas Porcher, chaque semaine pour décrypter l'actualité, car les discours sont politiques et les comprendre est une véritable arme démocratique. Ce programme s'inscrit dans notre grande ambition, débarquer à la télé et continuer de tenir notre antenne 24-7 sur YouTube et Dailymotion pour vous proposer une autre hiérarchie et un autre traitement de l'information. A partir du 7 mars, c'est lancé la bataille décisive contre la réforme des retraites.

Le média est là pour vous faire vivre cette lutte de manière quotidienne, sur son plateau, sur les piquets de grève, en manifestation aux quatre coins de la France, bref, partout où il y aura des points levés et des slogans scandés. Ils ont des milliards, mais nous sommes des millions. Alors abonnez-vous au Média à partir de 5 euros par mois et soutenez à la fois les luttes et le Média des luttes. Vous êtes notre seule force pour garantir une information libre et indépendante. Rendez-vous sur soutenez.lemédiatv.fr.

Au programme de l'Instant Porcher aujourd'hui, est-on ou non en crise démocratique, terme que rejette Emmanuel Macron, et on va aller voir ce qui se passe autour de l'interdiction ou non des jets privés qui symbolisent bien plus qu'on ne pourrait le croire. Jeudi, marqué l'acte 11 des journées de mobilisation intersyndicale contre la réforme des retraites, où au moins 570 000 personnes, selon le ministère de l'Intérieur, et 2 millions selon la CGT, ont battu le pavé dans des dizaines de villes en France. Journées de mobilisation qui ponctuent des grèves reconductibles dans plusieurs secteurs, des manifestations autonomes et des actions de blocage ou coupure d'électricité.

Mercredi dernier, la veille de la manif, Elisabeth Borne a reçu l'intersyndicale à Matignon, rencontre qui s'est vite terminée, puisque la Première ministre est restée campée sur sa réforme. Dans tout cela, Laurent Berger a eu le malheur de dire qu'on était en crise démocratique. Hop, nouvelle séquence politique.

1:58
Invité

On est en train de vivre une grave crise démocratique. Qu'un président élu cherche à porter un projet sur lequel il a été élu démocratiquement, ça ne s'appelle pas une crise démocratique. Ça a été pris comme une attaque. Enfin, on est chez les fous. Quelle crise ? La crise sociale, il n'y a pas de crise sociale. Il y a une crise sociale, il y a un conflit social. Il n'y a pas de crise démocratique. On peut appeler ça autrement, mais si ça, ce n'est pas tous les ingrédients d'une crise démocratique, je ne connais rien.

2:20
Présentateur

Alors Thomas, crise démocratique ou pas ?

2:21
Invité

Oui, crise démocratique, bien sûr. Quand vous avez quand même 70% de la population qui est opposée à cette réforme et que vous avez un sondage qui est constant au fil des semaines, quoi qu'il arrive, quand vous n'avez pas recours au vote au Parlement, parce que vous avez fait tous vos calculs et que vous savez que, quels que soient les calculs, vous avez un fort risque de perdre le vote et que vous passez en 49-3, vous êtes dans une forme de crise démocratique. Alors, il faut voir ce que le Conseil constitutionnel va répondre, mais si le Conseil constitutionnel accepte la réforme, il y aura, je pense, une très forte défiance envers les institutions.

Donc oui, on est dans une crise démocratique. Ce que dit Macron, c'est qu'il s'est fait élire et qu'il a tous les droits. Ce n'est pas ça. Il faut tenir compte de ce que veulent les Français, de ce que veulent les syndicats, de ce que veut le Parlement. Voilà, vous avez autre chose que le président de la République. Si on ne tient pas compte de tous ses corps, il y a un problème. Et donc oui, on est dans une crise démocratique parce que tous ces gens sont opposés à la réforme des retraites.

3:13
Présentateur

Et puis la démocratie, ce n'est pas juste voter tous les cinq ans.

3:15
Invité

Non, exactement. Ce n'est pas juste voter tous les cinq ans. Après, Emmanuel Macron a l'air de penser que c'est ça, alors qu'on se souvient dans quelles conditions s'est fait l'élection présidentielle parce que tout a été fait pour éviter le débat. Si on avait posé un vrai débat sur la réforme des retraites, qu'on en avait vraiment discuté comme aujourd'hui, probablement qu'il n'aurait pas eu le même score. Il a tout fait pour utiliser le contexte géopolitique et le fait qu'il soit président pour faire sa campagne, en réalité. Donc il a minimisé les débats parce qu'il savait que sur son bilan, il n'y avait pas grand-chose de positif à dire. Et donc il a gagné comme ça, en fait.

Et après, il a gagné parce que des gens ont voté contre. On connaît tous l'histoire et que lui-même l'a reconnu. Mais que maintenant, il fait comme s'il avait eu ce grand engouement et cette majorité qu'il avait été face à un président de droite, comme il y a eu des oppositions gauche-droite à une époque et pas un candidat d'extrême droite. C'est malhonnête de voir la situation comme ça.

4:04
Présentateur

Alors il y a une autre pente très glissante que prend le gouvernement et Gérald Darmanin dans cette séquence politique. On va regarder.

4:10
Invité

Vous parlez de la Ligue des droits de l'homme. Je ne connais pas les subventions données par l'État. Mais effectivement, je pense que ça mérite d'être regardé dans le cadre des actions qu'ils ont pu mener. Mais je rappelle que beaucoup de collectivités locales aussi les financent. Voilà. Non mais je le dis aux représentants des collectivités locales également que vous êtes. Voilà. Donc ce n'est pas qu'une question, il n'y a pas que l'État.

4:29
Présentateur

Donc le ministre de l'Intérieur, après avoir annoncé la volonté de dissoudre le mouvement des soulèvements de la terre, même si c'est un mouvement avec énormément de syndicats, d'assauts, d'ONG, de citoyens, de paysans, bref, maintenant il veut questionner la Ligue des droits de l'homme car ils ont osé critiquer le dispositif de maintien de l'ordre pendant la manifestation contre les méga-vaccines à Sainte-Souline. Et ils ont rapporté la situation sur place, notamment avec le SAMU bloqué par les gendarmes pour récupérer un blessé grave tombé dans le coma. Est-ce que là, il y a de quoi être choqué de cette sortie ?

4:57
Invité

Là, on dépasse une limite, clairement. Quand vous vous attaquez à une association qui s'appelle la Ligue des droits de l'homme et qui existe depuis 160 ans, et que vous vous dites, tiens, je vais aller voir quelles subventions on leur donne et s'il n'y a pas moyen de leur retirer des subventions parce que c'était grosso modo ce qui avait été dit, c'est très grave. Et puis quelle image ça donne de la France ? Je veux dire, à l'étranger, pour les gens, vous avez le ministre de l'Intérieur français qui s'attaque à une association de défense des droits de l'homme. C'est comme ça que les gens le voient.

Dans un moment où tout le monde, le Conseil de l'Europe, mais aussi Amnesty International, alerte Emmanuel Macron sur le maintien de l'ordre en vigueur actuellement. Donc je pense que ça s'ajoute à cette image-là. Et puis Macron qui jouissait en fait au début de son premier quinquennat un peu d'une image d'homme progressiste, ouvert sur le monde, contrairement à Trump et Salvini à l'époque, là on voit la réalité de ce qu'est le macronisme. C'est en fait le passage de réformes douloureuses que les gens ne veulent pas et un maintien de l'ordre, une maintien des populations assez difficile.

Et là, le fait que Darmanin dise en plus je vais aller voir moi quels sont les financements de la Ligue des droits de l'homme, ça montre que là il y a une escalade de plus en plus.

6:02
Présentateur

Justement, en parlant d'escalade, il y a les groupes Renaissance et Horizons Apparentés qui ont annoncé une commission d'enquête sur, je cite, la structuration, le financement, l'organisation des groupuscules, la conduite des manifestations illicites violentes sur les deux semaines à partir du 16 mars. Donc ça vise concrètement le mouvement contre la réforme des retraites. Il y a un extrait éclairant d'Olivier Dussopt, on va regarder. Il y a une extrême droite en France,

6:22
Invité

mais il y a aussi une frais d'ordre. Mais on vous a beaucoup plus, vous et collectivement au gouvernement, entendu taper matin, midi et soir sur Jean-Luc Mélenchon, sur la France insoumise que sur le Rassemblement national. Vous avez choisi votre cible ? Dans la période récente qui a organisé l'obstruction, la France insoumise. Et dans la période récente, c'est eux qui ont tout fait pour délégitimer nos institutions. Et donc c'est un combat que nous menons.

6:40
Présentateur

Et donc j'ai l'impression que ça marche, l'extrême droite récolte les lauriers d'une mobilisation à laquelle elle est complètement assente. Parce que là, Olivier Dussopt vient de le dire.

6:46
Invité

On l'avait déjà dit ici, sur le programme économique, en réalité, la Macronie c'est la droite, et la droite et l'extrême droite sur le programme économique, même s'il y a eu des changements parfois de Marine Le Pen à un moment qui voulait sortir de l'euro, à un moment qui a critiqué l'Italie, mais qui ensuite veut rembourser la tête, et ainsi de suite. On en avait discuté sur un ancien épisode. Sur les programmes économiques, c'est à peu près la même chose. Là, vous regardez en Italie, que fait Mélanie d'extrême droite ? Elle applique un programme vraiment dans les clous de ce que veut la Commission européenne, c'est-à-dire réduction des déficits, etc.

Et puis un programme fort contre l'immigration. Et c'est le projet, grosso modo, de Marine Le Pen, même si après, par stratégie, elle peut changer son programme économique. Donc on dit toujours qu'il n'y a pas de... qu'il y a une grosse différence entre ce qu'est le Rassemblement national et la droite. Moi, je pense qu'il y a une forme de continuité. En tous les cas, sur l'économie, il n'y a pas de grandes différences. Et on voit bien, en fait, là, le jeu du centre. C'est-à-dire que ça les arrange bien de dire que, eux, c'est le rempart contre l'extrême droite.

Et puis ça les arrange bien d'utiliser l'extrême droite quand il faut passer des votes ou quand il faut affaiblir ce qu'ils appellent l'extrême gauche, c'est-à-dire la NUPES et en partie la France insoumise. Parce qu'il y a quand même une obsession contre Mélenchon. Je pense même que pour aller plus loin, le but, en réalité, dans les scénarios plausibles de Macron et même du centre, c'est que Marine Le Pen, elle gagne à la prochaine élection pour que l'opposition, ce soit eux maintenant, l'opposition raisonnée face à l'extrême et qu'ils reprennent le pouvoir en 2032. Il y a trois blocs aujourd'hui. Il y a trois blocs en France.

Il y a le centre, la Macronie, avec la droite et le PS réformiste. Vous avez la gauche, avec Mélenchon en lead, et vous avez l'extrême droite. Si vous tapez sur l'extrême gauche, il reste un duel extrême droite-centre.

8:27
Présentateur

Extrême gauche, en plus, qui n'est pas l'extrême gauche, mais qui adore appeler extrême gauche pour justement la diaboliser et ériger Emmanuel Macron, comme tu viens de le dire, en homme responsable. Sur la réforme des retraites, je l'ai dit, Elisabeth Borne a reçu les syndicats. Ça n'a pas servi à grand-chose, apparemment. Est-ce que c'était une mascarade, un peu, ce rendez-vous ?

8:45
Invité

À partir du moment où, vous savez, le texte est passé en 49-3, elle aurait dû les recevoir avant, quand il demandait d'être reçu, par Macron d'ailleurs, c'était avant le vote. Là, c'est passé en 49-3. Donc, en réalité, Elisabeth Borne n'a plus trop son mot à dire maintenant. En fait, c'est le président qu'il doit trancher. Soit il fait comme Chirac avec le CPE. Il dit, bon, ça a été voté très bien et puis je ne le mets pas en application, parce que parfois, il faut savoir entendre ce qu'on nous dit. C'est ce qu'a fait Chirac pour le CPE, un homme de droite. C'est ce qu'on a fait aussi un peu pour la retraite à points, qui est passée dans le texte, mais qui n'a pas été appliquée.

Macron, il a le pouvoir de dire ça, mais ce n'est pas Borne qui peut dire ça. Donc, Borne, elle est utilisée comme un fusible, là. Elle reçoit les syndicats tout en disant qu'elle ne peut rien faire parce que la loi est passée au 49.3. Les syndicats disent qu'ils sont très furieux, mais c'est à Macron de trancher. Et Macron, pour le moment, il est ailleurs, il est en Chine. Donc, on sent qu'il y a un problème. On sent qu'il y a un vrai problème. Mais là, cette réunion, c'est juste pour faire de l'actu, quoi. Mais ça ne sert absolument à rien, concrètement.

9:40
Présentateur

Et en plus, après la manif, elle appelle à l'apaisement.

9:42
Invité

Tout à fait. Il ne peut faire que ça, de toute façon, maintenant, c'est voir les gens appeler à l'apaisement et trouver une stratégie pour sortir de ce conflit qui est sur les retraites. Alors, la stratégie pour sortir de ce conflit, c'est qu'on va parler de la France insoumise, de Mélenchon. On va essayer de diviser les manifestants. C'est ça, le but aussi, c'est de diviser les manifestants entre les casseurs, les non-casseurs et ainsi de suite pour faire en sorte que le mouvement soit cassé. Parce qu'il y a un mouvement très continu et c'est très rare.

Semaine après semaine, très continu, malgré les grèves, malgré ce que l'on dit sur tous les débordements dans les manifestations depuis une dizaine, quinzaine de jours, les gens restent opposés à cette réforme. Ce qui est quand même une première, me semble-t-il.

10:20
Présentateur

Alors, la prochaine date de mobilisation, c'est mercredi, la veille de la décision du Conseil constitutionnel sur la réforme des retraites. On le sait, il y a quand même des questionnements constitutionnels sur le choix du chemin législatif pour la réforme des retraites. On l'a déjà dit, projet de loi de finances de sécurité sociale rectificative 2023 qui est censé apporter, comme son nom l'indique, une rectification budgétaire qui toucherait l'année 2023. Et sur cette réforme, tout n'est pas vraiment rempli par rapport à ces conditions-là. Le Conseil constitutionnel, du coup, est pas mal attendu au tournant. Toi, comment tu le sens ? Qu'est-ce que tu en attends, forcément ?

10:51
Invité

On voit bien que Macron a utilisé la constitution par opportunisme. C'est-à-dire que, comme tu l'as dit, il a utilisé une loi budgétaire pour faire une réforme, finalement, structurelle. Après, il a fait le 49-3. Donc, il a utilisé vraiment la constitution par opportunisme. Et puis, il a sorti la majorité des gens de ce qu'on appelle le droit à la sécurité juridique. C'est-à-dire que, vous savez, quand la loi Touraine est passée, elle est passée en 2013, 2014, me semble-t-il, en 2014, la mise en application, c'est 6-7 ans après. Parce que vous avez un laps de temps d'adaptation. Là, la mise en application, elle est passée, c'est dans 3 mois, dès septembre.

Donc, le droit à la sécurité juridique, il n'est pas là. On ne peut pas changer les lois comme ça toutes les 5 minutes. Donc, le Conseil constitutionnel peut retoquer. S'il ne retoque pas, je pense qu'il va y avoir une vraie crise de confiance envers les institutions qui existent déjà, qui est là, qui est présente. Il faut l'entendre. Alors, si vous ne croyez plus aux gens que vous mettez au pouvoir, parce qu'il y a beaucoup d'absentions, mais si vous ne croyez plus aux gens que vous mettez au pouvoir, si vous n'avez plus confiance dans les gardes-fous, le Conseil constitutionnel, etc., à la fin, vous n'avez plus de toute confiance.

Donc là, ça va alimenter toutes les théories de copinage qui existent par ailleurs, mais là, qui vont être mises au grand jour. Le quinquennat de Macron, les gens tiennent, je veux dire, dans le sens où les gens tiennent leur fronde contre les réformes. Il y a beaucoup de déplacements qui ont été annulés, il y a beaucoup de députés qui sont sous protection policière. Qu'est-ce que ça va être demain si, en plus, le Conseil constitutionnel valide ça en disant « non, c'est parfait », alors qu'il y a plein de trous dans la raquette et je pense que ça pourrait être retoqué. Je pense qu'il y aurait une vraie crise de confiance et on ne sait pas là où ça nous mène.

12:18
Présentateur

Nouvel épisode dans l'interdiction ou non des jets privés lors de la journée d'initiative parlementaire du groupe écologiste jeudi. La proposition de loi présentée par Julien Bayou qui visait à interdire les vols en jets privés n'a pas pu aller à son terme et le texte avait été l'idée dans tous les cas de son contenu par le vote des bancs de la majorité jusqu'à ceux du Rassemblement national d'un amendement de suppression de l'article 1er qui contenait la disposition phare. Il faut ramener les riches sur terre. Voilà pourquoi cette proposition raconte Julien Bayou.

Les arguments avancés contre l'interdiction étaient l'impact sur l'emploi, les entreprises françaises ou encore le fait que ça représente peu sur le total des émissions carbone. Et si la question allait bien plus loin que ça ? Nous l'avons déjà démontré ici, nous sommes dans un monde et un pays où les pauvres et classes moyennes s'appauvrissent tandis que les infimes très riches s'enrichissent de manière considérable. Qu'un exemple, Bernard Arnault, PDG du groupe LVMH et propriétaire du parisien Les Echos est l'homme le plus riche du monde selon le dernier classement Forbes avec quand même, il faut le dire, un taux d'imposition digne d'un couple sans enfants gagnant 150 000 euros par an.

Le Canard Enchaîné avait en effet dévoilé en février que son taux d'imposition était de moins de 14% sur la totalité de ses revenus de 1,3 milliard d'euros. Sa fortune est aujourd'hui estimée à 211 milliards de dollars. Alors dès qu'on ose parler ou s'attaquer au grand patron et là à leur jet privé, tout de suite la droite libérale et ou néolibérale dont le RN fustige les opposants à coup de vous n'avez pas la réussite, vous n'avez qu'à travailler, ils bossent pour payer des impôts, c'est injuste, ils travaillent dur, c'est eux qui vous offrent votre emploi, c'est eux qui tiennent l'économie et j'en passe. Thomas, pourquoi là ce que je viens de dire, ces arguments c'est n'importe quoi ?

13:49
Invité

En fait, les riches se sont enrichis beaucoup plus rapidement que le reste de la population. Vous savez, à partir du moment où vous avez une économie qui progresse très lentement, qu'une majorité des gens s'enrichissent très lentement et qu'il y en a d'autres qui s'enrichissent plus vite, c'est qu'ils s'enrichissent au dépend des autres. Il n'y a pas à chercher plus loin, c'est exactement ça. Et là, il y a un vrai problème. Il y a un vrai problème parce que l'organisation économique, que ce soit la mondialisation, la logique actionnariale, a fait exploser les revenus des plus riches.

Les capitaines d'industrie, dont fait partie les gens que tu viens de citer, les grands patrons français, qui sont propriétaires souvent de leur entreprise, qui ont beaucoup d'actions dans leur entreprise, avec la logique actionnariale, se sont enrichis massivement. Vous savez, dans les années 70, jusqu'aux années 80, on donnait 35 à 40 % de la part des profits aux actionnaires. Aujourd'hui, c'est 60, parfois c'est 80 % qu'on leur donne. Je veux dire, la différence entre le salaire d'un patron d'un grand groupe et le niveau moyen d'un salarié quelconque, avant c'était 30 et 40 le facteur. Aujourd'hui, c'est 300, 400, 10 fois plus.

Donc les inégalités ont très fortement augmenté au sein également de l'entreprise. Donc la part du gâteau, elle revient plus finalement aux plus riches qu'au reste de la population. Et c'est en ça que ça devient très injuste. Parce que finalement, les populations, la majorité de la population a vu ses revenus moins augmenter, sa pression fiscale toujours aussi forte quand vous avez une petite partie des gens qui ont vu leurs revenus beaucoup plus augmenter avec une pression fiscale moins forte.

15:14
Présentateur

J'ai déjà dit quelques arguments contre cette interdiction tout à l'heure, mais Nicolas Aré, député LR, a osé dit qu'interdire brutalement les jets, ce serait se priver d'un outil de développement économique et de désenclavement pour nos territoires ruraux. Qu'est-ce que symbolise ce vote pour toi ? Ça va un peu plus loin en fait, cette question des jets.

15:31
Invité

C'est ce qui est impressionnant sur la sortie de ce député. c'est qu'en fait, il y a eu beaucoup de petites lignes qui ont fermé, énormément de petites lignes, de petites gares qui ont fermé pour des raisons économiques, ce qui a enclavé très fortement certaines régions françaises, très fortement. Dans l'Union européenne, dans la construction, il fallait la mobilité des capitaux, la mobilité des hommes, on pensait que les hommes allaient bouger dans tous les sens. La mobilité n'est pas aussi forte qu'on le dit.

Et là, vous avez quelqu'un qui vous dit que les jets privés, je veux dire, proposer un jet privé, c'est une fortune d'un milliard à peu près en moyenne quand vous achetez vos jets privés. Les Falcons que l'on vende d'assaut, c'est 17 millions le premier prix. Donc, c'est pas tout le monde... Enfin, on les compte sur les doigts d'une main, de deux mains peut-être, ceux qui ont des jets privés. Donc, c'est pas énormément de monde. Donc, quand vous commencez à dire ça, c'est qu'on voit que cette personne parle à la place du patron.

C'est-à-dire que là, il voit typiquement le grand patron qui prend son jet privé pour aller voir son usine en France parce qu'il y a quelques usines de deux grands groupes en France et il dit bonjour aux salariés et puis il repart avec son jet privé. Donc, quand il pense à ça, en parlant de régions qui allaient être en clavier et que les patrons ne viendraient plus les voir parce qu'ils ne veulent pas prendre le train ou leur voiture, il parle à la place des patrons et pas des Français. Et donc, c'est ça le problème là. C'est qu'on a un député qui sert clairement le grand patronat plutôt que le reste de la population.

Mais ça n'étonne plus personne ça en fait parce que tout le monde maintenant part de ce principe-là que certains sont mis au pouvoir pour servir d'autres. Et après, l'autre question des jets, c'est quoi ? C'est qu'on a demandé aux Français de faire énormément d'efforts. Il y a la sobriété énergétique. On leur a demandé de mettre le chauffage à 19 degrés. On a parlé à un moment de taxer, et c'était le cas avec les taxes carbone, leur déplacement en voiture. Et là, en fait, les 1%, enfin même pas les 0,01% les plus riches, et bien là, rien ne se passe pour eux. Ils ont les moyens de payer des taxes gigantesques si on veut mettre des taxes gigantesques, ce qui ferait une rentrée fiscale.

Pourquoi on n'en met pas des taxes gigantesques sur le déplacement en jet privé ? Ils pourraient les payer puisqu'ils ont plein d'argent. Ça nous ferait les rentrées fiscales. Si on interdit, c'est encore mieux parce que pour le climat, c'est une hérésie. Aujourd'hui, vous pouvez prendre l'avion, il y a des lignes. Les lignes en France, c'est une heure maximum. Vous prenez en première classe, vous avez un siège comme ça. Si vous ne pouvez pas supporter ça, c'est que vous avez fait ces sessions complètement. Donc, on ne peut pas demander à tous les Français de faire des efforts si une petite partie qui est très riche et qui a toutes les capacités de les faire ne veut pas les faire.

Et ces débats, c'est les mêmes que l'on retrouve à l'échelle mondiale entre les pays pauvres et les pays riches. Les pays pauvres disent tout le temps aux pays riches, vous avez tout l'argent pour investir dans les technologies, pour engager la transition énergétique. Vous avez eu tout l'argent pour vous développer, grandir dans des bonnes conditions, etc. Et vous ne voulez pas faire d'efforts. Pourquoi vous nous demandez à nous d'en faire ? Là, on a typiquement le même niveau de conversation. Comment on peut demander à des gens de faire attention quand vous en avez une infime partie très très riche qui a tous les moyens de s'adapter et qui ne veulent pas faire attention ?

18:04
Présentateur

Surtout que c'est les plus riches qui ont les plus grosses empreintes carbone.

18:08
Invité

Oui, il y a des études qui ont été faites par Lucas Chancel et d'autres qui montraient en fait que les 1% de la population étaient responsables, polluaient autant que les 50% les plus pauvres. Voilà, donc ça veut tout dire. 1% pollue autant que les 50% les plus pauvres.

18:22
Présentateur

Est-ce que les Français sont plus déterminés que les autres sur cette question de justice sociale dans le sens où on est souvent targué de se soulever pour pas grand-chose, on fait même limite sourire à l'international de toujours partir en manif sans parler des systématiques références à la révolution française ?

18:37
Invité

Moi, je pense qu'il y a eu cette histoire, la révolution française qui reste dans la tête des gens et puis après, on aime bien dire que les Français n'aiment pas les riches. Souvent, on vous le dit comme ça, les Français n'aiment pas la réussite. C'est ce qu'on aime bien dire pour stopper le débat, pour dire écoutez, les Français n'aiment pas la réussite et puis chez nous, on a un modèle social, on a une dépense publique élevée, donc circuler, il n'y a rien à voir. En réalité, c'est plus compliqué que ça. Effectivement, aux Etats-Unis, les inégalités sont plus fortes que chez nous. Ça, c'est une réalité. Mais chez nous, les inégalités se sont creusées quand même. C'est aussi une réalité.

La question n'est pas qu'il n'y ait plus de riches. La question n'est pas de prendre tout au riche. La question est de faire en sorte que les riches contribuent à la même hauteur que les autres en pourcentage, en pression fiscale à la société et que leur richesse évolue du même niveau, voire moins vite, comme ça a été le cas pendant les Trente Glorieuses, que le reste de la population. Parce qu'un riche qui devient beaucoup plus... qui devient riche, mais beaucoup moins vite, il n'y a pas de problème. Là, vous savez, depuis ces dix dernières années, la fortune des 500 premières familles françaises, elle a été multipliée par 5. Elle est passée de 200 milliards à 1 000 milliards.

Si elle était passée de 200 milliards à 800 milliards, ça aurait changé quoi ? Rien. De 200 milliards à 500 milliards ? Rien du tout. Donc vous voyez, multiplié par 5. Qui en 10 ans a vu sa fortune multipliée par 5 ? Personne. Personne dans la population normale, y compris quelqu'un qui gagne 10 000 euros par mois. Donc là, il y a quand même des questions à se poser. Et puis cette question ne traverse pas que la France. Quand vous regardez, par exemple, le succès du livre de Piketty, un livre sur les inégalités sorti il y a 10 ans, il a eu un succès d'abord aux Etats-Unis avant d'avoir un succès chez nous.

Il est sorti chez nous, il y a eu beaucoup de critiques en disant que c'était un communiste qui écrivait ça, le Capital, marxiste, etc. Il était au numéro 1 des ventes aux Etats-Unis. Voilà, ça veut dire quelque chose. Dans toutes les constitutions du monde, il faut qu'il y a la constitution américaine, française, vous prenez même la chinoise, russe, il y a toujours le mot justice sociale. Donc tous ces pays sont traversés par ces questionnements autant que chez nous. Donc il ne faut pas dire oui, oui, pour couper le débat. La réalité, c'est que tous les pays prennent à cœur cette question-là. Après, est-ce que les politiques suivent ?

Non, mais c'est la question de la justice sociale qui est au cœur de tous les débats.

20:34
Présentateur

Il y a des beaux mouvements internationaux, je pense à nos voisins belges qu'on est allés voir et qui sont venus nous voir à Paris pendant les manifestations et avec qui on a fait des reportages d'ailleurs sur le média.

20:44
Invité

Exactement, qui nous soutiennent et rappelons-le quand même que c'était pareil il y a 10 ans quand il y a eu Occupy Wall Street. C'est eux qui ont théorisé ces manifestants qui ont dit nous sommes les 99%. Les 99 contre les 1%, c'est eux qui ont théorisé ça et donc c'est intéressant. C'est intéressant de voir que la masse sans... En fait, les inégalités, ce n'est pas quelque chose de 40-60. C'est la majorité contre une petite partie qui s'enrichit trop vite.

21:07
Présentateur

Ce programme s'inscrit dans notre grande ambition débarquer à la télé et continuer de tenir notre antenne 24-7 sur YouTube et Dailymotion pour vous proposer une autre hiérarchie et un autre traitement de l'information à partir de cette mars s'est lancé la bataille décisive contre la réforme des retraites. Le Média est là pour vous faire vivre cette lutte de manière quotidienne sur son plateau, sur les piquets de grève en manifestation aux quatre coins de la France. Bref, partout où il y aura des points levés et des slogans scandés. Ils ont des milliards pour le coup, mais nous sommes des millions.

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