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interviewbsmart· 7 juillet 2026 28 min

SMART IMMO - Emission du mardi 7 juillet

Source d'origine 2 locuteurs

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:16
Présentateur

Bonjour, je suis ravie de vous retrouver dans ce nouveau Smartimo. Nous sommes au forum des projets urbains à Lyon, dans le deuxième arrondissement. On va voir comment devenir propriétaire autrement, grâce au BRS, le bail réel solidaire, qui permet de dissocier le bâti du foncier. Ensuite, on parlera régénération urbaine, comment adapter nos villes au climat. On en discutera avec la Fédération des promoteurs immobiliers de la région lyonnaise. On verra que l'adaptation se fait à différents niveaux, au niveau du quartier, au niveau du bâtiment, mais aussi au niveau des logements. Ensuite, on parlera îlot de fraîcheur avec CDC Habitat.

On verra comment CDC Habitat s'est emparé de cette solution pour rendre plus supportable la chaleur en ville. Et enfin, on fera un focus sur le rôle essentiel du commerce dans nos villes, comment le commerce transforme nos territoires. C'est tout de suite dans Smartimo. Dans Smartimo, nous allons parler tout de suite du bail réel solidaire, le BRS, avec Sandrine Hanbanalet, la directrice marketing et offre commerciale pour Lyon Métropole Habitat. Bonjour Sandrine. Bonjour. Avant de rentrer dans le vif du sujet, pourriez-vous nous parler des missions de Lyon Métropole Habitat ? Évidemment, vous faites du logement social, mais pas que, puisque vous proposez aussi de l'accession à la propriété.

1:29
Invité

Totalement. Donc, Lyon Métropole Habitat, c'est le premier office de la métropole de Lyon. 35 000 logements, à peu près 70 000 habitants sur la métropole. On est le premier office, donc, et notre mission, c'est de permettre à chacun d'avoir un logement abordable et de qualité. En plus de tout ça, naturellement, on construit, on rénove, on transforme les quartiers et on accompagne nos clients et les locataires dans le cadre de leur parcours résidentiel, au travers, notamment, l'accession à la propriété, donc, sur tout type d'accession, classique, BRS, location, accession.

En plus de ça, on développe aussi économiquement les quartiers, au travers où on implante des commerçants et des professionnels de santé. Donc, on contribue à une ville inclusive, en somme.

2:22
Présentateur

Alors, justement, on l'a évoqué, le BRS, le bail réel solidaire. Pour ceux qui ne connaissent pas bien ce dispositif, est-ce que vous pouvez nous rappeler comment il fonctionne ? Donc, c'est une dissociation du bâti et du foncier.

2:34
Invité

Oui. Le BRS, c'est un modèle qui s'inspire du modèle anglo-saxon. C'est assez simple. Ça repose sur une idée assez simple, comme vous l'avez dit, justement, c'est séparer le terrain du logement. Concrètement, l'acquéreur achète son appartement ou sa maison, les murs, mais sans le terrain. Et l'avantage de ça, c'est qu'on a un prix qui est plus faible, à peu près 40% en moyenne, en deçà. Et ça permet d'être inférieur au marché et puis, du coup, de favoriser le parcours résidentiel et l'accession à un plus grand nombre, et notamment les classes moyennes.

3:09
Présentateur

Alors, vous intervenez aujourd'hui autour du projet de requalification de Montessuie à Caluire. Sur 93 logements qui restent à livrer, 48 seront proposés en BRS, en bail réel solidaire. C'est une part très importante. Pourquoi avoir donné une place aussi importante, justement, à ce dispositif, dans ce projet, par exemple ?

3:32
Invité

Pour favoriser la mixité des parcours résidentiels, Caluire se situe sur la première couronne de la métropole de Lyon. En termes de pression sur la demande, il y a une attribution sur la métropole pour 11 demandeurs en attente. Et sur Caluire, c'est 1 pour 7. D'accord. Le marché est très élevé, puisqu'on est autour des 6 000 euros. Et grâce au PRS, on est à peu près à 3 200, 3 300 euros. On est à 44% de moins. Donc, quasiment, le prix est quasiment 2 francs inférieurs. Et du coup, le fait de favoriser... Alors, on se rappelle que ce renouvellement de quartier, auparavant, c'était des logements HBM, des habitats bon marché. Là, en fait, ça permet d'assurer une mixité.

Et c'était l'ambition de ce protocole que nous avons signé en 2012.

4:23
Présentateur

Donc là, on parle de la demande. Et concernant l'offre, maintenant, est-ce que... Parce que c'est vrai qu'on en entend de plus en plus parler de ce dispositif. Est-ce qu'il trouve son public ? Est-ce que vous constatez, en tout cas, qu'il y a un public, qu'il y a de la demande en face ?

4:38
Invité

Oui, au travers des campagnes cross-médias et sur des secteurs aussi attractifs, évidemment, il y a un public. On a fait des journées portes ouvertes, dont la dernière s'est tenue le 6 juin dernier. On a reçu pas moins de 300 personnes lors de ces journées. Et les logements ont été vendus intégralement, lors de ces journées. Lors de ces journées ? Intégralement. D'accord. On n'a pas de stock, on a un rythme, on a fait un one-shot, en fait. Donc oui, il y a effectivement une demande avec quelques freins. Quelques freins sur... La foncière solidaire du Grand Lyon a souhaité intégrer le fait que ces logements doivent être la résidence principale.

5:19
Présentateur

Donc la foncière, c'est celle qui possédera le foncier.

5:21
Invité

Tout à fait. Et en contrepartie, l'acquéreur reversera 1,50€ par mois de surface habitable.

5:27
Présentateur

D'accord. Et donc l'acquéreur, je le rappelle, détient le bâti, les murs. Tout à fait.

5:31
Invité

Tout à fait. Et du coup, ce logement doit être la résidence principale.

5:37
Présentateur

D'accord. Donc pas possible de le louer.

5:38
Invité

Non, pas possible de le louer. Pour ceux qui sont en mutation professionnelle, c'est le seul frein.

5:43
Présentateur

Oui, parce que s'ils doivent laisser leur logement, ils seront obligés de revendre du coup les murs. C'est ça ?

5:48
Invité

Oui. Parce qu'en fait, il y a quand même cet attrait sur le prix. Un T3, pour exemple, dans le libre, sur ce micro-marché, c'est 311 000€. En BRS, c'est 200 000€. Ah oui. Donc en mensualité de prêt, avec un apport moyen de 40 000€, c'est 1 000€. Alors que sur du libre, c'est 1 600€. Donc clairement, les capacités d'absorption et le pouvoir d'achat sont favorisées grâce au BRS.

6:12
Présentateur

Est-ce que c'est destiné à des ménages qui n'auraient pas pu être propriétaires autrement ?

6:17
Invité

Ah ben totalement, totalement, totalement. On est sur 70% de nos ménages qui sont plutôt dans la tranche basse des classes moyennes. Donc totalement. Et puis pour rappel, quand même, 87% de la population française est éligible au BRS.

6:31
Présentateur

87%. Les profils, c'est quoi ? C'est des ménages ? C'est quoi ? C'est des jeunes parents ? C'est des actifs ? C'est plutôt...

6:40
Invité

On a 57% des ménages qui sont dans les 57% des ménages avec enfants, dont 20% de foyers monoparentales. Donc ça aussi, on s'en félicite quand même, parce qu'être papa ou maman solo avec un enfant et pouvoir acquérir, clairement, ils n'auraient pas pu le faire dans le marché libre. Bon, après, en fonction de la granulométrie, on a aussi des personnes seules et des couples de fait. Mais ce qui est intéressant de noter aussi, c'est que près d'un tiers étaient locataires dans le parc social. Donc je vous parlais de la pression de la demande. Du coup, ça permet de libérer à deux ans du logement social pour atténuer, autant faire se peut, la pression sociale. Et donc le parcours...

Pour faire tourner, en fait. Voilà, d'intégrer un réel parcours résidentiel.

7:27
Présentateur

Donc un tiers vient du logement social et les deux tiers restants, c'est des locataires du parc privé ?

7:32
Invité

Exactement, globalement, du parc privé, on doit avoir...

7:34
Présentateur

Et là aussi, ça libère, hein ?

7:34
Invité

Ah bah, totalement.

7:35
Présentateur

Parce qu'on voit que le marché locatif est vraiment grippé. Donc c'est vrai que toute solution qui entraîne, qui accompagne à l'accession à la propriété est bonne à prendre.

7:45
Invité

Ouais, d'autant que le saut de charge, la différence entre le loyer qu'il paye actuellement, dans le parc privé ou social moyen, et la future mensualité de prêt est de 175 euros. Donc pour 175 euros avec 40 000 euros d'apport, certes, de plus, je deviens propriétaire de mon logement. Je trouve ça exceptionnel dans une commune comme Lyon. Et de fait, on parlait des ménages, 56% des ménages avec enfants, ça permet quand même de lutter contre la gentrification. Et ça, c'est quand même un phénomène intéressant.

8:15
Présentateur

Une solution très intéressante, le BRS, le bail réel solitaire. Merci beaucoup, Sandrine Mbanalet.

8:20
Invité

À votre service.

8:20
Présentateur

Dans Smartimo, nous allons discuter maintenant de régénération urbaine et de la manière dont la ville peut s'adapter au changement climatique. C'est d'actualité. Avec notre invitée, Bérangère Bouvier, qui porte une double casquette. Présidente de la Fédération des promoteurs immobiliers de la région lyonnaise. Et directrice régionale de Bouygues Immobilier. Bonjour Bérangère. Bonjour. Alors, je l'ai dit, vous avez donc une vision collective de la profession et une expérience très opérationnelle du terrain sur les projets. Lorsqu'on parle de régénération urbaine, déjà, qu'est-ce que ça veut dire ? Qu'est-ce que ça recouvre concrètement ?

Et en quoi c'est devenu un levier essentiel pour adapter justement nos territoires au réchauffement climatique ?

9:06
Invité

Donc, régénérer la ville, c'est lui donner toute sa place dans tous les défis que nous rencontrons. Que ce soit les défis en effet climatiques, mais aussi sociologiques, démographiques. Et donc, notre rôle en tant que maître d'ouvrage, promoteur, c'est vraiment d'anticiper ces évolutions pour que les villes d'aujourd'hui et que nous concevons aujourd'hui puissent embrasser tous ces défis. Et concrètement, on travaille notamment sur la place du bâti, mais aussi comment on régénère les sols sur lesquels vont s'appuyer les projets immobiliers, soit qu'ils existent déjà ou qu'ils soient de la construction neuve. Donc, la régénération, c'est à la fois la place du sol et la place du bâti.

9:53
Présentateur

Alors, on va prendre un exemple pour que ce soit encore plus concret, celui, l'exemple de l'ancienne friche industrielle Nexence dans le 7e arrondissement à Lyon. Donc, vous travaillez, vous intervenez justement à la fois comme aménageur et comme promoteur. On part donc là pour cet exemple d'un site qui est pollué et très largement imperméabilisé avec beaucoup de béton. Comment justement on peut recréer des sols vivants et transformer cette friche justement en véritable îlot de fraîcheur pour tout un quartier en fait ?

10:25
Invité

Donc, en effet, cette friche du PUP Nexence, c'est un projet urbain partenarial à la fois avec la ville de Lyon, la métropole de Lyon et Bouygues Immobilier en tant qu'aménageur et promoteur. Nous avons acquis ce terrain il y a quelques années. Ce terrain, il fait 4,1 hectares, donc c'est vraiment un morceau de ville au pied du métro et au pied de l'école de management de Lyon, donc vraiment dans sa centralité. Et comme vous le disiez, c'était une friche industrielle qui a accueilli des activités industrielles polluantes, l'entreprise des câbles de Lyon, pendant de nombreuses années.

Et donc, ce site, particulièrement ingrat parce qu'une galette complètement imperméabilisée, la première réflexion que nous avons eue sur cette opération, c'est comment on va, avant de parler bâtiment, on va installer les conditions au sol pour que ce projet, en plein cœur de ville, puisse être un vrai îlot de fraîcheur accessible à tous. Et donc, c'est vrai qu'on a eu une demande particulièrement forte des collectivités et notamment la ville de Lyon en disant, mais à cet endroit-là, comment retrouver un parc urbain ?

Donc concrètement, sur ces 4,1 hectares, aujourd'hui, on va avoir plus de 60% des espaces au sol qui vont être des espaces redonnés à toutes et tous pour le quartier, avec 1,4 hectare de parc en pleine terre et des espaces publics de la métropole de Lyon avec des cheminements et des accès. Et finalement, dans ce grand parc, finalement, avec la régénération de sol, donc on a fait de la dépollution, on a vraiment été attentifs à tout ça, on recrée 44% de pleine terre. Donc vous en aviez zéro et après le projet urbain, on aura 44% de pleine terre, vraiment accessible à tous, avec un sol régénéré.

Et ce que je peux dire sur cet îlot, c'est que pendant la phase de travail avec les collectivités, nous avons installé un jardin démonstrateur, vraiment d'à peu près 100 mètres carrés. Nous en avons fait un suivi écologique, météorologique, hygrométrique pendant 3 ans. Et au bout de ces 3 années, on voit que plus d'une cinquantaine d'espèces faunes et flores se sont installées naturellement et spontanément. Donc on voit qu'on a recréé... Donc ça attire en fait des animaux. Voilà, c'est ça, des animaux, plein d'espaces du vivant.

Et donc on se dit que ça, c'est une formidable expérimentation, puisqu'à l'échelle de 100 mètres carrés, si on a constaté ça, à l'échelle de plus d'un hectare, on va vraiment avoir cet espace qui est, au-delà d'être rafraîchi, puisqu'il apporte vraiment de la fraîcheur en ressenti, on va reconstituer un écosystème de biodiversité.

12:57
Présentateur

Alors la régénération urbaine, elle se joue sur différents niveaux. Donc on l'a dit là, au niveau du quartier, au niveau de l'immeuble, au niveau du bâtiment entier, puis au niveau des logements. Comment vous concevez aujourd'hui des logements qui sont réellement adaptés au réchauffement climatique ? Encore une fois, on l'a vu ces derniers temps, sans recourir systématiquement à la climatisation.

13:16
Invité

Donc en effet, on est plutôt favorable à des solutions qui sont des solutions passives, et donc en travaillant très tôt, dès la phase de conception, avec les architectes, avec les urbanistes, avec les bureaux d'études aussi, pour avoir des solutions très pratico-pratiques. Donc ça passe par de l'architecture bioclimatique pour installer le bâtiment avec les bonnes orientations. Et ensuite, concrètement, on va créer des logements qui sont bi-orientés ou traversants, donc pour la ventilation naturelle. On va équiper certains logements de brasseurs d'air pour apporter cette ventilation complémentaire. On travaille sur l'infiltration des eaux à la parcelle.

On travaille sur les brises soleil orientables en fonction des expositions, pour qu'en permanence, dans son bâtiment, dans son logement, on puisse avoir vraiment cette qualité de vie toute saison, tout temps. Et que ce soit aussi l'hiver, parce qu'on parle beaucoup là des bouilloires thermiques, on parle aussi des parsoires thermiques. Donc en fait, ces bâtiments, parce qu'ils sont pensés très tôt, ils prennent en compte des solutions qui permettent de ne pas forcément avoir recours à des solutions de climatisation, par exemple.

14:24
Présentateur

Alors adapter la ville, c'est aussi anticiper l'évolution des bâtiments, l'évolution des modes de vie. Alors vous insistez sur deux notions, la réversibilité des bâtiments et l'évolutivité des bâtiments. C'est deux choses différentes, c'est deux notions différentes. Est-ce que vous pouvez rapidement nous dire quelles sont justement les différences ?

14:42
Invité

Donc quand vous parliez de régénération, on est aussi dans la transformation des usages. On a un certain nombre de bâtiments existants dans la ville qui ont eu un usage industriel ou du bureau et qui ne sont plus forcément adaptés. Donc on regarde systématiquement si ces bâtiments qui existent déjà peuvent être transformés, reconvertis avec un nouvel usage. Ça, c'est le premier exemple. Donc là, on est dans la transformation, la reconversion. Et ensuite, on a l'évolutivité. Ça, c'est pour se dire que les bâtiments en construction neuve aujourd'hui, ils vont permettre peut-être d'accueillir des usages futurs plus tard. Mais surtout déjà, s'adapter aussi à la sociologie, à la démographie.

Donc un exemple très concret, une résidence étudiante aujourd'hui pourrait devenir une résidence de personnes âgées ou du logement familial plus tard, si et seulement si on l'a conçu pour y arriver, c'est-à-dire avoir par exemple des cloisons très... Donc des logements modulables. Exactement, modulables.

15:34
Présentateur

Eh bien, merci beaucoup Bérangère Bouvier. Dans Smartimo, nous allons maintenant nous intéresser à la manière dont un bailleur social peut lutter contre les îlots de chaleur urbain, notamment avec la renaturation de son parc, avec notre invitée Anne Canova, qui est directrice régionale Auvergne-Rhône-Alpes de CDC Habitat. Bonjour Anne. Bonjour. Alors avant de rentrer dans le vif du sujet, pouvez-vous nous présenter CDC Habitat, nous parler de vos missions et puis plus particulièrement des missions de votre direction interrégionale ?

16:07
Invité

Alors nous nous définissons comme un opérateur global de l'habitat d'intérêt public. On est une filiale de la Caisse des dépôts et donc à ce titre, on gère plus de 500 000 logements à l'échelle nationale et sur la région, c'est près de 25 500 logements, 300 collaborateurs sur toute la région, plutôt sur les grandes agglomérations où il y a une forte tension en matière de logement. Notre stratégie, elle repose sur trois piliers. D'abord, la production de logements, puisque notre enjeu, c'est vraiment de produire et de fournir au plus grand nombre un logement abordable. Notre deuxième pilier, c'est évidemment d'avoir une gestion irréprochable, d'avoir la meilleure gestion possible.

C'est la base du métier. Et puis également, le troisième pilier, c'est d'atténuer et de nous adapter au changement climatique.

16:54
Présentateur

Et alors justement, vous venez d'intervenir sur la lutte contre ces îlots de chaleur par la renaturation. Quels sont les principaux enjeux de vos actions de renaturation ? Et quels sont les effets bénéfiques, justement, bénéfiques marquants pour vos clients locataires ?

17:11
Invité

Alors ce qu'on peut dire déjà, c'est que cette idée de renaturation, elle s'inscrit dans une stratégie plus globale d'adaptation au changement climatique. Il faut savoir que sur la région, on a quatre éléments climatiques importants qui s'abattent sur nous et qui seront de plus en plus forts d'ici 2050. C'est effectivement la chaleur, les vagues de chaleur, les vents violents, les inondations et puis le retrait gonflement des argiles. Et donc sur ces quatre volets-là, on essaye d'agir pour faire en sorte que notre patrimoine soit résilient et puisse supporter ce climat de 2050. Donc pour ça, on analyse tout notre patrimoine.

Et d'ici l'année prochaine, on espère avoir analysé 25% de notre parc pour ensuite conduire les bonnes actions qu'on a déjà démarrées pour rendre ce patrimoine résilient. Et donc un des sujets, c'est la lutte contre les îlots de chaleur urbains, contre ces vagues de chaleur, on les connaît en ce moment. Et donc évidemment, c'est important pour finalement rendre notre patrimoine toujours plus attractif puisque d'ici 2050, par exemple dans le centre de Lyon, quelle sera la capacité des ménages à rester en centre-ville à cause de ces vagues de chaleur ? Et nous, notre patrimoine s'y situe et donc il faut qu'il conserve finalement son attractivité.

Et donc un des leviers importants, alors il y en a d'autres, je pourrais parler des brasseurs d'air, je pourrais parler des occultations solaires, de l'isolation thermique, mais l'un des points qui nous semblent importants aujourd'hui sur lequel nous voulions intervenir, c'est le sujet de la renaturation puisque la nature en ville, elle a d'importants bénéfices. D'abord, elle permet d'apporter des îlots de fraîcheur, de rapporter de la biodiversité. La biodiversité a aussi un rôle à jouer en ville. Ça a aussi un rôle sur la santé mentale de nos locataires, ça c'est important.

18:47
Présentateur

Oui, il y a une étude qui est sortie récemment.

18:50
Invité

Effectivement, et l'OMS conseille de vivre à proximité d'espaces verts, donc ça y participe. Et puis évidemment, ça a aussi un impact sur le lien social, c'est très important aussi, nous en tant que bailleurs, créer du lien entre nos locataires.

19:04
Présentateur

Oui, c'est vrai qu'aller se promener dans ces espaces verts, forcément, on peut rencontrer d'autres locataires.

19:09
Invité

Voilà, faire des projets, des fêtes des voisins, etc. Dès lors qu'on a un espace qui y contribue.

19:13
Présentateur

Alors concrètement, on a bien compris ce que ça voulait dire, la renaturation. Comment vous intervenez maintenant sur votre parc immobilier ? Comment ça se passe pour renaturer, justement ?

19:23
Invité

Donc là, on est en train de réaliser un plan stratégique végétal. Il faut savoir que tous les bailleurs, on a des plans stratégiques patrimoine pour savoir où intervenir sur notre patrimoine. Et nous, on est en train de réaliser notre plan stratégique végétal pour finalement croiser les données de îlots de chaleur avec ceux des capacités qu'a notre parc immobilier à être renaturées, justement. Donc on va regarder si on a de la pleine terre, si on a des espaces en bitume qu'on peut décrouter, si on peut replanter. Donc là, on est dans une phase d'analyse. Et puis, on a commencé aussi quelques premières actions.

19:58
Présentateur

J'imagine que après, c'est au cas par cas. Est-ce que vous avez justement un projet assez marquant, assez symbolique, on va dire, à nous présenter ?

20:05
Invité

C'est vrai que notre première action, elle nous plaît beaucoup. C'est en plein centre-ville, Quai-Rambeau, à Lyon 2. Donc on est vraiment dans un immeuble tout fermé avec une cour intérieure qui était entièrement en bitume. Et là, on a mené un projet avec les locataires, avec les collaborateurs et avec une société qui s'appelle Pistil, qui nous a aidés. Et on a donc décrouté ce bitume-là sur certains espaces qui le permettaient pour y faire des massifs de plantes, des arbustes. Alors, on n'est pas dans des grands arbres parce que la profondeur de sol ne nous le permettait pas. Mais on est quand même sur une densité arbustive plutôt sympa.

Et donc, toutes ces actions-là ont été menées avec les locataires. Donc, ce qui a permis aussi entre eux de faire connaissance, de créer du lien. Et donc, on a décrouté, on a planté tous ensemble. Et cette action est assez symbolique puisque justement, elle rejoint vraiment l'ensemble de nos ambitions sur un tout petit site. C'est hyper modeste, mais plutôt sympa.

20:57
Présentateur

Et c'est vrai que le jardinage, planter les plantes, ça crée des liens. Pour terminer, quelles sont les prochaines étapes de votre initiative sur la région Auvergne-Rhône-Alpes ?

21:05
Invité

Eh bien, on va poursuivre la mise en place de notre plan stratégique végétale avec d'ailleurs le soutien de la Banque des Territoires qui nous finance sur ce programme. Et puis, voilà, maintenant, l'idéal, ce serait vraiment que j'aimerais, moi, que chacun de mes collaborateurs prenne en charge un petit projet sur son parc immobilier et lance une initiative qui lui est propre. Il y a plein de choses à inventer, pas toujours très coûteuses, mais toujours très gagnantes, voilà, sur le plan humain. Et voilà, je pense que d'agir ainsi pour la nature en ville, c'est à la fois plein de promesses pour l'avenir et puis aussi se faire du bien.

21:40
Présentateur

Et c'est vrai que chaque petite chose, quand on met tout...

21:42
Invité

Ah, je crois beaucoup aux petites actions, telles le colibri, n'est-ce pas ? On en parle souvent, mais ce n'est pas un 20 mots, oui. Eh bien, merci beaucoup, Anne Canova.

21:54
Présentateur

Dans Smartimo, nous allons nous intéresser maintenant au rôle que peut avoir le commerce dans la transformation des territoires à travers, notamment, un projet à Bron. Et pour en parler, notre invité, c'est François Roux, directeur des opérations, aménagements et promotions chez Noud. Bonjour, François.

22:11
Invité

Bonjour.

22:12
Présentateur

Alors, avant de revenir, justement, sur ce projet à Bron, est-ce que vous pouvez nous présenter, Noud, ces différentes activités et les missions que vous exercez, justement, auprès des territoires ?

22:23
Invité

Eh bien, Noud est une société de services immobiliers à 360, comme on pourrait le dire, avec quelques métiers principaux, qui sont notamment les métiers du property, avec l'asset management, la gestion de site, le syndic. Nous avions une deuxième ligne de métier, qui est le capital market, avec une activité de recherche de financement, de brokerage aussi, et de recherche d'investisseurs. Et puis, nous avons le troisième métier, qui est l'aménagement et la promotion, qui se scinde en deux parties. Une partie patrimoine, c'est-à-dire qu'on va intervenir sur des patrimoines existants, pour des foncières qui vont conserver l'actif.

Et puis, la partie aménagement et promotion, à laquelle j'appartiens, qui est assez classique, et qui s'occupe de réaliser des opérations de promotion.

23:09
Présentateur

Alors, on va parler du projet BioSabron. De quoi s'agit-il concrètement, et quelle ambition est portée, justement, par ce projet ?

23:16
Invité

Alors, Bio, c'est à la fois une longue histoire et une courte histoire, mais l'idée, c'était de remplacer une friche commerciale, à la suite d'un déplacement d'un magasin de bricolage, sur une autre partie de l'agglomération lyonnaise, et d'essayer de profiter de cette opportunité, qui était au départ une mauvaise nouvelle, pour faire un projet vertueux, inscrit dans son temps, avec tout un tas de composantes vertueuses, afin de pouvoir, quelque part, régénérer ce périmètre.

Donc, on a commencé à travailler sur différents sujets, en s'interrogeant sur qui on avait autour de nous, comment on pouvait interagir, puis après, la programmation, la forme urbaine, l'architecture, et puis, évidemment, tout un tas d'éléments liés au développement durable, à la renaturation, dans l'idée de faire quelque chose qui est une première pierre, à une transformation plus vaste.

24:04
Présentateur

Alors, justement, comment on passe concrètement d'un site, on l'a compris, initialement, pensé autour du commerce, à un projet urbain plus mixte, avec des usages différents, avec, par exemple, des logements, avec des bureaux, possiblement. Comment on est capable de répondre, justement, aux attentes des futurs habitants ?

24:21
Invité

Alors, en fait, on a chez nous une espèce de processus qui peut durer quelques mois, qui s'appelle la vision, et qui nous permet de poser un petit peu des hypothèses, et d'avoir un regard dézoomé sur notre environnement, avec qui on peut interagir. Par exemple, sur Porte des Alpes, nous sommes à proximité d'une université, nous sommes également à proximité d'un hôpital, il y a une zone d'activité, donc, on s'interroge sur comment transformer notre site à long terme, en essayant de constituer une pièce d'un puzzle urbain, qui pourrait interagir et renforcer les forces présentes du territoire.

Et puis, après, on décline ces grandes ambitions en petits territoires de projet, qu'on essaye de mener à bien, dans une logique long terme.

25:00
Présentateur

Alors, ce projet, on a bien compris, implique plusieurs parties prenantes. plusieurs acteurs, bien différents les uns des autres. Comment, justement, cette coopération s'organise-t-elle ? J'imagine que ce n'est pas forcément facile. Ça demande peut-être certaines choses, pas de compromis, mais quoi que...

25:19
Invité

Il y a toujours de la compromission, c'est évident. Alors, ce qui se passe, c'est que, tout simplement, on travaille en toute transparence avec, évidemment, la ville, la ville voisine, puisque le site est à cheval sur la ville de Brun et de Saint-Priest, et la métropole.

25:32
Présentateur

Donc, c'est sur deux communes, en fait, ça concerne deux communes.

25:34
Invité

Absolument. Et donc, en fait, on fait des petits groupes de travail, des comités techniques et des comités de pilotage, auxquels les élus viennent assister et puis nous disent, ben voilà, c'est bon, vous pouvez continuer dans cette voie, etc. Donc, c'est un projet qui, finalement, s'est plutôt bien passé. Parce qu'il y a une tendance générale qui percute tout le monde. C'est aujourd'hui le fait qu'on ne peut pas faire comme on faisait avant et qu'il faut absolument introduire dans nos projets, qu'il faut absolument introduire dans nos projets de la mixité, de la renaturation, de la construction vertueuse, etc.

Et dès lors qu'on a amené ce type de projet, alors on a pu véritablement, je dirais, embarquer tout le monde.

26:11
Présentateur

Donc, tout le monde va dans le même sens, en fait. Il n'y a pas de climato-sceptique, il n'y a pas de personnes qui s'opposent, justement, c'est dans le courant de...

26:21
Invité

Non, parce que je crois que tout le monde, aujourd'hui, et ces derniers jours, peut constater que, de toute façon, le réchauffement climatique, c'est une réalité. À partir du moment où vous avez un projet qui est plus vertueux, plus accueillant, il y a des aménités, personne ne peut s'opposer à ça. Quand vous produisez de l'énergie photovoltaïque, personne ne peut s'opposer à ça. Quand vous densifiez, quand vous profitez de l'efficacité foncière au maximum, personne ne peut s'opposer à ça. Et quand vous amenez, en plus, des fonctions qui n'existent pas sur un site, justement, dans l'idée de pouvoir, petit à petit, mixer les usages et les publics, personne ne peut s'opposer à ça.

26:56
Présentateur

Justement, qu'est-ce qu'on peut dire de ce projet BIOS, ce beau projet BIOS, concernant l'attractivité de Brons ? Est-ce que ça va, justement, augmenter, cette attractivité ? Est-ce que ça va là ?

27:08
Invité

Ce serait prétentieux de dire que ce site-là va absolument révolutionner la vie des brondillants et des cembriots.

27:14
Présentateur

Ça peut donner envie.

27:15
Invité

Alors, effectivement, ce qu'il faut voir, c'est que ce projet, en tout cas, on l'espère, c'est une première pierre à une transformation plus vaste. Ce projet, en tant que tel, a même une phase 2 possible, parce qu'on peut densifier, on peut construire dessus. La raison pour laquelle on ne l'a pas fait aujourd'hui, c'est que le PLU ne nous le permet pas. Ce qu'il faut retenir de ce projet, c'est que c'est une nouvelle amorce, une architecture assez disruptive sur deux niveaux, ce qui est rarissime sur un centre commercial de périphérie, et puis des matériaux, des principes vertueux en matière d'aménagement qui doivent préfigurer la suite. Donc, BIOS n'est pas une fin en soi.

BIOS ne va pas changer la vie quotidienne des gens.

27:52
Présentateur

Mais BIOS est réplicable ?

27:53
Invité

Alors, BIOS est non seulement réplicable, mais BIOS est évolutif.

27:56
Présentateur

D'accord.

27:56
Invité

Et donc, dans ce cadre-là, on pense, en tout cas, on espère que ça créera, je dirais, une sorte d'engouement et de curiosité.

28:03
Présentateur

Eh bien, merci beaucoup, François Rau.

28:05
Invité

Merci.

SMART IMMO - Emission du mardi 7 juillet · Pourquijevote