Impôts, nouveau gouvernement... L'interview de Vincent Jeanbrun en intégralité
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BFM TV face à face. Apolline de Malherbe. 8h32 et vous êtes bien sur RMC et BFM TV. Bonjour Vincent Jambrun. Vous êtes député du Val-de-Marne, vous êtes porte-parole du groupe droite républicaine à l'Assemblée nationale. C'est le nouveau nom des anciens LR. Vous êtes d'ailleurs le visage de la droite à l'Assemblée après avoir été le visage de la lutte contre les émeutes en juillet 2023. C'est à ce moment-là d'ailleurs que je vous avais reçu les émeutes qui avaient embrasé la France et en particulier la ville dont vous étiez le maire. La île est rose. Psychodrame, on ne comprend plus rien. Michel Barnier devait voir Gabriel Attal et les macronistes hier. Annulé.
Il devez vous voir, vous, avec les autres de la droite républicaine. Ça aussi, ça a été annulé. Il se passe quoi, Vincent Jambrun ?
Il se passe qu'il y a une discussion entre le Premier ministre chargé de composer un gouvernement et de le proposer au Président de la République et le Président de la République qui a dans notre Constitution la responsabilité de nommer le gouvernement. Donc c'est bien quelque chose qu'il faut faire à deux entre le Premier ministre et le Président de la République. Eh bien oui, la discussion prend du temps. Ce n'est pas une équation facile. Je crois que tout le monde l'avait bien en tête dès la nomination de Michel Barnier. Mais la bonne nouvelle, c'est que les négociations compliquées, c'est son affaire. Il a l'expérience.
On se souvient qu'il a négocié avec Boris Johnson qui n'était pas un tendre pour le Brexit. Donc il faut donner un tout petit peu de temps. Et surtout, moi, je continue à avoir toute confiance en Michel Barnier dans sa capacité à sortir de cette phase compliquée.
Est-ce qu'Emmanuel Macron, c'est Boris Johnson ? C'est-à-dire, est-ce que ça devient aussi compliqué que ça ? Est-ce que c'est l'Élysée qui bloque ?
C'est l'équation qui est compliquée. La situation de notre pays est compliquée. La situation démocratique de notre pays est compliquée. L'Assemblée nationale est divisée en plusieurs blocs. Il faut être capable d'avoir dans le gouvernement qui sera autour de Michel Barnier un équilibre entre les aspirations des différentes forces politiques, mais aussi les aspirations des Français.
Alors attendez, moi, j'ai quand même du mal avec ce mot équilibre. Vous dites tout ce que vous voulez, un gouvernement d'équilibre. Sauf qu'entre-temps, ce qu'on comprend, c'est que les LR qui ont fait 4% aux présidentielles, 7% aux européennes et 6% aux dernières législatives voudraient Matignon, l'intérieur, Bercy. Vous appelez ça un gouvernement d'équilibre ?
L'équilibre, d'abord, c'est la juste proportion de chacun. On permettrait de dire que c'est vrai, ce que vous avez rappelé juste, les scores des LR sont ceux que vous avez cités. Et nous sommes 47 à l'Assemblée nationale. Mais maintenant, la famille politique Les Républicains, c'est la première formation politique au sein du Parlement, si on rajoute nos collègues sénateurs. Et puis, pardon, mais en termes de mairie, en termes de département, en termes de région, on n'est pas une famille qui serait au derrière de la scène. Mais une fois qu'on a dit ça, il y a une cohérence à voir.
Non mais attendez, Matignon, l'intérieur, Bercy, c'est ça visiblement qui bloque. Et c'est ce qu'Emmanuel Macron, pour l'instant, n'accepterait pas.
C'est pour ça que c'était de toute façon une négociation et que le Premier ministre a jugé utile de proposer des personnalités de notre famille politique sur ces postes-là. Maintenant, la discussion se fait. Moi, je pense qu'il faut entendre le message des Français sur la sécurité, sur la justice, sur la protection de nos frontières. Ce sont des thématiques qui sont portées par la droite républicaine depuis longtemps.
On va en parler des thématiques. Mais ce qu'on comprend, c'est qu'à court terme, ce qui bloc, c'est plutôt quand même le casting. Laurent Wauquiez fléché vers Bercy, vers un ministère de l'Économie. Ce serait Bruno Retailleau qui aurait été proposé pour le ministère de l'Intérieur. Il y aurait Annie Gennevard, secrétaire générale du parti à l'Agriculture. Vous, je comprends déjà à ce micro que vous êtes en quelque sorte déjà le porte-parole du gouvernement. Est-ce qu'effectivement, à un moment ou à un autre, chacune de ces personnalités, qui sont des vraies personnalités des LR, doivent prendre des ministères aussi importants ? J'imagine que c'est le souhait de Michel Barnier.
Mais ce que je comprends, c'est que ce n'est pas celui d'Emmanuel Macron.
– Franchement, je pense à ceux qui nous écoutent. Ils se disent « Qu'est-ce qu'on en a à faire de qui, quoi, où, comment ? À un moment donné, sortez-nous un gouvernement et mettez-vous au travail. »
– C'est à peu près ce que je vous dis.
– Pour pouvoir sortir un gouvernement, c'est pour ça que je sais qu'à cette antenne, on parle vrai, mais à un moment donné, pour pouvoir commencer à poser un gouvernement, il faut faire une première liste. Et cette première liste, elle a été présentée au président de la République hier, avant-hier, pardon, et avant-hier midi, avec un certain nombre de noms, ce qui a permis d'avoir une première discussion.
– Vous me confirmez que dedans, il y avait Laurent Wauquiez, Bruno Retailleau, Geneviève ?
– Il y avait heureusement des personnalités de talent et d'expérience de notre famille politique qui pourraient apporter beaucoup. Et effectivement, dans cette toute première liste, il y avait des premières propositions. C'est la base d'une négociation. Ce n'était pas « Voilà, la liste définitive circulait, il n'y a rien à voir ». Il y a cette ambition de négocier. Mais ce n'est pas une question de lâcher, c'est une question de construire intelligemment. Parce qu'encore une fois, les Français nous regardent et je me mets à leur place.
J'étais hier dans une réunion publique dans ma circonscription, on nous disait « Pardon, mais moi je veux savoir comment je remplis mon caddie, comment je remplis mon frigo, comment je paye l'essence pour aller travailler, comment ça se fait que je n'ai pas de professeur devant mes enfants à l'école, etc. » Donc les sujets, ce n'est pas la petite tambouille politique. Donc il faut qu'on en sorte, mais il faut qu'on en sorte intelligemment et durablement. Et c'est tout l'enjeu. Quand on parle d'équilibre, c'est le sujet du durable.
On va revenir ensuite sur la question du budget, sur la question des finances, sur la question des impôts et les lignes rouges que posent les uns ou les autres. Mais à ce stade, Vincent Jean-Brun, ce que vous nous dites ce matin, vous qui êtes en lien avec Laurent Wauquiez, avec Michel Barnier, c'est que ce n'est pas bloqué. Il n'y a pas eu l'idée de Michel Barnier de carrément lâcher l'affaire, de démissionner, de renoncer.
Mais ce serait un drame. Pardon, mais ça veut dire quoi ? Ça veut dire pas de Premier ministre, ça veut dire pas de gouvernement, ça veut dire pas de budget pour la France. Il faut que chacun comprenne ça. C'est la situation, elle est périlleuse si on n'est pas capable de travailler ensemble. Donc évidemment que les gens se parlent. Il y a un rapport de force naturel et logique comme dans toute négociation. Mais l'enjeu est trop grand, donc bien sûr qu'on va s'entendre et qu'on va être capable de travailler dans l'intérêt des Français. Moi, je suis serein parce qu'on n'a pas le choix, déjà. Et deuxièmement, parce que personne ne peut porter une responsabilité...
Et puis parce que vous arrivez quand même un truc démentiel. Pardon, j'imagine qu'on serait... Je suis serein. Vous serez serein, parce qu'effectivement, je rappelais les chiffres, vous vous retrouvez finalement à être au cœur du jeu. Je comprends que vous soyez serein, oui.
Ça, Pauline de Mellerve, ça me rend heureux. Mais ce qui me rend serein, c'est aussi la personnalité de Michel Barnier, qui a le calme des vieilles troupes et qui est capable de mener la négociation au fur et à mesure, en bon montagnard qu'il est, un pied après l'autre. Et je comprends que ce soit frustrant parce que ça fait 13 jours, mais d'un autre côté, on a un enjeu de durabilité. Là, il aurait pu, il y a six jours, nous présenter un gouvernement qui soit fragile dans sa capacité à faire voter des lois à l'Assemblée nationale. C'était dans l'intérêt de personne.
Donc il vaut mieux attendre deux, trois jours de plus, que chacun ait bien compris l'intérêt d'additionner ses forces et de trouver l'équilibre, et on avance.
On est sur des deux, trois jours ? On est sur cette semaine ?
À l'heure où on se parle, plus personne n'est capable de dire ça.
À l'heure où on se parle, plus personne n'est capable de donner de date. Donc Vincent Jambrun, la situation budgétaire du pays que je découvre est très grave. J'ai demandé tous les éléments pour en apprécier l'exacte réalité. Voilà le coup de tonnerre également qu'a prononcé Michel Barnier hier. Est-ce que dire ça, ça veut dire qu'il est en train de nous préparer au fait qu'il va y avoir du sang et des larmes ?
La situation du pays, il a promis de dire la vérité, elle est assez dramatique. Moi je suis tout jeune député, on a eu avec mes collègues une première présentation de l'état des finances du pays, et je dois vous dire que c'est alarmant. Si on gérait nos mairies, et a fortiori, si les gens géraient les entreprises et géraient notre pays, ce serait la faillite assurée. Donc oui c'est dur, oui c'est grave.
Mais ce n'est pas une surprise.
Maintenant, non.
Non mais en vrai je veux dire que ce n'est pas une surprise. C'est d'autant moins une surprise que par exemple le nouveau directeur de cabinet de Michel Barnier, c'est un directeur de cabinet de Bruno Le Maire.
Moi je suis l'actualité comme vous depuis des mois et des années, et je vois bien que c'est grave. François Fillon lui-même disait « je suis à la tête d'un état en faillite ». Mais quand d'un coup vous êtes face aux chiffres et surtout aux courbes, c'est-à-dire aux grandes tendances, c'est là où vous avez à un moment une pression qui se met sur vos épaules en disant « on est vraiment au bord du gouffre ». Parce qu'on voit que quand bien même on prendrait des bonnes décisions à court terme, il va falloir des années pour redresser vraiment durablement le pays, parce que ça fait des années qu'on laisse filer la dette et qu'on ne contrôle plus grand-chose. Le déficit a littéralement explosé.
Ça veut dire que, pour qu'on comprenne bien, derrière le mot « déficit », chaque année la France a des recettes et elle dépense beaucoup, beaucoup, beaucoup plus que ses autres recettes. Et pour combler l'écart, qu'est-ce qu'on fait ? On prend de la dette et on s'endette. La France a le droit de faire, ce n'est pas le cas des collectivités locales par exemple. Moi, dans une mairie, je n'ai pas le droit de prendre la dette pour payer les fonctionnaires ou pour payer les dépenses courantes. On a ce qu'on appelle une règle d'or. À un moment donné, il va falloir que cette règle d'or, on se l'impose à l'échelle du pays et qu'on arrête de payer nos dépenses courantes avec de la dette.
Alors ça, ce sera une fois que l'équilibre sera trouvé. D'ici là, effectivement, si l'objectif est toujours de repasser à moyen terme sous la barre des 3% de déficit, il n'y a pas 36 000 solutions. On peut jouer sur les dépenses et on peut jouer sur les recettes. La question, c'est celle des impôts et c'est aussi ça qui a mis le feu aux poudres. Alors on sent bien qu'il y a aussi un arrière-fond politique puisque celui qui a révélé que Michel Barnier avait l'idée d'augmenter les impôts, c'est Gérald Darmanin. C'est par hasard, j'imagine.
C'est probablement par hasard et ça doit bien aider dans les négociations. Mais vous l'avez très justement dit, quand il y a un problème de déficit, on a deux solutions. Augmenter les recettes ou baisser les dépenses. La famille politique que je représente, mais on l'a fait tous, y compris dans nos mérites, très concrètement. Je veux dire, ce n'est pas juste des mots. Priorité, des priorités, des priorités, c'est baisser nos dépenses. Ce n'est plus possible. On vit depuis trop longtemps au-dessus de nos moyens. C'est fondamental.
Attendez, avant de rentrer dans ces détails-là, et j'avais hier matin à ce même micro le gouverneur de la Banque de France. Je vais vous donner sa recette à lui. Mais vous dites, c'est vrai que ce n'est pas de nature à améliorer les discussions. Gérald de Darmanin, il vous a fait un coup de poignard dans le dos ?
Non, ce n'est pas sujet.
Il sort d'une réunion avec Michel Barnier.
Tout à l'heure, on se disait qu'il fallait atterrir et travailler tout en sorte.
Oui, mais moi, j'aimerais bien comprendre aussi ce que vous allez en faire. Est-ce que Gérald de Darmanin a toujours sa place éventuellement dans un gouvernement Barnier ?
Mais ce n'est pas à moi d'en décider, pardon. Et encore une fois, notre objectif, c'est d'arrêter les bisbilles et de se mettre au boulot. Donc pour ça, il faut qu'on arrête de se lancer des anathèmes les uns aux autres et de se mettre autour de la table et travailler. Donc je préfère qu'on parle justement des solutions qu'on peut proposer aux Français. Baisser les dépenses, c'est obligatoire. On n'a pas le choix.
Moi, j'attends le petit mai.
Moi, j'ai découvert... Non, non, il n'y a pas de mai.
Il n'y a pas de mai. Il n'y a pas de...
Non, on a des solutions plutôt. On a des solutions. Et on a travaillé avec le groupe de la droite républicaine dès mardi dernier sur un certain nombre de propositions. On va continuer à le faire. Et puis quand on aura un gouvernement, j'ai hâte qu'on puisse travailler sur ces propositions.
Alors quelle est la proportion entre les dépenses et les impôts ? Écoutez la recette du gouverneur de la Banque de France. Et vous allez justement pouvoir nous dire, mais peu de gens connaissent aussi bien que lui la situation financière du pays. François Villeroy de Gallo qui ici même disait hier qu'il fallait un effort de 20 milliards d'euros par an, trois quarts pesant sur les dépenses, un quart sur les impôts. Si on doit faire un effort fiscal, je crois qu'il serait très souhaitable de ne pas toucher aux classes moyennes et aux PME. Par contre, il ne faut pas exclure un effort exceptionnel et raisonnable de certaines grandes entreprises ou de certains gros contribuables.
Par exemple, tant qu'on n'est pas revenu sous les 3% de déficit. Ça peut être un effort temporaire. Est-ce que cet effort vous paraît acceptable ?
Non, je le dis vraiment. L'effort, c'est sur la baisse des dépenses. On vit au-dessus de nos moyens depuis trop longtemps. On a, en 2014, on ne dépensait même pas 1 ou 2 millions pour les cabinets de conseil. Aujourd'hui, on a dépassé les 400 millions d'euros pour des cabinets de conseil. Ça a changé quoi la vie des Français ? Donc ça, par exemple, ça fait partie des lignes qu'on peut carrément rayer dans le budget. Absolument. La fraude a explosé dans notre pays, notamment sur les aides sociales. Il faut qu'on s'y attelle et qu'on fasse des réductions. Nous, la droite républicaine, vous venez de se citer le chiffre, 20 milliards. Nous, on veut aller plus loin.
On veut trouver 30 milliards d'économies dans le budget de fonctionnement de l'État. Pour avoir 20 milliards qui viennent...
Vous savez quoi ? Ça veut dire des aides sociales ? Ça veut dire des subventions ?
20 milliards pour réduire le déficit, c'est-à-dire retrouver une forme d'équilibre, que nos recettes et nos dépenses se rapprochent, et 10 milliards qu'on veut rendre aux Français. Aux Français qui travaillent, aux Français qui créent de la richesse, qui créent de la valeur. C'est ça notre objectif aujourd'hui, c'est ce qu'on proposera au Premier ministre, parce qu'à un moment donné, ça suffit. Et tout à l'heure, on a dit, il faut baisser les dépenses d'un côté, augmenter les recettes. Mais pardon, pourquoi ce serait systématiquement augmenter les recettes de l'État par l'impôt ?
On peut aussi, tout simplement, faire en sorte qu'il y ait plus de richesses créées dans notre pays, parce qu'on met plus de gens au travail, que le travail paye mieux, que le travail récompense les Français, qu'ils aient envie de se lancer dans un certain nombre d'initiatives, et à ce moment-là, l'État collectera une part plus importante de recettes, parce que la France sera au travail et sera plus riche.
Donc, ce que vous voulez dire, c'est que le volume des impôts va augmenter, mais dans un deuxième temps, uniquement...
Mais sans qu'on aille faire les poches des Français, parce que c'est plus possible.
Mais même les plus riches, c'est-à-dire que quand on écoute... Vous avez dit tout à l'heure, pardon, quand on écoute François-Mille-Lorel-Galot, il dit les entreprises les plus rentables, les foyers, les plus riches... Qu'est-ce que les plus riches ?
Vous l'avez présenté en disant, c'est lui qui connaît mieux la situation des comptes publics. C'est indéniable. Mais moi, je suis élu local, et je connais bien la situation des citoyens, des Français, qui à un moment donné me disent, moi, je ne mets plus rien dans mon caddie, moi, je n'ai plus rien dans le frigo, moi, je ne sais pas comment je paie ma facture d'électricité. Donc, c'est bien beau de dire, bon, il n'y a qu'à augmenter facilement les impôts, comme ça, on fait des recettes. Ce n'est pas souhaitable pour les Français.
Donc, vous vous dites zéro impôt supplémentaire ?
Moi, je pense que la question fiscale, il faut le rappeler, la France a le record absolu, ce n'est pas possible. Donc, augmenter les impôts, ce n'est pas entendable.
Ni pour les sociétés, ni pour les particuliers.
Si demain, Pauline de Malherme, on fait 30 milliards d'euros d'économie et que la France est dans une situation de crise telle que ça ne suffira pas, peut-être qu'il y en a qui diront, comment on fait autrement ? Mais on commence par 30 milliards d'euros d'économie sur les dépenses. Mais il faut évidemment faire la démonstration aux Français.
C'est une ligne rouge ? Pardon, mais je voudrais quand même comprendre. Oui, c'est une ligne rouge.
Elle a été très clairement inscrite dans notre pacte législatif. Et je pense que d'ailleurs, les interventions des autres formations de cet attelage qu'on va pouvoir faire autour de Michel Barnier, aujourd'hui, on dit la même chose.
Ils disent la même chose, Gabriel Attal.
Hier, Gérard Levin, ils ont plus dit, pas question d'augmenter les impôts. Ce qu'a dit Michel Barnier, et d'ailleurs, lui-même, n'a jamais prononcé le mot « augmenter les impôts ». On est d'accord. Pour l'instant, c'est des propos rapportés. Il ne l'a jamais dit ?
Il ne l'a jamais envisagé ?
Le mot « impôts » n'a pas été prononcé.
Le mot « impôts » n'a pas été prononcé. Donc Gérald Darmanin a menti ?
Je n'étais pas dans leur entretien, ce n'est pas mon sujet. Mais en revanche, il n'a pas prononcé.
Donc vous savez ce qu'il a dit.
Est-ce que vous avez une déclaration officielle du Premier ministre ? Ce n'est pas son mot. Lui, il a parlé de justice fiscale. Ce n'est pas du tout la même chose, justice fiscale. Parce qu'encore une fois, dans ce pays, il y a un sentiment d'injustice parfois. Le fait que ceux qui travaillent payent pour tous les autres. Et ça, c'est un sujet. Ça, c'est un sujet sur lequel il faudra qu'on travaille collectivement pour faire en sorte demain que le travail…
Mais ça, ça veut dire que potentiellement, vous voulez mettre, par exemple, un impôt symbolique pour tous, pour ceux qui ne payent pas l'impôt sur le revenu ? Est-ce que ça veut dire…
D'abord, ne pas faire des annonces qui n'existent pas. On va se mettre au travail. Et on va réfléchir à comment on fait en sorte demain de revaloriser le travail. Qu'est-ce que ça veut dire concrètement ? Ça veut dire qu'aujourd'hui, on veut remonter le salaire net pour se rapprocher du salaire brut. Quand vous avez quelqu'un qui gagne 1 000 euros net, ça coûte plus de 2 000 euros à l'employeur. Il faut qu'on fasse en sorte demain, que sans que ça coûte plus cher à l'entreprise, ça rapporte plus aux salariés. Et ça, ça passe par une réduction des charges. Et probablement, une réflexion sur où est-ce qu'on reporte ça.
La question de ce que certains appellent les super-profits, sans qu'aucun économiste n'ait encore complètement défini le terme, mais des entreprises qui auraient fait des profits exceptionnels, est-ce qu'on peut imaginer que jusqu'à ce que la France repasse sous la barre des 3 %, ils soient mis à contribution ?
Ça non plus ? Le sujet, c'est de faire la démonstration que les responsables publics sont capables d'arrêter de vivre au-dessus de leurs moyens. Donc ça n'est que les dépenses. Dans mon expérience de maire de l'Ailly-Rose, je suis arrivé en 2014 dans une ville qui était sur-endettée et avec, pareil, des déficits importants. On a travaillé avec l'ensemble des élus et des fonctionnaires pour dire quoi ? On va économiser et on va couper dans les dépenses. Et à chaque fois qu'on économisait 3 euros, il y en a un qui allait dans le remboursement de la dette, un qui permettait de réduire le déficit, et l'autre, on le réinvestissait. C'est la même philosophie qui sera la nôtre à l'échelle du pays.
Est-ce que ce que vous évoquiez aussi à l'instant, c'est-à-dire trouver quand même aussi éventuellement à baisser un certain nombre de dépenses de l'État, il y a aussi ce manque à gagner ? Par exemple, les allègements de cotisations pour les entreprises. Est-ce que vous pourriez réduire, est-ce que ça c'est une piste, réduire ces allègements de cotisations ?
Ce sera au gouvernement de vous répondre sur ce qui sera fait concrètement. En revanche, au niveau de la droite républicaine, notre position, c'est trouver des économies durables sur le long terme et ensuite, revaloriser le travail, c'est-à-dire créer plus de richesses pour que l'État retrouve un chemin vertueux.
Mais pourquoi pas ? Cette formule-là, l'idée d'alléger, c'est une information que nos confrères des Echos révèlent ce matin, ça fait partie des pistes du style.
Moi aujourd'hui, je suis devant vous en tant que porte-parole du groupe de la droite républicaine.
Je sens que vous n'avez pas trop envie. Ça vous met mal à l'aise, mais vous ne dites pas non.
Mais je ne veux pas engager la parole de 47 députés qui est aujourd'hui...
Parce que vous n'êtes pas encore le porte-parole du gouvernement.
C'est gentil, mais ce n'est pas le sujet, je crois. En l'occurrence, on travaille sur les économies et on les doit aux Français. On les doit aux Français. Parce qu'il y a une gabegie aujourd'hui. Quand on fait économie, que tout le monde comprenne bien, il ne s'agit pas de faire moins de policiers, moins d'infirmières. Au contraire, on veut plus de moyens pour les services publics de proximité, dans les écoles, pour la sécurité, dans les hôpitaux. En revanche, quand je vois l'inflation du nombre d'agences de l'État, c'est absolument considérable.
C'est là que vous voulez réduire le nombre de lignes dans le budget. Vincent Jambrun, hier au Chenet, en région parisienne, une course-poursuite, un refus d'obtempérer et un policier projeté est grièvement blessé. C'est un énième refus d'obtempérer depuis le début de l'année et depuis ces dernières semaines. Il était déjà connu de la police. Il a fini par être arrêté ensuite dans Paris. Vincent Jambrun, est-ce qu'il faut changer la loi ? Est-ce qu'il faut trouver une autre solution ? Comment est-ce que vous vous régleriez cette question ?
D'abord, je voudrais adresser ma solidarité à la famille du policier municipal et d'ailleurs à toutes les équipes de la ville du Chenet. Ce qui est sûr, c'est que j'étais à votre micro il y a quelques temps, on parlait des émeutes, du drame qui avait touché ma famille. Et je vous avais dit à l'époque, la volonté qui était la mienne, de faire des propositions concrètes pour que les policiers, qu'ils soient nationaux, municipaux, pour que la justice puisse être plus efficace. Le constat, c'est qu'un peu plus d'un an et demi après, absolument rien n'a changé. Donc bien évidemment qu'il faut changer les règles du jeu et qu'il faut qu'on soit beaucoup plus dur avec un certain nombre de criminels.
On a des récidivistes qui récidivent, récidivent, récidivent. On a le sentiment que les arrêter, voire même les condamner, ça ne les empêche plus de récidiver.
Et certaines familles sont même tentées de se faire justice eux-mêmes et sont découragées. On entendait évidemment la colère, par exemple, du père de la jeune fille qui a été tuée dans un rodéo sauvage, qui dit « mais je ne comprends pas qu'il ne soit pas derrière les barreaux parce qu'il est en liberté conditionnelle ». Est-ce que ça, ça vous paraît aussi, dans ces questions de justice ou d'injustice ou de sentiments d'injustice, acceptable ?
C'est absolument insupportable et donc on a une responsabilité là aussi devant les Français de faire en sorte que maintenant on arrête les grands discours, les mots. Parce qu'au niveau discours, ça fait un an et demi qu'on a des discours magnifiques. Maintenant il y a une urgence. Et c'est pour ça qu'il faut vite qu'on ait un gouvernement pour vite se mettre au boulot et que la doctrine pour les policiers soit très très claire et qu'on fasse en sorte de leur donner tous les moyens pour arrêter les criminels et les délinquants et que la justice aussi se remette en question pour redevenir efficace.
Est-ce que ceux qui avaient tenté de mettre le feu à votre maison, dans laquelle se trouvaient votre femme, vos enfants, l'une des nuits des meutes, ont été arrêtés ? Est-ce que votre femme va mieux ?
Alors, personne n'a été arrêté. Et merci de poser la question. Évidemment, on va mieux, heureusement. C'est aussi pour ça que je suis à votre micro, parce que ce qui est arrivé à ma famille, moi je souhaite qu'il ne s'en arrive plus jamais. Et ce sera mon engagement personnel. Et si je peux être utile dans les combats politiques qui sont les miens, ce sera pour faire en sorte que ce qu'on a vécu ne puisse pas arriver à d'autres familles.
Merci Vincent Jambrin d'être venu à mon micro ce matin. Vous étiez donc le maire de la Île-et-Rose. Vous êtes désormais député du Val-de-Marne et porte-parole du groupe de la droite républicaine à l'Assemblée nationale. Merci à vous. Il est 8h52 sur RMC BFM TV.
Vincent Jeanbrun