Nous sommes fermement opposés à cette #RéformeDesRetraites qui est une régression sans précédent.
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
- Bonjour à tous, bonjour Olivier Faure - Bonjour à vous - C'est en effet le jour J à l'Assemblée nationale, on en parlait dans le journal de 7h30 puisque c'est aujourd'hui que vous et vos collègues allez peut-être voter sur le fameux article 7, l'article clé, celui qui fait passer, ferait passer l'âge légal de la retraite de 62 à 64 ans mais je dis peut-être car pour l'instant il y a encore 3 000 amendements qui n'ont pas été retirés, ils sont signés, pour la plupart, par la France insoumise. Qu'attendez-vous ? Qu'ils les retirent ? - Écoutez, il y a, de ce point de vue là, une divergence tactique entre nous, qui n'est pas surmontable mais moi je préférais effectivement que chaque parlementaire soit mis face à sa responsabilité et que, y compris dans la majorité relative, chez les Républicains, chacun s'assume et puisse dire à celles et ceux qui l'ont élus : « oui je suis favorable à l'idée de vous prendre deux années de vie, les meilleures années de votre retraite je vous les prends ». - C'est le fond, sur la forme donc vous demandez à vos collègues proches de Jean-Luc Mélenchon de retirer leurs amendements pour que, je le rappelle, vous puissiez voter aujourd'hui puisque les discussions s'arrêtent ce soir à minuit. - Je souhaite effectivement qu'on passe à l'examen de cet article 7 même si je ne voudrais pas non plus qu'il y ait maintenant un débat sur le débat et que ça vienne finalement donner le sentiment qu'il y aurait des désaccords insurmontables alors même que le vrai sujet c'est de savoir si on est pour ou contre cette réforme et je vois bien qu'il peut y avoir parfois des divergences d'approche, des divergences tactiques entre nous, entre ceux qui souhaitent continuer le débat sur les articles qui précèdent l'article 7 et puis ceux qui disent : on en a déjà assez parlé, on a déjà levé tous les lièvres qu'on avait à lever, sur les 1 200 € où chacun a compris désormais que c'était une fable, où tout le monde a compris que les femmes seraient les principales victimes, on va y revenir, donc très bien. - On voit bien quand même, vous le dites vous-même, deux lignes, est-ce que ça ne donne pas en quelque sorte des arguments à ceux qui vous reprochent d'être alliés de ce parti, la France insoumise, qui vous empêchera peut-être aujourd'hui de voter, ceux-là même qui ont contesté votre victoire à la tête du Parti socialiste.
Je rappelle d'ailleurs qu'hier soir vous avez été conforté à la tête du PS, le Conseil national, vous a donné une majorité, mais il y a encore, y compris chez vous au Parti socialiste deux ligne : faut-il ou non s'allier avec les amis de Jean-Luc Mélenchon ? D'abord, il peut y avoir parfois, comme dans toute famille politique, il y a des divergences qui peuvent exister et, je le répète, elles ne sont pas insurmontables. Le vrai accord que nous avons avec les insoumis, avec les communistes, avec les écologistes, c'est que nous sommes opposés fermement à cette réforme qui est une régression sans précédent par rapport à cette grande conquête du 20e siècle qui est la retraite. - À condition de pouvoir l'exprimer et là vous pourrez peut-être pas l'exprimer. - On l'exprime depuis maintenant 9 ou 10 jours, à travers un vote, ce serait, de mon point de vue, mieux mais je ne veux pas non plus donner le sentiment ce matin qu'il y aurait une divergence fondamentale, nous sommes tous opposés cette réforme des retraites et nous allons l'exprimer de manière tout à fait claire dans les prochaines heures, dans les prochains jours, parce que le débat, il ne s'arrêtera pas à l'Assemblée, il y aura ensuite un débat au Sénat puis ça reviendra à l'Assemblée et puis, il y a le débat que nous avons aussi avec les Françaises et les Français.
Nous avons un grand rendez-vous qui celui du 7 mars, sur lequel on reviendra certainement, qui est celui à partir duquel les syndicats ont appelé à mettre le pays à l'arrêt, ce qui n'est pas rien quand c'est l'ensemble des syndicats qui sont là et qui le disent, y compris les syndicats réformistes, parce qu'il y a aujourd'hui une volonté claire de notre part à tous de faire l'unité et d'avancer contre le gouvernement qui lui a réussi à faire l'unité mais contre lui. - On a compris quand même Olivier Faure que vous souhaitiez, vous, avoir à vous prononcer aujourd'hui sur l'article 7, l'article fondamental de la réforme, si ce vote a finalement lieu, si les insoumis retirent leurs amendements, qu'est-ce qui vous fait penser qu'il pourrait y avoir une majorité ? Les jeux ne sont pas déjà faits ?
Puisqu'on sait qu'une partie de la droite va voter en faveur, devrait voter en faveur de cette disposition. - Effectivement, moi je dis toujours que c'est une réforme qui s'appelle Borne-Ciotti parce que c'est un accord entre la droite et la droite mais ce que je vois aussi c'est qu'il y a de très nombreux gaullistes, de gens qui se réclament de l'héritage du Général de Gaulle, qui se rappellent que les retraites, c'est un moment un peu fondateur pour eux aussi parce que c'était un gouvernement mais c'est un ministre communiste qui avait porté, Ambroise Croizat, la réforme des retraites. C'était un gouvernement d'union nationale au lendemain de la Seconde Guerre mondiale et donc si quelques-uns d'entre eux ont quelques souvenirs de tout cela et qu'ils ont, qu'ils sont fidèles à l'héritage Général de Gaulle et bien la logique voudrait qu'ils ne votent pas cette réforme.
Je pense qu'ils sont un certain nombre à ne pas vouloir le faire. Je vois aussi... - Est-ce que ça fait une majorité ça Olivier Faure ? - Je ne sais pas.
Ce que je vois aussi c'est que dans la majorité... - Vous êtes à l'Assemblée tous les jours donc vous voyez bien. - Oui mais c'est très difficile de comprendre parce que je vois aussi que dans les votes qui sont intervenus... - Il y a un article 2 qui a été rejeté. - L'article 2 a été rejeté.
Je vois aussi qu'il y a une très faible mobilisation de la majorité relative, de Renaissance, d'Horizon, du MoDem qui sont en fait très peu présents. Vous en avez toujours sur chaque vote 40 à 50 qui ne sont pas là et qui votent avec leurs pieds donc je me demande quelle est la réalité de cette majorité. - Cela veut dire quoi ?
Si on vous comprend bien, le gouvernement aurait un intérêt finalement à ce que ce vote n'ait pas lieu parce qu'il pourrait y avoir un accident ? - Je crois que le gouvernement, je crois que le gouvernement fait tout pour freiner les débats et on parle des Insoumis mais moi je vois aussi que en face les députés de Renaissance prennent la parole abusivement, cherchent à faire traîner les débats aussi en faisant porter la responsabilité sur d'autres mais, en réalité, sont pas très pressés de voter. J'ai discuté avec certains d'entre eux. - Donc ça arrangerait le gouvernement qu'il n'y ait pas de vote aujourd'hui ? - Je crois qu'effectivement, ça arrangerait le gouvernement et ça arrangerait aussi beaucoup de députés marcheurs.
Je discute avec certains d'entre eux dans l'hémicycle. Je leur dis mais vous allez vraiment voter cette régression fondamentale ? Ils me disent mais non enfin je dis « comme ça non ?
Vous allez pas la voter », j'étais content. Ils me disent « on n'aura jamais à la voter ». C'est l'espoir de quelques-uns d'entre eux qui se disent finalement je pourrais passer à travers et jamais mon nom ne sera accolé à cette réforme parce que je n'aurais jamais voté.
C'est la raison pour laquelle moi je préférais que chacun soit mis devant sa responsabilité. - Vous parliez d'une fable tout à l'heure concernant le montant des pensions ou plutôt le nombre de personnes qui devraient les toucher ces 1 2000 € promis par Olivier Dussopt pour une grande majorité de futurs retraités. Votre collègue Jérôme Guedj est monté hier au créneau pour démonter les argumentaires, selon lui, du ministre.
Qu'est-ce que vous avez voulu faire finalement ? Vous dites quoi que le gouvernement ment sur cette question ? - Bien sûr, le gouvernement ment depuis le début de ce débat sur cette question de ce minimum contributif, de cette pension minimale.
Il a laissé penser qu'il n'y aurait plus personne en France qui toucherait moins de 1 200 € brut par mois et puis, le diable se cachant toujours dans les détails, en regardant le texte lui-même, en faisant travailler les économistes, qu'avons-nous observé ? C'est que cette absolument une fable ça n'existe pas. - Et Olivier Dussopt vous a répondu que vous-même, il a dit que votre collègue perdait les pédales. - Le ministre a perdu ses nerfs parce que la réalité c'est qu'il a été placé face à ses propres mensonges.
Qu'a découvert Jérôme Guedj hier ? C'est qu'il n'y avait, pour ceux qui partiront à la retraite cette année, il y en avait 13 000 sur 800 000 c'est-à-dire 1,7 %, qui toucheront 100 € de plus par mois, ce qui ne veut même pas dire qu'il toucheront 1 200 € par mois, ça veut dire simplement qu'ils auront le maximum possible de revalorisation. Ce qui est très différent de ce que nous raconte le gouvernement depuis des semaines et des semaines.
Donc il n'y a absolument aucune réalité à cette pension minimale de 1 200 €. Ça aurait pu être le cas, ils auraient pu écrire dans le texte : toutes celles et ceux qui ont une pension inférieure. - C'est une querelle de chiffres. - Ça n'est pas une querelle de chiffres, c'est une querelle sur ce que va être la vie des gens qui vont partir à la retraite.
C'est bien tout le problème c'est qu'on nous oppose des chiffres et moi je voudrais qu'on parle de la vie, qu'on parle de ces gens à qui on va voler deux années de leurs meilleures années de retraite. Ces gens qui parfois ont travaillé dur toute leur vie et qui ont aimé leur travail mais qui ont aussi le droit au repos parce que la vie ce n'est pas seulement le travail. - Vous parliez de chiffres, il y a ceux aussi de la mobilisation dans la rue, ils sont objectivement en baisse.
Est-ce que vous craignez aujourd'hui une résignation de la part d'une grande partie des Français qui considèrent que finalement les jeux sont faits, que la réforme sera actée et qu'il ne vaut plus la peine d'aller manifester ? Est-ce qu'il y aura un rebond le 7 mars ? - Mais regardez les enquêtes d'opinion regardez la persistance de l'opinion sur ces sujets là, 93% des actifs sont opposés à cette réforme c'est du jamais vu ! - Mais il ne descendent plus forcément pour le dire. - Hier, on savait très bien que cette manifestation serait moins importante.
Pourquoi ? Parce que vous avez une partie de la France qui est en vacances et vous avez aussi une préparation d'un autre moment, d'une grande échéance qui est celle du 7 mars. - Avec la France à l'arrêt, vous êtes pour ou vous êtes contre ? - Je suis pour et je suis aussi ce que dit le mouvement syndical qui est celui qui conduit le mouvement social et je crois effectivement que beaucoup de Français se préparent à cette date, à cette échéance qui va venir vite maintenant et donc cette échéance à partir de laquelle il faut mettre le pays à l'arrêt.
Il faut faire comprendre à ce gouvernement qu'il y a aujourd'hui une majorité dans ce pays qui refuse cette réforme. C'est quand même incroyable d'avoir un Président qui n'a pas été élu sur base là, il a été élu parce qu'il faisait face...
J'ai voté pour lui au second tour de l'élection présidentielle non pas par adhésion à son projet mais simplement pour éviter Marine Le Pen. Il le savait lui-même, il avait d'ailleurs dit entre les deux tours qu'il comprenait très bien qu'il ne serait pas élu sur la base de son programme mais simplement sur la base d'un rejet et puis ensuite il a oublié. Mais les Français qui étaient prudents ne lui ont pas donné une majorité absolue à l'Assemblée parce qu'ils savaient aussi que Jupiter peut avoir parfois des désirs qui dépassent ceux des Français et donc nous allons lui rappeler semaine après semaine et le 7 mars j'appelle les Françaises et les Français effectivement à mettre le pays à l'arrêt. - On vous a entendu ce matin.
Merci Olivier Faure, Premier secrétaire du Parti socialiste
Olivier Faure