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interviewPublic Sénat· 26 janvier 2022

Décryptage de l'interview d'Éric Zemmour

Transcription automatique. À recouper avec la source d'origine.

– Et nous allons revenir sur cette interview d'Éric Zemmour. Steve, puisque vous êtes à côté de moi, on va commencer par vous. Bonjour Steve ! – Bonjour. – Merci beaucoup de nous avoir rejoints.

Bonjour Benjamin Morel, merci d'être là comme tous les mercredis. Et Yves Tréa, bonjour. – Merci également d'être avec nous.

D'abord un mot général, puisque vous avez évidemment écouté attentivement cette interview, qu'est-ce que vous en avez pensé Yves ? – Bonne interview, je pense que, si vous voulez, il y a deux choses. La première réflexion que m'inspire cette longue interview, ça a duré une heure quand même, c'est qu'Éric Zemmour va dans le fond des sujets et révèle une certaine forme de pragmatisme à travers ce genre d'interview.

Parce qu'on n'a pas l'habitude de l'entendre sur l'industrie, de l'entendre sur la désertification de la France, de l'entendre sur ces sujets-là. Et je trouve que ses réponses sont pleines de bon sens et qu'il est assez pragmatique. Et je crois que là, il peut rencontrer un public et un électorat nombreux.

Mais, mais, qu'est-ce qui va se passer ? C'est que l'interview qu'il vous a accordé, elle va être complètement, entre guillemets, si je puis me permettre, écrasée par la réflexion qu'il a eue sur la délinquance, en disant que tous les étrangers sont des délinquants. En gros, c'est ce qu'il a dit.

Et évidemment que les médias...

En tout cas, tous les délinquants sont des étrangers. C'est plutôt ça. Exactement.

Et évidemment, les médias vont retenir cette formule. Le problème, c'est qu'on ne peut pas réduire, j'estime qu'on ne peut pas réduire la réflexion et la candidature d'Éric Zemmour à cela. Mais malheureusement, c'est ce qui risque de se produire.

Oui, je suis fondamentalement d'accord en réalité. Là, c'est sans doute une erreur de communication, parce que cette interview, elle montrait malgré tout une capacité de rebondir sur des sujets différents. L'analyse qu'il a fait devant vous, des sujets relatifs à la décentralisation, relatifs à l'industrie, relatifs à l'écologie.

On en pense qu'on en veut d'un point de vue idéologique, du point de vue du positionnement politique. Mais vous avez aujourd'hui une construction sur ces thématiques et on lui a longtemps reproché d'être monothématique. Le problème, c'est que lorsque vous diversifiez vos thématiques, mais que vous lancez une bombe que l'on ne va que retenir en réalité, et bien tout d'un coup, vous redonnez flanc à la critique d'être à la fois extrêmement caricatural et monothématique.

C'est un peu dommage qu'il ait fait ça ce matin pour lui. – Mais il assume, finalement. – Ah oui, il assume.

Il a répété trois fois. – Il n'y a pas de nouveauté, je dirais, puisqu'il l'a dit plusieurs fois. – Sa vérité, c'est la lutte. – Il y a beaucoup d'élus et beaucoup de Français qui gagneraient à aller visiter certaines prisons, comme moi je le fais assez régulièrement dans le cadre de mon métier. et vous allez à Fleury-Méringis, vous allez dans les grands centres pénitentiaires qui sont à la fois des centrales et des maisons d'arrêt, et vous vous apercevez de la population qui est là, aussi bien d'ailleurs dans les départements féminins que masculins.

Les départements féminins, par exemple, sont pleins et remplis de ressortissantes d'Amérique latine qui sont là, prises dans des réseaux de drogue et qui sont condamnés à des peines de prison. Et vous allez dans les départements masculins et là, vous avez une population qui est en grande partie, évidemment, étrangère. – Alors lui, il n'y a pas seulement étrangère, immigré, enfants d'immigrés. – On va le réécouter, comme ça je vous fais réagir. – C'est vrai, enfants d'immigrés, ce qui veut dire qu'ils peuvent être français, mais enfants d'immigrés. – On va l'écouter Éric Zemmour justement et on va réagir sur cet extrait. – Immigration, c'est la mère de toutes les batailles, c'est pour ça que nous avons une délinquance aussi explosive, c'est à cause de l'immigration.

Donc si on arrête l'immigration… – Vous pensez vraiment qu'avec une immigration zéro, il n'y aura plus de délinquance zéro ? – Ah, il n'y aura quasiment plus, oui. À ça, j'en suis sûr.

Deuxièmement, deuxièmement… – C'est-à-dire qu'il n'y a que des immigrés qui sont délinquants dans ce cas ? – Oui, en tout cas des immigrés ou des enfants d'immigrés. – Donc ils sont français. – Alors justement, on va traiter ça, laissez-moi finir.

Deuxième question, deuxième question. Donc je supprime le regroupement familial, le droit d'asile ne sera plus qu'une poignée de gens et pas à 130 000 comme aujourd'hui. Les étudiants, pareil.

Toutes les sources d'immigration, je les tarie. D'accord ? Je supprime l'AME, je supprime les prestations sociales non contributives aux étrangers, je supprime le droit du sol, c'est-à-dire qu'on ne sera plus français parce qu'on est né en France. – Est-ce que ça veut dire, Yves, qu'il a du mal quand même à sortir de ces thématiques ? – Mais non, il n'a pas de mal.

Il a fait une heure d'interview chez vous, il a parlé d'immigration pendant dix minutes et effectivement, vous voyez ce que je vous ai dit tout à l'heure ? – On l'éclat fait ça. – On l'illustre par notre propre comportement.

Donc il a parlé de la désindustrialisation de la France, du problème justement d'épouser une espèce d'écologie que la bien-pensance de l'époque nous impose, alors qu'on peut peut-être concilier cela avec une réindustrialisation et de comprendre que la France est un pollueur mineur par rapport à la Chine et aux États-Unis. – Et il fait le lien entre la politique écologique qui aurait affaibli la France. – À la désertification des territoires, enfin des provinces parce que les territoires, je déteste ce mot. – Enfin vous voyez, il y a beaucoup de choses à dire et il parle pendant dix minutes, ça fait choc, ça fait… Mais en gros d'ailleurs, ce qui est assez intéressant, c'est que ce qu'il dit sur la délinquance et ses rapports avec l'immigration ou avec les enfants de l'immigration, parce que ça c'est une réalité aussi, eh bien ça domine tout, voilà, c'est exactement ce que c'est. – On va venir sur la question de l'écologie, un dernier mot là-dessus Benjamin. – Oui, on est fondamentalement d'accord.

Il y a deux biais, si vous voulez, dans cette phrase. La première, c'est qu'en effet, elle éclipse tout. Et donc à partir de là, vous avez des propositions qui sont originales, qui montrent justement cette diversification.

Et derrière cette diversification, tout un travail de crédibilisation de la candidature qui du coup ne sera probablement pas reprise. Et ensuite, ça renvoie à d'autres propos, tous les trafiquants sont noirs et arabes, etc. Ces propos qui ont pu faire polémique à l'époque, qui ont fait que, eh bien, vous avez une candidature qui aujourd'hui, pour beaucoup de Français, y compris de droite, sans le souffre.

Et ça, Éric Zemmour, pour le coup, eh bien, le reconfirme et risque de tourner le doigt à un électorat plus modéré que pourtant il vise. Sa stratégie d'union des droites implique certes d'aller marcher sur les plates-bandes du Rassemblement national, mais aussi des Républicains. Si vous prenez le dernier Ipsos pour le monde, voyez que la grande porosité aujourd'hui du vote Pécresse, elle n'est pas vers Éric Zemmour, elle est justement vers Emmanuel Macron, parce que cette candidature-là apparaît aujourd'hui trop radicale pour une partie de cet électorat.

Avec de telles phrases, vous ne faites que confirmer son intuition. – Oui, parce que ce qui est important, c'est le message de la fin aussi, c'est l'union des droites, et il a raison, de ce point de vue. Depuis Jacques Chirac, il n'y en a pas beaucoup.

Peut-être un petit peu Nicolas Sarkozy, qui a réussi à la faire, mais c'est tout problème… – C'est tout problème aujourd'hui de la Pécresse, et on le voit, c'est d'ailleurs sa conclusion, dire qu'elle est tiraillée finalement, parce qu'elle n'arrive pas à remplir ce pari-là, qui exige un langage qui est un langage à la fois de fermeté, et un langage de pragmatisme. Et il essaye de tenir ça. – On va parler effectivement de l'écologie, puisqu'effectivement il a beaucoup parlé, il a beaucoup critiqué en tout cas la politique des écologistes, et la politique écolo prise par Emmanuel Macron pour faire plaisir à Nicolas Hulot, c'est ce qu'il a dit.

Il en a parlé quand on l'interrogeait sur le pouvoir d'achat, quand on l'interrogeait sur le nucléaire, quand on l'interrogeait sur l'avenir de l'industrie automobile, et lui il fait un lien entre le déclin de ces industries et la politique écologique. – Oui, il fait un lien, et c'est un lien… Alors, il ne faut pas tout mélanger non plus, c'est-à-dire que, évidemment, ce lien est pratique, il est commode, parce qu'il permet d'expliquer beaucoup de choses. Il ne faut pas non plus négliger le fait qu'il faille être en faveur de la préservation de l'environnement, enfin c'est notre avenir qui est en jeu aussi.

Donc il faut essayer de concilier les deux. Force est de constater que cette conciliation, personne n'a réussi à la faire, surtout pas les écologistes d'ailleurs, qui sont des pisse-frois et qui… Ah oui, je suis désolé, mais qui nous renvoient à un âge de pierre que personne n'a envie de vivre. – Autant des amiches, c'est ça que vous nous dites. – Et oui, et donc, et qui en plus détruisent, d'une certaine façon, une partie de la croissance qui est nécessaire à la prospérité du pays.

Donc ce pari de conciliation n'a été réussi par personne, y compris par le président et la majorité sortante aujourd'hui. Si vous voulez, tout le monde cherche le mantra actuellement. – Benjamin, est-ce que vous êtes un peu moins dur avec les écologistes qui se font ? – Oui, je ne dirais pas que ce sont des pisse-frois, mais malgré tout, si vous voulez, il faut reconnaître à Éric Zemmour tout ce sujet-là. – C'est le oui-même, Benjamin Moules. – Mais ça, ça peut marquer l'opinion.

C'est-à-dire que quand il dit 1% des émissions de CO2, etc., c'est pour le coup une défense relativement intelligente qui lui permet justement de ménager une position qui n'est pas anti-écologique, qui n'est pas opposée à l'existence du réchauffement climatique, mais qui en même temps peut être pragmatique. Après, ce qu'on peut sans doute lui reprocher, c'est un manque de vision.

Par exemple, sur la voiture, aujourd'hui, on sait qu'on va vers une voiture qui probablement va être toute électrique d'ici quelques années. La question, c'est comment est-ce qu'on augmente l'électricité, le stock d'électricité ? C'est un vrai problème aujourd'hui. – Sans polluer. – Sans polluer.

Donc là, pour le coup, il faut un discours peut-être sur le nucléaire. Vous pouvez avoir sur ces sujets-là une écologie qui est une écologie, je dirais, de conquête en termes de technologie, en termes de production d'énergie. On a des avantages comparatifs qui peuvent être énormes.

Donc plutôt que de dire de manière très conservatrice « Restons à ce qui est aujourd'hui et faisons la promotion du moteur diesel », je crois qu'il y avait justement une possibilité de marier réindustrialisation d'un côté, politique écologique de l'autre, ce qui permet de doper les ventes, ce qui permet de doper l'économie et ce qui permet accessoirement, si on en juge que ce n'est pas une priorité, pour moi, c'en est plutôt une, mais de faire baisser les émissions de CO2. – Il a eu un discours quand même sur le nucléaire, il a fait une proposition, il a rappelé que lui souhaitait construire 14 réacteurs nucléaires. Emmanuel Macron, on s'en souvient, en novembre, avait dit « On y va, on va relancer le nucléaire en France. » On attend toujours le chiffre précis d'Emmanuel Macron sur la construction. – Des petites centrales. – Des petites centrales et aussi de réactiver cette industrie nucléaire, on attend les chiffres précis, mais je ne suis pas certain qu'en allant sur ce terrain du nucléaire, ça suffise à cliver par rapport à Emmanuel Macron.

On voit bien qu'il y a un consensus presque aujourd'hui sur le nucléaire, en tout cas du centre jusqu'à la droite et l'extrême droite. – Et par rapport à la droite également, c'est-à-dire que quand vous prenez le scénario RTE, le problème, ce n'est pas qu'on ne veuille pas faire de nucléaire, c'est qu'au stade où on en est, si jamais on choisit le scénario maximum de RTE, on ne peut pas en faire plus en réalité. Tout bêtement parce que les acteurs de la construction, EDF, etc., ne peuvent pas suivre le rythme.

Donc on a un plafond nucléaire, ce qui implique en réalité de développer certaines énergies renouvelables. Pas parce qu'on a envie de faire de l'éolien ou parce qu'on a envie de faire du solaire, mais parce qu'en réalité, au regard du mix climatique, à ce stade-là, pour des raisons très pragmatiques, on n'a pas le choix. – Vous avez dit aussi un truc intéressant.

Alors effectivement, c'est un peu noyé dans ce qu'on disait tout à l'heure. quand il dit qu'il veut rééquilibrer un peu le rapport entre les villes et les campagnes. Il a fait une proposition assez forte. – L'inverser même. – Oui, voilà, renverser carrément la vapeur.

C'est la vapeur de l'histoire, parce qu'effectivement, il rappelle que cet équilibre entre les villes et les campagnes, c'est un peu inversé dans les années 30. Il propose de transférer les fonds de la politique de la ville, c'est environ 500 millions d'euros, 500 millions d'euros de la politique de la ville vers les campagnes. – Il y a une explication à ça. – Expliquez-moi. – Qui n'a pas été dite. – Non, mais parce qu'Éric Zébourg, si vous reprenez sa vision des choses depuis quasiment toujours, c'est qu'il estime justement que l'argent qui a été investi dans la rénovation, notamment de ces grandes cités urbaines et tout ça, a souvent été de l'argent jeté par les fenêtres, parce que les résultats n'ont pas été au rendez-vous, si vous voulez, de ces investissements qui ont été faits.

C'est un discours de droite assez classique d'ailleurs, ça, de dire que cet argent, j'allais dire cet argent rocard, vous savez, c'est rocard qui voulait repeindre les cages d'escalier. Bon, ok, mais ça n'a pas eu d'effet sur la délinquance, sur la réduction de la délinquance, sur l'éducation des jeunes, sur l'autorité, sur tout ça. Et donc cet argent, il faut savoir le réorienter.

Et c'est vrai qu'aujourd'hui, vous avez les provinces et les zones rurales qui sont touchées par la désertification des services publics et tout ça, mais qui sont aussi touchées par une certaine forme de délinquance maintenant, parce que cette délinquance a gagné tous les espaces français, et donc il veut rééquilibrer ces investissements qui sont faits. Ça, ça mérite d'être considéré justement. Non, je crois que l'idée, alors les propositions, on peut les discuter, mais l'idée en effet est bonne.

C'est-à-dire qu'aujourd'hui, on a un problème de surmétropolisation, ce qui pose tout un tas de soucis en réalité. Soucis d'équilibre économique, soucis écologiques également. C'est-à-dire que si jamais on veut demain penser à nouveau l'aménagement du territoire, il faut accepter qu'une partie de la population se déplace vers des zones aujourd'hui considérées comme étant rurales.

Le problème, c'est que ce n'est pas qu'un problème de politique de la ville. C'est un problème de tissu économique. Comment est-ce qu'on crée de l'emploi sur ces territoires ?

Donc c'est un problème beaucoup plus large en réalité. Ensuite, déplacer les fonds de la politique de la ville vers les zones rurales, je dirais que c'est un peu un slogan, parce que dans la politique de la ville, vous avez certes le renouvement urbain, et on sait qu'il a échoué, mais vous avez également le développement de services publics. Or, le service public par habitant est plus faible dans ces zones qu'il n'existe en zone rurale en réalité, où le gros problème n'est pas le nombre d'habitants, mais l'espace.

Dans la politique de la ville, vous avez également la politique éducative. Dans la politique de la ville, vous avez la politique économique, pour donner justement du tissu économique à ces territoires, pour que les gens n'aient pas à bouger vers les centres-villes, et pour arriver justement à faire qu'il puisse y avoir une intégration sur ces territoires-là. Donc en soi, la politique de la ville en transférer les fonds, c'est un faux problème, c'est un peu un slogan, même si l'idée originale est plutôt bonne. – Un dernier mot sur un sujet dont on parle beaucoup ici, sur lequel entendez-moi Éric Zemmour, c'est les maires.

Lui, il veut donner plus de compétences aux maires. Il dit que les maires n'ont pas assez de compétences et qu'il faut donner plus de compétences aux maires. – Alors ça, c'est un vieux sujet, c'est l'histoire de la compétence générale des maires, notamment, et puis sur les pouvoirs de police des maires aussi.

Bon, les maires ont des pouvoirs de police, sauf le maire de Paris, qui a moins de pouvoirs que les autres. – Oui, on peut revoir effectivement le périmètre, mais si vous voulez, si vous revoyez le périmètre de compétence des élus, il faut revoir le périmètre de compétence de tous les élus. Parce que ça fait partie aussi de cette politique qui consiste, et bien justement, à le millefeuille qui est mille fois dénoncé dans notre pays, le millefeuille territorial, et bien il concerne principalement aussi les compétences des uns et des autres. – Oui, et d'ailleurs, quand on lui pose la question sur ce millefeuille territorial, il dit pas de Big Bang, les élus veulent pas de Big Bang, et il nous dit pas clairement s'il veut supprimer des strates, pas en supprimer. – Oui, mais c'est un peu le problème, si vous voulez, parce que son analyse à l'origine est bonne.

C'est-à-dire que le diagnostic qui est fait de la décentralisation m'apparaît très juste. On a dit la décentralisation est un moyen de démocratiser l'action publique, mais on a vidé l'échelon principal auquel s'identifient les Français, c'est-à-dire la Commune. On a multiplié les échelons de plus en plus larges, de plus en plus grands.

Est-ce qu'il est vraiment pertinent d'administrer le Cantal depuis Lyon ? Est-ce que c'est vraiment plus proche que Paris ? Il n'est pas tout à fait évident qu'aujourd'hui, la région, par exemple, soit un échelon de proximité.

Et de l'autre côté, en vidant l'échelon de base, l'échelon communal de ses compétences, de ses capacités d'agir, on a tué la démocratie locale. Et ensuite, on s'étonne qu'il y ait de l'abstention. Mais non, en réalité, c'est-à-dire qu'aujourd'hui, les Français ne comprennent plus cette structure et ne s'y reconnaissent plus non plus.

Donc, il faut arriver justement à repenser une refonte, à redonner du pouvoir au niveau ultra-local, c'est-à-dire au niveau communal et peut-être au niveau départemental, et simplifier le millefeuille pour arriver justement à créer un sentiment d'identification. Ça, si vous êtes dans une position conservatrice, comme l'est Emmanuel Macron, comme l'est aujourd'hui Éric Zemmour, en disant « c'est trop complexe, on n'y touche pas », évidemment, vous empêchez en réalité la réforme qui serait nécessaire.