Christophe Bouillon, député socialiste de la Seine-Maritime | CIRCO
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 10 %Défensif 90 %
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 2:00Christophe BouillonFait
« Ma mère m'avait dit "La politique, ce n'est pas pour nous." »
- 2:30Christophe BouillonFait
« On décide pas tout seul et on le sait, c'est plutôt l'exécutif qui décide à souvent. »
- 3:30Christophe BouillonFait
« Nous sommes encore trop tendres avec ceux qui détruisent en conscience par app du gain et par calcul notre environnement. »
- 4:00Christophe BouillonFait
« Proposition retoquée comme la plupart des textes de l'opposition. »
Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Qui est pour ? Qui est contre ? La séance est levée.
La séance est levée. La séance est levée. La séance est levés.
Christophe Bouillon, député de la 5e circonscription de scène maritime jusqu'au 17 juin 2020 et aujourd'hui maire de Barentin dans ma circonscription. C'est le choix de la proximité, c'est le choix de l'action, c'est le choix aussi de revenir à un mandat que j'ai connu et qui m'a beaucoup plu et qui m'a passionné. Maire plutôt que député, le nom cumul exige des choix.
Christophe Bouillon a fait le sien. Il tourne le dos à 13 ans de vie parlementaire dans cette circonscription de scène maritime. Il doit maintenant fermer sa permanence sans regret mais avec une pointe tout de même.
Voilà, c'était mon bureau, je l'ai vidé la plaque qui était sur le mur que j'ai décroché. Ça fait drôle de décrocher la plaque quand même. Ça c'est la dernière affiche.
Voilà, donc faut que je fasse le le tri de tout cela. On échappé à la poubelle quelques badges, des livres et plus étonnants, des dossards de course. Je cours en fait et donc je faisais les 10 k beaucoup de 10 km dans le coin de tous les 10 km qu'il y avait souvent.
Et donc à chaque fois je je revenais avec le maillot souvenir euh alors ça c'était pour le Téléton euh voilà avec mon avec mon participant. Donc je vraiment j'en ai fait beaucoup. C'est des bons souvenirs tout ça ?
Ça c'est enfin ouais, c'est des bons souvenirs parce que pour ça que je les garde d'ailleurs parce que parce que voilà, ça rappelle des moments que j'ai passé et puis et puis c'est vrai que ça surprenait pour un député de de pas simplement être à la remise des prix mais aussi de courir. C'était plutôt plutôt sympa. Et dans un coin, une collection que seul peut avoir un élu de terrain.
Il y a une chose qui est formidable, c'est les inaugurations, c'est égal à une truelle. Souvent quand vous allez procéder à une première pierre euh et bien vous faites un exercice très commun. Donc là, c'est une formidable [musique] collection de truelles en tout genre.
Alors parfois vous avez des indications pour dire ce que c'est. Voilà. Donc ça voyez, il y en a il y en a à l'appel des truelles.
Le reste des affaires a fini dans ses sacs poubell. Adieu la circo. Adieu l'hémicycle.
Christophe Bouillon trace désormais sa route vers la mairie. Le choix n'a rien d'un coup de tête. Depuis 3 ans, il s'est senti gagné par un étrange syndrome, le blues du député.
Quand on est à l'assemblée, on décide pas tout seul et on le sait, c'est plutôt l'exécutif qui décide à souvent. C'est lui qui donne le là, c'est lui qui décide l'ordre du jour. C'est parfois un peu frustrant.
Quand vous êtes maire, vous assumez pleinement vos décisions parce que vous en êtes la source. Le blues des députés, c'est vrai que moi je le ressens et il est lié à ça. Il est lié à cette cette impuissance, cette incapacité parfois à vouloir aller plus loin.
Y aurait-il une crise existentielle chez les députés ? Ils sont vint à déserter ainsi le palais bourbon pour les hôtels de ville. Heureusement, le code électoral a pensé à tout.
Ces députés seront remplacés par leurs suppléants a priori de simples formalités. Le remplaçant de Christophe Bouillon. Le voici.
Seul maire, ça va ? Bastien Coriton, il est maire de la commune de Rivensine, 4300 habitants. Je te remercie.
Passé de maire d'une petite commune à députés de la nation, voilà une occasion qui a 38 ans ne se refuse pas. Et pourtant, bon et toi, il n'ira pas. J'ai j'ai reçu hier le mail de confirmation de l'Assemblée nationale me disant que ma démission était bien enregistrée et sa décision est sans appel.
De toute façon, j'étais face à un choix et le choix, il a été de se dire bah où je me sens le plus utile, où est-ce que je pense que mes leviers sont les plus importants pour changer la vie, pour changer les choses dans ce choixlà et ben à un moment le prisme c'est décalé sur la la commune quoi. Une décision presque inimaginable il y a quelques années. Décidément le mandat de députés n'est plus le gral en politique.
Dans votre génération, à son âge, vous y seriez allé. Bah, il se trouve qu'on a quand je suis devenu député, j'ai l'âge qu'abastien aujourd'hui. C'està-dire donc à son âge, je vous réponds "Oui, je suis devenu député parce que c'était une belle chance.
En plus, on est tous les deux de milieu de milieu simple, populaire dans des familles du coin. Donc être député, c'est aussi une forme de reconnaissance, une forme de de d'élévation hein aussi dans notre parcours. Donc franch franchement à 18 à 38 ans quand je suis devenu député, c'était c'était un grand moment pour moi.
Un député et son suppléant qui font faubon en même temps. Le cas présente dans six circonscriptions. Une situation inédite qui va entraîner autant de législatifs partiel à la rentrée.
Dans l'hémicycle, c'est l'heure des adieux. La parole est à monsieur Christophe Bouillon. Merci monsieur le président.
Comme le dirait Eddie Mitchell, c'est ma dernière séance, c'est-à-dire ma dernière question. Et pour cette dernière intervention, Christophe Bouillon a choisi de parler de cette famille modeste dont il est issu. Ma mère m'avait dit "La politique, ce n'est pas pour nous." Et depuis ces longues années, j'ai tout fait pour ne pas lui donner raison et pour faire en sorte que le fils de marin et de femme de ménage que je suis et sa place ici.
Et si j'ai beaucoup donné parfois au détriment de mes enfants Oscar et et Roman, c'est pour faire en sorte que eux ou ceux de leur génération ne se disent jamais que la politique ce n'est pas pour eux. Je suis de ceux qui pensent que notre assemblée est capable de nous élever. Elle l'a fait [applaudissements] lorsque nous avons tous ensemble Antoné la marseillaise au moment des attentats et pour certains d'entre nous.
Elle l'a fait aussi lorsqu'elle a voté le mariage pour tous ou la PMA pour tous. Je suis persuadé qu'elle le fera encore. Vive la République !
Merci [applaudissements] monsieur le président, [applaudissements] mesdames et messieurs les députés, monsieur le député Bouillon, je ne diraiis pas ça en temps normal, mais non de Non, vous avez bien fait de ne pas écouter votre mère. [applaudissements] Et permettez-moi de penser que même si vous lui avez désobéi, elle doit être sacrément fière de vous. Les départs comme celui de Christophe Bouillon touchent presque tous les groupes politiques.
Chez les Républicains, pas moins de 10 députés ont ainsi quitté le navire. Je trouve que le parlement va s'appauvrir. C'est vraiment dommage parce que en fait on perd des gens qui sont actifs, travailleur qui était sur des problématiques et on gagne aussi des gens qui ne souhaitaient pas venir.
Moi je vois arriver des suppléants qui disent "Mais moi, je voulais pas devenir député, j'étais très content d'être m. Merci. Au revoir camarade.
À bientôt. Ciao ! Et les camarades, justement les députés socialistes, comment prennent-ils ce départ ?
Salut. On est censé Voilà. Bon, ça va, c'est terrible.
Ça va. Et toi ? Bah écoute, nouvelle vie.
Nouvelle vie. Ouais. En tout cas, voilà.
Moi j'ai et regret déjà de ne plus nous voir plus nous voir. Oui, ça oui. Franchement, franchement ça veut voilà ça parce que je trouve qu'on c'est un bon petit groupe et voilà moi j'ai franchement tu'en veux un peu à ce point là.
Une sorte d'abandon. un foyer. C'est un dilemme qu'il a dû trancher.
Le choix doit pas être facile. Voilà, on nous avait fait la promesse qu'à partir du moment où il y avait le long cumul, on aurait plus de pouvoir, plus de lovis d'aption, d'initiative et surtout des moyens de contrôle. La vérité c'est que tout ça n'est pas au rendez-vous encore moins là aujourd'hui.
Un sentiment d'impuissance considérable. C'est presque la question que je voulais te poser. Est-ce que la dégradation parce que moi je considère qu'il y a une dégradation vitesse grand V des de nos marges de manœuvre et de nos moyens d'agir.
Est-ce que cette dégradation des conditions d'exercice du mandat de députés a compté dans tas de décision ? Oui, ça a pesé. Oui, certainement parce que un moment ou un autre, c'est épanouissant de faire ce qu'on fait mais à condition qu'un moment ou un autre, on fasse un peu bouger les lignes quand c'est possible.
Un sentiment d'inutilité largement partagé. Pour Christophe Bouillon, un épisode a sans doute pesé. En décembre dernier, le député spécialiste des questions d'environnement défend une proposition de loi pour la reconnaissance du crime d'écocide avec l'idée de créer un nouvel outil législatif pour sanctionner les pollueurs.
Soyons clair, nous sommes encore trop tendres avec ceux qui détruisent en conscience par app du gain et par calcul notre environnement. Est-ce que la France va être oui ou non au rendez-vous ? Si oui, quel qu'elle prennent date et qu'elles veulent la loi que nous vous proposons aujourd'hui.
Proposition retoquée comme la plupart des textes de l'opposition. Ces distances me conduiront donc à donner un avis défavorable à cette proposition de loi. Et pourtant, 6 mois plus tard, la proposition revient par la grande porte de la convention citoyenne pour le climat.
C'est l'une des mesures phares retenues par le président de la République. Des citoyens tirés au sort ont donc eu plus d'influence qu'un député. La reconnaissance, Christophe Bouillon la trouve auprès de la patronne des députés PS.
J'ai dédicacé cette ce rapport que tu as écrit mon cher Christophe. Ah euh sur l'écossie don je sens que je vais me faire des comment dire des bref je vais dire ce que je pense comme d'habitude. Je pense que c'est la plus belle proposition de loi de du groupe.
Donc là je je sais que je vais avoir quelques ennuis mais c'est pas grave j'assume. Et donc avec cette citation mitérand, il y a toujours un avenir pour ceux qui pensent l'avenir. Wouh !
Voilà. Et cette proposition loi, elle pense l'avenir et euh elle est ultra ambitieuse et je trouve qu'elle est à ton image. Euh c'est-à-dire de toujours voilà avoir euh un cran d'avance.
Donc euh un petit souvenir de cette euh je peux pas t'embrasser pas faire pas faire le bis mais le cœur il est euh énormément. Waouh ! Alors là, tu me fais plaisir.
L'heure est aux échanges d'amabilité. Pourtant, Valérie Rabot pourrait en vouloir à Christophe Bouillon. La partielle qui s'annonce dans la circonscription peut faire perdre un siège au Parti socialiste.
Bon bon, mais il sera peut-être pas socialiste le successeur. Ah mais je l'espère que le j'espère que ça c'est là la clé de cette réponse, ce sont les électeurs qui la et les électrices qui la détiennent. compter sur lui quand même pour faire le maximum pour que vous gardez pour garder la circo.
Mais j'ai pas besoin de compter sur lui parce que lui aussi il a envie de je le sais euh et puis j'ai pas besoin de lui dire "Voyez c'est vous qui le dites c'est pas moi." Je vais mouiller dans cette campagne. Je vais y mettre aussi beaucoup de moi-même.
Si par malheur cette circonscription se détournait du chemin qui a été le sien depuis des années, oui forcément j'aurais une pointe une pointe d'amertume. Déjà largement dépumé aux dernières législatives, le groupe socialiste devra affronter deux législatives partielles à la rentrée. Et pour le groupe PS quand même, ça porte un coup ce départ.
Mais qu'est-ce que vous voulez me faire dire ? Je je je je vous dis que je suis triste. Oui, je vous dis que oui, le groupe PS continuera à mener les combats.
Je vous le dis. Je vous dis que oui, l'Assemblée nationale n'a pas les grandes heures passées, mais ça c'est pas la responsabilité des groupes d'opposition, c'est la responsabilité du groupe majoritaire. Qu'est-ce que vous souhaitez maintenant à Christophe ?
Ah ben ce que je souhaite à Christophe, c'est que il va s'épanouir. L'environnement sera au cœur des débats de la prochaine session parlementaire, mais c'est désormais en spectateur que Christophe Bouillon les suivra.
Christophe Bouillon