Mobilisation des lycéens : le syndicat enseignant SNES-FSU dénonce "l'absence de réponses concrètes" du gouvernement
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Attaque 30 %Défensif 70 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:23OuverteRéponse directe
En quoi vos revendications rejoignent celles des lycéens ?
- 1:35OuverteRéponse directe
En quoi ça pose problème pour les enseignants, pour les élèves ?
- 2:23OuverteRéponse directe
Vous sentez que les lycées sont plus en détresse qu'avant ?
- 3:23OuverteRéponse directe
Est-ce que vous comprenez les violences ? Et quel rôle vous pouvez jouer ?
- 4:47OuverteRéponse directe
Votre avis sur la suspension des cours pour un temps de démocratie ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:30Invité politiqueFait
« nos revendications rejoignent celles des lycéens, parce qu'on fait compte, c'est des revendications qu'on porte depuis très longtemps »
- 2:10Invité politiqueFait
« on s'est aperçu, dès la première année, que finalement, ça a plutôt accentué les inégalités scolaires »
- 4:14Invité politiqueFait
« il n'y a pas eu de violences sur les manifestations de 13 000 personnes »
- 5:30Invité politiqueFait
« Ils attendent véritablement des réponses concrètes »
Temps de parole
- Alexandre Lecointe72 %
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Et
justement, vous invitez un prof d'histoire-géographie ce matin pour en discuter.
Oui, parce que les enseignants, les étudiants aussi se joignent au lycéen. Donc on est aujourd'hui avec un professeur d'histoire-géographie du collège Fernand Léger à Saint-Martin-d'Air, également secrétaire académique du syndicat SNES-FSU Grenoble. Bonjour François Lecointe.
Bonjour.
Donc les syndicats enseignants SNES-FSU appellent à la grève aujourd'hui. En quoi vos revendications rejoignent celles des lycéens
? Alors
nos revendications rejoignent celles des lycéens, parce qu'on fait compte, c'est des revendications qu'on porte depuis très longtemps, que ce soit en question de bâti scolaire, que ce soit particulièrement sur la question du bac, du lycée Blanquer, et le système qu'il a mis en place, et puis par rapport à Parcoursup. Alors juste une petite précision, on appelle aujourd'hui, comme mardi, être à côté des lycéens, parce que vous savez qu'il
y a
énormément de lycées qui reprennent aujourd'hui, et que c'est un véritable cafarnaum sur la condition de reprise dans les lycées, suite aux annonces qui ont été faites par Sébastien Lecornu d'avoir des temps banalisés, mais aussi tous les parents d'élèves qui nous écoutent savent que ça ne
se
met pas forcément en place, et que les blocages continuent. L'idée, ce n
'est
pas du tout de reprendre le mouvement des lycéens. En tout cas, on appelle les personnels à la grève, comme on l'avait appelé le 29 septembre
dernier,
mardi prochain.
D'accord. Vous faisiez référence, à l'instant, à la réforme de Jean-Michel Blanquer, notamment au niveau de Parcoursup. En quoi ça pose problème pour les enseignants, pour les élèves ?
Alors
c'est un tout, cette réforme Blanquer. C'est la réforme du lycée, c'est la réforme du bac, et c
'est
la question de Parcoursup. Au niveau de la réforme des lycées, le maître mot de la réforme de Jean-Michel Blanquer,
c
'était de supprimer les séries. On était sur ES, S, L, pour les plus importantes. Au nom de la démocratisation... Et
aujourd'hui, c'est des spécialités.
Finalement, vous savez... Nous, on avait dénoncé ces choses-là, parce que du coup, depuis longtemps, on s'est aperçu, dès la première année, que finalement, ça a plutôt accentué les inégalités scolaires, avec les CSP++ sur les binômes Mathians et tout ça, voire même aussi les questions de genre aussi.
Justement, vous sentez que les lycées sont plus en détresse qu'avant ?
Ils
sont plus en détresse, parce qu'il y
a
une pression aussi liée à Parcoursup qui a été mise en place. Alors même si, petit à petit, Parcoursup, des fois, s'est un peu amélioré, en donnant de plus en plus de statistiques, mais les statistiques,
il
faut savoir les lire. Ce qui n'est pas simple pour beaucoup d'élèves et pour beaucoup de familles. Et il y a une pression, si vous voulez, qui, moi, je me souviens à l'époque, j'ai eu mon baccalauréat,
je
me suis inscrit à l'université. Maintenant, c'est dès la seconde que nos élèves doivent réfléchir aux enseignements afin de ne pas hypothéquer leur orientation dans le supérieur après le baccalauréat.
Notre
invité ce matin à 7h48, c
'est
François Lecointe, professeur d'histoire-géographie, secrétaire académique du syndicat SNES-FSU pour revenir justement sur ce qu'il se passe dans l'éducation et pour parler de la mobilisation des enseignants aux côtés des lycéens et des étudiants.
Le mouvement lycéen a été marqué par des violences ces derniers jours. Est-ce que vous les comprenez ? Et quel rôle vous pouvez jouer là-dedans en tant qu'enseignant
? Les
violences, oui, on les comprend parce qu'à un moment donné,
il
y
a
eu une telle exaspération que malheureusement, on s'y attend à un certain moment de voir que ça va exposer dans certains cas. C'est toujours compliqué parce qu'on a des collègues qui ont été visés, qui ont été victimes de ces violences. Après, il faut prendre le temps aussi de chercher à comprendre comment est-ce que des jeunes en sont arrivés là et ça va être un travail assez long. Après, je tiens à signaler par exemple que si on prend la journée de mardi où il y a eu une présence beaucoup moins affichée des forces de l'ordre quand même sur les parcours de manifestations qu'il n'y
a
pas eu de violences sur les manifestations de 13 000 personnes. Alors certes, il y avait des organisations syndicales qui étaient présentes, des parents d'élèves aussi qui étaient présents, mais voilà, tout s'est très très bien passé et il n
'y
a pas eu, on va dire, de réponses véritablement des forces de l'ordre. Alors que les jours d'avant, c'était quand même sur une posture,
on
va dire,
des
réflexions de dire
qu'il y
aura
tolérance zéro. Alors que ça s'est extrêmement bien passé.
Le gouvernement a annoncé la suspension des cours dans les lycées sur une demi-journée pour un temps de démocratie. Est-ce que je peux rapidement avoir votre avis sur cette proposition ? Est-ce que vous allez y participer ?
Alors moi, je ne
suis
pas concerné parce que je suis en
collègue. Vous êtes au collège,
mais... Mais non, on n'y participe pas. En fin de
compte,
on appelle les collègues à ne
pas
y participer parce que, pour vous donner une idée sur un peu l'hypocrisie du gouvernement et puis sur ses réponses hors sol, actuellement, vous avez dans les établissements scolaires les élections, que ce soit pour les parents d'élèves, les représentants des personnels dans les instances et les élèves. Et vous avez des établissements alors que les lycées sont fermés qui continuent à faire ces élections. Ce n
'est
pas en trois heures, entre guillemets, pour dire on va renouer un dialogue que les problèmes vont se régler. Et d'ailleurs, les lycéens ont été reçus par le recteur dans l'académie, ont été reçus par le ministre au niveau national. Ils attendent véritablement des réponses concrètes. Et j'ai envie de vous dire que l'absence, on va dire, de réponses du Premier ministre hier et l'absence, on va dire, de choses concrètes, je pense que ça va avoir un effet plutôt négatif par rapport à ce qu'il attendait.
On a bien compris, on vous attendait des mesures en tout cas du ministère de l'Éducation nationale. Merci d'avoir été avec nous, François Lecointe. Au revoir.
Au revoir, bonne journée.