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Podcast / conversationLe Média (sur Podcast)· 21 octobre 2024 31 minContradictoireActualité / polémiqueBudget & impôtsÉconomie & entreprisesInstitutions & électionsEurope & international

Macron s’écrase face à Netanyahou, la macronie bientôt sur le banc des accusés ? | Nils Wilcke

Source d'origine 8 locuteurs

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 10 %Attaque 70 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 60 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 1:50OuverteRéponse partielle

    Alors, cela commence à devenir un petit peu une espèce de marronnier, la Macronie, à nouveau sur le banc des accusés.

  • 9:59OuverteRéponse partielle

    Est-ce que tu penses que la commission d'enquête va pouvoir faire son travail à fond ?

  • 20:02OuverteRéponse partielle

    Mais quelle est donc la position d'Emmanuel Macron sur Israël et la Palestine ?

  • 23:21OuverteRéponse partielle

    Quelles ont été les réactions dans le camp macroniste après cette prise de parole d'Emmanuel Macron ?

  • 28:00OuverteRéponse directe

    Mais est-ce que ces critiques sont fondées, ces critiques adressées aux journalistes sont fondées, selon toi ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 2:26InvitéChiffre
    « le déficit initialement prévu par le gouvernement Attal se situait à 5,1% du PIB et qu'il se montra finalement à 6,1% en 2024, selon le gouvernement Barnier »
  • 3:01Locuteur 4Fait
    « C'est-à-dire pas dire tout est possible, mais dire ça c'est prioritaire, et ça en revanche, eh bien on va y renoncer, parce que c'est trop coûteux et que ça ne permet pas de financer des priorités. »
  • 7:10Locuteur 4Fait
    « le président de la République a fait le choix de doubler le budget des armées. Moi j'ai souscrit totalement à cette politique, je pense qu'on a besoin de protéger nos compatriotes »
  • 12:15Locuteur 1Fait
    « Eau minérale naturelle, eau de source, derrière ces termes familiers, une réglementation très stricte fixée dans le Code de la santé publique. »
  • 12:39InvitéFait
    « de l'eau soi-disant minérale pure et qui vient des sources alors qu'en réalité, elle est filtrée et parfois dans de rares cas encore contaminée malgré le traitement qu'elle a subi. »
  • 12:57InvitéFait
    « l'exécutif avait été averti par Nestlé en amont de ces pratiques frauduleuses. Dès 2021, Agnès Pannier-Runacher et Olivier Véran, alors respectivement ministres délégués à l'Industrie et de la Santé, saisissent dans le plus grand secret l'inspection générale des affaires sociales, donc l'IGAS, pour une mission concernant des usines de conditionnement d'eau en France. »
  • 16:12InvitéFait
    « Monsieur Netanyahou ne doit pas oublier que son pays a été créé par une décision de l'ONU. C'est ce qu'a déclaré Macron selon des propos rapportés par des ministres participants. »
  • 16:52InvitéFait
    « la petite phrase de Macron a fait l'effet d'une bombe et elle a été reprise dans le monde entier. »
  • 18:03InvitéFait
    « Israël avait été privé de salon Euronaval à Paris qui aurait lieu en novembre, sur demande du gouvernement français. »
  • 18:44InvitéFait
    « Macron avait notamment estimé que l'envoi de troupes au sol en Ukraine ne devait pas être exclu lors du déclenchement de la guerre, de l'invasion russe de l'Ukraine. »
  • 19:12InvitéFait
    « Macron avait médusé le monde entier et nos alliés en appelant à ne pas humilier la Russie. »
  • 20:58InvitéFait
    « il a assimilé notamment à plusieurs reprises l'antisionisme à de l'antisémitisme. C'était lors de sa visite, notamment à Jérusalem en 2019 ou lors du dîner du CRIF, il y a cinq ans. »
  • 21:39Locuteur 9Fait
    « Avec nos principaux alliés européens et américains, nous partageons les mêmes priorités. Apporter un soutien ferme et complet à Israël, éviter toute extension du conflit aux pays voisins, notamment au Liban, et coordonner l'action humanitaire internationale. »
  • 26:50Locuteur 9Fait
    « Pour le reste, il appartient à chacun des participants à ce conseil de se montrer respectueux des règles et de ses fonctions, par éthique, par discipline personnelle, pour ne pas faire circuler des informations fausses, tronquées ou sorties de leur contexte. »

Temps de parole

  • Invité64 %
  • Présentateur13 %
  • Invité 211 %
  • Locuteur 93 %
  • Invité 32 %

0,6 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Salut à toutes et à tous et bienvenue pour ce nouveau numéro de votre émission Les Indiscrets de Nils Vilqueux, une plongée dans les coulisses de la politique française telle qu'on la raconte peu, c'est-à-dire sans phare ni élément de langage. Émission présentée habituellement, vous le savez, par Théophile Coameau que je remplace occasionnellement pour ce numéro. Au sommaire, cette semaine, la Macronie empêtrée dans les affaires, sale temps pour les partisans d'Emmanuel Macron, alors que la commission des finances de l'Assemblée nationale a demandé officiellement à être dotée de pouvoir d'une commission d'enquête pour déterminer les raisons du dérapage du déficit public.

Avec dans le viseur, évidemment, ce cher Bruno Le Maire qui dit se tenir à totale disposition. Et encore une enquête serait-on tentée de dire, après celle visant Aurore Berger, accusée d'avoir menti sous serment devant une commission parlementaire sur le modèle économique des crèches. Et dans le second sujet, on se posera une question qui vous a peut-être traversé l'esprit. Emmanuel Macron serait-il subitement devenu un fervent défenseur de la cause palestinienne ?

Le président français a provoqué la colère du premier ministre israélien, Benjamin Netanyahou, après la fuite de cette phrase tenue en Conseil des ministres, où il affirme que, je le cite, « son pays a été créé par une décision de l'ONU ». Alors, après plusieurs jours de commentaires médiatico-politiques et de remontrances venues du côté d'Israël, Emmanuel Macron a finalement rétro-pédalé jeudi soir. Que se cache-t-il derrière ce nouvel imbroglio ? Nils a mené son enquête.

1:50
Invité

Salut Fabrice, bienvenue dans la commission.

1:52
Présentateur

Merci. Alors, cela commence à devenir un petit peu une espèce de marronnier, la Macronie, à nouveau sur le banc des accusés.

2:02
Invité

Oui, c'est définitivement un sale temps pour les macronistes. La semaine dernière, on parlait, comme tu l'as rappelé dans le sommaire, d'Oror Berger, qui était visé par un signalement pour parjure envoyé par le bureau de l'Assemblée au parquet de Paris, donc dans le scandale des crèches privées. Cette fois, c'est la commission des finances de l'Assemblée qui a demandé à être investie des pouvoirs d'une commission d'enquête pour tenter de comprendre la dérive des comptes publics sous Macron.

On rappelle pour nos abonnés que le déficit initialement prévu par le gouvernement Attal se situait à 5,1% du PIB et qu'il se montra finalement à 6,1% en 2024, selon le gouvernement Barnier, ce qui justifierait en tout cas un plan de coupe budgétaire assez dramatique, notamment pour les Français les plus précaires. On en a parlé dans le média. Alors évidemment, de quoi interroger les députés de tous bords politiques, d'ailleurs sur la sincérité du travail des précédents gouvernements. On écoute Éric Coquerel qui présidera cette commission d'enquête en tant que président de la commission des finances.

C'est à quel convient que quand vous passez de 4,4% du déficit fin 2023 à 6,1% en changeant quasiment tous les mois, on a un problème. On n'a jamais vu ça. Je veux dire, il y a quand même une crédibilité en théorie de notre appareil d'État, de l'administration, au moins pour donner des prévisions qui tiennent à peu près la route. Or là, on a tout explosé. Donc, il faut essayer de comprendre pourquoi, d'où c'est venu, d'où vient le fait qu'à chaque fois que quelque chose a été annoncé un mois après, on se prenait quasiment un point de PIB. Et donc ça, il faut savoir quels sont, d'où ça vient. Est-ce que c'est des histoires ? Est-ce qu'il y a des simulations ?

Est-ce que c'est simplement de l'aveuglement d'une politique ? Est-ce que c'est des problèmes de modèle ? Enfin bon, voilà, il faut arriver à mettre tout ça sur table. Voilà, donc une commission d'enquête qui va disposer de pouvoirs étendus. Par exemple, s'il le souhaite, Éric Coquerel pourra effectuer des contrôles sur pièce et sur place au ministère de l'Économie. Et cette fois, Bercy ne pourra pas se dérober comme il l'a fait cet été. Par ailleurs, la commission peut requérir le témoignage de toute personne qu'elle juge digne de son intérêt.

Si besoin, elle peut commander à un huissier une citation à comparaître ou même demander aux policiers d'amener la personne concernée en cas de dérobate. Ça ne rigole pas. La commission pourra également saisir la Cour des comptes afin de lui demander d'enquêter elle aussi sur le sujet.

4:31
Présentateur

Et on imagine que cette perspective a tout pour déplaire aux macronistes.

4:36
Invité

Oui, alors le sujet est quand même forcément ultra sensible et fait trembler le camp présidentiel, qui est quand même aux responsabilités depuis 7 ans, on le rappelle. Bruno Damer, l'ancien ministre des Finances, durant ces 7 années, dont les réactions sont très observées, a pris les devants. L'ex-ministre, qui a désormais changé de vie en donnant des cours à Lausanne en Suisse, a réuni d'ailleurs une douzaine de ses fidèles lors d'un déjeuner mardi à l'hémicycle. Un restaurant à deux pas de l'Assemblée est très prisé des parlementaires.

Alors étaient notamment présents Paul Midy, Violette Spilbou, Jean-René Cazeneuve, Pierre-Alexandre Anglade, Charles Rodwell, Charles Zidsten Stuhl, Olivier Grégoire, etc. Donc une démonstration de force, alors que l'ex-ministre est en pleine tempête médiatico-politique. Alors on me dit, Bruno est très à l'aise sur le sujet et aborde cette commission d'enquête avec une grande sérénité. C'est ce que m'a confié Charles Zidsten Stuhl, qui est député du Parrain pour le Média. On l'écoute à notre micro. En tout cas, sur le sujet actuel, qui se passionne un peu tout le monde, qui est la commission d'enquête, il est très serein.

Enfin franchement, et contrairement à la petite musique que certains essayent d'entretenir, alors c'est plus dans les oppositions, il n'y a absolument rien de caché, de dissimulé, enfin rien du tout. Bien au contraire, enfin, toutes ces déclarations publiques en commission des finances à l'Assemblée et au Sénat depuis trois ans n'ont été que des mises en garde répétées, alors pas entendues hélas, mais n'ont qu'en été des mises en garde répétées sur l'état de nos comptes. Voilà, et le dernier épisode ayant été celui du PLSR que vous évoquiez. Donc c'est pour ça qu'il y a une très très grande sérénité de sa part.

Voilà, donc Bruno Le Maire très serein avant cette commission d'enquête, Bruno Le Maire est très serein, l'Élysée beaucoup moins. Le témoignage de l'ancien ministre de l'Économie semble incontournable et provoque une certaine fébrilité dans son propre camp, à tel point que le palais suit attentivement les développements du dossier, selon mes informations. D'autant plus que Bruno Le Maire n'a pas rassuré Emmanuel Macron sur ses attentions, après lui avoir adressé un tacle lors de sa dernière audition à l'Assemblée comme ministre le 10 septembre. Regardez. C'est ça le plus difficile.

7:00
Locuteur 4

C'est-à-dire pas dire tout est possible, mais dire ça c'est prioritaire, et ça en revanche, eh bien on va y renoncer, parce que c'est trop coûteux et que ça ne permet pas de financer des priorités. Je donne un exemple, j'y suis très attaché, le président de la République a fait le choix de doubler le budget des armées. Moi j'ai souscrit totalement à cette politique, je pense qu'on a besoin de protéger nos compatriotes, et que l'environnement géopolitique étant très difficile, il est préférable d'avoir des armées qui sont en bon ordre de marche, avec les équipements nécessaires. Mais si on double le budget des armées d'un côté, il faut être capable de faire des économies ailleurs.

Ça s'appelle le choix politique, et ce qui fait le plus défaut à nos finances publiques, c'est le choix politique.

7:38
Invité

Voilà, donc entre les lignes, il faut comprendre que Macron n'a pas réussi à faire des choix comme devrait le faire le gouvernant idéal, comme le voudrait sa fonction, et Bruno Le Maire a ensuite refusé de dévoiler le fond de sa pensée ces dernières semaines, lâchant simplement aux 20h de France 2, la vérité apparaîtra plus tard. Une petite phrase qui a mis le petit milieu médiatico-politique à Paris, à tel point qu'à l'Élysée, on craint que cette commission ne soit le début d'un lâchage généralisé du président par ses propres troupes.

Bruno Le Maire se couvre, c'est évident, et il a raison de se protéger, « Le dossier va nous péter à la gueule », pense un député en naissance qui s'est confié à moi. Et d'ailleurs, peu à peu, les langues se délient dans le camp présidentiel, désormais plus libres vis-à-vis de son chef historique, et des langues et non des moindres, comme celle de Gabriel Attal, qui, parlant de dépenses passées totalement justifiées, pointe d'autres dépenses moins prioritaires sur France Inter, affirmant qu'il est toujours positif que le gouvernement fasse son travail d'évaluation.

8:38
Présentateur

Et alors, aujourd'hui, Emmanuel Macron et Bruno Le Maire sont les principaux visés, Nils ?

8:45
Invité

Oui, clairement, ils sont dans le viseur des députés de la représentation nationale. Et d'ailleurs, le bilan d'Emmanuel Macron est sévèrement attaqué. Macron se fiche du budget et des finances publiques, me disait une source parlementaire, un député du camp présidentiel. Et alors, certes, les soutiens du président rappellent que le Covid est passé par là, avec le quoi qu'il en coûte, ce qui a protégé les entreprises. Mais ce quoi qu'il en coûte, il a eu un prix et surtout, il n'a pas été terminé. Il y a eu un emballement, me dit un autre député de l'ancienne majorité. Alors, le témoignage attendu de Bruno Le Maire est donc susceptible de faire du mal au bilan d'Emmanuel Macron.

Il va se lâcher, c'est clair, s'inquiète un député Renaissance qui redoute les répercussions politiques d'un grand déballage du linge sale macroniste en public. On rappelle que les auditions sont filmées et diffusées en direct sur le site de l'Assemblée nationale. D'autant que même si on l'a un peu oublié ces dernières semaines, tous ne rêvent qu'à 2027 avec la présidentielle, au point de prêter des ambitions à Bruno Le Maire. Son plan, c'est de se dédouaner de Macron pour mieux faire oublier son bilan catastrophique, percifle un interlocuteur régulier du président. Décidément, le groupe vit bien.

9:56
Présentateur

Bon, alors c'est un peu du chacun pour tous. Est-ce que tu penses que la commission d'enquête va pouvoir faire son travail à fond ?

10:06
Invité

Alors, on va voir parce que, certes, la commission sera présidée par Éric Coquerel, qui a priori, comme les autres députés de la gauche, a envie d'aller au fond des choses. Il sera encadré par Éric Ciotti, donc ex-salaire passé chez Marine Le Pen, et qui est à l'origine de cette commission, d'ailleurs, qui est très anti-Macron. Mais il sera aussi encadré par le député Renaissance, Mathieu Lefebvre, qui est justement l'un des affidés de Bruno Le Maire. Alors, on me dit, un député de gauche me disait, c'est évident qu'il y aura une volonté de la part des macronistes de crier au procès politique. C'est le cas notamment de Jean-René Cazeneuve, habitué des diatribes anti-gauches et notamment LFI.

Écoutez-le, c'était sur France Info, mercredi, juste avant la création de la commission d'enquête. La chasse à l'homme qui est en train de s'organiser.

10:53
Locuteur 5

Chasse à l'homme ? Oui, quand vous l'entendez, on reconnaît bien des propos. C'est presque un tribunal qu'il est en train d'organiser, il vous l'a dit. Il sait ce qui s'est passé, on a caché la vérité. C'est toute une suspicion qui est en train de se mettre en œuvre. Quel est l'intérêt, objectivement, d'un gouvernement, de cacher la vérité qui, de toute façon, finira par se voir ?

11:13
Invité

Aucun ! Voilà, donc une chasse à l'homme, selon ce macroniste zélé, tout en finesse. De quoi agacer Éric Coquerel, qui préfère lui mettre en avant la bonne volonté des membres de la commission, tous bords politiques. D'ailleurs, on l'écoute. Bon, j'ai bien vu les tweets de la déclaration de Cazeneuve et autres. Je vais mettre ça sur le compte de l'énervement, d'être devenu minoritaire, et puis, je ne sais pas, peut-être de son caractère, mais pour l'instant, en tout cas, moi, je n'ai pas le retour, ce retour-là, au contraire. Enfin, non, je n'ai pas ce retour-là. Donc, j'ai plutôt entendu que tout le monde dit...

Là, Attal, les ministres ont dit que c'est normal que l'Assemblée saisisse sa mission de contrôle et que c'était plutôt bien sous la commission de finances. Donc, moi, j'en reste là. Voilà, alors, Fabrice, Bruno Le Maire n'est pas le seul à être potentiellement inquiété par les investigations des commissions d'enquête. Au Sénat, les socialistes viennent d'annoncer leur propre commission d'enquête sur le scandale Nestlé autour des eaux en bouteille. Petit rappel des faits, le scandale a éclaté au début de l'année.

12:15
Locuteur 1

Eau minérale naturelle, eau de source, derrière ces termes familiers, une réglementation très stricte fixée dans le Code de la santé publique. Ces eaux, y sont d'abord définies par leur origine, les nappes souterraines. Une source qui assure en soi un niveau de filtration élevé et donc des garanties sanitaires. Un cadre que le groupe Nestlé Waters a publiquement avoué avoir enfreint hier dans la presse.

12:39
Invité

Voilà, donc de l'eau soi-disant minérale pure et qui vient des sources alors qu'en réalité, elle est filtrée et parfois dans de rares cas encore contaminée malgré le traitement qu'elle a subi. Alors à l'époque, le gouvernement Borne ne s'est pas montré très disserte sur l'affaire et pour cause, l'enquête du Monde et de France Info montre que l'exécutif avait été averti par Nestlé en amont de ces pratiques frauduleuses.

Dès 2021, Agnès Pannier-Runacher et Olivier Véran, alors respectivement ministres délégués à l'Industrie et de la Santé, saisissent dans le plus grand secret l'inspection générale des affaires sociales, donc l'IGAS, pour une mission concernant des usines de conditionnement d'eau en France. Et les résultats sont affolants, indiquent des pratiques non conformes dans près de 30% des cas. « Pire, l'IGAS estime encore ce taux sous-évalué face aux difficultés d'identifier les pratiques et du caractère déclaratif des réponses.

» Mais ce rapport n'est pas rendu public et c'est d'ailleurs le principal reproche qui est fait aujourd'hui à ces anciens membres du gouvernement, dont Agnès Pannier-Runacher, d'ailleurs, sont toujours ministres. Écoutez la sénatrice écolo Antoinette Gull, qui, en charge de la mission Flash, une mission d'information sur le géant de l'alimentaire, réagissait au micro de France Info.

13:50
Locuteur 2

Si les différents ministres, etc., ont bien essayé de comprendre le problème et bien essayé de savoir s'il y avait un problème sanitaire ou non, ils n'ont pas été fermes vis-à-vis de l'industriel en demandant d'arrêter cette fraude.

14:04
Locuteur 9

La responsabilité des ministres peut être mise en cause ?

14:07
Locuteur 2

En tout cas, la fraude n'a pas été arrêtée. Et pendant plus de deux ans, alors que les ministres le savaient, des eaux minérales naturelles qui n'en étaient pas ont été vendues aux consommateurs. Donc ça, c'est un fait.

14:19
Invité

Voilà, donc un manque de transparence et de fermeté qui pourrait bien se retourner contre les responsables politiques en place à l'époque. Alors, j'ai pris contact avec mes sources au Sénat. On m'explique qu'il y a des zones d'ombre dans ce dossier et que les témoins convoqués seront obligés de s'expliquer. C'est ce que m'explique un sénateur socialiste dont le groupe a annoncé l'ouverture d'une commission d'enquête, donc au pouvoir plus étendu qu'une simple mission d'information, dont on a parlé sur les finances publiques.

Alors, les noms d'Agnès Pannier-Runacher, de Bruno Le Maire, encore lui décidément, et même Elisabeth Borne, alors première ministre, locataire de Matignon, sont évoqués pour répondre de leur manque de transparence envers les Français sur ce sujet. Il faudra attendre début novembre pour savoir si la demande du groupe socialiste au Sénat sera acceptée.

15:05
Présentateur

Affaire à suivre, donc, comme celle qui concerne d'autres macronistes qui, décidément, sont abonnés aux démêlés judiciaires. Et maintenant, Nils, Macron serait-il devenu un fervent défenseur de la cause palestinienne ?

15:22
Invité

Oui, on a pu le penser pendant 48 heures, mais désormais, c'est un peu passé. Je vais vous raconter les coulisses d'un nouveau couac diplomatique à la sauce Macron. À l'origine, il y a une info du Parisien, suivie d'une dépêche AFP, publiée le 15 octobre. Les deux textes font état de vives tensions entre le président et Netanyahou, le premier ministre israélien. Alors, elle est publiée juste après le Conseil des ministres.

C'est souvent le cas, c'est-à-dire qu'après le Conseil des ministres, en général, pour être tout à fait franc, les ministres s'épanchent auprès des journalistes du POULE qui sont chargés de suivre Matignon, tout simplement, et donc transmettent quelques éléments de langage aux journalistes. Alors, sauf que cette fois-ci, ces éléments de langage ont fait un peu sursauter tout le monde entier. Monsieur Netanyahou ne doit pas oublier que son pays a été créé par une décision de l'ONU. C'est ce qu'a déclaré Macron selon des propos rapportés par des ministres participants. On rappelle qu'on est en pleine guerre à Gaza et au Liban.

Et pic supplémentaire contre le premier ministre israélien, le président ajoute, et par conséquent, ce n'est pas le moment de s'affranchir des décisions de l'ONU, ce dont Netanyahou est régulièrement accusé, on le rappelle. Alors, le chef de l'État s'adressait au premier ministre israélien de manière indirecte. Il s'est ensuite entretenu avec lui au téléphone, lors d'un entretien très tendu, comme l'ont rapporté nos confrères de la presse présidentielle. En tout cas, la petite phrase de Macron a fait l'effet d'une bombe et elle a été reprise dans le monde entier.

D'autant qu'on a appris dans la foulée qu'Israël avait été privé de salon Euronaval à Paris qui aurait lieu en novembre, sur demande du gouvernement français. Alors, c'est quoi ce fameux salon Euronaval ? J'ai posé la question à Jean-Dominique Merchais qui est journaliste spécialiste des questions de défense à l'Opinion. Le salon Euronaval, c'est un grand salon. Il y a des grands salons d'armement en France, le Bourget, le Satori, Euronaval. Et donc, effectivement, ce n'est pas bon pour eux. En même temps, il n'y a pas beaucoup de commerce franco-israélien dans le domaine de l'armement.

Les Israéliens ne se fournissent pas en France et les Français n'achètent pas beaucoup de matériel israélien. Mais ce sont des salons où le monde entier est là. Et donc, ça permet aux Israéliens de voir d'autres camps que les Français dans ces grands salons. Donc, c'est ça qui les intéresse. Voilà, donc auparavant, Israël avait déjà été écarté d'un autre salon d'armement, Euro Satori, en mai. Un moyen pour Macron, à l'époque, d'affirmer son opposition au bombardement israélien d'un camp de déplacés Arafa dans la nuit du 26 au 27 mai. On rappelle que l'attaque avait fait 45 morts et provoqué un choc dans l'opinion mondiale.

Alors, Israël avait attaqué en justice cette décision du salon de l'exclure et avait gagné son procès. Mais les industriels n'avaient pas pu se retourner à temps pour participer au salon. Alors, pour autant, Fabrice, Macron n'est pas Chirac. On en parlait déjà la semaine dernière. Le bilan de notre président actuel est jugé catastrophique. Et sa parole, plus crédible à l'international, jugée plus tôt. Alors, on fait un petit retour dans le passé. Macron avait notamment estimé que l'envoi de troupes au sol en Ukraine ne devait pas être exclu lors du déclenchement de la guerre, de l'invasion russe de l'Ukraine.

Tout en précisant qu'il n'y avait pas de consensus international à ce stade sur le sujet. Et pour cause, il a été désavoué par l'ensemble de nos alliés. À l'époque, y compris Biden, qui était déjà ulcéré par cette Macronade. En juin 2022, déjà en pleine invasion de l'Ukraine, Macron avait médusé le monde entier et nos alliés en appelant à ne pas humilier la Russie. Le président donnait alors l'impression d'envisager une victoire russe et avait choqué notamment les pays est de l'Europe qui craignait à juste titre de se retrouver sous la férule de Poutine à l'image de l'Ukraine. Et il l'a trouvé uniquement à l'époque du soutien de Marine Le Pen et de Jean-Luc Mélenchon.

Mais il était très isolé diplomatiquement. Et il y a eu aussi sa sortie catastrophique sur l'OTAN qu'il considérait en état de mort cérébrale. Ça, c'était dans une interview à The Economist en 2019. Il déplorait alors le manque de coordination entre les États-Unis et l'Europe et le comportement unilatéral de la Turquie, membre de l'Alliance Atlantique en Syrie. Mais là encore, ces propos provoquent un tollé et la France se retrouve isolée.

20:02
Présentateur

Mais quelle est donc la position d'Emmanuel Macron sur Israël et la Palestine ? On se souvient de la ligne du fameux soutien conditionnel depuis le 7 octobre. On a l'impression que cette ligne a évolué ou que d'apparence, au moins dans la communication politique, elle aurait évolué ?

20:22
Invité

Oui, alors je ne veux pas provoquer une déception. Mais en réalité, Macron ne s'est jamais vraiment soucié du Proche-Orient ou alors uniquement sous le prisme national, c'est-à-dire franco-français. Il n'a pas de colonne vertébrale en diplomatie. C'est ce que m'explique un ancien conseiller politique qu'il a suivi lors de sa campagne dès 2017. Avec Israël, Macron a oscillé entre l'indifférence. C'est une vraie complaisance avec l'État hébreu, poursuit ce conseiller. Il faut rappeler quand même qu'en parallèle, le président a multiplié les marques de soutien au gouvernement israélien de Taïenou. Il a assimilé notamment à plusieurs reprises l'antisionisme à de l'antisémitisme.

C'était lors de sa visite, notamment à Jérusalem en 2019 ou lors du dîner du CRIF, il y a cinq ans. Rappelez-vous.

21:06
Locuteur 9

L'antisionisme est une des formes modernes de l'antisémitisme.

21:14
Invité

Voilà, et il ne faut pas oublier non plus que Macron avait salué les efforts de Trump qui a permis la poursuite de l'horrible colonisation des territoires en Palestine au mépris du droit international. Et évidemment, Fabrice, tu as raison, sa position en faveur d'Israël a franchi un nouveau cap avec l'horrible attentat du 7 octobre. Son discours a alors pris la forme d'un soutien total à Israël, regardé à l'Élysée.

21:39
Locuteur 9

Avec nos principaux alliés européens et américains, nous partageons les mêmes priorités. Apporter un soutien ferme et complet à Israël, éviter toute extension du conflit aux pays voisins, notamment au Liban, et coordonner l'action humanitaire internationale.

21:59
Invité

Voilà, en tout cas, éviter toute extension du conflit au Liban, ça n'a pas franchement fonctionné. Ce n'est pas une grande réussite internationale et française, décidément, pour Emmanuel Macron. Aujourd'hui, le Liban est envahi rien que pour la journée de mercredi. Des frappes aériennes israéliennes dans le sud du pays et dans sa capitale Beyrouth ont tué 27 personnes, selon des responsables locaux. On n'oublie pas non plus que Macron était allé jusqu'à proposer la création d'une coalition internationale anti-Ramas sur le modèle de celle existant contre Daesh en octobre dernier.

Une idée lunaire me confiait déjà à l'époque l'un de nos diplomates et rejetée par Netanyahou lui-même, c'est dire que vaut aujourd'hui la parole de Macron dans le monde et sur le Proche-Orient notamment ? Écoutons à nouveau notre confrère Jean-Dominique Marché de l'Opinion. Plus personne ne comprend ce que fait Emmanuel Macron. Voilà. Un jour, il dit blanc, le lendemain, il dit noir. Sa communication est totalement désordonnée. Il communique trop, il parle trop. Il parle d'autant plus que notre poids dans la région est négligeable. On n'est pas un acteur important au Proche-Orient. On n'est plus un acteur important au Proche-Orient.

Et donc, cette faiblesse est compensée par un excès de communication de parole. Plus personne ne comprend rien.

23:21
Présentateur

Quelles ont été les réactions dans le camp macroniste après cette prise de parole d'Emmanuel Macron ?

23:27
Invité

Sur Israël, très mauvaise. J'ai moi-même eu droit à des messages d'élus macronistes qui soutiennent ardemment Israël et qui ont été très choqués par ces déclarations. Alors, on rappelle que plusieurs macronistes, effectivement, sont très liés à l'État hébreu. Il y a Mathieu Lefebvre, Orberger, notamment, qui ont présidé le groupe d'amitié contre Israël à l'Assemblée. Mais aussi, il y a Elbron-Pivet qui avait choqué à gauche en se prononçant pour un soutien à conditionnel à l'État hébreu après l'attaque du 7 octobre, avant de revenir à l'époque en partie sur ses propos.

Il y a aussi la députée Caroline Adam qui a dénoncé le choix de Macron de suspendre les livraisons d'armes à Israël début octobre. Regardez, c'était sur BFM. Je suis personnellement en colère et dans une incompréhension totale des propos du président de la République. Je lui ai dit déjà, il y a quelques jours, que je n'étais pas d'accord avec ses dernières prises de position par rapport à Israël, ses derniers propos. Mais, vous savez, lorsque, sur les réseaux sociaux, on est salué, les propos sur les armes, lorsqu'on est salué par Rima Hassan, Mathilde Panot ou le Qatar, on doit se poser des questions. Vous appartenez au camp présidentiel.

Je précise, peut-être pour ceux qui ne vous connaissent pas, vous parlez comme une députée de l'opposition. Alors, je continuerai à avoir un discours de franchise et ma liberté de parole, parce qu'au-delà d'être, comme vous dites, Macroni, je suis d'abord députée, députée des Français à qui habitent en Israël. Voilà, donc c'est un peu malaise TV. On voit le président du groupe macroniste à l'Assemblée, Sylvain Maillard, qui est vraiment très mal à l'aise et qui préférait visiblement être ailleurs. Mais enfin, bon, c'était surtout une colère en carton, parce que la France est très loin derrière les États-Unis et l'Allemagne dans l'armement de l'État hébreu.

Et puis, au passage, Caroline Yadant, qui se dit députée des Français d'Israël, elle semble oublier qu'elle a aussi été élue par les Français de Chypre, de Grèce ou d'Italie, pour ne citer qu'eux. Bref, en tout cas, les messages de protestation ont afflué sur les boucles des élus Renaissance en interne. Certains sont allés jusqu'à contacter l'Élysée pour demander des explications, ou même les ministres. La réprobation, en tout cas, a été forte. Regardez par exemple Aurore Berger sur France Info.

25:40
Locuteur 3

Moi, je n'étais pas là, ce sont des propos rapportés. Pas démentis par l'Élysée. En tout cas, moi, j'espère que ce ne sont pas les propos qu'il a prononcés, qu'il ne les a pas prononcés de cette manière-là, parce que sinon, je peux comprendre, évidemment, le trouble que ça a généré. Ce que je sais, c'est que moi qui me suis rendue en Israël pour les commémorations du 7 octobre, on a un peuple qui est un peuple ami. Je ne parle pas d'un gouvernement ami, je parle d'un peuple qui est un peuple ami, qui a été meurtri dans sa chair par le pire pogrom de ce siècle, alors qu'il avait déjà survécu à la Shoah. C'est ça qui s'est passé.

26:12
Invité

Voilà, donc autant vous dire que même une élue de ce longue zone comme Aurore Berger, qui certes n'est pas très amie avec Macron, c'est le cas de le dire, il se déteste. Pourtant, en mauvaise posture politique et médiatique, avec le scandale des crèches privées, se permet de faire des remontrances au président, c'est que l'heure est grave. Le ministre des Affaires étrangères, Jean-Noël Barraud, a précisé les propos présidentielles hier, notant qu'il visait à rappeler l'importance pour Israël, comme pour tous les pays, de respecter la charte de l'ONU, le droit international et le droit international humanitaire.

Manifestement, le discours n'était pas passé, pensé trop complexe peut-être de la part de Macron. En tout cas, hier soir, le président a effectué un rétro-pédalage en catastrophe sur Israël et l'ONU, en se défaussant sur ses ministres et, parce que pourquoi pas, sur les journalistes depuis Bruxelles, où ils se trouvaient pour le premier sommet européen depuis la dissolution. On l'écoute.

27:09
Locuteur 9

Pour le reste, il appartient à chacun des participants à ce conseil de se montrer respectueux des règles et de ses fonctions, par éthique, par discipline personnelle, pour ne pas faire circuler des informations fausses, tronquées ou sorties de leur contexte. Et il appartient aussi aux journalistes et aux commentateurs de traiter les rumeurs et les propos rapportés avec les précautions qui s'imposent. Et si des paroles qui sont rapportées, tronquées et déformées sont reprises, entre guillemets, il n'est plus la peine de faire des conférences de presse ni de répondre à vos questions. Vous en conviendrez avec moi.

27:43
Invité

Voilà, donc des propos gonflés, selon le président, par les journalistes et des accusations de manque d'éthique et de rigueur qui ont mis en colère, de manière assez justifiée, nos confrères et consoeurs qui suivent l'actualité présidentielle.

27:57
Présentateur

Bon, on voit bien la ligne de défense du président de la République pour rétro-pédaler et ne pas se mettre en porte-à-faux avec son allié, son allié israélien. Mais est-ce que ces critiques sont fondées, ces critiques adressées aux journalistes sont fondées, selon toi ?

28:16
Invité

Non, a priori. J'ai moi-même demandé à des confrères qui suivent le président quotidiennement comment ils avaient vérifié leurs infos sur ces propos. Et notamment aux Parisiens. En réalité, ces propos, ils ont été recoupés via plusieurs participants. Et d'ailleurs, on peut noter que Macron n'a pas démenti avoir prononcé cette phrase sur Israël et l'ONU. Et j'ai appris qu'au bout de quelques heures, une version de repli avait circulé en mode « Macron voulait dire que tout le monde doit respecter les décisions de l'ONU ». C'est ce que m'a précisé un confrère ce matin, au moment, juste avant qu'on enregistre cette émission.

Et d'ailleurs, l'association de la presse présidentielle, l'APP, dont on avait parlé la semaine dernière, quand j'avais révélé la brutalité de l'Elysée contre les journalistes, a fait part de sa colère hier soir publiquement sur le réseau Twitter X, affirmant, je cite, « que le président met ici gravement en cause la déontologie de la presse qui enquête et recoupe ses sources avec rigueur. Notre travail ne peut se résumer à reprendre les déclarations officielles. La définition du journalisme ne saurait être une prérogative présidentielle. » On ne saurait mieux dire.

Et si, au fond, toute cette colère mise en scène par Macron était moins destinée à Netanyahou qu'à son propre gouvernement, parce que finalement, le président semble davantage en vouloir à ses ministres qui ont rapporté ses propos qu'aux journalistes, qui sont une cible facile finalement et assez populiste, c'est peut-être aussi la fin des relations de cohabitation exigeantes avec Barnier. Mais Macron est en tout cas vite revenu sur ses propos, affirmant cette fois-ci que la France n'avait jamais fait défaut à l'État d'Israël et que la France s'est toujours tenue aux côtés d'Israël.

Cet engagement demeure, comme nous l'avons encore montré cette année, en participant à la défense d'Israël face aux attaques de l'Iran et des routistes, a souligné le président. Bref, on n'est pas prêt de voir Macron défiler avec un kéfier ou la France de prendre un engagement fort pour Gaza et le Liban face au rouleau compresseur israélien.

30:17
Présentateur

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