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interviewLCP (sur YouTube)· 2 février 2025 13 min

Kévin Pfeffer, député Rassemblement National de Moselle | La politique et moi

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Il s'est d'abord opposé aux idées du Front national avant de rejoindre le parti de Marine Le Pen. Mon invité fait partie des hommes de confiance de Jordan Bardella. Il siège au groupe Rassemblement national depuis 2022.

Générique Bonjour Kévin Pfeffer. -Bonjour. -Alors à 17 ans, ce n'est pas le Front national qui vous attirait.

Vos premières affinités politiques, si on peut dire, elles étaient à gauche, plus précisément pour la candidate socialiste à la présidentielle de 2007. -La voulez-vous la victoire ? Cris Alors, en avant, rassemblons-nous, prenons-nous la main, aimons-nous les uns les autres, construisons ensemble.

Vive la République, vive la France ! -A quelles aspirations est-ce que Ségolène Royal a répondu chez vous à cette époque, en 2007 ? -En 2007, j'avais 17 ans, j'étais lycéen.

J'étais un peu d'ailleurs un ovni dans mon lycée parce que je m'intéressais à la campagne présidentielle, je regardais les programmes, je suivais les interventions. Et c'est vrai que quand on a 17 ans, quand on est lycéen, on ne pouvait qu'être séduit par la campagne de Ségolène Royal qui parlait beaucoup de l'emploi des jeunes, de démocratie participative. Tout ça, c'est des sujets qui me touchaient à l'époque.

Et le fait d'avoir une femme qui se lançait en politique aussi et un peu seule contre tous, même au sein de son parti, ça m'avait aussi séduit. -Donc vous étiez sympathisant, mais pas forcément militant de désir d'avenir, comme ça a pu être écrit par... -Non, j'étais sympathisant.

Je n'avais pas le droit de vote, j'avais dit à un journaliste un jour que sinon j'aurais probablement voté Ségolène Royal. -Donc vous vous définissiez comme de gauche ? -Oui, je ne me suis jamais trop défini comme de droite ou de gauche, mais j'étais attiré par son discours, son programme, son projet pour la France.

Et je la trouvais courageuse et j'ai été séduit par sa candidature, par son discours. Mais je n'ai jamais trop été dans ce clivage droite-gauche. C'est d'ailleurs ce qui m'a amené, plus tard, à adhérer au Front national. -Sauf que vous avez expliqué qu'à l'époque, dans votre famille, il y avait déjà des électeurs du Front national et que vous vous opposiez à eux.

Pourquoi ? Qu'est-ce que représentait le FN pour vous, à l'époque ? -Les discours, les débats à la maison, avec ma maman notamment, parce que je vivais avec ma maman, étaient parfois houleux. -Parce qu'elle votait... -Front National, depuis longtemps et moi je ne le comprenais pas, j'étais lycéen encore une fois, je me souvenais aussi de la campagne de 2002, des débats quand j'étais au collège à ce moment et les discussions étaient un peu tendues. -Qu'est-ce qui vous dérangeait au sein de ce parti ? -Les clichés habituels, "c'est un parti raciste".

Pourquoi est-ce que tu votes pour eux ? Ils ne proposent rien. Ils ne parlent que d'immigration.

Voilà, c'était les clichés habituels dans lesquels on tombe quand on ne se renseigne pas plus que ça sur la politique. -Votre conversion aux idées du FN s'est faite en 2012 à l'occasion d'un meeting de Marine Le Pen à Strasbourg. Vous expliquez avoir été subjugué par son charisme fascinant.

Ce sont vos mots. Vous parlez de révélation. Ca peut donner l'impression que vous vous êtes davantage tourné vers Marine Le Pen que vers les idées du Front National ? -En tout cas, l'accroche au Front National, ça a été Marine Le Pen.

J'ai été à ce meeting, à la demande de ma maman d'ailleurs, qui m'avait demandé d'y aller parce que j'étais allé voir d'autres meetings présidentiels à Strasbourg et elle m'a demandé d'aller aussi à celui-ci. J'ai été avec plein d'appréhension sur le discours, sur la fréquentation simplement de ce meeting. Et quand j'y suis arrivé, j'ai vu en fait des familles, des jeunes de mon âge, des jeunes femmes, vraiment des gens de tout âge, un public très différent.

Et passée cette appréhension du public, j'ai écouté son discours et j'ai été à l'époque très séduit par son discours ni droite ni gauche, et son discours sur l'Union Européenne, parce que son discours était centré sur ça. -Vu de l'extérieur, ça fait un virage politique à 180 degrés, passer de Ségolène Royal à Marine Le Pen. -Non, je ne le vois pas comme ça.

Je m'intéressais encore une fois à ses propositions sur l'Europe notamment, qui moi me parlaient beaucoup dans une région qui a été désindustrialisée, qui a beaucoup souffert de cette mondialisation et de cette délocalisation des industries. Donc vraiment je me suis reconnu dans son discours et encore une fois je l'ai trouvé très charismatique et j'ai été totalement détendu par l'atmosphère et par les gens autour de moi. -Vous avez gravi les échelons du FN un à un en partant du statut de simple militant.

Votre ascension s'est d'abord faite dans le sillage de Florian Philippot. Et tout est parti d'un message posté par Florian Philippot sur Facebook. -Exactement.

Le combat de présidentiel de 2012. Je suivais beaucoup Marine Le Pen dans les médias et aussi le très médiatique Florian Philippot, vice-président du FN, et porte-parole de sa campagne. Et quelques semaines après, il a été parachuté dans ma circonscription, en Moselle, à Forbach.

Et il a posté un message sur Facebook demandant de l'aide, un appel aux militants. Et j'ai vu là une première occasion de m'engager sur le terrain, parce que je n'avais jamais distribué un tract ou collé une affiche. -Quel était votre rôle à ses côtés ? -Mon rôle c'était de l'aider sur le terrain, d'organiser les tractages... -De lui servir de chauffeur, parce qu'il n'avait pas le permis. -Exactement, donc je lui servais de chauffeur aussi.

Aussi d'organiser un peu les contacts et puis lui donner les petits trucs locaux parce qu'il n'était pas du coin donc ça aidait bien d'avoir quelqu'un du cru. -Et vous avez appris à ses côtés ? -J'ai beaucoup appris à ses côtés.

Je pense qu'il a beaucoup apporté au Front national à l'époque. Il a apporté peut-être du sérieux sur le programme. Il a apporté une autre façon de faire de la politique dans les médias.

Il a apporté aussi une ouverture à un public qu'on n'avait pas avant, peut-être de jeunes diplômés qui nous ont rejoints en masse à cette époque. Je pense qu'il a beaucoup apporté au parti à l'époque, oui. -Alors, sauf qu'en 2017, après l'échec de Marine Le Pen à la présidentielle, elle l'a poussé à la démission.

Et alors, vous ne l'avez pas suivi, Florian Philippot, quand il a quitté le FN. Pourquoi ? -Ca faisait déjà plusieurs mois que j'étais en rupture avec lui, avec ses méthodes.

Je voyais bien qu'il tentait de se désolidariser du parti et qu'il pensait à la suite. Et en fait, c'est très drôle parce qu'il a fait une analyse, la même analyse d'ailleurs que Marion Maréchal à l'époque, je pense, alors qu'en interne, le moins qu'on puisse dire, c'est qu'ils n'étaient pas amis, c'est qu'à la suite du débat de Marine Le Pen en 2017 qui était raté, elle l'a dit elle-même, Ils ont fait le pari que Marine Le Pen, c'était terminé. Et je me souviens d'une phrase dans la voiture en Moselle pendant les législatives de 2017, Florian Philippot me dit : "Marine Le Pen, c'est terminé.

Elle ne se relèvera jamais de ce débat raté. Et si elle est terminée, le FN aussi." -Vous n'étiez pas d'accord. -Il voulait tenter autre chose.

Et je n'étais pas d'accord parce que je voyais sur le terrain qu'il y avait un vrai attachement, un confiance en Marine Le Pen. Et on le voit plus tard. -En 2022, vous vous êtes retrouvé face à Florian Philippot aux législatives dans la même circonscription.

Vous l'avez battu au premier tour avant d'être élu vous-même au second. Quels sentiments avez-vous eu en affrontant comme ça celui qui avait été votre mentor, en quelque sorte ? -C'était un peu navrant parce que je pense vraiment qu'il avait sa place dans le parti, qu'il aurait pu continuer à apporter beaucoup de choses.

En même temps, voilà, il m'a beaucoup appris. Moi, je me suis engagé en 2012 pour le faire élire, lui, député. Et dix ans plus tard, en 2022, je me retrouve face à lui et c'est moi qui suis élu député. -C'est l'élève qui a dépassé le maître ? -Oui, alors après, il était brillant et je n'ai pas la prétention de dire que je suis autant que lui, mais oui, en quelque sorte, sur la manière de faire de la politique et une campagne locale, je pense que j'ai peut-être dépassé le maître, oui. -Après le départ de Florian Philippot, votre ascension au sein du RN semble être liée à celle de Jordan Bardella ?

Parce qu'à peine élu président du RN, il vous a nommé trésorier du parti. Plus récemment, il vous a nommé vice-président de la commission qui est chargée de réaliser un peu le casting des candidats du RN aux prochaines législatives. Et ça, c'est quelque chose de stratégique.

Il vous fait confiance, Jordan Bardella ? Comment s'est noué votre relation politique avec lui ? -Assez tôt parce que lui aussi gravitait un peu autour de ces jeunes diplômés ou qui arrivaient un peu de tous les horizons qui avaient rejoint le FN au moment de Florian Philippot donc on se côtoyait à cette époque.

Il avait lancé un collectif, Banlieues patriotes. A l'époque, j'aidais Florent Philippot à lancer ses collectifs, j'avais rencontré Jordan à cette occasion. Mais surtout plus tard, c'est en 2019, quand je travaillais au siège du Front National après la présidentielle de 2017, et on a travaillé dans le même bureau pendant plusieurs mois.

Et ensuite, j'ai été nommé co-directeur de sa campagne des européennes de 2019 Donc on a passé beaucoup de temps ensemble dans le même bureau. Je l'accompagnais sur les médias dans ses déplacements, donc ça rapproche, ça crée des liens. -J'ai lu que Jordan Bardella n'a fait lire les épreuves de son livre qu'à quatre personnes avant sa sortie.

Il y a ses deux meilleurs amis, un proche collaborateur et vous, même pas Marine Le Pen, si j'ai bien lu. Qu'est-ce qui vous a valu ce geste-là ? Comment vous l'expliquez ? -Je pense que c'est la confiance qu'il m'accorde. -Mais ce n'est pas forcément connu des journalistes ou du grand public.

Là, vous êtes vraiment très proche de lui pour qu'il ait eu ce geste-là. -Peut-être parce que je suis quelqu'un d'assez discret. Je ne me vante pas de cette proximité, d'ailleurs ni avec Marine Le Pen ni avec Jordan Bardella.

Je suis là quand on a besoin de moi, de façon très modeste, avec mes compétences. -Oui ? -Je pense que j'ai prouvé que je pouvais être quelqu'un de confiance parce que je ne suis jamais parlé à des journalistes en off, de choses qu'on aurait pu me confier. -Du coup, vous ne me direz pas si vous lui avez conseillé de changer des passages de son livre ?

Non, mais je peux vous dire très honnêtement, je n'ai pas apporté grand-chose. Il y avait peut-être quelques petites incohérences au niveau du temps, des actions, mais c'était très bien. Je n'ai pas eu beaucoup de remarques à faire. -Il vous a donc confié la fonction stratégique de trésorier.

C'est aussi très exposé. Il y a des trésoriers de parti qui finissent en prison. Vous avez réfléchi à ça avant d'accepter le... -En fait, c'est Marine Le Pen qui, un an avant la présidence de Jordan Bardella, m'avait nommé trésorier national.

Oui, oui, c'est un poste qui est exposé. On prend beaucoup de risques. On signe beaucoup de documents toutes les semaines.

On gère de l'argent public. Donc, on est astreint à beaucoup d'obligations, beaucoup de contrôles. C'est un risque que peu de gens accepteraient de faire.

Beaucoup de gens me disent, mais pourquoi tu as accepté ça ? Tu es complètement fou. Mais moi, j'y vois là une façon d'être utile au mouvement.

Je pense que de cette façon, j'apporte certaines compétences et je me sens utile. C'est important pour moi. -On voit vos missions stratégiques et en même temps, on voit peu dans les médias.

Pourquoi ? Vous n'aimez pas ça ? -Non, je pense qu'on ne peut pas tout faire.

Je suis député, je suis engagé localement, je suis conseiller municipal de ma commune à Stiring-Wendel. Je suis trésorier national, ce qui est vraiment un job à temps complet. Ca me prend beaucoup de temps.

On ne peut pas tout faire. On ne va pas dans une émission les mains dans les poches. C'est plusieurs heures de préparation sur l'actualité, sur les thèmes.

Et j'estime que je n'ai pas le temps de le faire. Et d'autres collègues de mon groupe font ça de façon brillante. Donc, je n'ai aucune raison d'y aller moi aussi. -On va conclure l'émission par notre petit quiz.

Je vais vous proposer des débuts de phrases que vous allez devoir compléter. "Contrairement à Marine Le Pen, Jordan Bardella..." -Jordan Bardella aime bien aller faire des dîners à Paris.

Voilà. -Marine Le Pen n'aime pas ça ? -Non, Marine Le Pen n'aime pas ça.

Elle n'aime pas les dîners, d'ailleurs. Elle aime bien être chez elle le soir. "Etre le premier Kévin élu à l'Assemblée..." Vous êtes deux pour être exact. -Oui, c'était déjà un sujet en 2017, parce que j'avais failli être élu.

C'est vrai que c'est une première parce qu'en fait, Kévin, c'est un marqueur social dans la société française. Et moi, je m'en réjouis parce que ça montre que l'Assemblée, aujourd'hui, elle est ouverte à tout le monde, quelles que soient nos origines, quelles que soient nos origines sociales, surtout. -"La quiche Lorraine des boulangeries parisiennes..." -Ca va. -Ca va, c'est correct ? -Ca va, c'est correct. -Il manque un petit ingrédient en plus ? -Il manque le savoir-faire de nos mamans.

Voilà, mais ça va. -Merci, Kévin Pfeffer, d'être venu dans "La politique et moi". -Merci à vous.

Générique

Kévin Pfeffer, député Rassemblement National de Moselle | La politique et moi — Kévin Pfeffer · Pourquijevote