"Je ne me retrouve pas dans le discours de Zemmour" Valérie Pécresse
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Merci beaucoup d'être sur LCI ce matin, président de la région Île-de-France, candidate à la présidentielle. Emmanuel Macron a engagé un rapport de force hier pour accélérer les expulsions des clandestins, pour ne plus se prendre le mur du refus. Il durcit les conditions d'obstention de visa, moins 50% Maroc, Algérie, moins 30% Tunisie. Vous le réclamiez, Valérie Pécresse, Emmanuel Macron le fait.
Heureusement que l'opposition était là. On voit bien que le gouvernement agit contraint et forcé, mais c'est encore très insuffisant. Vous vous souvenez qu'Emmanuel Macron avait dit il y a deux ans que 100% des obligations de quitter le territoire français, pour les clandestins, devraient être exécutées. Et aujourd'hui nous découvrons que vis-à-vis de l'Algérie, 98% ou 99% des obligations de quitter le territoire français n'étaient pas exécutées. Qu'avec le Maroc, c'était 98%. Donc on s'aperçoit en réalité de l'impuissance des pays. De l'impuissance. Oui, mais aujourd'hui, les mesures sont totalement insuffisantes.
Ce qu'il faut faire, ce que je ferai, c'est d'abord une loi constitutionnelle pour fixer des quotas, des quotas migratoires par pays qui seront fixés chaque année par le Parlement, de façon à reprendre le contrôle de nos flux migratoires. Donc une loi constitutionnelle, donc pour réformer ? Mais attendez, cette loi constitutionnelle, elle doit s'accompagner de la renégociation de tous les accords migratoires que nous avons avec les pays du Maghreb et avec les pays d'Afrique subsaharienne. L'objectif c'est quoi ? C'est de dire visa contre retour et que ce soit fixé dans un accord international et que les pays accèdent.
Parce que pour l'instant, la suspension des visas que le gouvernement a proposé, c'est une suspension temporaire, c'est une opération coup de poing. Nous, il faut inscrire ça durablement dans nos relations internationales avec l'Afrique.
C'est peut-être provisoire, mais dit-il, vous ne l'aviez pas fait la droite quand vous étiez au pouvoir. Ce rapport de force, d'établir ce chantage entre guillemets, entre visa et effectivement retour, vous ne l'aviez pas fait. Donc on va voir ce que ça donne. On ne connaît pas l'efficacité encore.
Mais Mme Martichoux, nous reconduisions sous Nicolas Sarkozy 44% des personnes par an, des personnes qui avaient une obligation de quitter le territoire en 2012. 44%. Cette année, 12%. Voilà. Donc effectivement, le gouvernement prend cette mesure coup de poing. Mais cette mesure coup de poing est insuffisante. C'est durablement qu'il faut graver dans le marbre un nouvel accord migratoire avec les pays du Maghreb et les pays d'Afrique subsaharienne.
Pourquoi il le fait hier ça ? Pourquoi il l'annonce hier Emmanuel Macron ?
Parce qu'Emmanuel Macron, candidat, veut faire oublier toutes les défaillances d'Emmanuel Macron, président. Et heureusement qu'il y a une opposition pour aiguillonner aujourd'hui le gouvernement et le forcer à prendre des décisions. On voit bien aujourd'hui qu'en matière migratoire, l'immigration est totalement incontrôlée. Vous diriez qu'il est sous pression, le président, d'un débat qui est sur les questions régaliennes ? Il est absolument sous pression. Un autre sujet, c'est celui des mineurs isolés sans papier, vous le savez bien, qui sont très, très souvent instrumentalisés par des mafias.
Ces mineurs isolés, la Cour européenne des droits de l'homme interdit de les raccompagner chez eux. Moyennant quoi, ils sont dans une impunité totale, puisqu'on ne peut pas les sanctionner véritablement. Et ils repartent dans la rue, commettent leur méfait. Donc je propose et je ferai une négociation avec les pays d'origine de ces mineurs pour obtenir, s'ils sont délinquants, qu'ils rentrent immédiatement chez eux.
Je ferai, je proposerai, etc. Vous vous indiquez, vous vous insistez beaucoup sur ces questions. L'immigration, pour vous, ça va être un thème central de la campagne ?
C'est la crise d'autorité qui sera un thème central. La crise d'autorité qui fait que dans notre pays, nos lois ne sont plus respectées. Un pays dont les lois ne sont plus respectées n'est pas un pays fier, n'est pas un pays fort. Et en matière de sécurité, vous le savez, le sujet c'est l'impunité. Le fait que notre justice est totalement débordée, qu'elle est noyée sous le stock aujourd'hui des affaires. D'ailleurs, moi je demande la vérité sur le stock des affaires non jugées qui sont aujourd'hui au ministère. Mais parce qu'on n'a pas ces statistiques. On n'a pas ces statistiques. La transparence, la transparence sur toutes ces affaires. L'impunité c'est quoi ?
C'est le classement sans suite systématique. Qu'est-ce que vous sous-entendez ? On n'a pas les bonnes statistiques. Je sous-entends que quand je me déplace dans des quartiers sensibles, je vois des policiers agresser. Leur plainte est classée sans suite. Je vois des maires qui se font insulter. Leur plainte est classée sans suite. Donc aujourd'hui, on a des juges qui sont tellement débordés par le flux. Ils n'ont pas les moyens aujourd'hui de répondre aux affaires dont ils sont saisis. Et nous avons besoin d'une impunité zéro en matière d'attaque aux personnes qui ont autorité, mais même en matière d'attaque aux Français tout court.
Donc vous dites qu'on n'a pas d'indicateur, on n'a pas d'indicateur fiable. Des délits en France. Aujourd'hui, il y a trop de classements sans suite. Et il y a aujourd'hui trop de stocks d'affaires non jugés. Il y a des délais de justice qui sont énormes. Et quand les affaires sont jugées, les peines ne sont pas exécutées. Donc nous devons avoir des moyens supplémentaires pour permettre à la justice de juger vite, efficacement. Ce sont vos thèmes. Et d'exécuter les peines. Bah oui, c'est la crise d'autorité.
Valérie Pécresse, ce matin, Gérald Darmanin donne une grande interview au Figaro. Voilà ce qu'il dit à propos de la campagne. Les Français, ils ont besoin de sécurité et de maîtrise de l'immigration, oui. Mais c'est d'abord le travail et la baisse du chômage qu'ils intéressent. Sous-entendu, la droite fait beaucoup de mousse autour de sujets qui existent et qui sont existentiels pour les Français. Mais ce n'est pas ça qui les intéresse d'abord.
Alors, d'abord, moi, je voudrais répondre à l'interview de Gérald Darmanin, puisqu'il parle de tout ce qu'il fait contre l'islamisme.
Il a des mots très forts. Nous commençons à diffuser la terreur chez ceux qui voudraient nous l'imposer, sous-entendu, leur loi islamique.
Eh bien, nous ne sommes pas encore suffisamment armés. Et notamment face aux djihadistes qui sortent de prison. Nous commençons à diffuser la terreur. Tous les ans.
Il a raison, pas ? Nous commençons à diffuser la terreur.
Non, on n'est pas du tout suffisamment armés. Je vous donne un exemple, mais qui est quand même très parlant. Des dizaines de djihadistes sortent de prison chaque année. Des dizaines. Et face à cela, impossible de faire voter une loi qui permette des mesures de sûreté pour les garder en rétention après leur sortie de prison. C'est une demande... C'est ce qu'on fait pour les pédophiles, les criminels, les psychopathes. C'est ce qu'on fait pour des criminels dangereux. Et on ne le fait pas pour ces bombes humaines que sont les djihadistes quand ils sortent de prison. Alors, voilà, on n'est pas armés aujourd'hui pour faire face à la radicalisation.
Mais pour revenir à votre question, parce que je ne l'évite pas, je ne l'esquive pas, bien sûr, le pouvoir d'achat est une question majeure. Bien sûr, l'économie. Et c'est pour ça que ma mesure phare, c'est une augmentation de 10% des salaires de la majorité des Français jusqu'à 2,5 SMIC pour permettre que le travail paye.
L'expression a fait Floresse, c'est la vôtre. Emmanuel Macron crame la caisse.
Oui, mais moi, je fais les réformes que Emmanuel Macron n'a pas faites et j'économise.
Le patron du MEDEF, qui était à votre place lundi matin, il a dit qu'il faut faire attention aux dépenses inutiles. Il a parlé de tous les candidats présidentiels qui annoncent comme ça des augmentations de salaires. Alors vous, c'est plus 10% ?
Oui, mais moi, c'est financé. C'est financé par la réforme des retraites, par la réforme de l'assurance chômage étape 2, qui permettrait de mettre la dégressivité à partir, là aussi, de 2,5 SMIC. C'est-à-dire qu'on instaurerait une dégressivité de l'assurance chômage qui inciterait à reprendre le chemin du travail beaucoup plus vite, à partir de 6 mois. C'était une proposition de la droite en 2017 qui n'a pas été mise en place.
Donc à partir de 6 mois, les allocations chômage...
Commençons à baisser légèrement de façon à ce qu'il y ait une vraie incitation à reprendre un emploi. Et par ailleurs, la réforme de l'État. Cette réforme qui permettra enfin de ne plus être champion du monde des impôts, avec des services publics qui ne sont pas champions du monde, et de recentrer l'action de l'État sur ses vraies 3 principales missions, protéger, éduquer, soigner.
Pouvoir d'achat, on va y revenir, parce que ça m'intéresse de savoir ce que vous feriez, vous, si vous étiez aux manettes, alors que les prix de l'énergie flambent. Mais je voudrais quand même qu'on s'arrête une seconde sur une phrase de Nicolas Sarkozy, hier, l'ancien président. Dans le débat politique, il y a un vide, dit-il, dont profitent les extrêmes. Le vide, précisément, pour lui, si j'interprète sa pensée, c'est l'absence d'idées, l'absence de propositions. Forte, c'est ce qu'il constate. C'est une pierre dans votre jardin, Valérie Pécresse. Vous prenez votre part, vous vous sentez concerné.
Il dit qu'il y a un vide, aujourd'hui, dans le débat public, qui n'est pas comblé, et les extrêmes se précipitent.
Aujourd'hui, il y a à choisir un candidat unique pour la droite. Et c'est vrai qu'on a pâti, ces trois dernières semaines, de l'absence de processus clair, de sélection de ce candidat. Maintenant que ce processus est clarifié, on va pouvoir débattre projet contre projet, idée contre idée. Et du coup, nos idées vont devenir audibles. Tant qu'il y avait cette focale sur comment désigner le candidat, on était sur le comment désigner le candidat, on n'était pas sur comment, que disons-nous, aux Français...
Donc, projet contre projet, dans des débats télévisés, d'ailleurs.
Absolument. Vous êtes pour ? Vous participez ? Je suis prête à tous les débats. Si elle-ci vous propose un débat, vous direz oui. Je suis prête à tous les débats. Je suis prête à tous les débats. Bien placé. Je suis prête à tous les débats. Parce que là aussi, et j'entends la phrase de Nicolas Sarkozy, face à ceux qui polémiquent, il faut que nous proposions des solutions. Et c'est notre ADN. La droite de gouvernement, c'est un parti qui propose des solutions et qui fait.
Bon, manifestement, il n'a pas son compte, Nicolas Sarkozy. Il veut décider plus fort, peut-être plus original. Il l'aura. Tiens, une petite musique, à droite. Vous me disiez ce que vous en pensez. Selon laquelle, finalement, le 4 décembre, vous arriveriez derrière un ou une candidate. Tout sera lié derrière un nom. Ce sera un congrès, non pas de sélection, mais un congrès de ratification.
Vous pourriez vous rallier à Xavier Bertrand ? En tout cas, moi, je suis prête à rassembler tout le monde derrière moi. Xavier Bertrand, Michel Barnier, je suis prête à porter un projet de rassemblement pour la France.
Est-ce qu'il pourrait n'y avoir qu'un seul candidat sur la ligne de départ le 4 décembre soumis aux adhérents LR ? Est-ce que ça, c'est une hypothèse ?
D'abord, Madame Artichoux, ce qu'il faut, c'est qu'on débatte et qu'on expose nos projets. Mais vous ne me dites pas non. Je dis aujourd'hui que je suis prête à rassembler tout le monde derrière moi, mais qu'aujourd'hui, je participe à une compétition dont les règles ont été fixées, qui sont très claires. Et qu'il vaut mieux une bonne compétition qui aboutisse à la désignation de notre candidat le 4 décembre, plutôt qu'une sélection à la va-vite. Mais est-ce que vous pourriez vous effacer ? Et est-ce que je pourrais gagner ? Oui, est-ce que vous pourriez gagner ?
La réponse est oui, est-ce que vous pourriez vous effacer ? Je vais gagner, Madame Artichoux. Vous n'en répondez pas. Sondage Harris pour Chalange. Je réponds que je vais gagner. Oui, mais il y a une autre hypothèse. Je vais gagner le 4 décembre. Vous allez gagner le 4 décembre. Avec tous vos candidats alignés ce jour-là. Où ? Derrière vous.
Où il y a une hypothèse que ce soit quelqu'un d'autre. Nous le verrons, l'avenir le dira. Mais aujourd'hui, l'important, c'est de convaincre par nos idées. C'est ce que Nicolas Sarkozy a dit, d'ailleurs.
Mais bon, je vous repose une dernière fois la question. Est-ce qu'il pourrait y avoir qu'un seul candidat ? Vous dites oui, si c'est moi.
Si c'est moi, non. Donc si c'est quelqu'un d'autre. Je dis que je suis prête à rassembler derrière moi. Mais je n'impose pas ma candidature face à des militants qui souhaitent voter. Je souhaite que la démocratie s'exprime. Parce que moi, je n'ai pas peur de la démocratie. Et par parenthèse, vous souhaitez que Xavier Bertrand soit dans cette compétition ? Il n'a pas encore dit officiellement. Tout le monde participe, évidemment, à ce qui est pour moi vraiment un rendez-vous démocratique. C'est ce que vous avez dit, j'y vais. C'est un rendez-vous démocratique. Et donc je n'ai pas peur de la démocratie. Et je pense que la démocratie, elle est saine.
Regardez les autres partis, la pratique aussi.
On dit un mot de ce sondage. Hier, un risque interactif pour Challenge qui positionne Eric Zemmour très haut. C'est l'Institut qui le porte au plus haut dans les sondages. D'ailleurs, rendez-vous à 19h dimanche pour un sondage IFOP pour LCI TF1. Mais en attendant celui-là, on va regarder. Il situe Eric Zemmour, je ne sais pas si on peut le voir, il situe Eric Zemmour au-dessus de vous. Voilà, regardez. Valérie Pécresse est à 12, Eric Zemmour est à 13, est à 13 dans ce sondage. Vous êtes derrière Zemmour. Il vous dépasse.
Oui, mais ce que vous remarquez aussi, c'est que Marine Le Pen est à 16 et que donc aujourd'hui, il y a trois candidats dans un mouchoir de poche. Et ça veut dire que ça rebat toutes les cartes pour la présidentielle. Ça veut dire qu'aujourd'hui, l'accès au deuxième tour est très ouvert. Et cet accès au deuxième tour, c'est ça qu'il faut viser. C'est convaincre les Français. Et pour les convaincre, il faut des propositions fortes.
Et je vous l'ai dit, la loi constitutionnelle sur l'immigration, la loi sur la sécurité intérieure que nous sommes en train de préparer pour rétablir l'autorité dans ce pays et permettre justement de juger, de juger vite et d'exécuter les peines, d'ouvrir des centres fermés pour les majeurs, pour pouvoir les mettre hors d'état de nuire. Toutes ces propositions-là sont des propositions très concrètes. Vous savez, les Français, le jour où ils vont voter, il y a les sondages, souvenez-vous de Jean-Pierre Chevènement en 2001, il y a les sondages de l'automne. Et puis il y a le vote du printemps. Quand on vote, on confie ses économies à quelqu'un.
On confie son destin à un homme ou une femme politique. Et donc on a besoin de la crédibilité, on a besoin de l'assurance, de sa compétence.
Mais comment le combat ? Vous dites, par des propositions, Eric Zemmour. Par du concret et par du frère. Vous savez, le week-end dernier, j'étais à Fontain et à Aubervilliers. Est-ce qu'il faut construire, pardon, juste cette question, et puis on passera à vos propositions, mais est-ce qu'il faut construire un mur infranchissable face à Zemmour, comme Jacques Chirac l'avait fait face au FN ? Est-ce qu'il faut parler avec lui ? Est-ce qu'il faut débattre de ses propositions ?
Quelle proposition, Madame Martichoux, de quoi parler ? Donnez-moi une proposition. Les prénoms. Enfin, franchement, ce n'est pas à la hauteur du débat. On est aujourd'hui en train de parler d'un projet pour la France de 2030. On est en train de parler de comment redonner de la fierté française, de l'autorité, comment faire fonctionner la justice, comment faire fonctionner la défense, comment faire fonctionner la police. On est en train de parler de comment augmenter le pouvoir d'achat de 10% des Français. Quelle politique énergétique ? Et dans ces propositions de Zemmour ? Mais on va parler de vraies propositions pour la France. Ce sont des fausses propositions.
Mais quelles propositions, Madame Martichoux ? Madame Martichoux, quelles propositions ? Mais est-ce que vous... Vous les avez tellement entendues, vous n'en souvenez pas d'une seule. Encore un débat. Non, mais ce n'est pas moi qui l'ai fait à la plus de Zemmour.
Mais il les a bien développées face à Routé-le-Crieff l'autre jour sur LCI. Mais il y a un débat à droite. Et puis on passera sur ce sujet. Mais il y a un débat à droite. Qu'est-ce qu'on fait avec Zemmour ? Est-ce que vous, par exemple, Valérie Pécresse, vous êtes compatible avec Éric Zemmour ?
Mais le sujet est simple. Aujourd'hui, on a un Éric... Si, si, il est très simple, il est très simple. Moi, j'ai une histoire. Je m'appartiens à une droite gaulliste, résistante. Une droite qui s'est construite avec un mur infranchissable face aux extrêmes. Et on a un Éric Zemmour qui lui propose de fusionner les droites. Ce qu'il appelle fusionner les droites. C'est-à-dire, en fait, casser ce mur étanche entre extrême et droite. Eh bien moi, ça n'est pas mes valeurs, ça n'est pas ma politique. Et c'est pour ça que je ne peux pas me retrouver ni dans son discours, ni dans sa stratégie politique.
Et on ne peut pas se dire gaulliste quand on veut faire une alliance avec des gens qui ont essayé d'assassiner le général de Gaulle. Ça, c'est de la réécriture de l'histoire totale. C'est de la falsification de l'histoire.
C'est clair. Il y a des gauches irréconciliables, disait-on à un moment. Il y a ces droites irréconciliables.
Mais ce n'est pas des droites. C'est l'extrême droite et la droite. Ça n'est pas la même nature. Voilà. Pouvoir d'achat. Valérie Pécresse. C'est d'ailleurs ce que je reproche à la gauche, c'est de s'être alliée avec la France insoumise au risque de perdre sa boussole républicaine dans les élections régionales. Ce n'est pas ce que vous ferez avec les droites irréconciliables. Je ne m'allierai jamais avec l'extrême droite et je n'accepte pas la stratégie qui consiste. Eric Zemmour a l'extrême droite. Non, ce n'est pas ce que j'ai dit. J'ai dit qu'il acceptait de s'allier avec l'extrême droite. Il n'est pas d'extrême droite. Et ça, c'est différent. Il n'est pas d'extrême droite.
Il a une stratégie qui consiste à s'allier avec l'extrême droite. Et lui-même n'est pas d'extrême droite. Il vient de la droite classique, mais il accepte de s'allier avec l'extrême droite. Ça en fait un allié de l'extrême droite.
Pouvoir d'achat. C'est un allié de l'extrême droite. Jean Castex a laissé entendre hier qu'après le chèque énergie, augmenté de 100 euros il y a une quinzaine de jours, il ferait d'autres propositions pour aider les Français à passer le cap de cette flambée des prix de l'énergie et du gaz en particulier. Lesquels, vous, vous proposeriez aux Français ?
Sur l'énergie, on marche sur la tête. On marche sur la tête parce que nous avons une énergie qui n'est pas chère, issue notamment de l'énergie nucléaire. Or, la fixation des prix de l'énergie, soi-disant pour aider à la concurrence, a été faite en tenant compte du prix des énergies sur le marché des énergies. Or, le prix des énergies qu'on dit fossiles, le gaz, le pétrole est en train de flamber. Donc nous avons aujourd'hui un prix de l'énergie qui est anormalement haut par rapport à l'énergie produite en France. Donc il faut revoir les modalités de fixation de ce prix de l'énergie. Ça passe évidemment par une négociation européenne.
Ça, ça n'aidera pas les Français à court terme ? Ah ben, à court terme. À moyen terme, oui.
Dans quelques mois, ça peut les aider puisque vous savez que c'est en janvier que seront fixés les nouveaux tarifs de l'électricité. Donc il faut lancer cette négociation tout de suite. Il ne faut pas s'en prendre à Bruxelles. Il faut agir maintenant. Première chose, revoir les prix de l'énergie. Deuxièmement, il y a une aberration totale sur la facture d'électricité. C'est qu'il y a des taxes pour le service public de l'énergie, pour le financement de l'énergie. Il y a des taxes et il y a de la TVA sur ces taxes. Donc la taxe sur la taxe, la taxe au carré.
Ça ferait gagner combien ça ? Parce que quoi ? Vous la supprimeriez cette TVA ?
Il faudrait supprimer cette TVA sur les taxes. Et ça ferait gagner combien sur une facture ? Sur une facture, ça ferait gagner à peu près 4%. Ça veut dire que la moitié de l'augmentation qui est prévue en janvier serait annulée si on remettait de l'ordre dans le projet de loi de finances et le faire voter pour décembre. Et donc ne pas augmenter, ou augmenter de moitié moins la facture en janvier. Et puis il y a une dernière chose qu'on peut faire. C'est qu'aujourd'hui, EDF vend son énergie à ses concurrents. Et elle pourrait en vendre davantage. Là aussi, c'est une négociation à mener à Bruxelles.
Donc vous voyez, si on veut défendre les Français, si on veut défendre les intérêts de la France, ça se passe au niveau européen. Mais c'est possible. Il n'y a pas d'impuissance.
Juste un mot. Yannick Jadot a passé le cap. Il est sélectionné aux dépens de Sandrine Rousseau, qui avait fait du féminisme, même popularisé l'écoféminisme, vraiment une valeur ajoutée en politique. Est-ce que vous diriez qu'être une femme face à vos concurrents, c'est une valeur ajoutée ?
Moi, je ne partage absolument pas le féminisme de Sandrine Rousseau. Non, mais ça mérite d'être dit. Elle est d'une radicalité qui n'est pas la mienne, qui ne sera jamais la mienne, parce que moi, je n'opposerai jamais les hommes aux femmes. Jamais. Est-ce que le féminisme est une valeur ajoutée en politique ? Le fait d'être une femme ? Écoutez, en tout cas, pour moi, ça ne doit pas être un signe de dévalorisation, comme j'entends certains le dire, notamment chez Zemmour, où on entend dire que le pouvoir ne peut pas se décliner aux féminins. Dans les grandes démocraties qui nous entourent, dans la gestion de la crise Covid, les femmes au pouvoir ont mieux géré. Et elles ont mieux géré...
Pardon pour l'expression.
Mais c'est une vérité.
C'est une belle connerie de dire que les femmes, évidemment...
Ne peuvent pas exercer le pouvoir. C'est surtout une misogynie absolument médiocre, minable.
Minable, merci beaucoup. Misogynie minable.
Misogynie, évidemment, on a entendu.
Merci à vous d'avoir été ce matin sur LCI. Merci à vous.
Valérie Pécresse