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Interviewfranceinfo (sur YouTube)· 9 avril 2026 10 minContradictoireActualité / polémiqueInstitutions & électionsSolidarités & familleEurope & internationalSanté

Karim Bouamrane, maire PS de Saint-Ouen-sur-Seine, est l'invité de la matinale de franceinfo

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 35 %Attaque 50 %Défensif 15 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 87 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:01OuverteRéponse directe

    On a le sentiment qu'il y a de l'électricité dans l'air au PS.

  • 0:08OuverteRéponse directe

    Boris Vallaud a claqué la porte du bureau national. C'est quoi le problème ?

  • 0:15OuverteRéponse directe

    C'est la désignation du candidat à la présidentielle de la gauche ?

  • 0:47OuverteRéponse partielle

    On va parler des municipales, mais sur l'organisation, le bloc central et la droite s'organisent. Vous souhaitez quoi ?

  • 0:56OuverteÉludée

    Vous souhaitez cette petite primaire souhaitée par Olivier Faure, avec certains candidats de la gauche hors LFI ?

  • 1:52OuverteRéponse directe

    Est-ce que vous pourriez faire rêver ? Vous avez des ambitions présidentielles pour 2027 ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:19Invité politiqueFait
    « Le problème c'est la ligne. La ligne d'Olivier Faure a perdu. »
  • 0:22Invité politiqueFait
    « Ça fait depuis 2024 que je dis qu'il faut une ligne claire en termes de stratégie. »
  • 0:25Invité politiqueFait
    « La stratégie qu'a gagnée c'est la nôtre, celle que je porte depuis 2024, à savoir pas d'alliance avec la LFI, une gauche rassemblée, une gauche écologiste, une gauche humaniste, une gauche républicaine, et cette ligne a gagné. »
  • 0:36Invité politiqueFait
    « Vous voyez bien que les accords entre les deux tours, il y a eu plein de ces accords avec la LFI. »
  • 0:41Invité politiqueFait
    « Simplement, six listes ont gagné qu'il y avait des accords avec la LFI, donc la ligne d'Olivier Faure a perdu, la nôtre a gagné. »
  • 3:01Invité politiqueChiffre
    « des gens comme mes parents qui touchent 600, 700 euros par mois »
  • 3:38Invité politiqueChiffre
    « Juste un élément statistique, il divise son score par trois. »
  • 3:54Invité politiqueFait
    « Lorsque vous êtes dans une succession de défaites, Mme Bouillaguet, vous sortez. »
  • 5:05Invité politiqueFait
    « On a tous été victimes de propos racistes. »
  • 5:18Invité politiqueFait
    « qu'on soit juif, qu'on soit musulman, qu'on soit noir, qu'on soit maghrébin, qu'on soit asiatique, qu'on soit femme, qu'on soit homosexuel. »
  • 5:23Invité politiqueFait
    « On a toutes et tous subi des discriminations du racisme, de la xénophobie, du sexisme et de l'antisémitisme lorsqu'on est en responsabilité. »
  • 5:51Invité politiqueFait
    « Le mot diversité, moi, ça me saoule, ça me fatigue. »
  • 6:00Invité politiqueFait
    « On est tous français, on est tous républicains, blancs, noirs, maghrébins, asiatiques, quel que soit son phénotype. »
  • 6:03Invité politiqueFait
    « Cette Nouvelle-France, ça fait écho à ce que Zemmour porte avec ce fantasme du grand remplacement. »
  • 7:15Invité politiqueFait
    « Ça m'énerve, moi, ce terme, moi, racisé. »

Temps de parole

  • Karim Bouamrane73 %
  • Présentateur27 %

2,9 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:01
Présentateur

Bonjour Karim Bouamran, on a le sentiment qu'il y a quand même de l'électricité dans l'air en ce moment au sein du Parti Socialiste. Mardi soir, Boris Vallaud, qui est le patron des socialistes à l'Assemblée Nationale, a claqué la porte du bureau national. C'est quoi le problème ? C'est la désignation du candidat à la présidentielle de la gauche ?

0:19
Karim Bouamrane

Le problème c'est la ligne. La ligne d'Olivier Faure a perdu. Ça fait depuis 2024 que je dis qu'il faut une ligne claire en termes de stratégie. La stratégie qu'a gagnée c'est la nôtre, celle que je porte depuis 2024, à savoir pas d'alliance avec la LFI, une gauche rassemblée, une gauche écologiste, une gauche humaniste, une gauche républicaine, et cette ligne a gagné. Vous voyez bien que les accords entre les deux tours, il y a eu plein de ces accords avec la LFI. Simplement, six listes ont gagné qu'il y avait des accords avec la LFI, donc la ligne d'Olivier Faure a perdu, la nôtre a gagné.

0:47
Présentateur

On va en parler de ce qui s'est passé au municipal, mais juste sur l'organisation, on voit que le bloc central et la droite commencent à s'organiser, commencent à penser à un candidat commun. Vous souhaitez quoi ? Est-ce que vous souhaitez cette petite primaire souhaitée par Olivier Faure, avec certains candidats de la gauche, hors Jean-Luc Mélenchon, Raphaël Guxman ?

1:07
Karim Bouamrane

Moi ce que je souhaite c'est un projet qui donne la possibilité aux Françaises et aux Français de pouvoir se soigner, de pouvoir se loger, de pouvoir avoir une éducation de qualité, de ne pas subir le contre-coup de cette crise inflationniste qui va arriver, aussi bien pour les PME que pour les collectivités territoriales, que pour les ménages les plus modestes. Et aujourd'hui, force est de constater qu'il n'y a pas d'incarnation, il n'y a pas de stratégie claire, il n'y a pas de ligne claire.

Le parti leader, le nôtre, le parti socialiste est à la traîne, parce qu'on est dans des aternoiements stratégiques, parce qu'on passe notre temps dans des espèces de conclaves, et parce qu'on ne fait pas rêver. C'est ça aussi la question, on ne fait plus rêver. Et aujourd'hui, on l'a vu, les élections municipales ont été un élément révélateur sur la ligne que le parti socialiste doit adopter avec ses partenaires, et qu'Olivier Faure aujourd'hui en tire les conséquences.

1:52
Présentateur

Est-ce que vous, vous pourriez faire rêver, puisque vous nous parlez de rêve, est-ce que vous avez des ambitions présidentielles pour 2027 ? Il paraît qu'avec votre micro-partie, La France humaine est forte, vous levez des fonds. Depuis quelque temps, vous auriez jusqu'à 600 000 euros.

2:07
Karim Bouamrane

Donc on lève des fonds, on lève surtout des adhérents, et on suffit de l'espoir et de l'espérance. Et aujourd'hui, effectivement, sans tabou, sans espèce de crise de pudibonderie, je peux être une solution, mais le chaos est tel que ça serait indécent de se prononcer aujourd'hui, parce que les Françaises et les Français ne sont pas dans le qui, mais dans le quoi, et dans la capacité à envoyer un maximum, maximum de rassemblements, pour faire en sorte qu'en 2027, nous ayons une candidature qui donne toutes les possibilités de pouvoir gagner.

2:38
Présentateur

Et donc une primaire, pourquoi pas, plus tard, avec qui ?

2:41
Karim Bouamrane

Vous savez franchement, ça fait six mois que je suis en campagne. Six mois que j'étais en campagne, il n'y a pas une Française ou un Français qui m'a parlé de primaire, ou de petite primaire, ou de grande primaire. On me parle, mais c'est très, la gauche du réel, c'est ça, c'est comment on se soigne, comment on démocratise l'excellence et on donne de l'éducation et de l'espoir à nos enfants, comment on donne des moyens aux petites retraites, aux retraités, des gens comme mes parents qui touchent 600, 700 euros par mois, comment on donne la capacité à nos jeunes de pouvoir se loger.

C'est ça la question, et surtout comment on répond aux enjeux écologiques et comment on est dans un monde de paix.

3:12
Présentateur

Alors, vous évoquez les municipales, Olivier Faure, effectivement, le patron du Parti Socialiste, a fermé les yeux sur les alliances entre le PS et la France Insoumise. Vous qui avez été largement réélu maire de Saint-Ouen face notamment à une insoumise, vous continuez ce matin de demander sa démission ?

3:30
Karim Bouamrane

Moi, j'ai été réélu face à Manon Montmurel, qui est le bras droit d'Éric Coquerel. Juste un élément statistique, il divise son score par trois. Ça signifie qu'aujourd'hui, une politique de gauche qui donne de l'espoir et de l'espérance, c'est possible. Et cette ligne, il faut qu'elle soit globalisée, il faut qu'elle soit portée. Et hier, on parlait du match de foot du Paris Saint-Germain. Lorsque vous êtes dans une succession de défaites, Mme Bouillaguet, vous sortez. Aujourd'hui, Olivier Faure doit sortir parce que sa ligne ne fonctionne pas, ne fonctionne plus. On va dire qu'elle n'a jamais fonctionné.

Donc là, il y a plusieurs, dire, Théo, des sensibilités, des motions qui doivent se rassembler, notamment celle de Boris Vallaud, celle de Carole Delga, celle de Nicolas Mayer-Rossignol.

4:17
Présentateur

Et pourquoi vous ne coupez pas le cordon ? Qu'est-ce qui se passe ? Qu'est-ce qui fait qu'Olivier Faure, il est toujours premier secrétaire ?

4:22
Karim Bouamrane

La balle est dans le camp de Boris Vallaud. Il y a eu des claquements de porte. Très bien, j'applaudis des deux mains. Bravo. Mais aujourd'hui, comme on dit dans le milieu anglo-saxon, il faut se caloper. Et il faut se donner les moyens pour vite changer de stratégie, de direction, parce que nous n'avons plus le temps. L'élection municipale a été un indicateur sur ce que nous devions faire collectivement.

4:45
Présentateur

L'élection de Bali Bagayoko, l'insoumis à la tête de Saint-Denis, a suscité pas mal de tensions. Un mot, juste au passage, sur les remarques racistes qu'il a reçues. Est-ce que c'est le lot de tous les maires de couleur, les maires noires, de se retrouver en France face à des propos comme ça ?

5:05
Karim Bouamrane

On a tous été victimes de propos racistes. C'est la raison pour laquelle j'étais samedi pour exprimer mon soutien républicain auprès du maire de Saint-Denis, M. Bagayoko, qu'on soit juif, qu'on soit musulman, qu'on soit noir, qu'on soit maghrébin, qu'on soit asiatique, qu'on soit femme, qu'on soit homosexuel. On a toutes et tous subi des discriminations du racisme, de la xénophobie, du sexisme et de l'antisémitisme lorsqu'on est en responsabilité. Et c'est de notre rôle de nous mobiliser et de stigmatiser et de condamner ce type d'agissement.

5:36
Présentateur

Bali Bagayoko, tout comme Jean-Luc Mélenchon, a mis dans le débat public ce concept de Nouvelle-France, donc une France plus jeune, populaire, urbaine, issue de la diversité. Quel regard vous portez, vous, sur cette Nouvelle-France ?

5:49
Karim Bouamrane

Moi, je ne connais pas, moi, la Nouvelle-France. Le mot diversité, moi, ça me saoule, ça me fatigue. On est tous français, on est tous républicains, blancs, noirs, maghrébins, asiatiques, quel que soit son phénotype. Et cette Nouvelle-France, ça fait écho à ce que Zemmour porte avec ce fantasme du grand remplacement. Moi, je parle d'élite populaire, lorsqu'il y a toute une nouvelle génération qui vient en responsabilité, qui vient en responsabilité et qui est issue des quartiers populaires, des quartiers pauvres, qu'ils soient ruraux ou métropolitains, qu'ils soient blancs ou qu'ils soient noirs. Vous savez, il y a eu un renouvellement des élites en Seine-Saint-Denis.

Vous avez une maire, la maire de René Soubois, Magali Thibault, qui a exactement le même phénotype que vous, mais qui a exactement les mêmes origines sociales que M. Bagayoko, que moi-même. Donc le combat, il est social, souvent avec des obstacles ethnico-religieux. Et nous les combattons, nous ne devons pas être dans le déni. Et vous avez une bonne partie, pardonnez-moi d'avoir été long, une bonne partie de celles et ceux qui se sont exprimés de façon, on va dire, révoltée, révulsée, qui pendant longtemps ont cautionné toutes les remarques racistes et antisémites et négrophobes et islamophobes que nous avons vécues.

6:55
Présentateur

Mais vous dites que cette Nouvelle-France, c'est du communautarisme ?

6:58
Karim Bouamrane

Ce n'est pas ce que je dis. Ce que je dis par là, c'est que le concept renvoie, fait écho, une espèce de ping-pong avec un échange de bons procédés, avec la droite extrême, la droite populiste, qui nous parle d'un grand remplacement.

7:09
Présentateur

Jean-Luc Mélenchon, aujourd'hui, parle lui-même de grand remplacement. Il parle aussi de personnes racisées.

7:15
Karim Bouamrane

Ça m'énerve, moi, ce terme, moi, racisé. Le terme racisé, est-ce que quand on est noir, quand on est maghrébin, quand on est arabe, quand on est juif, quand on est musulman, on subit plus l'ostracisme, la discrimination, le racisme ? Oui, je le vis tous les jours, mais le concept, aujourd'hui, c'est l'inégalité, elle est surtout sociale, exacerbée par l'ethnico-religieux. Et le concept de Jean-Luc Mélenchon, c'est avoir une lecture ethnicisée, par exemple. Il part du principe que lorsque vous avez des villes ou des villages où il y a des Noirs, des Maghrébins, des Arabes, il leur faut un maire de la même couleur. N'importe quoi.

Ça, c'est une vision de la société que je récuse et que je réfute. Et moi, ce qui me fait marrer, moi, c'est Jean-Luc Mélenchon. J'ai analysé sa direction. Entre guillemets, c'est pas très racisé. Ils sont où les Noirs ? Ils sont où les Arabes ? Ils sont où les Maghrébins ? Ils sont où les Asiatiques ? En revanche, dès qu'ils considèrent que dans des villes de Seine-Saint-Denis où il y a des Noirs, des Maghrébins, des Arabes, mettez-leur à un maire arabe, noir ou Maghrébin ou Asiatique. Non, ça ne fonctionne pas comme ça.

8:17
Présentateur

Et comment vous expliquez aussi à ces scènes de tension, de violence, même dans certaines mairies remportées par la France insoumise au moment de la proclamation des résultats ?

8:26
Karim Bouamrane

Je me suis exprimé là-dessus. Tous les comportements anti-républicains sont inacceptables, mais c'est souvent, souvent, malheureusement, symétrique à la violence des maires sortants. Je pense notamment à la violence du maire sortant de Blanc-Ménil qui s'est comporté d'une façon inète, inacceptable et souvent anti-républicaine.

8:42
Présentateur

Vous reprendriez à votre compte le général Darmanin qui a évoqué un sentiment pré-révolutionnaire électoral. Est-ce que vous êtes d'accord avec lui ? Est-ce que vous ressentez ça également ?

8:51
Karim Bouamrane

Je n'irai pas sur un sentiment pré-révolutionnaire électoral. Il y a une tension et puis chaque situation, chaque ville a sa situation. Il y a un côté un peu cathartique, il y a un côté un peu dégagisme que je récuse. Moi, je vois que dans 90% des cas, ça s'est très bien passé. Dans une ville comme la mienne, ça a été apaisé, ça a été fraternel, ça a été serein parce qu'on a re-sanctuarisé des valeurs basiques, basées sur la bienveillance, sur l'amour. On peut faire campagne en étant, on va dire, exigeant, mais surtout en étant positif et en étant dans les valeurs de l'amour.

9:24
Présentateur

Un tout dernier mot rapidement sur ce qui se passe en Iran et les conséquences en France. avec le prix du baril de pétrole qui commence à baisser après le cessez-le-feu. Sébastien Lecornu estime que cette baisse devrait se traduire concrètement dès ce week-end à la pompe. Est-ce que les socialistes demandent toujours un chèque énergie pour les Français les plus modestes ?

9:46
Karim Bouamrane

Il faut des mesures très concrètes en direction des ménages les plus modestes, des PME et surtout des collectivités territoriales. Un exemple très concret, lorsque vous êtes en responsabilité et on sort de la séquence des municipales, vous avez ce qu'on appelle des bailleurs, c'est-à-dire vous gérez des logements, et là il va y avoir une augmentation drastique des charges, les fluides, les gaz, et là il faut apporter une aide concrète en direction des collectivités territoriales parce que ça va impacter directement les classes populaires, les classes moyennes.

10:13
Présentateur

La France a encore les moyens, je croyais que les quêtes étaient vides.

10:16
Karim Bouamrane

La France doit être humaine, la France doit être forte, et il faut savoir hiérarchiser les priorités et aider les plus modestes, c'est aller trouver l'argent là où il se trouve.

10:23
Présentateur

Merci beaucoup Karim Bouamran, bonne journée à vous.

10:25
Karim Bouamrane

Merci.