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Conférence de presseÉlysée (sur YouTube)· 28 août 2020 16 minAutoproduitActualité / polémiqueSantéÉconomie & entreprisesEurope & internationalTravail & emploi

Point presse du Président Emmanuel Macron depuis l’usine de Seqens.

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 85 %Attaque 5 %Défensif 10 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 8:01OuverteRéponse directe

    Les nouvelles contraintes sanitaires (masques partout) ne risquent-elles pas d'entraver la relance économique ?

  • 10:01OuverteRéponse directe

    Plusieurs pays voisins ont placé la France en liste rouge. Comprenez-vous ?

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

-E.Macron: Bien, mesdames et messieurs, je veux d'abord remercier monsieur le maire de Villeneuve-la-Garenne de nous accueillir dans sa commune. Et le bâtiment qui est derrière moi montre d'ailleurs l'importance de ce secteur pharmaceutique, ici même, dans cette commune, puisque depuis la fin du XIXe siècle ici, on produit de la pharmacie, ce qu'il faut pour soigner nos concitoyens, et ce qui montre l'importance de cette industrie sur ce territoire, et ici même.

Alors, dans cette période où nous avons, aujourd'hui, à continuer à nous battre contre le virus pour en ralentir la diffusion, à apprendre aussi à vivre avec le Covid-19 dans un contexte où des décisions ont été prises pour préparer la rentrée scolaire et poursuivre l'activité économique dans tous les secteurs, accompagner les secteurs en difficulté. Avec le ministre de l'Economie et des Finances, le président de la Commission des Affaires économiques de l'Assemblée nationale, nous voulions être ici présents pour aussi montrer qu'il faut regarder devant et que dans ce contexte sanitaire, justement sur ces sujets sanitaires de santé, de pharmacie, la France a non seulement des atouts, mais un avenir, et un avenir pour relocaliser. Et nous sommes ici sur un site industriel, pharmaceutique d'exception, dans une entreprise qui a montré toute sa force, et je veux vraiment féliciter son président-directeur général.

Seqens, c'est en effet un fleuron français, une formidable entreprise de taille intermédiaire qui, en 15 ans, est passée de...

Elle s'est démultipliée sur le sol français et dans le monde sur le sujet, justement, des principes actifs, a montré sa capacité à se mobiliser et à produire. Vous êtes passés de 3 à 14 sites, c'est ce que vous m'expliquiez durant la visite. Et donc, cette entreprise de taille intermédiaire, elle est exemplaire parce qu'elle a su innover sur le sujet des principes actifs, parce qu'elle a su embaucher aussi et innover en matière sociale, et nous en avons vu toute la force avec les quelques profils qui nous ont été présentés ici, c'est-à-dire c'est une entreprise qui croit en la jeunesse de notre pays, qui a développé l'alternance, l'apprentissage, qui croit dans sa recherche et son développement, et qui, par une logique partenariale, on l'a vu sur le projet qui est ici développé avec leur partenaire Mithra, justement sur la base d'un oestrogène, développer un principe actif pour permettre la recherche, permettre d'avancer et bâtir avec son partenaire de nouveaux médicaments.

Et donc, je veux vraiment insister sur le caractère exemplaire de cette entreprise. Mais au-delà de la création de ce site, cette ligne de production qui va permettre d'être à la pointe de la recherche dans le secteur, plusieurs dizaines d'embauches, la consolidation du groupe, c'est aussi dans un processus de relocalisation que Seqens s'est engagée. 12 molécules seront reproduites en France dans les prochains mois et les prochaines années par votre engagement et le travail qui a été fait avec le ministère de l'Economie et des Finances, et de la Santé. 12 molécules dont certaines, d'ailleurs, ont parfois manqué.

On a été en quasi pénurie, je pense au propofol dont on avait beaucoup parlé en mars/avril, au moment, justement, du pic de l'épidémie. Et donc, c'est très important, dans la stratégie qui est la nôtre aujourd'hui, qu'avec nos partenaires industriels, on réussisse à relocaliser. Alors, c'est un mot qu'on a souvent utilisé.

Pour les uns, c'était un rêve impossible, pour les autres, un mot non suivi d'action. Vous démontrez que l'action est là, parce qu'il y a un travail collectif. Et c'est un travail qui n'a pas commencé aujourd'hui ou même hier.

Premier pilier qui rend cette relocalisation possible, c'est le travail qui est fait depuis 3 ans. Nous avons profondément réformé la fiscalité du capital et donc de l'investissement en France, profondément réformé le marché du travail qui permet l'embauche, profondément réformé aussi le secteur de l'apprentissage qui a littéralement explosé avant Covid, et que nous sommes en train de consolider. Ca fait partie des annonces qui ont été faites aussi, il y a quelques jours, par le Premier ministre et les ministres compétents.

Et nous avons aussi profondément accéléré tout un travail autour de notre industrie. Je rappelle qu'au début de l'année, pour la 1re fois depuis plus de 12 ans, on a recréé des emplois industriels en France. Et donc ce socle-là des 3 dernières années est ce qui rend possible, justement, cette vague de relocalisation.

Le 2e élément, c'est ce qui a été fait durant la crise, depuis le 1er jour de la crise, c'est-à-dire le travail de résistance, d'accompagnement des secteurs les plus en difficulté. Le ministre de l'Economie et des Finances avec le Premier ministre ont piloté avec l'ensemble des ministres sectoriels. Ce sont 460 milliards d'euros qui ont été investis depuis le premier jour de la crise.

En prêts garantis par l'Etat, en fonds de solidarité, en chômage partiel, et en plans sectoriels, de l'aéronautique à l'automobile, en passant par le tourisme. Tout ça, ce plan de résistance, c'est ce qui permet ensuite de dire : on va relocaliser quand on peut, parce que quand on laisse le tissu industriel, ou les emplois ou les compétences se perdre au pic de la crise, il est très dur de prétendre plus tard relocaliser. Le 3e volet, c'est celui dans lequel on rentre, qui sera présenté la semaine prochaine par les ministres, à l'issue du Conseil des ministres du 3 septembre, c'est donc ce fameux plan de relance.

Il est dans la continuité de ce travail. Je veux le réinscrire ainsi, et en partenariat avec l'ensemble des secteurs et des industriels, parce qu'il a été conçu, fait avec les industriels, pour que ces instruments répondent aux besoins. Et donc, ce plan de relance, cette stratégie France relance que nous allons lancer, ça n'est pas une stratégie pour faire face aux difficultés du moment, ça, nous l'avons déjà fait et nous allons continuer pour tous les secteurs qui le justifient jusqu'à la fin de l'année.

Non, c'est préparer la France de 2030. Ca n'est pas subventionner les secteurs en difficulté, nous l'avons fait partout, et c'était nécessaire et utile, c'est investir dans l'avenir, dans l'accélération de nos transformations et de nos grandes transitions. C'est investir pour transformer.

C'est bâtir la France de demain. Et donc, projet "France relance", qui sera présenté la semaine prochaine, est un projet dans lequel nous voulons projeter le pays pour plus d'indépendance, et donc la relocalisation. Pour bâtir un modèle d'avenir fondé sur le savoir, sur l'écologie et la transition écologique, qu'il s'agisse de la rénovation thermique des bâtiments ou de filières comme l'hydrogène.

Et de bâtir sur les compétences, c'est-à-dire d'investir dans les femmes et les hommes, et en particulier notre jeunesse. C'est donc un plan d'investissement dans notre avenir, et c'est un plan d'investissement dans les Françaises et Français, et en particulier les plus jeunes, pour les aider à obtenir un emploi dans cette période si difficile à continuer à avoir les compétences et les formations nécessaires. C'est ça, la philosophie de ce plan de relance, de cette stratégie "France relance" qui a été préparée depuis des mois.

Et dans ce contexte, les relocalisations jouent pour nous un rôle fondamental. D'abord parce que c'est montrer qu'il n'y a pas de fatalité, et c'est bâtir sur des secteurs d'avenir, en particulier le secteur pharmaceutique, la capacité donc à relocaliser de la production. Les 12 molécules que j'évoquais, c'est derrière de la R et D, du processus industriel, et de la capacité à consolider le site de production France.

Mais aussi notre capacité collective à fournir des médicaments à nos concitoyens. Nous allons le faire à travers plusieurs actions. D'abord, simplification de nos procédures.

Les autorisations temporaires d'utilisation, les fameuses ATU que connaissent bien les professionnels du secteur, seront réformées de manière historique, et ce sera en place pour le 1er janvier prochain, de telle sorte qu'on va réduire drastiquement les délais, qu'on va pouvoir innover plus simplement et plus vite en France. C'est un des défauts que nous avions historiquement. On mène ce travail depuis plusieurs mois, même plusieurs années, avec les professionnels du secteur, permettre d'innover plus vite, de mettre sur le marché, même de manière temporaire, plus rapidement, un médicament qui est très porteur d'innovation.

C'est essentiel pour prétendre localiser, et pour prétendre développer de nouvelles molécules, de nouveaux médicaments. La réforme des ATU au 1er janvier est un pilier de ce "France relance" qu'on simplifie. Et investir, c'est pas seulement de l'argent, c'est faire gagner du temps aux entrepreneurs, aux industriels, et à leurs salariés.

La 2e chose, c'est qu'on va réduire l'effort qui est demandé chaque année aux entreprises du médicament, de 300 millions d'euros pour le prochain plan de finance, parce que, justement, nous avons besoin de laisser plus de marge de manoeuvre à ce secteur qui est si stratégique dont on a bien vu l'importance au moment de la crise sanitaire et qui est à la fois pour soigner nos concitoyens aujourd'hui, mais bâtir notre compétitivité de demain, un secteur stratégique pour notre pays. Et puis, nous allons investir massivement sur les relocalisations. Dans le plan de relance qui sera d'un peu plus de 100 milliards d'euros, il y aura 15 milliards pour l'innovation et les relocalisations, et en particulier un milliard d'euros, vraiment d'aide direct construite avec les industriels, pour permettre, sur des projets très précis, d'apporter une aide de l'Etat qui aide à relocaliser, c'est-à-dire à parfois compenser pendant un temps donné le petit déficit qu'on avait historiquement.

Et tout ça vient évidemment se marier avec ce qui a été annoncé par le Premier ministre et le ministre de l'Economie et des Finances il y a quelques jours, c'est la baisse des impôts de production, historique aussi sur les prochaines années, qui va permettre d'améliorer la compétitivité du site productif France, en particulier sur le secteur industriel, et sur tout ce qui est productif et le plus qualifié. Vous voyez, c'est cette stratégie d'ensemble qui est importante, et nous sommes aujourd'hui aux côtés d'un industriel qui innove dans un secteur-clé, et qui va, grâce à "France relance", mais par aussi la volonté, l'engagement de ses salariés, relocaliser massivement dans les prochains mois et les prochaines années. Voilà la philosophie de ce plan que je voulais partager avec vous aujourd'hui, avant qu'il soit détaillé la semaine prochaine, et que dans les prochaines semaines, avec l'ensemble de nos partenaires, nous puissions ensuite le décliner pour que, le plus vite possible, il permette de bâtir cette France 2030, il permette justement d'être dans ce projet de conquête, et pas simplement de gestion du quotidien. -Bonjour, M. le président.

Laurence Benhamou, AFP. Est-ce que les nouvelles contraintes sanitaires, comme le masque partout dans la rue, dans les entreprises, ne risquent pas d'entraver la relance économique ? Merci. -E.

Macron : Non, je pense que ce qui est important, c'est qu'aujourd'hui, il nous faut d'abord protéger nos concitoyens, protéger en nous équipant et en prévenant. L'organisation de notre système de santé, le système de tests, l'organisation pour isoler, continuer le travail pour essayer de trouver un traitement et un vaccin. Ensuite, il faut protéger au quotidien en essayant de casser la circulation du virus.

Ce sont les gestes barrière. La stratégie masque que vous venez de définir, mais aussi, je le répète, et je le répète constamment, tenir les distances, se laver régulièrement les mains, parce que le masque ne suffit pas à lui seul. Il ne faut pas le prendre séparément.

Mais on fait ça justement parce que nous devons continuer à vivre avec le virus. Et la pire des choses, ce serait d'être dans le relâchement aujourd'hui pour laisser le virus circuler plus rapidement, ce qui nous conduirait immanquablement à des reconfinements, et donc des arrêts d'activité. Notre pays a besoin, pour justement financer son modèle social, pour mieux protéger, de continuer à produire, d'avoir une vie économique.

Notre pays a besoin, pour éduquer les enfants, pour aussi soigner les plus vulnérables qui ont d'autres pathologies, pour être fort, produire et avancer, continuer à bâtir son avenir, et donc d'apprendre à vivre avec le virus. Comme vous, je n'aime pas porter un masque. On doit un peu apprendre à vivre avec ça.

C'est gênant, c'est pénible, les gestes barrière, nous qui sommes plutôt un peuple latin, ne sont pas naturels dans nos habitudes, mais je pense que c'est une contrainte qui est raisonnable, que nous devons accepter pendant un temps, parce qu'elle permet de ralentir la circulation de ce virus. Et justement, elle permet à l'activité économique de repartir dans de bonnes conditions. Après, il y a des secteurs qui sont évidemment très contraints, comme le secteur culturel, on le sait, de l'événementiel ou autre, qu'on va continuer à accompagner dans cette période, mais il faut avoir quelques restrictions. -Bonjour, M. le président.

Cédric Pietralunga, du Monde. Plusieurs pays voisins nous ont placés en liste rouge, soit toute la France, soit certaines régions du pays. Le comprenez-vous ?

Et est-ce à dire qu'on n'a pas fait les choses suffisamment vite, suffisamment fort ? -E. Macron : Non.

Je crois que nous avons...

D'ailleurs, nos concitoyens ne vivent pas, je crois, comme telles les choses. Nous avons toujours prévenu, alerté. Il y a une responsabilité collective et individuelle qu'il faut avoir.

Ensuite, le virus circule. Il circule dans beaucoup de régions d'Europe. Dans tous les pays d'Europe, il circule, de manière hétérogène selon les régions, et en fonction des concentrations, mais la plupart des capitales européennes sont touchées aujourd'hui par une remontée du virus.

Et plusieurs régions à forte densité ou attractivité touristique le sont, de l'Espagne à l'Allemagne, en passant par la Belgique. Mais ce à quoi j'appelle, c'est plutôt la coordination européenne. Et je pense que ce qui est important, c'est d'ailleurs ce que la France a proposé au niveau européen, et ce qu'il faut réussir à faire aboutir dans les prochains jours, c'est de ne pas répéter les erreurs du mois de mars dernier.

Et la coordination suppose de dire : "Ayons les mêmes critères "et ayons une bonne organisation qui permet à l'Europe de ne pas être à l'arrêt." Ca n'a aucun sens de fermer les frontières entre deux pays quand il y a des foyers d'infection, des zones de circulation active comme on dit aujourd'hui, qui sont bien identifiés. Il faut plutôt avoir une méthodologie commune pour définir ces zones de circulation active et pour les traiter au sein de chaque pays.

C'est comme ça qu'il nous faut faire, parce que je le rappelle, nous avons partout en Europe des millions de travailleurs transfrontaliers, qui, parfois, vont d'une région à l'autre entre deux pays, qui, elles, ne sont pas touchées. Et donc ça serait absurde de faire porter des contraintes, parce que ça vient entraver la vie quotidienne et la vie économique. Donc je crois qu'on a encore des progrès à faire pour améliorer la coordination.

La France s'est engagée. J'en ai parlé avec la chancelière quand elle est venue il y a quelques jours en France. Et nous allons oeuvrer dans les prochains jours pour, justement, avancer sur ce point.

Je pense qu'il faut améliorer, mais voilà...

Ne répétons pas les erreurs du mois de mars sur ce sujet. C'est contreproductif et c'est surtout inefficace dans la lutte contre le virus et sa propagation. Un dernier point ?

Donc on va y aller. Et je remercie encore vraiment le président-directeur général de l'entreprise Seqens et l'ensemble de ses salariés, parce que vous avez montré à quel point l'entreprise était faite de femmes et d'hommes engagés au-delà des technologies? et aussi inscrite dans un territoire avec des actionnaires qui vous font confiance et qui vous accompagnent, et que je félicite, et avec un territoire aussi qui est derrière vous dont vous savez embaucher les jeunes.

Et donc merci encore, M. le maire, de nous avoir accueillis. Merci à vous.

Merci beaucoup. (Applaudissements) (...)