Documentaire inédit - Poutine, le chantage nucléaire|LCI
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Je vous propose de regarder ce documentaire inédit. De nouveaux tests de missile nucléaires ont eu lieu cette semaine dans l'extrême Orient russe près du cercle polaire. Des tirs d'essai en mer et dans les airs supervisés à distance par Vladimir Poutine lui-même.
Depuis bientôt 4 ans de guerre en Ukraine et alors que les tensions avec l'Occident s'aggravent, le maître du Kremelin brandit sans relâche la menace atomique. Poutine, le chantage nucléaire. Un grand reportage signé Hélène Bonet et Elodie Dubosque.
C'est par ici. On regarde. C'est un exercice parfaitement chorégraphié par la marine russe.
Le lancement d'un missile hypersonique Zircon en mer de Barens à quelques kilomètres des frontières de l'OTAN. Le tir est conventionnel mais l'engin est aussi capable de porter une charge nucléaire. Le Zircon est l'un des fleurons de l'arsenal russe.
Les images du test sont fournies par le ministère de la défense. C'est un moyen en fait de montrer la force nucléaire russe. Et ce missile Circon, il fait partie en fait d'une panoplie de nouveaux armements qui sont développés depuis une petite dizaine d'années et qui sont effectivement des arsenaux très modernes.
La manœuvre s'intègre dans un entraînement bien plus vaste en mer, sur terre et dans les airs. Il a lieu tous les 4 ans entre la Russie et son allié, la Biélorussie. Le dernier exercice s'est déroulé en septembre 2025.
Son nom l'opération Zapad. Les exercices Zapad, ça veut dire West, ce sont fondamentalement des exercices qui existent depuis l'Union soviétique. Sont exercices conventionnels.
Le thème général étant toujours nous sommes attaqués par l'OTAN et nous prévenons cette attaque par une offensive. L'objectif de ces exercices est de répéter tous les éléments nécessaires à la défense de la souveraineté, de l'intégrité territoriale et de la protection de l'État contre toute forme d'agression. Zapad, c'est un mélange de manœuvre classique et d'allusion atomique.
On va montrer un vecteur, glisser un/ tiers de Zircon, faire apparaître Vladimir Poutine dans le cadre. Quelque part, c'est aussi du théâtre stratégique. Depuis le début de la guerre en Ukraine, l'Occident et la Russie ont parfois semblé très près de la confrontation directe sur fond de menaces nucléaires répétées.
Un nouveau missile russe est apparu. Personne au monde ne possède encore de telles armes. C'est la première fois qu'on utilise un missile stratégique nucléaire de manière conventionnelle.
C'est un message aux européens. La Russie aujourd'hui est en train de devenir une puissance de déstabilisation mondiale. J'appelle le président Poutine à la raison.
L'ambition Vladimir Poutine en matière nucléaire, c'est que la Russie soit traitée d'égal à égal par la puissance américaine. [musique] Merci beaucoup Vladimir. La prochaine fois, on se voit à Moscou.
La Russie en tout cas celle de Poutine veut être crainte et pas nécessairement [musique] être aimée. En cas d'escalade des agressions, nous réagirons de manière décisive et réciproque. Le nucléaire, c'est une arme psychologique.
On n'est pas absolument certain que ce que raconte Poutine corresponde à la réalité. [musique] Mardi 19 novembre 2024, 3h30 du matin. Le président américain Joe Biden vient de donner son feu vert.
Pour la première fois, les Ukrainiens tirent sur le territoire russe avec des missiles longues portées de fabrication américaine. La cible est un entrepôt de munition dans la région de Briyansk. Pour Vladimir Poutine, une ligne rouge est franchie.
Le lendemain, les Ukrainiens récidive. Il tire une salle de Storm Shadow, des missiles fournis par la Grande-Bretagne. Les frappes visent sep fois la région de Kursk en Russie.
Elles auraient détruit un poste de commandement militaire. C'est là qu'était stationné une partie des soldats envoyés en renfort par la Corée du Nord pour combattre au côté de la Russie. Parmi les victimes figureraient plusieurs haut gradés nord-coréens.
Une provocation de trop pour le président russe. 2 jours plus tard à l'aube, l'arryposte est sans précédent, un missile balistique hypersonique cible une usine d'armement ukrainienne à NIPRO. Aujourd'hui, un nouveau missile russe est apparu.
Toutes les caractéristiques, vitesse, altitude correspondent à un missile balistique intercontinental. Des expertises sont en cours. Il est évident que Poutine utilise l'Ukraine comme un terrain d'essai. [musique] Le soir même, pour bien montrer sa détermination, le président russe prend la parole depuis son bureau, celui-là même où il avait déclenché l'opération spéciale en Ukraine en 2022.
Cette fois encore, son allocution est diffusée en direct à la télévision. En réponse à l'utilisation d'armes à longue portée américaine et britannique, les forces armées russes ont lancé le 21 novembre dernier une frappe combiné sur l'une des installations de l'industrie de défense ukrainienne. Dans des conditions de combat, elles ont notamment testé un des systèmes de missiles russes à porté intermédiaire les plus récents.
En l'occurrence, un missile balistique dans sa configuration hypersonique non nucléaire. Ici dans les médias russes, on en parlait à l'époque comme d'une révolution technologique. Je me souviens d'un journal papier russe qui titrait le nouveau rêve russe.
Ça rappelle un petit peu le climat de la guerre froide et de la course au missile toujours plus nombreux et plus perfectionnés. Difficile d'évaluer les dégâts causés par cette nouvelle arme. Plusieurs habitations aux alentours ont été endommagé par la frappe, mais aucune image du site militaire touchée par le missile n'a été diffusée.
Seuls les débris supposés du projectile filmé par les services de sécurité ukrainien et cette image de la frappe atteste de l'existence de l'orchnik. On a appris quelques caractéristiques techniques. Donc sa portée entre 1000 et 1500 km, leçon possible mirvage, c'est-à-dire qu'il a plusieurs têtes qui peuvent du coup frapper différentes cibles en même temps et puis le fait à priori qu'il peut être employé avec des charges conventionnelles et aussi avec des charges nucléaires en introduisant un missile qui est comme un missile nucléaire mais qu'on peut choisir d'armer avec des capacités conventionnelles et qui menace de fait toutes les capitales européennes.
Ça veut dire à destination là des Européens plutôt, nous avons une arme que vous n'avez pas dans votre arsenal. Vous n'avez pas de moyen conventionnel de reposter si nous déployons une arme comme l'orchnik. Et donc on peut jouer l'escalade sur un terrain sur lequel vous ne pourrez pas répondre.
C'était un coup de semonce de du en disant maintenant en haut vous arrêtez, vous vous calmez vous sinon on va en envoyer d'autres. Bon mais il y a pas d'autres qui ont été envoyés depuis quelques mois plus tard, alors que les négociations diplomatiques entre la Russie et l'Ukraine sont au point mort, Vladimir Poutine rencontre son allié, le président biélorusse Alexandre Lukachenko. Il annonce que Moscou a lancé la production en série de l'orchnik et que le missile pourrait être déployé sur le territoire de son voisin.
Nos spécialistes et les spécialistes militaires biélorusses ont sélectionné un emplacement pour les futures positions. Les préparatifs pour ces positions sont en cours. Donc très probablement, nous réglerons cette question d'ici la fin de l'année.
C'est un peu le croocen. On dit attention voilà, on a le rashnic qui peut apparaître à tout moment et cetera même si dans les faits bon on est même pas sûr qu' d'abord qu'il soit complètement au point. On n même pas sûr qu'ils aient réussi à le produire en série.
En tout cas, visiblement, il y a quelques difficultés. Euh et donc pour l'instant, voilà, même s'ils l'ont pas, ils ont pas en caisse, le simple fait d'en parler, ça suffit à obtenir des effets. Du moins le croîil.
Face à la résistance ukrainienne et au soutien occidental, Vladimir Poutine n'a cessé de faire monter la pression. Le 25 septembre 2024, 2 mois avant de lancer l'orchnik sur l'Ukraine, il réunit son conseil de sécurité. Assis en bout de table, Solanel face aux caméras, le maître du Kremelin annonce un changement.
Il a l'intention de réviser sa doctrine nucléaire. Dans la version mise à jour du document, il est proposé de considérer l'agression contre la Russie par tout état non nucléaire avec la participation ou le soutien d'un état nucléaire comme une attaque conjointe contre la Fédération de Russie. C'est un élargissement considérable du champ de la dissuasion nucléaire.
Il donne des détails en disant si en gros les États-Unis ne citent pas le nom, mais c'est ça que ça veut dire euh donne des armes euh létal euh à l'Ukraine qui permettrait de frapper des objectifs militaires sur le territoire russe. À ce moment-là, je ne réponds plus de rien. Il est précisé que si jamais par exemple il y a une attaque combinée avec des aéronefs et des missiles et des drones sur le territoire russe, ça peut faire l'objet d'une représaille nucléaire, même si du coup il ne s'agit pas d'une attaque nucléaire sur le territoire sur le territoire russe.
Et donc en fait cette doctrine, elle s'adapte aux différentes différentes menaces et la doctrine nucléaire russe est quelque chose qui évolue assez régulièrement. Ces nouvelles règles sont entérinées dans un décret présidentiel. Quelques heures à peine après l'attaque des Ukrainiens sur Briansk, [musique] l'inconnu, c'est qu'on ne sait pas quelle est la véritable ligne rouge.
Certains nous disent "Il n'y a pas de ligne rouge, on peut y aller carrément. En réalité, la menace nucléaire russe est une menace hypothétique qui ne se réalisera pas. Par conséquent, on peut y aller.
C'est un peu dangereux comme résultat et ce sont les Américains qui sont en mesure d'apprécier quel est le risque réel de l'utilisation de l'art nucléaire dans ce dialogue de la dissuasion que évidemment il maîtrise de parfaitement. Au changement de doctrine, le président russe ajoute la démonstration de force. Un mois plus tard, il organise un exercice grandeur nature filmé de bout en bout.
En guise d'avertissement à l'Occident, en appuyant sur un simple bouton, ces militaires et ingénieurs russes seraient capables de déclencher l'apocalypse. Le fait de tirer des missiles, c'est que vous démontrez à vos adversaires que vous avez et la technologie, vous avez le lanceur, vous avez la vitesse et cetera et cetera. Donc, vous savez le faire.
Le scénario de l'exercice est donné par Vladimir Poutine. Simuler une frappe nucléaire massive en réponse à une attaque nucléaire de l'ennemi. Il y a en parallèle une façon d'affirmer que mais ce ne sera que pour nous défendre et donc même si on pourrait choisir l'escalade, on ne le fera que si on est agressé.
Donc c'est un moyen de je dirais souffler le chaud et le froid qui là encore est assez classique dans la dans la rhtorique de la dissuasion. Depuis le Kremelin, le président russe a lui-même lancé les opérations. Il se présente effectivement bon en en chef de guerre.
Mais de toute façon, le seul qui peut décider de recourir à la l'arme nucléaire, c'est le président rusque. Et c'est pour montrer que bah si les conditions étaient remplies, que les intérêts vitaux du pays étaient menacés, il n'hésiterait pas, il n'hésiterait pas à l'employer. Poutine est au pouvoir depuis 25 ans, donc il maîtrise parfaitement la grammaire du nucléaire. [musique] Vladimir Poutine a toujours su mettre en scène sa puissance nucléaire.
Défilé militaires tous les ans sur la place rouge où l'arsenal russe est exhibé aux yeux du monde, aux adversaires comme aux alliés, [musique] visite de base militaire et d'usine d'armement. Quand il arrive au pouvoir, la Russie n'existe plus au clan conventionnel. Il sait que il a un état fragile, une armée qui est qui est en ruine.
La seule chose qui reste, c'est le nucléaire. Donc toute la reconstruction de la puissance militaire russe va se faire sur la base de ce qui ce qui reste du socle nucléaire soviétique. Et ça a permis à la Russie de se maintenir sur un pied d'égalité avec les autres États dotés.
Pour le deuxième anniversaire de l'invasion en Ukraine, Vladimir Poutine s'offre même un vol à bord d'un bombardier capable de porter la dissuasion. On voit le président russe avec un masque à oxygène, avec un casque, on est vraiment dans le cockpit. Le souci du détail est quand même assez poussé puisqueaprès cette séquence, on voit l'avion voler, vous avez Vladimir Poutine qui descend sur le tarmac et là vous voyez sur son blason son nom Vladimir Poutine commandant en chef des forces armées russes.
Donc il se met en scène comme chef de guerre, comme celui qui peut appuyer sur le bouton rouge et déclencher le feu nucléaire. Nous recevons de nouveaux équipements. Ces machines sont excellentes.
Elles sont vraiment d'une nouvelle génération. C'est quelque chose qui parle évidemment à sa population puisqu'on était en pleine campagne présidentielle mais c'est aussi un message adressé à l'Occident et aux populations occidentales. Le président russe s'est aussi manier les formules choc.
En 2018, devant un public acquis à sa cause, il évoque déjà l'hypothèse d'une guerre nucléaire. Il l'assure, la Russie ne sera pas l'initiatrice d'une telle catastrophe, mais elle répondra si son existence est menacée. L'agresseur doit comprendre que le châtiment est inévitable, qu'il sera détruit.
Et nous, en tant que victime d'une agression, en tant que martyre, nous irons au paradis. Eux, ils crèveront tout simplement. Ils n'auront même pas eu le temps de se repentir.
Bien des égards, il y a des accents messianiques dans les discours de de Vladimir Poutine. Quand vous voulez rentrer dans une logique de dissuasion en montrant que vous irez jusqu'au bout, il faut montrer que vous êtes prêt à aller jusqu'au martyre puisque une des bases de la de la dissuasion, c'est l'idée qu'on est prêt à aller jusqu'à ce que les Américains appelaient MAD la destruction mutuelle assurée. C'est aussi un moyen de montrer même aux ultranationalistes les plus fanatiques en Russie que oui, Poutine est un vrai dur, que oui, Poutine est prêt à aller au bout.
Et pour relayer son message, le président a le soutien sans faille de la plus haute autorité religieuse en Russie. Le patriarche Kiril, très proche du pouvoir, très proche du Kremelin, a déclaré que la l'arme nucléaire avait été créée par la divine providence pour permettre à la Russie de rester libre et indépendante. C'est assez courant pour les prêtres orthodoxes russes de bénir toutes sortes d'objets.
Ça peut aller du stylo à bille au missile intercontinental. Quand j'étais dans le Dombas à plusieurs reprises côté russe, j'ai vu des chars d'assaut être aspergés d'obénite avant une bataille. Alors là, le symbole est encore plus fort parce que cette arme est surhumaine, est inhumaine.
Au bout, on parle de la fin des temps. Donc, on sacralise l'objet stratégique. Vladimir Poutine n'est pas le seul à manier la rhtorique nucléaire.
La menace à l'encontre des pays occidentaux est souvent amplifiée par une télévision sous contrôle du pouvoir. Pour détruire toute la côte est des États-Unis, il faut deux missiles sarmates et deux autres missiles pour la côte ouest. Allez, quatre missiles et il ne restera plus rien.
Vladimir Solovier fait l'un des visages de cette propagande. Dans un extrait de son émission, le présentateur envisage l'utilisation de l'arme atomique sur les villes européennes pour dissuader l'envoi de munition à l'Ukraine. Je n'arrive pas à me décider.
Paris ou Marseille ? Lyon est une belle ville. Ils ont la fête des lumières.
Quelle cible détruire en Allemagne s'ils envoient leur missile ta rus ? Le seul en fait auquel il faut accorder de l'importance, c'est Vladimir Potil. lui peut se permettre d'être sérieux et d'être assez voilà modéré sur les questions nucléaires pendant qu'il va laisser avec son autorisation évidemment d'autres personnes eux être beaucoup plus désinhibés voire extrême en fait dans leur prise de parole sur le nucléaire en espérant justement que ça ait une un impact sur les opinions publiques occidentales.
J'imagine que s'ils l'ont fait, s'ils le font, c'est qu' ils pensent que ça peut intimider, déstabiliser. Mais moi, au début de la guerre, je me souviens d'être allé dans une pharmacie à Paris avoir entendu une femme qui demandait de liode. Donc ça a peut-être marché au début, mais quand vous criez au loup tous les tous les mois, ben on ne vous croit plus.
Le cremelin se sert aussi des médias pour ranger l'opinion publique russe derrière sa vision du monde. Je crois que le nucléaire rassure les Russes en fait sur leur puissance. Combien de fois ai-je entendu quelqu'un me dire "De toute manière vous les Français, les Européens, les Américains, vous ne ferez rien parce que vous savez qu'on a le plus grand arsenal de la planète.
Nos forces nucléaires sont toujours en alerte. [musique] Parmi les pays qui détiennent l'arme atomique, [musique] la Russie est celui qui possède le plus grand nombre d'ogives nucléaires devant les États-Unis. Un arsenal près [musique] de 15 fois supérieur à celui de la France.
Une dissuasion qui peut être déployée à la fois sur terre, en mer. Le but du jeu, c'est d'avoir un arsenal indestructible. Et en comment là ?
Ben en ayant beaucoup de moyens et surtout en ayant des moyens très diversifiés. C'est-à-dire que si vous avez des à la fois des sous-marins, des bourbardiers, dont certains peuvent être en alerte en l'air, euh des missiles dans des silos très solide, ben vous pouvez vous dire que vous l'adversaire, quel qu'il soit ne pourra jamais tout détruire en même temps et donc il en restera toujours pour faire ce qu'on appelle une seconde frappe et riposter. [musique] En juin 2025, l'Ukraine a réussi à porter un coup à ses capacités.
Nom de l'opération Toile d'araignée. Une centaine de drones introduit et dissimulé sur le territoire russe, notamment à bord de camion [musique] sont lancés sur plusieurs bases militaires où sont stationnés des bombardiers stratégiques russes. [musique] Plus d'une dizaine auraient été détruits.
Ce qui montre en fait que la composante aéroportée de la dissuasion, donc celle avec des avions, c'est en fait la moins sûre parce que les avions bah ils sont visible. En fait, la plupart des entrepôts contenant les oggives nucléaires ont été construits à l'époque soviétique. Il se trouve le long des frontières terrestres, surtout à l'ouest, dans les zones peuplées et comme une ligne de protection face à l'Europe.
Les inspections mutuelles prévues par les traités signés entre les États-Unis et la Russie ont été suspendus depuis 2020 en raison du Covid et de la guerre en Ukraine. Mais ces sites et les capacités de lancement restent très contrôlées. On a une idée extrêmement précise des sites de stockage d'armes nucléaires russes.
Surtout en fait tout ce qui concerne les armes stratégiques, c'est-à-dire les missiles balistiques intercontinentaux. Donc ceux qui sont capables de frapper par exemple la France ou les États-Unis, euh les bases d'où peuvent partir des bombardiers stratégiques et puis également les ports d'où peuvent partir les sous-marins nucléaires lanceur d'engin. Donc tout ça être extrêmement surveillé grâce à des satellites français, européens, américains qui passent régulièrement au-dessus de ces de ces bases.
Pour s'assurer que son arsenal est opérationnel, l'armée russe organise des tirs de missiles balistiques. Beaucoup ont lieu à partir du site de Plesetsk à 800 km au nord de Moscou. Les lancements se font en direction du terrain de Coura, dans l'extrême est de la Russie.
Le nouveau système possède les caractéristiques tactiques et techniques les plus élevés. Il est capable de déjouer tous les systèmes antiaériens modernes. Autant l'armée russe était déclinante depuis les années 91, le seul domaine où les Russes n'ont jamais abandonné les les travaux, les calculs, la modernisation et les recherches, c'est le domaine de la balistique.
C'est eux qui ont les missiles les plus rapides au monde et là ils ont un véritable temps d'avance. Et c'est pour ça que depuis le début du conflit, on voit que Poutine communique sur là-dessus parce que il est meilleur, il est meilleur que les Américains dans ce domaineel. Il y a une sorte voilà d'innovation aussi technologique qu'on ne retrouve pas forcément en Occident, notamment parce queen fait les Russes accordent une bien moindre importance à la vie de leurs ingénieurs et donc on se souvient d'un essai de d'un missile de croisière à propulsion nucléaire dont en fait l'essai avait causé la mort d'une dizaine d'ingénieurs parce qu'en fait il y avait eu un un dysfonctionnement de ce de ce missile en Europe ou États-Unis.
C'est absolument pas quelque chose qui serait qui serait accepté mais c'est vrai que ça permet potentiellement à la Russie de d'innover en fait d'une façon dont on le ferait pas. [musique] En témoigne cet autre incident capté par des images satellites en septembre 2024. [musique] Le missile Sarmat est un monstre de 35 m de long capable de transporter jusqu'à 15 têtes nucléaires.
L'un d'eux aurait explosé au cours d'un test et causé ce gigantesque cratère pour un pays comme la Russie qui a le produit intérieur brut de l'Italie. C'est c'est une charge considérable financière. Tout ça, ça coûte très cher à entretenir simplement, entretenir, tester et cetera.
Euh et donc au bout du compte, on peut se demander si tout est vraiment euh au top, quoi. Malgré tout, Vladimir Poutine déploie ses capacités nucléaires. En 2023, il s'affiche au côté du président Biélorusse pour annoncer le transfert d'armes tactiques sur le territoire de son voisin.
Nous lancerons rapidement les procédures pour le déploiement des armes concernées sur votre territoire. Tout se passe comme prévu conformément au plan. Comme vous l'avez dit, tout se déroule selon nos plans. 3 mois après qu'est-ce s'est passé, ils ont fait un exercice majeur.
C'est quoi l'exercice ? C'était un de démontrer que les que les les engins étaient là, ils étaient présents. Ça c'est le premier point.
Le deuxième point qu'ils étaient stockés, qu'ils étaient entretenus, qu'il avait en nombre et cetera et que c'était fonctionnel. Alors la Russie parle d'un élargissement de la zone de dissuasion mais attention ces armes se trouvent en Biélorussie mais c'est toujours l'armée russe qui les contrôle et qui a le doigt sur sur le bouton. Tagliquement ça change pas grandchose que ces engins soient sur sur le biorusse ou qu' soient tirés depuis la Russie.
Donc c'est exactement la même chose mais bien sûr c'est un geste politique. [musique] Vladimir Poutine montre les muscles suffisamment pour forcer son principal adversaire, les États-Unis, à le prendre au sérieux [musique] et il repousse les frontières en développant un programme nucléaire antatellite dans l'espace ou en menaçant de reprendre les essais atomiques. En 2023, l'ancien ministre de la défense russe Sergey Choyu se rend sur l'archipel de la nouvelle Zambble pour inspecter les installations militaires. [musique] C'est sur ce territoire reculé, au-delà du cercle polaire arctique qu'ont eu lieu les tests nucléaires soviétiques jusque dans les années 70.
La dimension politique, c'est envoyer un message aux États-Unis et au reste du monde en disant bah regardez toutes les normes et le droit international qui a été établi depuis la guerre froide. Finalement, on s'en fiche et on peut briser ce genre de tabou autour d'un essai nucléaire. Comme avec Lorchnik, Vladimir Poutine fait régulièrement la promotion d'armes toujours plus perfectionnées à grand renfort d'images et de discours offensif.
Dans cette présentation en 2018, un missile aux allures de boules de feu frappe le continent voisin. C'est une arme absolument redoutable. Aucun système de défense antimissile ne peut l'intercepter.
J'ai eu l'occasion de rencontrer des gouverneurs par la suite qui m'ont dit "Est-ce que vous avez compris le message ?" Et alors ce qu'il m'ont dit, "Bah, c'est une volonté de dialogue en fait." Alors, j'étais évidemment très étonné, c'est-à-dire de montrer la puissance et la parité en disant "Bah, maintenant on peut discuter.
Pour les Russes, le maître étalon de la puissance reste les États-Unis. Le 15 août 2025, le président russe décroche une victoire, une rencontre face-àface avec Donald Trump à Encorage en Alaska. À son arrivée sur le tarmac, le président des États-Unis lui déroule le tapis rouge tout en affichant leur rapport de force.
En guise de comité d'accueil, les bombardiers B2 américains capables de porter l'arme nucléaire passe au-dessus du maître du Kremelin. En Russie, ce survol d'un B2 pendant la rencontre en Alaska a été lu comme un rituel américain montré sa force même pendant une période de détente. La rhtorique officielle est un peu plus accommodante avec les États-Unis.
On flatte le président américain, on flatte la perspective d'un deal, mais l'OTAN et les États-Unis restent l'adversaire structurel. Il y a ce jeu de je t'admire et en même temps tu es mon ennemi qui reste structurant dans la dans la pensée politique. Je dirais même au-delà de la de la stratégie là, c'est vraiment dans la la psychée politique collective de la de la Russie.
La rhtorique poutinienne s'adapte au gré des présidences et des pressions américaines. La fin de mandat de Joe Biden à l'automne 2024 est marquée par une multiplication des menaces nucléaires. Avec le retour de Donald Trump au pouvoir, Vladimir Poutine change de ton.
En ce qui concerne nos relations avec les États-Unis, elles sont au plus bas depuis la Seconde Guerre mondiale. Je l'ai déjà dit à mre reprise. Mais avec l'arrivée au pouvoir du président Trump, je pense qu'une lueur d'espoir est enfin apparue.
Les contacts ont été rouverts au niveau des présidents. C'est que sous la présidence Biden, les contacts étaient redescendus à un niveau ce qu'on app level, c'est un niveau de travail entre notamment manifestement par le directeur de la CIA qui continue d'entretenir des des liens, ce qui est vital dans le domaine nucléaire. La phase était tendue parce que les Russes ne savaient pas jusqu'où l'administration Biden voulait aller dans le soutien à l'Ukrainien.
Trump arrive, il dit "Moi, je j'arrête tout, on va faire la paix, on va discuter." Bon bah les tensions retombent entre guillemets naturellement comme un soufflet quand vous coupez le four. [musique] Malgré un réchauffement des relations diplomatiques, les échanges entre les deux puissances restent marqués par le rapport de force.
Les tensions ne sont jamais loin. À l'été 2025, l'ancien président russe Dimitri Medvedev, connu depuis l'invasion de l'Ukraine pour ses propos excessifs sur l'emploi de l'arme nucléaire, agite de nouveau la menace sur les réseaux sociaux. Le président américain réplique et annonce l'envoi de deux sous-marins américains à proximité du territoire russe.
Une menace a été proférée et nous pensons que ce n'est pas approprié. Je dois donc être très prudent. Je le fais pour la sécurité de notre peuple. [musique] Il enfonce le clou quelques semaines plus tard lors d'un discours qu'il prononce devant les généraux américains.
Très récemment, nous avons été quelque peu menacés par la Russie. J'ai donc envoyé un sous-marin, un sous-marin nucléaire. Le sous-marin le plus meurtrier jamais construit. ou de sous-marins et cela au large des côtrus juste par mesure de précaution.
Pour moi, ce qui change plutôt voilà cette production de communication et de signalement stratégique par les États-Unis qui est fait d'une façon beaucoup plus amateure que ce n'était fait par Joe Biden. Ça a été plutôt interprété comme un clin d'œil de force, en tout cas ni comme une provocation, ni comme un bouleversement. D'ailleurs, le Kremelin s'est bien gardé de se renchérir.
Le président russe cherche surtout à ne pas braquer Donald Trump dont les décisions peuvent s'avérer imprévisibles. Vladimir Poutine n'a pas renoncé à ses objectifs en Ukraine et il veut aussi préserver l'efficacité de la dissuasion nucléaire en jouant cette fois la carte de la responsabilité. Le 22 septembre 2025, il prend la parole lors d'un conseil de sécurité.
La Russie est prête après le 5 février 2026 à continuer de respecter pendant 1 an les restrictions quantitatives centrales prévues par le traité Start. [musique] New Start est le dernier accord sur le contrôle et la limitation des armements nucléaires liant la Russie et les États-Unis. [musique] En 2023, le Kremelin avait suspendu sa participation au traité dans le contexte tendu de la guerre en Ukraine. [musique] L'accord doit arriver à échéance en février 2026 et pourrait être renégocié. [musique] Mais le président russe réclame une contrepartie que Donald Trump renonce à construire son bouclier antimissile.
Le dô d'or. [musique] Le dome d'or pourra intercepter des missiles même s'ils sont lancés depuis l'autre bout du monde et même depuis l'espace. Si un pays peut se protéger entièrement contre les conséquences d'une frappe nucléaire, alors il peut frapper en premier de manière enfin en toute impunité.
Et donc la dissuasion s'effondre. Et donc les Russes ont toujours dit "Ne faites pas de défense antimissile parce que ça affaibli la dissuasion." Le Kremelin aimerait que ces accords intègrent également la France et la Grande-Bretagne qui sont à la fois des soutiens de l'Ukraine et des puissances dotées.
Après tout, ils sont membres de l'OTAN et la France souhaite étendre son parapluie nucléaire à toute l'Europe unie. Alors quoi ? On ne tient pas compte de cela ?
Tout en tendant la main aux États-Unis, Vladimir Poutine augmente la pression sur l'Europe. Le 19 septembre 2025, trois avions de chasse MIC 31 violent l'espace aérien de l'Estonie, un pays membre de l'OTAN, pendant une douzaine de minutes. Alors, ça c'est la version low cost de la dissuasion. violer l'espace aérien.
Les M31 peuvent emporter des kinjals, mais là, il s'agissait plutôt d'un test euh politico-militaire pour voir le temps de réaction, quels avions d'école. C'est une manière de provoquer sans non plus s'approcher du nucléaire. On grignote des seuils.
La pression globale mais en nucléaire en particulier euh russe aujourd'hui est tourné vers l'Europe parce que si on se replace dans le contexte de la stratégie russe vis-à-vis de l'Ukraine, bah qui aujourd'hui peut rejouer la carte de l'escalade en Ukraine ? Ce sont les un certain nombre d'États européens dans sa volonté de conquérir l'Ukraine [musique] et dans son bras de fer avec l'Occident. Vladimir Poutine pourrait-il un jour décider d'appuyer sur le bouton nucléaire [musique] ?
Le nucléaire, ça veut dire que la Russie sera détruite. Donc je ne vois pas son son intérêt à le faire. Vladimir Poutine n'est pas fou.
Non, il a sa propre logique. Il a une forme d'obsession concernant l'Ukraine mais il n'est pas fou. [musique] Tant que cette guerre en Ukraine va se poursuivre et patiner, le Kremelin gardera l'outil nucléaire comme métronome.
On aura toujours des messages, des menaces, des exercices scénarisés, des surprises médiatiques et l'objectif ce n'est pas d'attaquer, c'est d'user les nerfs des Européens. [musique] À mon sens, la menace he russe aujourd'hui c'est pas la menace nucléaire, c'est même [musique] pas la menace conventionnelle, c'est tout ce qu'on appelle le champ des menaces hybrides. Donc c'est principalement la désinformation, [musique] les menaces cyber, les attaques contre la résilience de les la résilience du pays.
Et donc c'est vraiment à ça en fait qu'on doit se préparer. L'escalade nucléaire, c'est toujours une possibilité. Le risque est tellement grand si ça devait arriver qu'on ne peut pas se permettre de ne pas les prendre au sérieux. [musique] [musique] [musique]
Arnaud Bonnet