Les coulisses de l'interview d'E. Macron à la pression quotidienne régionale - C à Vous - 29/04/2021
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
On revient dans un instant sur le fond des annonces, mais d'abord la forme, le choix de s'adresser à la presse quotidienne régionale, alors que tout le monde s'attendait jusqu'à la dernière minute à une intervention télévisée. C'est tout sauf anodin. Ça a été décidé quand, d'ailleurs ?
Toujours au dernier moment. On est prévenu mardi, mardi soir. Je venais de me faire vacciner, d'ailleurs. C'était pas une condition cinéquanone. C'était une coïncidence. Mais c'est à ce moment-là qu'on est prévenu. Et donc, rendez-vous hier, mercredi, vers 17h30 à l'Élysée. Il arrive un petit peu en retard, comme d'habitude, mais il a le temps.
Un petit peu, c'est quoi ?
Une petite demi-heure. C'est pas beaucoup pour lui. Mais il a le temps. Ça veut dire que ça a duré deux heures ? On a deux heures d'enregistrement. Et je pense que si on avait voulu continuer, il était là, disponible. On l'a quitté vers 8h, 8h30. Il n'y avait pas de problème. On aurait pu continuer. L'entourage s'impatientait un peu plus, quand même.
Une tonalité, donc, décontractée, avec un président sûr de ses choix.
C'était une ambiance un peu particulière parce que c'était à mi-chemin d'une conférence de presse, mais où on était très peu nombreux. On était une dizaine, plus deux, trois en visioconférence, de l'outre-mer, notamment, dans cette immense salle des fêtes de l'Élysée. Donc ça faisait comme une petite salle de classe qui était au milieu de...
Vous étiez au premier rang ou pas, Bruno Dibes ?
Non, j'étais un peu sur les côtés. Pas du radiateur. Voilà. Le radiateur était loin. Mais bon, le choix, voilà, pour répondre à votre question, le choix n'est pas anodin, bien sûr. D'abord, c'est pas la première fois que le président s'exprime devant la presse régionale. En fait, à chaque rendez-vous important, il aime bien venir devant nous. Ça avait été le cas, notamment, il y a un peu moins d'un an, pour annoncer la relance, après le déconfinement, après les municipales, la relance économique, le plan Les Jours Heureux, vous vous souvenez ? Alors, il avait lui-même tué cette interview parce que le matin même de l'apparition, il avait changé de Premier ministre.
Donc on n'avait plus beaucoup parlé de l'interview. Malheureusement, il n'y avait pas...
Là, il n'est pas question de changer de Premier ministre.
On a pris des garanties avant, donc à priori...
Ah, vous vous avez demandé !
C'est posé la question, mais on ne sait jamais, mais en riant. Donc, a priori, pas de changement de Premier ministre demain. Et l'interview est beaucoup plus dense, c'est quand même beaucoup... Non, sérieusement, elle est beaucoup plus intéressante. Avec des vraies annonces. Il y a de véritables annonces.
Qui ont fuité, parce que normalement, cet interview devait être publié demain matin, dans vos quotidiens.
Alors, elle sera bien publiée demain matin.
Oui, mais en tout cas, elle a été intégralement révélée dès 16h.
C'est l'éternel problème. Il y avait embargo jusqu'à 21h, théoriquement, pour qu'on le mette quand même sur nos sites internet. Et on a beau l'expliquer, mais qu'un embargo confidentialité avec 10 ou 12 journaux, 12 rédactions et s'aimer en province, c'est très difficile de le faire tenir. On y est arrivé jusqu'à ce matin, début d'après-midi, et puis ça a commencé à fuiter, comme on dit.
Vous faisiez... Non, ça vous agace, ça ?
C'est impossible. Oui, c'est un peu agaçant. C'est impossible à tenir 12 journalistes, c'est ça, plus des gens qui sont en visio, donc qui sont peut-être entourés de 15 personnes. C'est impossible à tenir. Moi, j'ai même assisté à des déjeuners, participé à des déjeuners avec Emmanuel Macron, qui étaient des déjeuners totalement off, c'est-à-dire qu'on ne pouvait pas citer, et dont on retrouvait des phrases, entre guillemets, le lendemain dans certains journaux. Donc, oui, c'est un peu agaçant.
Oui, le off n'existe plus. L'embargo devient impossible à tenir.
Même à l'AFP, même l'AFP, qui a donné une dépêche cet après-midi, ce qui est tout de même incroyable. Moi, j'étais quand même élevé avec les embargos de l'AFP. Avec le calendrier, mais pas exactement la teneur des propos et de l'interview qu'on découvrira tout à l'heure.
Mais l'Elysée a validé le fait que l'embargo ne soit pas respecté ?
Ah ben, il y a un moment...
Ils vous ont dit « Allez-y ».
Oui, on en parle ensemble, si vous voulez, mais c'est plutôt nous qui leur disons « On ne peut plus tenir ». Ça sort de partout, donc on sort l'inter... On ne va quand même pas être les derniers à donner la teneur de ces annonces qui sont importantes.
Est-ce qu'il y a une interview télévisée, pour le coup ? Parce que là, il n'y avait pas de... Non, mais au moins, tous les Français auraient été au courant en même temps.
Non, mais tenir 24 heures, c'est impossible. Donc donner une interview l'après-midi pour le lendemain, c'est faisable. Tenir 24 heures, c'est un peu trop long.
Un président sûr de ses choix, offensif à l'égard des critiques, qui ont de nombreuses formulées sur sa gestion de la crise sanitaire ?
Si je peux juste revenir sur la question d'avant, une interview télévisée, évidemment, c'est plus facile pour eux, c'est ce qu'ils disent. Mais je pense que le choix, comme on le disait au début, n'est pas anodin, parce qu'il y a une volonté d'afficher un peu de proximité. Et justement, il voulait donner moins de solennité, de solennité, oui, à ses annonces. Je pense qu'il était un peu échaudé par les allocutions de l'an dernier, les jours heureux, nous sommes en guerre, etc. Il sait que tout ça reste fragile.
Il n'y a pas une punchline de ce genre-là, d'ailleurs ?
Voilà. Non, il n'y a pas de phrase. Mais pour répondre à votre question, il est sûr de ses choix, oui. Il y a un calendrier très précis. Mais c'est la première fois que je l'ai entendu dire à un moment, je ne sais pas. On lui a dit, on lui a posé la question, est-ce que vous pensez qu'il n'y aura pas de...
La fin de la crise sanitaire est pour 2021.
Il vous dit, je ne sais pas. Et il dit, je ne sais pas. Il l'espère, bien sûr, comme nous tous. Mais avec les variants, les possibles rebonds comme l'année dernière, on n'est sûr de rien. Et c'est pour ça, je pense qu'il ne voulait pas donner trop de solennité à ses annonces.
Est-ce que je peux vous dire les yeux dans les yeux qu'on ne sera plus jamais débordé par ce virus ? C'est impossible. C'est l'une des phrases qu'on retient de cette interview. C'est-à-dire qu'il n'est pas en mesure aujourd'hui de dire aux Français qu'on ne reconfinera pas.
Non, d'ailleurs, il y a des clauses de rétroactivité. On peut refermer aujourd'hui en Ile-de-France.
C'est le fameux frein d'urgence.
C'est les freins d'urgence. Alors c'est décidé par département. Il y a quand même une localisation des mesures éventuellement. Ce sont les préfets qui peuvent décider soit de ne pas ouvrir ou déconfiner dans trois semaines ou dans six semaines, soit de revenir en arrière si ça a déjà été déconfiné et si la situation sanitaire s'aggrave. C'est aussi pour ça qu'il s'est adressé à nous. C'est parce qu'il y a tout de même une petite partie décentralisée dans ces mesures. C'est-à-dire qu'il y a tout de même une petite partie décentralisée dans ces mesures.
Emmanuel Macron