Olivier BERZANE : Maire EELV du 8e arrondissement de Lyon
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
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Questions et réponses
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- 1:20OuverteRéponse directe
Qu'est-ce que le jour du dépassement et pourquoi est-il si important pour vous ?
- 2:17OuverteRéponse directe
Est-ce que ce débat sur le jour du dépassement est une manière de matérialiser la transition écologique pour le rendre compréhensible ?
- 3:35OuverteRéponse directe
Ce débat écologique est-il à l'origine de votre engagement politique ?
- 4:58OuverteRéponse directe
Comment concevez-vous votre rôle de maire d'arrondissement avec des pouvoirs et budgets limités ?
- 5:56OuverteRéponse directe
Pouvez-vous nous raconter le sujet autour du nouveau théâtre du 8e et ce que cela traduit dans vos projets ?
- 7:21RelanceRéponse directe
Ce théâtre va se retrouver fermé avant de reprendre, est-ce que cela vous préoccupe ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 27:09Invité politiqueChiffre
« c'est 60 millions d'euros d'investissement pour reconstruire une école »
- 27:30Invité politiqueChiffre
« pas loin de 90 000 habitants et un réel besoin de nager »
- 29:56Invité politiqueFait
« on a décidé d'aller vers la signature d'un protocole de justice pénale de proximité »
- 30:08Invité politiqueFait
« sous 15 jours aux personnes qui commettent l'infraction en maison de justice et du droit »
- 42:46Invité politiqueChiffre
« en 2021 113 féminicides ont été commis qu'on est en 2022 au début du mois de mai et on en est déjà à 30 féminicides »
Temps de parole
- Invité politique66 %
- Présentateur32 %
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A Lyon, vous écoutez Lyon 1ère. Lyon 1ère. Lyon 1ère, l'invité politique du samedi. Avec immédiat positif, Frédéric Duval. Bonjour à toutes et à tous, on est heureux de vous retrouver pour cette reprise de nos émissions. L'émission L'invité politique le samedi de 11h à midi sur Lyon 1ère. Avec des élus de terrain, de proximité, ceux qui font votre quotidien. Vous le savez, cette émission c'est une émission de dialogue, de rencontre, de découverte. Sans a priori ni parti pris, on va partir à la rencontre d'un élu. En l'occurrence, Olivier Berzane, bonjour.
Bonjour.
Vous êtes le maire du 8ème arrondissement. Je vais dire, vous êtes à la fois un peu chez nous, chez Lyon 1ère, mais chez vous, sur votre territoire. Parce que les locaux de Lyon 1ère sont dans le 8ème arrondissement.
Exactement, je suis très content d'avoir cette radio dans le 8ème arrondissement. Je suis déjà venu quelques fois, on avait enregistré ici quelques petits messages. Notamment pour les premiers voeux de l'arrondissement, puisqu'on n'avait pas pu les faire en présentiel. On avait été obligés d'enregistrer un message en distanciel. Donc c'est avec plaisir que je vous retrouve.
Vous êtes ici un peu comme à la maison. Alors on va parler de plein de sujets. On va effectivement partir à la découverte du 8ème arrondissement. On parlera des grands projets, de ce qui s'est passé depuis bientôt deux ans, depuis votre élection. Et puis on parlera de l'actualité politique nationale dans une troisième partie. Mais vous le savez, on commence toujours par une question d'actualité qui peut concerner tous les Lyonnais. C'est le cas. Vous avez d'ailleurs tweeté il y a quelques jours sur le fameux jour du dépassement. C'est-à-dire qu'on est de nouveau arrivé et c'est de plus en plus rapide dans l'année à ce jour du dépassement.
Est-ce que vous pourriez nous redire ce que c'est que ce jour-là et pourquoi il est si important pour vous ?
C'est assez simple. La planète, imaginez un supermarché et puis il y a une certaine masse de choses à l'intérieur. Et quand vous avez fini de les consommer, la masse est vide. Mais aujourd'hui, hier en fait, on a fini de consommer ce que la planète est normalement capable de produire pour l'humanité dans une année. Mais la planète a encore des ressources en stock. Donc on puise dans les stocks. Depuis ce matin, ce que l'on consomme, on le puise dans les stocks. Donc on conduit notre planète et notre environnement à son épuisement.
Si on ne prend pas des décisions importantes pour les années à venir, pour faire en sorte de revenir en arrière et de retarder, de commencer à retarder ce jour du dépassement. De sorte qu'au bout d'une année, on n'est pas plus consommé que ce que la planète est capable de nous offrir en un an.
Alors c'est nous au niveau occidental, puisque je crois qu'il y a des consommations variables suivant le niveau de développement des pays, etc. Mais globalement, est-ce que vous y voyez, et je suppose que oui, une des conséquences de ce qu'on appelle la fameuse transition écologique nécessaire, de cette drame écologique qui est en train de se passer aujourd'hui, c'est une manière de le matérialiser, de le mesurer, pour le rendre le plus compréhensible par le plus grand nombre ?
C'est exactement ça. Vous avez entièrement raison en disant ça. Si on parle depuis le début de ce mandat, et avant dans la campagne électorale, on disait le dernier mandat pour le climat, et qu'on parle depuis de la nécessaire transition écologique, un débat qui a été très absent d'ailleurs dans cette campagne des élections présidentielles, et nous, on veut à tout prix le remettre sur le devant de la scène. C'est ce qu'on commence à faire dans cette ville depuis deux ans. Lyon vient d'être lauréate, par exemple, de l'appel à projet européen des 100 villes européennes climatiquement neutres en 2030.
Mais vous voyez, cet ensemble, cette candidature de la ville de Lyon à devenir climatiquement neutre, c'est ne pas consommer des ressources de la planète et faire en sorte, au contraire, qu'on puisse continuer à être heureux, à vivre quotidiennement, aller au concert, aller au spectacle, aller au cinéma, aller à l'école, à s'instruire, aller à la fac, tout en respectant l'environnement, ce que la planète nous offre, la chance que l'on a d'être dessus.
Est-ce que ce débat qu'aujourd'hui vous portez, et qui à la fois vous passionne et pour lequel vous êtes engagé, c'est aussi peut-être une des causes ou une des sources qui est à l'origine de votre engagement politique, puisque vous ne veniez pas de cet univers. Vous êtes un des nouveaux maires d'arrondissement. Vous venez d'un univers professionnel, mais déjà engagé. C'est ça qui a marqué peut-être le fait de s'engager pour la défense de l'écologie et de la planète ?
C'est ce qui m'a conduit à revenir de manière volontaire dans une campagne électorale, et l'envie de revenir aux commandes pour essayer de changer concrètement les choses. L'engagement politique, il est très vieux pour moi, je vous l'avais raconté il y a un an en arrière.
C'était croisé déjà il y a une année.
Mais j'ai eu envie, alors le vote écologique était acquis depuis pas mal de temps, mais reprendre un pied actif dans la vie politique, c'est effectivement arrivé dans mon esprit au moment des dernières élections européennes, et ça s'est concrétisé dans ces élections municipales. Mais c'est ça que je viens faire dedans, et c'est ça qui me motive. C'est pour ça que je suis revenu.
C'est ça aussi qu'on appelle peut-être l'écologie politique, parce que souvent j'ai cette discussion avec les représentants de LV, c'est de se dire, on a tous, enfin pas vraiment tous, puisqu'il y en a qui ne l'ont pas, mais cette conscience de ce qui est en train de se nouer et de l'importance de l'écologie, et en même temps, on l'a bien vu, et on en reparlera tout à l'heure au niveau des élections, mais ça ne se traduit pas toujours dans le vote. Mais vous, vous vouliez mettre en adéquation cet engagement citoyen-militant et le fait de pouvoir être aux commandes politiques pour le mettre en œuvre.
C'est ça. Essayer concrètement de voir qu'est-ce que l'on peut faire au niveau local, au plus proche du terrain, avec les habitants, pour essayer de changer des choses, alors à l'échelle qui est celle de la ville de Lyon et de la métropole, mais c'est le cas dans plein d'autres grandes villes et dans plein d'autres métropoles. Si au plus bas du niveau d'un État, les populations ne se mobilisent pas, on voit bien que derrière, les gouvernements ont quand même du mal à prendre ce chemin. Donc on a besoin de cet élan de mobilisation, on a besoin de démontrer que c'est possible qu'on peut arriver à faire des choses.
Vous l'évoquez souvent d'ailleurs, la mairie d'arrondissement, le maire d'arrondissement, c'est vraiment un échelon du dialogue, de la proximité. Il y a quelques jours, il y avait un conseil municipal dans lequel il y avait un certain nombre de sujets. C'est une autre petite actualité qu'on peut évoquer pour montrer aussi le prisme et la palette de vos interventions. Il y avait un débat qui portait sur la dimension culturelle des choses autour du nouveau théâtre du 8e. Est-ce que vous pouvez nous raconter un petit peu parce qu'on en a pas mal parlé ? Quel est le sujet ? Puis derrière, qu'est-ce que ça traduit dans votre volonté ? Ou quelle place a la culture, je vais dire, dans vos projets ?
Alors, du coup là, on change un petit peu de thématique. On est une actualité locale et immédiate. Effectivement, on a la chance d'avoir dans cet arrondissement un théâtre qui s'appelle le NTH8, dans lequel il y a une compagnie de théâtre qui a fait un travail de terrain, de proximité, reconnu depuis une vingtaine d'années. On est arrivé à un moment de renouvellement de la convention d'occupation de ce lieu et on a choisi pour ce faire de passer par un appel à projet. Cet appel à projet de candidature, un jury s'est tenu et aucune des deux candidatures n'ont été retenues. à l'unanimité du jury.
Le jury étant composé des financeurs que sont la ville, la région et l'État, à travers la DRAC, plus de ce qu'on dit en général un expert associé, un membre qualifié du milieu de la culture, en l'occurrence, qui permet d'apporter une vision externe à ce jury. Donc, on entre dans une deuxième phase qui est de relancer un nouvel appel à projet sur la base d'une scène conventionnée d'intérêt national, mention art, enfance et jeunesse. Donc, voilà, l'appel à projet est paru cette semaine. On va attendre maintenant les nouvelles candidatures pour décider de la suite de l'occupant et sélectionner un occupant pour ce théâtre.
Mais ça veut dire que, et c'est peut-être aussi une des difficultés de compréhension pour les populations, ce théâtre va se retrouver fermé à un moment peut-être avant de reprendre. Et il est en plus dans un quartier particulier. Si on en reparlera dans la carte postale aux Etats-Unis où on se dit que la culture, le lien social, tout ça, c'est important, je suppose que ça vous préoccupe quand même cette situation ou que ce n'est pas l'idéal de ce que vous vouliez au départ ?
Alors, on avait organisé les choses pour qu'il n'y ait pas cette rupture. De fait, le fait d'avoir déclaré infructueux le premier appel à projet fait qu'effectivement on va passer une période de l'année sur le deuxième semestre sans occupant. Donc, on est en train de travailler avec la ville à comment occuper malgré tout le lieu pour qu'il ne se passe pas rien pendant les six mois à venir. Et on a besoin, oui, vous avez raison, il est dans un quartier particulier qui est le quartier des Etats-Unis et c'est pour ça que dans l'appel à projet on axe très fortement sur la question de l'ancrage territorial, du travail avec les jeunes, du travail avec la population locale.
Oui, parce que la culture, quelle place ça occupe la culture dans votre projet ? J'évoquais le fait que vous étiez arrivé il y a deux ans quasiment au pouvoir. Est-ce que la culture, peut-être pour la nouvelle majorité à laquelle vous appartenez, était une dimension particulière, peut-être plus prégnante que ce qui se passait avant ? Comment est-ce que vous l'abordez ? Et en quoi c'est un élément important dans le quotidien d'une population comme celle du 8e arrondissement ?
Si on regarde le 8e arrondissement un petit peu en arrière, on ne va pas penser au domaine de la culture qu'au premier atout de l'arrondissement.
Même si, je le rappelle pour ceux qui viennent dire, la maison de la danse est accolée à votre bien.
Même si on a cette merveilleuse maison de la danse accolée à la mairie. Donc oui, on a la maison de la danse et les développement de la culture, on le comprend assez rapidement. Je vous parle de la naissance prochaine d'une scène conventionnée d'un terrain national à travers le NTH 8, mais aussi, et on va en parler tout à l'heure, de l'énorme chantier de Lilo Kennedy, qui est le plus gros chantier du mandat sur la ville de Lyon, avec la construction qui va démarrer bientôt des ateliers chorégraphiques dans la maison de la danse. Donc, une arrivée, un renforcement très important de la culture.
On se retrouve dans un triangle où, entre la maison de la danse, les ateliers chorégraphiques, le nouveau théâtre du huitième et la médiathèque, médiathèque qui est un haut lieu de culture aussi. Voilà, avec une dimension culturelle qui est en train de naître de manière assez forte et de s'imprégner pleinement parce que c'est le cœur de l'arrondissement, ce qui est autour de la maison de la danse, de la mairie, de la médiathèque, ce triangle, c'est le cœur de l'arrondissement.
On rassemble tout ça un peu au même endroit. Alors, c'est assez étonnant, d'ailleurs, en vous écoutant, c'est que souvent, on se dit, mais je ne sais pas comment vous, vous le vivez, et quand on écoute vos différents collègues, maire d'arrondissement, ce n'est pas toujours très simple parce qu'en fait, vous n'avez pas ni les mêmes pouvoirs ni les mêmes budgets, évidemment, qu'au niveau de la ville de Lyon ni qu'au niveau de la métropole. Comment est-ce que vous concevez votre rôle de maire d'arrondissement ? Est-ce que vous êtes un animateur, un provocateur, un rassembleur ?
Comment est-ce que vous faites votre quotidien, sachant que vous n'avez pas toujours toutes les manettes pour faire exactement ce que vous voudriez faire ?
Alors, moi, je réfute le terme avoir les manettes ou pas avoir les manettes parce qu'en fait, je fais partie d'un exécutif qui est celui de la ville de Lyon. Donc, au sein de l'exécutif de la ville de Lyon, je représente le huitième arrondissement. Et de fait, certes, le budget est décidé au niveau de la ville de Lyon, mais on le décide ensemble, on en parle. Donc moi, je connais mon terrain, je connais mon territoire, je connais les besoins et c'est ça que je ramène au niveau de la ville. Et puis ensuite, le propre des maires d'arrondissement, c'est de gérer la proximité. On va avoir l'occasion d'y revenir dans l'échange.
Exactement, ce sera d'ailleurs l'objet de la deuxième partie de notre interview. On va partir à la découverte, un peu en mode carte postale et puis tous les projets du huitième arrondissement. Je vous dis à tout de suite pour la suite de notre émission. On se retrouve pour la deuxième partie de notre émission L'Invité politique, le samedi de 11h à midi sur Lyon 1ère, toujours avec Olivier Berzan, le maire du huitième arrondissement. Et c'est d'ailleurs votre seul mandat, monsieur le maire. Je crois que c'était quelque chose auquel vous teniez à titre personnel. Est-ce que vous pourriez nous dire pourquoi ?
Le huitième arrondissement, c'est officiellement d'après le dernier recensement quasiment 88 000 habitants. Je pense que dans la réalité on est plus près de 90 000. Il y a suffisamment de travail comme ça pour se consacrer pleinement et à temps plein à cet arrondissement.
Il y avait de quoi s'occuper. Alors justement, on part souvent dans cette séquence sur une sorte de carte postale avec le côté à la fois carte postale, peut-être des points centraux que même parfois les habitants peut-être de votre arrondissement ignorent ou passent devant sans s'en apercevoir. Puis peut-être pour ceux qui connaîtraient moins nous décrire un peu votre arrondissement. Il va de où à où ? Qu'est-ce qu'il y a d'intéressant ? Quels sont les points particuliers à noter ? Comment on raconte cet arrondissement aujourd'hui ?
Un arrondissement étendu, c'est le deuxième de la ville par sa superficie et par sa population d'ailleurs. C'est habitué aux deuxièmes places cet arrondissement. Étendu avec six quartiers. Six quartiers avec des ressemblances et en même temps assez différents. Des quartiers plutôt populaires, certains avec des zones de grande précarité et puis des quartiers plus aisés tel le quartier de Mont-Plaisir. Et c'est ça aussi qui génère la nature des projets qu'on décide sur le quartier. On parlera tout à l'heure du territoire zéro chômeur de longue durée qu'on est en train d'instaurer dans ce qu'est la partie la plus précaire de l'arrondissement.
Donc c'est bien d'avoir des projets qui répondent aux problématiques que rencontrent les gens à l'intérieur de leur quartier. Pour autant, chaque quartier est particulièrement attachant. On sait que Mont-Plaisir est un quartier extrêmement dynamique, vivant, commerçant, avec un conseil de quartier extrêmement investi. Mais quand on va sur Mermoz, qui est un quartier en renouvellement urbain, qui sont des endroits en plein devenir avec une population très attachée à son cœur de quartier, c'est la même chose à l'États-Unis.
On est en train de faire un travail en profondeur sur les quartiers des États-Unis avec un certain nombre d'habitants qui ont le sentiment d'avoir été délaissés depuis très longtemps. et ça, c'est important qu'on entende aussi ces problématiques et puis qu'on remette de la dynamique et de la confiance. La période du Covid avec l'arrêt d'un grand nombre d'animations n'a pas aidé non plus sur ces sujets. Et enfin, on a le quartier Grand Trou, Moulin-Avent, Petite-Guy qui est du côté de route de Vienne avec une évolution croissante de la population, un grand nombre de constructions qui sortent. Donc aussi un arrondissement où une dynamique démographique réelle est en place.
Donc quelque chose à la fois avec des points communs très hétérogènes et je suppose que c'est aussi ça qui est important. On parlait de proximité mais c'est presque de l'hyper proximité parce que quand on est lyonnais les lyonnais ça vient selon l'endroit où on habite on habite plus dans son quartier que dans un arrondissement même parfois.
C'est tout l'enjeu pour moi et je crois que je vous l'avais dit l'année dernière je l'ai dit il y a six quartiers très différents et un de mes objectifs quand même c'est de retrouver un commun malgré tout qu'on habite le 8ème arrondissement on habite Lyon on habite le 8ème arrondissement et on habite son quartier il ne faut pas qu'on habite alors c'est important d'habiter son quartier parce que c'est ses racines c'est là où on connait le voisinage et c'est là aussi on peut on recréer le lien social toute la question qu'on est en train de traiter du retour à une démocratie de proximité une démocratie locale c'est bien pour que dans les quartiers les gens recommencent à vivre ensemble à se parler à se rencontrer et quand on remet des animations comme on va le faire cet été à Mermose alors qu'on l'a déjà fait l'année dernière à les Etats-Unis et on va le refaire aussi à les Etats-Unis sur place à l'été pour les jeunes en soirée des animations entre 17h et 21h pour occuper la population et c'est aussi l'occasion de recréer ce lien social parce que les gens descendent de leur immeuble ils se retrouvent en bas ils mangent ensemble ils parlent ils discutent les enfants jouent et on retrouve une vie de quartier mais pour autant c'est important que quand les animations se passent d'un quartier ou d'un autre on va voir cet été le 13 juillet il y aura une grande fête sur la place du 8 mai 45 à les Etats-Unis et on va faire en sorte que les autres quartiers viennent en profiter donc sortent aussi de chez eux et c'est là qu'on retrouve du coup un commun dans l'arrondissement et tout le monde se souviendra de cet été à la place du 8 mai 45 il y a eu quelque chose
Respecter l'identité mais rassembler un petit peu alors d'ailleurs quand vous êtes arrivé il y a presque deux ans maintenant qu'est-ce que vous aviez comme vision et quelle envie vous avez de transformation de cet arrondissement vers quoi vous vouliez l'emmener quelles étaient peut-être vos priorités dans votre projet ou quelle a été par exemple votre première décision pour cet arrondissement qui raconte un petit peu ce que vous voulez faire pour le 8ème
Notre vision elle était en gros résumée dans le programme qu'on a présenté aux élections et je me rends compte qu'en avançant on était quand même beaucoup dans la réalité dans la vraie vie ça correspondait vraiment aux attentes et ce que l'on est en train de mettre en place c'est finalement le programme pour lequel on a été élus et ça correspond à une partie des attentes et des besoins des habitants la première décision qui était plus que symbolique ça a été de fermer la circulation devant une école pas très loin d'ici en haut de la rue rue Bataille un petit bout de route qu'on a fermé devant le groupe scolaire Edouard Herriot
qui porte bien son nom du coup voilà c'est peut-être une bataille
mais ça porte bien son nom parce que quand on en a discuté avec le directeur de l'école il dit c'est incroyable ça fait 10 ans que je demande ça vous l'avez fait en 15 jours donc là quand on a la volonté politique de faire quelque chose on peut y arriver on ne peut pas tout faire tout le temps pas tout aussi vite il y a des choses qui nécessitent du temps pour être mis en place mais là en tous les cas c'était faisable et depuis on l'a fait devant trois autres
il y avait quelque chose d'assez symbolique parce qu'effectivement je crois qu'on pourrait imaginer non pas simplement résumer mais la politique de la nouvelle majorité pour dire que l'idée c'est que chacun retrouve sa place y compris l'enfant y compris les vélos les voitures enfin il y a quelque chose qui me semble être chacun à sa place bien protégé bien existant mais les uns avec les autres et là c'était la ville à hauteur d'enfant un petit peu d'ailleurs il y a d'autres expérimentations récentes sur des siestes dans des crèches de l'arrondissement enfin ça participe un peu de tout ça de cette nouvelle manière de regarder la place de chacun
la ville à hauteur d'enfant la ville à hauteur d'enfant ce n'est rien d'autre qu'un enfant doit pouvoir aller à pied à l'école de chez lui quand il habite le quartier c'est son école de quartier je veux dire on n'est certes pas dans un village isolé à la campagne mais il n'y a aucune raison qu'on se retrouve devant des écoles avec un drive automobile avec des pots d'échappement on vient de changer de manière significative la circulation sur la rue des Alouettes avec un groupe scolaire de 1600 enfants et 2300 véhicules jour qui passaient dans la rue mais des enfants qui vont en maternelle le pot d'échappement est la hauteur de leur nez c'est ça qu'on subit devant une école et ça c'est pas normal donc c'est à la fois une question de santé publique et c'est une question de sécurité pour les enfants et puis de conditions d'attente des parents à la sortie de l'école et le matin quand ils les amènent qu'ils soient corrects la logique que vous avez évoquée des crèches on a commencé par expérimenter par exemple les couches lavables dans les crèches c'est une question écologique forte ce sujet parce que c'est à la fois anti-gaspi on ne jette plus les couches c'est à la fois une activité économique parce qu'il faut bien les laver et là-dessus on est en lien sur les expérimentations pour le moment avec le territoire zéro chômeur de Villeurbanne qui vient chercher les couches qui les emmène qui les lave et qui les ramène tout ça à vélo donc en circuit propre et on le verra demain avec le territoire zéro chômeur du 8ème et puis là on passe à une autre étape qui est effectivement la crèche Saint-Mathieu en 8ème a expérimenté les siestes en plein air c'est se sortir de la tête qu'on a besoin d'un local sécurisé pour faire dormir à un enfant et bien les enfants qui ont expérimenté depuis sur un matelas dehors une sieste en plein air tant les équipes qui gèrent la crèche que les enfants sont ravis et nous disent les enfants n'ont jamais aussi bien dormi
expérimenter changer peut-être un peu de regard sur les choses c'est aussi puisque vous l'avez évoqué à deux reprises et c'est un sujet que je connais un peu aussi que je trouve particulièrement intéressant donc on va l'aborder là ce fameux territoire zéro chômeur qui a été expérimenté il y a quelques années il y avait 10 territoires en France dont ville urbaine qui vise en gros à faire en sorte que l'argent aille plus à l'emploi qu'à l'assistanat entre guillemets ou le fait de payer le chômage est-ce que vous pouvez nous raconter un peu ce que vous pensez pourquoi est-ce que vous avez souhaité être candidat dans le 8ème pour une nouvelle expérimentation d'une cinquantaine de nouvelles villes qui pourraient mettre en place ce processus
le territoire zéro chômeur je veux juste redire le concept et le principe en fait il part du principe personne n'est inemployable tout le monde est employable ça c'est le premier principe le deuxième principe c'est il y a sur chaque territoire sur chaque quartier sur chaque morceau de ville ou de campagne il y a des besoins qui ne sont pas couverts des besoins non couverts donc il y a des demandes qui ne sont pas satisfaites et puis le troisième principe c'est on ne manque pas d'argent le chômage a un coût extrêmement élevé à travers l'indemnisation du chômage mais à travers les coûts sociaux qui sont générés derrière les coûts de santé qui sont générés derrière par l'inactivité l'inemploi des gens qui n'ont plus accès à la santé qui ne se soignent pas qui vivent dans la précarité
et quand je dis la santé
c'est la santé au sens large effectivement y compris psychique donc on a décidé de s'inscrire et ça faisait partie de notre programme ça et c'était un pari qu'on faisait parce que la décision d'étendre à 50 nouveaux territoires n'était pas encore prise donc on a accueilli avec une grande joie la décision d'extension du territoire on s'est lancé dedans depuis un peu plus d'un an maintenant pour construire le dossier on vient d'être auditionné et visité par le fonds là dernièrement en avril et début mai et puis le 23 mai sera rendu la décision par le conseil d'administration et on espère bien avoir l'habilitation derrière et pouvoir recruter nos premiers chômeurs de longue durée au mois de septembre puisqu'on a déjà acquis les locaux pour créer l'entreprise à but d'emploi qui va être l'objet de travaux d'aménagement pendant l'été et si au mois de septembre on peut effectivement si on est habilité effectivement au mois de septembre les premiers chômeurs de longue durée rentreront dans l'entreprise l'objectif c'est quand même 400 emplois au bout donc ça ne représente pas rien et ça c'est dans le quartier de l'Anglais-Santi qui est une poche de précarité très importante sur le territoire du huitième
du concret etc alors on va parler aussi de choses à dire plus structurantes on va peut-être aborder les questions de mobilité mais aussi d'urbanisme de renouvellement urbain on l'évoquait on préparait cette émission le huitième arrondissement est un arrondissement où il y a sur le mandat beaucoup d'investissement c'est ça qui est quand même pas négligeable et effectivement les habitants pourraient nous parler assez facilement de l'île au Kennedy mais surtout de ce qui se passe en ce moment avec l'avenue des frères Lumière est-ce que vous pourriez nous éclairer un peu et nous raconter quelle est l'ampleur de ce projet et pourquoi c'est important dans cet arrondissement de toute façon on peut difficilement passer à côté quand on traverse le huitième
l'investissement de la ville sur le huitième arrondissement sur le mandat ce qu'on appelle la PPI c'est 150 millions d'euros ajoutez à cela les enveloppes de la ville qui inondent tous les arrondissements plus les investissements de la métropole ça fait une sacrée masse d'investissements pour transformer l'arrondissement vous évoquez l'avenue des frères Lumière un chantier en partenariat avec la métropole on est sur de la voirie donc ça concerne avant tout la métropole l'idée c'est on l'avait mis dans le programme et encore une fois on la réalise c'est réaménager l'avenue des frères Lumière une avenue circulante pour le moment où la place de la voiture est beaucoup trop importante où il y a une fréquentation piétonne comme les hauts commerces notamment qui est très importante il y a qu'aller le samedi matin sur l'avenue pour voir le monde qu'il y a et on a vu y compris pendant la crise Covid des files d'attente devant les magasins absolument incroyables avec une difficulté de circuler de plus en plus de circulation vélo et pas sécurisé donc l'idée c'est de réaménager cette avenue pour lui rendre ce qu'elle doit être un lieu de circuler circulation d'abord pour les piétons ensuite pour les modes d'eau un lieu où on apaise le trafic automobile mais on n'a pas voulu rentrer avec un projet tout plaqué donc on a lancé une grande concertation il y a eu une première il y a eu des ateliers de travail avec les différents acteurs du quartier une grande réunion de concertation avec 400 personnes c'est pas rien 400 personnes à la faculté du nom 3 dans un amphithéâtre deux ateliers de travail avec la participation il y en a eu un mardi soir avec 92 personnes inscrites un en mois d'avril avec 72 personnes de tête qui ont participé donc un vrai investissement des habitants du quartier sur le devenir de leur avenue et puis on a commencé par replanter les arbres de la place en Brasse Courtois qui avait été abattu il y a déjà quasiment 3 ans et donc la place à retrouver enfin ces arbres
en termes d'agenda pour qu'on se rende compte et de calendrier ça va vous occuper pendant combien de temps et est-ce qu'il y aura des différentes étapes importantes à signaler plus que d'autres on en a pour combien de temps avec tous ces travaux c'est toujours des chantiers qui sont un petit peu longs
parce que là on est dans la phase de concertation qui va prendre fin la semaine prochaine le 14 derrière les équipes vont traiter tout le résultat de la concertation et commencer à préparer la restitution de cette concertation donc à essayer d'ébaucher des esquisses de ce que pourrait être l'avenue des Frères Lumière une fois qu'on aura validé le programme et la partie études le temps de faire les études de passer les marchés de sélectionner les entreprises d'avoir tout ça on sera sur des travaux de fin de mandat en fin 2024 début 2025 qui vont s'étendre jusqu'à 2026
donc on n'a pas fini d'en parler on n'a pas fini et ça va peut-être aussi provoquer un peu des bouleversements à la fois dans les habitudes et dans les usages qu'est-ce que vous répondez à toutes ces personnes qui se disent c'est encore une manière d'apaiser la circulation automobile mais peut-être de réduire la place de la voiture et puis peut-être de rattacher aussi ce sujet des mobilités à la question assez récente et à l'actualité autour de Lyon qui est devenue une ville 30 avec je crois pour bientôt le début des pour l'instant la marée chaussée faisait de la pédagogie mais là ça va passer à un stade un peu supérieur et qu'est-ce que vous en pensez de tout ça ces enjeux de mobilité d'une part et puis de circulation de nouveaux usages par rapport à la voiture
il faut entendre les craintes légitimes y compris de commerçants par exemple qui se disent sans la voiture je vais mourir l'expérience montre partout que les centres-villes qui se sont apaisés du point de vue de la circulation automobile n'ont pas vu mourir leur commerce j'étais il y a peu de temps au centre-ville de Bayonne par exemple qui est piétonnier depuis 2013 qui fait ses livraisons du dernier kilomètre en mode doux y compris en vélo les commerçants de tout type y compris alimentaire sont là y compris des petits supermarchés personne n'est mort donc c'est pas mais pour autant il faut qu'on entende cette crainte et qu'on travaille avec tout le monde parce qu'il y a une question de pédagogie puis il y a une question de traitement comment on va faire les livraisons comment les personnes à mobilité réduite peuvent continuer à venir faire leurs courses toutes ces questions sont importantes sur la question de la ville 30 c'est un autre sujet apaiser la vitesse en ville est une nécessité on voit bien qu'il y a une cohabitation des différents modes de transport qui nécessite ça la réduction de la pollution le nécessite et la réduction des accidents le nécessite on ne peut pas continuer à être dans un milieu urbain où le piéton doit être normalement roi malgré tout il doit pouvoir se déplacer en toute sécurité à avoir des petites rues où on circule à 50 km heure et on sait que quand la vitesse elle est limitée à 50 on a tendance des fois à circuler à plus que 50 voilà donc la ville 30 c'est aussi l'occasion d'avoir une politique qui est claire c'est toute la ville elle est 30 sauf quelques axes qui sont maintenus à 50 y compris pour des questions de transport en commun par exemple de bus parce que sur des grands axes limiter des bus à 30 ça peut poser des difficultés aussi de desserte
d'accord bon ben voilà c'est clair on reparlera de 2-3 sujets on arrive bientôt à la pause mais on aura des tas de questions à vous poser encore sur vos priorités vos engagements et vos réalisations à tout de suite pour la suite de l'émission on se retrouve pour cette troisième partie de l'émission l'invité politique le samedi de 11h à midi sur Lyon 1ère toujours avec Olivier Berzan le maire du 8ème arrondissement avant la pause on parlait monsieur le maire de renouvellement urbain de voirie de travaux et d'équipement et c'est vrai que le temps passe très vite on était en train de le constater ensemble et on voulait quand même faire peut-être un petit focus sur ce que vous avez évoqué tout à l'heure et ces fameux travaux de Lilo Kennedy parce que c'est quelque chose qui est important et qui va changer un peu la configuration de votre arrondissement autour de la mairie notamment racontez-nous un petit peu de quoi ils y retournent
c'est important parce que c'est le plus grand chantier d'investissement de la ville de Lyon sur le 8ème arrondissement c'est quand même pas rien c'est 60 millions d'euros d'investissement pour reconstruire une école qui est la dernière école de type païron de la ville de Lyon donc un groupe scolaire qui avait besoin de toute façon d'être démoli et reconstruit donc un nouveau groupe scolaire la construction d'un complexe sportif donc avec geminara salle d'évolution et une piscine je vous le disais tout à l'heure pas loin de 90 000 habitants et un réel besoin de nager de lieu pour que les enfants puissent apprendre à nager et sortir de l'école en sachant nager donc ça c'était très attendu de la part des habitants et on a ce projet qui était déjà imaginé on l'a modifié pour que la piscine soit ouverte aux habitants ce qui n'était pas envisagé au départ je me voyais mal expliquer aux habitants du 8ème vous allez contribuer au financement d'une piscine mais vous ne pourrez pas y aller donc on a infléchi le projet pour que ce soit une piscine ouverte à toutes et à tous et puis les ateliers chorégraphiques de la maison de la danse dont on a parlé donc on va bien ça va contribuer à ce que je disais tout à l'heure sur la naissance de ce coeur d'arrondissement autour de la maison de la danse du nouveau tas du 8ème de ce complexe de Leo Kennedy de la médiathèque de la place du Bachu qui est en plein renouveau
quelque chose d'assez symbolique qui va recréer un peu du commun comme vous l'évoquiez tout à l'heure dans le commun et peut-être avant de passer et faire un retour un peu sur la politique nationale l'élection présidentielle ce qui se prépare aussi il y avait des sujets dont on parle toujours parce que c'est important sans en faire plus que cela mais je sais que ça vous tient forcément à coeur comme élu d'arrondissement on parle je ne sais pas d'ailleurs si vous vous parlez de sécurité de tranquillité publique mais les questions de la manière dont les gens peuvent vivre tous ensemble et en commun que devient le vivre ensemble quelle est la situation dans votre arrondissement et comment vous vous pouvez le gérer parce que de l'extérieur on se dit toujours non mais ça ça ne dépend pas d'un maire d'arrondissement c'est un problème de police nationale comment est-ce qu'on gère et qu'on assure la tranquillité de ses habitants
du coup c'est important d'employer les bons termes et vous avez raison la sécurité est une mission de l'état ce n'est pas une mission des mairies en l'occurrence c'est l'état qui doit maintenir la sécurité les mairies doivent s'occuper des questions de tranquillité publique donc des nuisances des incivilités et ainsi de suite mais ce n'est pas la mairie d'arrondissement qui arrête les délinquants et qui traite les questions de sécurité ça me tient à coeur parce que c'est une réalité et je ne peux pas la nier il y a des questions de tranquillité publique dans l'huitième arrondissement qui sont identifiées des nuisances nocturnes du tapage du bruit des dépôts d'ordures sur la voie publique de la mécanique sauvage de la possession de chiens dangereux sans laisse et sans muselière voilà donc ça fait partie des choses qui nous remontent et c'est la raison pour laquelle en lien avec le procureur de la république et le maire de Lyon est l'adjoint à la tranquillité Mohamed Chi on a décidé d'aller vers la signature d'un protocole de justice pénale de proximité qui permet sur les infractions que je viens de vous citer à la police municipale comme à la police nationale dès qu'elle relève l'infraction de donner une comparution sous 15 jours aux personnes qui commettent l'infraction en maison de justice et du droit ces personnes se retrouvent devant le délégué du procureur de la république et devant moi ou mon adjointe et à ce moment-là ils ont à la fois un rappel à la loi c'est le rôle du délégué du procureur de la république de leur rappeler que ce qu'ils ont fait est une infraction qui relève d'une amende puisqu'on est bien dans la question de tranquillité donc c'est du domaine de l'amende et ma mission à moi c'est de leur dire quel est l'impact pour la société de leurs actes et ça c'est assez important et au final on a la possibilité de leur demander une contribution citoyenne donc c'est une somme d'argent que l'on définit en commun avec le délégué du procureur laquelle ne va pas dans les caisses de l'arrondissement ou de la ville mais laquelle va dans les caisses d'une association d'aide aux victimes qui est l'association Lema en l'occurrence qui du coup touche cette indemnité pour aider les victimes
Oui quelque chose qui était assez expérimental et assez innovant je me souviens avoir entendu cela d'ailleurs sur les ondes de nos confrères de France Inter vous racontiez ça et c'est important ce rappel à la loi je veux dire à l'autorité alors ça m'amène à une petite question qui peut être un peu parallèle et en même temps qui je crois se pose aujourd'hui sur l'autorité de l'élu sur le rôle de l'élu sur la place que vous avez justement dans ce rappel à l'autorité on a vu un certain nombre de vos collègues et vous-même parfois qui avez été injuriés peut-être agressés physiquement verbalement etc comment est-ce qu'aujourd'hui soit on explique soit on lutte contre cette espèce d'attaque à l'autorité que vous incarnez par votre fonction c'est-à-dire que ça dépasse votre personne mais comment est-ce qu'on fait en sorte qu'on rappelle les fondamentaux de l'institution de la loi de l'autorité à ceux qui veulent peut-être pas toujours l'entendre
moi j'essaye de rien laisser passer dans la limite de mes pouvoirs mes capacités de ce que je peux faire je vais vous raconter une histoire avant hier midi je sors déjeuner je vois devant la mairie une voiture se garer sur le trottoir outre l'infraction d'être stationné sur un trottoir le monsieur sortir de sa voiture et venir s'installer devant les rosiers de la mairie tranquillement pour uriner comment est-ce possible comment est-ce possible donc ce monsieur désolé je suis allé le voir je vais signifier l'acte qu'il était en train de commettre c'est une infraction enfin de faire ça et du coup je lui ai très clairement dit que je relevais sa plaque d'immatriculation et qu'on allait engager des poursuites contre ça voilà on peut pas laisser passer des comportements pareils c'est des incivilités qui pourrissent la vie des gens et quand les gens voient ça se faire et qu'ils ont le sentiment qu'il ne se passe rien derrière ils se disent qu'on ne s'occupe pas des problèmes ben non on s'en occupe et on essaye de relever tout alors ensuite il faut qu'on aille travailler sur les plus jeunes générations sur éviter qu'on parte dans cette dérive sur on a mis j'ai relancé par exemple le groupe de traitement des situations individuelles qui permet avec l'ensemble des acteurs d'éducation populaire mais d'éducation tout court les collèges les lycées et ainsi de suite d'identifier les jeunes qui sont en décrochage en dérive qui se retrouvent à la rue ou qui commettent des petites infractions et du coup de les faire rentrer dans un processus de prise en charge et d'accompagnement pour éviter justement qu'on les perde complètement et qu'on arrive à des situations derrière de délinquance
je ne sais pas que vous allez me raconter cette histoire mais de fil en aiguille ça me fait penser à quelque chose qui a été un peu de l'ordre de la polémique mais au-delà de la polémique qui permet peut-être de raconter parfois la difficulté dans laquelle est l'élu dans son choix c'est sur la fameuse installation peut-être dans le quartier autour de la Guillotière ou même pas loin de l'opéra de ces fameuses urinoires etc c'est-à-dire qu'on a un problème on essaie de lutter contre ce problème on installe quelque chose en même temps les gens râlent parce que ce n'est pas forcément beau comment est-ce qu'on trouve et sanctionner en fait ça a l'air tout bête mais c'est quand même très pragmatique de choisir vers quoi on va
on peut partir d'un problème le monsieur me dit j'avais pas le choix mais excusez-moi vous avez le choix parce que là à 250 mètres il y a des toilettes publiques sur la place du Bachu donc on a le choix de marcher 250 mètres pour aller aux toilettes publiques peut-être que dans des endroits effectivement il n'y a pas d'offre en même temps on voit quand même rarement une femme faire ça voilà il faut aussi remettre les choses et comment un certain nombre de comportements se faire voilà j'irai pas plus loin dans la démonstration donc oui les urinoirs vous faites bien de citer ça parce que ça a fait un petit buzz à l'époque on ne bruit pas possible je vous parlais de Bayonne où j'étais il y a peu de temps vous allez dans le centre historique de Bayonne qui est classé au patrimoine mondial en l'occurrence il y a exactement les mêmes urinoirs qui ont été mis au départ à Guillaume
et personne
mais ils sont là toute l'année ils sont là toute l'année ça ne choque absolument personne sauf qu'ils sont là déjà depuis bien plus longtemps et puis qu'on n'est pas dans cette logique dès qu'on veut essayer de trouver une solution et traiter une solution à un problème forcément on rentre dans la polémique
est-ce que vous avez l'impression d'ailleurs que ça va mieux ce fameux green bashing un petit peu dont les élus écologistes ont été victimes au début il y avait tout le temps une polémique la moindre décision était soit bon gardée soit critiquée comme si vous étiez à la fois amateur un peu foufou est-ce que vous avez le sentiment que depuis deux ans comme ça cette majorité peut-être par ses actes par ses choix s'est installé dans plus de crédibilité de légitimité qu'on est un peu loin derrière ou que ça continue quand même systématiquement d'être critiqué peut-être pas pour de bonnes raisons
alors moi je laisse à ceux qui ont envie de s'amuser à ça le soin d'occuper leur journée c'est-à-dire qu'ils n'ont sûrement pas grand chose d'autre d'intéressant à dire et à faire que de relever ça donc je me concentre sur la poursuite de mon action de mon mandat d'élu et je laisse tranquillement faire leur petite polémique
alors on va partir prendre de la hauteur je ne sais pas mais en tout cas revenir à la fois sur la politique nationale les élections présidentielles et puis ce qui se présente à nous avec les législatives vous à la fois comme politique comme citoyen quel regard vous portez sur ce qui s'est passé pendant cette campagne présidentielle à la fois peut-être pour votre propre parti mais même plus globalement sur ce qui demeurera quand même qu'une campagne assez étrange et surréaliste d'une absence de campagne quelque part
une absence de campagne voulue par le premier acteur de cette campagne qui a refusé de rentrer dedans dès son démarrage en l'occurrence et qui a pensé qu'il était suffisamment au-dessus de la mêlée pour ne pas avoir à descendre dans l'arène de la campagne après une campagne c'est ce que je vous disais tout à l'heure marquée par une grande absence qu'a été le climat l'environnement une préoccupation majeure des gens malgré tout au moment où le troisième rapport du GIEC vient de sortir et où il est de notoriété maintenant qu'il est temps d'agir qu'il n'est plus le temps de...
Est-ce que ça veut dire que votre candidat pour le coup a été quoi ? Comment ça se fait que ça n'est pas cranté ? C'est le débat qu'on avait au début sur l'écologie politique la transformation dans les urnes pourquoi est-ce que si c'est si important ça n'a pas pu fonctionner électoralement parlant ?
Il est possible qu'on n'ait pas supporté correctement le message c'est tout à fait possible mais je crois aussi qu'effectivement la crainte du résultat annoncé par avance de l'élection est conduite à un grand nombre d'électeurs à regarder qu'est-ce qui était préférable de faire comme vote pour éviter d'avoir un choix par défaut au second tour et c'est pour moi ce qui s'est passé
Comment du coup vous regardez ce qui se passe ?
Parce que là on assiste à quelque chose qui est assez étonnant on pourrait conjecturer un petit moment sur l'analyse politique qui en est faite mais là on a une sorte de troisième tour je ne sais pas si vous le vivez comme ça qui se prépare avec quelque chose d'assez unique comment vous vous regardez en tant que membre de ELLV cette fameuse N-U-P-E-S on ne sait pas encore trop comment le dire cette fameuse nouvelle alliance qui voit à la fois les insoumis le parti socialiste les communistes les verts se mettre ensemble pour la première fois depuis un petit moment pour peut-être quoi porter un espoir une espérance une victoire qu'est-ce que vous en attendez qu'est-ce que vous en pensez ?
Le mieux c'est de dire nouvelle union populaire écologique et sociale comme ça on n'a pas l'acronyme à faire ce que je retiens quand même pour revenir deux secondes sur le premier tour c'est qu'il faut reconnaître malgré tout à la force de l'union populaire d'avoir été capable d'aller faire voter des gens dont on craignait qu'ils n'aillent pas faire voter et qui du coup moi je me souviens d'enfants dans le quartier de Mermose qui me disaient mais monsieur le maire monsieur Zemmour il veut qu'on change de nom vous croyez vraiment qu'il peut nous obliger à changer de nom ?
Vous imaginez des enfants de 10-12 ans qui avaient cette crainte dans leur tête donc je crois aussi qu'une partie effectivement des quartiers populaires sont aussi allés voter pour empêcher ce basculement vers l'extrémisme et on l'a vu d'ailleurs sur leur mobilisation au deuxième tour le taux de participation dans l'arrondissement il était de 77,24 au premier tour il était de 70,42 au deuxième tour donc finalement un taux de mobilisation qui restait assez fort quand même pour aller faire barrage à l'extrême droite sur ce second tour
et sur donc la nouvelle union populaire et la place peut-être des écolos ce que vous en attendez et qu'est-ce qu'on peut en espérer ?
sur la nouvelle union populaire on est à Lyon une ville et une métropole de Lyon dans laquelle on gouverne ensemble depuis deux ans France insoumise à travers Lyon en commun écologistes socialistes communistes on est ensemble on fait la démonstration localement que ça fonctionne et qu'on est capable de travailler ensemble
ce que dit aussi le maire de Villeurbanne et c'est la même chose
à Villeurbanne avec un leadership qui est celui effectivement des socialistes donc ça fonctionne je veux dire donc il n'y a pas de raison que ça ne puisse pas fonctionner à un niveau national et le fait qu'on soit capable malgré tout d'atteindre la maturité nécessaire à faire cette union en vue des législatives dont je dis encore que nos électeurs n'auraient pas compris qu'on n'avait pas la maturité de se parler de s'entendre pour essayer de faire basculer les choses et de mettre en place une politique différente
preuve d'intelligence et de responsabilité pour vous quand même d'avoir su s'unir et pour offrir un espoir à gauche c'est ça
c'est exactement ça avoir à la fois une vraie force pouvoir espérer remporter ces élections législatives et puis en tous les cas avoir une force au parlement suffisamment importante pour peser sur les décisions qui seront prises
je suppose que si vous êtes cohérent par rapport à votre engagement vous ne serez pas candidat au législatif parce que vous avez
déjà plein de choses à faire je ne suis pas candidat au législatif je vous le confirme les candidats ils sont connus sur les circonscriptions lyonnaises voilà et donc je ne suis pas de ces quatre candidats sur la ville de Lyon
alors la vie d'un maire d'arrondissement on le voit elle est à la fois passionnante diverse et je crois que c'est peut-être aussi ce qui fait plus que le charme mais l'attachement qu'on peut avoir à ce mandat d'hyper proximité est-ce qu'il y a un moment où quand on est maire comme ça engagé d'un arrondissement avec autant de sujets on arrête d'être maire quelque part ou comment on fait quand on ne l'est plus ou est-ce que c'est possible de ne plus l'être en fait ?
Alors je disais tout à l'heure à la pause en plaisantant quand on n'est plus maire on dort parce que les semaines sont extrêmement chargées et longues non j'essaye quand même de préserver des journées de tranquillité de calme il y a beaucoup de choses y compris le week-end parfois mais c'est bien de se dire qu'on sanctuarise de temps en temps un week-end par mois ou un dimanche qui permet d'aller marcher d'aller prendre des air de la campagne d'être avec sa compagne de voir ses enfants voilà donc oui il y a des moments où on n'est pas maire et où on décroche j'ai décroché pendant les vacances de Pâques une semaine pour aller m'aérer l'esprit
et on culpabilise pas trop dans ces cas-là ?
non on culpabilise pas parce que si on culpabilise ça veut dire qu'on considère qu'on est à ce point indispensable au fonctionnement par rapport aux équipes qui restent en place pour malgré tout gérer et à ses adjoints qui sont élus et qui ont aussi des compétences et des capacités et ça deviendrait dangereux
est-ce que pour vous d'ailleurs on n'en a pas parlé comme ça mais est-ce que c'est quoi le mandat d'un maire d'arrondissement est-ce que c'est un fonction enfin une fonction un métier un engagement un sacerdoce est-ce que vous considérez parce que vous aviez une activité professionnelle avant même est-ce que vous considérez que ça doit être ou ça peut être une activité professionnelle à plein temps ou ce n'est qu'à un moment comment vous vivez ça ?
je crois qu'on voit que les dérives de l'activité professionnelle de faire de la politique une activité professionnelle n'est pas bon non c'est un mandat c'est une fonction c'est quelque chose qu'on occupe à un moment donné dans sa vie ça peut en aucun cas être un métier et je pense que tout un chacun devrait pouvoir à travers un réel statut de l'élu avoir la chance d'exercer un mandat dans sa vie parce que ça aide quand même beaucoup à comprendre la réalité des difficultés qui sont celles des élus pour résoudre celles que vivent les citoyens au quotidien
ce qui explique aussi peut-être pour ceux qui étaient puisque le temps infilé à une vitesse pas possible le choix de la chanson une chanson particulière chanson sans peur d'un groupe qui s'appelle le cri du peuple en quelques mots pourquoi ce thème ?
c'est une chanson adaptée par le cri du peuple d'une chanson mexicaine en fait le choix du thème et ce n'est pas la chanson que j'écoute tous les jours mais il est lié en fait c'est une des rares chansons qui parle de la question des féminicides voilà donc c'est juste l'occasion de rappeler qu'en 2021 113 féminicides ont été commis qu'on est en 2022 au début du mois de mai et on en est déjà à 30 féminicides donc cette chanson c'est la parole des femmes sur cette question
et bien on va les écouter on va les entendre à travers ce titre merci beaucoup d'avoir été parmi nous notre invité et je vous dis à très bientôt pour une prochaine émission on recevra la maire du 3ème arrondissement la semaine prochaine merci beaucoup
un grand merci à vous de m'avoir convié
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