LE JOURNAL - LUNDI 19 FEVRIER 2018
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Attaque 30 %Défensif 70 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 2:00OuverteRéponse directe
On parle de disparition du statut de cheminot, j'aimerais qu'on soit très concret. Ça changerait quoi précisément et pourquoi c'est un casus belli ?
- 4:00OuverteRéponse directe
Qu'est-ce que, de quoi vous parlez précisément quand vous dites que l'État veut faire payer la note aux cheminot.e.s ?
- 6:00OuverteRéponse directe
Vous disiez que la bataille du rail est une bataille d'intérêt général. Pourquoi ?
- 8:00OuverteRéponse directe
Qu'est-ce qui a motivé votre volonté de compiler les féminicides ?
- 10:00OuverteRéponse directe
Qu'est-ce qu'on apprend en compilant toutes ces informations sur les féminicides ?
- 12:00OuverteRéponse directe
Pourquoi le traitement médiatique de l'affaire Daval vous a-t-il particulièrement agacé ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 3:30Laurent CourtoisChiffre
« 9 000 kilomètres de lignes abandonnées sur 28 000. Un tiers du réseau abandonné. »
- 5:00Laurent CourtoisFait
« C'est isoler complètement, définitivement du rail, certaines régions. Je pense au Limousin, vous avez certaines parties dans la Normandie, on parle beaucoup du Paris-Granville. »
- 5:30Laurent CourtoisFait
« Le service public, par essence, ça ne doit pas être rentable. »
- 6:30Laurent CourtoisFait
« En fait c'est une discussion entre monsieur Macron et quelques cheminot.e.s lors de l'inauguration de la ligne TGV à Bordeaux, où monsieur Macron s'est permis de dire qu'il y aurait un deal et que l'État reprendrait une partie de la dette, même pas toute la dette d'ailleurs, en échange du statut des cheminot.e.s. »
- 8:30Claude El KhalChiffre
« Selon l'organisation humanitaire Defense for Children international Palestine, en 2017, 14 enfants palestiniens ont été tués par l'armée israélienne. »
- 9:00Claude El KhalChiffre
« Près de 300 croupissent en prison et 11 d'entre eux sont à l'isolement. »
- 9:30Claude El KhalChiffre
« En 2012, le quotidien britannique The Guardian a écrit que chaque année entre 500 et 700 enfants palestiniens sont arrêté.e.s et jugé.e.s par les autorités israéliennes. »
- 10:30Titiou LecoqFait
« Elles ne meurent pas sous les coups. Ce n'est pas des femmes battues ou un coup va trop loin. C'est, de manière générale, le mari qui prend le couteau et qui plante son épouse. »
- 11:30Titiou LecoqFait
« Le féminicide, ça a l'intérêt de sortir de la case “faits divers”. Ce n'est pas Jonathan qui a tué Alexia. On décide de le traiter, même si en vrai Jonathan a tué Alexia, mais on décide de le traiter comme un fait de société. »
Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
[Musique] Nous sommes le 19 février 2018. Le 20h s’est échappé de la télé, vous regardez le journal du Média. Bonsoir à tou.te.s.
Et ce soir nous profitons de la présence de Claude El Khal, notre correspondant à Beyrouth, qui est encore à Paris pour quelques jours. Nous allons parler avec lui du sort des enfants de Palestine sur fond de procès d’Ahed Tamimi. - Bonsoir Claude. - Bonsoir Aude.
Nous retrouverons Marc de Boni dans une interview de la journaliste Titiou Lecoq sur la question du féminicide, et puis au cours de ce journal nous aurons le plaisir d'avoir à nos côtés la chanteuse Juliette pour réagir à l'actualité et, en fin de journal surtout, pour parler de son nouvel album. On voit ça tout à l'heure, mais tout de suite dans le journal c’est l’actu. La bataille du rail commence et elle promet d'être rude, le gouvernement a entamé aujourd'hui ses consultations sur l'avenir de la SNCF, quatre jours après la remise du rapport Spinetta vécu par les cheminot.e.s comme une attaque contre le service public ferroviaire.
Les syndicats ont prévenu qu'une remise en cause du statut de cheminot à l’embauche serait un casus belli. Gérald Darmanin, le ministre des comptes publics, a redit ce matin que sa suppression n'était pas un tabou. Laurent Courtois, bonsoir.
Vous êtes syndicaliste à Sud Rail et vous avez également été candidat de la France Insoumise aux dernières législatives dans la 12e circonscription du Nord. On parle de disparition du statut de cheminot, j'aimerais qu'on soit très concret. Ça changerait quoi précisément et pourquoi c'est un casus belli ?
Bonsoir, tout d’abord merci pour votre invitation, ce n'est pas souvent que l’on invite des gens de Sud Rail sur des plateaux télé donc je parle au nom de tous/tes mes collègues syndiqué.e.s et tous/tes mes collègues cheminot.e.s, merci pour cette invitation !
Le statut, là actuellement vous n'entendez parler que de ça depuis 3 jours mais on nous la refait, en fait, comme à la dernière réforme du ferroviaire en 2014. On essaie d'instaurer dans la tête des gens que ce statut est un privilège. Ce statut, il a une histoire, il relève d'une histoire.
Et c’est un casus belli, pourquoi ? Parce que nos dirigeants ont oublié que notre entreprise avait une culture d'entreprise. Et ce statut a été bâti par nos prédécesseurs, nos anciens, qui se sont battus pour l'améliorer petit à petit, et faire en sorte qu'on puisse travailler dans des conditions décentes, et surtout dans des conditions optimum de sécurité.
C'est un acquis social donc, ce statut. C'est un acquis social bien évidemment. Un casus belli encore une fois, je ne connais pas, dans mon entreprise, un.e cheminot.e qui n'est pas attaché.e à son statut.
Je n'en connais aucun ! Même les jeunes qui viennent d'arriver dans l'entreprise sont tout de suite intégré.e.s et on sent bien que, quand ils arrivent, pour certains c'est vraiment un choix de carrière.
C’est une fierté d’être cheminot.e ? C'est une fierté d'être cheminot.e !
On aime tous/tes notre entreprise et on aime aller au travail, quoi ! Vous disiez tout à l'heure, avant qu'on commence cette interview et ce journal: c'est un écran de fumée ! Bien sûr que c'est un écran de fumée parce que, ce qui va se passer, ce qui est dans le rapport Spinetta et ce qu'il préconise, c'est en fait une déréglementation totale de notre système ferroviaire. 9 000 kilomètres de lignes abandonnées sur 28 000.
Un tiers du réseau abandonné, ça veut dire quoi ? 1 - Ça veut dire que ce sont des emplois qui ne seront plus là, des installations, et donc un aménagement du territoire qui va s'en trouver complètement chamboulé. Il y a des régions de France, si ceci est appliqué, qui ne verront plus un train.
Ça, c'est un service public qui n'est plus assuré. Exactement ! c'est tout l'esprit de la LOTI qui avait été promulguée en 1982 qui disparaît.
C'est isoler complètement, définitivement du rail, certaines régions. Je pense au Limousin, vous avez certaines parties dans la Normandie, on parle beaucoup du Paris-Granville, parce que les gens là bas commencent à s'organiser pour défendre leur ligne. Vous avez des endroits dans l'Est, ou ces petites lignes qu'on dit non rentables, c'est d'ailleurs pour moi un non sens de dire que c'est non rentable, c'est un non sens parce que ça permet à des gens de se déplacer d'aller au travail d'aller à l'école, il faut le dire aussi.
Et puis ce sont des choses du quotidien. Ça touche le quotidien de tout le monde. Oui ce n'est pas au service public d'être rentable en somme.
Mais évidemment que non. Le service public, par essence, ça ne doit pas être rentable On vous a entendu parfois dire dans certaines interviews que l'État voulait faire payer la note aux cheminot.e.s.
Qu'est-ce que, de quoi vous parlez précisément ? - Ah, la dette ! - La dette !
C'est un sujet à la mode. Mais on l’entend à toutes les sauces, partout, voilà ! C'est à cause de la dette que les choses ne vont plus.
D'abord savoir d'où elle vient cette dette ? Elle vient d'abord de la stratégie de gouvernements successifs, appliquée par des dirigeants d'entreprise successifs, qui ont investi sur des lignes grande vitesse, certes, c'est un progrès. Il faut le dire, c'est un progrès, et ça rapproche les grandes agglomérations les unes des autres, ça permet de fluidifier les trafics dans notre pays, mais aussi, pendant le même temps, et bien on a oublié notre réseau classique qui lui aussi permet de fluidifier les transports dans notre pays, et le permet, beaucoup plus finement, qu'une ligne TGV où il y a quelques arrêts et où, finalement, ce ne sont que les grandes agglomérations qui sont desservies. - Et donc, on fait payer aux cheminot.e.s l’endettement de la SNCF, c'est ça que vous...
Il faut revenir sur l'origine de la chose. En fait c'est une discussion entre monsieur Macron et quelques cheminot.e.s lors de l'inauguration de la ligne TGV à Bordeaux, où monsieur Macron s'est permis de dire qu'il y aurait un deal et que l'État reprendrait une partie de la dette, même pas toute la dette d'ailleurs, en échange du statut des cheminot.e.s.
Mais en quoi les cheminot.e.s sont ils/elles responsables de ça ?
Ils/elles font tout ce qu'ils/elles peuvent tous les jours pour faire fonctionner le réseau du mieux possible avec des conditions de travail qui, croyez-moi, depuis quelques années se dégradent fortement. - Donc ils sont des dindons de la farce de cet accord. -Mais même les citoyen.ne.s sont les dindons de la farce de cet accord !
Il faut dire les choses ! Cette bataille du rail qui s'engage, c'est une bataille d'intérêt général. C'est une bataille d'intérêt général.
Les gens aiment la SNCF ! Contrairement à ce qu'on entend dans tous les médias principaux en France, les gens aiment la SNCF, la majorité des gens aiment la SNCF. Mais seulement depuis quelques années, moi j'ai en tête Nicolas Sarkozy quand il arrive au pouvoir et sa façon de taper systématiquement sur les cheminot.e.s privilégié.e.s.
Ça a commencé là. Pour autant que je me rappelle il y avait quelques épisodes avant, mais c'est vraiment là où on a senti la rupture. avec les collègues et on s'est dit : mais il nous en veut pour quoi en fait ? parce que nous on a des conditions de travail et notre statut aussi est régi par ça !
Si on a un statut comme celui-là, 1 : On le paye avec nos cotisations, 2 : Et bien c'est parce qu'on travaille en horaires décalés 365 jours par an, il faut le dire aussi, et puis 3, et c'est le plus important, c'est que ça garantit aussi un niveau de sécurité important. Parce que dans le statut, et c'est une chose dont personne ne parle, il y a une formation. Les cheminot.e.s sont formé.e.s par leur entreprise et c’est cette formation d'un haut niveau qui garantit la sécurité des circulations.
Merci Laurent Courtois d'être venu nous expliquer tout ça. Je vous en prie, merci à vous ! Les cheminot.e;s, on le rappelle, ont prévu une manifestation nationale le 22 mars prochain et évidemment... - Pas seulement les cheminot.e.s !
C’est une journée aussi d’action des fonctionnaires, et moi j'invite tous les gens qui aiment le rail, qui aiment la SNCF, qui ont envie d'avoir un haut niveau de circulation de trains dans notre pays, à venir nous rejoindre le 22 et après. -On suivra avec attention, merci encore ! -On sera sur le terrain !
Deux palestiniens ont été tués hier par des tirs israéliens dans la bande de Gaza. La veille, 4 soldats israéliens avaient été blessés dont 2 gravement dans l'explosion d'un engin piégé le long de la barrière qui sépare Israël et le territoire palestinien. Tôt ce matin encore des agents israéliens ont frappé des objectifs du Hamas, toujours dans la bande de Gaza, après un tir de roquettes palestinien sur le sud d'Israël.
Il s'agit d'une des périodes de tensions les plus fortes sur la frontière entre la bande de Gaza et Israël depuis le conflit qui a opposé en 2014 les forces israéliennes et le Hamas qui contrôle le territoire. Benyamin Netanyahou n'est pas venu les mains vides à Munich lors de la conférence sur la sécurité qui s'est tenue ce week end en présence d'une trentaine de chefs d'État et d'une centaine de ministres. Le premier ministre israélien s'est adressé directement au ministre iranien des affaires étrangères en brandissant, et oui, un morceau de drone.
Un drone qu’il a présenté comme un engin iranien venu de Syrie et abattu par l'armée. Netanyahou a accompagné son geste d'un avertissement : “ne testez pas la détermination d'Israël” [Musique] -Claude, tu nous parles ce soir des enfants de Palestine. -Oui, en effet.
Les autorités israéliennes semblent être en guerre contre des enfants. Je répète, des enfants. Certains ont 12 ans, d'autres 15, 16 ou 17 ans.
A bien des égards à 15, 16 ou 17 ans, on est encore un enfant. Selon l'organisation humanitaire Defense for Children international Palestine, en 2017, 14 enfants palestiniens ont été tués par l'armée israélienne. Près de 300 croupissent en prison et 11 d'entre eux sont à l'isolement.
En 2012, le quotidien britannique The Guardian a écrit que chaque année entre 500 et 700 enfants palestiniens sont arrêté.e.s et jugé.e.s par les autorités israéliennes.
Ceux qui finissent en prison sont soumis.es à des pratiques qu'on ne peut décrire que comme de la torture psychologique : isolement carcéral, menaces, injures, privation de sommeil. Les enfants qui avouent les crimes dont ils sont accusé.e.s le font pour ne plus avoir à subir ces pratiques.
Je vous présente Dima Al-Wawi. Elle avait 12 ans quand elle a été arrêtée. 12 ans.
Regardez son visage. Le jour de sa libération, il y a près de deux ans. Regardez ses yeux.
Aucun enfant au monde ne devrait avoir ce regard. Malheureusement, la violence contre les enfants palestiniens ne s'arrête pas aux traitements qu'ils subissent en prison. Le 9 février dernier, le quotidien israélien de gauche Haaretz a publié sous la plume du journaliste Gideon Lévy, qui est une référence dans la presse israélienne, une histoire hallucinante.
Je cite : “comme à un safari, des soldats israéliens en Jeeps traquent un adolescent palestinien et lui tirent une balle dans la tête.” Il est difficile de croire qu'un tel acte barbare puisse avoir lieu au 21e siècle dans un pays qui se prétend être “la seule démocratie du moyen-orient” par une armée dont certains osent dire encore qu’elle est la plus morale du monde. Un acte qui rappelle l'apartheid en Afrique du Sud, ou la ségrégation raciale dans l'Amérique du début du XXe siècle.
Pendant des années, cette guerre qu'Israël mène contre les enfants de Palestine a été passée sous silence dans les médias occidentaux. Cette omerta, aussi choquante qu'inacceptable, a été brisée après l'arrestation d'Ahed Tamimi. Vous savez cette adolescente à la crinière blonde et aux yeux clairs, qui est devenue en quelques semaines le symbole de la résistance palestinienne.
Cette adolescente que l'ancien ambassadeur d'Israël aux Etats Unis et député à la Knesset, Michael Oren, a soupçonné d'être une actrice, engagée par la famille Tamimi à des fins propagandistes. Alors justement ce n'est pas du tout une actrice, et tu vas nous rappeler un peu qui est Ahed Tamimi, et nous rappeler un peu cette histoire. Le 15 décembre 2017, à Nabi Saleh près de Ramallah en Cisjordanie occupée, Mohamad Tamimi, un enfant palestinien de 15 ans, a reçu en plein visage une balle en caoutchouc tirée à bout portant par l'armée israélienne.
Il a été défiguré. Sa cousine Ahed Tamimi, 16 ans, a manifesté sa colère en giflant un soldat israélien. Le 19 décembre, soit 4 jours après, l’adolescente a été sortie du lit en pleine nuit et arrêtée par une unité de Tsahal. 3 mois plus tard, elle n'a toujours pas été libérée.
Et c'est en prison qu'elle a fêté ses 17 ans. Son procès devant un tribunal militaire s'est ouvert le 13 février et se déroulera en huis clos. Elle risque sept ans de prison.
Paradoxalement, Yifat Alkobi, une femme de la colonie de Hébron, a elle aussi giflé un soldat israélien, mais malgré des antécédents violents, elle n'a pas passé une seule nuit en prison. Curieuse justice, vous ne trouvez pas ? Curieuse en effet.
Merci Claude. On continue avec l'actualité en bref. C'était ce week-end lors d'un rassemblement contre les armes à Fort Lauderdale en Floride, une survivante de la fusillade qui a fait 17 morts mercredi dernier dans un lycée de Parkland s'en est prise au président Donald Trump et aux politiques financées par la NRA, le puissant lobby des armes à feu.
Honte à vous. “Shame on you”, a-t-elle lancé ! Et puis des élèves survivant.e.s de la fusillade appellent à manifester fin mars à Washington pour réclamer un contrôle plus strict sur les armes à feu et dénoncer le culte des armes.
Baptisé “Marche pour nos vies”, le défilé aura lieu le 24 mars. Objectif, je cite : “demander qu'une proposition de loi complète et efficace soit immédiatement présentée au congrès pour régler les problèmes de violence par les armes.” J-2 pour la loi asile-immigration, le texte sera présenté mercredi en conseil des ministres, un texte très critiqué par les associations d'aide aux exilé.e.s, nous en avons parlé souvent ici, mais aussi un texte qui pourrait mettre à rude épreuve la majorité où certains contestent la logique répressive du texte.
Effectivement c'est le moins que l’on puisse dire. Pour faire passer la pilule certain.e.s député.e.s de la majorité LREM-MoDem ont été reçu.e.s par petits groupes pour des séances de pédagogie, ou de calinothérapie, on ne sait pas vraiment.
Autre opération déminage en cours, la remise au gouvernement du rapport du député LREM Aurélien Taché sur l'intégration. Un rapport qui, le gouvernement le jure la main sur le coeur, doit renforcer le volet humaniste de la loi. Catherine Kirpach reviendra sur cette question demain avec un sujet sur les mineur.e.s isolé.e.s. 3 = 1, une sainte trinité dans l'audiovisuel.
C'est semble-t-il le souhait de la ministre de la culture Françoise Nyssen qui aimerait réunir sous la même bannière et la même présidence : France Télévision, Radio France et France Médias Monde. Les arbitrages sur la question devraient être rendus à la fin du mois de mars. L'INA, l'Institut National de l'Audiovisuel, pourrait lui aussi rejoindre la grande maison dit-on. [Musique] C'était un engagement du Média, rester attentif au sujet des violences faites aux femmes.
Nous avons voulu revenir à tête reposée sur un terme qui a récemment marqué l'actualité avec l’affaire Alexia Daval, notamment la notion de féminicide, Marc de Boni est allé rencontrer une des rares journalistes spécialiste de la question, elle s'appelle Titiou Lecoq, on regarde. Bonjour Titiou Lecoq On a choisi de vous recevoir aujourd'hui sur le plateau du Média pour discuter d'un nouveau passe-temps un peu particulier qui est donc la compilation des féminicides depuis plusieurs mois. Vous êtes une des seules journalistes en France à faire ce travail.
Vous êtes aussi par ailleurs blogueuse, journaliste indépendante, auteure de plusieurs ouvrages. Alors d'abord, merci d'avoir accepté de venir sur ce plateau. Pour commencer, qu'est-ce-qui a motivé un peu cette volonté particulière de redonner un nom, une contextualisation, un âge à toutes ces femmes qui tombent, comme on dit dans les médias, sous les coups de leur mari ?
C'est parti de voir à chaque fois le chiffre qui revenait “Tous les trois jours une femme meurt sous les coups de son conjoint”, ce qui est la formule consacrée qu'on voit dans les affiches de prévention. Je me disais, c’est fou en fait, j'ai l'impression que j'ai entendu ce chiffre toute ma vie alors qu'il doit quand même bouger. Ça doit pas être stable à ce point là, et du coup j'ai voulu vérifier.
En fait, on a les chiffres officiels des années précédentes mais pas celle du moment même. Et je me suis mis en place, mais sans savoir ce que j'en ferai d'un point de vue journalistique, des alertes sur mes mails. Et donc je recevais tout ce qui était sur toute la presse quotidienne régionale sur effectivement tous les féminicides.
Et au bout de plusieurs mois comme ça, à les compiler, mais c'était juste pour moi pour me rendre compte de ce que ça donnait, j'ai décidé d'en faire une liste parce que je me suis rendue compte de ce que c'était vraiment et que le chiffre “tous les trois jours” alors était vrai, mais que ça m’avait induit sur plein d'idées fausses qui je pense sont très partagées. Et la plus forte chance, la plus grosse révélation, ça a été de me dire : elles ne meurent pas sous les coups. Ce n'est pas des femmes battues ou un coup va trop loin.
C'est, de manière générale, le mari qui prend le couteau et qui plante son épouse. Est-ce qu'il y a par exemple un profil type de la femme assassinée par son conjoint ou pas du tout ? Qu'est ce qu'on apprend en compilant comme ça toutes ces informations ?
Moi j'avais quand même un peu le préjugé que c'était peut-être des femmes au foyer, plutôt un peu isolées socialement, pas insérées. Et pas du tout ! Elles peuvent être orthophonistes, viticultrices, enfin voilà, c'est des femmes qui travaillent, qui ont leur carrière.
Donc tous les milieux sociaux, il n'y a pas de portrait type et plus frappant c'est tous les âges et ça, ça a été une grosse révélation aussi. Sur cette question, la notion du féminicide, récemment dans l'actualité il y a l'affaire Daval qui, comme on dit, a défrayé la chronique. Je lisais sur les réseaux sociaux, ça vous a beaucoup agacé la manière dont les médias ont traité ce sujet.
Vous avez parlé d'un cas d'école. Est-ce que vous pouvez nous expliquer un petit peu pourquoi ? Qu'est ce qu’il a eu de particulier, le traitement de cette affaire ?
C’est à dire que dès le départ on est quand même sur un fait divers : “la joggeuse”. Emballement sur la joggeuse, les femmes ne doivent plus courir, faire du footing toute seule, c'est trop dangereux. En fait la piste de la joggeuse était uniquement la version du mari.
Personne ne l'avait vu faire du jogging ce jour là. Donc ça a été la première erreur et après, même quand le mari avoue, j'ai trouvé que les médias reprenaient à leur compte ce qui était les formules de l'avocat de la défense, en fait. Donc l'accident, un garçon faible, Alexia Daval qui aurait une personnalité écrasante...
Donc vraiment sur une affaire comme ça, l'autre point qui m'a énervée, c'est que c'était l'occasion de parler des violences faites aux femmes et des féminicides. Qu'est ce que ça aurait changé si tous les médias avaient accepté ce terme féminicide que vous portez dans votre couverture journalistique ? Le féminicide, ça a l'intérêt de sortir de la case “faits divers”.
Ce n'est pas Jonathan qui a tué Alexia. On décide de le traiter, même si en vrai Jonathan a tué Alexia, mais on décide de le traiter comme un fait de société. Ça ce n'est pas à la justice de trancher un fait de société.
C'est, en l'occurrence je pense, aux journalistes de se dire : cette affaire ressemble à beaucoup d'autres affaires, traitons-les de manière un peu globale pour montrer qu'il y a quelque chose qui ne va pas dans notre société. Ce n'est pas normal que des femmes meurent parce qu'elles sont des femmes. Et c'est ça le fond de ces histoires là, en fait.
Toute femme qui est tuée par un homme n'est pas victime d'un féminicide, c’est un peu plus compliqué ? Le féminicide c'est : qu'est ce qui, dans les relations de genres, fait qu'un homme prend le pouvoir sur une femme au point de décider si elle peut vivre ou si elle doit mourir ? Alors vous évoquiez justement la justice, juste avant, il y a plusieurs pays d'Amérique latine qui ont mis dans leur texte de loi cette notion de féminicide.
Le pape récemment a même appelé tous les pays du monde à faire de même. Est-ce que, vous-même, vous êtes partisane de la création d'une nouvelle notion légale autour du féminicide ou pas ? Moi non.
Je pense que d'un point de vue judiciaire, on a une qualification qui est aggravante, qui est “meurtre sur conjoint”. Le fait de tuer son conjoint est plus grave. Ca me paraît très bien et ça fonctionne, et pour les hommes et pour les femmes.
Les hommes, je crois qu’il y a deux meurtres par mois de femmes sur leur conjoint et, en général, c'était des femmes battues. Mais voilà ça existe et ça me dérangerait qu'on fasse un distinguo hommes-femmes du point de vue de la loi, en tant que féministe. Par contre, c'est pour ça que je trouve que c'est important que nous, en tant que journalistes, on parle de féminicide.
Parce que le travail de la justice et celui de la presse n’est clairement pas le même. Et du moment où la presse reste sur le pur fait divers, elle se place du point de vue de la justice, ce qui n’est pas notre travail. Merci beaucoup Titiou Lecoq, on suivra avec attention votre travail.
A bientôt. Juliette vous nous avez rejoint sur ce plateau, merci. Bonsoir.
Vous avez écrit une chanson qui s’appelle « La petite robe noire » et qui parle de féminicide. Oui, qui parle d’une histoire d'amour qui finit mal, très exactement. C'est souvent le cas, finalement, c'est souvent des histoires d'amour qui finissent mal.
Oui je suis toujours un peu troublée par l'appellation féminicide dans la mesure où c'est souvent sur des affaires judiciaires donc sur lesquelles on s'exprime. Une affaire judiciaire c’est toujours très complexe. Un meurtre, c’est jamais une solution A + B.
C'est toujours A qui a fait des choses dans sa vie qui ceci qui cela, pourquoi ceux-là se sont rencontrés, pourquoi ça a donné ça ? C'est une vérité qu'on entend quand on rentre dans un tribunal par exemple, et cette vérité là, les jurés l'entendent par exemple et c'est en vertu de ces débats de ce qu'ils ont entendu des gens, qui ont exprimé une vérité, qu'ils vont choisir de punir à telle ou telle hauteur, etc. Donc je pense qu'il faut toujours manipuler ça avec des pincettes, ne pas faire des généralités Je trouve qu'elle a raison de dire que les journalistes et la presse doivent alerter l'opinion publique sur l'ampleur du phénomène qui, comme elle le rappelle, touche toutes les classes sociales et tous les gens de toutes obédiences et de toute tradition.
Mais, encore une fois, je crois qu'il ne faut pas s'emballer sur des affaires ou sur d'autres. Il y a eu un gros emballement par exemple sur l’affaire Sauvage, qui moi m'a un petit peu gênée parce que effectivement je crois qu'il y a une vérité de tribunal qui a échappé aux gens médiatiquement et la vérité du tribunal c'est que Jacqueline Sauvage a été condamnée deux fois en cour d'assises donc par un jury populaire donc par des gens qui ont écouté un débat et qui ont considéré que cette femme-là avait effectivement commis un meurtre et pas simplement un acte de self-défense. Alors on peut discuter après sur le fond effectivement, et sur le fait qu'on doit attirer l'attention sur le petit harcèlement, sur tous les débuts de toutes ces choses qui font que dans la société on considère souvent les femmes comme voilà, comme une espèce de, on peut se servir quoi, voilà, c’est à disposition, donc effectivement une main au cul, c'est pas grave, ça porte pas à conséquence.
Je suis absolument d'accord sur le fait qu'on attire l'attention des gens là dessus, je suis aussi d'accord pour qu'on arrête de parler de crime passionnel et de choses comme ça, parce que bien souvent c’est beaucoup plus crapuleux que ça, mais voilà je crois qu'il faut aussi attendre la vérité du prétoire. Moi je suis une avocate rentrée. J'aurais adoré être avocate.
Vous êtes fan de faits divers en plus. J'adore effectivement ça ! et puis effectivement je pense que si j'avais pas été chanteuse, j’aurais été avocate, voilà, et au pénal en plus.
Bon, très bien. Pour justement aller défendre des gens qui ont commis des trucs épouvantables et qui sont indéfendables parce que je fais partie des gens qui, a contrario de notre ancien Premier Ministre pensent que effectivement chercher à comprendre c'est beaucoup plus intéressant que simplement réprimer, ce n'est pas excuser chercher à comprendre. - C'est ce qu'avait dit Manuel Valls, - Absolument.
On reparle avec vous dans un instant, et avant ça le reste de l'actualité et d'abord cette histoire belge qui ne fait pas du tout rire Facebook. le réseau social, accusé de pister les internautes y compris lorsque ces derniers ne disposent pas de compte, s'est vu ordonner par la justice de cesser de suivre et d'enregistrer sans leur consentement les utilisateurs/trices d'internet qui surfaient en Belgique. Le tribunal a également ordonné que Facebook supprime toutes les données obtenues illégalement.
Facebook doit se conformer à la décision sous peine d'une astreinte de 250 000 euros par jour pouvant atteindre jusqu'à 100 millions d'euros. Le réseau social évidemment va faire appel. Des artistes graffeurs vont recevoir 6,7 millions de dollars de dommages et intérêts après la destruction de leur oeuvre.
Ça se passe à New York dans le Queens, plus précisément sur une friche industrielle baptisée 5 Pointz, une friche qui est célèbre pour avoir accueilli les oeuvres des graffeurs/euses du monde entier oui mais voilà, les graffitis avaient été recouverts de peinture en 2013 et détruits par le propriétaire du lieu. Le collectif de graffeurs/euses a saisi la justice et obtenu gain de cause. Les oeufs en batteries vont disparaître des rayons d'ici 2022, annonce du ministre de l'agriculture Stéphane Travert, une nouvelle de taille puisque près de 70% des oeufs sont aujourd'hui issus de ces élevages c'était une promesse de campagne du candidat Macron mais attention il y a quand même un petit bémol, ce n'est pas la fin de l'élevage en batterie puisque la mesure ne s'appliquera qu'aux oeufs dits “coquilles” c'est à dire les oeufs en boîtes ou en vrac, on trouvera donc toujours des oeufs issus d'élevages en batterie dans les produits transformés. [Musique] Alors, re bonsoir Juliette, on s’est pas quittées longtemps.
Merci d'avoir accepté l'invitation du média. Chanteuse, auteure, compositrice vous sortez votre 14ème album c'est ça ? Je sais pas en fait, peut-être, un certain nombre...
Qui s'appelle “j'aime pas la chanson” - Ouais ! Pourquoi tant de haine ? Bah, écoutez c'est parce que je la connais bien la chanson, la coquine.
Juste parce que c'est une chose, alors pourquoi, parce que c'est une chose que je réponds souvent quand on me demande mon avis sur .. Là par exemple vous allez me dire aujourd'hui qu'est ce que vous écoutez comme chanson ?
Bah, je suis bien obligée de dire je n'en écoute pas, parce que j'aime pas ça la chanson. Donc j’écoute pas la chanson. Vous écoutez quoi, alors, chez vous ?
J'écoute des chansons avec des paroles que je comprends pas ou alors j’écoute des musiques avec pas de paroles du tout, etc. Non je suis pas, voilà je veux dire, je suis pas une grande fan de chansons et je suis pas, dès que je rentre chez moi, je suis pas en train de mettre des trucs avec des paroles dessus quoi. C'est pour ça qu'au début vous écriviez pas toujours les paroles de vos chansons ?
Sans doute. Au début je me sentais un petit peu, un petit peu pas capable de le faire, Ou je ne sais pas, enfin voilà, ou ça me demandait trop de boulot et je suis une vraie fainéante. C'est possible que ça soit ça aussi.
Qu'est-ce qui a fait la bascule, à quel moment vous vous êtes mise à écrire de plus en plus les paroles, Parce que effectivement il y a certains albums, au début, où il n'y a quasiment pas de textes que vous avez écrits. Ouais, parce que il y a eu un moment j'ai eu un déclic d'abord parce que, parce qu'il fallait bien que je le fasse puisqu’il n’y avait personne pour le faire pour moi et puis parce que je crois aussi qu’à force de travailler avec des auteur.e.s à qui on demande, même si on vous propose des idées, mais on leur en demande aussi on dit, voilà tiens j'ai une idée pour une chanson ça serait bien, on pourrait parler de ça, pourrait faire ça, au bout d'un moment ça va plus vite de faire soi-même quoi.
Effectivement. Oui mais alors vous bossez vachement quand vous écrivez vos chansons, vous dites que vous vous documentez. Oui.
Pour pas écrire n'importe quoi ? Parce que, vous faites quasiment une enquête presque de terrain pour chaque chanson ? Oui j'essaye en tout cas, oui effectivement.
Comment vous vous y prenez ? Ben je sais pas, qu'est-ce que je peux dire, Je vais surtout m'orienter moi vers des champs lexicaux, des choses comme ça, donc par exemple bon bah on va prendre l'exemple de la météo marine J'apprends que la météo marine est supprimée des ondes de la radio nationale du service public pour plein de raisons y compris que ça sert plus à grand chose parce que maintenant tout le monde a des satellites des machins et des ordinateurs sur son bateau mais voilà donc ce lien entre moi et les femmes et hommes marins pêcheurs qui sont parti.e.s loin dans la mer, il va s'arrêter alors je vais aller chercher, je vais aller chercher tout le vocabulaire afférent, donc je sais exactement comment ça marche la météo marine maintenant je me suis renseignée quoi, donc les zones, les trucs comme ça et effectivement les avis, qu'est ce que c'est qu'un grand frais, un coup de vent etc...à partir de quand les hectopascals, les machins...
Bah oui c'est, mais c'est super intéressant en fait, mais moi j'aime bien je suis assez compulsive de ce côté-là j’ai une bonne mémoire alors évidemment après ça rentre puis ça ressort plus jamais. On écoute un extrait de météo marine justement si vous voulez bien. Avis de grand frais En cours ou prévu Le fond d’l’air est frais Mon p’tit coeur tout nu Quand on’pleure jamais C’est qu’on s’habitue Avis de grand frais En cours ou prévu Et tout me parait désolé Dérisoire ou abandonné Noyée, Tamise, Humber, German Au fond d’la grisaille océane Agitée à localement forte Je voudrais que la mer emporte De Nord Irlande à Ouest Ecosse Le vague à l’âme qui me cabosse Effectivement c'est documenté.
Il paraît que c'est vous là-dessus. Hhm ça se reconnaît non ? Oui si ça se reconnait !
Les cheveux frisés, les lunettes...
En fait c'est une jeune femme qui s'appelle Sophie Goillot qui m'a offert ça après un concert et quand je l’ai déballé de sa petite boîte j'ai dit tiens ça sera la prochaine pochette ce qui m'arrange parce que je déteste faire des photos. je me dis enfin je fais un disque qui n’aura pas ma photo dessus. Vous dites quand vous écrivez que vous pensez à la scène en écrivant à la valeur théâtrale d'une chanson.
Vous faites un peu la clown sur scène. Oui c'est une pensée que j'aurais pu... en fait un peu moins sur cet album parce que ce qui s'est passé là dessus c'est que j'ai pris la décision de faire toutes les chansons, de les enregistrer toutes au piano et donc de les jouer sur scène au piano ce qui fait que d'un point de vue théâtral c'est quand même plus, ça limite franchement les dégâts.
C’est sûr. Donc je n'ai pas trop pensé à ça effectivement sur cette écriture là donc ça fait que effectivement c'est des chansons peut-être un peu moins, un peu moins éloignées de moi finalement, peut-être plus intimes pour le coup. Vous avez des chansons drôles, vous avez des chansons qui sont émouvantes, vous préférez faire rêver, faire rire ou faire pleurer ou indigner ou tout ça à la fois ?
Vous me parlez du choix de Sophie là, je ne peux pas choisir entre mon fils et ma fille, c’est pas possible. Je suis désolée pour ce choix cornélien quelque part. oui un peu le travail bah oui parce que je suis comme ça et puis parce que la vie c'est comme ça.
C'est sans doute parce que ma nature m’y porte et parce que je trouve que c'est important de déjouer les pleurs avec un sourire et en même temps d’arroser un peu la mélancolie juste pour le plaisir de la mélancolie, c'est bien aussi parce que la vie c'est ça, parce que le théâtre c'est ça, parce que l'Art c'est ça. On est un petit peu dans une époque qui manque de nuances aujourd'hui c'est à dire qu'on est petit peu dans une époque qui est finalement très binaire, c'est 0 ou 1. Vous êtes oui, vous êtes non, vous être pour.
Si vous êtes pour ça veut dire vous êtes forcément contre alors que l'on peut nuancer toutes ces choses là et la musique elle permet évidemment des nuances et dans les chansons que j'écris bah oui y'a des trucs par exemple une chanson comme “A carreaux” il y a des gens qui la trouvent très drôle “A carreaux” qui parle de mes lunettes parce que je commence en disant : “parmi mes signes distinctifs ronde du cul frisée du tiff” alors quand on dit des choses comme ça les gens ils disent à chouette une chanson marrante sauf que à la fin, elle se termine par l'évocation de ma disparition et de l'endroit où je voudrais être enterrée mais si possible toujours avec mes lunettes et je trouve que ça assez touchant. Enfin moi quand je l’ai écrite ça m’a fait pleurer. Mais enfin, je suis une espèce de pauvre chose larmoyante mais voilà c'est parce ... d'auto-apitoiement, bien entendu ! donc quand je l’ai écrite j'avais versé ma petite larme mais voilà au sein d'une même chanson dans le même texte il y a un truc drôle et puis juste après ça ne l'est pas et c'est la vie.
Quand vous n’écrivez pas vous jouez aux jeux vidéo et j'ai appris que vous êtes une gameuse. Ouais. Vous avez même été présidente du fonds d’aide aux jeux vidéo ?
Pendant deux ans, mon mandat s'est terminé en décembre. C'était une action bénévole qu'on m'a demandée de faire auprès du CNC du Centre National du Cinéma et de l'image animée Et vous jouez à quoi ? Alors là ça vraiment ça dépend.
D'abord j'ai des périodes compulsives également où là je suis capable de jouer 11 heures par jour, tranquille. Vous ne répondez plus au téléphone, vous ne vous lavez pas, vous négligez vos amis ? C'est exactement ça.
Je fais pas les courses, je mange des pommes enfin c’est parfait. Ça peut être assez compulsif et alors s’il y a un jeu qui me passionne alors là c'est encore pire que tout. Donc moi j'aime bien tout ce qui est jeu de rôles alors évidemment jeu d'action, jeu de rôles aussi en même temps mélangés, Evidemment il faut qu'il y ait un univers qui soit assez solide pour que ça m'intéresse.
Je suis une grande fan de la série GTA où on incarne vraiment des voyou.te.s là il n'y a pas de doute là dessus.
C'est pas des demi-voyou.te.s en plus et c'est absolument... d'abord c'est drôle, d'abord c'est comme quand vous regardez un film sauf que vous jouez le film, vous êtes acteur/trice en fait du film c'est que vous décidez que le/la personnage plutôt que d'aller là il va aller là bas et ça va changer tout.
Ça j'adore c'est assez troublant il y a des beaux jeux. J'aime bien faire des jeux aussi un peu ce qu'on appelle des simulateurs de marche avec un peu de mépris de la part des gamers hardcore c'est des jeux où il ne se passe rien mais on est dans des décors on évolue et on se balade et puis on résout quand même une espèce d'énigme ou d'histoire un peu comme ça en trouvant des choses ici ou là, c’est pour détendre c’est parfait. Sinon j'aime beaucoup aussi les jeux de gestion.
Il s'agit de gérer des chemins de fer, des camions....
Vous auriez du en parler avec notre invité cheminot tout à l’heure ! Mais bien sûr, mais c'est passionnant mais le chemin de fer c'est passionnant. Vous avez déclaré que très jeune vous souhaitiez laisser une oeuvre et vous avez dit que comme en plus il y avait un chanteur qui avait eu un prix Nobel ça vous encourageait.
Oui alors ça c'était pour dire des bêtises moi je suis toujours première. - Vous n’en dites jamais, arrêtez ! - Non non non je suis très sérieuse.
C'est vrai que le prix nobel à notre camarade chanteur Bob, à Robert Zimmermann nous a tous enchantés, on s'est dit tiens, c'est pas foutu parce que j’ai toujours pensé que quelque part écrire des chansons c'était un petit peu un destin d'écrivain.e raté.e, que ce n'était pas un vrai métier, non je plaisante, et donc oui alors l'histoire de construire une oeuvre alors ça paraît un peu prétentieux ça l’est complètement d'ailleurs mais parce que je considère ce que je fais comme un tout c'est à dire je ne me dis pas tiens je fais des chansons à un moment et puis voilà je passe à autre chose puis je vais écrire d'autres chansons sur d'autres trucs il y a un fil conducteur je pense dans ce que j'écris, en tout cas j'essaye de l'imprimer en filigrane.
Vous dites aussi : voilà trente ans qu'on dit de moi que je suis la chanteuse que personne ne connaît, et pourtant vos concerts sont pleins pour quelqu'un qu'on ne connaît pas c'est plutôt pas mal. Oui. Mais c'est amusant parce que je ne vous raconte pas la vie des médias dans notre pays, vous êtes au courant.
Donc voilà en fait on accuse par exemple souvent les maisons de disques de limiter la production des artistes françaises ce qui est pas vrai du tout les maisons de disques signent énormément d'artistes mais il faut imaginer que cette espèce d'énorme production après donc où un gros truc comme ça il va passer dans un tout petit tuyau parce que par exemple de programmation de radio il y a un.e programmeur.euse il a 24 heures dans une journée, dans une radio il y a des gens qui parlent donc la musique c'est tant de temps donc il faut passer dans ce tout petit tuyau pour arriver à passer et il y a encore une fois tellement de productions tellement de machins que rien que de passer à travers une fois de temps en temps se dit oh là j'ai de la chance là ouh c'est bon ça et c'est vrai que c'est très compliqué donc d'avoir une audience large par les médias et notamment par la télévision, la radio ce qui est pratique pour les chanteurs et chanteuses parce que la presse écrite c'est vachement sympa moi j'ai la presse écrite derrière moi toujours j'en suis fort aise mais enfin les extraits on ne les entend pas.
Moins. Ou moins donc voilà la diffusion par la télé par la radio. Il faut avoir un vie intérieure riche pour les entendre.
Oui c'est ça. Donc voilà si c'est pour ça que c'est compliqué de se faire un nom et c'est bon ben moi je suis passée. Ça fait maintenant trente ans que je suis là donc effectivement ça finit par se savoir.
Vous êtes en tournée dans toute la France. Dans toute la france entière. En principe on devrait avoir des dates qui s'affichent.
Il y en a pas mal d'autres et puis on en aura d'autres parce que c'est que le début. Les festivals d'été vont pas tarder à arriver. Enfin etc.
Vous savez c'est comme beaucoup de choses et on attend la sortie de l'album si la sortie de l'album ça se passe bien il y a des tournées qui viennent derrière, si ça se passe pas bien, il y a moins de tournées, donc on est toujours un petit peu anxieux/euse et on serre les fesses quand il y a le bijou qui sort et donc voilà. parce que, parce que ça conditionne un petit peu la suite des événements bien sûr. Merci Juliette.
Merci aussi. Avec plaisir. Vous avez aussi un morceau qui s'appelle: “Procrastination” mais j’ai dit qu'on en parlerait la prochaine fois.
Bien entendu, ou demain, ou mardi si vous voulez. Moi c’est comme vous voulez ! On rappelle votre album : “J’aime pas la chanson”.
Nous on aime beaucoup. C'est la fin du journal, votre journal. Merci aux socios qui nous permettent d'exister et de proposer ce 20h en libre accès.
Restez avec nous et retrouvez tout de suite l'interview de Maxime Kouvaras réalisateur du documentaire : “L’audit, enquête sur la dette grecque”. Bonne soirée et à demain. [Musique]
Jean-Paul Lecoq