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InterviewLCI — L'invité d'Adrien Gindre (sur Podcast)· 11 avril 2025 6 minComplaisantActualité / polémiqueÉconomie & entreprisesRetraites

L'invité Politique du vendredi 11 avril 2025 : Alain Madelin

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 30 %Attaque 10 %Défensif 60 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 83 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:10OuverteÉludée

    Quelle est votre vision des accusations contre Donald Trump et son impact sur les marchés ?

  • 2:09RelanceRéponse directe

    Est-ce que certaines entreprises ou particuliers ne sont pas déjà tombés dans le trou ?

  • 3:00FerméeRéponse directe

    Vous ne croyez pas à la pause dans les droits de douane ?

  • 3:43OuverteRéponse directe

    Quelles sont les conséquences concrètes pour les Français ?

  • 4:24OuverteRéponse directe

    Que pensez-vous des propositions de la Cour des comptes sur les retraites ?

  • 5:56FerméeRéponse directe

    L'équation économique (déficit, croissance, impôts) est-elle viable ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:43Invité politiqueFait
    « Trump déclare au monde entier une guerre commerciale totalement insensée. »
  • 0:53Invité politiqueFait
    « Quand vous avez une guerre commerciale, ça signifie que vous passez d'un jeu gagnant-gagnant, c'est le libre-échange, à un jeu perdant-perdant. »
  • 2:27Invité politiqueFait
    « La crise de liquidité, c'est un peu le corps humain, si vous voulez. Vous avez du sang qui circule, puis brutalement, le sang s'arrête de circuler. »
  • 2:39Invité politiqueFait
    « Ce qui explique que Trump, il s'est retrouvé avec des gens autour de lui, des gens qu'il connaissait, qui tous m'ont dit, il faut arrêter, il faut arrêter, il faut arrêter. »
  • 3:25Invité politiqueFait
    « La menace de crise de liquidité, elle existe toujours. »
  • 3:58Invité politiqueFait
    « L'économie, elle fonctionne à la confiance. L'économie, elle fonctionne à la parole donnée. »
  • 4:55Invité politiqueFait
    « Vous avez le système de l'âge couperet. À 62 ans, 64 ans, 65 ans. Je pense que c'est un mauvais système. »
  • 5:01Invité politiqueFait
    « Il y a des tas de gens qui s'y accrochent, mais je pense que les Français disent, écoutez, laissez-moi choisir l'âge de ma retraite. »
  • 5:17Invité politiqueFait
    « Mais pour cela, vous pouvez, tout aussi bien, pour avoir un équilibre financier, asseoir cela sur la durée de cotisation. »
  • 6:15Invité politiqueFait
    « Ça s'appelle le cercle carré. »

Temps de parole

  • Alain Madelin71 %
  • Présentateur29 %

0 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Et je vais rejoindre notre invité qui va sans doute nous aider à comprendre ce qui se passe. Ancien ministre de l'économie et des finances. Bonjour Alain Madelin. Merci d'être avec nous ce matin sur LCI. Je voudrais pour commencer avoir votre vision des choses sur les accusations qui pèsent sur Donald Trump. Cet homme a dérégulé en un sens les marchés, mène une guerre commerciale. Il est accusé aujourd'hui d'un fait très grave, d'un délit d'initié. Il a posté sur les réseaux sociaux, c'est le moment d'acheter, juste avant d'annoncer la pause dans l'augmentation de ses droits de douane. Est-ce que ça vous interpelle ? Je n'en ai aucune idée.

Mais est-ce que ça vous interpelle que le parti pour la puissance, la première puissance économique mondiale...

0:35
Alain Madelin

Non, ce qui m'interpelle, c'est surtout qu'on est passé au bord du gouffre. L'économie mondiale est passée au bord du gouffre. Ce qui s'est passé dans cette affaire, c'est que Trump déclare au monde entier une guerre commerciale totalement insensée. Et quand vous avez une guerre commerciale, ça signifie que vous passez d'un jeu gagnant-gagnant, c'est le libre-échange, à un jeu perdant-perdant. Donc les gens se disent que ça va aller de plus en plus mal. Que font les marchés financiers dans ces cas-là ? Il y a des gens qui se disent, tiens, si j'achète des obligations aujourd'hui, elles vaudront moins cher demain. Et donc j'achète à terme, c'est un mécanisme classique de marché.

Et je vends plus exactement massivement des obligations en prévoyant de les racheter plus tard. C'est ce qui s'est passé avec des masses considérables. Les Chinois sont arrivés, peut-être même les Japonais, ont dit, nous aussi, on vend. Et vous êtes trouvés là, en quelques heures, réellement au bord du gouffre. Pourquoi au bord du gouffre ? Parce que ça, ça fait monter, ça fait baisser les obligations, ça fait monter les taux d'intérêt. Quand vous arrivez dans cette situation-là, pardon d'expliquer cela, mais c'est tout à fait vital. C'est-à-dire qu'à ce moment-là, tous les comptes des entreprises, des acteurs financiers, se trouvent déséquilibrés.

Et il y a quelqu'un qui est endetté, qui brutalement se retrouve avec ce qu'on appelle des appels de marge. La situation a changé, il faut que vous redonniez de l'argent. Je ne l'ai pas. Il faut que vous l'empruntiez. Mais personne ne me l'emprunte.

2:08
Présentateur

C'est la question que j'allais vous poser, M. Madeleine. Vous dites qu'on est passé au bord du gouffre, et je comprends bien le sens de votre propos. Mais est-ce que certaines entreprises, certains particuliers, ne sont pas tombés déjà dans le trou ? Il y a beaucoup de gens qui ont perdu beaucoup d'argent. Forcément des gens fortunés.

2:21
Alain Madelin

Oui, il y a des gens qui ont perdu de l'argent dans les bourses. Mais là, je suis en train de vous parler de quelque chose de beaucoup plus grave. La crise de liquidité. La crise de liquidité, c'est un peu le corps humain, si vous voulez. Vous avez du sang qui circule, puis brutalement, le sang s'arrête de circuler. Ça, c'est l'apoplexie. C'est exactement ce qui s'est passé en quelques heures. Ce qui explique que Trump, il s'est retrouvé avec des gens autour de lui, des gens qu'il connaissait, qui tous m'ont dit, il faut arrêter, il faut arrêter, il faut arrêter. D'ailleurs, quand il l'a vu apparaître à la télévision, il avait l'air un peu sonné. Mais si, j'ai bien fait, j'ai bien fait.

En réalité, on lui a dit, c'est pas possible, il faut arrêter. Et on est passé du jour de la libération au jour de la capitulation.

2:59
Présentateur

Pourquoi j'utilise ce terme ? Vous ne croyez pas, M. Madeleine, à la pause. Vous, vous dites ce matin, c'est terminé. Il ne reprendra pas.

3:06
Alain Madelin

Ah non, non, non. Je pense qu'il a réellement fait une pause. Je ne sais pas comment on va en sortir. Mais on a évité le risque d'apoplexie. C'est ça qui est important. La panne de liquidité, en quelques heures, vous pouvez mettre l'économie mondiale par terre. On l'a évité. Maintenant, le malade est toujours là. Le malade est toujours là. La menace de crise de liquidité, elle existe toujours. Et on a évité vraiment l'arrêt, l'arrêt cardiaque. Mais on est toujours sur la pente de la récession.

3:36
Présentateur

Et on est toujours confronté à ce match de boxe entre Jean, Chine et Etats-Unis. Pour le coup, les droits douanes, là, ont augmenté des deux côtés. Les conséquences, pour être très concrets, pour les gens qui nous regardent, pour nous, c'est quoi ?

3:46
Alain Madelin

D'abord, la première conséquence, c'est un ralentissement de la croissance, si ce n'est plus. Et si on se limitait à cela, ce serait déjà pas mal. L'économie, elle fonctionne à la confiance. L'économie, elle fonctionne à la parole donnée. Enfin, la finance fonctionne comme cela. Et brutalement, on s'est retrouvé dans un jeu où on n'a plus confiance. On n'a plus confiance dans la parole. On n'a plus confiance dans les traités. On n'a plus confiance dans les contrats. On voit qu'il y a un homme erratique qui fait un peu n'importe quoi. Il n'y a rien de pire pour l'économie.

4:22
Présentateur

Je voudrais revenir aux questions franco-françaises. La Cour des comptes a rendu son deuxième rapport dans le cadre du conclave sur le système des retraites. J'ai l'impression que chacun a un peu son idée pour le maintenir à l'équilibre. Les sages disent, en gros, il y a trois paramètres, on les connaît. C'est le départ, le niveau moyen des pensions, les cotisations. Il faut jouer sur tous les paramètres. Peut-être un système plus dynamique, basé sur l'espérance de vie. Qu'est-ce que vous en dites ?

4:45
Alain Madelin

Voilà. Ce serait un autre sujet, celui-là. Mais si vous voulez, ce que l'on peut faire, déjà, c'est un peu cela. C'est ce que dit le rapport de la Cour des comptes. Vous avez le système de l'âge couperet. À 62 ans, 64 ans, 65 ans. Je pense que c'est un mauvais système. Il y a des tas de gens qui s'y accrochent, mais je pense que les Français disent, écoutez, laissez-moi choisir l'âge de ma retraite. C'est un choix individuel. Mais pour cela, vous pouvez, tout aussi bien, pour avoir un équilibre financier, asseoir cela sur la durée de cotisation. Et bien évidemment, la durée de cotisation va tenir compte de la longévité. Mais, à mon avis, c'est le meilleur système d'ajustement.

Les partenaires sociaux, à un moment donné, tournaient autour. Je pensais qu'il y avait un accord possible. Les partenaires sociaux semblent renaclés devant cette formule. Ils ont tort. Parce que cette réforme, elle est absolument nécessaire. Et si les partenaires sociaux disaient, ah non, on ne se prête pas à la réforme. Cela signifie que, je dirais, dans le paysage politique, au moment où on a besoin de faire tant de réformes, les partenaires sociaux ne peuvent pas être des partenaires. Ce sont des obstacles. Ils y perdraient beaucoup.

5:55
Présentateur

J'ai une dernière question. Je vais vous demander une réponse courte. Pourtant, on pourrait y passer une heure. Je pose les données de l'équation rappelées par Éric Lombard sur cette antenne avant-hier soir. Le déficit doit être maintenu. 5,4%. La croissance va baisser. Et les impôts des Français n'augmentera pas. Vous connaissez ça par cœur. Est-ce que cette équation-là, pour vous, elle est viable ?

6:15
Alain Madelin

Ça s'appelle le cercle carré. La réponse est courte.

6:18
Présentateur

Merci beaucoup Alain Malheur d'avoir été avec nous ce matin.