Todd Haynes, l'homme qui savait filmer les femmes
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France Culture Olivia Gesbert bienvenue au club bonjour à tous un ciné-club aujourd'hui avec le grand Toad l'homme qui aime tant et c'est si bien filmer les femmes le réalisateur de Carole ou encore de Dark Water central et marche de Cannes cette année avec d'autres actrices giulian Moore et Nathalie Portman à l'affiche de son nouveau film maydeur en sélection officielle en parallèle le Centre Pompidou à Paris lui consacre une belle rétrospective chimère américaine à voir jusqu'au 29 mai avec un cours un court-métrage imag book son livre d'images imprégnée de contre-culture de musique et d'image bien sûr Todd Haynes est aujourd'hui notre invité il nous parle de son cinéma jusqu'à midi et demi [Musique] une émission programmée par Henri Leblanc préparé par Sacha Mattei coordonnée par Laura Dutch Perez réalisation technique le tandem félicifogère et Ruben karmazine aujourd'hui et bonjour today's re-bonjour re-bonjour bonjour bonjour à Michel sotoski aussi qui est à vos côtés qui est votre voix française bonjour La Voix qu'est-ce qui fait la femme au cinéma pour vous Todd Haynes d'aspects de l'histoire cinématographique stratégie de la narration c'est en dehors de l'objet et de plus en plus c'est pas une trajectoire dans une seule direction c'est aussi le sujet de tant de film la façon dont les femmes sont au centre de tellement de films des années 30 c'est quelque chose qui s'est poursuit d'une autre manière des années 40 et 50 et les réalisateurs tels que Douglas ont commencé à remettre les femmes au centre des sujets et des narrations dans les films des années 50 et puis ça a étonné rien à face blender dans les années 70 qui a dit la chose étonnante sur les films c'est que on voit des femmes penser et c'est rare de voir des femmes pensées au cinéma déclaration historique qui signifie quelque chose seulement dans les années 70 et depuis le début pour vous la figure ou ces figures de femmes sont centrales dans vos films dans votre cinéma est-ce que vous avez le sentiment d'avoir une responsabilité dans la manière dont vous représentez les femmes à l'écran regardez cadrer autour des histoires qui ne sont pas de femmes remarquables qui ne sont pas des femmes héroïques des femmes qui doivent équilibrer leur vie domestiques leur vie professionnelle leur vie familiale contraires comme maintenir des aspects du système social et être en même temps ignorer non vu par le système social donc je parle de grandes généralités parce que j'ai fait un tas de films avec des femmes en leur centre cœur mais c'est vrai pour safe et un porte event les films avec Julianne Moore et pourtant et pourtant votre fascination ou votre amour des femmes au cinéma a commencé quand même avec une personnalité hors norme hors du commun vous êtes-vous today's un enfant de Mary Poppins touché par la grâce de Julie Andrews que vous redessiniez sans cesse sur vos cahiers de dessins vous le racontez dans cette rétrospective qui vous est consacré au Centre Pompidou vous avez ensuite armé de concepts votre regard sur les femmes durant vos années d'études à l'université Brown puis en visionnant aussi des films de grandes réalisatrices comme Chantal Ackerman Laura melevey ou encore Sally Potter plus récemment on va on va écouter justement ce que dit Chantal Ackerman des acteurs certaines vedettes correspondent à mes personnages et puis de toute façon je veux travailler avec des acteurs plutôt qu'avec des gens de la rue même si c'est pas des vedettes parce que déjà les acteurs ils transpose je veux pas faire un cinéma naturaliste et j'ai besoin de la transposition du jeu et je pense que bon les acteurs c'est leur métier je dis pas qu'on peut pas trouver des gens formidables dans la rue qui le feraient aussi bien les acteurs transposent nous dit chantent à la Kerman c'est la différence avec les vrais gens quitter le réel en passant par le jeu la force du cinéma c'est avant tout aussi pour vous today sa capacité à nous faire croire que c'est la fiction au service du réel et pas le contraire c'est la question éternelle le débat ouvert au cinéma Gaudard dit que c'est 24 cadre 24 images de réalité par seconde au cinéma et l'autre un autre réalisateur a dit que non c'était le contraire et c'est les deux à la fois salut et Chantal Akermann lever mon chapeau pour Chantal mes films ne parlent pas de la vie réelle c'est pas de l'histoire sociale et culturelle donc le langage social que parmi lequel on doit naviguer il est toujours là et moi je dois toujours choisir entre passer entre quelque chose d'émotionnel et quelque chose mon sens qui est le spectateur c'est le spectateur qui crée la réalité en fait il faut donner au spectateur tous les outils nécessaires pour découvrir cette réalité par eux-mêmes mais quand vous donnez ce que vous pensez de la réalité au spectateur bah c'est déjà du faux mais je refais je roule juste une parenthèse sur les actrices puisque Chantal Ackerman nous parlait du jeu et des acteurs quel point commun pour vous todayn centre une giulian Moore vu dans le musée des merveilles pour le titre français Kate Blanchett vu dans Carole ou encore Kate Winslet sacré meilleur actrice aux amis dans votre série bio Mildred pierres quel point commun entre ces trois actrices ou peut-être entre ces trois femmes les relations personnelles que je chéris quand je dirige c'est à ces femmes avec Julian more à plusieurs reprises quelle Blanchett deux films et je prépare un projet avec Kate pour être bio une série limitée hier justement pour ce roman exactement et dont on attend de savoir s'il va passer nous voir en France révélation aussi pour nous grâce à ce prix Politzer qui le qui lui met un peu en avant les acteurs transpose donc nous disait Chantal Akermann et vous parlez du génie de ces actrices que vous aimez tant et que vous retrouvez de films en film lui aussi il avait ses muses anachigula Ingrid Kaven un autre de vos cinéaste référence l'allemand Rainer Werner Fassbender un film ou un roman toute œuvre et quelque chose qui amplifie grossit la vie parce qu'il ne s'agit pas tout simplement de copier la vie mais d'essayer de comprendre certains aspects de la vie il faut donc le montrer bien sûr toute relation n'est pas toujours aussi sadomasochiste que je le montre souvent mais si on l'a montré aussi insignifiante et réservé qu'elle est en réalité elle serait à peine visible vous le connaissez bien vous connaissez bien ces films ceux de Ryanair Werner Fassbender vous partagez sa conception du cinéma lequel il a parlé je pense qu'on l'a interrogé sur le sujet difficile qui traitait les sujets de faire une généralité sur ses choix fondamentalement ce sont des histoires au quotidien qui sont au cœur des films qu'il a commencé à faire après avoir vu dans les années 70 plus ça touche les gens plus ça touche les du public et des mélodrames familiaux sont devenus le lieu où la publée de tas de sujets politiques de critique politique mais il a trouvé dans le quotidien le lieu le plus approprié pour le faire Loin du paradis en 2002 Carole en 2015 pourquoi vous pourquoi le mélodrame que vous venez de d'évoquer dans cette cette lignée aussi d'un face Bender pourquoi le mélodrame today's vous fascine en quoi est-ce qu'il permet de de détourner peut-être les formes ou le message de le valoriser c'est toujours été le genre pour les femmes c'est pas le thriller c'est pas le film c'est pas le film d'aventure ça appartient c'est un film qui appartient un jean qui appartient aux femmes et ça c'était surnommé les films pornichard mais en fait ce sont des récits sur chacun d'entre nous sur les villes que nous vivons tous oui c'est concentré compacté dans le récit comme tout comme les rêves le son les choses se produisent trop rapidement il y a cette sorte de compression dans le moral c'est comme ça que les moments cruciaux de la vie que nous expérimentons ce produisent et vous sentez à cause de cela différents aujourd'hui de ce que vous étiez hier et vous today's quel spectateur êtes-vous dans une salle de cinéma est-ce que vous pleurez facilement devant un film [Musique] que je revois pour pleurer à nouveau comme pique-nique ça me fait pleurer et je sais comment ça finit et je sais comment l'histoire se déroule et ben moi je commence à pleurer dès le début parce que je sais comment ça se poursuivre quand j'ai fait Loin du paradis je voulais que ça fasse pleurer il y a très très peu de films de la seule qui vous font pleurer en fait il a utilisé aussi la fausse le faux happy end où on ne croit pas le du sexe Makina on veut pas croire à la façon dont les problèmes sont réglés et on est on reste avec ce sentiment de d'insatisfaction à la fin et c'est ça le but c'est en est censé de façon dont toutes ces choses complexes ont été expliquées au sujet de la société et puis comment ça a été résolu tellement rapidement à la fin du film et ce sont de très très bonnes questions à laisser dans l'esprit du spectateur oui parce qu'on sent qu'il y a tout un débat en vous aussitôt dance entre la part de classique et d'expérimental que vous revendiquez dans vos films cet équilibre que vous cherchez mais vous êtes peut-être votre premier spectateur c'est-à-dire aussi cinéphile êtes-vous vous êtes d'abord un spectateur qui aime se laisser emporter par ses émotions et c'est peut-être ça aussi qui provoque chez vous l'envie l'envie de faire un film c'est de déclencher ça chez les spectateurs de vos films comment naissent les idées comment vous choisissez vos histoires c'est un dossier unique si je peux dire je sais que Loin du paradis je voulais parler et les meilleurs mélodrame c'est bien interdépendance celui quand le fait que un personnage fait un petit pas vers la réalisation de ses désirs ça ça dérange tout le monde on peut pas dire ah voilà c'est lui le méchant dans le film non c'est la société qui est le problème et vous essayez vous regardez comment les gens tentent de résoudre leurs problèmes de vie il a été dit que les mélanges les gens ne sont jamais au niveau des défis auxquels ils doivent faire face et en fait ils sont ils se soumettent lâchement aux besoins de la société et je trouve ça que c'est merveilleusement beau et on sent souvent dans vos films que la société les normes les conventions parfois écrasent des personnages aussi [Musique] la plupart des films qui sont centrés sur des personnages féminins musicaux David des années 70 lors des années 70 quelque chose qui s'est produit des deux côtés de la mare aux canard entre les États-Unis et l'Angleterre je viens de faire un documentaire sur le velvetants et dans ces cas là l'identité questionnée par les sujets et les personnages de ces artistes mais qui fournissent ils ont plus de capacité d'agir et faire des expériences du librement dans leur art et de pouvoir être écrasé par leur identité plutôt que ce soit un projet de travail et c'est un vrai casse-tête pour un cinéaste de mettre des images de trouver le bon mouvement de caméra pour filmer justement ces ces non-dits la manière dont la société le poids de la société agit sur les individus comment vous faites vous avez trouvé le truc chaque film fournit sa règle du jeu ses règles du jeu pour leur un type de langage qu'on crée et un tas de films qui deviennent utiles pour le choix des images ce court-métrage que je fais pour Pompidou s'appelle emmaduboch livre d'images je fais ce que j'appelle un livre d'images pour chaque film que je réalise d'autres réalisateurs les appels par d'autres noms un film ou un petit bouquin de l'imagination ou d'esprit mais dans mon livre d'images c'est celui que j'utilise pour le dernier film que j'ai réalisé mais de symboles et parce que seulement en France je peux représenter toutes ces sources sans avoir besoin de d'être payé pour les autorisations ça ne peut être montré qu'en France ce film et je suis très fier de cela et c'est un petit don que je fais à ce pays et au Centre Pompidou un petit cadeau et qui ne peut être vu qu'ici Godard avait trouvé le truc d'ailleurs pour son livre d'images à lui des images extrêmement courtes pour pas payer les les droits aussi qui leur est dû éventuellement régler bon on revient sur le livre d'image dans quelques instants mais d'abord j'aimerais qu'on traverse avec Félicie Faugere si vous le voulez bien today's votre filmographie en 1 2 3 4 5 6 films [Musique] [Musique] [Musique] [Musique] quelques causes extraits du musée des merveilles Wonderstruck sorti en 2017 de Boyzone en 91 du Velvet Goldman en 98 en 2006 de Dark waters en 2019 et encore de Carole sortie en France en 2015 est-ce que chacun de vos films se répond est-ce que vous construisez une œuvre pièce par pièce today's dès le départ il y a quelque chose de d'étrange de regarder l'ensemble des œuvres dans une sorte de catalogue incroyablement beau qui a été créé pour cette rétrospective et ça vient en même temps que cette première définition un mois entier que j'ai passé à Paris c'est peut-être la réponse pour répondre à cette question c'est aux autres de répondre moi je ne peux que me concentrer sur chaque film que je réalise un par un alors dark waters sorti en 2019 avec Marc Ruffalo et Anne Hathaway dans un sens il reprend des thématiques qui vous sont chères celles de la question de l'émancipation des individus la question du corps de la maladie aussi qui est au cœur de plusieurs de vos films mais c'est aussi quand même un thriller un film enquête et là il y a l'influence pour vous revendiquée d'un autre cinéaste Alan pacula le réalisateur notamment des hommes du président qui avait fait de de la paranoïa aussi un comment dire une thématique au cœur de ses filles de cette question de la vérité est-ce que pour vous la paranoïa la peur revendiquée fait du bon cinéma est-ce que c'est aussi ce qui peut distinguer ce film du reste de votre filmographie c'est lui qui m'a apporté le projet sans savoir à quel point j'aime ce genre particulier par manque d'autres termes films de lanceur d'alerte tous les hommes du président c'était trois films paranoïaques et c'était dans l'état d'esprit aussi des films de cette époque il ne savait pas à quel point moi j'avais été obsédé par la vision de ces trois films mais il a porté ce projet cette histoire réelle sur un vrai avocat qui attaquait les plus grandes entreprises du monde et qui révélait le but de pouvoir extraordinaire et soudain l'histoire réelle de cet homme a reflété ces films étonnants la façon dont la vie se referme sur vous à quel point vous êtes isolé du reste du monde en osant porter atteinte au statu quo et c'est exactement ce que c'est film font un mot de ce email votre film inédit un cours réalisé à la demande du son de Pompidou todays pour la collection du centre où on est de vous qui est dédié à JLG des initiales très célèbres celle de celui qui se définissait à notre micro avec Henri Leblanc comme un archéologue du cinéma Jean-Luc Godard bien sûr et vous vous êtes inspiré notamment de deux ou trois choses que je sais d'elle le film du cinéaste et son dernier film à lui s'intitulait Le livre d'images il avait été présenté à Cannes et en conférence de presse Godard avait dit aujourd'hui les trois quarts des gens ont le courage de vivre leur vie mais ils n'ont pas le courage de l'imaginer j'ai de la peine à vivre ma vie mais j'ai le courage de l'imaginer est-ce que vous appartenez à ce car restant de gens selon Godard qui ont parfois de la peine à vivre leur vie mais toujours le courage de l'imaginer toi dance [Rires] parfois je suis mieux dans l'imagination que dans la vie de ma vie au moins je trouve une issue dans mon travail qui n'est pas toujours aussi que ma vie mais des expériences de faire ce dernier film madele simple sur un budget assez faible on l'a tourné en 23 jours du financement réduit et j'ai travaillé avec des gens avec lesquels j'avais jamais travaillé parce que les gens que j'aime avec qui je travaille d'ordinaire n'était pas disponible et c'est un résultat avec cette expérience exceptionnelle pour chacun appliqué quelque chose dont j'avais besoin dans ma vie qui m'a rempli à nouveau j'ai donc cette pratique de réaliser des films ça prouver pour moi quelque chose que je savais à mon sujet mais ça devait mettre rappelé que j'ai cette capacité de transformer mes expériences par mon travail et ça passe par l'expérience du double et peut-être aussi des alter ego giulian Moore dans ce court film dit hésite possible to be one in the samples est-ce qu'il est possible d'être une personne une seule et même personne au même moment et vous ou en êtes-vous visiblement vous étiez au moment de la réalisation de ce cours sur le tournage de made Isa votre prochain film présenté à Cannes entouré de vos deux actrices et dans votre livre d'images il y a des images du film le lauréat de Sunset Boulevard de Lolita et une pincée de Bergman absolument et des images plus personnelles comme sorties d'un album de famille se tournage a fait semble-t-il remonter beaucoup de souvenirs des réminiscences peut-être on verra ce film mais les sœurs akhan et bientôt j'espère dans les salles today's je vais terminer par une dernière question vous avez signé un film consacré à Bob Dylan on sait à quel point la vague du glam rock vous a totalement submergé et même peut-être transformé qu'est-ce qu'il voulait dire Dylan dans ces mots i am not there un conflit constant et se poursuit dans une vie créative richement créative une oeuvre dit quelque chose notre œuvre dit exactement le contraire et lui entre ces deux et beaucoup d'autres lieux enregistrement après vous pourriez dire pareil on est toujours à la recherche de certaines vérités
Alain Pompidou