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interviewFrance Inter — L'invité de 8h20· 18 février 2026 25 min

Violences dans le périscolaire à Paris : "Il y a des efforts à faire", déclare Anne Hidalgo qui reconnait "des erreurs"

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:01
Invité

France Inter, Benjamin Duhamel, Florence Paracuelos, la grande matinale.

0:06
Présentateur

Dans le grand entretien ce matin, nous recevons donc la maire de Paris. Venez avec nous, chers auditeurs, et avec vos questions 0145 24 7000 et sur l'application Radio France. Bonjour Anne Hidalgo. Bonjour. Merci d'avoir choisi France Inter pour votre première interview dans le cadre des élections municipales. On attend de connaître votre regard sur la campagne. Vous qui êtes si discrète, notamment en ce qui concerne la candidature d'Emmanuel Grégoire, votre ancien premier adjoint. On parlera aussi de votre bilan des scandales autour du périscolaire à Paris.

Mais d'abord, Anne Hidalgo, la classe politique continue de se fracturer après le meurtre de Quentin Deran, clinché jeudi dernier dans les rues de Lyon. La France Insoumise est pointée du doigt pour sa proximité avec la jeune garde. Neuf personnes ont été arrêtées hier, dont un assistant parlementaire du député LFI, Raphaël Arnaud. Sébastien Lecornu demande à LFI de faire le ménage dans ses idées et dans ses rangs. Est-ce que vous vous joignez à cette demande du Premier ministre ?

1:08
Anne Hidalgo

Moi d'abord, je trouve ça horrible ce qui s'est passé. Et je pense bien sûr à ce jeune homme, Quentin Durand, qui a été assassiné. Ses idées ne devaient pas le conduire à cette violence-là. Donc la violence en politique, la violence dans la vie démocratique est quelque chose que je réfute, que je récuse, que je condamne.

Et bien sûr qu'il faut que les politiques, les médias aussi, nous regardions en quoi cette violence qui monte, une violence verbale, ce climat d'injures, d'agressions permanentes, une assemblée qui se transforme en lieu permanent d'invectives et d'injures, plus que de débats de fond sur les idées, en quoi tout cela conduit finalement à ce que des groupes violents, et quelle que soit, je dirais, l'orientation politique de ces groupes violents, en viennent à se fracasser et à assassiner un jeune homme.

2:08
Invité

Sauf que là, Nidalgo, dans le cas d'Espèce, c'est la France Insoumise qui est pointée du doigt pour sa proximité avec la jeune garde. On voit parmi les profils de ceux qui ont été interpellés, qui est effectivement notamment cet assistant parlementaire. Est-ce que vous considérez, comme le dit par exemple la porte-parole du gouvernement, que la France Insoumise a une responsabilité morale dans ce qui s'est passé dans les rues de l'Union ?

2:26
Anne Hidalgo

Les responsabilités, c'est à la justice de le faire. Mais quand j'entends Jean-Luc Mélenchon, ce matin sur votre antenne, prendre finalement en meeting hier soir et glorifier la jeune garde, glorifier, retirer toute responsabilité, je pense que là, nous sommes face à une faute, une faute politique et une faute morale de Jean-Luc Mélenchon. Il ne peut pas tenir des propos pareils. Les femmes et les hommes politiques, nous aimons le débat d'idées. Nous sommes évidemment engagés, nous le faisons avec nos personnalités et on a envie de porter ces idées haut et fort.

Mais en rien, en rien, le fait de porter des idées ou des projets ne peut conduire à cela et conduire, comme je l'ai entendu, Jean-Luc Mélenchon, à nous expliquer que finalement, on doit glorifier la jeune garde. Je l'ai même entendu dire qu'elle avait fait le travail de la police. J'ai toujours considéré, en tout cas ces dernières années, que Jean-Luc Mélenchon était une impasse, une impasse pour la gauche et je pense aussi une impasse pour la démocratie. Donc il faut que chacune et chacun, et j'espère que chacune et chacun verra vers quoi entraîne ce leader de la France insoumise et je n'enlève en rien les responsabilités de l'extrême droite.

Parce qu'il y a aussi une extrême droite qui était allée faire la baston à Lyon ce jour-là.

3:51
Invité

Vous dites ce matin que Jean-Luc Mélenchon est une impasse. Est-ce que ça impose à la gauche que vous incarnez, comme le dit Raphaël Glucksmann, de mettre en place un cordon sanitaire avec la France insoumise ? De dire clairement plus aucune alliance avec la France insoumise ?

4:04
Anne Hidalgo

Pour moi, plus aucune alliance, ça fait très très longtemps que je le prône. J'en ai fait les frais en 2022 lors de la campagne présidentielle puisque j'ai porté une parole et un projet social-démocrate. J'ai dit depuis 2022 et dans tous mes discours de 2022 que la France insoumise de Jean-Luc Mélenchon était une impasse pour la gauche. Bon, il y a eu beaucoup beaucoup d'ambiguïté, c'est vrai, dans ma famille politique. Aujourd'hui, je pense que les choses sont claires.

En tous les cas, je n'ai pas de doute sur le fait que personne, en tous les cas de cette famille politique républicaine qui est la mienne, ou de Raphaël Glucksmann, bien sûr, que personne n'aura envie de s'allier avec la France insoumise. Ils portent une violence. Regardez, même, on y viendra tout à l'heure à Paris, mais les propos de leurs candidats, nous accusant de tout, on a marqué Rachida Dati aussi, mais nous accusant de tout, n'hésitant pas à dire qu'on aurait du sang sur les mains pour tout fait et porter en épingle et rendu polémique et rendu violent.

Comment voulez-vous que les Françaises et les Français qui souffrent aujourd'hui puissent retrouver un tant soit peu de sérénité, de confiance dans leurs institutions, si des politiques se comportent de cette façon ?

5:18
Présentateur

Est-ce que la France insoumise doit exclure au moins temporairement le député Raphaël Arnaud de son groupe à l'Assemblée nationale après l'interpellation de son assistant parlementaire ? C'est ce que demande ce matin la porte-parole du gouvernement.

5:29
Anne Hidalgo

Je pense qu'à minima, c'est bien sûr ce que l'on fait quand quelqu'un est concerné, mais la justice le dira, et moi je ne veux pas rentrer dans une enquête qui évidemment est menée et apportera les informations nécessaires pour comprendre, connaître beaucoup mieux les circonstances et les responsabilités dans la mort de ce jeune homme.

5:50
Invité

Anne Hidalgo, vous parliez des élections municipales à Paris, c'est la première fois qu'on vous entend, puisque vous avez été particulièrement discrète sur ce sujet, le scrutin est très indécis dans les sondages.

5:58
Anne Hidalgo

Ce n'est pas parce que je ne viens pas sur votre antenne que je suis discrète.

6:00
Invité

Non, mais enfin vous n'êtes pas allé sur beaucoup d'autres antennes non plus, mais on est très heureux de vous avoir ce matin. Dans les sondages, le candidat socialiste Emmanuel Grégoire fait la course en tête devant Rachid Alati, mais ils sont dans un mouchoir de poche au second tour. C'est de notoriété publique que vos relations sont exécrables avec Emmanuel Grégoire, votre ancien premier adjoint. Vous avez fini par le soutenir fin janvier. En mars 2025, vous aviez déclaré que s'il était investi candidat, à l'époque vous souteniez son concurrent qui était Rémi Ferrault, vous aviez dit qu'Emmanuel Grégoire ferait perdre la gauche. Est-ce que vous pensez toujours qu'Emmanuel Grégoire

6:28
Anne Hidalgo

va faire perdre la gauche ? Je ne crois pas avoir dit les choses ainsi. Exactement sur le public sénat. Il y a des primaires, c'est le fonctionnement démocratique des partis et chacun peut défendre ses candidats. Je suis une femme de gauche, j'ai un candidat, il s'appelle Emmanuel Grégoire. Je le soutiens, je souhaite qu'il gagne, je souhaite qu'il devienne maire de Paris et pour moi c'est sans ambiguïté. Je suis une femme de gauche et j'ai toujours soutenu le candidat de gauche de ma famille politique. Je n'ai jamais varié.

Et je pense que dans le contexte dans lequel nous sommes, d'abord il sera lui en capacité avec ses alliés, les écologistes, les communistes, et voilà, des citoyens, pas la France insoumise bien sûr, il sera en capacité de poursuivre et d'amplifier et d'imaginer un avenir de Paris lié à l'ambition écologique que j'ai portée moi-même et aussi à l'ambition sociale. Donc évidemment que c'est mon candidat, que je le soutiens et que je souhaite qu'il gagne. Et que face à lui, pardon, mais je finis, il y a quelqu'un d'extrêmement dangereux pour la démocratie, c'est Mme Dati. Alors on va en reparler. On va en reparler.

Non, je le dis tout de suite, Mme Dati, parce que beaucoup, beaucoup de Parisiens n'en ont pas conscience, elle a un jugement qui est prévu à partir du 16 septembre 2026. Elle risque une condamnation lourde, donc elle risque fort d'être destituée quelques mois après l'élection, si d'aventure les Parisiens lui accordaient la confiance.

7:53
Présentateur

On va reparler de votre positionnement sur Rachida Dati, mais Emmanuel Grégoire, lui, ne vous épargne pas. Je ne suis ni son candidat, ni son héritier. Voilà ce qu'il disait de vous la semaine dernière sur France Info. Vous, vous le considérez comme votre héritier ?

8:08
Anne Hidalgo

Il est comptable de votre bilan ? Alors moi, je ne le considère pas comme héritier parce qu'en politique, il n'y a pas d'héritage. En politique, l'héritage, il peut être politique, les valeurs. Il n'y a pas d'héritage.

8:18
Invité

Vous étiez l'héritière de Bertrand Delanoé ?

8:19
Anne Hidalgo

Non, je n'étais pas non plus l'héritière de Bertrand Delanoé. J'étais soutenue dans ma première élection par Bertrand Delanoé. Je ne l'étais plus dans la deuxième. Mais en tous les cas, il n'y a pas d'héritage. Il y a en fait une élection, on gagne ou on perd. Et bien sûr qu'il y a une fidélité. Il peut y avoir une fidélité. Mais est-ce qu'il est comptable de votre bilan ? La fidélité n'est pas l'héritage. Je pense qu'il y a pris part aussi, mais peu importe. Moi, mon bilan, vous savez, je le porte avec mon équipe d'ailleurs et avec beaucoup de plaisir. Et après l'élection, et j'espère qu'il sera élu, il fera, il développera, il sera en responsabilité.

8:54
Invité

Vous avez quand même, Anne Hidalgo, ce matin, des pudeurs sur Emmanuel Grégoire. Il a quand même des mots très forts. Il dit, Anne Hidalgo, elle a tout fait pour torpiller ma candidature. Il dit, j'assume une rupture de méthode avec Anne Hidalgo. Tout ça, ça vous glisse dessus ?

9:04
Anne Hidalgo

Vous savez, moi, je suis une femme politique. J'ai été maire pendant 12 ans. J'ai été élue à Paris pendant 25 ans. J'ai un bilan. La force, vous savez, quand vous êtes élue locale, c'est qu'en fait, votre bilan, il se voit. Les gens le vivent.

9:22
Invité

Il n'a pas l'air de le revendiquer beaucoup, Emmanuel Grégoire.

9:24
Anne Hidalgo

Mais ce n'est pas grave. Il fait ce qu'il pense faire, ce qu'il fera. Je ne me sens pas non plus responsable ou comptable de ses propos. Moi, ce que je sais, c'est qu'il y a un bilan, que ce bilan est positif, que j'en suis fière. Nous avons, avec mon équipe, transformé la ville. Nous avons réduit la pollution de l'air. Nous avons donné cet élan vers des mobilités qui ne sont plus la voiture. On n'est plus dans une ville qui est aujourd'hui complètement bouchée par ces nuages de fumée qui nous empêchaient de respirer. On a planté des arbres. On a réussi quelque chose d'exceptionnel tous ensemble. Ce n'est pas ma réussite, c'est notre réussite.

Mais j'ai quand même pris ma part après beaucoup d'échecs. Après beaucoup d'échecs, on a gagné et réussi les Jeux olympiques et paralympiques. Tout cela, ce sont des choses qui se sont vues, qui sont matériellement visibles. Moi, ce qui compte, c'est ce que me disent aussi les Parisiennes et les Parisiens sur les transformations de la ville, la fierté. Paris est revenu dans tous les classements internationaux comme une des premières villes au monde pour sa qualité de vie, etc. Donc, c'est ça qui compte pour moi.

10:32
Présentateur

Évidemment pas ce que disent et ce que pensent vos opposants. On pense à Rachida Dati. Vous avez commencé à en parler. Vous vous rappelez sans cesse qu'elle sera donc jugée en septembre prochain pour corruption et trafic d'influence. C'est votre seul angle d'attaque ? Vous pensez que c'est ce qu'il y a de plus efficace pour essayer de dissuader ceux qui voudraient l'alternance ?

10:53
Anne Hidalgo

D'abord, je pense qu'il faut dire les choses parce qu'il y a beaucoup de Parisiens, quand on en parle, qui me disent « mais je ne savais pas ». Donc, ça veut dire que ça n'a pas été tellement commenté. Or, c'est quand même un problème démocratique.

11:04
Invité

Mais allez, Anne Hidalgo, présumée innocente, ce n'est pas parce qu'on est porté dans les tribunaux qu'on ne peut pas être élu à une élection.

11:10
Anne Hidalgo

Oui, enfin, vous en avez vu beaucoup, vous, des élus qui arrivent avec une date de procès fixée, avec un réquisitoire implacable quand même, avec un risque majeur d'être condamné lourdement, et pour corruption et trafic d'influence, quelqu'un qui a refusé de dire pour qui elle travaillait, quels sont les intérêts pour lesquels elle travaille. On connaît une des affaires, c'est celle qui va être jugée sur la fameuse affaire Renault-Gaune, avec ses 900 000 euros qu'elle a perçues sans que disent aujourd'hui les magistrats instructeurs qu'il y ait eu véritablement un travail en contrepartie.

Vous imaginez le risque démocratique, le risque réputationnel pour Paris d'avoir une personne qui pourrait potentiellement devenir maire de Paris et qui serait déchue de son mandat quelques mois après. Vous imaginez le risque démocratique. Donc pour moi, ce risque démocratique, il est à l'image aussi de cette...

12:08
Invité

Donc danger pour la démocratie.

12:09
Anne Hidalgo

Oui, c'est un danger pour la démocratie. J'ai vu que vous aviez un podcast sur la probité en politique. Vous devrez y rajouter un nom, parce que c'est quand même un sujet qui est un sujet majeur.

12:19
Invité

Anne Hidalgo, si on va tout à fait juste sur la question de la justice, le parquet national financier, je crois, s'est saisi de la question des notes de frais à la mairie de Paris. Oui, c'est vrai. Pour être tout à fait complet sur le panorama, ce n'est pas la même chose qu'une mise en examen.

12:30
Anne Hidalgo

Ce n'est pas la même chose qu'une mise en examen et qu'un procès programmé. Et c'est normal que la justice enquête sur... Et nous sommes toujours dans la transparence, dans l'ouverture. J'ai mis en place une commission de déontologie et ça n'a strictement rien à voir. Vous avez une élue qui risque potentiellement, et vous avez vu les condamnations récentes des élus, je pense au maire de Saint-Étienne, je pense ne serait-ce qu'à Marine Le Pen ou même au président Nicolas Sarkozy, vous avez vu la sévérité des peines qui sont appliquées lorsque des élus ont commis des actes répréhensibles. Donc ça, c'est un sujet majeur. Et c'est un sujet démocratique. Et c'est un sujet vraiment qui doit...

Quand j'en discute avec des chefs d'entreprise, avec des acteurs parisiens, parce que je fais campagne, une campagne municipale... Ça ne se voit pas beaucoup, mais si vous le dites... Parce que vous savez, il y a une campagne municipale, elle se fait sur le terrain et pas que sur les plateaux télé. Et toutes ces personnes-là, tous ces acteurs me disent tout ce qu'ils ont peur. Ils ont peur aussi de la réputation de Paris. Vous imaginez à l'international, alors que Paris a une place forte à l'international, ce que cela signifierait, y compris pour nos entreprises, si cela se produisait.

13:40
Invité

Il faut qu'on parle de votre bilan. Vous avez commencé à l'esquisser. Vous allez quitter la mairie de Paris après l'avoir dirigée pendant 12 ans. Et vous avez dit à nos confrères de Ouest-Franche, j'ai le sentiment du travail accompli, d'une mission bien remplie. Entre 2012 et 2023, Paris a perdu près de 140 000 habitants. Selon un sondage Ipsos, 54% des Parisiens jugent votre bilan médiocre. Est-ce que vraiment ces éléments justifient, se satisfaitent ?

14:02
Anne Hidalgo

Oui, parce que d'abord, j'ai été élue et réélue, parce que la transformation écologique de Paris, elle est réelle, elle est visible. Quand vous arrivez à faire baisser la pollution de plus de 50%, ça veut dire que vous sauvez des vies. Ça veut dire qu'il y a des enfants qui ont moins de maladies respiratoires. Ça veut dire que des anciens aussi, et ça pour moi, ça compte. Vous savez qu'un élu serve aussi à sauver des vies. Lorsque, par exemple, en matière de logement, nous avons le bilan qui est le nôtre, c'est-à-dire 100 000 nouveaux logements sociaux créés. Ça veut dire à Paris, tenez-vous bien, 700 000 personnes qui vivent dans le logement social, qui seraient exclues de Paris.

Donc ça ferait beaucoup plus de monde en dehors de Paris, si nous n'avions pas fait cette politique-là. Et lorsque j'inaugure ces logements et que je vois des familles qui me disent « Voilà, ça change notre vie. Là, on peut maintenant se projeter pour nos enfants qui, chacun, ont leur chambre. » Pour moi, en tant que maire...

15:07
Invité

Vous connaissez des échecs quand même, Anne Hidalgo ? Parce que là, il n'y a que des choses positives si on vous écoute ce matin.

15:11
Anne Hidalgo

Je vais vous dire les choses positives. D'autres se chargeront de dire les choses négatives. Mais en tous les cas, ce bilan-là, il est important. Et je reviens sur les Jeux olympiques et paralympiques. Parce que quand même, on a eu beaucoup d'échecs avant. Quand on a gagné, qu'est-ce que nous avons fait ? Avec, notamment, Tony Essanguet, mais aussi avec mon équipe, avec Pierre Rabadant, qui est un grand monsieur à mes côtés, homme du sport à Paris. Nous avons décidé d'utiliser les Jeux olympiques et paralympiques pour accélérer la transformation de Paris. Elle était nécessaire. Et aujourd'hui, le cadre de vie, la vie à Paris est meilleure. Est-ce qu'on a tout réglé ? Non.

On a justement une question. Oui, mais je suis très fière de ce bilan. Et ce bilan, je le porte avec toute mon équipe.

15:54
Présentateur

On a justement une question sur votre bilan. Est-ce que vous projetez pour l'avenir ? Cette question, c'est Loïc qui va vous la poser. Bonjour, bienvenue Loïc.

16:03
Auditeur

Oui, bonjour. Bonjour. Est-ce que vous m'entendez ? Oui, allez-y. Oui, bonjour madame Hidalgo. Bonjour. Vous avez dit, notamment, pendant votre interview, toutes les transformations qu'il y a eu dans Paris, la vétalisation, les JO. Donc, je voulais vous demander aussi, est-ce que vous avez un regret durant ces deux mandats ? Et peut-être une question annexe. Qu'est-ce que vous souhaitez pour Paris demain ?

16:24
Anne Hidalgo

Il y a des regrets, parce que j'aimerais toujours... Enfin, je pense qu'on aurait pu aller encore plus loin, même si, je le dis souvent, les JO nous ont permis de faire quasiment deux mandats en un. Donc, les JO ont été un vrai accélérateur. Je pense que, par exemple, il y a un sujet sur l'organisation, l'administration de la ville. J'ai une administration extraordinaire, avec des fonctionnaires très, très engagés, et on a pu vraiment se transformer. C'est devenu une administration beaucoup plus dédiée à des projets, à des missions. Mais je pense qu'on aurait pu aller plus loin, par exemple, dans les services... Et qu'on pourra aller plus loin dans les services digitaux aux habitants.

Avoir une appli, par exemple, qui permette de faciliter les démarches administratives, ça, je pense qu'il faudra aller plus loin.

17:09
Présentateur

Alors, comme regret, vous auriez pu citer la question du périscolaire, puisqu'on a des signalements d'agression sexuelle, de violences, de comportements problématiques qui se multiplient. On a appris en début de semaine que neuf agents avaient été suspendus dans des écoles du 7e arrondissement. On a 73 parents qui ont déposé plainte pour violences volontaires et mises en danger délibérées d'autrui pour des écoles, là aussi, du 7e arrondissement. Est-ce que, sur le sujet, vous prenez votre part de responsabilité ? Est-ce que vous reconnaissez des manquements ?

17:39
Anne Hidalgo

Vraiment, sur la question du périscolaire, d'abord, mes paroles iront aux victimes et aux enfants. Il y a une libération de la parole des enfants, et tant mieux. Et d'ailleurs, nous avons créé, je viens de créer, la mise en place d'une défenseure des droits des enfants, Dominique Versigny, qui recueille cette parole directement et en toute indépendance. Le périscolaire à Paris, c'est quelque chose de très important. On a un peu plus de 12 000 personnes qui y travaillent. C'est une filière qu'on a créée à partir de 2014, qui est complexe, parce qu'il y a beaucoup de gens qui viennent dans cette filière.

18:15
Invité

Anne Hidalgo, je suis désolé, ce matin, vous faites des réponses assez longues. On essaie de poser des questions. Il y a beaucoup de commentaires, que ce soit d'auditeurs dans la presse, des enquêtes, qui pointent du doigt des dysfonctionnements et des manquements. Je suis en train de vous répondre. Emmanuel Grégoire, qui a été votre premier agent, dit lui-même, j'aurais dû davantage m'en occuper. Est-ce que ce matin, vous reconnaissez des erreurs et des manquements ?

18:31
Anne Hidalgo

Il a été, c'est vrai, mon adjoint au RH. Je reconnais qu'il y a des efforts à faire. C'est ce que nous faisons. Ce sont des erreurs. Mais qu'est-ce que vous voulez ? Qu'on vienne se battre la coupe ? On a un rapport de l'inspection générale de la ville de Paris en 2015,

18:46
Présentateur

il y a 10 ans, qui fait un certain nombre de préconisations, qui sont mises en place aujourd'hui, 10 ans plus tard. Qu'est-ce qui s'est passé pendant 10 ans ?

18:53
Anne Hidalgo

Qui ont été mises en place. Qu'est-ce qui s'est passé ? On a créé une école du périscolaire. On a mis en place des formations. Une chose est certaine, dans le monde de l'éducation, dans le monde de l'enfance, et c'est vrai aussi à l'éducation nationale, et ce n'est pas vrai qu'à Paris, mais aussi dans le périscolaire parisien, là où il y a eu des manquements, c'est lorsque les signalements ne sont pas remontés.

19:12
Invité

Mais est-ce que vous reconnaissez une responsabilité, Anne Hidalgo, comme maire de Paris ? Est-ce que vous avez une responsabilité dans ces dizaines de signalements, d'animateurs qui sont incriminés, de parents qui ont des enfants qui ont été violentés à toucher ? Est-ce que vous reconnaissez une responsabilité ?

19:25
Anne Hidalgo

Puisqu'en tant que maire de Paris, je dirige une administration. Mais où sont les responsabilités ? Ce qui m'importe, c'est de faire en sorte que ça ne se reproduise pas. Un, que l'on accompagne les enfants, les familles, les victimes, vers leurs droits et la réparation. Et bien sûr que toutes les responsabilités de la ville doivent être examinées, et si elles sont avérées, qu'elles soient sanctionnées. Deuxièmement, mon rôle de maire de Paris, et avec Patrick Bloch, c'est ce que nous avons fait, c'est de faire, justement, à partir de ces inspections générales, on a une remontée d'éléments sur les dysfonctionnements.

20:00
Invité

Vous avez tellement attendu, Anne Hidalgo, un rapport de 2015. Vous attendez, vous citiez la création d'un défenseur des enfants ? Vous l'avez mis en place en novembre 2025.

20:07
Anne Hidalgo

Dès 2020, dès ma réélection, je nomme Dominique Versigny en charge des droits des enfants. Donc, vous voyez, il y a peu de collectivités qui ont procédé de la sorte. Aujourd'hui, pourquoi j'ai souhaité qu'il y ait une fonction indépendante ? Parce que, d'abord, c'est cette fin de mandature, parce qu'il y a cette parole libérée des enfants, et là où il y a des responsabilités, c'est lorsque les signalements ne sont pas remontés. Vous comprenez le désarroi des parents ? Bien sûr, je le comprends. Non seulement je le comprends, mais je l'accompagne, évidemment. Et je l'accompagne par des actes. Vous savez, le rôle d'un politique, ce n'est pas simplement de commenter, c'est d'agir.

Et comment nous avons agi ? Lorsque j'ai vu qu'il y avait, dans un certain nombre de circonscriptions scolaires, parce que ça se passe à un niveau très, très, très délocalisé, au niveau des arrondissements, lorsque, dans le 11e et 12e, il n'y a pas eu les signalements, lorsqu'il y a une hiérarchie intermédiaire qui a caché les informations, dont personne n'avait connaissance. Lorsque j'ai appris qu'on déplaçait des animateurs plutôt que de les virer, alors, effectivement, j'ai changé ces éléments-là. Encore un mot sur ce point,

21:15
Invité

quand, en septembre dernier, nos confrères du Parisien avaient fait faire un test, avaient essayé de se faire embaucher pour devenir un animateur du périscolaire, on demandait à peine un contrat, à peine un CV, et du jour au lendemain, on était au contact, ce journaliste était susceptible d'être au contact des enfants. J'ai vu ce reportage. Est-ce que ça, c'est normal ?

21:30
Anne Hidalgo

Non, c'est absolument anormal, mais une fois qu'on a dit que c'est anormal, on a agi. Et moi, j'agis chaque fois que j'ai une information, qu'elle vienne de la presse, qu'elle vienne d'un signalement d'un Parisien, j'agis. Donc oui, toutes les responsabilités seront évidemment signalées, et d'ores et déjà, il y a un certain nombre de personnes qui ont été écartées, et qui ont été licenciées. J'ai fait partir un certain nombre de personnes qui, à différentes strates de la hiérarchie, n'avaient pas signalé, parce qu'elles n'avaient pas jugé bon de signaler.

Et ce qui est très positif aujourd'hui, c'est que la parole des enfants s'est libérée, que la presse, évidemment, s'en est saisie, que nous-mêmes, nous nous en sommes saisis, mais je ne peux pas laisser dire, parce que ça n'est pas vrai, et qu'il faut être honnête, et honnête intellectuellement aussi, que nous serions restés depuis 2015 sans rien faire. Il y a un sujet du périscolaire, la droite se saisit de ce sujet pour demander la fin du périscolaire à Paris. Je ne pense pas que ce soit la solution. La solution, c'est la professionnalisation. C'est, bien sûr, la formation, et c'est cette école de formation que nous avons aussi créée il y a déjà plusieurs années.

Il faut qu'on dise un mot du logement.

22:34
Présentateur

Anne Hidalgo, vous vous félicitez qu'il y ait 25% de logements sociaux à Paris. Or, on apprend ce matin, dans le Parisien, que des soupçons pèsent sur le bailleur social qui gère les HLM parisiens. C'est Paris Habitat, des soupçons de surfacturation, de travaux de rénovation des logements, par les employés d'une société prestataire, avec la complicité de gérants corrompus, donc potentiellement, de Paris Habitat. Il y en aurait pour plusieurs centaines de milliers d'euros. Anne Hidalgo, Paris Habitat, elle est sous votre tutelle. Vous avez plusieurs adjoints qui siègent au conseil d'administration de Paris Habitat. Est-ce qu'il y a eu un défaut de vigilance de la part de la mairie ?

23:08
Anne Hidalgo

D'abord, de ce que je vois dans la presse, il y a des faits qui remontent à 2016, 2018, qui ont déjà été sanctionnés et sur lesquels Paris Habitat avait déjà réagi sérieusement, avec, là aussi, des procédures judiciaires et des procédures de licenciement. Je ne sais pas quelle est la nature des faits. J'ai saisi hier la procureure de la République, une saisine pour que, effectivement, la lumière soit faite. Paris est l'actionnaire principal de Paris Habitat et, évidemment, si ces faits sont avérés, il faudra que, là aussi, les responsables... Vous savez, on a été très, très sérieux, on a poussé très, très loin à Paris tout le travail sur la déontologie.

On a un comité de déontologie présidé par un ancien procureur général de la Cour de cassation. On a mis en place des process pour éviter. Paris, c'est 55 000 fonctionnaires. C'est aussi un certain nombre de satellites comme Paris Habitat. Vous parlez de déontologie, Anne Hidalgo.

24:12
Invité

Ce que révèle notamment nos conférences du Parisien, c'est que la CFDT dit avoir alerté vos adjoints à plusieurs reprises avec des premiers faits signalés, effectivement, dès 2016. Est-ce que, là, vous n'avez peut-être pas suffisamment fait le ménage à Paris Habitat ? Et je rappelle que vous êtes actionnaire majoritaire, donc, que vous avez la tutelle sur ce sujet ?

24:27
Anne Hidalgo

Il faudra poser la question aux adjoints qui siègent au Conseil d'administration parce qu'il y a un principe aussi, il ne peut pas y avoir de gestion de fait. C'est-à-dire que moi, je ne suis pas la présidente de Paris Habitat et je ne siège pas à son Conseil d'administration. Ce sont vos adjoints ? Ce sont mes adjoints et je vais évidemment demander à mes adjoints ce qu'ils ont vu, pas vu, s'ils ont remonté ou pas les informations. Mais ça, ça sera dans le cadre de la procédure puisque j'ai saisi la procureure de la République et elle fera évidemment le travail qu'elle a à faire. Merci, Annie Dalgou. Merci à vous.

24:58
Présentateur

Merci d'avoir été au micro de France Inter ce matin. La revue de presse à suivre.

25:01
Anne Hidalgo

Merci.