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Podcast / conversationLe Média (sur Podcast)· 1 juillet 2022 42 minContradictoireActualité / polémiqueInstitutions & électionsImmigration & asileÉconomie & entreprisesSolidarités & famille

Qui va trahir le premier ? Comment Macron veut acheter ses opposants

Source d'origine 2 locuteurs

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 8 %Attaque 75 %Défensif 18 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 82 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 1:47OuverteRéponse partielle

    Pourquoi la bataille autour de la Commission des finances éclipse-t-elle l'actualité ?

  • 2:41FerméeÉludée

    Est-ce que vous préférez que la présidence revienne au RN ou à la NUPES ?

  • 4:11OuverteRéponse directe

    Quels sont les enjeux autour de la présidence de la Commission des Finances ?

  • 6:13OuverteRéponse directe

    Pourquoi les macronistes préféreraient-ils que la présidence revienne au RN plutôt qu'à la NUPES ?

  • 11:19OuverteRéponse directe

    Quels sont les calculs de la Macronie pour former ce gouvernement d'action ?

  • 14:31OuverteRéponse directe

    Doit-on attendre quelque chose de ce gouvernement d'action ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 5:22InvitéFait
    « Dans le cas de dépenses peut-être inopportunes, comme celles qu'a fait l'État avec les cabinets de conseil comme McKinsey, ça pourrait embêter le gouvernement Macron. »
  • 28:14InvitéChiffre
    « En 1986, François Mitterrand avait introduit une dose proportionnelle ce qui avait permis l'entrée de députés du Front National de manière assez importante à l'Assemblée nationale. Ils étaient 35. »
  • 32:33InvitéFait
    « En 2016, les eurodéputés du Front National avaient voté pour la directive du secret des affaires au Parlement européen. »
  • 32:52InvitéFait
    « on sait dans quel camp finalement balance le Front National et le Rassemblement National. »
  • 33:53PrésentateurFait
    « Une sans-papier qui n'existait visiblement que dans l'esprit du journaliste du point Aziz Zemmoury. »
  • 36:48InvitéChiffre
    « pourquoi la France se retrouve 34ème au classement de la liberté de la presse reportage en frontière derrière le Suriname et le Cap Vert »
  • 39:16InvitéFait
    « moins de lits moins de personnel qu'en janvier 2020 »
  • 39:22InvitéFait
    « est-ce que c'est un scandale que l'état des ministères puissent avoir recours à des cabinets de conseil »
  • 41:03InvitéChiffre
    « ce sont 4500 sociétaires appartenant à la plus grande coopérative médiatique de France »

Temps de parole

  • Invité38 %
  • Invité 236 %
  • Présentateur13 %
  • Invité 38 %

1,2 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Bonjour à toutes et tous, l'été est déjà là aux médias, nous passons donc à notre programmation d'été un peu moins dense mais tout aussi ambitieuse. Une programmation qui ne sera possible que grâce à votre soutien, à vos dons, à vos abonnements. Une chose est sûre, nous ne renonçons pas à suivre l'actualité politique et sociale en cette période estivale. Pour une raison évidente, l'info ne s'arrête jamais et sur le front politique, l'été s'annonce chaud. Aujourd'hui, je suis sur le plateau, comme la semaine dernière, avec mes collègues Thomas Dietrich et Théophile Coameau.

Au sommaire de cette édition, la bataille de la Commission des finances de l'Assemblée nationale, dont la présidence revient traditionnellement à l'opposition. C'est cette semaine qu'on saura qui, du Rassemblement national ou de la NUPS, prendra la tête de cette prestigieuse institution au sein du Parlement. Quel rôle joue cette commission ? Pourquoi certaines figures de la Macronie et de la droite traditionnelle préfèrent-elles qu'elles reviennent au RN plutôt qu'à la NUPS ? On en parle.

Les tractations en vue de la formation du nouveau gouvernement borne Macron, un gouvernement d'action, comme ils disent, qui pourraient s'ouvrir à toutes les formations politiques, sauf le RN et la France insoumise. Quels sont les calculs de la Macronie ? Arrivera-t-elle à créer une sorte de grosse coalition récupérant la droite et certains éléments de la NUPS ? On en débat. On parlera aussi des profils sulfureux de nouveaux députés RN et de l'affaire Zemmoury, du nom de ce journaliste Dupont, qui a publié un article complètement fabriqué au sujet d'un faux scandale éclaboussant prétendument. Raquel Garrido et Alexis Corbière, c'est parti. Bonjour Thomas, bonjour Théophile.

1:41
Invité

Salut Nadia. Salut Nadia.

1:42
Présentateur

Ça va ?

1:43
Invité

Ça va.

1:44
Présentateur

Vous passez un bon week-end ?

1:45
Invité

Un week-end un peu studio quand même, mais ça va.

1:47
Présentateur

C'est sûr. Depuis le second tour des législatives, la bataille autour de la Commission des finances a tout éclipsé dans l'agenda politique. Pour avoir une idée de l'ambiance qui règne autour, on regarde un petit magnéto.

1:59
Invité

Nous demanderons tout ce à quoi nous avons droit. La présidence de la Commission des finances, bien sûr. Le poste que vous avez évoqué, celui de la Commission des finances, nous revient, mais je crois que ça a le mérite d'être clair. Là, ils sont des câlins en ce moment. Eric Wirt, il dit qu'on préfère donner la présidence de la Commission des finances au Rassemblement National. Pourquoi ? Parce que la France insoumise, elle pourrait avoir l'idée de faire du contrôle fiscal. C'est-à-dire que la France insoumise, elle pourrait avoir l'idée, en effet, d'aller regarder ce qui se passe dans les grandes fortunes des amis de M. Wirt et de M. Macron.

Il y a une question qui se pose, Marc Fénault, c'est celle de la présidence de la Commission des finances depuis 2008, depuis Nicolas Sarkozy. Elle est accordée au premier groupe d'opposition de l'Assemblée. Est-ce que vous préférez qu'elle revienne au RN, premier parti d'opposition, à 89 députés, ou à la NUP, dont le groupe majoritaire est la France insoumise ? Mais, pardon de vous dire, ce n'est pas une question de préférence. Constitutionnellement, c'est le premier groupe d'opposition. Donc, on verra quand les groupes... Mais vous préférez la coalition ou le groupe majoritaire ? Moi, je comprends que chez NUP, il y aura trois groupes. Trois ou quatre, même. Donc, ce sera le RN.

A priori, ça ne vous choquerait pas que ce soit, par exemple, Paris-Le Pen qui préside cette Commission, qui est importante, elle a accès à des données fiscales, elle peut bloquer le gouvernement, elle peut vous contrôler. Bien sûr que ça me choquerait, mais de même que si la NUP ou si LFI étaient majoritaires, la Constitution s'impose à nous, il ne faut jamais jouer avec les éléments constitutionnels. À qui, la Commission des Finances, doit-elle revenir ? Ce n'est pas notre affaire. Ben quand même, vous êtes député de la Nation. Ça n'est pas notre affaire.

Le règlement de l'Assemblée fixe que c'est un groupe d'opposition qui doit être représenté en la présidence de la Commission des Finances. Et pour vous, c'est égal, que ce soit le Rassemblement National ? Jean-Jérôme Berteluz, je vois bien le piège qu'il y a. Ce n'est pas un piège, ça c'est vraiment une question. Mais si c'est un piège... Non mais attendez, on ne peut pas dire d'un côté, il faut revaloriser le rôle du Parlement et s'asseoir sur ses fonctionnements et ses règles. La règle est très claire, elle doit être observée scrupuleusement par l'ensemble des forces politiques. Moi, je préconise que mon groupe, notre groupe, nos trois groupes de la majorité ne participent pas à ce choix.

C'est une responsabilité de l'opposition que l'opposition s'organise pour désigner le candidat qu'elle souhaite.

4:11
Présentateur

Alors Thomas Théophile, est-ce que vous pouvez nous expliquer les enjeux autour de la présidence de la Commission des Finances ? Qu'est-ce qui suscite tant de débats ? Et déjà, c'est quoi la Commission des Finances ?

4:21
Invité

La Commission des Finances, ce n'est pas n'importe quoi. C'est peut-être pour ça que ça explique la guerre des tranchées qu'il y a aujourd'hui pour la présidence de cette Commission des Finances. Donc il y a huit commissions permanentes à l'Assemblée Nationale et la Commission des Finances est considérée comme la plus prestigieuse ou tout du moins la plus stratégique. Et depuis Nicolas Sarkozy, Nicolas Sarkozy faisait beaucoup de bêtises, mais entre deux mallettes d'argent liquide et deux coups de karcher, il a quand même eu de bonnes idées. C'était que la présidence de la Commission des Finances remédienne à un membre de l'opposition. Et donc depuis, c'est un peu la tradition.

Et effectivement, ça devrait revenir au premier groupe d'opposition. Alors la Commission des Finances, bien sûr, ça débat avant que ça parvienne en hémistique des lois, des lois de finances, donc des lois stratégiques pour l'avenir du pays. Et puis le président de la Commission des Finances a quand même des prérogatives assez importantes. Par exemple, il peut contrôler tout ce qui est relatif à la dépense de l'État. Et même, il peut s'inviter à l'improvise, par exemple, à Bercy, contrôler sur pièces ce que l'État dépense.

Et effectivement, par exemple, dans le cas de dépenses peut-être inopportunes, comme celles qu'a fait l'État avec les cabinets de conseil comme McKinsey, ça pourrait embêter le gouvernement Macron qu'un président de la Commission des Finances, qu'il soit de Nupes, soit un peu trop tatillon sur cette question. Et puis, le président de la Commission des Finances et le rapporteur général de cette commission peuvent aussi se faire communiquer des dossiers relevant normalement du secret fiscal, donc des dossiers fiscaux des entreprises, mais aussi des particuliers.

Alors, normalement, ce président est soumis au secret fiscal, c'est-à-dire qu'il ne peut pas dévoiler les éléments qui lui sont apportés, au risque d'être condamné à un an de prison. Mais la crainte qu'ont aujourd'hui les députés de la majorité et la Macronie, c'est que ce futur président de la Commission, peut-être que ce sera Éric Coquerel, puisque c'est le candidat de la Nupes, soit un peu trop tatillon et demande les dossiers fiscaux de grandes entreprises qui ont l'habitude de frauder ou de faire de l'évasion fiscale, ou de grands patrons du CAC 40, très proches de Macron, comme Zavinelle, ou Bernard Arnault.

6:13
Présentateur

Et on voit qu'à l'occasion de cette guerre des tranchées autour de la Commission des Finances, les macronistes, ou certains macronistes, ne jouent pas le jeu du front républicain.

6:22
Invité

Ce qui est sûr, c'est qu'ils nous montrent ce qu'on savait déjà, c'est qu'ils ne veulent absolument pas que ce poste de président de la Commission des Finances revienne à la Nupes, en particulier à la France Insoumise, et les arguments qu'ils sortent sont des arguments de chef-banji, si on peut dire, parce qu'en réalité, ils ne voudraient pas que des personnes qui sont très impliquées dans la lutte contre l'évasion fiscale, la fraude fiscale, contre un certain nombre de personnes qui, dans les milieux politiques et les grands patrons, jouent avec les lisières de la loi pour pratiquer un certain nombre de choses qui pénalisent le contribuable, qui volent la fortune publique d'une certaine manière.

Et tout ce cinéma fait vraiment penser à la notion de système. Quand on parle de système, des fois on dit que c'est un terme complotiste, mais cet empressement de certains à vouloir écarter à tout prix l'opposition la plus significative d'un poste où elle peut jouer vraiment son rôle de contre-pouvoir, et bien ça fait penser vraiment que, quelque part, une partie de la classe politique française se complète dans une sorte de jeu du rôle qui était vraiment incarnée par la doublette PS-UMP, c'est-à-dire on reste toujours dans une sorte d'entre-soi où on se protège mutuellement de ce qu'on peut commettre comme violation de la loi.

Et quelque part, je pense que les droits donnés au président de la Commission des Finances et la peur que ces droits soient utilisés font remonter à la surface le verrou de Bercy. Ce fameux principe selon lequel, avant qu'une procédure judiciaire soit intentée contre une entreprise, par exemple pour évasion fiscale, il faudrait d'abord que Bercy, c'est-à-dire le ministère des Finances, donne son autorisation. Quelque part, la Commission des Finances, si elle est dirigée par quelqu'un qui est engagé dans la lutte contre la fraude fiscale, elle pourrait être un contrepoids au verrou de Bercy, déverrouillé le verrou.

Et je pense que quelque part, c'est ce qui crée les craintes et c'est ce qui nous rappelle qu'il y a une sorte de consanguinité, de lien obscur, de lien douteux entre certains grands capitains d'industrie et certains politiques. Et c'est le moment de s'en rendre compte. Et vraiment, je pense que l'intérêt général voudrait que justement, on essaye, qu'on mette au pied du mur la NUPES, la France Insoumise, qui s'est engagée depuis Compte Évasion Fiscale, pour qu'elle nous montre au moins à quoi peut ressembler un président de la Commission des Finances qui n'est pas impliqué dans une sorte de jeu de rétribution mutuelle et de système auquel on a pu, par le passé, assister.

9:06
Présentateur

Même impliqué dans des scandales, on se souvient que la présidence de cette Commission des Finances a été attribuée à des drôles de personnages ces dernières années, des hommes politiques qui ont fini éclaboussés dans ces scandales.

9:17
Invité

Juste pour rebondir sur la question du Front Républicain, en fait, les macronistes font ce qu'ils font depuis cinq ans et ce qu'ils vont continuer à faire. C'est-à-dire qu'ils continuent à détruire le Front Républicain, ils le déconstruisent pierre par pierre. En gros, le Front Républicain, c'est un peu leur mur de Berlin à eux. Alors, on a le mur de Berlin qu'on a, qu'on peut. Mais il n'en reste pas moins qu'ils ouvrent grand les vannes au Front National et notamment, il y a des membres de la majorité qui souhaiteraient que la Commission des Finances, la présidence de la Commission des Finances revienne au Front National plutôt qu'à la NUPES.

C'est normal, ça se comprend, puisque, par exemple, le Front National était épinglé dans plein d'affaires, des affaires d'assistants parlementaires fictifs, de prêts étranges qu'on allait chercher en Russie, puis aussi d'évasion fiscale. On sait qu'un très proche de Marine Le Pen, Frédéric Châtillon, un ami presque d'enfance de Marine Le Pen, avait été épinglé par les Panama Papers pour avoir fait sortir de France 316 000 euros et les avoir placés dans les paradis fiscaux.

Donc, évidemment, si on donne demain cette Commission des Finances au Rassemblement National et à Jean-Philippe Tanguy, puisque c'est leur candidat, c'est un député de la Somme qui a favorisé le rapprochement en 2017 entre Nicolas Dupont-Aignan et Marine Le Pen, pour la Macronie, on pourra continuer nos petites affaires et on sera tranquille. C'est pour ça qu'Éric Woerth, qui était avant le président de la Commission des Finances, qui était un président LR, mais qui, comme par hasard, a rejoint la majorité aujourd'hui. Donc, c'était une sorte de président d'opposition de Pacotty. Et puis, on agite le totem des chars de Moscou.

Parce que, par exemple, il y a Gilles Cares, qui avait été président de la Commission des Finances entre 2012 et 2017 sur le quinquennat de Hollande, qui a dit, mais vous vous rendez compte ? Si on jette en pâture des dossiers fiscaux des particuliers et des entreprises, c'est le début du totalitarisme. Donc, on a l'impression de revenir à l'époque de Mitterrand, de son arrivée au pouvoir, où la droite agitait l'épouvantail en disant, vous allez voir, c'est terrible, il y a les chars russes qui vont défiler sur les Champs-Elysées. Donc, on en revient là.

Alors qu'en fait, c'est effectivement le fait de donner cette Commission des Finances à la présidence permettrait modestement, peut-être, de faire un pas dans la lutte contre l'évasion fiscale qui, rappelons-le, coûte 80 à 100 milliards d'euros par an. Il n'y a que 13 milliards qui sont recouvrés. Alors que la fraude, par exemple, à la CAF, qu'on érige souvent comme par angron pour stigmatiser les étrangers, ne représente que 2,3 milliards d'euros par an. Donc, c'est presque 50 fois moins.

Et en parlant, justement, des connexions possibles entre le RN et la Macronie, on va rappeler ton enquête sur Laurent Fouché qui avait aidé Marine Le Pen en 2017 et qui est lié à Laurent Aubadia qui fait partie des cercles de la Macronie. Tout ça aussi, c'était de l'argent qui était passé par des circuits pas très nets, ce qui montre quand même qu'une fois de plus, évoquer la notion de système n'est pas faire du complotisme, mais c'est décrire des fonctionnements qui lient les partis politiques, les formations politiques, les unes avec les autres, d'une manière à pouvoir créer des alliances tacites ou explicites contre le citoyen et contre le contribuable lambda.

Et puis, il y a vraiment suétude de la presse vis-à-vis des affaires, des scandales politico-financiers qui frappent le Rassemblement national, notamment ces histoires d'argent plutôt sales qu'on va chercher en Russie ou auprès d'hommes d'affaires qui ont des affaires très louches en France-Afrique. Vous imaginez si demain, Jean-Luc Mélenchon avait été financé par un homme d'affaires français qui avait eu des affaires en Afrique et des liens avec la Russie ?

Le scandale que ça aurait été fait, alors qu'on ne parlait que de ça, alors qu'effectivement, les différents prêts qu'a pris Marine Le Pen, notamment ce prêt russe qui a été consenti par des proches de Vladimir Poutine en échange de prises de position du Rassemblement national favorable à l'élection de la Crimée par la Russie, finalement, on n'a pas fait tellement les chevaux gras de la presse. Quelques enquêtes, mais ça n'a pas arrêté le fait que Marine Le Pen soit finalement la meilleure assurance vie du système Macron. Effectivement, cette présidence des commissions des finances a été occupée quand même par un certain nombre de personnages qui ont traîné des casseroles derrière eux.

Ce n'est même plus des casseroles, c'est une cuisine. Il y avait eu Valéry Giscard d'Estaing, l'ancien président, qui, dans les années 60, était président de la commission des finances à l'époque où il tombait ami avec Bokassa et ramenait des diamants de Centrafrique. Il y a eu Henri Manuelli, qui a été condamné à la prison avec sursis pour financement occulte du Parti Socialiste. Il y a eu Dominique Strauss-Kahn, qui, après son affaire du Sofitel, s'est installé au Maroc et a pratiqué l'évasion fiscale en conseillant notamment des dictateurs en Afrique comme Denis Sassou Nguesso ou Fort Nassimbe.

Et puis, on a eu le fameux Jérôme Cahuzac, qui, les yeux dans les yeux, n'avait pas de compte bancaire en Suisse et qui, les yeux dans les yeux, a pris quatre ans de prison, dont deux fermes qu'il aurait dû normalement effectuer derrière les barreaux, mais qui, grâce à la mensuétude de la justice envers les puissants, il a pu faire sous brassée électronique. Ça rappelle la phrase de Jean de La Fontaine qui se disait que vous soyez puissant ou misérable, les jugements de la Cour vous rendront noir ou blanc.

Et donc, effectivement, peut-être qu'avec l'arrivée de la Nube, je ne sais pas si Éric Coquerel sera un président exemplaire ou pas, mais quoi qu'il en soit, ça donne peut-être un nouveau rôle à cette commission des finances, à cette présidence de la commission des finances, qui, pour moi, est plus que symbolique.

14:25
Présentateur

Cette nouvelle assemblée et ces guerres de couloirs ont presque éclipsé le nouveau gouvernement qu'Emmanuel Macron veut former, un gouvernement d'action, dit-il. Doit-on attendre quelque chose de ce gouvernement borne d'eux ?

14:37
Invité

Il faut en tout cas observer quelle sera la composition de ce gouvernement, puisqu'Emmanuel Macron, la feuille de route qu'il donne à Elisabeth Borne, c'est finalement d'essayer, sans le dire clairement, de former une sorte de gouvernement de coalition qui irait de LR jusqu'au PC, alors qui exclurait naturellement la France insoumise et le Rassemblement national.

Le Rassemblement national, on voit juste que c'est une sorte de reste de décence qui l'oblige à construire cette barrière-là, mais globalement, on a bien vu qu'Éric Dupond-Maurici, un certain nombre de personnes, faisaient des appels du pied au Rassemblement national dans le cadre de l'hémicycle, même s'ils écartent le fait que le RN puisse être membre du gouvernement. Je pense que le RN ne le souhaite pas non plus, la France insoumise non plus, donc c'est assez facile de dire qu'on ne veut pas ceux qui n'ont aucune intention d'entrer dans son gouvernement. Mais ce qui est frappant et ce qui devrait nous questionner, c'est que la solution la plus simple, Emmanuel Macron n'en veut pas.

La solution la plus simple, ce serait de faire un gouvernement de coalition avec les Républicains, parce que finalement, ils sont sur la même ligne économique, du moins que La République en marche, qu'ensemble. Mais manifestement, Emmanuel Macron veut créer une sorte de grosse coalition pour pouvoir rester maître du jeu, pour pouvoir picorer. Parce que s'il entre dans une sorte de coalition avec LR, ça ressemblera beaucoup à une cohabitation. Et le Premier ministre choisira un certain nombre de ministres.

Et quelque part, cette cohabitation, entre guillemets, mettrait le LR, les Républicains, en orbite pour 2027, puisque les ministres LR ne seraient pas obligés de faire allégeance à Emmanuel Macron. Donc, il veut créer une sorte de concurrence entre les oppositions minoritaires, c'est-à-dire LR, ELV, le PCF. Il faut pouvoir, disons, picorer là-dedans et construire une sorte de majorité de briques et de brocs. Ce n'est pas dans l'intérêt général. L'intérêt général, la fameuse stabilité des institutions dont ils nous rebattront les oreilles dans les années qui viennent, eh bien, en fait, à mon avis, voudrait qu'il se mette d'accord avec LR.

Mais il ne le veut pas parce qu'il veut, son hubris le pousse à avoir le maximum de pouvoir possible et la configuration la plus naturelle l'obligerait à une sorte d'affaiblissement personnel face à ses amis rivaux de LR. Je trouve que c'est vraiment la chose qui me frappe le plus de la feuille de route donnée à Elisabeth Borne.

17:03
Présentateur

Pourtant, Marine Le Pen affirme qu'Emmanuel Macron lui a proposé de rejoindre ce gouvernement d'action.

17:09
Invité

Effectivement, Emmanuel Macron emprunte beaucoup à ce qu'a fait un de ses prédécesseurs avec qui il entretient beaucoup de liens, qui est Nicolas Sarkozy. C'est-à-dire, il faut se souvenir quand Nicolas Sarkozy, en 2007, avait débauché des ministres d'ouverture, Jean-Marie Bouquel, Bernard Kouchner, qui étaient de gauche. Donc, il va essayer. Il va essayer la même chose.

Alors, je ne pense pas qu'il ait eu un moment l'intention de faire rentrer le Rassemblement national au gouvernement, mais il va essayer de débaucher à droite et à gauche et de récupérer ceux qui, à gauche, se sont alliés avec Jean-Luc Mélenchon, contraints et forcés, mais qui, aujourd'hui, ne comptent pas faire front uni avec Jean-Luc Mélenchon, et notamment, je pense, à certaines franges des écologistes et des communistes. Les écologistes qui ont souvent été très coutumiers des aventures personnelles. On se souvient de Jean-Vincent Plassé, qui avait fait des mains et des pieds pour devenir un obscur secrétaire d'État François Hollande.

Et puis, on a Fabien Roussel, qui s'est rêvé colonel Fabien et qui va finir, peut-être, Manuel Valls, puisqu'il n'a pas écarté l'idée de rentrer au gouvernement. En tout cas, toutes les options sont sur la table. On peut peut-être regarder un petit manito. Ça va faire beaucoup pour rencontrer la majorité même relative aujourd'hui et le gouvernement que nommera Elisabeth Borne. C'est à exclure aujourd'hui une place pour vous dans ce gouvernement. Vous pensez qu'en une semaine, vous pourriez trouver un accord, même à minima, sur tous ces points que vous venez d'aborder longuement ? Rapidement, s'il vous plaît. Oui, ça fait beaucoup, mais parce qu'il y a beaucoup à faire.

Et c'est un changement fort de la politique économique de notre pays qu'il faut engager. C'est sur la table des discussions. Je ne veux pas dire non, parce que je veux que ça avance. Et en même temps, je vois bien que la marche est élevée. Mais il faut avoir cette ambition-là pour notre pays, pour notre peuple. Et donc, je veux pousser le plus possible pour que nous ayons ces avancées pour les salariés, pour le monde du travail, pour les retraités, pour la jeunesse. Je pense qu'il y a une vraie ambition chez Emmanuel Macron. C'est de vouloir diviser et affaiblir la NUPES au profit de l'opposition qui l'arrange à chaque fois, le Rassemblement national.

C'est quand même beaucoup plus facile d'avoir un hémicycle avec en face le Rassemblement national dont les députés ne sont pas là ou disent des insanités qu'avoir une opposition construite, forte, avec des forces de gauche qui se dresseront en face de lui et pourront lui rendre la vie impossible à l'Assemblée nationale. Et c'est vrai que Emmanuel Macron est de plus en plus seul. Jupiter trône au sommet de l'Olympe. On a l'impression que c'est devenu le radeau de la Méduse.

Il s'est même fâché avec Alexis Colleur, avec qui il a formé quand même un duo, qui est le secrétaire général de l'Élysée, avec qui il prenait toutes les décisions lors du précédent quinquennat et notamment pendant la crise sanitaire. Donc il semble de plus en plus isolé. C'est pour ça qu'il est obligé... À mon avis, il n'a pas les moyens de trop se fâcher avec ses colères. Il doit en savoir beaucoup. C'est pour ça qu'il est obligé de débaucher à droite et à gauche. On va voir ce que ce fameux gouvernement d'action réserve, parce qu'il faut virer les ministres qui ont perdu aux législatives. Il faut virer les ministres qui ont des affaires derrière eux.

Je pense notamment à la secrétaire d'État de la Francophonie qui est accusée de plusieurs viols en tant que gynécologue. Je pense à la nouvelle ministre des Affaires étrangères, Catherine Colonna, accusé de harcèlement lors de ses précédents postes d'ambassadrice à Rome et à Londres. Je pense à Damien Abad qui est accusé lui aussi de violences sexuelles. Donc s'il veut reconstruire quelque chose et espérer gagner un semblant de confiance des Français, il faut qu'il arrive à jeter de la poudre de perlimpinpa aux yeux des Français et à réussir à débaucher quelques figures à droite et gauche. Et pourquoi pas Yannick Jadot qui, je pense, rêve d'être ministre peu importe le gouvernement.

20:50
Présentateur

Et alors cette volonté d'inscrire dans la Constitution le droit à l'avortement, justement. Est-ce que c'est aussi une stratégie de la Macronie pour un peu gagner en popularité ?

20:59
Invité

Déjà, c'est une manière de réagir à ce qui s'est passé aux États-Unis avec, disons, la remise en cause d'un arrêt qui, quelque part, n'était pas une loi fédérale, mais qui garantissait une sorte de droit fédéral à l'avortement. En France, il n'y a pas la même configuration, mais la constitutionnalisation du droit à l'avortement avait déjà été évoquée lors de la législature passée, avait été évoquée par l'opposition, par la France insoumise, dans le cadre d'une proposition de loi. Et à l'époque, la ministre Belloubet, qui était ministre de la Justice, avait rejeté complètement cette histoire, comme on peut le voir sur ce magnéto.

Je ne suis pas certaine que ce soit le niveau de normes appropriées pour garantir ces droits. Les droits des femmes à l'égard de la contraception et de l'avortement sont aujourd'hui extrêmement bien assurés dans notre pays. Et donc, il me semble que nous avons ainsi un droit qui est suffisamment garanti et qu'il n'est pas besoin de l'inscrire dans le préambule de la Constitution. Bon, il semble donc que c'est un coup. Si la Macronie a changé de position entre cette période 2018-2019 et aujourd'hui en 2022, c'est parce qu'elle veut faire un coup.

Et c'est un coup de pub pour pouvoir, disons, se montrer progressiste sur le champ sociétal, le champ qui ne coûte pas beaucoup d'argent aux milliardaires. Cela reste tout de même important de réaffirmer avec force le droit à un avortement médicalisé sûr. Parce que finalement, quand on parle de l'avortement, il y a toujours une sorte de levée de boucliers et de camps retranchés qui s'affrontent comme s'il y avait des pro-avortements et des anti-avortements.

En réalité, il y a ceux qui sont favorables à un avortement dans la dignité pour les femmes qui le souhaitent et ceux et celles qui considèrent qu'une femme qui veut avorter, elle est tellement mauvaise qu'elle mériterait de passer par un certain nombre de processus qui risquent de lui faire perdre la capacité à enfanter de nouveau voire de lui faire perdre la vie parce qu'il faut bien savoir, il faut se rappeler à l'esprit que dans les pays où l'avortement est prohibé, l'avortement se pratique, il se pratique même de manière massive et chaque année, chaque jour, il y a des femmes qui meurent parce qu'elles ont procédé à des avortements illégaux, non médicalisés, etc. dans les pays du Sud.

Moi, j'ai été adolescent, une partie de mon adolescence au Cameroun, un pays où l'avortement est illégal et où j'ai perdu des camarades de classe au lycée parce que justement, elle s'était faite avorter dans de mauvaises conditions. Donc, il faut vraiment que dans les pays où l'avortement est médicalisé, autorisé, on se souvienne que ce n'est pas une loi qui consiste à… Ce n'est pas une loi morale, en fait, c'est juste une loi de santé publique et une loi d'égalité, c'est-à-dire que dans les pays où l'avortement est pénalisé, les femmes riches se font avorter tranquillement dans des belles cliniques et les femmes pauvres, en fait, elles se font charcuter par des charlatans.

Donc, c'est quand même important de le dire parce qu'on a l'impression que quand on l'oublie, finalement, on fait perdre au débat sa véritable consistance et son véritable fond politique. C'est un fond d'égalité.

24:17
Présentateur

Alors, Thomas ? Oui.

24:18
Invité

C'est-à-dire qu'il faut revenir sur ce point-là. C'est-à-dire qu'entre 2018 et 2019, les oppositions, notamment la France insoumise, avaient proposé d'inscrire dans la Constitution ce droit à l'avortement, quelque chose de très important. À l'époque, on l'a écouté, Nicole Belloubet avait envoyé paître ses oppositions disant que ce n'est pas la bonne norme, etc., etc. Et là, il a fallu que les États-Unis tous pour que la France prenne le médicament. Et ça m'inspire quand même une réflexion. Ça veut dire qu'il y avait un politologue américain qui, à la chute du mur de Berlin, avait écrit un essai fameux qui s'appelle « La fin de l'histoire ».

C'est-à-dire dire « Bon, maintenant, le mur de Berlin est tombé, les soviétiques sont vaincus, on va tous vivre dans le pays avec nos libertés, on va tous manger des Big Mac et écouter Madonna. » Et le modèle américain va s'imposer à tous. Alors, ça avait déjà pris sérieusement du plomb dans l'aile en 2001 avec les attentats du World Trade Center, l'émergence d'une nouvelle menace. Et puis finalement, l'empire américain est en train de se détruire de l'intérieur puisque c'est lui-même qui remet en cause une des libertés les plus fondamentales et les plus importantes pour les femmes.

C'est bien que la France, qu'Emmanuel Macron, décide aujourd'hui d'inscrire dans la Constitution le droit à l'IVG. Mais pour moi, ce n'est qu'une manœuvre politique pour essayer de faire une grande coalition à l'Allemande. Et c'est juste un moment et un sujet. D'ailleurs, il y a des membres de la majorité comme François Bayrou qui sont empressés de dire « Mais est-ce que ça serait bien important d'inscrire dans la Constitution le droit à l'IVG ? » Il y a aussi des députés du Rassemblement national qui sont connus pour des positions anti-IVG. Donc, moi, je pense que c'est qu'une manœuvre politique. Tout ça au détriment des droits des femmes qui sont de nouveau instrumentalisés.

25:55
Présentateur

Une volonté de séduire des députés

25:56
Invité

de la gauche. Tout à fait. Sur un sujet, pourtant, très important et qui aurait dû être inscrit dans la Constitution depuis des années et des années. On se souvient que, par exemple, quand il y a eu d'autres propositions de modifier la Constitution, il faut savoir que la Constitution n'a pas été modifiée en France depuis 2008 et la réforme constitutionnelle avait été repoussée. Comme, par exemple, l'idée très importante d'inscrire la préservation de l'environnement dans le préambule de la Constitution, ça avait été repoussé par le président du gouvernement Macron.

Donc, tout ça, ce n'est qu'une manœuvre politique pour tenter de former une grande coalition à l'Allemande qui n'aura de grandes coalitions que le monde. C'est quand même assez drôle de voir à quel point en France on réagit quand les choses se passent aux États-Unis. Même la question du racisme et des personnes qui étaient absolument pas ouvertes à la question du racisme. Quand il y a eu Black Lives Matter aux États-Unis, ils sont devenus Black Lives Matter en France. C'était assez drôle.

Et je me souviens d'ailleurs que quand Libération s'était interrogé, le quotidien Libération, le centre-gauche s'était interrogé pour se demander si c'était une rédaction blanche parce qu'un écrivain américain, un écrivain noir américain leur avait demandé lors des émeutes de 2005, je crois, de parler avec un journaliste issu de minorités des libérations et c'est là qu'ils s'étaient rendus compte. C'était Tanné Easy Coates, un écrivain noir américain. C'est là qu'ils s'étaient rendus compte du problème entre guillemets qu'ils avaient et c'est assez drôle de voir à quel point nous ne nous regardons pas mais nous avons besoin du miroir américain pour nous regarder.

Ça montre une certaine forme de pauvreté et de difficulté à s'auto-critiquer sans injonction extérieure. C'est dommage.

27:36
Présentateur

Une Macronie qui veut paraître progressiste sur la question du droit à l'avortement mais qui, dans le même temps, a fait le lit à l'extrême droite et qui, demain, si à l'arrivée au pouvoir, pourrait bien finir de détruire nos droits et nos libertés. Cette semaine, le Rassemblement national a fait une entrée remarquée à l'Assemblée nationale. Quelle première impression cela vous a-t-il fait ?

27:57
Invité

Ils sont arrivés tout beaux, tout cravatés. Ils avaient eu des instructions. Marine Le Pen a dit nous, on n'est pas très tee-shirt de foot et paquet de nouilles. Ce n'était pas encore les bruits de bottes mais c'était le bruit des chaussures cirées dans la cour de l'Assemblée nationale. Effectivement, ça peut être très inquiétant. C'est-à-dire, j'ai regardé un peu les chiffres. En 1986, François Mitterrand avait introduit une dose proportionnelle ce qui avait permis l'entrée de députés du Front National de manière assez importante à l'Assemblée nationale. Ils étaient 35. C'est-à-dire que trois fois moins qu'aujourd'hui.

Et pourtant, ça avait fait du bruit à l'époque et très vite, d'ailleurs, François Mitterrand était revenu sur cette disposition et avait rétabli le scrutin majoritaire qui empêchait les députés du Front National d'entrer en force à l'Assemblée nationale. Et en plus, il y a quand même des, outre les principales têtes du Front National, du Front National, Marine Le Pen qui est visée dans des enquêtes judiciaires comme celles des assistants parlementaires au Parlement européen qui ont été utilisés de manière frauduleuse par le parti, par le Rassemblement National.

Il y a quand même des personnages, des nouveaux députés qui ont un parcours assez sulfureux, même si le Rassemblement National, dans son entreprise de dédiabolisation, a fait en sorte de sélectionner les profils qui soient les moins problématiques possibles. Mais quand même, il en reste quelques-uns. On a parlé la semaine dernière, ce fameux Julien Oudoul qui est devenu député de Lyon, qui avait vilipendé une femme voilée en plein némistique du Conseil Régional, qui s'était moquée du suicide d'un agriculteur qui lui aussi est mis en examen.

On a quelques personnages assez baroques comme Frédéric Bocelletti qui a été élu dans le Var, le Var où le Front National, le Rassemblement National a quasiment raflé l'ensemble des sièges mis en jeu. Ce charmant monsieur a dans le passé tenu une librairie négationniste et a été condamné pour port d'armes. Donc finalement, les vieilles rangaines et antiennes du Front National ne sont pas mortes. L'époque de Jean-Marie Le Pen n'est pas encore révolue et c'est vrai que cette entrée en force du Front National, du Rassemblement National, à l'Assemblée Nationale, elle inquiète.

Et tout ça dans une sorte de mensuétude de la presse qui, au fil de la campagne, ne s'est pas fait l'écho de toutes les affaires. On parlait des affaires financières mais on peut parler aussi de l'assassinat de ce rugbyman argentin, Frédéric Arambourou, un assassinat qui part d'un incident raciste et qui a été commis par un proche de Frédéric Chatillon, on en parlait tout à l'heure, qui est un ami très proche de Marine Le Pen.

Donc, les assassins de ce rugbyman étaient des proches de Marine Le Pen et à aucun moment on s'est dit que quand même l'extrême droite pouvait représenter un danger autre que quelques rodes montades sur les plateaux télé, qu'il y avait des gens violents qui pouvaient passer à l'acte et commettre des crimes ou voir des attendants. Alors, à titre personnel, je trouve que c'est plutôt normal que le Rassemblement national soit présent à l'Assemblée nationale parce que finalement on a l'impression que tout ce qui a été fait pour contenir ce parti n'a fait que le renforcer. Mais ce n'est pas ça le problème de fond.

Le problème de fond, c'est comme disait Thomas, la mensuétude de ceux qui sont censés raconter la vie politique, c'est-à-dire les médias dominants vis-à-vis de ce parti, leur refus d'informer sérieusement les Français sur qui sont ceux qui animent ce parti et quel est leur degré dangerésité, leur refus d'enquêter, leur stigmatisation absolue de la gauche et leur complaisance pour l'extrême droite. C'est tout.

Sinon, maintenant, le Rassemblement national à l'Assemblée, les Français, surtout les Français les plus modestes, auront l'occasion de voir s'ils défendent vraiment le peuple, s'ils sont capables de choisir le peuple et au détriment des grandes entreprises, notamment, on va beaucoup parler de pouvoir d'achat, on va voir si le Rassemblement national sera capable d'arracher un peu d'argent entre guillemets aux actionnaires de Total, par exemple, pour le remettre dans le pot commun s'ils combattront ces combats-là et quelque part, ils entreront dans le fourneau et ils seront obligés de se dévoiler.

Maintenant, si leur trahison, entre guillemets, parce que je ne pense pas qu'il soit vraiment un parti du peuple, mais si leurs trajectoires parlementaires ne sont pas analysées avec rigueur par les médias dominants, effectivement, ça va permettre à leurs impostures de prospérer, on verra.

Ce n'est pas bien parti, en tout cas, puisqu'on sait, par exemple, qu'en 2016, les eurodéputés du Front National avaient voté pour la directive du secret des affaires au Parlement européen, cette fameuse directive qui permet à des grandes entreprises de se protéger et de protéger des données qui pourraient être potentiellement sensibles ou potentiellement être utilisées par des journalistes ou par la justice. Donc, on sait dans quel camp, finalement, balance le Front National et le Rassemblement National.

C'est plutôt du côté des puissants plutôt que des gens et on sait qu'à de nombreuses reprises, de toute façon, les grands groupes, et on l'a vu à travers l'histoire, ont toujours préféré l'extrême droite à la gauche qui a toujours été beaucoup plus complaisante avec les dérives des grands groupes financiers. On aura l'occasion d'observer ça dans les cinq années qui viennent. Ce sera intéressant, ce sera passionnant.

33:18
Présentateur

On vous invite à regarder aussi l'Instant Porcher. Thomas Porcher a eu à plusieurs occasions à expliquer comment l'extrême droite défend une politique libérale et s'inscrit complètement dans la politique défendue par la Macronie. J'en profite également pour parler du travail aussi exemplaire de Street Press qui justement fait ce travail de recensement des affaires où l'extrême droite est impliquée et qui malheureusement n'est pas relayée par la presse mainstream. Alors on va finir ce tour d'horizon avec la meilleure fake news de la semaine qui est attribuée à nos collègues du point avec la fausse sans-papier algérienne qui gardait les enfants du couple Garrido-Corbière.

Une sans-papier qui n'existait visiblement que dans l'esprit du journaliste du point Aziz Zemmoury.

34:00
Invité

Dans l'esprit de ces informateurs aussi je pense parce que on ne sait pas les détails de cette affaire mais il me semble qu'Aziz Zemmoury a été informé mal informé manipulé par un certain nombre de réseaux et je pense que ce serait intéressant que les enquêtes se poursuivent là-dessus. En tout cas c'est une énorme fake news qui a été partagée à la vitesse du son par un certain nombre de réseaux de l'extrême droite de la droite de la Macronie du printemps républicain etc. tous ces gens qui voyaient en quelque sorte leurs préjugés et leurs fantasmes confirmés par un article de presse.

Il est aussi intéressant de noter que cet article qui a été diffusé par le site du point aurait dû se trouver sur le journal papier mais que la rédaction en chef a considéré que ce n'était pas très étayé et comme elle considère manifestement le site internet comme une poubelle elle a mis sur internet parce que quelque part et c'est là que la responsabilité du point en tant que journal est engagée il se sentait tellement démongé par le désir de salir les Garrido Corbière parce que ce sont des opposants de gauche vu que le point n'a pas cessé pendant la période des législatives d'écrire absolument n'importe quoi pour diaboliser la NUPES et Jean-Luc Mélenchon donc ils étaient tellement chauds à l'idée de faire le buzz autour de ces deux députés qu'ils ont publié un article qu'ils considèrent eux-mêmes comme léger

35:29
Présentateur

beaucoup de Garrido Corbière qui exigent le licenciement de journaliste

35:33
Invité

ça va peut-être arriver puisque visiblement il a été mis à pied mais ça m'inspire quand même une réflexion c'est-à-dire cette presse mainstream qui se considère comme une sorte de noblesse d'État se comporte parfois comme un détabloïde de bas étage c'est-à-dire sans aucune vérification sans aucune déontologie alors effectivement Azizou Lemouri était un coutumier du fait dans les années 90 il avait été condamné pour diffamation parce qu'il avait recruté des acteurs à la MJCA Créteil pour illustrer un reportage sur les banlieues mais il y a très souvent des fake news qui sont diffusées dans ces grands journaux je me souviens par exemple que pendant le convoi de la liberté Le Monde avait diffusé une nouvelle en disant qu'il y avait un manifestant qui avait brandi un drapeau taliban du régime taliban autour du rond-point des Champs-Elysées et finalement bon ça s'est révélé faux mais ça avait en tout cas le démenti n'avait pas été à la hauteur de la nouvelle qui avait été diffusée de manière fausse et c'est vrai qu'il n'y a pas de remise en question de cette presse mainstream qui est très prompte à considérer la presse indépendante comme étant vectrice de fake news et de nouvelles partisanes alors qu'elle-même elle-même est très prompte par exemple à stigmatiser des députés l'UPS sans aucune preuve mais peut-être au service des milliardaires qui la dirigent et après on se demande pourquoi la France se retrouve 34ème au classement de la liberté de la presse reportage en frontière derrière le Suriname et le Cap Vert On se souvient aussi que Jean-Christophe Lagarde donc le prédécesseur de Raquel Garrido a publié un message privé il a publié un tweet donnant l'impression qu'il en savait un peu plus sur cette affaire même s'il a dit que ce n'était pas le cas mais on revient à la question de la machine infernale qui a conduit à cette fake news des interactions avec le monde politique avec aussi le monde de la police parce que Aziz Zemmoury a souvent publié des informations vraies ou en tout cas instrumentalisées par la police par un certain nombre de syndicats de police je pense notamment à Alliance de fait il ne serait pas non plus sain qu'on sacrifie un lampiste pour éviter de poser la question fondamentale du jusqu'où peut aller la ligne éditoriale d'un journal comme Le Point qui était de la famille Pinault qui a le fameux groupe Kering Pinault Printemps à Redoute on peut sacrifier Aziz Zemmoury c'est finalement empêcher un débat de fond sur ce que les milliardaires font des médias qui le contrôlent

38:05
Présentateur

Merci Théophile merci Thomas merci à vous également d'être aussi nombreuses et nombreuses à nous suivre on vous rappelle que le média poursuit sa campagne d'abonnement le nouvel objectif 15 000 abonnés pour pouvoir lancer cette nouvelle saison à la rentrée et soutenir cette émission dont on vous a déjà parlé toujours debout on compte sur votre soutien à très bientôt

38:28
Invité

Au mois de mars le média le média était au bord du gouffre le média était au bord du gouffre et s'en est fallu de peu pour qu'il disparaisse mais grâce à votre mobilisation nous avons tenu bon merci à vous

38:37
Présentateur

grâce à vous nous avons pu produire 150 matinales avec 200 invités qui ont réuni près de 30 millions de vues nous avons respecté l'engagement du manifeste du média malgré nos modestes moyens nous avons combattu la haine de l'extrême droite la violence de la macronie mais aussi les mensonges des grands médias

38:55
Invité

que la manifestation soit déclarée ou non on a le droit de dire stop de dire non dans la rue c'est un droit c'est légal et voici la réponse quand j'entends le mot violence policière moi je personnellement je m'étouffe je n'ai pas besoin de vérifier que la France soit prête la France est prête et elle est prête parce que nous avons un système de santé extrêmement solide depuis trois ans rien n'a été fait pour l'hôpital moins de lits moins de personnel qu'en janvier 2020 est-ce que c'est un scandale que l'état des ministères puissent avoir recours à des cabinets de conseil je ne vois pas comment on ne peut pas parler de détournement d'argent public puisque notre argent public de contribuable n'a servi à rien comme vous le voyez le média a toujours remis l'église au centre du village il a donné de la voix aux engagés aux révoltés à tous les combats oubliés d'une presse mainstream qui ne donne la parole qu'aux puissants et aux prêcheurs de haine au moment où Emmanuel Macron commence son second quinquennat et même si les législatives peuvent le freiner nous avons plus que jamais besoin d'un média de résistance libre et gratuit à la rentrée nous allons revenir encore plus fort encore plus impertinent après avoir fait irruption dans le monde merveilleux des matinales mainstream nous vous proposons un tout nouveau projet plus décapant encore nous incrusté dans la case du 18-20 heures c'est le fameux soir où elle vous accuse de viol il ne s'est rien passé il ne s'est rien passé cher Yann on a l'impression que vous avez quand même un mental d'acier

40:16
Présentateur

c'est sûr que c'est un parcours pas commun c'est une bonne chose non à 80% voilà les gars

40:21
Invité

et je te vois sur les réseaux c'est un truc

40:23
Présentateur

vous avez envie de voir autre chose le soir en rentrant à la maison ? et bien nous aussi c'est pourquoi nous vous proposerons dès la rentrée une émission à 18 heures qui s'appellera toujours debout alors non ce n'est pas une reprise de la chanson de Renaud ce n'est pas non plus un hommage à Valérie Pécresse

40:43
Invité

debout toujours debout sera un tout nouveau terrain de débat de critique de l'actualité politique sans détour avec un regard neuf un ton décalé à contre-courant de ce que l'espace médiatique nous sert jusqu'ici avec des reportages de terrain et des chroniques sans concession cette émission nous allons la construire avec vous car le média ce n'est pas seulement une équipe de journalistes professionnels ce sont 4500 sociétaires appartenant à la plus grande coopérative médiatique de France une coopérative engagée qui ne sera jamais sous le joug d'un milliardaire qui dicterait notre ligne éditoriale mais vous le savez si nos contenus vidéo sont proposés gratuitement leur production coûte cher très cher on met un bonnet au dame et un format de l'ambition de toujours debout mobilisera des moyens inédits

41:23
Présentateur

ainsi pour que cette ambitieuse saison 6 du média puisse voir le jour notre objectif est d'atteindre le prochain palier des 15 000 abonnés

41:30
Invité

pour être une véritable alternative médiatique abonnez-vous aidez-nous à atteindre le prochain palier de 15 000 abonnés pour que le média votre média reste toujours debout