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Podcast / conversationLe Média (sur Podcast)· 18 mai 2026 25 minContradictoireActualité / polémiqueSolidarités & familleÉconomie & entreprisesInstitutions & électionsTravail & emploi

Glucksmann : la note qui fait scandale

Source d'origine 2 locuteurs

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 10 %Attaque 70 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 93 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 1:49OuverteRéponse directe

    Cette note, elle vous choque ? Comment avez-vous réagi ?

  • 5:21OuverteRéponse partielle

    Toutes les équipes de campagne font ce type de ciblage électoral ?

  • 8:32OuverteRéponse directe

    Qu'est-ce que ça raconte de la stratégie de Place Publique ?

  • 11:09OuverteRéponse directe

    Qu'est-ce que vous pensez de la réaction de Glucksmann sur Twitter ?

  • 14:08OuverteRéponse directe

    Est-ce qu'une primaire de la gauche est encore crédible ?

  • 15:58OuverteRéponse directe

    Est-ce que François Ruffin est un candidat crédible ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:31PrésentateurFait
    « Il assure que cette note n'était pas une stratégie de campagne, mais une simple analyse électorale »
  • 1:27PrésentateurChiffre
    « Objectif affiché dans le document, 7,5 millions de voix, soit environ 20% au premier tour »
  • 11:13PrésentateurFait
    « Je ne me résignerai jamais à ce que les banlieues populaires soient captées par LFI ou que les classes moyennes et populaires des villes de moins de 100 000 habitants soient abandonnées au RN »
  • 17:10InvitéFait
    « il aurait dit qu'il trouvait que la France ne produisait pas assez, qu'on ne travaillait pas assez longtemps au cours de sa vie en France »

Temps de parole

  • Invité40 %
  • Invité 236 %
  • Présentateur17 %
  • Invité 33 %
  • Invité 43 %

0,8 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

C'est une note qui embarrasse Raphaël Glucksmann et son parti Place Publique. Un document de travail préparé par ses équipes électorales à fuiter. Cette présentation, longue de plusieurs pages, recommandait de cibler en priorité les électeurs les plus âgés, les plus diplômés et les plus aisés. Et à l'inverse, d'éviter pour le moment les 18-25 ans, les classes populaires, les mers seuls, les banlieues ou encore certaines régions populaires. Depuis, Raphaël Glucksmann tente d'éteindre l'incendie. Il assure que cette note n'était pas une stratégie de campagne, mais une simple analyse électorale et affirme vouloir parler à toutes et à tous. Mais la polémique appuie là où ça fait mal.

Place Publique est régulièrement accusée de parler d'abord à une gauche urbaine, diplômée, européenne, plus proche des cadres que des classes populaires. Pour en parler, nous recevons ce soir Julie Garnier, conseillère régionale La France Insoumise, et Mathieu Slama, essayiste. Le fond de l'info, c'est tout de suite. Bonsoir Julie Garnier, bonsoir Mathieu Slama, merci d'être avec nous ce soir sur ce plateau. On va commencer du coup par cette note interne de Place Publique, révélée par Politico puis par Mediapart. Elle identifie trois publics cibles pour Raphaël Glucksmann, les fidèles, je le cite, les conquêtes à gauche et les conquêtes au centre.

Objectif affiché dans le document, 7,5 millions de voix, soit environ 20% au premier tour. Premier exemple parmi les fidèles, Nathalie de Nantes, les professeurs de lettres, CSP+, propriétaires. Évidemment, elle écoute France Inter, elle regarde Arte et elle lit Le Monde. Elle fait aussi son marché tous les dimanches. Julie Garnier, est-ce que cette note, elle vous choque ? Comment est-ce que vous avez vraiment réagi à cette note ?

1:57
Invité

Pour être honnête, au début, je pensais que c'était la note de Retailleau. Non, mais c'est vrai, c'est quoi la différence ? Vraiment, c'est-à-dire que pour moi, la gauche, c'est avant tout tout ce qui est éducation populaire. C'est-à-dire qu'on va aller vers les personnes qui, justement, ne s'intéressent pas à la politique, qui sont dégoûtées de la politique, et leur expliquer qu'il faut qu'elles s'y intéressent. Parce qu'en réalité, la politique, la plupart du temps, et on voit notamment sous Macron, sous la France à Macron, qu'elle se fait contre eux. Donc la gauche, ce qu'elle doit faire, en réalité, c'est ce devoir d'éducation populaire.

C'est-à-dire d'aller vers les personnes qui, justement, ne votent plus, sont abstentionnées, n'y croient plus aussi. Et c'est pour ça que, réellement, je pensais que c'était une note de la droite. Et vraiment, ça ne m'aurait pas choqué que ce soit une note de Retailleau. C'est tout. Mais c'est vrai, c'est honnête de dire ça.

2:43
Présentateur

Paul Vannier, pour plaisanter, j'imagine, il a dit que Raphaël Glucksmann aurait dû se présenter à la boule. Oui.

2:51
Invité

C'est ça. Mais vous voyez comme quoi on a à peu près eu tous la même réaction. Moi, j'ai une autre réaction sur cette note. C'est que, en fait, cette note, je trouve, elle montre que Raphaël Glucksmann, c'est vraiment un produit marketing. Cette note, c'est une étude de marché avec ce qu'on appelle des publics cibles. Comment s'adresser aux différentes cibles, comme si c'était des clients, finalement, d'une entreprise ? Comment on s'adresse à ces cibles ? De quelle manière ? Avec les éléments de langage ? C'est du marketing, en fait. Et je pense que ça dit quelque chose sur la dimension purement publicitaire.

Je le redis, marketing de Raphaël Glucksmann, où il n'y a pas de fond politique, il n'y a pas de conviction. En tout cas, avant les convictions, il y a des stratégies marketing. Il y a des stratégies publicitaires en fonction des cibles, etc. Et Glucksmann, c'est ça. C'est quelqu'un qui a des éléments de langage. Donc, on lui prépare des fiches. Il fait des médias training pour essayer de s'améliorer à l'oral. Ce n'est pas toujours très convaincant. Il y a du travail. Et en fait, c'est comme Emmanuel Macron en 2017. C'est-à-dire qu'on travaille sa marque, on travaille le personnage, on travaille l'image, la représentation, la vitrine, en quelque sorte.

Mais derrière, politiquement, c'est zéro. Il n'y a rien, en fait. Et je pense que ça doit nous alerter aussi sur un peu ce que peut devenir la politique quand elle est réduite à une sorte de produit marketing, en fait. C'est-à-dire qu'il n'y a plus de conviction, il n'y a plus rien. Et Raphaël Guzman, on sent bien que c'est quelqu'un qui n'a pas de conviction. Ce n'est pas quelqu'un qui a un élan de gauche fondamental. Ce n'est pas quelqu'un qui a des grandes convictions. Et ça, je pense que c'est ça que ça révèle avant tout sur le personnage, sur l'homme politique qu'il est.

Et puis, sur le fond, c'est catastrophique, en effet, parce qu'en gros, c'est une note qui dit une chose toute simple. C'est toutes les personnes qui vont mal dans le pays, il ne faut pas s'adresser à elles, en fait. C'est-à-dire les jeunes, ce qu'ils disent, les CSP moins, je trouve ça d'un mépris, cette expression, mais voilà, les CSP moins, les banlieues, les banlieues, enfin, c'est hallucinant, quoi.

5:07
Présentateur

Et les mères désolées dans un dernier temps.

5:09
Invité

Et donc, toutes les personnes qui vont mal dans le pays, à qui la politique devrait s'adresser en priorité, la note dit, en gros, ce n'est pas la peine d'essayer. Et ça, c'est aussi un aveu terrible pour Raphaël Guzman.

5:21
Présentateur

Mais toutes les équipes de campagne font ce type de ciblage électoral ou pas du tout ?

5:27
Invité

Pas de cette manière. Alors, moi, j'ai regardé la note. J'ai regardé la note juste pour répondre rapidement à ce point. Moi, j'ai travaillé dans la communication avant. Donc, je vois très bien ce que c'est, ce genre de notes. C'est vraiment des notes que des agences de com ou marketing font avec, encore une fois, je leur dis, le ciblage, les leaders d'opinion qu'on peut essayer d'aller chercher, etc. Mais le problème, c'est que ce n'est que ça, en fait. S'il y avait, en effet, une sorte de bon, une stratégie, mais qui est adossée à un discours, à la limite, ça serait moins grave. Mais le problème, c'est que là, il n'y a pas de discours derrière.

Il y a une stratégie marketing et on adapte le discours derrière. Et on adapte le discours en fonction des cibles. Mais ce n'est pas ça, la politique. La politique, c'est d'abord, enfin, je suis un peu naïf peut-être, mais c'est d'abord des convictions, des idées profondes, une vision. Et puis des choses qui nous travaillent au corps, j'ai envie de dire. Et puis après, en effet, on regarde comment stratégiquement mettre en place ça. Mais là, c'est l'inverse. Donc, c'est ça qui est très problématique. Julie Gardner, je vous vois hausser la tête. En fait, je revois le débat foireux qu'il a eu quand même.

Et finalement, cette note, elle est, j'ai envie de dire, c'est la prolongation de ce qu'il a vu avant. Et on a vu que dans le débat, finalement, il n'avait aucune, c'est vrai, aucune conviction de gauche. Parce que je pense qu'il a des convictions en réalité. Je pense que, par exemple, sur les retraites, il est pour, et c'est lui qui l'a dit, qu'on travaille plus longtemps, qu'on travaille plus. Donc, en réalité, on a finalement la prolongation de ce qu'est Macron. Et finalement, c'est le même programme qu'il porte. Et c'est là où il a besoin d'un système marketing, de communication.

Pour essayer de gommer cette image de Macron, essayer de se dire, moi, je vais essayer de surfer sur, voilà, autre chose. Mais ne pas dévoiler, finalement, ce qu'il est fondamentalement. C'est-à-dire, quelqu'un qui est profondément pour la continuité du macronisme, qui n'est pas pour porter des mesures d'émancipation sociale, de réduire les inégalités. Il n'a rien à proposer, en réalité, là-dessus. Et d'ailleurs, j'ai encore aussi en tête son débat contre Zemmour, où Zemmour s'en prend à une femme voilée. Et il a été incapable, incapable de prendre la défense de cette pauvre dame qui était là dans le public, qui s'est fait prendre à partie par un raciste, et de remettre les choses au clair.

C'est-à-dire de désigner Zemmour pour ce qu'il est. Et les propos et l'attaque contre la femme voilée, pour ce qui est de l'islamophobie et du racisme. Même ça, il n'en était pas capable. Donc, s'il n'est pas capable de défendre une femme qui est attaquée juste parce qu'elle est musulmane, qu'attendre de lui, finalement, pour défendre, finalement, l'ensemble des concitoyens, quelle que soit leur religion, quel que soit leur sexe, quelle que soit leur orientation sexuelle ? C'est ça qui est inquiétant, en réalité.

Et que, oui, finalement, on a des personnes, et là, pour le coup, je ne pense pas qu'à lui, mais qui font de la politique pour faire une carrière, pour surfer sur une marque, sur leurs propres ambitions, mais qui ne sont pas là, finalement, pour penser l'intérêt général, pour penser à quelle vision, à un vrai et véritable programme, dans quelle direction on va aller. Et c'est ça, finalement, le vrai danger de la politique derrière. Ce sont des gens qui sont là pour eux, mais pas pour les autres.

8:32
Présentateur

On a évoqué le passage qui a le plus choqué, c'est celui sur les publics à éviter pour le moment. Je le rappelle, c'est les 18-25 ans, les CSP moins, les personnes gagnant moins de 1 500 euros, les parents seuls, les banlieues, les Hauts-de-France, PACA Corse, le Grand Est, ou encore les électeurs LFI durs. Qu'est-ce qu'au-delà de Raphaël Glucksmann, qu'est-ce que ça raconte de la stratégie de son parti Place Publique, Mathieu Slama ?

8:58
Invité

C'est un aveu, pour moi, à la fois de renoncement, mais c'est aussi, quelque part, un aveu de mépris. Parce que dire qu'au fond, il ne faut pas s'adresser, par exemple, aux banlieues, moi, je trouve ça particulièrement choquant. Parce que s'il y a bien un lieu qui a besoin de solutions politiques, c'est les banlieues qui sont ravagées par la pauvreté, par les inégalités, par le racisme, par les violences policières. S'il y a bien un lieu, à mon sens, que la gauche doit toucher, mais pas au sens vraiment politiquement et de manière très sérieuse et très rigoureuse, c'est les quartiers populaires, c'est les banlieues.

Et d'ailleurs, on l'a vu lors des dernières municipales, dans les banlieues, c'est des endroits où il y a eu des taux d'abstention records. Parce qu'en effet, c'est un lieu où il y a une sorte de désespoir vis-à-vis de l'avenir, vis-à-vis de la politique, et avec le sentiment que, de toute manière, ce sont des endroits qui sont abandonnés et ça restera comme ça, de toute manière. Et donc, je pense que c'est un aveu de renoncement, un aveu de mépris, mais ça dit aussi quelque chose de cette gauche qui a renoncé à tout un tas de valeurs qui sont fondamentales.

Ça nous dit quelque chose aussi du quinquennat de François Hollande, du bilan du Parti Socialiste, qui a été incapable d'adresser ces sujets-là, en fait. Je rappelle quand même que la loi, par exemple, sur les refus d'obtempérer, qui a eu des conséquences absolument désastreuses en termes de vie humaine, on parle de mort quand même, notamment dans les quartiers populaires, c'est le Parti Socialiste, c'est sous François Hollande et Bernard Cazeneuve. Donc, je vois plutôt ce que vous venez de dire comme un révélateur, en fait, des renoncements d'une gauche qui se veut sociale-démocrate, mais qui est en fait très peu sociale et en fait plutôt libérale et parfois même autoritaire.

11:00
Présentateur

Alors, cette note depuis hier, elle fait pas mal polémique, notamment sur les réseaux sociaux. Raphaël Glucksmann, lui, s'est défendu sur Twitter. Il a publié un communiqué où il dit vouloir s'adresser à tous les Français. « Je ne me résignerai jamais à ce que les banlieues populaires soient captées par LFI ou que les classes moyennes et populaires des villes de moins de 100 000 habitants soient abandonnées au RN », je cite. Qu'est-ce que vous pensez de cette réaction sur Twitter, Julie Garnier ?

11:28
Invité

Oui, il dit qu'il veut parler à la France, mais je pense qu'il se parle surtout à lui-même. En réalité, il essaye de s'auto-convaincre. Et je crois surtout qu'il est avec ses soutiens et dans ses soutiens, enfin, il ne faut pas oublier quand même qu'il soutient aussi. On a des macronistes qui sont derrière lui, on a Manuel Valls qui est derrière lui, d'ailleurs je soupçonne plus ou moins un de ses soutiens aussi d'avoir balancé finalement la note parce qu'on sait très bien que là-dedans, ils sont en train d'essayer de passer les uns devant les autres pour essayer d'être le candidat. Il y a des rumeurs qui disent que ça serait peut-être François Hollande qui a fait fuiter cette note.

Donc vous voyez, je pense que franchement, ils sont dans une cour de récré et en réalité, ils ne se parlent qu'à eux-mêmes. Ils ne se parlent qu'à eux-mêmes. Et d'ailleurs, je tiens à souligner que de moins en moins de personnes se rendent compte, ils n'arrivent plus à convaincre grand monde en réalité. Et je pense aussi que ça dit beaucoup de la surmédiatisation qu'il a et du poids finalement qu'il représente aujourd'hui à gauche parce que je considère que la question qui lui a été posée lors du débat, à savoir prouvez-nous que vous êtes de gauche, elle reste toujours d'actualité, qu'il nous prouve qu'il est de gauche en réalité.

Et donc, quelque part, on a quelqu'un qui, dans les faits, dans les faits concrètement, a été un conseiller d'un dictateur, on va le rappeler quand même, qui a supprimé le salaire minimum, qui a licencié des milliers de fonctionnaires et qui a aussi été connu pour une répression très forte des opposants. C'est d'ailleurs pour ça qu'il est en prison aussi aujourd'hui. Donc, voilà, je pense que ça dit... Les faits parlent pour lui en réalité et qu'il a beau faire des communiqués pour démentir, je crois qu'il y a plus qu'à démentir que cette note. Il faut qu'il démonte finalement tout ce qu'il a fait jusque-là. Et les actes parlent beaucoup mieux que les discours, pour le coup.

Et je pense que Raphaël Guxman doit simplement faire son coming out et arrêter de dire qu'il est de gauche. Parce que quand on est d'accord avec les macronistes, quand on ne censure pas, il n'a pas censuré Wanderlein, par exemple, au Parlement européen. Donc, à un moment, il faut arrêter cette comédie et laisser la gauche travailler à un vrai programme de gauche. Nous, c'est ce que nous faisons. Parce que vraiment, il y en a besoin... Je termine juste là-dessus. On est face à des inégalités qui explosent. Vous l'avez dit dans votre journal. Le chômage n'a jamais été aussi haut. Il n'y a jamais eu autant de super profits. Il n'y a jamais eu autant de super dividendes.

Et lui, qu'est-ce qu'il propose derrière ? De parler encore que de lui. Je pense qu'on a vraiment besoin d'autre chose que ça.

13:53
Présentateur

Dans cette fameuse note, on parle de stratégie électorale. Alors que Raphaël Guxman, il n'est pas encore officiellement candidat. Et donc, poser la question de la primaire à gauche. Cette question, elle revient souvent. Et là, elle est vraiment au devant de la scène. Cette primaire, elle est défendue, notamment par le Parti Socialiste. On écoute Chloé Rydel, députée européenne, sur le sujet.

14:16
Invité

Moi, j'ai travaillé ces derniers mois. Cette dernière année, sur un projet pour notre famille politique, pour notre parti. C'est ma contribution. Elle est importante, je crois, parce qu'il faut que nous nous accordions de nouveau sur une base idéologique à présenter aux Français. Ce travail-là est fait. Et maintenant, reste la question de l'incarnation présidentielle et puis de la stratégie. Et je crois personnellement qu'il nous faudra une grande primaire de la gauche et que le Parti Socialiste devrait y participer. Alors, c'est pareil, d'où à où que les militants tranchent la gauche, pour sortir de cette crise. D'où à où ? De Ruffin à Luxman, c'est ce que nous avons toujours dit.

Nous entendons rassembler cette gauche. Et le moyen de le faire, encore une fois, c'est de rendre la parole au peuple de gauche.

15:02
Présentateur

Une autre personne qui s'est déclarée candidat, en tout cas, avec ou sans primaire de la gauche, c'est François Ruffin. On l'écoute.

15:10
Invité

Je suis candidat à l'élection présidentielle. Je souhaite qu'il y ait une primaire pour des raisons de départage. Il y a plein de talents à gauche et c'est quand même le meilleur mode de choix que de laisser parler les gens. Pour des raisons de débordement, je pense qu'on aurait 2 ou 3 millions de personnes qui se saisiraient d'un bulletin un peu comme on reprend son destin en main. Et pour des raisons de démocratie, ça fait 10 ans que Macron s'assoie dessus. Si on veut que ça change, qu'on le prouve dès maintenant. Maintenant, si les petits marquis de la politique et les apparatchiks ne veulent pas de ça, pour moi, il n'y aura pas de négociation de salon, il n'y aura pas de congrès arrangé.

Et ça se passera, et ça se passe déjà devant les Français. J'ai fait un certain nombre d'entretiens d'embauche puisque vous savez, j'ai vu une petite annonce qui disait République cherche président, CDD de 5 ans, homme ou femme, salaire à auto-fixer, nourri, blanchi, logé. Je postule.

15:57
Présentateur

Mathieu, ça a ma deux questions. Est-ce qu'une primaire de la gauche est encore crédible ? Et est-ce que François Ruffin est en lui-même un candidat crédible ?

16:06
Invité

Alors, je crois que la primaire, c'est quasiment terminé. Il me semble qu'il n'y a plus de moins en moins de monde qui la défendent. Il y a une partie du Parti Socialiste qui n'en veut plus. Donc, pour moi, cette histoire de primaire, il faut... Je pense que ça n'arrivera pas, premièrement. Et puis, deuxièmement...

16:24
Présentateur

Parce que ça fait un an qu'on en parle. Il y a de plus en plus de gens

16:27
Invité

qui n'en veulent pas. Vous avez déjà LSI avec Jean-Luc Mélenchon qui a dit qu'il y allait, etc. Bon. Et pourquoi ça n'a pas de sens ? Parce que vous allez demander aux gens de voter pour un candidat entre, par exemple, François Ruffin et Raphaël Glucksmann. Et si Raphaël Glucksmann gagne, il se passe quoi ? Vous avez des gens de gauche qui rejettent à 100% le programme de Raphaël Glucksmann, qui représentent sa sensibilité sociale libérale, qui vont faire campagne pour lui. C'est complètement illusoire. Et je rappelle que Raphaël Glucksmann, d'après le journal Le Point, mais je trouve que c'est intéressant de le rappeler, a fait un dîner avec des gens du Modem le 14 avril dernier.

Et pendant ce dîner, il aurait dit qu'il trouvait que la France ne produisait pas assez, qu'on ne travaillait pas assez longtemps au cours de sa vie en France. Vous imaginez quelqu'un de gauche qui, en plus, a vécu douloureusement le quinquennat de François Hollande, devoir faire campagne pour quelqu'un qui défend des idées pareilles. Donc, c'est impossible. Donc, cette idée de primaire, elle ne va pas. Et à mon avis, c'est mort. Il y aura une offre de gauche. Il y aura LFI, Jean-Luc Mélenchon. Et puis, il y aura une gauche sociale-démocrate, sociale-libérale.

Au final, peut-être que ce n'est pas plus mal, d'ailleurs, d'avoir les deux sensibilités de gauche, centre-gauche et gauche de rupture. Au moins, ça permet aux gens de trancher. Et finalement, le premier tour de l'élection présidentielle, c'est la primaire. C'est là que les gens vont trancher. Et sur François Ruffin, moi, je ne sais pas s'il sera candidat. Il a l'air de vouloir être candidat à tout prix. Mais encore une fois, sur quelle ligne ? Moi, je ne comprends pas François Ruffin. C'est quoi sa ligne ? C'est quelqu'un qui, par exemple, veut réhabiliter la valeur travail ? Moi, je ne suis pas sûr qu'on ait besoin de ça à gauche.

Je pense au contraire, même, qu'on a besoin de gens qui, au contraire, réhabilite l'idée qu'il faut travailler moins et qu'il faut renforcer les droits des travailleurs. Pareil sur l'immigration. Quand François Ruffin récemment dit qu'il ne veut plus d'immigration de travail, c'est épouvantable. Ce n'est pas une position de gauche. Et sur les classes populaires ? Et sur les classes populaires, moi, j'ai l'impression que François Ruffin s'intéresse à une partie des classes populaires, mais ne s'intéresse pas trop aux banlieues, ne s'intéresse pas trop aux personnes racisées. J'ai l'impression que ça, ça ne l'intéresse pas du tout. Et ça, c'est un problème quand on est à gauche.

Et je le redis, sa position récente sur l'immigration, en disant qu'il ne voulait pas d'immigration de travail et qu'il voulait privilégier les travailleurs français, non, mais c'est quoi ? C'est le discours de Georges Marchais d'il y a 50 ans qui était ultra-nationaliste. Et c'est aussi un peu le discours du rassemblement national. Mais ça, ce n'est pas possible. Quand on est de gauche, on ne fait pas de distinction entre les travailleurs, entre les individus, selon qui sont de telle origine, de telle nationalité ou quoi que ce soit. On défend l'humanité, on défend des êtres humains, pas des gens en fonction de leur origine.

Et ça se rapproche quand même beaucoup de la préférence nationale, ce que défend François Ruffin. Donc, je pense que c'est une candidature qui n'est pas claire, qui est très ambiguë. Et là-dessus, il ne fait rien pour clarifier les choses. Je vais garder une réaction rapide à ce qu'on va en entendre. Non, très rapide. Juste pour prendre un exemple, si sur le sujet des retraites, vous voyez que sur le sujet des retraites, il n'y en a pas un qui est d'accord avec l'autre. Donc, Chloé Riedel peut très bien m'expliquer qu'il y a un programme. Mais en réalité, ce programme, tout le monde le déchirera, quel qu'il soit, en fonction de si c'est Glucksmann ou quelqu'un d'autre qui passe.

Donc, en réalité, ils n'ont pas de programme et ça pose un problème. Et je crois qu'au contraire, on est là pour véritablement travailler le fond, avoir une véritable perspective, parce que, je le redis, il y a un vrai besoin, justement, de réhabiliter les vraies valeurs de la gauche et d'avoir une vision qui soit en réalité beaucoup plus percutante que ce qu'on subit aujourd'hui. Il est temps maintenant de remettre les vrais sujets. Il est temps de parler, oui, de diminution du temps de travail. Il est temps de parler de la retraite à 60 ans. Il est temps de parler de la revalorisation des salaires. Il est temps de parler d'avoir du temps aussi pour soi.

Ce ne sont pas des débats qui doivent être à côté. On a trop laissé glisser cette fenêtre d'Overton. À un moment, il va falloir qu'on remette les vrais sujets. Parlez, oui, de plus de jours fériés. Il en faut, parce que je pense que c'est une nécessité, tant pour soi, avoir un véritable équilibre. Parlez aussi du burn-out, se dire que maintenant, ça suffit. Redonner de nouveaux droits aussi aux travailleurs. Faire de l'espace de l'entreprise un vrai espace démocratique. Vous voyez qu'il y a des choses, des vrais projets. C'est d'ailleurs pour ça qu'en ce moment même, nous sommes en train de travailler, nous, avec des groupes thématiques sur lesquels d'ailleurs, vous pouvez participer.

Je fais un petit coup de pub. Mélenchon 2017. Rapidement, parce qu'on doit passer

20:53
Présentateur

à la dernière question.

20:54
Invité

Mais c'est important en réalité. On a besoin de ces contributions citoyennes et c'est justement nous, à ça que nous sommes en train de travailler.

21:00
Présentateur

J'ai une dernière question pour vous deux. Est-ce que pour 2027, la gauche, elle n'est pas un peu en train de se diviser entre trois pôles ? On a d'abord Glucksmann, du coup, pour les CSP+, et les électeurs modérés. Ruffin pour la gauche sociale et manifestement contre l'immigration, selon ses récentes déclarations qu'on vient d'évoquer. Et Mélenchon pour l'électorat populaire et les quartiers. Mathieu Slama, rapidement.

21:26
Invité

La gauche est divisée. Oui, elle est divisée. de toute manière, mais je pense qu'au fond, il y a, aujourd'hui plus que jamais, à gauche, je pense qu'il y a une dimension irréconciliable entre deux positions. Et d'ailleurs, je pense que ça se retrouve dans un certain nombre de partis. Ce n'est pas juste un parti contre un autre. Vous avez une position qui consiste à dire qu'il faut rompre avec le capitalisme. Par exemple, la position de LFI, mais d'ailleurs, le programme de LFI n'est pas un programme révolutionnaire. C'est un programme de gauche, qui est peut-être, sur certains points moins radicals que celui de Mitterrand à l'époque.

Je rappelle que Mitterrand, c'était des nationalisations massives, ce qui n'est pas le cas de LFI. En tout cas, il y a une position qui consiste à dire qu'on veut rompre avec le capitalisme. On commence à rompre avec le capitalisme et le principe du capitalisme, de la marchandisation, etc. Et puis, vous avez une gauche qui considère qu'on doit faire des aménagements. Et je pense qu'au fond, peut-être que le premier tour de la présidentielle, ça va être le grand débat au fond. Et ça va trancher la question. Ça va trancher la question. Est-ce qu'on continue la société telle qu'elle est ? On fait juste quelques aménagements mais on continue comme ça fonctionne ?

Ou est-ce qu'on rond vraiment et on entame quelque chose d'autre ? Et ça, je pense que finalement, ça va être tranché lors du premier tour de la présidentielle, à mon sens. Moi, j'aimerais que ça soit tranché justement sur cette vision-là, c'est-à-dire vraiment sur le fond. Le problème, c'est qu'aujourd'hui, on en a certains qui préfèrent jouer sur la diabolisation finalement de la gauche, d'un programme de gauche, plutôt que d'aller sur ces questions de fond.

Et c'est là où justement, on pourrait leur en vouloir parce qu'il me semble quand même que François Hollande avait un bilan, que soi-disant, le Parti Socialiste devait faire un certain inventaire qui finalement, il ne l'a jamais fait au passage. Et donc, c'est là où en fait, je suis un peu plus inquiète parce que je me dis à un moment, il va falloir qu'on arrête de considérer qu'on a des partenaires de gauche qui se font élire à chaque fois sur un programme qui ne respectent pas le lendemain de l'élection et en profitent toujours pour faire avancer des carrières.

Et c'est là où en général, voilà, ça crée de la rupture, ça crée de la distance vis-à-vis justement de personnes qui ne votent plus, tombent dans le dégoût des politiques, ça ne devrait pas être ça. Et donc, là où je leur en veux particulièrement en réalité, c'est de tomber dans cette diabolisation et d'éviter finalement les vrais discours de fond.

Et je dis à Raphaël Guxman, à un moment, qu'il arrête avec ses notes, montrez ce que vous voulez faire, montrez qu'en réalité, vous voulez faire travailler les gens plus longtemps, dites que vous ne voulez pas augmenter les salaires, dites que vous allez continuer à accompagner le capital, dites que vous n'êtes pas pour une écologie de rupture parce qu'à un moment, il va falloir que ça s'arrête. La planète ne peut plus supporter ce capitalisme qui organise à chaque fois le grand déménagement du monde. Il n'y a pas justement ces débats-là et c'est ça que je reproche à côté finalement.

Guxman n'est pas le candidat du peuple, il est le candidat médiatique, il est le candidat de ceux que ça arrange bien d'être dans cette France à Macron qui finalement à chaque fois, voilà, comment dire, prospère finalement sur la misère des autres. Et c'est ça que je regrette, c'est que certains aient une surexposition tandis que d'autres doivent toujours subir une diabolisation. Qu'on parle du fond et on verra et ça rigolera moins en face.

24:38
Présentateur

Merci Julie Garnier, merci Mathieu Slama d'avoir été avec nous sur ce plateau ce soir.