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interviewfranceinfo (sur YouTube)· 18 décembre 2025 9 min

Cyrielle Chatelain, députée Écologiste et Social, était l'invitée de la matinale de franceinfo

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Bonjour Cyriel Châelin. Bonjour. Malgré l'accélération de la génération généralisation de la vaccination dans le sud-ouest, la colère des agriculteurs ne faiblit pas.

Or, la ministre de l'agriculture Annie Jeunevar l'affirme il n'y a plus de foyers infectieux à ce stade. Est-ce que sur le sujet de l'épidémie de dermatose et bien il y a pas une part d'irrationalité ? Non, je le crois pas.

Euh bien sûr qu'il y a une part émotionnelle très forte, mais parce qu'on a euh des agriculteurs, des éleveurs qui ont vu euh leur cheptel, c'est-à-dire l'engagement de toute une vie euh abattu. Euh et je pense qu'il y a eu une incompréhension queil y a je sais pas s'il y avait de la la confiance, mais en tout cas, c'est sûr qu'aujourd'hui il n'y en a plus entre les agriculteurs et le gouvernement et que ça et que oui, c'est normal qu'il y ait de la colère en fait. Mais certains agriculteurs s'opposent au protocole mis en place par les autorités pour lutter contre cette épidémie.

Je le rappelle hein, c'est un abattage du troupeau dès lors qu'une bête est malade. Est-ce que vous partagez vous ce consensus scientifique ? Alors moi un de ce que j'ai compris c'est que effectivement il y a un protocole qui a été mis en place avec des scientifiques mais que il y a aujourd'hui quand même encore débat sur ce sujet de l'abattage global.

C'està dire que par exemple, on a un rapport de l'ANESS en 2017 qui dit que la meilleure que la meilleure solution pour contrôler la progression de l'épidémie, c'est la vaccination dans les zones où il y a effectivement l'épidémie. Donc on pourrait C'est pas exactement ce que disent aujourd'hui les autorités sanitaires. Le protocole, il a été éprouvé pendant l'été en savoir ça a marché.

Oui, mais justement par exemple depuis vous la dermatose nodulaire contagieuse, elle est arrivée cet été en savoir s'il y avait eu une vaccination plus anticipée, et bien aujourd'hui nous ne serions pas avec 113 foyers qui sont développés. Et juste le Saf que sauf que cette vaccination généralisée, ça veut dire pas d'exportation possible. Donc c'est un sacré coût économique pour les agriculteurs.

Mais on aurait pu alors un j'aiécouté votre antenne et je vois par exemple que la Suisse vaccine de manière préventive les régions qui sont les départements enfin c'est pas les départements chez eux les territoires qui sont frontaliers des territoires français concernés. Donc on voit bien qu'une vaccination préventive peut l'être. Deuxièmement, j'ai bien parlé des zones où il y a l'épidémie.

Donc on n'est pas sur une vaccination sur toute la France mais sur les territoires, les départements où sont l'épidémie. Et ce que je veux presser, c'est que il y a pas de contestation de la nécessité d'abattage. La question c'est l'abattage total.

C'est-à-dire qu'on pourrait avoir un abattage ciblé sur les bêtes malade avec de la quarantaine, de lacination et aussi de la en fait il faut tuer les insectes. C'est-à-dire que c'est une maladie qui se propage par l'insecticide. Donc en plus de l'abattage, il faut désintec, j'arriverai pas à le dire, je suis désolée, c'est le matin, désinsectiser.

C'est aussi un des éléments de prévention qui est important. Donc il y a vraiment la combinaison abattachvelé, vaccination et en fait supprimer les vecteurs. Donc vous êtes d'accord avec Jean-Luc Mélenchon quand il dénonce un abattage systématique des troupeaux absurdes ?

Ben aujourd'hui, il y a toute une partie et du monde agricole et du monde politique mais aussi certains scientifiques qui le contestent. Après effectivement, c'est pas le consensus génoritaire. Effectivement, c'est pas le consensus majoritaire.

Je constate qu'aujourd'hui ça a créé un émoi extrêmement fort d'un point sur le secteur agricole et qu'il y a d'autres manières de faire puisque d'autres pays font autrement. Les agriculteurs redoutent aussi la ratification du mercure qui est prévu samedi au Brésil. Emmanuel Macron a demandé un report de la signature de ce traité de libre échange entre l'Union européenne et certains pays d'Amérique du Sud.

L'Italie est venue en renfort de la France. Est-ce qu'il faut reporter ce vote ? Oui, il faut absolument en fait il a la position de la du parlement français en tout cas est claire, c'est nous sommes en désaccord avec la signature du mercure.

Ils ne font donc pas le ratifier et tout ce qui peut permettre de gagner du temps pour empêcher sa ratification est une bonne chose. Sauf que à ce stade, Emmanuel Macron n'a toujours pas réuni la minorité de blocage pour éviter la ratification de se traité. Je rappelle hein, au moins quatre pays membres, 35 % de la population européenne, ça semble un petit peu peine perdu pour empêcher ce traité, d'autant que l'Allemagne et l'Espagne veulent au contraire accélérer le processus.

Euh déjà, en fait, se battre pour la position de la France, c'est indispensable. Deuxièmement, qu'Emmanuel Macron est perdu du point en l'Europe, c'est incontestable, c'est indéiable et je le regrette fortement, mais c'est l'effet de sa politique et de son inconsistance. Mais sur le Mercossure, juste on parle par exemple de 180 millions de tonnes 180000 pardon 1800 tonnes de volaill qui seront importés en France.

Donc c'est 1,4 % de la qui seront importé dans l'Union européenne, c'est 1,4 % de la production de l'Union européenne. En fait, on peut pas accepter qu'il y ait des de la viande produite de manière moins disante qui arrive dans l'Union européenne. 1,4 % au niveau de l'Union européenne, c'est important.

Les agriculteurs euh regardent aussi avec beaucoup d'inquiétude la nouvelle pâque, hein, qui est euh en concertation en ce moment. Il redoutent une Pâque plus verte, plus contraignante et moins rentable pour eux. Et bien, ils ont raison d'être inquiets.

Aujourd'hui, dans les négociations du futur budget de l'Union européenne, il y aurait une division très forte de la Pâqu. Euh et donc nous on a en tant qu'écologiste, on a deux inquiétudes. Le premier c'est la réduction effectivement des crédits et la 2è c'est quand même la question de son orientation parce que par contre je ne crois pas que ça va davantage aider les agriculteurs qui ont des pratiques vertueuses, l'agroécologie euh ou euh ceux qui en ont le plus besoin qui ont les fermes les plus les plus extensives.

C'est-à-dire les moins intensives. On concentre le moins les animaux où on fait le moins de de production en culture. Il y a aussi cette nouvelle taxe carbone européenne qui va rentrer en vigueur au 1er janvier qui va entraîner l'augmentation du prix des engrais.

Ça aussi ça inquiète beaucoup les agriculteurs. Alors après la question des engrais on le dit depuis longtemps des engrais ou des pesticides. C'estàd que l'un des l'un des sujets par exemple qu'on a eu l'inflation le prix des anglais a très fortement augmenté ce qui a on a vu mis les agriculteurs dans une situation très difficile.

Je pense que la question c'est l'accompagnement pour justement sortir d'une dépendance à un trop fort taux d'engrais. Et donc là, on revient sur l'orientation de la Pâque. On a besoin d'une Pâque entière et on a besoin d'une PAC qui accompagne les agriculteurs dans des pratiques d'agroécologie.

Un mot aussi de ce qui se passe en France. Mardi, l'Assemblée nationale a adopté définitivement le projet de loi de finance de la sécurité sociale 15 voix près. Est-ce que vous assumez de vous être absten parce que les insoumis digèrent toujours pas ?

Alors oui, bien sûr. J'assume mon vote, je m'en suis expliqué. Nous nous sommes abstenus sur le budget de la sécurité sociale parce que nous avons obtenu euh une hausse global de plus de 8 milliards d'euros pour l'hôpital et les soins de ville.

Et dans cette hausse de 8 milliards, il y en a 4 milliards qui ont été obtenus par le travail au Parlement. Et donc aujourd'hui, si ces moyens-là ne sont pas suffisants face aux besoins, ils assurent un minimum vital qu'on doit garantir, c'est-à-dire à peu près euh de faire en sorte que les soignants n'aient pas à faire le même travail avec moins d'argent, c'est-à-dire à peu près les moyens constants. J'ai conscient que vu la situation, c'est pas suffisant, mais au moins ce ces moyens là de sécurité, il fallait le rassurer.

Donc vous êtes absten pour la CQ. Est-ce que vous allez vous abstenir pour le budget ? Tout va se jouer.

Donc c'est le budget d'État. Tout va se jouer vendredi lors de la commission mixe paritaire. Se députés, sep sénateurs pour tenter de trouver un compromis.

Est-ce que les parlementaires doivent se mettre d'accord à tout prix ? Alors, absolument pas. Et le groupe écologiste et social votera contre ce budget.

Là, on est dans une situation absolument différente. Le budget de la sécurité sociale, c'est dédié aux moyens de l'hôpital et de la santé. Là, le budget c'est sur toutes les politiques.

On a un budget qui ne revient pas sur la question de la justice fiscale et qui entérine des coupes majeures dans la question de l'écologie, que ça soit sur le chèque le chèque énergie, sur le fond vert, sur l'ADEM, sur MA prime rénovinion par l'activité économique, que ça soit sur toutes les activités associatives comme l'aide alimentaire, en fait c'est insupportable. Nous refusons de décider finalement quel secteur sera sacrifié. Les les socialistes, ils disent "On veut 10 milliards de recettes en plus, 10 milliards d'économies en moins." Vous vous avez des choses quand même à mettre sur la table en disant si c'est ça, ça va marcher.

Non, la version de l'assemblée n'est pas acceptable. La version du Sénat est pire. Donc si vous essayez de trouver un compromis entre un mauvais texte, un très mauvais texte, et ben globalement il ne peut pas être bon.

Et je vous le dis, il n'y aura pas 10 milliards de recettes en plus. Et si les 10 milliards oui de recettes en plus et les 10 milliards de dépenses, c'est pour choisir de déshabiller un secteur pour l'autre, ce n'est pas acceptable. Donc ça veut dire loi spéciale, ça veut dire recommencer exactement la même chose début janvier.

Oui, effectivement, ça veut dire que les débats reprendront en janvier sur la question du budget mais nous refuserons un budget austéritaire. Merci beaucoup Cy Chatelin.

Cyrielle Chatelain, députée Écologiste et Social, était l'invitée de la matinale de franceinfo — Cyrielle Chatelain · Pourquijevote