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interviewLCP (sur YouTube)· 18 avril 2026 13 min

Olivia Grégoire, pour une éducation obligatoire à l'alimentation | Circo

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Bonjour et bienvenue dans "Circo". Rendre l'éducation à l'alimentation obligatoire à l'école, c'est le combat d'Olivia Grégoire, députée dans la 12e circonscription de Paris. Elle a fait voter une proposition de loi en ce sens, ici à l'Assemblée, votée à l'unanimité.

Alors pourquoi apprendre à bien manger est-il fondamental ? Comment donner aux enfants le goût d'une alimentation bonne et équilibrée ? Marion Becker l'a suivie dans son combat.

Musique -Vous êtes en forme aujourd'hui ? On va réaliser du riz aux épices et des pancakes au chocolat. Mais il va falloir faire les deux recettes en simultané.

Il va falloir travailler en équipe, être cohérent, communiquer pour pouvoir vous partager les tâches. -Sarah Emtir est chef, spécialisée en pâtisserie saine et durable. Elle s'est engagée avec la Tablée des chefs.

L'association propose des ateliers d'éducation culinaire aux collégiens en réseau d'éducation prioritaire. -Tu fais des dés, des petits morceaux. Donc je vais te montrer un petit exemple.

Tu fais attention à tes doigts, d'accord ? Donc je veux des petits morceaux comme ça. Toi, on n'a pas besoin d'éplucher la carotte parce que la peau a beaucoup de nutriments intéressants.

Ce serait dommage de les enlever. En plus, c'est comestible. Donc tu vas émincer la carotte en petits dés comme l'oignon.

D'accord ? -Ces collégiens suivent dix ateliers pour apprendre à cuisiner des produits bruts, des fruits et légumes de saison bons pour leur santé. -Tu connais le curcuma comme épice ? -Oui. -C'est un puissant antioxydant, excellent pour la santé et il est aussi anti-inflammatoire.

Un petit peu plus. Allez, on est généreux. Parfait.

Donc tu le mets dedans. Une fois que c'est bien chaud, on va faire revenir le riz dedans. -Je n'ai pas l'habitude de cuisiner à la maison.

C'était une bonne opportunité pour moi parce que j'aime beaucoup cuisiner. Et je repars avec un truc à la maison pour le soir. Donc oui, c'est bien. -Bonjour !

Oh là là, ça sent bon. -C'est ce type d'initiative que la députée Olivia Grégoire veut généraliser. Rendre l'éducation à l'alimentation obligatoire de la maternelle au lycée, trois séances par an minimum aux primaires et un projet annuel conçu autour d'un parcours éducatif de santé au collège. -Bonjour chef, merci de m'accueillir. -Un plaisir. -Vous avez démarré il y a combien de temps ? -On a démarré il y a une petite heure et donc ça se passe bien. -On vous suit, vous nous montrez ? -Allez, venez. -Ca sent bon en tout cas. -Alors là, les filles sont en train de préparer des pancakes au chocolat avec des mangues pour topping au-dessus.

On va ensuite faire fondre le chocolat qui est un chocolat pur beurre de cacao au bain-marie. Et donc elles attendent que leur camarade là-bas... -Ait fini le curry végétarien. -Donner de nouveaux réflexes en cuisine à ces jeunes, c'est l'objectif de ces ateliers. -C'est très important car dans l'alimentation moderne, on est vraiment sur des produits qui sont ultra transformés.

La jeunesse aujourd'hui est attirée par tout ce qui est fast-food, produits ultra sucrés, gâteaux industriels. Je pense que c'est important de les éduquer pour aussi leur montrer qu'on peut, avec les fonds de placards, réaliser des plats sains et gourmands à la fois. -Si on est bon, si on est ludique comme ces acteurs associatifs savent l'être, on peut espérer dans les années qui viennent que l'enfant te dise : "Viens, regarde, ça c'est un fenouil.

Alors à l'école, on nous a appris une recette sur le fenouil." "Ah maman, tu ne veux pas que je te fasse la recette qu'on nous a appris à l'école ?!

Mais si l'école ne le fait pas et que les parents ne le font pas, on dit quoi à cette génération ? "Continuez comme ça, avec un peu de bol, dans dix ans, vous avez une chance d'être obèse" ? -L'obésité a doublé en 25 ans.

Elle a même été multipliée par quatre chez les 18-24 ans. Un enfant sur cinq est en surpoids. L'éducation à l'alimentation est devenue un enjeu majeur de santé publique face à cette épidémie silencieuse.

Le professeur Daniel Nizri, cancérologue et président du programme national Nutrition Santé, alerte depuis des années sur l'impact de la nourriture. -L'alimentation défavorable à la santé est responsable d'un nombre de pathologies très impressionnant. Par exemple, l'obésité qui elle-même initie ou favorise 18 pathologies différentes. 40 % des maladies chroniques sont évitables et une partie d'entre elles, pas toutes, sont en lien direct avec une alimentation défavorable.

Et donc, en changeant l'alimentation, on diminue l'impact de ces maladies chroniques. -Si on ne prend que le primaire, la proposition qui a été votée pose le principe d'une séance d'éducation à l'alimentation par trimestre de la première section de maternelle à l'entrée au collège. Si on compte, ça fait 24 séances, 24 piqûres tout au long de la scolarité sur un enfant entre ses trois ans et l'entrée en sixième, donc ça permet quand même, comme le disait le professeur Nizri, de planter quelques repères fondamentaux. -Ce que nous espérons, c'est que les actions telles que celles que conduit Mme Grégoire puissent être portées au plus haut niveau de l'Etat, dans le cadre d'une véritable stratégie sur l'éducation à l'alimentation, au bénéfice, pas de la santé des uns et des autres, mais du bien-être de tout le monde. -Moi, je crois que la prévention doit vraiment, et ça tombe bien, on a une échéance l'année prochaine, devenir non pas l'annexe du programme santé comme à chaque élection présidentielle, mais le coeur, voire le début de toute politique de santé.

Rires et conversations -Le combat d'Olivia Grégoire est né avec l'arrivée de sa fille, aujourd'hui âgée de quatre ans et demi. La députée est elle-même une habituée des marchés depuis son enfance. Elle y a toujours fait ses courses auprès de producteurs locaux. -Je vais vous prendre des belles carottes.

Ce n'est pas toujours à la mode, mais c'est extrêmement nutritif et très abordable. Vous avez les côtes de blettes qui sont d'actualité. Vous avez les navets.

Elle a des magnifiques navets qu'on appelle boutons d'or qu'on peut faire rôtir au miel. Ce sont des plats extrêmement accessibles. Vous avez les panais.

Vous avez toute la série des choux. C'est de façon ludique, qu'en tant que maman j'essaye d'apprendre, en jouant notamment à la marchande. Donc ma fille vient avec moi en général au marché une fois par semaine, et en l'occurrence c'est elle qui demande au primeur ce qu'on souhaite, ce qui lui permet de connaître visuellement et nommément le nom des fruits et des légumes, avant qu'on les goûte à la maison.

J'essaye de poursuivre l'éducation alimentaire que j'ai reçue lorsque j'étais moi-même petite par ma grand-mère. Ca va ? Tu pars au boulot ?

Comme quoi on peut et être papa et faire ses courses et travailler. -Oui ! -C'est important, justement, l'éducation alimentaire, ce que défend Olivia Grégoire ? -Très, très, oui, bien sûr.

Ca commence dès le plus jeune âge. Je trouve que c'est plutôt dans le bon sens à l'école, donc il faut qu'on continue à la maison. -Vous soutenez ce type de mesures ?

Vous venez aussi au marché des fois avec vos enfants ? -Complètement. Vous voyez, le matin, avant d'aller bosser, j'essaye d'y passer.

Et ce n'est pas plus cher que dans les supermarchés, je trouve. Et la qualité est meilleure. -A chaque étale, la députée a ses astuces pour manger sainement et à petit prix.

Des bons plans hérités de sa grand-mère. -Ca, c'est le meilleur ami de votre santé et de votre portefeuille. Nous, on fait ce qu'on appelle un patouillis, on prend des sardines, on les fait griller, on y met du beurre ou de la pâte à tartiner au choix.

On mélange de la ciboulette, un peu d'échalote et on met ça sur des tartines le soir avec une petite pomme en dessert. Ca fait un dîner. Il n'y a rien de plus abordable que les sardines.

C'est un endroit où on peut faire des affaires à petit prix et continuer à bien manger versus des produits très transformés qui augmentent beaucoup et dont les fluctuations du prix de l'énergie font que structurellement, ces produits vont rester chers. -Donc un petit radis, cette partie-là, la partie rose, c'est bien la racine...

Elle est sous ? Elle est sous la ? -TERRE. -Elle est sous la terre.

Dans le radis, on peut tout manger. -Découvrir les légumes dès le plus jeune âge, c'est le credo de l'école comestible. Depuis 2019, l'association propose des parcours pédagogiques en milieu scolaire. -Quand on mange des légumes, on peut manger des racines, des tiges, des feuilles, des fleurs et aussi des fruits.

Pourquoi il n'y a pas de tomates aujourd'hui ? -C'est en été. -Exactement, parce que c'est en été. -C'est l'une des initiatives qui a inspiré la proposition de loi d'Olivia Grégoire.

Ce matin, Mélanie fait goûter des légumes de saison à cette classe de CE2. -C'est comme dans... -Est-ce que tu veux goûter le chou rave ? -Oui. -Allez, prends un petit bout.

Prends pas celui-ci, parce que là, il y a le...

Oui, bien sûr, tu peux. Je l'ai coupé pour vous. Alors ? -C'est trop bon. -C'était trop bon ?

Vous l'aimez aussi ? Il est croquant, hein ? Si c'est piquant, on va juste utiliser des tout petits morceaux, d'accord ? -Moi, j'ai préféré les radis. -Moi aussi, j'ai préféré les radis. -C'est trop bon. -Parce que j'adore les radis. -Cet atelier repose sur l'association ainsi que sur l'engagement de l'enseignante et du directeur de l'école.

Tous voient d'un bon oeil la généralisation de l'éducation à l'alimentation. -A l'école comestible, on fait des parcours dans les classes, donc on ne vient pas qu'une fois. Une seule fois n'est pas suffisant.

On doit venir minimum quatre fois, et au-delà, ça serait encore plus intéressant. Donc oui, on aimerait que ce soit quelque chose qui soit pérenne et qui soit systématisé et que ce ne soit pas qu'à nous, association, d'aller à la rencontre des élèves et que ça soit vraiment inscrit et mis en oeuvre dans les parcours scolaires. -J'y suis extrêmement favorable.

C'est le genre d'atelier qu'on aimerait faire soi-même, mais qu'il est compliqué de mettre en place parce que tout seul dans sa classe c'est compliqué. Il faut évidemment acheter les produits, c'est pas évident, ça coûte cher. Si on pouvait bénéficier de ce genre d'atelier dans toutes les écoles, ce serait extrêmement enrichissant pour nos élèves.

C'est évident. -C'est trop bon ! -Elles sont délicieuses, merci ! -Moi j'ai trouvé que c'était bon parce qu'on a travaillé en équipe et c'était bien. -J'ai vu plusieurs sortes de radis. -Moi j'ai trouvé que c'était trop bon mais il y en a que c'était amer. -Si la proposition de loi sur l'éducation à l'alimentation a fait l'unanimité à l'Assemblée, la députée Olivia Grégoire doit encore convaincre pour que ces ateliers se pérennisent au-delà de l'expérimentation adoptée.

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