François Bayrou souhaite "un ensemble démocrate et républicain" qui "devrait gouverner ensemble"
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Questions et réponses
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- 0:45OuverteRéponse partielle
Dites-vous que la France et les Français y voient plus clair qu'il y a un mois ?
- 1:37RelanceRéponse directe
Vous êtes en train de nous dire que la gauche n'est pas forcément en tête au palais Bourbon ?
- 2:51FerméeRéponse directe
Le paysage n'est pas clarifié ce matin ?
- 3:49OuverteRéponse partielle
Vous esquissez un paysage d'une France ingouvernable ?
- 4:50RelanceÉludée
On ne sait pas qui est premier ou deuxième, selon vous. Or, quand on prend les chiffres de 2022, votre camp perd 94 députés.
- 6:09OuverteRéponse partielle
Il n'y a rien dans le programme du nouveau Front populaire qui pourrait vous séduire ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:08Invité politiqueFait
« Pour l'instant, on distribue des chiffres que les États-majors alimentent sûrement d'une manière ou d'une autre. »
- 2:00Invité politiqueFait
« C'est est-ce que les Français voulaient que le Rassemblement national ait la majorité absolue ? »
- 2:05Invité politiqueFait
« Ils disaient, pour gouverner, il nous faut la majorité absolue. »
- 4:27Invité politiqueFait
« On ne peut pas dissoudre l'Assemblée nationale avant le 8 juillet 2025. »
- 4:58PrésentateurChiffre
« Quand on prend les chiffres de 2022, votre camp perd 94 députés. »
- 5:40Invité politiqueFait
« son programme, sa manière de voir les choses, ses idées, sont incompatibles avec le réel, avec la vie telle que nous la voulons. »
- 5:58Invité politiqueFait
« la levée de toutes les décisions qui ont été prises pour aller à l'encontre de la délinquance »
- 6:03Invité politiqueFait
« la levée de toutes les précautions qui ont été prises pour que l'immigration soit régulée. »
- 6:57PrésentateurChiffre
« Ça fait des années, ça fait combien ? 20 ans, 30 ans que vous la réclamez, la proportionnelle intégrale ? »
- 12:03Invité politiqueFait
« La réforme des retraites est indispensable et probablement devra être un jour remise sur la table. »
- 15:14AuditeurFait
« depuis au moins 20 ans, un des facteurs de réussite du RN, c'est d'avoir réussi à convaincre son électorat d'être le seul à le comprendre et à l'entendre. »
- 17:42Invité politiqueFait
« est-ce que vous voulez que le Rassemblement national ait la majorité absolue ? »
- 20:50InvitéFait
« nous savons que tout le monde a été au rendez-vous du Front républicain »
Temps de parole
- François Bayrou76 %
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- Présentateur 26 %
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France Inter, Nicolas Demorand, édition spéciale. Et avec Yael Gauze, nous recevons ce matin le président du Modem, maire de Pau, haut-commissaire au plan. Vos questions au 01 45 24 7000 et sur l'application France Inter, je les espère, nombreuses évidemment. François Bayrou, bonjour. Bonjour. Et bienvenue sur France Inter. Il y a un mois, le 9 juin, à 20h55, le président de la République prenait la décision de dissoudre l'Assemblée nationale à la surprise générale. Il voulait revenir au peuple pour obtenir une clarification du paysage politique français.
Au lendemain du second tour des législatives, avec trois blocs qui dominent désormais le palais Bourbon, dites-vous ce matin que la France et les Français y voient plus clair qu'il y a un vainqueur ce matin et qu'il s'appelle la gauche.
Non. D'abord parce qu'on ne connaît même pas les chiffres. Pour l'instant, on distribue des chiffres que les États-majors alimentent sûrement d'une manière ou d'une autre. Mais il y a, disons, deux des trois blocs qui sont arrivés devant, c'est-à-dire la gauche et ensemble, avec quelques sièges d'écart. Mais il reste des dizaines de sièges qui, pour l'instant, ne sont pas affectés.
Vous êtes en train de nous dire que la gauche, ce matin, n'est pas forcément en tête au palais Bourbon ?
Je suis en train de dire que cette élection n'a pas livré numériquement son verdict. Elle a livré son verdict sur une question essentielle qui était la question posée dimanche ce soir du premier tour. C'est est-ce que les Français voulaient que le Rassemblement national ait la majorité absolue ? Et c'était d'ailleurs ce que les dirigeants du Rassemblement national demandaient. Ils disaient, pour gouverner, il nous faut la majorité absolue. Or, bien loin d'avoir la majorité absolue, en réalité, c'est à un écroulement qu'on a assisté entre les deux tours, parce que les Français ont répondu simplement, non, nous ne voulons pas que vous ayez la majorité absolue.
Ça ne veut pas dire d'ailleurs qu'il faudra oublier ce que ces électeurs ont dit au premier tour en particulier. Et est-ce qu'il y a des possibilités d'entendre et de trouver des chemins nouveaux pour qu'ils soient certains que, comme citoyens français, on les entend, on a entendu leurs difficultés et leurs angoisses. Mais il n'a pas rendu son verdict pour la répartition des forces. Qu'est-ce qu'il peut gouverner ?
Donc le paysage n'est pas clarifié ce matin ?
Le paysage n'est pas encore clarifié. On espère qu'on va faire des pas et des progrès. Mais ajoutons une chose, même si ces responsables ne le disent pas. Le Front populaire, le nouveau Front populaire, l'Union de la gauche, a des attitudes et des choix politiques qui sont incompatibles entre eux. Quand M. Glucksmann, hier soir on était sur le même plateau, s'exprime, il dit à peu près le contraire de ce que Jean-Luc Mélenchon dit. Et les répartitions des forces entre eux, ils ont signé un programme. Mais ce programme est incompatible avec ce que un très grand nombre de Français pensent de l'avenir de la France. Ce programme est incompatible avec l'Union Européenne.
On vient d'entendre à l'instant que c'est une dimension de notre avenir.
Vous esquissez un paysage d'une France ingouvernable ?
Je ne crois pas qu'elle soit ingouvernable. Je pense que les chemins existent.
Aucun des tiers n'est capable... Je pense que les chemins existent. Si aucun des tiers de la tripartition n'est capable de parler ou de faire un mouvement, il est où le chemin ?
Le chemin, je le crois, peut se trouver. Je n'ai pas dit qu'il était certain de se trouver. Je pense que c'est extrêmement difficile. Mais je sais avec certitude que ces blocages-là devront être levés parce qu'il y a une disposition constitutionnelle, c'est qu'on ne peut pas dissoudre l'Assemblée nationale avant le 8 juillet 2025. Ce qui veut dire que, ou bien on est irresponsable, et à ce moment-là, chacun dit, c'est mon programme qui va s'imposer, c'est nous qui avons gagné avec des batailles de chiffres, ou bien on dit, il va falloir qu'on réfléchisse et qu'on fasse des pas les uns vers les autres.
François Bayrou, on a quand même un petit problème ce matin au réveil, c'est qu'on ne sait pas qui est premier ou deuxième, selon vous. Or, quand on prend les chiffres de 2022, votre camp perd 94 députés. La gauche en gagne 28, le reine en gagne 55. Ce n'est pas votre défaite ? Moins 94.
Si vous voulez qu'on se jette des chiffres à la clé...
Non, mais il faut au moins savoir qui est devant et qui est derrière ce matin.
Eh bien, nous verrons. Donnons-nous trois jours pour savoir qui, en effet, rassemble le plus de sièges de parlementaires. On verra. Mais si le rassemblement national était arrivé en tête avec 15 sièges d'avance, le président de la République, naturellement, aurait réfléchi à la proposition qu'il fait, mais aucun d'entre nous n'aurait songé à gouverner avec lui, parce que son programme, sa manière de voir les choses, ses idées, sont incompatibles avec le réel, avec la vie telle que nous la voulons.
Et donc, je ne sais pas, moi, la levée de toutes les décisions qui ont été prises pour aller à l'encontre de la délinquance, la levée de toutes les précautions qui ont été prises pour que l'immigration soit régulée.
Il n'y a rien dans le programme du nouveau Front populaire qui pourrait vous séduire.
Je n'aime pas avoir des propos définitifs comme ça. Les riens et les tous ne ressemblent pas à ce que je veux.
On entend les lignes rouges, mais est-ce qu'il y a des espaces de rencontres ? Si oui, sur quel type de sujet ?
Pour l'instant, ces signes de rencontres n'ont pas été avancés. Ça va venir. Moi, je crois que personne ne va en rester ou ne va accepter de rester dans ce blocage qui, pour l'instant, est en effet décidé par la répartition en trois. Permettez-moi de dire, au passage, que si j'avais réussi à persuader autour de l'idée d'une loi électorale proportionnelle...
Qu'est-ce que ça aurait changé ? Je n'en serais pas là. Ça fait des années, ça fait combien ? 20 ans, 30 ans que vous la réclamez, la proportionnelle intégrale ?
Et vous verrez dans les faits que, probablement, c'est ce que nous proposions qui était le bon chemin.
Qu'est-ce que ça aurait changé ?
Ça aurait changé qu'on n'aurait pas eu des alliances de la carpe et du lapin. Se mettent ensemble, à cause du scrutin majoritaire, des forces politiques et des gens qui n'ont rien en commun. Je citais M. Glucksmann. Il a fait toute la campagne des Européennes en disant, avec moi, Mélenchon, jamais. Et puis, vous voyez la situation aujourd'hui, et réciproquement. Et donc, dans un scrutin proportionnel, ou avec une loi électorale proportionnelle, chacun se présente sous ses propres couleurs, et il n'y a pas d'alliance contre nature. C'est une alliance contre nature, le Front Républicain ? Ah oui, je pense que LFI est sur des positions radicalement différentes de ses alliés.
Le Front Populaire ou Front Républicain ? On parle du Front Populaire, là ? Oui, Front Populaire. Oui. C'est l'alliance contre nature.
Ben oui, je pense que les prises de position qui sont celles de LFI, on a encore vu Jean-Luc Mélenchon hier soir, sont... Et tout le monde le sait. Alors, on fait semblant de ne pas le savoir. Ceux qui sont autour de la table et qui ont signé ces accords font semblant de ne pas le savoir. Mais tout le monde sait parmi eux aussi qu'il y a de l'incompatible entre les prises des positions des deux, que les positions des uns conduisent inéluctablement à une crise européenne, et que les autres voudraient au contraire un chemin de construction européenne.
Bon, alors il faut faire quoi dans les jours qui viennent, François Bayrou ? Se mettre autour d'une table ?
D'abord, il faut vérifier les chiffres. C'est-à-dire, qui est capable de constituer un ensemble ? Je rappelle qu'au premier tour, nous avions décidé de ne pas présenter de candidats contre 70, 75 peut-être, candidats de force politique compatibles avec ce que nous étions, ou que nous estimions compatibles, et que nous pensions nécessaires de protéger. On n'a pas encore parlé avec cela. De la même manière, il y a ce que, je prends un exemple, ce que le ministère de l'Intérieur appelle divers centres. Divers centres, c'est évidemment plus près de nous que de qui que ce soit d'autre. Et ils sont nombreux.
Quand vous additionnez toutes ces forces-là, vous arrivez à un total supérieur à la gauche. C'est ce que vous n'êtes pas là.
Je pense que c'est possible, mais je n'en fais pas un cocorico. Je pense qu'on verra dans les jours qui viennent, quel est le rapport des forces en siège parlementaire. Les gens qui acceptent de se rapprocher pour constituer le socle de ce que pourraient être les années qui viennent.
On saura quand. Il faut attendre le 18 juillet que l'Assemblée se réunisse pour la première fois.
On ne sera pas fixé avant le 18 juillet. J'espère qu'on aura progressé d'ici cette date. Pour moi, ça ne s'arrête pas là. Il ne s'agit plus d'imposer la vision d'un bloc aux autres blocs. On résonne encore comme si on était dans la période antérieure, où vous avez des vainqueurs qui disent « Nous, on a gagné et donc les autres doivent ». Or, ce n'est plus comme ça que ça se passe. On est entré dans un temps de pluralisme dans lequel les Français ont imposé, contre leurs dirigeants très souvent, qu'on sorte du gouvernement des uns contre les autres pour entrer dans le gouvernement des uns avec les autres autant que possible.
Avec qui autour de la table ? Une fois que tout le monde se sera compté, vous pouvez imaginer qui autour de la table, François Bayrou. Qu'on puisse se faire une image...
C'est très simple. Vous excluez les extrêmes à l'extrême gauche et à l'extrême droite. Et vous avez là un ensemble démocrate et républicain qui, selon moi, devraient se parler, se reconnaître, s'accepter et un jour prochain, gouverner ensemble.
De Marine Tondelier à Laurent Wauquiez, si on vous suit. Oui, oui. Mais ces deux personnalités-là, par exemple, ne partagent rien sur l'écologie, par exemple.
Oui, mais on voit après s'il est possible de rapprocher les points de vue. S'il y a de l'impossible, on aura, ce qui est détestable, un gouvernement minoritaire. Mais ce gouvernement minoritaire, avec les armes institutionnelles limitées par le fait qu'on ne peut pas dissoudre l'Assemblée nationale.
Revenir sur la réforme des retraites, c'est une ligne rouge, selon vous ?
Alors, la réforme des retraites est indispensable et probablement devra être un jour remise sur la table. L'idée qu'on puisse rayer la réforme des retraites pour revenir au statut co-hanté, à ce que c'était avant, ça je crois que c'est impossible pour qui que ce soit. L'amender, c'est possible ? Tout est envisageable, à condition qu'on se reconnaisse entre partenaires d'un futur rassemblement pour gouverner la France. Donc ça c'est ouvert, le subitamiste ? Non, attendez, excusez-moi. Ça ne vous aura pas échappé. Je ne suis pas président de la République. J'aurais pu, mais bon, je ne suis pas président de la République.
Je ne suis pas Premier ministre, donc je ne suis pas en train de vous donner un programme. Je vous dis que pour moi, vous savez bien l'insatisfaction que j'ai manifestée sur la réforme des retraites. J'ai pensé qu'on aurait pu faire autrement et différemment. Donc si vous me demandez à moi, est-ce qu'il y a une réflexion possible, à moi en tant que responsable politique et m'exprimant à titre personnel ? Oui, je pense qu'on peut réfléchir à ça.
Et sur le SMIC, 1600 euros net, c'est possible ? Non, non.
Les entreprises sont en situation d'inquiétude profonde parce qu'un grand nombre d'entre elles dit, un boulanger avec qui je parlais, un maçon, ils disent mais comment on peut supporter toutes ces charges supplémentaires ? On a déjà du mal à gagner notre vie dans cet ensemble.
Et du coup, il y a quoi à négocier ?
Non, je pense qu'il n'y a pas... On fait la liste des choses une à une, et on biffe. Vous vous trompez. Parce que vous pensez qu'on est en situation de négociation. Aujourd'hui, on n'y est pas.
Vous allez l'être prochainement, une fois que vous serez compté.
Une fois qu'on aura le décompte réel et les rapports de force à l'intérieur de chaque camp, ce qui est évidemment très important, ce jour-là, la première étape, c'est accepter l'idée qu'on puisse être partenaire. Qu'au-delà de ces camps, de ces agacements, ou de ces obsessions, ou de ces idées qu'on croit différentes, au-delà de cela, il y a l'idée qu'on devra faire des choses ensemble. Si des responsables politiques... Et il y en a beaucoup. Et quand je dis qu'il y en a beaucoup, j'affirme, j'atteste qu'un grand nombre d'entre eux disent qu'il faudra bien qu'on fasse quelque chose ensemble.
Et donc, ce jour-là, on commencera à dire aux Français, peut-être on peut s'engager dans un chemin qui ne sera pas le chemin de l'affrontement et du désordre.
On passe au standard d'Inter. Bonjour Bastien.
Bonjour, merci de prendre mon appel.
Je vous en prie, soyez le bienvenu.
Bonjour, M. Béroud. Il me semble que ma question s'inscrit en écho au début de votre analyse. Je crois que depuis au moins 20 ans, un des facteurs de réussite du RN, c'est d'avoir réussi à convaincre son électorat d'être le seul à le comprendre et à l'entendre. Et que, voilà, ils sont oubliés par l'ensemble des gouvernements successifs. Ma question est assez simple. Comment, par quelle mesure, par quelle posture peut-être aussi, montrer à l'issue de ces deux tours électoraux, montrer à cet électorat qu'il a été entendu ? Et qu'il n'est plus, que le RN n'est plus le seul parti à l'entendre et à le prendre en considération. Merci.
Merci à vous, Bastien, pour cette question. François Bayrou vous répond.
Je crois que la réponse est dans la question que vous avez posée. Vous avez dit quelque chose de très important et que je crois très vrai. La réponse n'est pas tant dans des mesures que dans une posture différente. Il y a très longtemps, vous le savez, j'ai refusé d'entrer au gouvernement au début de l'année. Précisément en m'appuyant sur ce constat. Ce qui me désespère depuis des années, c'est qu'il y a une rupture qui s'est révélée de plus en plus profonde entre la base de la société, ceux qui travaillent, ceux qui cherchent du travail, ceux qui sont à la retraite ou voudraient y être, et puis ceux qui sont présentés comme étant le sommet.
Je ne suis d'ailleurs pas sûr que le sommet soit très haut. Mais cette absence de compréhension et même de langues différentes. Quand le sommet s'exprime, il arrive très souvent que la base, devant son écran ou devant son ordinateur, ne comprenne pas ce qu'il dit. Le sommet vit dans un univers de chiffres et de concepts qui me paraît très éloigné de ce que vivent les gens dans les familles, ou dans la recherche, ou dans l'expérience de solitude qui est la leur.
Autre question sur l'application d'Inter. Marion, je suis effaré, M. Bayrou, pas un mot pour les électeurs de gauche qui ont voté pour votre parti. Vous êtes déconnecté. Quelle réponse faites-vous à Marion ?
Et réciproquement, les électeurs de notre courant politique qui ont voté pour la gauche, et parfois en étant franchement en désaccord avec. La question posée dans ce premier tour, c'était est-ce que vous voulez que le Rassemblement national ait la majorité absolue ? Puisque c'était ainsi que les leaders de ce mouvement et les Français, dans un vaste mouvement et avec des efforts, vous leur dites merci à ceux de gauche ? Bien sûr, je dis merci à tous les électeurs. Ça vous oblige mutuellement pour la suite ? Ça devrait nous obliger mutuellement à comprendre que ceux qui ne sont pas de votre bloc ont été cependant solidaires dans le refus de ce qu'ils estimaient être le pire.
Vous croyez que si ce vote avait été conditionné par le fait d'accepter le programme des autres, le résultat serait là ? Jamais. Jamais. Au contraire, c'est parce qu'on a dit « nous faisons un appel pour que tous ensemble nous évitions le pire ». C'est pour ça que les électeurs sont allés voter, et avec des efforts. Et ils l'ont dit très souvent « on est de gauche et on va voter pour vos candidats » ou réciproquement « vous nous faites voter pour LFI », ce qui était un effort, pas seulement un effort, un mouvement de rejet profond pour un certain nombre. Mais on avait déjà vécu ça dans l'histoire, on avait vécu ça en 2002, on avait vécu ça à chaque échéance.
Et donc, cet effort réciproque exige une attitude, pas seulement de respect, mais de compréhension mutuelle, pour qu'on puisse construire quelque chose qui sera viable pour l'avenir, parce qu'autrement on va se trouver dans une impasse qui va durer pendant des mois, et ce n'est pas ce que je souhaite.
François Bayrou, Marine Tondelier, la secrétaire nationale des écologistes, vient d'entrer dans ce studio. Bonjour ! Bonjour à vous ! Et bienvenue !
Et bonjour à toutes vos auditrices, à tous vos auditeurs qui se réveillent avec nous ce matin.
Et François Bayrou, est-ce que vous avez quelque chose à dire à Marine Tondelier ?
Si j'avais des choses à lui dire, et si elle avait des choses à me dire, probablement on se les dirait hors micro.
Est-ce que ce front républicain vous oblige mutuellement à jeter des ponts les uns vers les autres ?
Selon moi, oui. J'ai dit reconnaissance, respect et compréhension mutuelle. Votre auditrice avait raison, ça a été pour des millions d'électeurs. Ça a été un effort qu'ils n'auraient jamais imaginé consentir. L'idée qu'on va voter pour des gens dont le programme vous rebute.
Et vice-versa, M. Bayrou, et pas pour la première fois.
Mais je l'ai dit, il y a eu d'autres occasions, et c'est très important qu'on y pense. Ce qui devrait nous obliger à sortir du monde clos du mur dans lequel nous vivons. Marine Tondelier, vous êtes en mûrée.
Mais pour ça, il faut commencer par reconnaître les résultats, et ce n'est pas ce que j'ai entendu pendant 20 minutes. Donc je pense que le nouveau Front populaire doit faire preuve de beaucoup de modestie. Parce que nous savons, grâce à qui nous devons cette courte avance, nous savons que tout le monde a été au rendez-vous du Front républicain, mais nous savons aussi que ça n'a pas été instinctif et automatique chez tout le monde, que ça a pris du temps, et moi je respecte ça. Mais si nous devons faire preuve de modestie, vous ne pouvez pas non plus faire preuve de déni sur les résultats finis d'hier soir.
Et je vous ai observé pendant 20 minutes en train d'essayer de compter et de recompter des voix. Voilà, je pense qu'il faut quand même accepter le résultat d'hier soir.
François Bayrou.
Je ne savais pas que c'était un débat ce matin, mais il n'y a pas de problème.
Voulez-vous que nous prenions rendez-vous ?
Je vous avais écrit un courrier la semaine dernière pour vous le proposer, vous répondez quand vous voulez, et je serai là.
Oui, on va prendre rendez-vous. Quand nous aurons tous la photographie réelle de ce que l'Assemblée nationale sera. Ce n'est pas recompter, c'est voir qui peut se rassembler, qui peut se rapprocher de qui. Pas de soucis. Et ça, ça nous permettra d'avoir une vision plus claire de la situation dans laquelle chaque bloc, même celui qui sera arrivé en tête, et je ne sais pas encore lequel, sera minoritaire. Nous on sait quand même. Non, vous, vous pensez savoir.
Bon, allez, on ne va pas le refaire. Merci François Bayrou, en tout cas, l'invitation est lancée.
François Bayrou