Éric Zemmour s’offre une nouvelle polémique au Bataclan, avec Alain Bauer- C à Vous - 15/11/2021
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Analyse automatique
Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie
Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 20 %Attaque 60 %Défensif 20 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 8:37OuverteRéponse directe
Immigration, terrorisme, réalité et perception, l'insécurité. Selon le dernier baromètre fiducial Odoxa, sur la sécurité des Français, pour le Figaro, publié fin octobre, 54% des Français se sentent en insécurité, c'est beaucoup, c'est plus de la moitié, mais c'est tout de même 14% de moins qu'il y a un an. Est-ce que vous pensez, Alain Bauer, que les Français, dans leur majorité, ou en tout cas avec une plus forte minorité que jamais, ne se sentent pas en insécurité ?
- 9:05RelanceRéponse directe
Non, je crois que les Français se sentent en insécurité-ze, avec un S.
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:03PrésentateurFait
« je rappelle que l'Algérie était un département français et qu'une partie des événements d'Algérie, que d'autres appellent garde d'Algérie, je n'entrerai pas dans ce débat mémoriel parce que ce n'est pas le lieu »
- 3:51InvitéFait
« Le pouvoir était au courant du danger et il a préféré que des Français meurent plutôt que d'empêcher des migrants de venir en France. »
- 4:03InvitéFait
« François Hollande, qui ne l'ignorait pas, il ne savait pas évidemment quel migrant, quel terroriste serait, mais il savait qu'il y aurait des terroristes, n'a pas protégé les Français. »
- 4:15InvitéFait
« Et qu'il a pris une décision absolument criminelle. »
- 6:05PrésentateurFait
« Un bombardement allié mené par la France qui échoue, parce qu'à deux jours près l'histoire aurait peut-être, peut-être été différente. »
- 6:16PrésentateurFait
« Car la plupart des opérateurs du Bataclan ne sont pas des migrants, ce sont des citoyens français. »
- 6:55PrésentateurFait
« J'ai écrit un livre qui s'appelait « Les terroristes disent toujours ce qu'ils vont faire ». »
- 7:00PrésentateurFait
« Les terroristes disent toujours ce qu'ils vont faire. »
- 7:09PrésentateurFait
« la question des bombardements était tout à fait indifférente. Bon, c'est un petit bonus en plus, mais la question centrale c'était, la France était un ennemi principal, elle l'était depuis longtemps, elle l'était parce qu'elle était laïque, elle l'était parce qu'elle ne voulait pas se convertir à l'islam »
- 7:48PrésentateurFait
« C'est l'enlèvement en Algérie d'un guide français qui a été décapité par un groupe algérien, mais dirigé directement par l'État islamique, qui était un dernier avertissement à la France de ne pas s'occuper du conflit. »
- 8:40Invité politiqueChiffre
« Selon le dernier baromètre fiducial Odoxa, sur la sécurité des Français, pour le Figaro, publié fin octobre, 54% des Français se sentent en insécurité, c'est beaucoup, c'est plus de la moitié, mais c'est tout de même 14% de moins qu'il y a un an. »
Temps de parole
- Présentateur77 %
- Invité8 %
- Invité politique5 %
- Invité 24 %
- Invité 34 %
- Invité 43 %
≈ 1,9 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
La France a toujours été un pays d'immigration et pour ceux qui expliquent d'ailleurs qu'on ne se croit plus en France, je rappelle que l'Algérie était un département français et qu'une partie des événements d'Algérie, que d'autres appellent garde d'Algérie, je n'entrerai pas dans ce débat mémoriel parce que ce n'est pas le lieu, s'est fait sur l'indépendance ou pas de l'Algérie et qu'une partie des militants les plus opposés à l'immigration d'aujourd'hui étaient ceux qui voulaient justement que l'Algérie reste française avec la population, y compris ceux qui n'avaient pas la nationalité ou la citoyenneté à l'époque.
Donc il y a une grande hypocrisie et une grande confusion sur ces questions et le problème n'est pas exactement ce que disent les représentants de la droite ou de l'extrême droite ou les futurs éventuels potentiels candidats dont le nom commence par Z, mais c'est de savoir pourquoi ça intéresse autant de gens et pourquoi ils se sentent aussi concernés par ce débat, essentiellement d'ailleurs parce que personne n'a jamais eu le courage de répondre franchement à la question qui est que l'immigration permet la fécondité, la démographie, le travail et le développement économique, mais effectivement elle a un visage, une identité et un développement communautaire qui perturbe, choque et ennuie une partie des gens qui ont une vision en général plutôt postale, mais de la France.
Et tant que cette question ne sera pas traitée à bras le corps, on aura toujours cette situation et ceux qui gagnent dans cette affaire, c'est ceux qui tiennent le symbole. Et aujourd'hui ceux qui tiennent le symbole, c'est la France des églises contre celle des minarets. Et tant que cette question-là ne va pas être traitée une bonne fois pour toutes, nous serons toujours en retard d'un épisode sur la question de la réalité de ce qu'est l'immigration, de la réalité de ce qu'elle a apporté à la France, de la diversité qu'elle a permis, du développement économique. Et la même chose existe aux États-Unis.
En même temps que les États-Unis expliquent qu'ils vont faire des murs, etc., ils n'acceptent non pas 13 mais peut-être 20, 25 millions d'immigrés, plutôt latinos, plutôt afro-américains. Et en plus, ils sont en train de créer une bourgeoisie, une black-joisie, une latino-joisie qui vote plus Trump qu'elle ne l'a jamais fait, plus républicain, parce qu'elle-même se construit dans ce niveau d'intégration économique. Mais nous n'acceptons pas la complexité. Vous voyez, ce que je viens d'expliquer là, c'est un tunnel. C'est impossible à faire dans un débat politique.
Donc l'important, c'est la réalité plus que la perception. Absolument. Vous avez dit le contraire tout à l'heure. Non, non, non, j'ai dit... Ce qui est important, c'est la perception.
Oui, parce que pour les gens électeurs, mais si vous voulez gagner sur le terrain de la réalité, il faut combattre celui de la perception. Si vous ne le faites pas, ça ne marche pas. C'est la même chose pour les chiffres de l'insécurité, de la délinquance, de la criminalité. Tant qu'on ne va pas au fond des choses et qu'on les aborde franchement en expliquant « Oui, j'écoute ce que vous me dites, je comprends ce que vous me dites », la France, c'est le pays qui fonctionne selon le principe « Négation, minoration, éjection ». Quand vous avez un problème, on vous dit que ce n'est pas vrai, ensuite on vous dit que ce n'est pas grave, et ensuite on vous dit que ce n'est pas de votre faute.
À ce moment-là, vous allez chez le mec qui vous dit « C'est grave, c'est très important » et en plus, il est un peu basané avec les cheveux crépus. Même si on n'y croit pas, on commence par croire celui qui écoute ce que vous leur dites. Tant que vous nie le problème qui est exposé par un électeur, un citoyen, quelqu'un qui a peur, la peur, c'est un phénomène beaucoup moins irrationnel qu'on ne le pense. Elle ne se base pas sur rien. Elle se base sur une construction. Si on ne va pas répondre à cette construction, si on y va juste en disant « Vous êtes n'importe quoi, vous êtes débile, c'est la même chose sur le vaccin, c'est la même chose sur la pandémie ».
Et là, les candidats LR, ils répondent à la construction des électeurs ?
Je ne crois pas, mais ils ne parlent pas aux électeurs. Ils parlent à une petite partie de leur électorat qui va voter pour eux au mois de décembre. Ce qui va être intéressant, c'est la construction du débat final. Et effectivement, ils sont embêtés parce que Marine Le Pen d'un côté. Ils auront leur proposition sur la table. Ils auront leur proposition sur la table, mais ensuite, ils vont être obligés de les fusionner pour avoir les propositions du parti LR.
Qui pour la plupart sont irréalisables et inconstitutionnelles, mais on y reviendra une autre fois. C'est un autre débat. Le week-end a été marqué par la passe d'armes entre Éric Zemmour et François Hollande. L'ancien chef de l'État a été auditionné mercredi au procès des attentats du 13 novembre. Première attaque d'Éric Zemmour, vendredi soir à Bordeaux, répétée samedi soir alors qu'il se rendait devant le Bataclan pour y prendre la parole devant des journalistes. Le pouvoir était au courant du danger et il a préféré que des Français meurent plutôt que d'empêcher des migrants de venir en France.
François Hollande, qui ne l'ignorait pas, il ne savait pas évidemment quel migrant, quel terroriste serait, mais il savait qu'il y aurait des terroristes, n'a pas protégé les Français. Et qu'il a pris une décision absolument criminelle. C'est indigne parce que ça laisse penser que ceux qui ont dirigé la France sont des criminels. C'est indécent. Indécent par rapport aux victimes. Indécent le 13 novembre. Indécent d'être devant le Bataclan. Indécent de parler de guerre de civilisation devant le bâtiment lui-même. Prenant en cause finalement le langage même des terroristes. Aucun politique n'a jamais parlé le 13 novembre sur un des sites visés par les attentats.
Arthur Desnouveau, président de l'association des victimes Life for Paris, a qualifié sur Twitter Eric Zemmour de profanateur de sépulture. Vous comprenez l'indignation ?
Je comprends l'indignation des victimes. Un lieu de sépulture, un lieu de mémoire, un lieu de commémoration. C'est un lieu qui n'est pas un espace, sauf peut-être le jour de la commémoration, le lendemain matin, quand il y a besoin de retrouver l'esprit général, l'unité nationale, de penser les plaies. Mais effectivement c'est un mauvais lieu pour un débat de ce genre. Et je pense que c'est une vraie faute.
Ça c'est la forme, mais sur le fond. Dire que le pouvoir savait, c'est un mensonge comme le dit Manuel Valls ? C'est une fake news ?
Alors dire que le pouvoir savait n'est pas un mensonge. Car y compris dans l'audition de François Hollande et dans tous les ouvrages qu'on a indiqué, il est indiqué, et le juge Trévidique le premier, parce que c'est lui qui a eu la première information, que quelqu'un lui a dit qu'un groupe se préparait à commettre un attentat dans un lieu de spectacle. Imaginez le nombre de lieux de spectacle existant dans le pays. Donc ça c'est ce que les services de renseignement, le pouvoir, les pouvoirs d'ailleurs, ce n'est pas une période qui dure trois semaines, savaient. Après dire que c'était au Bataclan c'est faux, parce que personne ne le savait vraiment.
La menace était diffuse.
La menace était diffuse, mais elle était connue. D'ailleurs il y a eu une opération quelques jours avant qui rate les principaux opérateurs de cette attaque. Un bombardement allié mené par la France qui échoue, parce qu'à deux jours près l'histoire aurait peut-être, peut-être été différente. Ensuite, la deuxième chose, c'est sur la question des migrants. Car la plupart des opérateurs du Bataclan ne sont pas des migrants, ce sont des citoyens français. Certains n'habitant pas en France, certains venus de l'étranger.
Il y a quelques, entre guillemets, migrants en tant qu'un cas des gens infiltrés dans le flux des migrants, mais ils sont très loin d'être l'élément essentiel de cette opération terroriste. Donc la première partie n'est pas fausse, elle est incertaine. La deuxième partie est totalement inexacte.
La question aussi que pose le procès, c'est est-ce que la France a-t-elle été attaquée pour ce qu'elle représente ou en raison de ses interventions militaires en Irak et en Syrie contre l'organisation de l'État islamique ?
Moi j'ai une pratique assez simple, j'écoute toujours ce que les terroristes disent. Je suis toujours très étonné qu'on n'écoute jamais ce que les terroristes vous disent. Ils le disent, ils le chantent, ils l'écrivent. J'ai écrit un livre qui s'appelait « Les terroristes disent toujours ce qu'ils vont faire ». Les terroristes disent toujours ce qu'ils vont faire. Et donc les terroristes, Alain Nani et les autres, ont expliqué depuis le début, et ils l'ont expliqué dans Dabik juste après les attentats, que la question des bombardements était tout à fait indifférente.
Bon, c'est un petit bonus en plus, mais la question centrale c'était, la France était un ennemi principal, elle l'était depuis longtemps, elle l'était parce qu'elle était laïque, elle l'était parce qu'elle ne voulait pas se convertir à l'islam, et la question des bombardements était secondaire. Même si certains d'entre nous disent que les bombardements sont importants, ça n'est pas le sujet essentiel. Moi j'écoute ce que dit l'État islamique, je pense que ce sont les mieux placés pour dire pourquoi ils font les choses et les raisons pour lesquelles ils les font.
Ils se sont servis des bombardements pour fanatiser les troupes, notamment les opérationnels qui ont commis des attentats. C'est les éléments de langage qu'on a...
C'est vrai, mais l'élément essentiel c'est l'enlèvement du guide Gardel. C'est l'enlèvement en Algérie d'un guide français qui a été décapité par un groupe algérien, mais dirigé directement par l'État islamique, qui était un dernier avertissement à la France de ne pas s'occuper du conflit. Ça c'est une réalité et personne n'en parle, parce que c'est l'élément initial, c'est l'État islamique menace la France, alors ne vous occupez pas de ce qui se passe chez nous. Pour des raisons politiques diverses, la France assume sa responsabilité historique, mais la question des bombardements est totalement secondaire.
Ce n'est même pas une justification du point de vue de l'organe central de propagande de l'État islamique. Ils l'écrivent, ils l'écrivent, c'est pas simplement un discours, c'est la position officielle, les bombardements ne sont pas la réponse essentielle à la question. La réponse essentielle à la question c'est, tant que vous ne serez pas convertis, nous vous combattrons. Point.
Immigration, terrorisme, réalité et perception, l'insécurité. Selon le dernier baromètre fiducial Odoxa, sur la sécurité des Français, pour le Figaro, publié fin octobre, 54% des Français se sentent en insécurité, c'est beaucoup, c'est plus de la moitié, mais c'est tout de même 14% de moins qu'il y a un an. Est-ce que vous pensez, Alain Boer, que les Français, dans leur majorité, ou en tout cas avec une plus forte minorité que jamais, ne se sentent pas en insécurité ?
Non, je crois que les Français se sentent en insécurité-ze, avec un S. C'est toutes les insécurités qui leur posent problème. Ce n'est pas l'insécurité qui ne veut d'ailleurs rien dire en particulier. C'est l'insécurité sociale, l'insécurité environnementale, l'insécurité de la fin du monde et des fins de mois. Ce n'est pas l'un contre l'autre, c'est les deux. Cette panique générale sur comment je vais finir, comment je vais payer mon loyer, comment je vais payer mon gaz, mon électricité, mon essence, pourquoi je dois changer de voiture, c'est quoi tous ces trucs, ah bon, la maison, ce n'est pas bien, mais de quoi il se mêle ?
C'est cette profusion d'insécurité qui crée un état de sidération, de panique ou de réveillon. Et donc c'est ce problème-là, la réveillon des Gilets jaunes, qui n'est d'ailleurs pas finie, elle est latente, elle est mi-tonne à petit feu, c'est une réveillon de ce qu'on appelait les petits blancs, des gens qui travaillaient la semaine et qui se révoltaient le week-end. – Sous-titrage ST' 501