Propos de Donald Trump sur la guerre en Afghanistan : "Il faut que le président américain s'excuse", lance le député Pieyre-Alexandre Anglade
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Bonjour Pierre-Alexandre Anglade, bonjour et merci d'être avec nous ce matin sur France Info. Beaucoup de sujets à voir avec vous, le Groenland, vous y étiez cette semaine, on va parler de l'accord avec le pays du Mercosur, les discussions sur l'Ukraine aussi. Mais d'abord Donald Trump qui provoque une nouvelle fois ses alliés, des alliés qui selon lui ont envoyé des troupes en Afghanistan, mais je le cite, sont restés en retrait, loin des lignes de front. Ça ne passe pas du tout au Royaume-Uni qui est le pays qui a eu le plus de morts après les Etats-Unis dans cette guerre, 457 soldats tués. On écoute l'indignation hier soir du Premier ministre Kerr Starmer.
Je considère les propos du président Trump comme insultants et franchement révoltants. Je ne suis pas surpris qu'ils aient causé une telle souffrance aux proches des personnes tuées ou blessées et même à l'ensemble du pays.
Alors côté français, ce sont 90 soldats qui sont morts entre 2004 et 2013, opération la plus meurtrière pour les forces françaises depuis la guerre de Yougoslavie. Est-ce que Donald Trump doit s'excuser ?
Moi je partage ce que vient de dire le Premier ministre Starmer, qui parle de propos insultants. Et Donald Trump insulte la mémoire des soldats britanniques, français, européens, qui ont payé de leur vie l'engagement de nos pays aux côtés de nos alliés américains qui avaient déclenché dans le cadre de l'OTAN l'article 5 d'assistance mutuelle lorsque l'Afghanistan, ou en tout cas les talibans, ont frappé les Etats-Unis d'Amérique avec les attentats du 11 septembre. Et donc c'est une nouvelle provocation de l'administration américaine après les propos de G.D. Vance à Munich, après plusieurs sorties de plusieurs responsables américains. Et c'est à mon avis la provocation de trop.
Et donc il faut que le président américain s'excuse et que la mémoire de nos soldats soit honorée. Catherine Vautrin a réagi hier sur X en saluant la mémoire de nos soldats. Et je pense que le président américain est allé trop loin.
C'est suffisant une réaction sur X ? Il ne fallait pas une prise de parole d'Emmanuel Macron à ce sujet ?
Écoutez, le président de la République, le croix, a démontré ces derniers jours que lorsqu'il fallait porter les stockades contre le président américain, il n'avait pas peur de le faire. Donc je suis convaincu que des responsables français le feront. Mais en tout cas, on ne peut pas laisser insulter la mémoire de nos soldats morts, de ceux qui ont été blessés. Parce qu'on parle des morts, mais il y a eu aussi énormément de blessés français et européens. Et les Européens ont toujours été du côté des Américains lorsqu'il s'est agi de les soutenir quand les combats qui étaient menés par les États-Unis d'Amérique étaient justes.
Cette nuit, Donald Trump a aussi publié sa nouvelle stratégie de défense nationale, un document de 34 pages dans lequel le Pentagone se concentre sur la Chine et exhorte, surtout, ça nous concerne, ses partenaires à assumer davantage la responsabilité de leur défense. Traduction, les Européens doivent se débrouiller par eux-mêmes. Pierre-Alexandre Anglade ?
Mais les Européens n'ont pas attendu la stratégie de sécurité de Donald Trump pour essayer de bâtir cette défense européenne. Le président de la République, depuis 2017, avec ses partenaires européens, développe, pousse ce concept de souveraineté et d'indépendance européenne avec, comme Pierre Angulère, la défense de l'Europe.
L'attitude de Donald Trump nous oblige à accélérer le mouvement.
Mais c'est vrai que cette conscience de devoir développer une défense européenne est très prégnante chez nous, Français, et que chez nos partenaires européens, c'est beaucoup moins le cas. Mais je crois que l'épisode du Groenland, je pense que ce qui se passe aujourd'hui en Ukraine, acte une prise de conscience dans l'ensemble des capitales européennes, aussi au Parlement européen, qui a voté, je le rappelle, l'an passé, des textes extrêmement importants avec la préférence européenne qui permet d'orienter les financements européens vers l'armement européen. Et donc, il y a une prise de conscience européenne. Ça doit aller beaucoup plus vite.
Et la souveraineté, au fond, c'est notre capacité à décider par nous-mêmes et pour nous-mêmes, et ne plus être dépendants de l'armement américain. Il faut que les Européens se désintoxifient de l'armement américain.
Alors, on a bien compris que Donald Trump, en se désintoxiquait, un document, en tout cas, qui a été publié, et on a bien compris que Donald Trump voulait se concentrer sur sa zone, son hémisphère, comme il l'appelle, donc le Groenland, ça a été évidemment le psychodrame de la semaine. L'impression quand même d'une reculade assez franche du président américain qui, finalement, ne parle plus d'actes de propriété, mais envisage plutôt peut-être des bases ici et là. Est-ce que vous êtes soulagé, ou est-ce qu'il faut rester préoccupé ?
Certains disent le pistolet posé sur la table. Le premier renseignement de cet épisode, c'est que lorsque les Européens sont unis, ils sont forts. Et la reculade du président Trump, qu'il faut prendre avec beaucoup de mesures, parce qu'on est habitué à le voir changer de pied très rapidement, et la vérité de ce qu'on se dit maintenant peut être totalement invalidée par une déclaration à l'emporte-pièce dans quelques minutes, ou dans quelques heures, ou dans quelques jours.
Mais dans tout état de cause, le fait que le président américain ait reculé pour l'instant, parce que je rappelle qu'il y a encore 72 heures, il est menacé de prendre le Groenland par la force, c'est le fait du front uni opposé par les Européens, qui très rapidement ont menacé de rétorsion le président américain, notamment d'un point de vue commercial, si jamais il venait à mettre en œuvre les fameux tarifs qu'il menaçait d'imposer, et qui ont déployé, et c'est le cas de la France, des soldats européens sur le territoire du Groenland.
Et donc ce front uni, et c'est l'illustration de ce que l'on porte, nous avec le président de la République depuis 2017, ce front uni, cette unité européenne, c'est notre meilleure chance face aux empires, que ce soit les Etats-Unis d'Amérique, la Chine ou la Russie, qui n'ont qu'une seule obsession, c'est nous vassaliser. Et dans cette affaire, la voix de la France a été extrêmement importante. Emmanuel Macron, le président de la République, a porté, je finis juste là-dessus, parce que c'est important, a porté le fer de lance au nom de l'Europe, et ce qu'on peut dire c'est Macron 1, Trump 0 dans cette affaire.
Oui, vous vous êtes rendu cette semaine au Groenland, racontez-nous, vous y avez vu quoi ?
J'ai vu d'abord des gens, des habitants sur place extrêmement inquiets, parce que le Groenland, c'est un territoire immense avec assez peu d'habitants, et qui a eu... 50 000. Oui, 50 000, qui ont eu plutôt l'habitude de vivre en paix et en quiétude et en harmonie avec la nature. Et donc le fait que leurs grands voisins américains, superpuissances militaires menacent de les annexer, ça les inquiète beaucoup. Et donc j'ai vu des gens extrêmement préoccupés, mais extrêmement soulagés aussi de la solidarité et du soutien des Européens.
Et je peux vous dire que ce qui se passe, ce qui a pu parfois être tourné en dérision ici à Paris, vous savez l'envoi de quelques tours, on nous a dit, c'est dérisoire, c'est pas ça qui va faire peur aux Américains. Ce qui est vrai. Évidemment que c'est pas ça qui va faire peur aux Américains, mais c'est un signal. C'est un signal à ceux qui auraient des velléités sur le Groenland, il n'y a pas que les Américains, il y a aussi les Russes, les Chinois, qui ont une posture parfois agressive dans la région.
Et c'est aussi un signal à nos partenaires danois et groenlandais que dans les moments durs, lorsque leur souveraineté est attaquée, nous sommes à leur côté, que ce soit en Ukraine ou au Groenland, à chaque fois que la souveraineté d'un État est menacée, la France se tient à ses côtés.
Je ne sais pas si vous avez pu rencontrer des responsables de partis politiques de Groenland, mais en tout cas, on observe que certains, des indépendantistes, parce qu'il y a beaucoup d'indépendantistes au Groenland, la plupart des partis le sont, mais certains penchent très clairement du côté américain. Ce qui peut laisser penser qu'il pourrait y avoir peut-être une opération à plus long terme politique américaine, j'allais dire presque d'ingérence, pour tenter de retourner une partie de l'opinion. Est-ce que c'est une possibilité ? Est-ce que c'est quelque chose que vous avez senti sur place ?
Non, non, pas à un seul instant. Et j'ai rencontré la maire de Nook, la capitale, la ministre des Affaires étrangères, des responsables de la société civile. Pas un seul de nos interlocuteurs ne s'est montré sensible à l'influence américaine, à l'argent américain, puisque c'est ce qui avait été avancé à un moment donné. On expliquait que certains pouvaient recevoir de l'argent.
On parlait de dizaines de milliers, voire de centaines de milliers de dollars.
On nous a très clairement expliqué que le Groenland n'était pas à prendre ni à vendre, dans des termes extrêmement explicites. Et les Groenlandais ont une aspiration très forte à l'indépendance, et donc c'est le chemin qu'ils souhaitent prendre à l'avenir. Mais cet épisode américain, dans ce moment, les a rapprochés, en tout cas dans les circonstances, du Danemark. Et donc il n'y a, dans les interlocuteurs que j'ai eus, aucune velléité d'association sous quelque manière que ce soit avec les Etats-Unis d'Amérique.
Ce que l'on sait aujourd'hui, c'est qu'un protocole d'accord au contour assez flou a été signé, a été établi entre Marc Ruteux, le secrétaire général de l'OTAN, et Donald Trump. Est-ce que vous avez compris ce que ça voulait dire ? Parce que Donald Trump a dit qu'il avait obtenu tout ce qu'il voulait.
J'ai compris que Donald Trump avait obtenu ce qui était déjà le cadre de l'accord qui régissait les relations entre les Etats-Unis et le Danemark et le Groenland, c'est-à-dire l'accord de 1951 qui permettait aux Etats-Unis d'Amérique d'avoir des bases militaires dans le territoire du Groenland, mais pas plus. C'est pas un problème, pardon,
mais cet accord conclut un peu en catimini auquel personne ne semble n'avoir rien compris. Je cite le Premier ministre groenlandais qui a déclaré « Moi-même, je ne sais pas ce que contient exactement l'accord concernant mon pays ».
Oui, et il a raison de dire qu'aucun accord ne peut être noué entre l'OTAN et les Etats-Unis d'Amérique sans l'accord du Danemark et sans l'accord du Groenland. Et donc, dans cette affaire, le secrétaire général de l'OTAN, Marc Rutte, n'a aucun mandat, si j'ai bien compris, les déclarations des responsables danois, n'a aucun mandat de la part des Danois pour sceller quelque accord que ce soit avec le président des Etats-Unis d'Amérique.
Et donc, là encore, la souveraineté du Danemark doit être respectée, l'intégrité territoriale de ce territoire ne doit pas être violée, et donc ces principes, très clairement énoncés par la France, par les Européens et par les Danois, doivent rester en l'état. Et donc, à ce stade, moi je suis là aussi très prudent sur les déclarations encore à l'emporte-pièce du président américain,
je crois, dans son avion hier soir. Mais quand même, quand on voit que la pression retombe un peu, et ça a déjà été expérimenté côté européen ces derniers mois, y compris d'ailleurs ces dernières années, il peut toujours y avoir la tentation de se dire, bon finalement, c'était un coup de chaud, c'est passé, restons et gardons notre confiance envers les Etats-Unis. Est-ce que vous croyez vraiment que c'est ce qui risque de se passer ? Je pense à des pays, alors plus atlantistes que la France, évidemment, la Pologne, d'autres par exemple, ou est-ce que là, il vous semble que les Européens ont ouvert les yeux ? On le dit un peu à chaque fois,
mais est-ce que cette fois c'est vrai ? Moi je pense que tout le monde doit bien comprendre que ce qui se passe aujourd'hui dans le monde n'est pas simplement un mauvais moment à passer. On ne va pas se réveiller demain avec Donald Trump qui aura décidé de redevenir sympathique avec nous, qui va cesser de nous insulter tous les matins, réveiller après-demain matin avec Vladimir Poutine qui aura décidé d'être sympa avec Volodymyr Zelensky et de ne plus bombarder quotidiennement l'Ukraine comme il l'a encore fait cette nuit. Et puis on ne va pas se réveiller dans trois jours avec le président Xi, le président chinois, qui aura décidé de ne plus mener la guerre commerciale et industrielle.
Donc nous sommes rentrés dans un monde de radicalité, dans un monde de brutalité et le monde d'avant n'existe plus. Vous pensez que les Européens
l'ont tous fait ? Tous les Européens
doivent le comprendre. Je pense que ce qui s'est passé à Davos est assez central et je pense qu'à Davos avec le discours du président de la République mais aussi le discours du Premier ministre canadien, il y a une sorte de réveil des Européens et au sens large des Occidentaux avec les Canadiens et d'autres de ce qu'est la nouvelle réalité du monde. Et donc il faut que les Européens, il faut que les Européens, les Italiens, les Allemands, les Scandinaves, les Polonais, les Tchèques, tous ceux qui avaient une dépendance très forte à l'égard des États-Unis d'Amérique comprennent que ce monde est terminé et qu'ils assument enfin la souveraineté et l'indépendance de l'Europe.
Vous avez commencé à l'évoquer Pierre-Alexandre Angla de la situation en Ukraine. On y revient juste après l'info en une minute, il est 9h moins le quart et c'est Diane Ferschit.
La décision de la justice suisse indigne les familles de victimes de l'incendie de Cran-Montana. La justice décide de libérer Jacques Moretti, le propriétaire du bar Le Constellation. Libération sous caution, 200 000 francs suisses. Il avait été placé en détention provisoire il y a deux semaines par crainte qu'il ne fuit à l'étranger. De nouveaux lots de lait infantile rappelés, cette fois par Danone après Nestlé et Lactalis. Danone évoque une mesure de précaution du lait en poudre potentiellement contaminé par une bactérie. Vous pouvez retrouver les numéros des lots concernés sur franceinfo.fr. Un nouveau rappel alors que deux enquêtes ont été ouvertes après la mort de deux nourrissons.
Aucun lien n'est établi à ce stade avec leur consommation de lait en poudre. Le rappeur Dooms en garde à vue pour violences conjugales. Son ex-compagne, l'actrice Adèle Exercopoulos a porté plainte. C'était en octobre dernier. Dooms déjà entendu au début du mois par les enquêteurs pour une autre affaire de violences conjugales à l'encontre cette fois de sa compagne actuelle. Au moins un mort, 15 blessés dans des bombardements russes sur qui il y avait Kharkiv en Ukraine au cours de la nuit. Des bombardements alors que des négociateurs russes, ukrainiens et américains se sont réunis à Abu Dhabi hier pour évoquer les conditions pour mettre fin à la guerre en Ukraine. France Info.
Le 8.30 France Info. Adrien Beck, Camille Vigogne-Lecouat. Et nous sommes toujours sur France Info avec Pierre-Alexandre Anglade, député ensemble pour la République et surtout président de la Commission des Affaires Européennes de l'Assemblée Nationale. On va parler de l'Ukraine, un pays que vous connaissez bien. Vous vous êtes rendu six fois dans ce pays depuis le début de la guerre. Et l'actualité, c'est ces négociations pour la paix qui continuent à Abu Dhabi. Est-ce que vous y croyez à ce nouveau round de négociations ?
En tout cas, j'espère qu'un accord de paix ou un accord de cessez-le-feu pourra être trouvé le plus rapidement possible parce qu'au-delà des débats que nous pouvons avoir ici à Paris sur les plateaux de télévision, il y a une réalité de terrain en Ukraine qui est celle de l'armée russe qui n'a renoncé à aucun de ses objectifs militaires et qui continue de mettre au martyr le peuple ukrainien. Vous le disiez à l'instant, des bombardements cette nuit, des morts, des blessés, mais ça, c'est le lot quotidien de l'Ukraine.
Et dans cette période hivernale qui est un hiver extrêmement rude cette année en Ukraine, les soudards du régime de Poutine ciblent de manière quotidienne les infrastructures énergétiques de ce pays. Et donc, l'Ukraine vit dans le froid, vit dans le noir. L'Europe a envoyé des générateurs, d'ailleurs. L'Europe a envoyé effectivement des générateurs. Mais il faut comprendre que derrière les discussions, et nous on espère les Européens et les Français que cela puisse aboutir, derrière ces discussions, Vladimir Poutine continue de mettre au martyr les Ukrainiens et donc il faut continuer de mettre la plus grande pression possible sur le régime du Kremlin.
Vous parlez de pression mais là on est sur un format trilatéral avec d'un côté les Russes, de l'autre les Ukrainiens c'est évident, les Américains, mais pas les Européens. C'est un avot de faiblesse de notre part ?
Non, parce que le cadre des négociations, en tout cas le cadre de la position européenne et américaine en lien avec les Ukrainiens a été posé il y a 15 jours de cela à Paris au moment de la réunion de la coalition des volontaires. Et donc à ce moment-là, Américains, Européens, Ukrainiens se sont entendus sur une architecture de sécurité avec des garanties de sécurité pour l'Ukraine en renforçant le modèle d'armée ukrainien en déployant le moment venu des soldats français et européens sur le territoire ukrainien le jour où la paix aura été signée.
Notre rôle, il est juste là et on doit dire le reste, on ne s'en occupe pas, on s'en lave les mains. C'est quand même, on passe beaucoup de temps à répéter que c'est proche de chez nous, que c'est notre continent. Mais bon, de toute évidence, on ne participe pas.
Il y a différents formats dans les négociations. Mais la position qui est aujourd'hui défendue par l'Ukraine en lien avec les Américains, c'est ce qui a été entendu par la coalition des volontaires à l'initiative de la France il y a de cela 15 jours. Et donc, vous savez, aujourd'hui en Ukraine, depuis maintenant un an et le désengagement américain, la plupart du soutien financier, la totalité d'ailleurs, du soutien financier à l'Ukraine est un soutien européen et plus largement de la coalition des volontaires. Les deux tiers du renseignement militaire en Ukraine, c'est du renseignement français.
Et donc, vous voyez bien que nous jouons dans ce moment de guerre où les États-Unis d'Amérique ont fait le choix de se retirer, un rôle central et moteur et la France en particulier.
Je veux bien, mais vous avez entendu les paroles de Vladimir Zelensky, le président ukrainien qui a récemment reproché publiquement aux Européens leur division avec des mots forts. Il évoque des querelles internes incessantes, des non-dits qui empêchent l'Europe de s'unir. Ce n'est pas Donald Trump qui le dit ça, c'est le président ukrainien.
Donald Trump, il a un autre projet. Donald Trump, il a le projet avec ses proxys européens, le Rassemblement National et d'autres de diviser l'Europe pour démanteler l'Union Européenne. Sur le manque d'unité européenne il met le doigt sur quelque chose qui est vrai. C'est parfois, dans certaines situations, le manque d'unité européenne. Et c'est vrai qu'on l'a beaucoup vu ces dernières années sur beaucoup de sujets mais en l'occurrence sur l'Ukraine, l'unité est extrêmement forte. Il y a une unité des Européens qui est totale depuis quasiment le début de la guerre.
A l'exception, c'est vrai, de la Hongrie, de Viktor Orban qui est le relais complaisant de Vladimir Poutine en Europe et l'ami de Donald Trump qui ont tous les deux le même déceint. Vous pensez que c'est uniquement la Hongrie
qui est visée dans les déclarations ?
Comment ?
Dans ces déclarations ?
Non, je pense qu'il pointe plus largement un phénomène que nous percevons tous les uns et les autres qui est celui d'une Europe qui avance trop lentement, c'est évident, qui ne va pas assez vite sur beaucoup de sujets, qui est parfois divisée, mais qui sait, quand c'est important, se rassembler et s'unir. Et donc, il faut écouter ce que nous dit Volodymyr Zelensky et essayer de corriger cela. Et je crois que le président de la République met beaucoup d'énergie et j'aimerais bien que nos amis italiens, allemands, entendent aussi parfois ce message.
L'Europe, vous disiez, qui avance parfois trop lentement, c'est vrai qu'elle a mis 25 ans à négocier l'accord avec les 4 pays du Mercosur, accord finalement qui a été bloqué par le Parlement européen qui demande donc à la Cour de justice de l'Union européenne de vérifier la légalité de cet accord. Est-ce que vous espérez encore que on puisse complètement se passer de cet accord
et l'oublier ? Le vote du Parlement européen doit être entendu et le Parlement européen s'est exprimé extrêmement clairement sur la saisie de la Cour de justice européenne et cette saisie de la Cour de justice de l'Union européenne doit suspendre la mise en œuvre du traité entre les pays européens et le Mercosur.
Pardon, mais ça c'est la théorie, c'est en théorie ce vote suspend mais dans la pratique la Commission européenne elle a la possibilité d'appliquer ce traité à titre provisoire ça serait un déni de démocratie selon vous ?
Ce serait une gifle infligée au Parlement européen.
Maude Bréjon parle de viol démocratique vous alliez aussi loin ? Vous reprendriez cette expression ?
Je parle de gifle c'est un autre champ lexical mais on ne peut pas la Commission européenne après le nom qui a été très clairement exprimé par la France et la France ce n'est pas n'importe quel État en Europe c'est un État fondateur et la première puissance du continent avec l'Allemagne après le nom du Parlement européen à travers la saisie de la Cour de justice de l'Union européenne je n'imagine pas un seul instant Ursula von der Leyen et la Commission européenne outrepasser ce vote extrêmement clair sachant que ça a déjà été le cas et c'est déjà le cas avec l'accord avec l'accord CETA par exemple avec le Canada Oui mais vous voyez bien que dans cette affaire-là du Mercosur la sensibilité politique les conditions politiques Il était sensible aussi les conditions politiques pour une bonne acceptation de cet accord ne sont pas réunies et nous avons eu en France des manifestations extrêmement importantes d'agriculteurs nous en avons dans beaucoup d'autres pays européens et donc moi j'espère que la Commission européenne et nous souhaitons que la Commission européenne entende ce que la France et le Parlement européen a dit
Il se passe quoi d'un mot si la Commission européenne
passe en force ? Je n'imagine pas ce passage en force Adrien Becht quand le Parlement européen qui est le Parlement qui représente les citoyens européens s'est exprimé de manière aussi claire dans ce moment si particulier que nous sommes en train de vivre aujourd'hui en Europe imaginer un seul instant les institutions européennes se défaire n'est pas envisagable
Merci à vous Pierre-Alexandre Anglade vous êtes député des Français de l'étranger président de la Commission des Affaires européennes de l'Assemblée nationale Merci également à vous Camille Vigogne le coit du Nouvel Obs Restez sur France Info
Pieyre-Alexandre Anglade