Alice Cordier : «Il y aura une population qui va vouloir faire justice par elle-même»
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
qui aurait menacé une femme au couteau. Et vraiment, il y a une question, et moi je vous rejoins maître, dans le fait d'ouvrir des places de prison, mais quelle prison on veut aussi ? Est-ce que c'est des prisons où ces jeunes garçons-là vont se retrouver peut-être entre eux, avoir des portables, avoir des tablettes, comme on l'a vu sous monsieur Darmanin ? Est-ce que ça va être avec des sorties karting, qu'ils pourront faire et puis mettre en story à la une, comme ils ont pu mettre en story à la une l'assassinat de Louis ? Se prenaient en photo sur Instagram, en train de fumer, en train de fumer du cannabis dans sa prison ?
Moi, en fait, c'est ça la question, c'est que moi, ce qui me fait beaucoup de peine, c'est que là, on a des familles qui prennent leur courage à deux mains, qui sont obligées de batailler, alors qu'ils devraient faire leur deuil. Ils sont obligés de batailler, parce qu'on a aujourd'hui un président qui va nous expliquer qu'en fait c'est du brainwashing, etc. Et on a des médias locaux qui ne sont pas capables de faire un travail neutre et objectif avec de vrais éléments. Et pardon, sur le président,
en fait, c'est pire que ça, parce que là, j'y pense, inexcusable et inexplicable. Il ne l'a pas dit pour Louis. Il ne l'a pas dit pour Thomas. Il ne l'a pas dit pour Elias, Benoît, Lola et Philippine. Il l'a dit pour Naël. Très vite. Mais c'est marrant, il ne l'a pas dit pour tous les noms que je viens de citer.
Et vraiment, et quelle prison on veut pour ces enfants ? Est-ce qu'on veut qu'ils soient aussi... Quand on a des jeunes en meute, parce que c'est une meute, c'est un clan, énormément de pédopsychiatres montent d'ailleurs qu'au sein des jeunes, il y a ce phénomène clanique qui fait que tout ce qui est ennemi au clan, on peut lui faire tout et n'importe quoi. On a une jeunesse qui est... Une partie de la jeunesse, attention, qui est totalement désensibilisée. Est-ce que la prison, à l'heure actuelle, telle qu'elle est, va leur faire peur et va les freiner ? Je ne pense pas. Peut-être même que ça sera pire.
Et vous faites bien de dire une partie de la jeunesse parce qu'il y en a une autre partie qui est victime. C'est-à-dire que les jeunes, là, en ce qui concerne l'affaire de Louis, effectivement, les bourreaux sont jeunes, mais la victime l'est aussi. Mais c'est dangereux. Et Elias était jeune, Lola était jeune, Philippine était jeune, Elias était jeune, Louis était jeune, Benoît était jeune, Mathis était jeune, et ils ne pourront pas vieillir. Et ils ne sauront pas ce que c'est que le bonheur de se marier, d'avoir des enfants, de faire sa vie, de la gagner, etc. On les a privés d'avenir.
C'est une famille entière qui est condamnée derrière aussi. C'est une famille qui va pleurer longtemps, malgré le courage qu'ils ont, c'est ce qui leur attend aussi également. Et aujourd'hui, ce qui est assez terrible, c'est qu'on parle beaucoup de cette jeunesse qui ne veut pas faire d'enfants pour la canicule, le climat. Mais en fait, il y a aussi une jeunesse qui va avoir peur de faire des enfants. Pourquoi ? Pour ce qu'ils se retrouvent dans des établissements avec ce genre d'individus qui sont sans foi ni loi, qui n'ont peur de rien, ni de la police, ni de rien, parce qu'il avait déjà porté plainte et visiblement... Ou violé au périscolaire.
Combien de parents aujourd'hui ont peur de déposer leur enfant à l'école avec le scandale du périscolaire ?
Et derrière, c'est dangereux parce qu'il va y avoir aussi une population qui va se faire justice par elle-même. On commence à le voir sur les réseaux sociaux où les visages non floutés de ces délinquants, on en pense ce qu'on veut, est-ce que c'est bien, c'est pas bien, peu importe, qui sont diffusés. Parce qu'en fait, il y a aussi des gens qui en ont ras-le-bol.
Alors, vous voyez les réactions politiques qui ont commencé, plutôt du camp national. C'est le Rassemblement National qui a réagi. C'est Sarah Knafo de Reconquête. Il y a Gabriel Attal, l'ancien Premier ministre, qui a réagi. Antoine Léomant. Pas un mot de Sébastien Lecornu. Pas un mot d'Emmanuel Macron. Laurent Nunez, le ministre de l'Intérieur. Vous avez des nouvelles de Laurent Nunez ou pas ? Rien. Non ? Il est en train de faire le bilan de la fête de la musique et des émeutes pour dire que ça s'est globalement bien passé, sans doute. Anaïs Bauché.