Lyontech La Doua: discours de Najat Vallaud-Belkacem - février 2016
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« Ce qui donne à cette université une assise solide sur laquelle s'édifier, c'est d'avoir un sentiment que vous venez tous d'exprimer, qui est celui de la solidarité. »
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« Le contrat de conception, réalisation, exploitation et maintenance, le CREM, que nous nous apprêtons à signer dans un instant, inscrit résolument ce campus au cœur de solidarités qui sont multiples. »
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« La pluridisciplinarité, qui joue un rôle de plus en plus important dans la recherche actuelle. »
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« Ce campus est bien la preuve, en réalité, que les deux systèmes peuvent travailler ensemble pour le bien commun, celui de notre jeunesse et celui de notre pays. »
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Merci beaucoup Monsieur le Préfet, Monsieur le Sénateur Maire de Lyon, cher Gérard, Monsieur le Maire de Ville-Urbanne, cher Jean-Paul, Mesdames et Messieurs les Élus, Monsieur le Président de l'Université de Lyon, Monsieur le Président de l'Université de Lyon 1, Claude Bernard, Monsieur le Directeur de l'Institut National des Sciences Appliquées de Lyon, Madame la Directrice Générale Adjointe du groupe Caisse des Dépôts, Monsieur le Vice-Président de la BEI, Mesdames et Messieurs les Personnels, les Enseignants, les Chercheurs, chers étudiants. Écoutez, d'abord c'est un plaisir de passer juste après ce discours plein de fougue et d'enthousiasme de la part du Sénateur Maire de Lyon, très heureuse de l'avoir entendu, parce que au fond ce que vous venez de dire, c'était un peu comme cela que je voulais moi aussi commencer, c'est que les fondations d'une université ne sont pas faites d'une dalle de béton ou alors d'une pierre de taille. Ce qui donne à cette université une assise solide sur laquelle s'édifier, c'est d'avoir un sentiment que vous venez tous d'exprimer, qui est celui de la solidarité.
Dans son sens ancien, le mot université signifie confrérie, association. Ce fut à la Sorbonne par exemple une confrérie de maîtres, ce fut à Bologne une confrérie d'étudiants. Et ce qui les a réunis à chaque fois c'est cette solidarité.
C'est elle qui leur a permis d'exister dès la période médiévale, alors que les prestigieux bâtiments qui font la renommée des universités les plus connues n'étaient même pas encore sortis de terre. Si je me permets ce rappel, c'est que je crois qu'il est essentiel de garder à l'esprit cette importance de la solidarité dans l'histoire des universités et des grandes écoles. Elles sont avant tout une communauté d'esprits, d'étudiants, d'enseignants, de chercheurs, de personnels d'appui aussi, avant d'être des bâtiments.
Et ce sentiment de solidarité, c'est précisément ce qu'on retrouve au cœur de ce qui est en train de se jouer ici, dans cet amphithéâtre, au moment où je vous parle. Le contrat de conception, réalisation, exploitation et maintenance, le CREM, que nous nous apprêtons à signer dans un instant, inscrit résolument ce campus au cœur de solidarités qui sont multiples. D'abord, nous avons tous, dans cette pièce, le même objectif qui nous réunit.
Faire de ce campus, Lyon-Tec la Doix, un lieu de visibilité et d'attractivité de l'université. Et en faire l'un des grands pôles économiques à l'échelle métropolitaine. Nous partageons cette ambition.
Cette signature, dans un instant, va venir marquer le résultat de 5 années d'études préopérationnelles et l'achèvement de 2 années de procédure, de concertation avec les utilisateurs qui ont réuni quand même quelques 200 personnes. Et je crois que c'est important de le rappeler parce qu'on ne conduit pas à un chantier de cette importance sans penser au-delà des bâtiments, aux personnes qui vont les habiter, les faire vivre très concrètement. La question de l'aménagement et de l'immobilier ne répondant pas seulement à un souci esthétique ou pratique.
C'est aussi un objectif scientifique. Ça a été dit dans le petit film qu'on a vu tout à l'heure. La pluridisciplinarité, qui joue un rôle de plus en plus important dans la recherche actuelle.
Il n'y a pas un seul programme, pas une seule stratégie qui n'insiste à juste titre sur cet enjeu de pluridisciplinarité. Eh bien, physiquement, concrètement, pour favoriser les synergies entre les différentes recherches, il fallait déployer des lieux qui permettent à cette pluridisciplinarité de vivre au quotidien. C'est le sens des bâtiments dans lesquels vont être désormais regroupés des laboratoires, des groupes de recherche, des instituts, qui vont pouvoir s'enrichir mutuellement.
Cette dimension collective, toujours, c'est ce qui a guidé le regroupement au sein du bâtiment chimie-bio, du Centre commun de résonance mécanique nucléaire, où s'effectuent les analyses, et de l'Institut de chimie et biochimie moléculaire et supramoléculaire, qui est l'un des plus grands utilisateurs du centre. Ça veut dire que plusieurs fois par jour, des chercheurs viennent faire analyser de nouveaux produits. Donc, rapprocher ces deux lieux, répond à une demande, et offre un gain de temps très précieux à chacun d'entre eux.
Ce n'est que quelques exemples de l'attention qui me semble avoir été apportée dans ce projet à la réalité du terrain, et de la nécessité de rappeler que les améliorations du projet architectural produisent à terme des améliorations scientifiques, et donc du progrès. Ce qui nous renvoie à ce que disait Claude Bernard, figure cutélère de l'Université Lyon 1, qui rappelait, je le cite, « J'ai connu la douleur du savant qui, faute de moyens matériels, ne peut entreprendre de réaliser des expériences qu'il conçoit, et est obligé de renoncer à certaines recherches. » Et bien, ce campus, tout est mis en œuvre pour que les savants en question ne soient pas obligés de renoncer à certaines recherches.
Et puis, il y a une autre spécificité qui me paraît importante, c'est que cette université va être à la fois un lieu de recherche et d'enseignement. Et il est essentiel d'unir dans les campus les lieux de formation et les lieux de recherche. La construction de la tour B, en particulier, qui doit permettre d'accueillir le plus grand nombre d'étudiants, qui apportera une réponse aux besoins locaux du département génie mécanique développement de l'Institut national des sciences appliquées, eh bien, c'est quelque chose de très important parce que l'espace dans lequel étudient les jeunes que vous formez a une influence évidente sur leur réussite.
Le campus, qui est un lieu profondément lié au savoir, aux universités, aux grandes écoles, est aussi un lieu d'ouverture. Et ce mot « ouverture » résonne dans le projet, dans ce campus où on trouve aussi l'INSA, fondée par le recteur Capel, Jean Capel qui a toujours été habité par une volonté d'ouverture, ouvrir, démocratiser l'école en général, l'enseignement supérieur en particulier, former des ingénieurs qui soient aussi des humanistes. Eh bien, cette exigence-là d'ouverture, on la retrouve dans ce campus.
On la retrouve notamment parce que, cela a été dit, ce campus unit des mondes qui, parfois, ont eu tendance à se regarder avec une certaine défiance. Je pense au monde universitaire, au monde des grandes écoles et au monde de l'entreprise. Rien ne se perd, rien ne se gagne, tout se transforme.
Voilà une formule qu'ici, vous connaissez bien. Eh bien, l'un des défis de ce campus sera précisément de montrer que dans la transformation de l'excellence scientifique en valeur économique, il y a beaucoup, beaucoup à gagner. Nos entreprises ont besoin de la recherche, cela a été dit.
Elles ont besoin des jeunes que nous formons, qui seront demain les acteurs de notre avenir. Elles ont besoin d'innovation. Alors oui, il nous faut abolir la frontière qui existe trop souvent en France entre le monde des entreprises et le monde universitaire.
Non pas d'ailleurs pour soumettre l'un de ces mondes à l'autre. Il ne s'agit pas de cela. Non pas pour que règnent les seules impératrices économiques, mais parce qu'il est essentiel d'établir entre ces deux mondes des synergies qui nous permettent de répondre aux défis multiples d'aujourd'hui.
D'ailleurs, ces synergies, elles sont déjà à l'œuvre pour beaucoup d'entre elles, mais il nous appartient de les prolonger. Et c'est ce qu'on retrouve ici avec le nouveau campus, le rapprochement des départements GMD, dont j'évoquais tout à l'heure, et GMC, génie mécanique construction de l'INSA, qui va devenir enfin une réalité. En quelque sorte, ça signifie qu'on va avoir dans ce campus un pôle mécanique qui constituera une référence internationale.
L'université, les grandes écoles de ce campus, seront une force véritable pour l'avenir, non seulement pour l'avenir de Villers-Bannes, cela a été dit, de Lyon, de la région, mais bien au-delà, bien au-delà, pour notre pays tout entier. Cette conscience, d'ailleurs, se retrouve dans le projet, puisqu'on voit bien que ce site va se positionner comme un campus de référence à l'échelle européenne en sciences et technologies pour une société durable. Et cela se retrouve dans les objectifs chiffrés que poursuit ce chantier, qui vise à réaliser, par exemple, 40% d'économies sur le chauffage.
Ce n'est pas rien. Cela témoigne aussi d'une ambition, qui est de faire de la thématique même de ce campus une réalité concrète, puisqu'il faut aussi qu'il devienne une référence mondiale en matière de technologie. Voilà pour ça, avant tout à remercier chaudement tous ceux qui ont fait amir un tel projet.
Je salue l'engagement des acteurs politiques impliqués de longue date d'un avantage immobilier pour le moins complexe de cette opération. Les enseignants, les chercheurs, les équipes techniques des établissements, les étudiants. Je salue la volonté commune de l'université et des grandes écoles, que parfois on oppose à tort.
Ce campus est bien la preuve, en réalité, que les deux systèmes peuvent travailler ensemble pour le bien commun, celui de notre jeunesse et celui de notre pays. Ainsi se trouvent réunis dans ce campus des établissements aussi différents et des organismes aussi différents que l'université Claude Bernard Lyon 1, l'INSA, je l'ai dit, le CPE de Lyon ou le CNRS. Et je crois que c'est grâce à l'implication de chacun d'entre eux que ce projet final est d'une telle qualité.
Vos échanges, votre écoute, sous l'égide de l'université de Lyon ont permis de mettre en oeuvre un projet qui traduit dans ses installations physiques les synergies qui étaient déjà à l'oeuvre entre vos activités d'enseignement et de recherche. Toujours Claude Bernard, pour revenir à lui, qui disait, l'art c'est moi, mais la science c'est nous. Eh bien oui, cette dimension collective, là, on la retrouve dans la gouvernance même du projet.
Ça n'était pas simple, mais je veux souligner la qualité du partenariat entre tous les acteurs, réunis par une même volonté de bâtir un campus de référence. Quand les collectivités territoriales, messieurs les élus, mesdames et messieurs les élus, et l'État avancent ensemble, animés par une ambition commune, eh bien ils accomplissent de très grandes choses. C'est la raison pour laquelle je veux vous dire que ce partenariat est exemplaire, exemplaire de ce que nous pouvons faire, exemplaire aussi du partenariat avec les partenaires privés que je veux aussi saluer, la Banque européenne d'investissement, la Caisse des dépôts.
La Caisse des dépôts, d'ailleurs, que je salue tout particulièrement parce qu'elle est aux côtés de l'Université de Lyon depuis le lancement de l'opération Campus en 2008, qu'elle a participé au financement des premiers schémas directeurs, celui d'ailleurs du campus de Lyon-Tac-Ladois. Vraiment, merci pour cette constance et cette fidélité. Tout arrive, tous les projets finissent par sortir de terre.
Grâce à vous, nous aurons un campus magnifique à la hauteur des enjeux que représentent dans notre société la formation, la recherche et l'innovation. Un campus qui fera honneur à l'enseignement supérieur français dans son ensemble. Un campus aussi, c'est important, qui fera, je pense, le bonheur de ses étudiants, de ses personnels, dans cette ville où il fait bon vivre.
Alors, mesdames et messieurs, je ne peux, en conclusion, en vous disant tout de même que le message sur l'IDEC s'est bien passé mais que je n'avais pas besoin de leur se voir. En conclusion, je ne peux que vous convier à venir signer ce crème que je qualifierais bien de crème de l'Eucrène. Si toutefois, dans la faille, il y avait un représentant du Figaro, je précise que c'est une plaisanterie et pas une répandue de la gravère.
Merci.
Najat Vallaud-belkacem