Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
InterviewFrance Inter — Questions politiques (sur Site radio)· 25 juin 2017 92 minContradictoireActualité / polémiqueInstitutions & électionsEurope & internationalÉconomie & entreprisesSolidarités & famille

Franck Riester et Matthias Fekl

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 38 %Attaque 45 %Défensif 17 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 94 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 19:55OuverteRéponse directe

    Pourquoi la droite a-t-elle perdu l'élection présidentielle ?

  • 23:06OuverteRéponse directe

    Comment qualifiez-vous le projet politique de François Fillon ?

  • 27:41RelanceRéponse directe

    François Fillon porte-t-il la responsabilité intégrale de l'échec ?

  • 32:17OuverteRéponse directe

    Pourquoi Emmanuel Macron a-t-il réussi là où Bruno Le Maire a échoué ?

  • 33:36OuverteRéponse directe

    Êtes-vous satisfait de la façon dont se passe le début du quinquennat d'Emmanuel Macron ?

  • 34:10OuverteRéponse partielle

    Que pensez-vous du style de gouvernance actuel ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 24:05Invité politiqueFait
    « C'est un acharnement à se présenter alors même qu'il y avait évidemment des boulets énormes au pied de François Fillon. »
  • 24:28Invité politiqueFait
    « Il était un projet qui, à mon sens, était un projet trop centré sur une partie de la population et pas du tout en capacité de parler à tout le monde. »
  • 26:43Invité politiqueFait
    « Je pense que c'est dans le caractère de François Fillon de ne pas travailler en collectif et en équipe. »
  • 27:10Invité politiqueFait
    « C'est peut-être aussi un manque de caractère contrairement à ce qu'on peut imaginer vu la façon dont il s'est obstiné à ne pas lâcher la candidature à l'élection présidentielle. »
  • 29:43Invité politiqueFait
    « Publiquement Nicolas Sarkozy ne s'est pas exprimé et c'est quand même une question. »
  • 34:24Invité politiqueFait
    « Tout se décide dans son bureau, il coache tout, il met des ministres qui sont plus des experts de manière à avoir la main sur tout. »
  • 34:20PrésentateurFait
    « c'est moi qui décide »
  • 34:26PrésentateurFait
    « il coache tout »
  • 35:54PrésentateurFait
    « de la moralisation de la vie politique un des éléments forts de sa candidature »
  • 37:11PrésentateurFait
    « à titre personnel je pense qu'on est arrivé à un point où tout ce qui donne le sentiment à nos compatriotes que les parlementaires ont des avantages induits doit être supprimé »
  • 37:26PrésentateurFait
    « cette immunité parlementaire elle est systématiquement levée »
  • 37:50PrésentateurFait
    « on n'en est plus là quand même »
  • 40:04PrésentateurFait
    « les soupçons tels que ceux pour lesquels Richard Ferrand est mis en cause à juste titre l'ont conduit à ne plus être en responsabilité au gouvernement »
  • 43:23PrésentateurPromesse
    « je suis favorable à la libération effectivement des énergies à l'assouplissement du marché du travail à refonder l'Europe »
  • 43:44PrésentateurPromesse
    « nous allons travailler pendant 10 ans avec les Allemands pour davantage de convergence sur la fiscalité par exemple des entreprises »
  • 44:54PrésentateurFait
    « la nécessité de restaurer l'autorité de l'état »
  • 45:07PrésentateurPromesse
    « investir massivement dans la justice »
  • 46:55PrésentateurFait
    « misé sur la politique économique sur des mesures qui étaient des mesures d'ordre technique qui s'adressaient aux chefs d'entreprise »
  • 47:22PrésentateurFait
    « il s'est créé des liens avec les agents de cet hôpital extraordinaire parce qu'ensemble on a mené des combats »
  • 53:48PrésentateurFait
    « qui avez réclamé l'arrêt définitif des négociations sur le TAFTA »
  • 55:25PrésentateurFait
    « beaucoup de choses seront réhabilitées beaucoup plus vite qu'on ne le pense sur des avancées en matière de droit du travail »
  • 55:43PrésentateurFait
    « ce qui a manqué c'est une feuille de route claire de ce qu'est la gauche »
  • 57:11PrésentateurFait
    « c'est la fin aussi au niveau européen de la gauche sociale-démocrate telle qu'on la connaît aujourd'hui »
  • 1:00:26PrésentateurFait
    « à la puissance publique à ses représentants légitimes de fixer les règles et de fixer les règles pour l'intérêt général »
  • 1:04:00PrésentateurFait
    « le PS tel qu'on le connaît ne peut plus incarner l'avenir »
  • 1:04:15PrésentateurFait
    « ce qu'il faut c'est du rafistolage du pansement comme vous disiez ou de la rustine »
  • 1:06:01Locuteur 4Fait
    « vous dites Macron c'est un libéral c'est la famille libérale »
  • 1:06:45PrésentateurFait
    « si bien sûr mais ça a toujours été le cas »
  • 1:07:12PrésentateurFait
    « c'est un homme de centre-droit pour vous idéologiquement »
  • 1:08:45Locuteur 6Fait
    « si vous aviez été député vous votez la confiance »
  • 1:10:13Locuteur 4Fait
    « si les syndicats sont d'accord aussi des syndicats nous verrons »
  • 1:10:42PrésentateurFait
    « la loi travail vous ne voulez pas tomber dans ce que va proposer le gouvernement »
  • 1:14:52PrésentateurFait
    « c'est quoi l'arc c'est Manuel Valls Benoît Hamon ça peut aller jusqu'à la direction collégiale »
  • 1:18:27PrésentateurFait
    « une nouvelle république parce que 6ème c'est trop devenu un retour à la 4ème république »
  • 1:19:49Invité politiqueFait
    « vous avez été ministre de l'intérieur pendant l'état d'urgence que pensez-vous du projet gouvernemental d'intégrer dans le droit commun un certain nombre de dispositions de cet état d'urgence »

Temps de parole

  • Présentateur86 %
  • Locuteur 64 %
  • Locuteur 44 %
  • Présentateur 23 %

2,2 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Prochain journal à 13h sur Inter. Bonjour et bienvenue dans Questions politiques, le magazine politique de France Inter, France Info et Le Monde. Deux invités sur le plateau aujourd'hui à 12h15, Franck Riester, député Les Républicains de Seine-et-Marne. Il répondra à vos questions vers 12h30. À 13h15, Mathias Feckel sera notre second invité, ancien ministre de François Hollande. Lui répondra à vos questions à partir de 13h30. Pour intervenir en direct, le 01-45-24-7000, le standard est ouvert. France Inter.fr, Facebook Live et Twitter avec le mot-clé Question Paul. France Inter, questions politiques, Nicolas Demoron.

Magazine politique pour commencer, vos rendez-vous, on retrouve un zapping rentrée des classes et canicule. Évidemment signé Laurence Perron, mais tout de suite Charline Vanhoenacker dans le 7-9 de Patrick Cohen. Attention à la marche.

1:05
Locuteur 1

Comme quoi on peut se mettre en marche et en rater une ? C'est pour vous M. Fincky, accrochez-vous, il y a de la blagounette. Mais il y a aussi de la question. Mais est-ce que ce départ, ça va vraiment redonner confiance dans la vie démocratique ? Je ne crois pas. Vous savez ce qu'on dit, c'est toujours les meilleurs qui partent les premiers. Il nous reste donc les moins bons. Et puis ce qui me fait peur, c'est que Bayrou va être encore plus libre. Et ça, j'imagine même pas comment c'est possible. Je ne comprends pas d'habitude Bayrou, il fait tout foirer avant d'être aux responsabilités. Et là, il a tout foiré après, ce n'est pas normal. Vous avez entendu ce qu'il a dit.

Il a dit, ce n'est pas une démission, c'est simplement que je ne serai pas membre du prochain gouvernement. Donc ce serait lui qui aurait choisi de ne pas participer au prochain exécutif. Mais oui, il s'en fout. Il y retourne quand il veut au gouvernement, Bayrou. Ça passe vite, 20 ans. Enfin, ça dépend pour qui. S'il faut atteindre 20 ans pour en profiter pendant un mois, alors là, Bayrou a beaucoup de points communs avec le compte épargne. Il a dit aussi qu'il s'agissait de calomnies et de dénonciations, qu'il répondrait à toutes les questions des enquêteurs. Bayrou, il est comme balavoine, les juges et les lois, ça ne lui fait pas peur. Il s'en fout.

La seule question qui vaille à présent, c'est la suivante. Est-ce qu'il a prévu un pot de départ avant son départ pour pot ? Cherchez pas M. Fincky, c'est de l'humour France Inter. Alors vous savez Patrick, la politique, c'est parfois comme l'informatique. Pour résoudre un problème, il suffit de débrancher le modem. Voilà, mais oui, on sait bien que chaque année, pour la fête de la musique, il y a toujours des groupes qui font n'importe quoi. Cette année, c'était le modem. Admirez un petit peu la technique du jupitérien Macron quand même. Ça ne lui suffit plus d'atomiser la gauche et d'exploser la droite. Il faut en plus qu'il se paye le centre.

Macron peut donner des cours de calcul politique à Cédric Villani. Mais il faut se rappeler qu'hier encore, sur 16 ministres, il y en avait 4 de moins. Un quart du gouvernement qui bouge. C'est ce qu'on peut appeler le quart Macron. Vous l'avez M. Vigny ou l'est celle-là ? Mais c'est normal, c'est tout le temps, comme ça, dans les start-up. Il y a toujours un turnover de ouf. Ça peut être vertueux. Là, en ce moment, Jean-Vincent Placé doit être en train de régler toutes ses amendes de stationnement.

2:56
Présentateur

Charline Vanhoenacker, dans le 7-9 de Patrick Cohen, il y avait dans la vidéo un très beau plan de coupe d'Alain Finkielkraut, absolument accablé. Une semaine politique, maintenant. Le zapping marqué par la rentrée des classes à l'Assemblée nationale pour les nouveaux députés. Et quelques revenants. Et puis, le gouvernement, il ne faut pas l'oublier, il fut remanié sous un soleil de plomb. Laurence Perron. À cette semaine, c'était ambiance rentrée des classes à l'Assemblée nationale. Les petits nouveaux et les petites nouvelles qui posent devant l'œil de la caméra, écharpe tricolore fraîche, la mallette et la carte badge brandie.

Manifestement, la consigne a été passée de la jouer cool, pas d'endimancher, à tel point qu'on croise cette ancienne assistant parlementaire devenue députée La République En Marche en polo basket, lui qu'on a toujours croisé, tiré à quatre épingles. Du côté des revenants, l'ex-premier ministre Manuel Valls, lui, a rangé les Stan Smith, remis le costume et le masque a gassé. Comment pouvez-vous même vous mettre en cause l'élection d'un parlementaire ? Il y a d'autres élections, je crois hier soir, je n'ai pas tout regardé, où ça se joue à une poignée de voix, à huit voix. Vous leur posez cette question ?

4:00
Locuteur 4

On ne les voit pas ici ce matin, par exemple.

4:01
Présentateur

Moi, c'est normal, je viens, et ils viendront, je n'en doute pas, un seul instant. Hier, j'ai été élu, et c'est tout à fait normal. Pourquoi vouliez-vous que je vienne demain, après-demain, ou dans une semaine ? Au nom de quoi ? Parce que c'est moi ? Parce que c'est mon élection ? Alors répétez-le, je suis élu.

4:16
Locuteur 6

C'est extra, c'est extra.

4:22
Locuteur 4

A deux plans de Manuel Valls, alors ? Voilà, j'ai hâte. J'ai hâte qu'ils me tendent la main, je peux vous dire, vraiment.

4:29
Présentateur

Ça, c'est Clémentine Autain, qui découvre sa place dans l'hémicycle. Elle vient grossir le groupe des Insoumis, qui fait une entrée tonitruante au Palais Bourbon, entre le point levé de François Ruffin, qui n'en revient toujours pas d'avoir vaincu.

4:41
Locuteur 9

Parce que moi, je suis toujours prêt à la défaite. Je me prépare toujours au pire, comme ça, je ne suis pas déçu. Et puis je dis toujours, aide de gauche, c'est être habituel à la défaite, et on remonte quand même sur le cheval. Donc on est toujours tout surpris quand on gagne. Et Jean-Luc Mélenchon,

4:54
Présentateur

qui donne son mot d'ordre à ses jeunes collègues.

4:56
Locuteur 5

Non, faites qu'à votre tête. Voilà mon conseil. Je suis un président qui a passé tant d'années isolé et a voté contre tout son groupe tant de fois que ce n'est pas moi maintenant qui vais faire, je ne sais pas quoi, le mettre à la baguette. Bon, leur naturel, je les connais, ne les pousse pas à la baguette. Ceux qui sont les plus, comment vous dire, avec des épines là au bord, bon, allez tiens, toi par exemple. Daniel, c'est un caractère, Daniel Obono. Mais Daniel Obono, son métier, c'est bibliothécaire. Les bibliothécaires n'aiment pas la pagaille. Tout le monde le sait.

5:28
Présentateur

Daniel Obono, la nouvelle députée insoumise de Paris, qui se voit traduire en procès anti-France devant le tribunal des Grandes Gueules pour avoir défendu la liberté d'expression d'un groupe de musique.

5:37
Locuteur 6

Mais que dire du courroux de François Bayrou

5:50
Locuteur 7

qui considère qu'on l'a pris pour cible ? La France a été à d'autres époques, hélas, le pays des lettres anonymes. La dénonciation du voisin, qui vous gêne ou que l'on jalouse, est entrée dans une nouvelle époque. À cette déferlante, la démocratie ne résistera pas.

6:08
Locuteur 2

Vous voyez, ça c'est un nœud qui se fait tout seul. Mais des fois, il y a des nœuds qui se font tout seul.

6:12
Présentateur

Exit donc le ministre de la Justice qui retrouve, magie des institutions, sa mairie de Pau. Exit sa lieutenant, Marielle de Sarnez, qui retrouvait l'Assemblée Nationale, accueillie tout comme Richard Ferrand, l'éphémère ministre de la Cohésion des Territoires, désormais appelée à parfaire la cohésion, cette fois, du groupe La République En Marche. Il est là, tac. Ah oui, ils sont revenus. La magie opère encore pour certains proches du président qui, comme Benjamin Griveaux, font le chemin inverse de députés à secrétaire d'État, tout comme celles qui continuent de nimber l'aura d'Emmanuel Macron dans les commentaires de la quasi-totalité des éditorialistes.

Le soleil brille, certes, on tue un peu, on danse la samba sous une chaleur de gueux à l'Elysée pour la fête de la musique, tandis qu'à Calais, on pulvérise de l'acrymo les couvertures des migrants. Je dis que... Jacques Toubon, le défenseur des droits. On ne peut pas dire

7:01
Locuteur 5

la République vous embrasse tous. La nation française est une nation issue de la diversité et en même temps, aller sur le terrain des barbares.

7:09
Présentateur

Magie de l'époque, ça n'entame pas la volupté ambiante. L'été sera beau, promettent les uns. Chaud, estiment les autres.

7:15
Invité politique

C'est extra, c'est extra.

7:19
Présentateur

Laurence Perron et Léo Ferré. Il est 12h12 sur France Inter. Je suis le ténébreux, le veuf, l'inconsolé. Mais je suis très heureux d'accueillir Nathalie Saint-Crig.

7:34
Locuteur 7

Je suis le prince d'Aquitaine à la Torabolie,

7:36
Présentateur

quand tu savais, toi, elle est morte. C'est juste pour montrer qu'on connaissait... Mais mon lutte, c'est pour montrer qu'on était allés à l'école. Exactement. Ça va, Nathalie ? Très bien. Ça fait longtemps qu'on ne vous avait pas vu sur ce plateau. Nous sommes donc très heureux de vous retrouver. Françoise Fressoz, bonjour. Bonjour. Et Karine Bécart, Françoise Fressoz, le monde. Karine Bécart, France Inter. Bonjour, ma chère Karine. Bonjour.

7:55
Locuteur 6

Quel événement vous a marqué, Karine, cette semaine ?

7:57
Présentateur

Écoutez, je trouve qu'on a beaucoup parlé de la faiblesse ou pas de notre Premier ministre, Edouard Philippe. On l'a beaucoup dit, affaibli. Il s'est passé beaucoup de choses, effectivement, à l'Assemblée. On va reparler avec notre invité, bien sûr, du groupe Les Constructifs. Mais voilà, c'est un groupe qui est fait pour lui. On parle même du groupe Les Philippistes, parce qu'il est coincé entre cette majorité présidentielle où il ne connaît quasiment pas les députés qui y sont et le groupe de l'opposition de droite, dont il est issu, mais qui risque, effectivement, quand même, de le chambrer, en tout cas, de le bousculer. Alors, affaiblissement, je pose la question.

On a parlé ensuite de ce nouveau gouvernement où il y a un peu de droite qui rentre. Mais enfin, ce n'est pas des ténors. Sébastien Lecornu, je pense que peu de Français le connaissent encore. Jean-Baptiste Lemoyne. Donc, voilà, est-ce qu'il y a une faiblesse ? Est-ce qu'il est plus faible ? Quel est son rapport avec Emmanuel Macron ? Est-ce qu'Emmanuel Macron est en train de l'écraser ? Il y a un truc qui est important. J'ai honte de dire truc, mais il y a un truc qui est important. Allez-y, c'est dimanche. Chez Édouard Philippe, c'est qu'il aime travailler pour un patron. Édouard Philippe, il a toujours traité Alain Juppé de patron. C'est exactement le mot qu'il utilisait.

Il était épaté intellectuellement par son patron. Il a besoin d'être épaté. Et je pense qu'il est exactement dans cette relation-là avec Emmanuel Macron. Alors, bien sûr qu'il doit veiller à ne pas non plus être totalement écrasé. Mais il a trouvé plus fort que lui. Et ça, je pense que ça lui fait vraiment plaisir. Alors, il va sans doute avoir envie de le dépasser. Mais je pense qu'il peut y avoir une vraie complicité entre ces deux hommes-là. Françoise Fresseau, osez-vous ?

9:26
Locuteur 4

Alors, moi, c'est une interrogation sur la nature, la vraie nature du macronisme. Sur le fond, sa doctrine est assez sociale-libérale. Elle est fondée sur la liberté, la responsabilité de l'individu. Et Macron est l'homme qui a réhabilité le libéralisme en France. Mais sur la forme, on n'est pas du tout là. Parce que le libéralisme politique, en principe, ça revendique la limitation du pouvoir du souverain. Et là, c'est tout le contraire qui se passe depuis le début du quinquennat. On assiste à Macron hyper-président, à Macron qui concentre tous les pouvoirs. Cette semaine, ça a été un festival d'hyper-présidence. D'abord, ce remaniement.

Quatre gêneurs qui étaient compromis dans les affaires. Il les enlève du gouvernement.

10:04
Locuteur 6

Et parmi ces gêneurs, il y avait les représentants d'Imodem qui prétendaient que j'erais avec lui.

10:09
Locuteur 4

Terminé.

10:09
Locuteur 5

Dehors.

10:10
Locuteur 4

Ensuite, on l'a vu au moment de l'élection, ou plutôt de la désignation du président du groupe majoritaire à l'Assemblée nationale, Richard Ferrand.

10:17
Locuteur 6

Il n'y avait pas de candidat contre lui. 306 députés. 308 députés unanimes à voter Richard Ferrand. Et qu'il avait désigné Emmanuel Macron. Mais après tout, c'est normal, puisque les marcheurs avaient été élus sur la tête d'Emmanuel Macron.

10:32
Locuteur 4

Et puis, on l'a vu aussi dans cette obsession d'Emmanuel Macron de contrôler son discours, son image. Il choisit ses journalistes, il choisit ses photographes pour faire son récit, le récit de son quinquennat. Jean-Christophe Cambadélis, le patron du PS, appelle ça le bonopartisme social-libéral. Et j'ai l'impression que Jean-Christophe Cambadélis n'est pas le seul à le penser, parce que tous ceux qui ne sont pas dans l'orbite présidentielle en sont maintenant à invoquer la séparation des pouvoirs et Montesquieu pour tenter d'exister. Finalement, l'histoire est un éternel recommencement.

11:03
Présentateur

Nathalie Saint-Crick, vous avez la parole, événement de la semaine. Deux secondes sur l'absence de sens critique des marcheurs. Alors c'est normal, ils sont jeunes, ils viennent d'arriver, ils ont été élus grâce à Emmanuel Macron. Et pour moi, essayer d'en avoir un peu plus comme les journalistes peuvent en avoir, notamment à propos de Calais et des réfugiés. On a entendu tout à l'heure dans le reportage de Laurence Perron ce que disait Jacques Toubon. Et on a assisté à deux phrases, à deux déclarations en même temps en fin de semaine. Une de Gérard Collomb qui donnait l'impression d'incarner une ligne assez dure et une ligne du genre on n'a pas besoin de ça.

Et une d'Emmanuel Macron qui était, on peut les accueillir. Alors autant le « en même temps » est le sens de la nuance et peut incarner cette façon de refuser le simplisme en disant que tout est toujours complexe. Autant, pour au moins comprendre quelque chose avec un politique, il faut un peu nous dire où on va. Et c'est trop grave sur ce sujet-là de nous donner l'impression que finalement il y a deux lignes. Donc ça serait bien d'avoir une clarification. Et pour l'avoir, c'est peut-être pas le groupe qui va la demander parce que le groupe est discipliné.

Il faudrait peut-être que ça vienne soit de l'opposition, s'il en reste, soit peut-être des journalistes si un jour ils peuvent poser une question. Oui, c'est un vaste programme pour les cinq ans qui arrivent, ma chère Nathalie. Et à 12h17, nous accueillons notre premier invité, Franck Riester, député Les Républicains de Seine-et-Marne. Son portrait, Karine Bécard. Bonjour Franck Riester. Bonjour Karine Bécard. Franck Riester, tout plaidait pour que vous décrochiez cette fois vraiment un ministère.

Tout plaidait parce que vous êtes issu de cette droite soluble dans le macronisme du président, tant parce que vous êtes jeune, 43 ans, même si vous faites tout de même de la politique depuis déjà très longtemps, et puis parce que vous venez du privé, vous êtes le patron de cette concession automobile. Sans oublier, ça ne fait pas tout, mais c'est important, votre proximité, voire votre amitié avec Edouard Philippe, le Premier ministre. Ce qui est assez incroyable, Franck Riester, c'est qu'en fait, régulièrement, vous êtes promis à un ministère. Il y a un mois et demi, tout le monde vous voyait entrer dans le premier gouvernement de cette nouvelle ère.

Tout le monde, enfin tous ceux, et ils sont nombreux, qui vous ont envoyé leur CV parce qu'ils étaient persuadés que vous alliez être nommés.

13:17
Locuteur 7

Même à l'époque de Nicolas Sarkozy, sous son quinquennat, votre nom circulait déjà au moment des remaniements,

13:25
Présentateur

plus exactement à mi-mandat, après la loi Création et Internet, la loi Adopi, que vous, Franck Riester, le plus jeune des députés UMP, aviez obtenu de rapporter. Alors je reprends Karine, Nicolas Sarkozy, Emmanuel Macron, fidèle le mairiste ou néo-juppéiste, ou désormais vrai macroniste ? En fait, rien de tout cela, je crois. Super. Vous avez commencé, Franck Riester, très tôt la politique. D'ailleurs, petit déjà, vous adressiez chaque année un courrier au président de la République. Vous confirmez ? Oui, c'est vrai. Je lisais lors des dîners de famille. Oui, c'est ce que j'ai lu, effectivement. Bon, et plus sérieusement, ou en tout cas plus concrètement, vous avez 21 ans.

Quand vous devenez conseiller municipal de Coulomiers, 21 ans, vous avez été maire pendant quasiment 10 ans. Et vous avez récemment décidé, parce qu'il fallait faire un choix, de rester député, et c'est déjà votre troisième mandat. Mais jamais, Franck Riester, vous n'avez semblé être l'affidé de qui que ce soit. Vous avez soutenu la loi Bourca de Jean-François Copé. Vous n'avez pas détesté le président Sarkozy, loin de là. Mais vous n'en vouliez plus à la tête de votre parti. C'est là que vous vous rapprochez de Bruno Le Maire, jusqu'à la primaire. Une fois perdu, lui est allé chez François Fillon. Peu importe, vous avez préféré Alain Juppé.

Cela fait tout de même un drôle d'itinéraire, vous en conviendrez. Et en même temps, à bien vous observer, vous avez toujours semblé défendre vos idées et faire vos choix avec sincérité. Vous n'êtes donc probablement pas, vous, un macroniste par arrivisme. Mais reconnaissez en revanche qu'à l'Assemblée, le nouveau groupe auquel vous appartenez, les constructifs, apparaît, lui, tout à fait opportuniste. Parce que soit vous êtes dans la majorité, soit vous ne l'êtes pas. Or, en formant cet espace intermédiaire, vous donnez l'impression que votre macronisme pourrait faire machine arrière, possiblement quand le gouvernement sera, dans quelques mois, un peu moins populaire.

Franck Riester, un mot de réaction à ce portrait tout en nuances ? Écoutez, je crois que ce qu'attendent les Français aujourd'hui de leurs responsables politiques, c'est qu'ils soient authentiques, qu'ils défendent leurs convictions fidèlement, qu'ils soient à la fois attachés à avoir une certaine éthique politique, la façon dont on fait de la politique, comment on se comporte en politique, et en même temps, sur le fond, de défendre ses valeurs, ses idées, ses convictions.

Et dans cette période très complexe, pour les responsables politiques, reconnaissez-le, de cette succession de primaires, d'élections présidentielles, les rebondissements particulièrement à droite, les élections législatives, je pense, et en tout cas c'est dans cet état d'esprit que je me suis comporté, il fallait absolument rester en cohérence avec son éthique politique et ses idées. Et c'est comme ça, dans cet état d'esprit-là, que je souhaite inscrire mon travail dans ce groupe des constructifs. C'est-à-dire défendre les idées qui sont les miennes, les idées de la droite et du centre, mais en même temps, faire en sorte que... Ça veut dire pas que vous le dites déjà en même temps.

Oui, mais faire en sorte qu'il puisse y avoir des résultats. Parce que je me suis, comme beaucoup de responsables politiques, pas tous malheureusement, rendu compte, à un moment donné, de la vie politique, moi c'était en 2015, lors des élections cantonales et régionales, que les Français n'en pouvaient plus de la façon dont on faisait la politique, n'en pouvaient plus de ces comportements clanniques, n'en pouvaient plus de cette absence de résultats dans les politiques que nous conduisions. Et donc, il fallait absolument en tirer les conséquences, c'est-à-dire agir d'abord pour son pays, avant d'agir pour son parti. Karine, Françoise, Nathalie.

On entend très bien ce que vous dites, et en même temps, moi aussi, dans ce qui se passe, on a l'impression que vous n'avez surtout pas choisi, c'est-à-dire que vous pourriez être dans la majorité présidentielle, ça serait réglé, après tout, vous n'aviez pas de candidat, la République en marche contre vous, et vous auriez pu rester chez votre famille, la droite. Vous êtes coincé entre deux feux, là, non ? Non, je ne suis pas coincé, je suis libre, au contraire. Je suis libre, je ne fais pas partie de la majorité présidentielle, mais je souhaite que ce quinquennat soit une réussite pour la France.

Je souhaite qu'il y ait des résultats, je souhaite que ça aille mieux dans cinq ans qu'aujourd'hui, pour le pays, pour les Français qui attendent ça. Et je pense que pour y arriver, il faut que les valeurs et les conditions qui sont les miennes, celles de la droite et du centre, libérer les énergies de ce pays, restaurer l'autorité de l'État, refonder l'école, et bien que ces idées soient mises en œuvre le plus possible. C'est la majorité présidentielle. C'est la majorité présidentielle. Et donc, je considère que pour y arriver, il faut influencer positivement, d'une façon constructive, le travail du gouvernement et du Parlement.

Et pour ça, nous serons libres dans le groupe, à défendre, accompagner, voter les projets-lois qui nous paraîtront aller dans le bon sens, et en même temps, s'opposer clairement aux textes qui nous paraîtront ne pas aller dans le bon sens. Et on sera d'autant plus crédible pour le faire qu'on ne se sera pas opposé d'une façon stérile, systématiquement, comme malheureusement, je sens que le groupe Les Républicains va le faire. On va y venir en détail, Françoise.

18:20
Locuteur 6

Alors, la réponse du groupe Les Républicains,

18:21
Présentateur

c'est de dire, un, nous, on garantit la liberté de vote, donc pourquoi ils sont partis ? Pourquoi ils sont partis ? Parce qu'ils veulent être ministres, et en fait, c'est de l'opportunisme personnel.

18:28
Locuteur 4

Qu'est-ce que vous répondez à ça ?

18:30
Présentateur

Vous savez, j'ai pendant 5 ans été dans l'opposition dans le groupe Les Républicains. Chaque fois, chaque fois, on discutait de la façon dont on pouvait planter le projet-loi qui venait en discussion, y compris quand c'était des projets-lois, je pense à la loi Macron, je pense à la loi El Khomri, qui pouvaient aller dans le bon sens.

On était pendant ce temps de se dire, comment on peut faire en sorte que ça réussisse, faire en sorte qu'on l'enrichisse en allant plus dans notre sens, dans les idées qui sont les nôtres, et en fin de compte que quelque part, cette avancée, la loi El Khomri ou la loi Macron, qui n'allait peut-être pas aussi loin que nous l'aurions souhaité, mais au moins que ça puisse être voté, et qu'on nous accompagnons, ce mouvement. Eh bien non, on a toujours été dans l'idée de dire comment faire planter le projet.

La phrase favorite, il y a deux phrases favorites de Christian Jacob, et puis plus largement des dirigeants du groupe, c'était de dire, quand on est dans l'opposition, on s'oppose, et on ne va pas faire ce cadeau-là à Hollande. Ce n'est pas à Hollande qu'on aurait pu faire le cadeau, c'est à la France. Nathalie ? Pourquoi finalement ne pas franchir le pas ? Parce que là, vous êtes critique, vous êtes constructif dans l'opposition, vous pourriez être critique dans la majorité. En gros, finalement, on se dit, pourquoi pas aller dans la majorité,

19:36
Locuteur 4

quitte à être toujours vigilant ? Première question, et deuxièmement,

19:40
Locuteur 6

qu'est-ce que ça va donner à l'échelon du parti politique ? C'est-à-dire que là, vous pouvez faire votre groupe avec les autres, en étant des constructifs, qu'est-ce que vous avez encore à faire chez les Républicains, dont on a l'impression que ce n'est pas votre ligne qui va l'emporter ? C'est clair, comme ça, on y va.

19:55
Présentateur

J'ai répondu tout à l'heure à la partie si j'avais été dans le groupe Les Républicains, là, c'est effectivement si j'avais été dans le groupe La République en marche. On sait qu'il y a le fait majoritaire. Le fait majoritaire, j'étais aussi dans la majorité de 2007 à 2012, et bien quand on est dans la majorité, on vote comme la majorité, parce que sinon, les lois ne passent pas. Ça s'appelle le fait majoritaire. C'est un fonctionnement de notre République aujourd'hui.

Je considère, je considère que nous avons beaucoup plus à apporter, y compris à l'exécutif et y compris donc aux Français dans la mise en œuvre de la modernisation du pays en étant à l'extérieur de la majorité et avec cette liberté justement de pouvoir s'opposer quand c'est nécessaire et cette liberté d'amender, en tout cas de proposer des amendements que nous n'aurions peut-être pas la possibilité de dire ou de faire si nous étions dans la majorité. Françoise. Et sur le parti. Nathalie, pardon. C'est là, vous allez être pour faire un sous-groupe de les Républicains.

Et sur le parti, mais attendez, nous étions, je ne suis pas le premier à l'avoir dit, notre collègue Thierry Solaire l'a déjà dit, nous étions 350 en 2002. Nous étions députés UMP à l'Assemblée nationale. Nous étions 300 en 2007, 200 en 2012. Nous ne sommes plus qu'à peu près une centaine aujourd'hui. Si on continue comme avant dans le parti politique, si on continue avec les mêmes méthodes, les mêmes pratiques et la même ligne politique que nous avons en gros depuis 2010, depuis 2009, 2010, eh bien nous continuerons à aller dans le mur et nous ne nous retrouverons pas plus nombreux que le Parti Socialiste en 2022.

Donc il faut refonder en profondeur la droite et le centre à commencer par le Parti des Républicains. Écoutez, d'abord, on va modifier la façon dont on doit travailler, à mon avis, pour être en conformité avec ce qu'attendent les Français au sein du groupe et on verra avec mes amis et avec beaucoup de gens qui sur le terrain nous disent « Ah, enfin, une autre façon de faire de la politique, comment refondre le fonctionnement de notre parti politique et plus largement de la droite et du centre ? » Rapidement, Françoise Fresseauze.

21:43
Locuteur 4

Vous avez décrit une difficulté au Parlement, c'est-à-dire la majorité à l'appui, l'opposition, elle s'oppose. Est-ce qu'on peut inventer aujourd'hui une nouvelle pratique pour que le Parlement compte davantage, y compris aux yeux des Français ?

21:54
Présentateur

Franck Riester, rapidement. Je pense que oui. Le président de la République l'a démontré avec l'exécutif, parce que quand même c'est assez novateur, de nommer comme Premier ministre un ministre issu de la famille politique qui n'était pas la sienne au départ, en l'occurrence la droite, de nommer un ministre de l'économie, des finances, du budget, de droite, c'est quand même déjà une autre façon de concevoir la gouvernance de ce pays. Je pense qu'au Parlement, oui, on peut créer une autre façon de se comporter, une autre façon d'agir, une autre façon de travailler et c'est vraiment ce qu'attendent nos compatriotes.

Et je vais vous dire, sur le terrain, la ligne que j'ai défendue pendant toute la campagne, il a fallu l'expliquer au départ. Mais après, j'ai dit, mais oui, bien sûr, c'est ça qu'il faut faire. Bien sûr qu'on a envie de ça. On n'en veut plus de vos joutes, de vous voir vous envoyer des noms d'oiseaux à la tête, vous étiez là. Mais franchement, j'ai eu honte pendant 5 ans et même parfois pendant 10 ans. Mais pourquoi vous ne l'avez pas dit ? Mais je l'ai dit. Je l'ai dit, reprenez mes déclarations, reprenez mes tweets, reprenez les...

D'ailleurs, avec un certain nombre de mes collègues, y compris Edouard Philippe et Thierry Solaire, on l'a dit qu'on ne pouvait plus accepter un comportement pareil dans l'hémicycle. Les Français ne supportaient plus ça. On va essayer à notre niveau de contribuer à une autre image de l'Assemblée nationale. Retour sur le plateau de questions politiques, l'émission politique de France Inter, France Info et Le Monde. Bienvenue à ceux qui nous rejoignent. Émission spéciale aujourd'hui, deux invités, Franck Riester, député Les Républicains de Seine-et-Marne qui va répondre dans quelques instants à vos questions.

Si vous souhaitez l'interroger sur tel ou tel point, 01 45 24 7000 franceinter.fr, Facebook Live et Twitter avec le mot-clé question Paul. Nathalie Saint-Cricq de France Télévisions, Françoise Fresseauce du Monde, Karine Bécard de France Inter sont à mes côtés. Est-ce qu'on pourrait revenir, Franck Riester, sur la catastrophe qu'a été l'élection présidentielle pour la droite ? Pourquoi la droite a-t-elle perdu ? Est-ce simplement l'échec d'un homme, François Fillon, ou un échec plus grave ? C'est-à-dire ne pas être du tout en phase sur le plan des idées avec ce que semblait vouloir les Français ? La réponse est dans la question. Oui, c'est les deux.

C'est un acharnement à se présenter alors même qu'il y avait évidemment des boulets énormes au pied de François Fillon. Et puis, deuxièmement, un projet politique qui n'avait pas du tout su se renouveler par rapport aux attentes de nos compatriotes. Comment vous le qualifiez ce projet politique ? De quelle nature idéologique était-il ? Écoutez, il était un projet qui, à mon sens, était un projet trop centré sur une partie de la population et pas du tout en capacité de parler à tout le monde.

C'est-à-dire que, par exemple, il y avait une dimension très importante économique pour améliorer le fonctionnement des entreprises et je pense que c'est très important puisque l'environnement économique et social de notre pays pour les entreprises n'est pas suffisamment à même de leur donner les moyens d'être compétitives ces entreprises face à la concurrence mondiale mais il fallait expliquer en parallèle en quoi c'était une avancée aussi pour les salariés de ces entreprises et plus largement pour les Français. C'est du gagnant-gagnant cette démarche de politique économique autour, je dirais, d'une politique de la production. Ça n'a pas été fait. Ça n'a pas été dit.

Les discours étaient systématiquement sur les chefs d'entreprise. Regardez ces images dans une émission de France Télévisions de France 2 où c'était question politique Non, ça c'est là où vous êtes. Oui, d'accord. L'émission politique. L'émission politique où on voit un reportage où François Fillon est comme désarmé devant des personnels d'un hôpital incapables de pouvoir dire en quoi, outre la nécessaire modernisation de l'administration, ce que les décisions que nous aurions été amenés à prendre auraient amélioré le quotidien de ces personnes-là. C'est dramatique. Il était coupé de ces personnes-là et muet devant leurs attentes. Or, on a une administration exceptionnelle.

Il a gagné la primaire quand même. Pardon ? Il a gagné la primaire quand même. Ou alors ça remet en question il y a l'injupé. Attendez, ça effectivement il y a une autre partie de la question. C'est de dire est-ce qu'effectivement la primaire ne conduit pas à ce que soient choisis les candidats les plus centrés sur un noyau dur de militants. C'est ce que vous pensez ? En tout cas, c'est ce qui s'est démontré tant à droite qu'à gauche.

Pour autant, et c'est là où est passé à côté aussi François Fillon avant même qu'il y ait le Penelope Gate, c'est cette capacité à élargir ensuite son projet à toutes les différentes sensibilités de la droite et notamment aux projets qui ont été portés par d'autres candidats Alain Juppé, Bruno Le Maire, Nassalie Coulouse.

26:38
Locuteur 4

Comment expliquez-vous ce blocage ? Pourquoi ça ne s'est pas fait ?

26:40
Présentateur

Je pense que c'est dans le caractère de François Fillon de ne pas travailler en collectif et en équipe. Je pense que c'est un des éléments problématiques.

Et le deuxième point c'est qu'il a réussi à gagner la primaire alors que tout le monde l'imaginait perdant et peut-être que lui il finissait par y croire aussi qu'il n'avait pas gagné parce qu'il a eu le soutien d'un petit groupe très radicalisé sens commun et d'autres qui l'ont pris en main si je puis dire et qui l'ont quelque part emprisonné dans une ligne politique dure et il était hors de question pour eux d'imaginer que leur champion une fois qu'ils avaient réussi à le sortir de là où il était c'est-à-dire en troisième ou quatrième place pour le mettre en première place qu'ils puissent accepter qu'ils changent son projet politique et donc c'est peut-être aussi un manque de caractère contrairement à ce qu'on peut imaginer vu la façon dont il s'est obstiné à ne pas lâcher la candidature à l'élection présidentielle mais pas suffisamment de caractère pour imposer à ses troupes d'élargir son projet

27:40
Locuteur 6

Il porte la responsabilité intégrale de l'échec ou il y a quand même d'autres raisons ?

27:44
Présentateur

Alors il y a des raisons qui sont des raisons d'incapacité depuis des années à notre parti politique de renouveler les équipes renouveler les idées enfin franchement quel signal en 2014 de reconduire comme président de notre famille politique celui qui avait été président de notre famille politique dix ans avant comment penser qu'on peut réécrire l'histoire de la même façon C'est les militants qui ont choisi Oui mais c'est les militants ils sont aussi influencés par les cadres de notre parti qui ont tous suivi celui pour lequel ils devaient un ministère une fonction ici ou là donc cette incapacité d'avoir le courage y compris de dire à son ancien chef c'est plus le moment c'est plus ton moment on ne peut pas refonder une famille politique en reprenant ceux qui ont été en responsabilité dix ans avant je l'ai dit on était combien à dire à quelques-uns à soutenir la candidature de quelqu'un de nouveau qui était Bruno Le Maire c'est le seul qui à cette époque-là eu le courage de s'opposer à Nicolas Sarkozy alors même qu'il lui devait quelque chose c'était fort ça on lui a dit tu craches dans la soupe mais non c'était au contraire du courage que de dire attention si on reprend les mêmes et les mêmes idées on ira dans le mur car nous avons été dans le mur et donc aujourd'hui on refonde avec qui vous proposez qui Jean-François Copé par exemple propose une direction collégiale est-ce que ça vous semble être une bonne idée et surtout qui on met autour de la table les trentenaires et les cadragénaires avant de répondre à ça je voudrais compléter la réponse il y a eu cette incapacité à renouveler les équipes et à renouveler les idées et il y a eu cette incapacité de lâcher François Fillon en tout cas de dire à François Fillon stop on ne continue pas le trocadéro pardon c'est le signal qu'un certain nombre de nos responsables politiques n'ont pas eu le courage de prendre leur responsabilité c'est Nicolas Sarkozy

29:29
Locuteur 6

qui n'a pas débranché François Fillon

29:31
Présentateur

c'est ceux qui étaient à la tribune du trocadéro il suffit de reprendre les images François Fillon a donné

29:34
Locuteur 6

une nouvelle version de sa présence Luc Châtel aussi on sait très bien que Nicolas Sarkozy gérerait plein de choses à votre avis quelle est la responsabilité de Nicolas Sarkozy ?

29:42
Présentateur

écoutez vous savez en politique il y a ce qu'on prête aux gens et puis il y a ce qu'ils font publiquement moi je regarde que ce que les gens font publiquement publiquement Nicolas Sarkozy ne s'est pas exprimé et c'est quand même une question et deuxièmement il avait un certain nombre d'amis Sarkozy qui étaient à la tribune du trocadéro et qui n'étaient pas là parce qu'ils pensaient que François Fillon allait se retirer enfin personne ne peut le croire ce que dit François Baroin pour que tout le monde comprenne aujourd'hui personne ne peut le croire en tout cas moi j'ai vraiment du mal à croire et ces gens là ont cautionné le maintien de François Fillon comme notre candidat c'était écrit qu'on ne pouvait pas dans un moment où les français voulaient changer la façon de faire la politique retrouver un lien de confiance avec leurs responsables politiques de cautionner quelqu'un qui était parjure il avait dit quand même pardon que s'il était mis en examen il se retirait il a été mis en examen il a continué sa campagne mais comment gagner une élection présidentielle dans un pays comme le nôtre c'était pas possible mais sincèrement vous pouviez gagner avec Alain Juppé Alain Juppé il a le même problème d'être un ancien Premier ministre il fallait essayer au moins Karine Bécard surtout qu'on ne remplit pas les conditions que vous dénonciez tout à l'heure on nous a dit mais attendez mais on ne peut pas le faire parce que de toute façon c'est le projet politique qui compte ce n'est pas François Fillon c'est le porteur d'un projet politique validé par la primaire François Fillon battu les mêmes qui l'ont soutenu en exprimant ce que je viens de vous dire comme argument pour le défendre il faut maintenir le projet ont changé en profondeur le projet mais quelle crédibilité Karine Bécard donc oui pour répondre à votre question juste avant il va falloir refonder en profondeur avec des gens différents avec des gens qui ont envie de construire une nouvelle offre politique à la droite et au centre une offre politique qui va d'abord se concentrer à travailler pour faire en sorte que le quinquennat soit une réussite parce que les français n'ont pas envie qu'on attende simplement 2022 pour travailler et nous on a été élus à l'Assemblée Nationale pour travailler pour avoir des résultats pour changer les choses mais on s'appuie sur qui ?

31:37
Locuteur 1

sur les députés nouvellement élus sur les maires par exemple

31:40
Présentateur

on s'appuiera sur toutes celles et ceux qui veulent participer à cette oeuvre de refondation et de notre ligne politique et de nos méthodes et de notre gouvernance ça veut dire qu'il faut faire le ménage

31:47
Locuteur 6

avec tous les autres vous avez parlé de la photo du trocadéro

31:50
Présentateur

c'est Nathalie Saint-Cré puis Françoise François

31:51
Locuteur 6

c'est à dire que si on regarde bien la photo du trocadéro on a effectivement Châtel, Barron ça veut dire que tout ça

31:56
Présentateur

et que vous qui par exemple on est dans d'autres démocraties quand ceux qui ont des responsabilités qui ont perdu deux élections présidentielles de suite deux législatives de suite à un moment donné c'est pas non mais c'est pas dehors et bien aussi on laisse la face à d'autres pour du renouvellement pour laisser la place à d'autres pour porter un nouveau projet politique Françoise Fressos puis après on parle de Jupiter s'il vous plaît

32:19
Locuteur 4

avant de parler de la reconstruction pourquoi Emmanuel Macron a réussi là où Bruno Le Maire à droite avait échoué parce que vous l'avez soutenu il incarnait la rénovation face à Sarkozy il a échoué la droite n'en a pas voulu pourquoi Emmanuel Macron réussit lui

32:34
Présentateur

ce pari là parce qu'il a quelque part démontré en étant ni dans le parti socialiste dans la primaire ni dans la primaire de la droite que quelque part il était en adéquation avec ce qu'il proposait c'est à dire qu'en gros il démontrait par sa transgression que ce qu'il portait comme projet c'est à dire de refonder en profondeur la gouvernance de ce pays de changer la façon de faire la politique de changer les idées il le mettait en oeuvre dès sa candidature en transgressant les partis politiques traditionnels

33:06
Locuteur 6

c'est à dire qu'on ne pouvait pas gagner en restant uniquement dans la droite

33:09
Présentateur

et deuxièmement à mon avis très complexe et deuxièmement il a été très audacieux sur un certain nombre de propositions ce qui n'a à mon avis pas été suffisamment le cas de Bruno malgré un certain nombre de propositions fortes qu'il a fait il a il le reconnaît d'ailleurs avec beaucoup d'humidité et de lucidité sûrement manqué d'audace pour convaincre les français que le renouveau qu'il portait était bien un renouveau aussi dans le projet et ça n'a pas été compris comme ça suffisamment Nathalie Saint-Cré

33:36
Locuteur 6

sur les premières semaines d'Emmanuel Macron Françoise tout à l'heure parlait de bonapartisme est-ce que vous êtes satisfait est-ce que vous êtes critique

33:43
Présentateur

est-ce que vous considérez que les choses se passent comme elles devaient se passer sur les premières semaines à l'Elysée d'Emmanuel Macron Franck Riester écoutez vous savez on a tellement dit vous et nous que que que

33:58
Invité politique

que

33:59
Présentateur

que François Hollande faisait preuve d'amateurisme que parfois Nicolas Sarkozy faisait preuve peut-être d'une certaine inconstance parfois dans dans la ligne politique qui était la sienne que d'avoir quelqu'un qui est professionnel quelqu'un qui est organisé et pas trop justement l'absence de discussion et le côté c'est moi qui décide je ne suis pas politique mais en fait il l'est totalement encore plus que tout le monde tout se décide dans son bureau il coache tout il met des ministres qui sont plus des experts de manière à avoir la main sur tout ça vous on ne se dit pas qu'on est en Corée du Nord mais est-ce qu'il n'y a pas quelque chose qui a quelque chose qui vous inquiète sur le rôle de l'Assemblée c'est certain qu'il va falloir s'assurer à l'Assemblée nationale que l'Assemblée joue son rôle son rôle de contrôle de l'action du gouvernement son rôle de travail de fond sur les projets qui seront proposés par le gouvernement ça je ne peux pas vous le dire maintenant a priori c'est compliqué de le dire mais en tout cas il faudra être très vigilant et ensuite qu'est-ce que vous voulez que je vous dise on a des institutions qui donnent des pouvoirs énormes au président de la République quand le président public est bon quand il est professionnel quand il a une autorité politique et bien il exerce ce pouvoir là si c'est bon pour le pays tant mieux Karine Bécard est-ce que malgré tout quand on voit quand même la semaine qu'on a vécu et notamment le début de la semaine avec l'hécatombe Sylvie Goulard qui démissionne François Bayrou ensuite Marielle de Sarnez on se dit quand même qu'il y a des affaires il y a des problèmes est-ce qu'il n'y a pas trop d'indulgence de la part des français en ce moment et est-ce que cette indulgence vis-à-vis d'Emmanuel Macron va pas au bout d'un moment se retourner contre lui dans quelques mois quand on en a droit les premiers résultats là aussi on a suffisamment dit qu'il y avait des décalages chez un certain nombre de responsables politiques entre le discours et les actes là objectivement il a fait de sa candidature il a fait de l'exemplarité en politique de la moralisation de la vie politique un des éléments forts de sa candidature et en moins d'un mois on a découvert quand même qu'on avait un gouvernement il en tire les conséquences il en tire les conséquences il faudra d'ailleurs qu'on s'interroge collectivement je ne sais pas s'il en tire les conséquences je ne l'ai pas entendu sur ce sujet là les ministres modèles ne sont plus au gouvernement et Richard Ferrand n'est plus au gouvernement il a tiré les conséquences il est le patron du groupe d'accord mais en fait ils ne sont plus au gouvernement cela dit il faudra quand même se poser une question collective c'est toujours très difficile sur ces sujets là parce que autour de la justice il y a toujours des tensions il y a toujours des arrières pensées mais il faudra se poser la question de ce qui doit être accepté pour un responsable politique en termes de questionnement sur

36:34
Locuteur 6

ça va vite là ça va vite c'est-à-dire il ne parle même plus de mise en examen quand François Bayot parle de la cocotte minute en disant sur mélange les réseaux sociaux les médias les affaires ça veut dire que quelqu'un dès qu'il y a une ligne dans un journal

36:43
Présentateur

c'est effectivement un vrai sujet et il faudra qu'on se pose la question collectivement les médias les politiques pour savoir concrètement qu'est-ce qui peut être acceptable parce que sinon on peut tomber dans une dérive très rapide d'anti-parlementarisme d'anti-politique et de déstabilisation facile des responsables politiques de ce pays François François François

37:05
Locuteur 4

à ce sujet-là vous êtes pour la suppression de l'immunité parlementaire ou pas ?

37:11
Présentateur

Alors à titre personnel je pense qu'on est arrivé à un point où tout ce qui donne le sentiment à nos compatriotes que les parlementaires ont des avantages induits doit être supprimé surtout quand en plus concrètement objectivement cette immunité parlementaire elle est systématiquement levée elle a été vous le savez fondée et mise en oeuvre au moment de la révolution pour pas que l'exécutif utilise des pressions physiques presque sur les parlementaires à des fins politiques c'est-à-dire qu'elle protège le parlementaire par rapport à des dispositions de privation de liberté publique garde à vue par exemple on n'en est plus là quand même on n'en est plus à ce qu'on se retrouve dans un cachot à moitié torturé pour changer un vote d'un député pour autant les français ont le sentiment à chaque fois qu'on dit il y a une immunité parlementaire il faut la lever qu'on a des privilèges et que eux quand ils sont incriminés quand ils sont inquiétés par la justice personne leur donne d'immunité et donc je pense aussi comme l'a émis Thierry Solaire que de supprimer cette immunité parlementaire serait une bonne chose est-ce que ça vous semble que Richard Ferrand quitte le gouvernement

38:21
Locuteur 6

parce qu'il y a une enquête préliminaire sur lui et qu'il soit élu président du groupe à l'Assemblée nationale comme si à l'Assemblée on n'avait pas les mêmes critères d'exigence

38:29
Présentateur

Écoutez être ministre de la République c'est un poste beaucoup plus exposé que d'être parlementaire fut-il président d'un groupe parlementaire et donc je pense qu'effectivement il n'y a pas la même exposition Et pourquoi vous faites

38:48
Locuteur 5

de la langue de bois pour défendre le patron du groupe

38:51
Présentateur

La République en marche ?

Vous êtes dans le groupe Les Républicains certes constructifs allez-y vous êtes libre de votre parole Je suis libre de ma parole J'essaye d'être sérieux sur ces sujets-là Je pense que C'est un sujet sérieux c'est une question précise essayez de Je ne sais pas de nous dire ce que vous pensez Je vous dis ce que je pense Vous parlez d'exposition alors qu'on parle d'exemplarité il faut la même exemplarité quand on est député quand on est ministre Oui mais il ne s'agit pas de dire qu'il n'est pas exemplaire on verra ce que la justice dit mais quand on est très exposé c'est très difficile de pouvoir continuer à exercer ses fonctions à ce niveau de responsabilité d'exposition s'il y a des soupçons comme ceux pour lesquels Richard Ferrand est mis en cause Donc c'est ça le point et c'est ce que je vous disais tout à l'heure et c'est pour ça que je vous dis les choses très clairement c'est qu'il faudra collectivement qu'on sache clairement jusqu'où va la présomption quelque part de culpabilité parce que c'est ça un peu c'est très difficile c'est un sujet très complexe je pense qu'effectivement au gouvernement il y a une exposition telle que les soupçons et c'est peut-être très injuste mais les soupçons tels que ceux pour lesquels Richard Ferrand est mis en cause à juste titre l'ont conduit à ne plus être en responsabilité au gouvernement

40:09
Locuteur 6

elle avait vocation à prendre la tête du groupe Modem et on a appris ce matin qu'elle renonçait que c'était Marfino c'est peut-être aussi une façon de

40:21
Présentateur

oui enfin c'est peut-être aussi une question de tempérament et de popularité il n'empêche quand même ça je ne sais pas franchement je ne sais pas vous dire je ne suis pas certain que Marianne de Sardes ne va pas être présidente de groupe pour ces questions là franchement je ne sais pas ça n'a pas été dit comme ça en tout cas il n'empêche quand même que Emmanuel Macron qui veut effectivement afficher cette idée d'exemplarité en poussant à la nomination de Richard Ferrand ça pose un problème il y a un hiatus là quand même écoutez moi ce que je vois c'est que il était au gouvernement il ne l'est plus les élèves du Modem ne sont plus au gouvernement il a pris ses responsabilités

40:55
Locuteur 6

c'est la question du double standard oui mais j'ai compris

40:57
Présentateur

standard éthique pour l'exécutif standard plus accommodant pour le parlement comment expliquer ça c'est pas une question de dire voilà ils ont fait ils ont été condamnés où il y a eu tel problème qui pose une question de morale publique et donc ils ne peuvent pas être en responsabilité politique c'est de se dire ils sont dans un gouvernement très exposé avec des pouvoirs importants est-ce qu'ils peuvent continuer à se défendre continuer à prouver leur bonne foi ou leur non-culpabilité leur innocence leur innocence merci on ne sait plus comment dire aujourd'hui leur innocence si ils sont toujours au gouvernement vous voyez c'est ça

41:37
Locuteur 6

Richard Ferrand à la tribune de l'Assemblée Nationale avec Jean-Luc Mélenchon qui après ira et tout ça à la télé il y a quand même un risque d'exposition et un risque de fragilisation Franck Riester et puis on regarde

41:47
Présentateur

l'avenir de la droite après ça sera le problème du groupe de la République en marche de savoir si politiquement leur président est à même de porter haut et fort leur projet et leur politique alors on a regardé en détail l'histoire immédiate ce qui s'est passé pour la droite dans cette élection présidentielle il va falloir la recomposer la droite elle n'a pas encore de leader elle n'a pas vraiment de ligne politique comment voyez-vous les choses encore une fois sur le plan des idées Macron a tranché d'après vous l'opposition qui traversait la droite entre un monde ouvert et un monde fermé on pouvait voir à droite des gens très critiques de la mondialisation très désireux d'avoir une France à nouveau protégée est-ce que cette opposition là a sauté déjà en tout cas c'est vrai que ça a mis un coin plus important de différenciation entre un certain nombre de mes collègues et qui sont pour une Europe peut-être plus frileuse qui sont pour une ouverture sur le monde plus limitée et nous nous celles et ceux qui sont convaincus de l'importance de l'Europe de l'importance de regarder le monde tel qu'il est plus largement de regarder la société telle qu'elle est et c'est la raison pour laquelle c'est d'autant plus facile pour des gens de droite et du centre comme nous comme moi de travailler intelligemment avec le gouvernement avec la majorité sur les projets qui vont nous être proposés parce que moi je suis favorable à la libération effectivement des énergies à l'assouplissement du marché du travail à refonder l'Europe mais d'une façon très déterminée mobilisée en faisant en sorte qu'il y ait plus de convergence quand Bruno Le Maire et le Premier ministre annoncent peut-être et le Président de la République que nous allons travailler pendant 10 ans avec les Allemands pour davantage de convergence sur la fiscalité par exemple des entreprises sur un certain nombre de sujets très importants qui touchent le quotidien de nos compatriotes je pense que ça dans le bon sens alors il va falloir effectivement qu'on clarifie les sensibilités au sein de la droite et du centre qu'on n'a pas réussi à faire entre 2012 et 2017 rappelez-vous on avait essayé de créer les mouvements les courants il y avait la droite forte il y avait les humanistes on n'a pas réussi à ce que tout ça fonctionne correctement un grand parti avec plein de courants dedans non sûrement pas je pense qu'il faudra trouver dans cette refondation la façon que chacun puisse exprimer ses idées tout en conservant une certaine unité quel monde commun entre la droite de Laurent Wauquiez et celle que vous êtes en train de décrire qu'est-ce qui fait que vous êtes de la même famille politique est-ce qu'il n'y a pas aujourd'hui après l'élection une scission claire et nette entre deux droites qui n'ont au fond plus grand chose à se dire écoutez en tout cas je vous dis le coin est de plus en plus fort et important entre ces deux droites mais il y a des points de convergence la nécessité de restaurer l'autorité de l'état la nécessité de restaurer l'autorité de l'état moi je suis convaincu qu'une des priorités des priorités et je pense que beaucoup de mes collègues le partagent y compris dans cette droite dont vous parlez c'est de miser investir massivement dans la justice on n'a pas nous à droite suffisamment investi dans la justice souvent par sectarisme en disant si les magistrats sont de gauche on ne va pas donner de l'argent à des gens de gauche et la gauche souvent par idéologie en disant de toute façon la justice c'est-à-dire la répression c'est pas prioritaire ce qui compte c'est la prévention donc la justice est exempte dans ce pays il faut investir dans la justice restaurer l'autorité de l'état ça on le partage avec Laurent Wauquiez et le Cioti la libération c'est aussi des idées Franck-Antoyester et des valeurs c'est aussi des batailles culturelles vous n'êtes vraiment plus sur la même planète de ce point de vue là sur un certain nombre de points effectivement on n'est pas du tout sur la même longueur j'ai même dit que c'était irresponsable par exemple quand Eric Ciotti ou Laurent Wauquiez ont dit entre les deux tours d'élection présidentielle qu'il ne fallait pas très clairement voter pour Emmanuel Macron laissant entendre que le vote blanc ou l'abstention étaient suffisants par rapport à la présence quand même au deuxième tour de la candidate de l'extrême droite là c'est pour moi absolument pas compatible avec l'idée même que je me fais de l'engagement politique donc voilà il y a effectivement un certain nombre de points qui devront être clarifiés maintenant je ne me dis pas par a priori que ce ne sera pas possible de rétablir des fondamentaux communs avec un certain nombre de mes collègues qui pour l'instant effectivement s'éloignent progressivement de la façon dont moi je conçois non seulement la façon de faire la politique mais aussi la politique de la droite et du centre il y a un souci

46:36
Locuteur 4

qu'un homme comme Xavier Bertrand met en avant c'est la reconquête de l'électorat populaire qui a visiblement été perdu par la droite est-ce que vous pensez que c'est une préoccupation majeure et comment faire

46:46
Locuteur 5

Franck Riesser puis Karine Bécard

46:48
Présentateur

évidemment que c'est une priorité on a comme je le disais tout à l'heure d'abord misé sur la politique économique sur des mesures qui étaient des mesures d'ordre technique qui s'adressaient aux chefs d'entreprise par exemple sans parler très clairement aux salariés de ce que ça pouvait leur apporter quand on dit par exemple à droite dans les discours il faut réduire le nombre de fonctionnaires sans expliquer qu'en quoi on estime qu'une administration moderne avec des objectifs clairs avec le retour d'une fierté d'être agent public moi je suis président d'un hôpital je ne le suis plus aujourd'hui l'hôpital de Coulomiers je peux vous assurer qu'il s'est créé des liens avec les agents de cet hôpital extraordinaire parce qu'ensemble on a mené des combats le combat de la permanence de la préservation d'un hôpital de proximité à Coulomiers en fixant des objectifs en disant bien sûr qu'il faut qu'on gère correctement l'hôpital mais ce n'est pas une fin en soi la fin en soi c'est d'offrir une qualité de soin la plus adaptée possible c'est donc retrouver la fierté et d'expliquer aux gens que s'il y a des décisions à prendre de modernisation de notre état de modernisation de notre économie in fine c'est pour tout le monde pas seulement ceux qui ont plus d'argent ou ceux qui ont des responsabilités pour tout le monde et c'est quelque part ce qu'a quand même réussi à faire Emmanuel Macron c'est qu'il a envoyé un certain nombre de signaux notamment je pense à la France des banlieues la fameuse France des banlieues peut-être pas suffisamment à la France rurale objectivement parce que moi je suis de la France rurale ces signaux-là on ne les a pas entendus de la même façon d'ailleurs ça fait partie des objectifs qui sont les nôtres dans le groupe des constructifs de travailler à la lutte contre la fracture rurale mais peut-être la grande différence la grande différence Franck Riester c'est que la droite a dit que la France avait un passé glorieux et Emmanuel Macron a dit qu'elle avait encore un avenir c'est pas ça ?

si si aussi bien sûr l'un n'est pas antinomique de l'autre mais c'est bien sûr donner un espoir se projeter et puis il a compris aussi l'évolution de la société je vous disais tout à l'heure l'évolution du monde mais aussi l'évolution de la société il a compris que la diversité de la société française était une force et pouvait être un atout considérable pour notre pays il a eu le courage de le dire je pense que c'est pas très courageux mais enfin un exploit en soi mais enfin

49:05
Locuteur 5

dans le champ politique français

49:07
Présentateur

en 2017 c'était une position archi minoritaire on est d'accord on est d'accord ça aurait pas dû l'être mais en tout cas ça l'a été et de comprendre qu'aujourd'hui enfin en tout cas moi j'en suis convaincu un des mots de la société française c'est ce sentiment pour beaucoup de nos compatriotes qu'ils sont pas respectés par la société pas respectés par la république que dans leur différence dans leur spécificité dans leur histoire personnelle familiale dans leur religion dans leur orientation sexuelle dans leur parcours dans leur statut social ils sont pas considérés de la même façon que les autres que quelque part on les regarde pas de la même façon comme peut-être des sous-citoyens qui n'ont pas les mêmes chances que les autres de réussir de s'épanouir de se réaliser dans la société et il a réussi ça à faire passer le message que c'est la diversité de la société française en respectant chacun et chacune de cette société qu'on réussirait à relever les défis du pays il nous reste juste une minute j'aimerais maintenant qu'on creuse le sujet des concessions automobiles ce que j'ai appris dans le portrait de Karine Bécard vous êtes du monde de la bagnole oui je suis du monde de l'entreprise et je vends effectivement des Peugeot ah c'est pas vrai c'est une entreprise familiale que j'ai reprise en 1999 j'ai 170 salariés aujourd'hui je ne la gère pas au quotidien bien évidemment j'ai un directeur qui la gère nous étions en activité que 10 chefs d'entreprise à l'Assemblée Nationale dans le quenat précédent sur 577 donc cet enracinement dans la vraie vie est aussi important merci Franck Riester d'être venu dans ce studio dans celui de questions politiques cette dernière question voiture était destinée aussi à faire un salut à Denis Astagno le spécialiste de la voiture à France Inter qui organisait son pot de départ à la retraite belle et longue vie à lui on se retrouve après le journal avec Mathias Feckel on parlera reconstruction de la gauche après construction

50:55
Locuteur 6

de la droite à tout de suite

50:56
Présentateur

retour sur le plateau de questions politiques l'émission politique de France Inter France Info et le Monde notre second invité est aujourd'hui Mathias Feckel ancien ministre de François Hollande dernier poste occupé le ministère de l'Intérieur à 13h30 il répondra à vos questions en direct intervenez au 01 45 24 7000 sur franceinter.fr via Facebook Live et Twitter avec le mot clé question Paul Nathalie Saint-Cric France Télévisions Françoise Fresseuse Le Monde et Karine Bécard de France Inter sont à mes côtés Karine le portrait de notre invité bonjour Mathias Feckel bonjour Mathias Feckel vous êtes l'exacte contrepoint de l'actuel président c'est vraiment impressionnant tout pourrait vous unir et pourtant rien ne vous relie vous avez l'un et l'autre le même âge 39 ans précisément vous êtes l'un comme l'autre tout à fait brillant vous avez fréquenté quasiment les mêmes prestigieux établissements et vous partagez aussi un goût certain pour la philosophie ce n'est tout de même pas si courant mais vous ne faites pas de la politique de la même façon et incontestablement vous n'en faites pas pour les mêmes raisons vous d'abord Mathias Feckel vous avez commencé par vous chercher une terre d'élection j'ai envie de dire dans la plus pure tradition parce que vous estimez qu'un politique doit être élu et qu'il doit être attaché à une histoire à un territoire voilà comment vous le franco-allemand qui avez vécu à Berlin jusqu'à vos 18 ans vous êtes retrouvé balancé par l'EPS dans le sud-ouest en Lotte-Garonne plus exactement dans une circonscription détenue par l'UMP qu'il a donc fallu sérieusement labourer pour devenir il y a 5 ans pour la première fois député un député sérieux qui ne fait pas de bruit qui ne fait pas parler de lui mais qui a réussi par le travail à exister et à se faire repérer

52:54
Locuteur 5

et direction donc le gouvernement

52:56
Présentateur

oui à tout juste

52:57
Locuteur 7

37 ans vous devenez secrétaire d'Etat chargé du commerce extérieur avant de décrocher le très convoité ministère de l'intérieur

53:06
Présentateur

peu importe que ce soit à la fin du quinquennat et pour seulement un mois en revanche ce qui est assez frappant dans les deux cas c'est qu'il vous est proposé à vous Matthias Feckel des postes en soi de remplaçant bizarrement vous n'avez jamais été celui pour lequel le portefeuille était initialement destiné non vous vous êtes substitué à des ministres nommés Thomas Thévenoux et Bruno Leroux qui pour différentes affaires sont tombés et qui ne pouvaient absolument pas rester bref à chaque fois vous êtes apparu comme un pansement ce qui doit finir tout de même par être agaçant alors trop discret peut-être certes vous n'aimez pas les trop belles mises en scène et les excès de communication mais qui se souvient Matthias Feckel que c'est vous par exemple qui avez réclamé l'arrêt définitif des négociations sur le TAFTA le TAFTA ce traité commercial qui devait unir l'Europe et les Etats-Unis mais qui a toujours été sévèrement contesté vous voulez vous imposer dans l'arène politique progressivement ce qui ne veut pas dire dans 20 ans et surtout légitimement fort bien aujourd'hui vous n'êtes plus député corrigé par la République En Marche comme tant d'autres l'ont été vous espérez vous appuyer sur votre mouvement Movida qui a déjà 8 mois qui aurait pu être créé pour vous propulser il y en a un qui n'aurait sans doute pas hésité mais non vous, vous préférez performer dans le débat d'idées Mathias Feckel un mot de réaction à ce portrait écoutez c'est vrai que j'aime le travail bien fait que j'ai toujours essayé dans ma vie publique de mettre d'abord en avant des idées le faire d'ailleurs de manière collective avec beaucoup de monde que ce soit en Lotte-et-Garonne le département que vous avez évoqué qui m'est cher que ce soit dans les différents travaux que nous menons et que nous continuerons à mener avec Movida en tout cas la meilleure communication en politique me semble-t-il à long terme c'est les idées qu'on porte et le travail qu'on accomplit Une question avant de réécrire une page et toute la gauche française est en train de se demander comment faire il faut avoir lu celle qui vient de s'écouler quel bilan faites-vous du quinquennat Hollande on a l'impression que c'était déjà il y a 10 ans il y a une accélération sidérante du temps politique mais d'après vous qu'est-ce qui aura radicalement dysfonctionné ?

Beaucoup de choses et c'est une responsabilité collective j'en prends ma part il me semble que d'abord beaucoup de choses seront réhabilitées beaucoup plus vite qu'on ne le pense sur des avancées en matière de droit du travail on le verra dès les prochains mois en matière de santé avec le tiers payant pour tous on peut multiplier les exemples notamment en matière économique et en matière sociale mais sans doute ce qui a manqué c'est une feuille de route claire de ce qu'est la gauche des raisons pour lesquelles elle arrive au pouvoir et ensuite de réformes qui en découlent et progressivement un alignement en tout cas dans les mots dans les concepts parfois dans les attitudes qui ont conduit à assimiler une partie de la gauche et une partie de la droite est-ce que le plus grand problème qu'il a eu François Hollande est-ce que c'est pas le fait qu'il ait jamais apparu comme un président et par effet de miroir c'est justement ce qui plaît tant en ce moment de la part des français vis-à-vis d'Emmanuel Macron est-ce qu'il a pas manqué d'épaisseur ?

Est-ce qu'il est jamais rentré dans le costume ? Peut-être enfin s'il avait fait l'objet de la même indulgence médiatique que l'actuel pouvoir C'est pas fini hein ?

Oui peut-être mais enfin dès les premiers jours dès que la pluie tombait dès qu'un bout de cravate était pas comme il faut tout était fait pour le dénigrer et il a souffert de ce que la gauche supporte souvent c'est-à-dire une crise en légitimité immédiate dès les premières semaines au pouvoir avec une violence médiatique inouïe et permanente je pense quand même qu'on peut rappeler ça Oui bien sûr mais alors l'accord signé avec Martine Aubry il y avait déjà quelque chose qui était dangereux pour lui Il y a une multiplicité de raisons il y a eu une gauche qui était à la fin d'un cycle et qui maintenant par conséquent est au début d'un nouveau cycle François-Sprès-Sauze

56:59
Locuteur 4

Justement quand vous voyez l'effondrement parallèle de la gauche et de la droite est-ce qu'on n'était pas à ce moment historique où de toute façon quoi qu'il pouvait faire il y avait cette espèce de délabrement très profond parce que c'était la fin d'un cycle

57:09
Présentateur

C'est la fin du cycle d'épinée mais c'est la fin aussi au niveau européen de la gauche sociale-démocrate telle qu'on la connaît aujourd'hui avec un besoin de se réinventer au niveau européen au niveau mondial car un certain nombre de combats qui ont toujours été ceux de la gauche ne se font plus maintenant dans le cadre d'un seul pays quand on veut établir des rapports de force pour défendre les salariés pour défendre les petites retraites pour défendre les classes moyennes dans une économie mondialisée ça se joue en Europe et ça se joue au niveau international L'exemple du TAFTA est tout à fait exemplaire à ce sujet là Toutes les négociations commerciales que j'ai suivies prouvent bien aujourd'hui que c'est au niveau de l'économie mondialisée qu'il faut poser les règles et plaider pour un retour de la puissance publique À quel moment la gauche a raté le coche ?

57:52
Locuteur 4

Parce que ce que vous décrivez c'est en fait la querelle des progressistes et du socialisme sous Lionel Jospin quand il y a eu cette bataille avec Schröder et Blair est-ce que nous on a raté le coche à ce moment-là ?

58:01
Présentateur

Mathias Feckel Je crains plutôt que maintenant avec 15 ou 20 ans de retard on veuille découvrir le blairisme et le schroderisme comme l'alpha et l'oméga de la modernité à un moment où la gauche en Grande-Bretagne et la gauche en Allemagne en reviennent sévèrement parce que l'état social des deux pays est beaucoup moins rose beaucoup moins flamboyant que ce qu'on vient d'écrire Mais le symphonisme c'est un peu le blairisme quand même, non ? Peut-être, on verra c'est quelque chose qui va s'inventer on jugera sur les faits en tout cas ce qui me semble quand on lit quand on écoute M.

Macron c'est qu'il est sur une tradition libérale et avec une volonté d'incarner ce centre droit libéral qui existe en France qui existe ailleurs en Europe Juste une question vous avez dit quand je vous ai posé la question de savoir ce qui avait dysfonctionné dans le quinquennat Hollande vous avez dit qu'il y avait une confusion entre la gauche et la droite Est-ce que Emmanuel Macron ne prospère pas précisément là-dessus mais en l'assumant ?

En tout cas il a toujours assumé moi je prends très au sérieux ce qu'il dit et ce qu'il écrit il a toujours théorisé son libéralisme et ce rapport-là à la politique encore une fois la gauche doit montrer quelles sont ses différences par rapport à la droite en matière économique en matière d'approche européenne en matière de réforme plus généralement je me sens très libre pour le dire parce que je l'ai dit quand j'étais parlementaire je l'ai dit quand j'étais au gouvernement et j'ai essayé notamment sur le sujet du TAFTA de le mettre en oeuvre

59:23
Locuteur 6

Et votre gauche à vous c'est laquelle ? Vous parlez d'une gauche à l'échelon européen est-ce que c'est une gauche

59:28
Présentateur

à la Corbyn est-ce que c'est une gauche à la Martin Schulz ce qui n'a pas l'air d'ailleurs de lui réussir terriblement vu qu'il est en chute libre dans les sondages c'est une gauche plus radicale donc quand vous parlez de François Hollande c'est que finalement il n'a pas fait assez de gauche Non mais s'il s'agit d'être radical dans les discours quand on est dans l'opposition pour ensuite s'aligner Je pense sur le fond Non mais sur le fond Le radical sur le fond je ne parle pas que du discours Oui beaucoup plus dur que la social-démocratie il est progressivement devenu parce que pour beaucoup de français et d'européens la social-démocratie c'est progressivement devenu l'alignement l'accompagnement peut-être plus doux que la droite mais l'accompagnement quand même du néolibéralisme avec toute la brutalité Oui mais le néolibéralisme c'est un projet politique c'est un projet politique qui vise à ce que la puissance publique n'ait plus son mot à dire à ce que les règles soient fixées partout sauf dans les parlements et dans les gouvernements et à ce qu'en réalité un projet mondial s'applique dans l'ensemble des pays Moi j'ai toujours été contre ça je considère que c'est à la puissance publique à ses représentants légitimes de fixer les règles et de fixer les règles pour l'intérêt général en matière écologique en matière de droit du travail en matière sociale en matière de modèle français d'état-providence c'est pas des 20 mots et nous verrons encore une fois ce qu'il adviendra de tout cela dans les années Mais vous pensez a priori et là encore d'un point de vue idéologique que ce que vous venez de décrire c'est la famille de pensée d'Emmanuel Macron Nous verrons c'est ce que lui-même semble théoriser quand il dit je suis libéral nous verrons notamment les combats au niveau européen pour l'instant je peux m'exprimer sur un sujet que je connais bien la politique commerciale il me semble et j'en serais heureux si c'était le cas qu'il y a une grande continuité entre ce qu'il porte et ce que j'ai essayé de construire en matière de politique commerciale dans l'ancien gouvernement les règlements anti-dumping et le contrôle des investissements chinois ont été portés par M.

Macron quand il était ministre de l'économie par M. Sapin sur le contrôle des investissements étrangers par M. Sirugues non pour l'instant pas suivi mais moi je me suis toujours employé à bâtir sur ces sujets-là des choses qui pouvaient faire consensus le plus largement possible entre la gauche et la droite parce que la diplomatie française doit pouvoir travailler au-delà des alternances si tous les 5 ans on remet en cause les principes clés de notre diplomatie on voit bien que notre pays en ressort serait affaibli juste une question vous venez de le dire à nouveau il y a de forts éléments de continuité entre ce qui a été fait sous François Hollande sur certains aspects sur certains aspects

1:01:51
Locuteur 6

est-ce que c'est juste une question d'hommes si François Hollande a fait un mélange de gauche et de droite si Emmanuel Macron en tant gouverner est à gauche et à droite est-ce que c'est juste une question d'hommes ou est-ce qu'il y a un vrai mouvement idéologique

1:02:04
Présentateur

très différent entre le précédent quinquennat et celui qui s'annonce ce dont notre pays a besoin c'est de pouvoir former des coalitions et des majorités d'idées le problème c'est que les institutions de la 5ème République l'interdisent vu que toute la vie politique est totalement organisée autour de l'élection présidentielle donc choix binaire un homme un projet qui n'y a plus aucun endroit en particulier plus l'Assemblée Nationale telle qu'elle est maintenant pour créer ces majorités d'idées on a un affaiblissement de notre démocratie la 5ème République permet de gouverner elle permet de décider elle ne permet pas c'est le cas mais elle permet aussi des révolutions regardez ce qui s'est passé c'est-à-dire tout un coup la droite et la gauche ne permet pas l'association durable des citoyens nous dans le dernier quinquennat on a progressivement rétréci notre base politique de plus en plus si bien qu'à la fin c'est une toute petite partie de la gauche qui gouvernait avec les résultats qu'on voit j'ai la même crainte aujourd'hui parce que en marche encore une fois je ne fais pas de procès d'intention mais je crains qu'en marche plutôt que de construire une large coalition un large rassemblement en réalité construise l'allégeance à un homme et ce n'est pas cela le renouveau démocratique dont le pays a besoin Karine Becker on va voir effectivement ce que va faire en marche Emmanuel Macron en attendant quand on observe ce qui s'est passé autour de François Hollande on parle simplement de son quinquennat il a été quand même 11 ans préalablement premier secrétaire du parti socialiste on a le sentiment que pendant ces 11 ans il a passé son temps à éviter les problèmes à ne pas définir une ligne politique dès qu'il y avait des contradictions on les mettait sous le tapis est-ce qu'il n'a pas finalement payé ça est-ce que la mort du PS comme certains l'expriment finalement ce n'est pas François Hollande qui l'a fait mourir ce parti socialiste vous savez trouver le book émissaire facile c'est pas ce que je demande non plus non pas vous mais quand on focalise comme ça sur les personnes trouver le responsable pour tout ce qui s'est passé et la figure providentielle pour l'avenir c'est la pire manière de régler les problèmes on ne focalise pas on ne focalise pas sur les personnes toutes nos questions depuis le début montrent qu'on essaye de voir ce qui se passe nous sommes à la fin d'un cycle politique le cycle d'Epinay et nous sommes au début ça veut dire quoi ça ?

ça veut dire que le PS tel qu'on le connait ne peut plus incarner l'avenir que nous devons le réinventer de fond en comble que ça peut même plus s'appeler le PS je ne sais pas si ça ne s'appelle plus le PS mais que derrière c'est le même mode de fonctionnement les mêmes personnes les mêmes idées on voit bien que tout ça c'est de la cosmétique non ce qu'il faut c'est du rafistolage du pansement comme vous disiez ou de la rustine bref peu importe stop au synonyme il faut surtout regarder ce qui se passe ailleurs en Europe ce qui se passe aux Etats-Unis aussi le débat Sanders Clinton est tout sauf un débat médiocre et à l'époque tout le monde disait Clinton est la seule dont on est sûr qu'elle gagnera face à Trump on voit ce qu'en est advenu beaucoup de gens dans les classes populaires dans les classes moyennes dans les gens qui travaillent attendent beaucoup plus de la puissance publique en termes de protection en termes de règles règles en matière de santé lutte contre les déserts médicaux prise en charge de leur destin et donc on doit aller vers cela en mettant définitivement un terme à la dérive sociale libérale ou néolibérale d'une partie de la gauche il y a Mélenchon pour ça non ?

non parce que Mélenchon qu'est-ce qu'il fait la différence ? il parle beaucoup il est le pendant de monsieur Macron en termes de culte de la personnalité dans son propre mouvement c'est-à-dire qu'on voit bien que dès que vous avez la moindre contestation de Zeus ou de Jupiter ou de que sais-je vous avez la foudre et qu'il vous tombe dessus franchement une démocratie moderne c'est pas ça

1:05:24
Locuteur 6

c'est un déficit démocratique

1:05:26
Présentateur

majeur

1:05:26
Locuteur 6

sur le plan des idées la France insoumise est-ce qu'il n'y a finalement pas des raisons de se rapprocher d'eux ?

1:05:32
Présentateur

il y a des choses intéressantes notamment sur l'écologie notamment sur une série de sujets mais la haine de l'Europe par exemple qui s'est manifestée lorsque monsieur Mélenchon est rentré dans l'hémicycle est quelque chose d'insupportable il faut expliquer en dénonçant le drapeau en disant il y a quoi le drapeau européen le drapeau européen vous avez vu la réaction complètement viscérale haineuse contre l'Union Européenne pour moi c'est quelque chose d'insupportable parce que sans Europe il n'y a pas d'avenir Françoise Fresseuse

1:05:59
Locuteur 4

vous dites Macron c'est un libéral c'est la famille libérale comment expliquez-vous qu'une partie des électeurs socialistes une grande partie des électeurs socialistes ait fait le choix d'Emmanuel Macron

1:06:09
Présentateur

Mathias Feckel il me semble qu'il y avait dans la campagne électorale une part d'adhésion et une part aussi qui était beaucoup exprimée de ne pas vouloir avoir Fillon-Le Pen et donc de dire le seul qui peut faire obstacle à cela dans un premier temps c'est M. Macron et ensuite évidemment quand vous êtes face à l'extrême droite personne de raisonnable me semble-t-il n'a hésité sur le choix qu'il y avait à faire ça va continuer après avec les législatives ça ne valise pas sa ligne politique parce qu'il a une majorité et cette majorité est légitime elle est issue des suffrages

1:06:41
Locuteur 4

vous n'admettez pas le fait qu'une partie des électeurs socialistes soit devenu

1:06:45
Présentateur

socio-libéraux en fait si bien sûr mais ça a toujours été le cas je pense en revanche mais nous verrons sur les faits et sur les actes qu'une partie des électeurs de gauche très sincère dans leur vote pour M.

Macron se rendront compte progressivement que le centre-droit libéral qu'il incarne et qu'il a placé au pouvoir n'est pas ce pourquoi ils avaient légitimement et sincèrement pensé voter je pense que ça viendra assez rapidement c'est un homme de centre-droit pour vous idéologiquement et me semble-t-il de centre-droit et c'est pas une insulte dans ma bouche vous savez c'est une caractérisation politique on essaie juste de caractériser justement bah oui je pense son premier ministre qui est un homme de très grande qualité est un homme de centre-droit qui va mener une politique de centre-droit sur toute une série de sujets majeurs en politique économique en politique sociale les réformes du droit du travail qui s'annoncent qui vont détricoter au coeur de l'été par ordonnance toute une série de choses qui sont des protections pour les salariés ne me semble pas exactement l'avenir de la gauche c'était en germe déjà dans le quinquennat de François Hollande un certain nombre

1:07:48
Locuteur 6

de détricotages

1:07:48
Présentateur

ils n'ont pas pu aller

1:07:49
Locuteur 6

jusqu'au bout mais il y avait déjà vous étiez ministre à ce moment-là il y avait déjà quelque chose qui procédait de ce mouvement

1:07:55
Présentateur

c'était en germe dans la première version de la loi travail qui est précisément la version de monsieur Macron que le gouvernement n'a pas retenue donc effectivement tout cela va maintenant revenir mais donc sur lequel il avait travaillé malgré tout bien sûr voilà bien sûr mais que le gouvernement de l'époque n'avait pas retenu on essaye de voir les continuités en fait il y a des ruptures elles sont manifestes et on essaye ben voilà déjà ça il a essayé de faire prévaloir beaucoup d'idées et honnêtement il a toujours été très clair sur sa philosophie politique il n'a pas essayé de le voyer il a parfaitement toujours assumé les choses et nous ce que nous devons faire pour commencer à reconstruire la gauche c'est d'assumer ce débat d'idées là clairement sans que dire ne pas être libéral ne pas être totalement sur la ligne de Macron ça ne veut pas dire être hostile il a tout ce qu'il fait quand le RSI va être réformé

1:08:45
Locuteur 6

si vous aviez été député vous votez la confiance vous abstenez

1:08:48
Présentateur

vous votez contre abstention ou vote contre je ne sais pas abstention ou vote contre mais je n'aurais pas voté pour quelle raison la confiance parce que dans ce cas là vous êtes dans la majorité présidentielle et moi je ne me reconnais pas dans cette majorité présidentielle et vous savez la gauche ne se serait pas réinventée dans les années 70 en passant son temps à dire youpi le giscardisme c'est formidable c'est notre horizon à tous et nous voulons aller vers cela en chantant ce n'est pas pour autant que la gauche n'a pas voté la loi Veil qui est une loi magnifique ce n'est pas pour autant qu'on ne peut pas aujourd'hui reconnaître que la modernisation du conseil constitutionnel à l'époque était quelque chose de positif etc

1:09:21
Locuteur 6

mais on est peut-être revenu de tout ça pardon on en est peut-être revenu de tout ça peut-être qu'il y a eu un germe les deux français sur trois de giscard c'était un mouvement et qu'on se retrouve 30 ans plus tard avec un nouveau mouvement et peut-être que les vieux modèles enfin c'est ce que je vais vous contester sûrement ça mais peut-être que cette espèce de clifage

1:09:38
Présentateur

droite-gauche

1:09:38
Locuteur 6

il est périmé

1:09:39
Présentateur

on ne va pas se référer sans arrêt si vous êtes en train de me dire qu'il y a une réinvention du giscardisme on voit bien que chacun a ses références dans le passé que chacun est libre de puiser ses propres références dans le passé

1:09:50
Locuteur 6

est-ce que finalement

1:09:51
Présentateur

ce n'est pas une évolution ? je ne crois pas je ne crois pas que le clivage gauche-droite ait disparu je ne crois pas du tout que ce soit la même chose d'être pour la suppression du droit du travail qui va intervenir prochainement et d'être contre on en reparlera quand toute une série de salariés vont se rendre compte précisément de ce qu'il y a dans cette même pas dans cette loi dans cette ordonnance

1:10:13
Locuteur 4

si les syndicats sont d'accord aussi des syndicats nous verrons

1:10:14
Présentateur

quand j'écoute monsieur Berger aujourd'hui je n'ai pas l'impression de quelqu'un qui dit oui c'est exactement ce que nous souhaitons et pourtant c'est un réformiste c'est un syndicat réformiste avec à sa tête un grand réformiste mais qui a toujours considéré que la réforme ça devait être des progrès pour les salariés et pour les classes populaires Justement ce sujet il est intéressant parce que l'espace que vous avez inventé et prenons l'exemple de cette réforme de la loi travail vous ne voulez pas tomber dans ce que va proposer le gouvernement et donc soutenu par la majorité présidentielle vous ne faites pas partie de ça et d'autre côté il va y avoir quand même la France insoumise de Jean-Luc Mélenchon qui va taper très fort sur cette loi vous, vous allez vous situer comment ?

c'est quoi l'espace politique qu'il va falloir inventer ?

d'abord c'est pas parce qu'à court terme un espace politique n'existe pas qui ne peut pas être reconstruit si on passait son temps à se dire il y a 20% dans les sondages là on va se mettre dessus on ne rendrait pas beaucoup service à son pays la gauche de gouvernement est à réinventer avec le durcissement de toute une série de sujets que je vous ai indiqués notamment par rapport à la mondialisation comment en Europe et dans le monde peser pour que des règles puissent à nouveau exister pour que la puissance publique exerce aussi son travail à ce niveau là c'est vrai en particulier en matière européenne sur le commerce moi j'ai installé l'idée de réciprocité au coeur de la stratégie commerciale de la France c'est un enjeu majeur mais ce ne sont pas des combats qu'on va gagner seul

1:11:39
Locuteur 5

il y a continuité là dessus

1:11:41
Présentateur

alors quelle est l'alternative c'est ça ce qu'on essaye de cerner ce sont des combats qu'il faut gagner au niveau européen ce qu'on essaye de cerner depuis le début ce n'est pas ni des responsabilités individuelles des uns et des autres c'est quel est l'espace intellectuel sur lequel la gauche peut se reconstruire vous l'avez dit il y a des éléments très forts de continuité sur des sujets importants l'Europe les traités commerciaux etc mais la question de Karine va dans ce sens là c'est pas prendre une part de marché politique c'est de savoir intellectuellement où est-ce qu'on se situe sur la question de la libéralisation du marché du travail c'est une opposition franche et nette de votre point de vue alors que vous avez la loi El Khomri

1:12:24
Locuteur 6

dans votre héritage c'est ça ce qu'on comprend pas

1:12:27
Présentateur

mais encore une fois les deux lois n'ont rien à voir et vous en avez une qui a été soutenue par la CFDT nous verrons ce qu'il en a d'un sur l'autre je ne suis pas le part de parler de la CFDT mais clairement inventer de nouvelles protections est en mesure d'être pragmatique prendre en compte le réel en particulier la place des PME dans notre économie oui mais de là à céder à toutes les revendications du MEDEF et avant même du CNPF dans une simple ordonnance franchement il y a un pas qui ne doit pas être franchi mais c'est sur des bases démocratiques et sur des bases écologiques que nous pourrons nous réinventer mais j'ai toujours dit que ce travail là de fond et même de fond en comble prendra des années c'est à dire 10 ans ?

5 ans 10 ans vous savez en politique les choses peuvent je vois c'est que vous êtes quand même très coincé entre Mélenchon qui a quand même pris une bonne part de marché et puis Macron qui a aussi l'autre bout du fromage donc comment vous faites une nouvelle gauche gouvernementale coincée entre ces deux options dans cette dénaille je vous ai dit que ça prendrait du temps mais on a du temps vous savez après une défaite à la présidentielle comme nous l'avons connue et ensuite des défaites aux législatives comme nous l'avons connue et moi-même les connues chez moi on a des mois et des années pour faire ce travail-là que le PS a progressivement abandonné le travail d'idée n'est pas fait depuis des années les liens ont été coupés ce qui veut dire qu'il y a une espèce d'entre-soi politique qui s'est installé et que les gens ont bien vu et donc quand une famille politique n'a plus de vision à proposer il se passe dans les urnes de ce qui s'est passé c'est à dire que les gens ne viennent plus vous faire confiance est-ce que tout le monde est bienvenu dans cette ça va peut-être prendre 5 ans, 10 ans vous le dites c'est à dire vous avez discuté il va y avoir des assises je ne sais pas à quelle forme ça prendrait est-ce que ça peut aller de Benoît Hamon à Manuel Valls est-ce que ça peut être éventuellement avec des gens qui soutiendront le gouvernement en votant la confiance ou est-ce que ça peut aller jusqu'aux communistes ou est-ce que vous avez vous pensez déjà qu'il y a un tronc commun de gens qui pensent la même chose qui peuvent commencer à retravailler Mathias Feckel ce tronc commun est à construire

1:14:23
Locuteur 4

c'est tout à construire

1:14:24
Présentateur

mais avec c'est qu'ils les vôtres je ne pense pas qu'on réinventera la gauche demain avec des gens qui sont dans la majorité présidentielle mais ça ne veut pas dire qu'il faille les excommunier vous avez des gens qui vont revenir je pense plus vite qu'on ne le pense aujourd'hui soit dans la vieille maison soit surtout dans une maison rénovée mais qui se rendront compte encore une fois que le pouvoir qui est aujourd'hui en place qui est légitime qui a gagné les élections présidentielles n'est pas un pouvoir c'est quoi l'arc ? c'est Manuel Valls Benoît Hamon ça peut aller jusqu'à la direction collégiale on l'a fait avec qui ?

d'abord avec de nouvelles figures avec des gens qui ne sont pas là depuis des décennies avec des gens qui ont eu des responsabilités nationales ou fédérales dans le parti avec des gens qui ont eu des responsabilités électives sur le terrain vous avez beaucoup d'élus hommes et beaucoup de femmes dans les collectivités dans les régions dans les villes Nathalia Perret Johanna Roland Carole Delga beaucoup d'autres qui travaillent en ce sens là Mathieu Klein on peut mettre à l'infini les noms il y a le président du groupe parlementaire je ne veux pas faire la liste mais nous travaillons mais ces gens là doivent monter et prendre leur responsabilité avec Najat Vallaud nous avons tous envie de pouvoir construire cela et de dire nous on ne se retrouve pas dans la surenchère anti-européenne souvent haineuse de M.

Mélenchon qui en réalité une fois au pouvoir ne pourrait rien transformer on ne se retrouve pas non plus dans un mouvement de centre droit libéral de M. Macron et c'est pas une insulte mais nous voulons construire un autre chemin et nous sommes prêts à y consacrer de longs mois et de longues années si c'est nécessaire

1:16:00
Locuteur 5

Françoise Fresson

1:16:01
Présentateur

vous savez dans les pardon mais dans ceux qui se sont présentés sous l'étiquette PS cette fois-ci vous avez beaucoup de jeunes élus qui se présentaient pour la première fois c'est des gens courageux on ne peut pas dire qu'ils étaient là par plan de carrière donc il y a aussi toute une génération qui arrive maintenant qui a envie d'incarner et de porter la gauche demain et avec toutes ces femmes et tous ces hommes nous ferons des choses fortes mais qui va être une génération sacrifiée parce qu'en gros ce que vous dites quand même c'est que ça va prendre 5 ans 10 ans c'est des gens qui vont avoir du mal à accéder à des postes de députés ou à responsabilité la politique c'est pas un plan de carrière si on veut faire un plan de carrière il vaut mieux faire autre chose c'est le pouvoir quand même la politique aussi bien sûr mais le pouvoir à tout prix ne pas rester au pouvoir à tout prix en reniant ses convictions c'est de construire son socle idéologique programmatique et ensuite de tout faire en sorte pour gagner les élections et pouvoir le mettre en oeuvre c'est quand même ça vous savez sinon il y a des vies plus simples que les vies de citoyens engagés des vies politiques avec tout ce que ça veut dire en termes passionnants mais aussi en termes de sacrifice et donc tous ces militants qui sont encore là et qui ont envie d'y croire ils vont continuer à travailler partout en France ce que vous venez de dire et je donne la parole à Françoise Fresseuse cet aspect là du parcours politique de la vie de citoyen engagé est-ce que ça vous semble bien décrire l'ensemble des jeunes députés qui sont rentrés qui sont rentrés à l'Assemblée pour la République en marche je les connais pas tous loin de là mais il y en a beaucoup je crois qui sont très sincères et qui se retrouvent dans cet engagement là y compris de nouveaux profils ça c'est quelque chose de positif j'espère qu'ils trouveront dans cette Assemblée nationale telle qu'elle fonctionne manière à s'épanouir parce que quand l'acte de naissance politique d'un groupe parlementaire c'est de voter à main levée quasiment par acclamation pour quelqu'un qui a été prédésigné par le chef de l'État je suis pas sûr que ce soit la meilleure manière d'installer un Parlement dans lequel il va y avoir des débats fructueux et une pluralité vraiment très intéressante mais je l'espère pour eux

1:18:03
Locuteur 4

précisément est-ce que vous mettez la question institutionnelle au centre de la rénovation autrement dit est-ce qu'il faut en finir avec la Ve République pour faire émerger une gauche qui représente tout le monde où vous pensez qu'on peut vivre avec ces institutions

1:18:16
Présentateur

la rénovation institutionnelle est au coeur de tout pour les institutions la constitution mais aussi pour la démocratie sociale pour la démocratie locale

1:18:26
Locuteur 6

donc 6ème république pour vous

1:18:27
Présentateur

une nouvelle république parce que 6ème c'est trop devenu un retour à la 4ème république avec tout ce que ça veut dire de désordre de renversement de gouvernement le but c'est pas de ne plus pouvoir gouverner on a besoin d'institutions stables de majorités claires qui permettent de gouverner avec une opposition forte qui doit être respectée mais la 5ème république hystérise complètement la vie politique on voit bien que le seul sujet qui intéresse maintenant tout le monde en particulier sans doute les journalistes et les politiques c'est qui va être le prochain président ça ne peut pas résumer les difficultés et les subtilités d'un débat démocratique dans un pays comme le nôtre j'espère que notre débat vous semble assez difficile et subtil pour ne pas nous faire le procès de savoir qui va être le prochain président de la république vous reconnaîtrez qu'on essaye de réfléchir sur un certain nombre d'idées en sortant de l'hystérie de la 5ème république je ne disais pas ça pour vous couper la parole mais j'aimerais la donner à Yann auditeur de France Inter qui souhaite vous interroger sur l'état d'urgence je crois bonjour Yann bienvenue bonjour

1:19:32
Invité politique

nous vous écoutons bonjour à tous bonjour monsieur Feckel bonjour monsieur je voilà ma question est la suivante vous avez été ministre de l'intérieur pendant l'état d'urgence que pensez-vous du projet gouvernemental d'intégrer dans le droit commun un certain nombre de dispositions de cet état d'urgence voilà personnellement sachez que j'y suis totalement opposé

1:19:58
Présentateur

merci beaucoup Yann pour cette question Mathias Feckel vous répond la grande question là-dessus c'est comment concilier la lutte contre le terrorisme qui doit rester une priorité absolue et le respect de l'état de droit le respect des grandes libertés et c'est toujours un équilibre très difficile à avoir dans lequel rien n'est pire que des polémiques stériles et des procès d'intention il me semble mais j'ai pas vu le projet de loi j'ai vu la communication gouvernementale que la nouvelle version du projet qui intègre un certain nombre de modifications du conseil d'état va dans le bon sens on a besoin de dispositifs pour pouvoir fermer des lieux de culte radicalisés j'en ai moi-même fermé plusieurs j'en ai aussi rouvert un lorsque il s'était mis en conformité avec la loi républicaine on a besoin là-dessus de pouvoir clairement travailler là où il faut faire très attention à mon avis c'est de maintenir la place de l'autorité judiciaire dans le dispositif c'est-à-dire que le juge doit pouvoir exercer son contrôle sur les décisions qui sont prises les restrictions de liberté sont des sujets majeurs on doit pouvoir le faire contre des terroristes qui ne méritent pas une indulgence particulière ils n'en méritent même aucune mais il faut que l'autorité judiciaire soit en permanence au coeur de ce processus-là il en va du respect des libertés donc il y avait encore des marges de progression dans l'arsenal antiterroriste français tout s'il y a une nouvelle loi on peut imaginer que c'est pour un certain nombre de nouvelles procédures et pas simplement pour la galerie on avait besoin d'un certain nombre d'outils supplémentaires il y a un sujet qui est très compliqué et je pense que le débat parlementaire devra encore améliorer le projet tel qu'il est mais encore une fois je n'ai pas vu le texte juridique c'est sur la question des rétentions de personnes dont on sait qu'elles sont dangereuses mais qui peuvent être retenues sans avoir été condamnées ça pose des principes extrêmement forts en termes de respect de l'état de droit mais en même temps il y a des comme on dit aujourd'hui il y a des personnes dont on connaît la dangerosité exemple celui des Champs-Elysées le dernier projet

1:22:04
Locuteur 6

d'attentat en date

1:22:05
Présentateur

un fichet S permis de port d'armes un nombre de munitions absolument stupéfiants est-ce que là tous les outils au fond qu'a la République et que permet de mobiliser la République n'ont pas failli encore une fois c'est extrêmement difficile parce que le concept de dangerosité il s'applique à un certain nombre de personnes de manière incontestable ce à quoi il faut faire attention c'est que ça reste extrêmement ciblé et qu'aucun pouvoir quel qu'il soit encore une fois ça ne concerne pas le gouvernement actuel évidemment mais qu'aucun pouvoir ne puisse se servir de ces outils-là pour de manière disproportionnée priver des gens de liberté qui ne doivent pas l'être donc là l'équilibre est très difficile les solutions à cela sont doubles à mon avis c'est un contrôle judiciaire permanent sur ces questions-là d'une part et un contrôle parlementaire extrêmement fort parce que tant que les personnes retenues de cette manière-là sont quelques dizaines il est évident que ce sont des personnes d'une très grande dangerosité le jour où on constaterait que ce sont des centaines voire des milliers de personnes on pourrait se dire le gouvernement quel qu'il soit à ce moment-là abuse de ses prérogatives donc on a besoin de contrôles judiciaires et démocratiques extrêmement poussés mais il faut permettre au gouvernement de lutter contre les terroristes y compris dans les zones grises c'est toujours celle-là qu'on voit quand on réussit à déjouer un attentat et que les services les services de sécurité intérieure nos forces de l'ordre font preuve d'une compétence remarquable tout le monde considère que c'est normal c'est à chaque fois mais la question c'est jusqu'où on va parce que finalement on a cet état d'urgence ça fait un an et demi je crois c'est repoussé tous les six mois donc comme finalement le pouvoir est un peu gêné de devoir leur pousser tous les six mois on finit finalement par faire entrer dans la loi ce qu'on pratique de manière normalement exceptionnelle c'est là où il y a un danger c'est là où les Français s'interrogent

1:24:01
Locuteur 4

est-ce qu'il ne fallait pas mieux prolonger l'état d'urgence avec des votes pratiquement tous les huit mois de validation c'est pas possible ça

1:24:07
Présentateur

il me semble mais je m'exprime vraiment à titre personnel là-dessus il me semble qu'il faut sortir de l'état d'urgence l'état d'urgence par définition est un état d'exception donc ça ne peut pas être quelque chose de durable je pense que c'est bien d'en sortir mais si c'est pour le faire entrer dans la loi oui la première version du texte était une version qui transposait purement et simplement l'état d'urgence dans le droit commun ça aurait été à mon avis inacceptable là on est sur un certain nombre de points très techniques qui concernent pour l'essentiel la fermeture de lieux de cul dont on sait qu'ils sont radicalisés qui doivent pouvoir être faits facilement et cette question d'un certain nombre d'individus extrêmement dangereux et à condition qu'il y ait effectivement dans le texte définitif un contrôle judiciaire extrêmement poussé qui a été réintroduit dans le nouveau projet du gouvernement et qu'on puisse prévoir un contrôle par le parlement assemblée nationale comme sénat sur la mise en oeuvre de l'état d'urgence il me semble que les choses vont dans le bon sens Gérard Collomb a tenu des propos concernant les réfugiés à Calais qui étaient des propos peut-être de ministres de l'intérieur en tout cas qui étaient en décalage avec ceux d'Emmanuel Macron vous en tant qu'ancien ministre de l'intérieur est-ce que vous trouvez qu'il est trop dur ou qu'il est pragmatique ?

Il faut d'abord voir quelle sera la ligne qui prévaut pour les politiques gouvernementales c'est les faits qui comptent est-ce que c'est ce qu'a affirmé le président de la république à Bruxelles ou est-ce que c'est la ligne qui a été le même jour indiquée par son mise en oeuvre là-dessus il faudra une clarification la mienne a toujours été vous savez moi j'ai été juge et j'ai à ce titre fait beaucoup de droits des étrangers j'ai ensuite comme parlementaire travaillé sur ce sujet au moment où personne ne s'y intéressait et j'ai été ensuite ministre de l'intérieur chargé de cela j'ai toujours considéré qu'il fallait accueillir avec dignité les étrangers que nous intégrons ici que ce soit des étrangers qui viennent trouver leur place en France que ce soit évidemment les demandeurs d'asile mais qui avaient besoin de fermeté dans la lutte contre les filières d'immigration clandestine et sur Calais Bernard Cazeneuve a fait un travail exceptionnel pour démanteler le camp je me suis ensuite employé à ce qu'il ne se reconstruise pas parce qu'on sait très bien que si cette jungle se reconstitue ce sera une catastrophe lorsque j'étais mis à l'intérieur il y a le camp de Grande Sainte qui a pris feu qui a été incendié et nous avons en quelques jours relogé 1600 migrants dans l'ensemble du pays il y a besoin que toute la France puisse prendre sa part et que l'ensemble du pays accueille des réfugiés accueille des personnes qui viennent en France parce qu'elles fuient la barbarie beaucoup de communes beaucoup de maires beaucoup d'élus beaucoup d'associations ont fait preuve d'un esprit républicain magnifique partout en France droite et gauche absolument et souvent des communes qui sont des communes plutôt pauvres des communes en difficulté et qui ont ouvert leurs bras en considérant que c'était le rôle de notre pays d'accueillir des femmes des hommes et des enfants qui fuient la barbarie ce qui compte c'est le plan sur l'asile qu'il va présenter si je comprends bien dans une dizaine de jours et c'est là dessus plutôt que sur des propos qui ont dérapé je pense clairement que nous jugerons ce plan là sera un rendez-vous important sur le fait de savoir si on a le droit de donner quand on a une association un verre d'eau aux populations qu'on suit qu'on soigne est-ce que ça n'est pas totalement stupéfiant d'avoir ce débat en France en 2017 alors qu'on est censé être je crois la patrie des droits de l'homme c'est une évidence qu'il faut avoir ces gestes d'humanité qui sont enfin donner un verre d'eau

1:27:46
Locuteur 6

c'est très en deçà du geste d'humanité c'est normal

1:27:50
Présentateur

c'est le béabat moi dans ma mission parlementaire sur l'immigration j'avais passé beaucoup de temps sur des choses qui amusaient beaucoup de bons esprits qui étaient comment réduire les files d'attente pour des étrangers qui attendent leur titre de séjour comment faire en sorte qu'ils ne doivent pas attendre toute la nuit dans le froid pour parfois ensuite trouver des portes fermées parce qu'il y avait trop de monde donc évidemment que nous devons travailler de manière très concrète sur l'accueil des étrangers dans notre pays c'est une obligation française mais c'est aussi une obligation européenne là-dessus les propos de monsieur Macron à Bruxelles m'ont semblé bien c'est-à-dire l'approche franco-allemande moi j'ai toujours considéré que quand la France et l'Allemagne travaillaient ensemble c'était quelque chose de positif et que l'Europe avançait ainsi maintenant il faut voir ce que sera la mise en oeuvre concrète de la politique par ce gouvernement Françoise Fresseauze

1:28:38
Locuteur 4

quand on vous entend parler sur des sujets très concrets vous êtes extrêmement mesuré c'est compliqué la politique

1:28:45
Locuteur 6

c'est compliqué de s'opposer pourquoi c'est mesuré de dire qu'il faut bien l'accueillir parce qu'on sent que sur le terrorisme vous êtes plutôt d'accord on sent que sur l'axe franco-allemand vous êtes plutôt d'accord

1:28:53
Présentateur

je suis d'accord avec le encore une fois je n'ai pas vu le texte je suis d'accord avec l'idée que l'état doit avoir des moyens de lutter mais par exemple quand on entend Jacques Toubon il est beaucoup plus virulent la première version du texte était inacceptable s'il était resté en l'état vous m'auriez trouvé vent debout maintenant j'attends de voir le texte concret parce que sur ces affaires là c'est pas en faisant des effets de manche qu'on fait avancer les choses c'est en regardant le texte tel qu'il sera et si le texte effectivement prévoit un contrôle judiciaire partout et renforcé et permet un contrôle parlementaire dans ce cas là je considérerais que les conditions démocratiques le respect de l'état de droit sont réunis si ce n'est pas le cas réinvitez moi si vous le souhaitez et vous me trouverez extrêmement ferme sur ce sujet je suis par ailleurs convaincu que le conseil constitutionnel son président Laurent Fabius ses membres veilleront à ce qu'il y ait un contrôle extrêmement scrupuleux pour que chaque disposition respecte la constitution et donc respecte l'état de droit avez-vous vécu deux questions personnelles pour finir votre échec comme une injustice l'incapacité à redevenir à être élu député je vous mentirais en disant que j'étais heureux de cette situation j'ai essayé de convaincre dans ma circonscription en Lotte-et-Garonne avec des centaines de soutiens la vague a été tellement puissante qu'elle a emporté beaucoup de monde moi ce que j'ai ressenti je peux me tromper c'est que une majorité souhaitait précisément donner une majorité à monsieur Macron pour gouverner et que face à cela même si l'accueil était bon si mon bilan local en particulier a souvent été souligné c'est pas ce qui a finalement compté c'était l'idée de dire on souhaite que des députés comment dire investis par lui choisis par lui puissent le soutenir de bout en bout en disant oui à l'ensemble de ces réformes c'est la démocratie vous savez une élection peut être difficile à vivre parfois d'un plan humain personnel mais c'est toujours le suffrage qui a raison et donc moi je me plie au suffrage dès l'autre quel travail allez-vous faire au sens le plus simple et professionnel du terme je vais reprendre mes cours à Sciences Po enseigner sur la mondialisation le commerce international la réciprocité comment l'Europe peut peser là-dessus à l'école européenne de Sciences Po et puis je ne m'interdis pas d'avoir une expérience dans le privé je pense que c'est important j'ai un certain nombre de pistes là-dessus nous verrons ça se décantera dans les mois à venir merci beaucoup Mathias Feckel d'avoir été au micro de France Inter France Info avec nos amis du monde l'émission se termine la semaine prochaine c'est vous Karine Bécard qui l'a présentée je vous passe à travers cette immense table le témoin merci à vous de nous avoir suivis et écoutés bonne fin de journée bon dimanche bon week-end à la semaine prochaine avec Bécard merci de m'en rembours merci de m'en rembours