Déficit record : Agnès Verdier-Molinié réclame des «vraies économies» et plus de courage
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Est-ce que euh on se rend compte qu'on bosse 7 milliards d'heures en moins par rapport aux voisins européens ? Ce n'est pas simplement un sujet pour les salariés, c'est aussi un sujet pour les gens qui ne travaillent pas et c'est aussi un sujet pour les gens qui partent trop tôt à la retraite. Que vous ont inspiré les propositions de François Baou pour réaliser 43,8 milliards d'euros d'économie et les réactions qu'elles ont suscité.
Il y a déjà cette idée d'année blanche qui est passée. Bien sûr qu'il faut faire une année blanche et moi je dirais même plus. Je dirais qu'il faut aller encore plus loin dans l'année blanche.
Une année blanche totale, ce serait une année où on dépenserait pas 1 € de plus qu'en 2025. Ça fait aussi des mécontentants mais je pense qu'en fait dans la classe politique, il y a il y a vraiment une incompréhension du momentum dans lequel nous sommes. Nous sommes au vraiment au pied du mur.
C'est quand même assez inquiétant de voir à quel point il y a des levées de bouclier pour dire "Ah bah oui, mais c'est pas bien, il faudrait pas désindexer les retraites, il faudrait pas désindexer les aides sociales, il faudrait pas geler le point d'indice, faudrait pas supprimer des postes publics. Mais enfin, on va faire comment En fait, le problème c'est que il y a une certaine coardise de la part des politiques qui à la fois sont contre l'année blanche, à la fois sont contre les hausse d'impôts. Mais alors ils sont pourquoi ?
Quel est le chemin qu'il propose pour s'en sortir dans une situation où on a 169 milliards d'euros de déficit l'année passée en 2024 ? un niveau de déficit qui va dépasser, on le pense, les 5,4 % de PIB encore cette année au lieu de dire "On va censurer, on va censurer parce que l'année blanche c'est pas bien, il devrait dire on va négocier avec le gouvernement d'avoir plus d'économie que ça et ça ferait plus de Le fait de chiffrer ces économies, de les détailler et d'attacher une telle importance à ce sujet, n'est-ce pas déjà une petite révolution ? qu'il y a une prise de position du Premier ministre qu'il faut saluer parce que il il a il a été courageux quand il dit qu'il y a une falaise.
Nous, on dit qu'on est face à un mur mais c'est un peu la même idée et peut-être qu'il le fait pas avec toutes les réformes structurelles que certains attendraient et nous-même à la fondation, on dit qu'il faudrait beaucoup plus de réformes structurelles. Mais les faire dans 6 mois, les réformes structurelles c'est pas possible. C'est quelque chose qui se prépare sur plusieurs années.
Je ne dis pas que le gouvernement actuel et le président de la République actuelle n'ont pas une grosse responsabilité dans la la dérive de la dette dérive de nos finances publiques. Maintenant, il faut passer à l'action. Il faut pas écouter finalement ce chantage à la motion de censure et il vaut mieux dire bah on fait ce qu'il faut pour la France et puis ceux qui auront fait tomber un gouvernement qui veut faire de vraies économies et bien ils auront la responsabilité qu'on ait pas de budget ensuite.
Quelles sont les économies supplémentaires qui auraient pu être proposées par le premier ministre dans les économies oubliées qui font partie en fait d'une année blanche potentielle ? Il y a le blocage total des rémunérations publiques et ça c'est de l'ordre de 4 milliards d'euros de plus en 2026. On pourrait aussi sur le non remplacement des départs à la retraite au lieu de faire que 3000 suppression de poste au niveau de l'État, on pourrait le faire au niveau des collectivités local et au niveau de l'État dès l'année 2026, plus de 60000 suppressions de poste.
Il faut bien souligner que depuis 2017, on a embauché plus de 250000 personnels supplémentaires dans l'ensemble des trois fonctions publiques. Alors que la promesse de campagne du président Macron, c'était de supprimer 120000 postes, hein, on s'en souvient. Et c'est pas parce qu'on supprimerait plus de 60000 postes que en réalité on serait sous-administré.
Sur l'absentéisme aussi, on peut aller beaucoup plus loin tout de suite. Les agents publics ne devraient plus passer par leur employeur pour être rémunérés pendant leur arrêt maladie, mais par la sécurité sociale. Là, on y verrait plus clair sur la le vrai absentéisme dans les collectivités locales, les hôpitaux et les ministères.
On pourrait aussi sur la santé dire qu'on suspend le tiers payant pendant 1 an et voir ce qui se passe parce qu'en fait le fait de ne pas débourser 1 € ça pousse pas à à être parsimonieux sur la dépense de santé. Il faut responsabiliser aussi nos concitoyens de manière beaucoup plus importante comme pour les aides sociales. On peut se poser la question de de conserver indéfiniment aussi des allocations qui finalement doivent être aussi des allocations avec des droits mais aussi des devoirs comme des conditions de résidence antérieures pour pouvoir bénéficier des aides sociales.
Tous les pays européens et là on vient de sortir plusieurs études sur ce sujet. Quand vous êtes au chômage, que vous touchez des aides sociales, si vous refusez des offres d'emploi, vous avez des sanctions. Un exemple, le RSA en France, il est touché pendant en moyenne 5 ans.
Alors que dans les pays du nord de l'Europe, c'est 1 à 2 ans maximum, les revenus d'existence sont touchés en moyenne. Il faut pousser beaucoup plus vers le retour à l'emploi avec aussi des accompagnements comme ça se passe au Danemark où les personnes sont très bien accompagnées, très coachées mais aussi contrôlé sur leur recherche d'emploi et très sanctionné dès le premier refus. Vous avez évoqué le risque de censure qu'encourt le gouvernement.
Comment faire accepter ces mesures ? Ce qu'il faut expliquer aux français, c'est que s'il y a pas les économies, il y aura l'équivalent en augmentation d'impôts. On leur fait croire que les plus riches payent pas d'impôts et que c'est les classes moyennes qui payent tous les impôts.
Ça c'est faux. et dire qu'il y aurait une réserve finalement d'imposition potentielle qui rapporterait des tas de milliards de recettes. Ce n'est pas vrai.
La contribution sur les haut revenus, elle a déjà été adoptée pour 2025 et on est déjà en train de dire qu'elle va rapporter beaucoup moins que prévu. Il y a pas d'injustice fiscale en France. Les 10 % qui gagnent le plus, il payent en prenant tous les impôts directs et y compris les cotisations sociales salariales, il payent de l'ordre de 54 % par rapport à leur revenus brut et la moyenne des ménages, c'est 28 %.
On croit qu'on a une fiscalité qui est pas progressive alors qu'elle est très progressive et qu'elle est déjà très redistributrice. Si on fait pas ces économies, ça veut dire que demain tous les Français payeront beaucoup plus d'impôts. Une des mesures proposées par le Premier ministre a beaucoup fait réagir, celle de supprimer de jours fériers.
Est-ce un bon levier ? Mais ce qu'il faut retenir, c'est qu'on travaille pas assez en France. Ça tombe sur les jours fériers, mais ça pourrait tomber sur les RTT et sur le sujet des 35 heures.
Est-ce que on se rend compte qu'on bosse 7 milliards d'heures en moins ? par rapport aux voisins européens. Ce n'est pas simplement un sujet pour les salariés, c'est aussi un sujet pour les gens qui ne travaillent pas et c'est aussi un sujet pour les gens qui part trop tôt à la retraite.
On devrait avoir une jeunesse qui travaille plus, qui commence plus tôt à travailler. On devrait avoir des salariés qui sont à temps plein qui travaillent plus et on devrait avoir des retraités qui partent plus tard à la retraite. En Allemagne, vous avez 7,7 semaines non travaillé pour cause de congé, d'absentéisme, maladie, de jours fériers et cetera. et nous c'est 10,3 semaines.
Ça le premier ministre l'a dit. Quand le mois de mai il y a finalement on narrive plus à mobiliser les équipes parce qu'il y a des ponts en permanence. Ça fait pas tourner l'économie.
On n pas une culture qui est contre le travail en France. Les indépendants de ce pays, ce sont ceux qui travaillent le plus parmi les indépendants européens. Pourquoi nos salariés travailleraient moins et nos indépendants plus ?
On peut pas dire "On veut un modèle social en or massif mais on va pas travailler pour le payer. Il faut travailler pour payer le modèle social français." On peut ergotter pendant des semaines sur la question des deux jours fériers mais en réalité c'est le message qui est qui est le bon.
C'est qu'il faut qu'on travaille plus en France. [Musique]
François Bayrou