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interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo· 25 novembre 2021 27 min

Restrictions sanitaires, crise des migrants, campagne d'Anne Hidalgo... Le "8h30 franceinfo" d'Olivier Faure

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Olivier Faure

Bonjour Olivier Faure. Bonjour à tous les deux et bonjour à ceux qui nous écoutent.

0:03
Invité

Le naufrage d'une embarcation de migrants au large de Calais a fait 27 morts au moins. Les recherches se poursuivent, il y en aura peut-être d'autres découvertes dans les heures qui viennent. La France ne laissera pas la Manche devenir un cimetière, a réagi hier soir Emmanuel Macron. Que faut-il faire pour éviter que ce genre de drame ne se reproduise ?

0:21
Olivier Faure

C'est déjà un cimetière. Et c'est vrai qu'on parle de 27, 27.1 par pays de l'Union Européenne, c'est dire peut-être aussi la faiblesse de notre capacité d'accueil aussi. De ces gens qui sont à bord des femmes, des enfants, des hommes qui ont une histoire, qui ont des raisons de venir ici et qui sont morts d'espérer une vie meilleure.

0:48
Invité

Vous dites, faiblesse de notre capacité d'accueil, ce sont des gens qui veulent partir, quitter l'Union Européenne vers l'Angleterre.

0:55
Olivier Faure

Oui, vers l'Angleterre et la question est très largement posée aux Britanniques parce que je suis évidemment favorable à l'idée qu'il faut lutter contre les passeurs avec énergie. Ces gens qui font commerce de la détresse humaine. Mais il faut aussi dire qu'avant les passeurs, quand avant 2010 les frontières étaient moins étanches, il n'y avait pas moins de gens qui cherchaient à gagner la Manche pour rejoindre l'Angleterre. Et aujourd'hui, ce qui manque, ce sont des voies légales, des possibilités pour les gens qui cherchent à rejoindre leur famille. Et c'est de plus en plus difficile depuis le Brexit.

Ceux qui cherchent à trouver un emploi et les Britanniques, en réalité, il y a 25 000 personnes qui, chaque année, franchissent la Manche, se retrouvent en Angleterre, demandent l'asile. Et la réalité, c'est que 40% d'entre eux, d'après ceux que je crois, obtiennent l'asile. Et donc, pourquoi ne pas considérer que, plutôt que de chercher à bloquer les gens, les laisser partir dans des conditions qui sont innommables, avec les risques incroyables qu'ils prennent, pourquoi ne pas ouvrir des voies légales qui permettraient à ces gens-là de postuler dans des conditions qui sont les conditions militaires ?

2:10
Invité

Vous préférez que les douanes françaises ou que la marine française accompagne les migrants qui traversent la Manche plutôt qu'elles les en dissuadent ?

2:17
Olivier Faure

Je préférerais, je ne sais pas, est-ce qu'on les accompagne jusqu'en Angleterre pour qu'ils puissent faire leur demande dans des conditions humaines et acceptables ? C'est une solution. Une autre solution serait de dire qu'il y a aussi un checkpoint en France qui permet, en tout cas, moi ce que je sais, c'est qu'on a un président de la République qui, il y a quelques années, a dit « Je veux renégocier les accords du Touquet ». Il n'en a rien été, rien n'a changé. Et aujourd'hui, on a une espèce de concert d'hypocrisie où tout le monde fait comme si, en luttant contre les passeurs, on allait arrêter ce désespoir et ces gens qui cherchent à tout prix à rejoindre l'Angleterre.

La réalité est malheureusement très différente. Et donc, il faudra bien un moment se poser la question de savoir comment est-ce qu'on fait pour enrayer ce cimetière humain que peut être...

2:59
Locuteur non identifié

Est-ce que vous entendez bien ce que dit le Royaume-Uni ? Olivier Faure, la ministre de l'Intérieur, a même proposé d'envoyer des agents en jet-ski pour reconduire les embarcations qui étaient sur la Manche, les embarcations remplies de migrants, pour les reconduire vers les côtes françaises. Il n'y a pas de volonté du côté du Royaume-Uni de les accueillir ?

3:17
Olivier Faure

Oui, je sais bien qu'il n'y a pas de volonté de la part du Royaume-Uni. Et quand Boris Johnson fait la leçon, je pense qu'il s'est très déplacé de sa part. Mais justement, il faut arriver à renégocier ces accords du Touquet, qui avaient été négociés par Nicolas Sarkozy, ministre de l'Intérieur, et qui font que les frontières britanniques sont en France. Et donc, il faut évidemment ouvrir des voies légales. Ça veut dire quoi ?

Ça veut dire simplement faire en sorte que des gens qui sont postulants à l'émigration vers la Grande-Bretagne puissent le faire, puissent faire leur demande, peut-être en France, ou qu'on puisse les accompagner en Angleterre, pour qu'ils puissent faire leur demande dans de bonnes conditions, pour éviter ces drames que nous allons vivre à répétition. Enfin, il fait, vous avez vu la météo, vous avez des gens qui, malgré tout, embarquent à 30, 40, 50 sur des pneumatiques qui sont absolument dérisoires par rapport à la traversée qu'ils doivent accomplir. Et ils le font quand même. Et tous les témoignages qu'on a, semaine après semaine, qui sont ces gens ?

Les 27 qui sont morts, on nous dit que ce sont principalement des Kurdes. Enfin, c'est quand même, là aussi, on a une dette par rapport à ce peuple. Enfin, franchement, ce sont les gens qu'on a envoyés en Syrie qui se sont battus contre Daesh pour nous. Et on les a laissés tomber au lendemain de la victoire contre Daesh. Et maintenant, on voudrait faire comme si ces gens-là n'étaient même pas des êtres humains, des chiens qu'on laisse comme ça. Enfin, c'est un moment, il faut quand même que... Enfin, je sais pas, moi. Il faut quand même que chacun reprenne conscience que ce sont des êtres humains. Oui, des êtres humains. On n'est pas simplement en train de traiter des statistiques.

Et moi, je m'effraie quand je lisais hier soir, sur les réseaux sociaux, des gens qui, après l'annonce, sous l'annonce de ces 27 décès, qui vous expliquent, en fait, que ces gens-là n'avaient qu'à pas venir, que c'est vraiment... Enfin, qu'on en a ras-le-bol, etc. Mais qui sommes-nous pour raconter des choses pareilles ? Enfin, il y a un moment où ce débat politique ne peut pas... Ou ce débat tout court, d'ailleurs, ce n'est pas simplement le débat politique. Il y a un moment, il faut quand même qu'on soit conscient d'une seule humanité.

5:08
Locuteur non identifié

Qu'est-ce qu'on fait, Olivier Faure, pour ceux qui sont encore à Calais ? Il y en a des milliers qui sont encore à Calais. Est-ce que le gouvernement a raison, par exemple, de démanteler à chaque fois les camps qui se constituent ?

5:18
Olivier Faure

Les démantelés, oui. Mais ça n'est pas dans n'importe quelle condition, là aussi. Je me souviens d'une époque où les campements à Calais avaient été démantelés, mais où on avait cherché à mettre à l'abri l'ensemble de ceux qui étaient. Nous allions dispersés dans l'ensemble du territoire français. Et je pourrais vous raconter des histoires. Je fais le tour de France en permanence, comme premier secrétaire.

5:38
Invité

Vous souhaiteriez que ceux qui sont à Calais aujourd'hui soient dispersés dans des centres d'accueil pour, par exemple, demandeurs d'asile, même s'ils ne veulent pas déposer de dossiers en France ?

5:47
Olivier Faure

Bien sûr. C'est difficile de forcer. C'est difficile, mais il faut leur expliquer.

5:51
Invité

On les convainc de ne pas retenter leur chance.

5:53
Olivier Faure

Ce sont des gens qui ont le sentiment que, de toute façon, ils seront maltraités sur notre territoire, qui cherchent à rejoindre un autre territoire où ils pensent qu'ils ont un avenir. Et donc, il faut leur faire la démonstration. D'abord, pour ceux qui ne peuvent pas rester, il faut dire, effectivement, il y a aussi des mesures de recondite à la frontière. Mais pour ceux qui sont des postulants crédibles à l'asile, il faut effectivement les mettre à l'abri, leur expliquer ce qui peut leur arriver. Et je vais vous donner un exemple. J'étais, il y a quelques mois, dans le Limousin. Et il y avait des gens qui sont venus dans cette réunion publique et qui m'ont raconté leur histoire.

Un petit village où on a envoyé, à un moment, des migrants, une centaine de migrants. Et vous imaginez le village qu'ils voient arriver sans migrants. C'était la Révolution. Ils disent tous, mais ce n'est pas possible. Comment vous pouvez nous accéder ? Non. Et ils nous racontent qu'il y a eu un tel rapport entre eux que, quand les migrants ont été ensuite redéplacés pour aller dans d'autres villages et dans d'autres villes de France, « Le village est venu dans son ensemble. » Et ils pleuraient ensemble de ce départ. Ça veut dire quoi ?

Ça veut dire que quand on connaît les gens, quand on comprend que parmi ceux qui sont venus, il y a peut-être le boulanger qui manque dans le village, il y a peut-être un médecin qui est là pour remplir, faire office dans un désert médical, qu'il y a un maçon qui va pouvoir s'occuper de la maison. Bref, des gens qui ont des compétences, qui ont des envies, qui sont une richesse aussi. Il faut le dire.

7:14
Invité

On ne peut pas être simplement à toujours les montrer comme un poids. Olivier Faure, pour les sans-papiers qui sont aujourd'hui en France et qui veulent s'y installer, y vivre, que ferez-vous ? Que fera la gauche si elle arrive au pouvoir ? Est-ce qu'elle les régularisera tous ? Tous ?

7:28
Olivier Faure

Non, bien sûr que non. Alors lesquels ? Mais il y a aujourd'hui des gens qui sont dans cette catégorie des ni régularisables, ni expulsables. Et qui donc sont... Parce qu'ils sont là depuis plusieurs années. Parce qu'ils sont là depuis longtemps, parce qu'ils ont des enfants qui sont nés sur le territoire français, parce qu'ils ont des raisons qui font qu'on ne peut pas les expulser. Et en même temps, ils ne remplissent pas les conditions de la régularisation. Ça représente combien ? Vous avez une idée ? Je ne sais pas, je ne peux pas vous donner un chiffre, on vous le donnera plus tard, mais il y a une partie de ces gens qui donc sont aujourd'hui dans des situations incroyables.

J'étais l'autre jour dans le Val-de-Marne à visiter avec Emmaüs Solidarité un centre qu'ils ont ouvert. Vous avez la plupart des gens qui sont dans cette catégorie. Et qu'est-ce qui se passe ? Ces gens-là vivent d'un centre à l'autre. Donc ils voudraient travailler. Ils voudraient travailler, parce que ce sont des gens qui ont des compétences. Enfin, il y en a même qui continuent à étudier, etc. Et ils ne peuvent rien faire. Et donc, après, on dit que ces gens-là sont une charge pour cette société française. Mais ils sont une charge parce que nous ne savons pas leur donner l'occasion de mettre justement en valeur leur talent.

8:34
Invité

Régularisation, je vais y arriver, pardon, sur critères. Donc si on entend bien vos propos ce matin. Olivier Faure, premier secrétaire du PS, invité de France Info jusqu'à 9h. Le fil info à 8h41 avec Mélanie Delonay.

8:45
Présentateur

Ce ne sera plus 6 mois, mais 5 délais raccourcis entre le dernier vaccin et la dose de rappel contre le Covid. Olivier Véran doit l'annoncer à la mi-journée. Ce rappel sera ouvert à tous les adultes. On suivra sa prise de parole en direct sur France Info. A partir de midi et demi, le gouvernement veut aussi rendre le masque obligatoire à l'intérieur dans les lieux soumis au pass sanitaire. La réunion de crise vient de commencer à Matignon, au lendemain du naufrage dans la Manche d'une embarcation de migrants qui voulaient rejoindre l'Angleterre. Au moins 27 personnes ont péri. Un cinquième passeur présumé a été arrêté pendant la nuit, annonce le ministre de l'Intérieur.

En Martinique, les syndicats veulent maintenir la pression avant une réunion prévue avec le préfet. Aujourd'hui, les barrages se multiplient. Troisième nuit de tension, un supermarché a notamment été incendié. C'est définitivement acté par le Parlement. 38 millions de Français vont recevoir l'indemnité inflation de 100 euros. Ça concerne ceux qui touchent moins de 2000 euros net par mois. France Info Le 8.30 France Info Salia Brakia Marc Fauvel

9:52
Locuteur non identifié

Toujours avec Olivier Faure, le premier secrétaire du Parti Socialiste. Nicolas Hulot quitte définitivement la vie publique. C'est ce qu'il a annoncé hier avant la diffusion ce soir dans Envoyé Spécial sur France 2. De nouvelles accusations d'agression sexuelle et même de viol. Accusations qu'il a démenties en bloc. Est-ce que vous comprenez qu'ils prennent les devants ?

10:11
Olivier Faure

Je ne veux pas commenter la gestion médiatique de Nicolas Hulot. Ce que je veux simplement vous dire c'est que nous sommes arrivés à une époque et c'est heureux que ce soit ainsi où enfin nous croyons la parole des femmes qui sont victimes de violences et quand on sait qu'il y a une femme toutes les 6 minutes qui se fait violer dans notre pays et bien effectivement il est temps de prendre conscience de ce que vit la moitié de l'humanité.

10:41
Locuteur non identifié

Alors il n'y a pas de plainte aujourd'hui contre Nicolas Hulot. C'est ce qu'on sait aujourd'hui. C'est des crimes précis.

10:46
Olivier Faure

Donc la plainte n'aurait aucune portée.

10:49
Locuteur non identifié

On n'a pas encore découvert les témoignages. Donc vous dites comme Julien Bayou par exemple le patron des écologistes il faut entendre ces femmes là même s'il n'y a pas de plainte même si on n'a pas de preuves. Mais du coup est-ce que c'est condamné aussi Nicolas Hulot en disant ça ?

11:03
Olivier Faure

Mais moi je ne suis pas là pour condamner. Je suis là pour dire il faut entendre ce que disent les femmes. Mais vous les croyez par principe ou c'est le nombre de ces femmes qui... Évidemment c'est le nombre, c'est le fait que ça aurait pu être même une seule femme si son témoignage était suffisamment puissant pour qu'on puisse y accorder une crédibilité.

11:22
Invité

Mais ni vous ni nous n'avons entendu ces témoignages pour l'instant.

11:25
Olivier Faure

Non bien sûr mais c'est pour ça que je vous dis je ne peux pas accuser qui que ce soit. Je ne suis pas là, je n'ai aucune légitimité à le faire. Ce que je dis simplement c'est que de façon générale, la société française doit accepter d'entendre ces paroles. Et quand vous avez faisceau de présomption avec des femmes nombreuses qui disent... Enfin qui disent peut-être, je ne l'ai pas entendu ce témoignage, mais enfin qui ont des témoignages qui sont voisins et qui racontent la même histoire, qui ne se connaissent pas, etc. Il y a de fortes raisons de penser que ce qu'elle dit n'est pas forcément une affabulation.

11:52
Invité

Qu'est-ce qu'on fait de la présomption d'innocence dans ces cas-là ?

11:55
Olivier Faure

Qui est un pilier... Mais la présomption d'innocence, Marc Fauvel, pardon, mais enfin elle est pleine et entière. Ce n'est pas parce que vous êtes... parce qu'on entend les femmes que vous êtes condamnées, il n'est pas en prison que je sache.

12:07
Locuteur non identifié

Pas quand on vous écoute ce matin, Olivier Faure, pardon, mais quand vous dites il faut croire ces femmes, même si on n'a pas encore entendu ces témoignages, vous le condamnez quand même quelque part, Nicolas Hulot, en disant ça.

12:16
Olivier Faure

Je dis qu'il faut entendre la parole des femmes parce que vous savez très bien que l'une des raisons pour lesquelles il y a peu de plaintes dans notre pays, c'est que les femmes considèrent qu'elles ne seront pas entendues, que ça ne sert à rien. Il faut comprendre aussi que les crimes sexuels sont d'une nature très particulière, c'est que les victimes s'estiment souvent en partie coupables. Et donc, elle porte elle-même cette culpabilité et la honte qui devrait rejaillir exclusivement sur l'agresseur ou sur le violeur, elle est souvent malheureusement partagée par la victime.

Et donc, ce sont des délits, des crimes qui sont très particuliers et qui supposent, y compris un traitement particulier. Et nous sommes aujourd'hui dans cette journée contre les violences faites aux femmes. Moi, j'aimerais par exemple qu'on fasse ce que suggère Anne Hidalgo dans une tribune au Monde ce matin, faire ce que les Espagnols ont fait. C'est-à-dire, par exemple, c'est la formation de toutes celles et ceux qui ont à connaître toutes ces affaires, les magistrats, les policiers, les médecins, etc. Mais qu'on aille plus loin encore avec une juridiction spécialisée. Il y en a une qui est en train d'être expérimentée à Nantes.

Il faut la généraliser et faire en sorte que désormais, toutes les femmes qui ont subi agression ou viols, aient le sentiment qu'elles vont être accompagnées, qu'elles vont être entendues, comprises et qu'elles puissent entraîner des procédures judiciaires dans des délais qui ne sont pas ceux de la prescription.

13:44
Invité

Olivier Faure, Anne Hidalgo met en avant un argument relativement nouveau dans sa campagne ces dernières semaines. C'est le fait d'être une femme, justement, candidate à l'Elysée. J'en ai assez, dit-elle, d'entendre tous les jours que les femmes, y compris en politique, sont juste bonnes à passer les plats. Nous avons trop de fois laissé passer le train parce que des hommes nous ont expliqué qu'ils allaient porter nos sujets. Cette fois, nous allons nous en occuper. Est-ce que c'est un argument que vous partagez, vous aussi ? Est-ce qu'une femme est meilleure qu'un homme dans la course à l'Elysée ?

14:10
Olivier Faure

Il ne s'agit pas de dire qu'une femme est meilleure dans la course à l'Elysée. Il s'agit de dire qu'il y a beaucoup de sujets sur lesquels, en fait, je vais dire nous les hommes, je vais parler au nom de tous les hommes, c'est que ça fait des années que tout le monde parle d'égalité salariale, de violences faites aux femmes, de précarité spécifique aux femmes, etc. Et pourtant, ces sujets-là restent des sujets aveugles, des sujets maltraités. Vous voulez dire que les hommes n'ont pas fait le boulot ? Mais je connais un président, même il est toujours en poste, qui a dit que la grande cause de son quinquennat, ce serait les femmes.

14:47
Invité

Et c'est le fait d'être un homme qui fait qu'il n'a pas tenu pour vous ses promesses ? Ou c'est le fait d'être Emmanuel Macron, en l'occurrence ? Les deux, mais... Parce que sinon, je vais vous dire que Margaret Thatcher a tenu une partie de ses promesses, mais que ce n'est peut-être pas... Oui, les deux.

14:59
Olivier Faure

Ce que je dis, c'est que je pense que si Anne Hidalgo était présidente de la République, elle mettrait un point d'honneur à faire en sorte que ces questions-là soient des questions qui soient marquantes pour son propre passage à l'Élysée. J'imagine que toutes celles et ceux qui deviennent président de la République ont envie de laisser une trace de leur passage.

Et moi, le sentiment que j'ai, c'est qu'Anne Hidalgo, présidente, par exemple, sur la question de l'égalité salariale, elle mettra un point d'honneur à faire en sorte que dans notre pays, qui est quand même ce pays de l'égalité, eh bien, il n'y ait plus une femme qui, à compétence égale et à métier égal, gagne 20% de moins qu'un homme.

15:32
Locuteur non identifié

Un mot sur la conférence de presse que doit tenir le ministre de la Santé, Olivier Véran, ce midi, il doit faire plusieurs annonces, notamment d'après les informations de France Info, le gouvernement va ouvrir la dose de rappel aux plus de 18 ans, tout de suite, et cinq mois après la dernière injection. Est-ce que vous trouvez que c'est une bonne chose d'élargir la dose de rappel à tous ?

15:53
Olivier Faure

Oui, d'abord, je vais quand même dire à ceux qui nous écoutent qu'on en parle, là, je vois les antivax qui expliquent trois doses, pourquoi pas quatre, pourquoi pas cinq ? D'abord, il y a beaucoup de vaccins pour lesquels il faut déjà trois doses. En fait, ce n'est pas une grande première. Et donc, oui, moi je suis...

16:11
Locuteur non identifié

On n'était pas au courant pour le Covid, c'est pour ça.

16:13
Olivier Faure

Le gouvernement a eu tort de ne pas présenter dès le départ le fait qu'il y aurait certainement besoin de trois doses et ça donne un sentiment d'une forme de surprise. Pour être honnête, il n'y avait pas le variant Delta à l'époque. Même après le variant Delta, ils n'ont pas annoncé la troisième dose. Mais enfin, peu importe, moi je ne suis pas là pour...

16:30
Invité

Donc la troisième dose pour tous, rapidement,

16:31
Olivier Faure

cinq mois après, vous applaudissez. Je suis favorable à cette troisième dose. Vous êtes toujours, Olivier Faure,

16:37
Invité

vous êtes toujours pour la vaccination obligatoire pour tous les Français ?

16:39
Olivier Faure

Je suis pour un pass vaccinal parce que oui, à un moment, il faut... C'est quoi la différence entre pass vaccinal et vaccination obligatoire ? C'est la même chose ? C'est la façon de contrôler, en fait...

16:48
Locuteur non identifié

C'est que les vaccinés en plus de droits que les non-vaccinés ?

16:51
Olivier Faure

C'est que les gens qui sont vaccinés ont des accès que les autres n'ont pas. C'est assez normal. C'est-à-dire lesquels ? Aujourd'hui, vous avez un pass sanitaire sur lequel vous avez la possibilité, si vous êtes non pas vacciné, mais simplement testé, de pouvoir accéder au même lieu, au même service, etc. Vous vous dites maintenant qu'il faut trancher, seul le vaccin doit donner par exemple

17:09
Invité

la possibilité d'aller au restaurant, au cinéma ?

17:12
Olivier Faure

Bien sûr, il faut qu'à un moment, on dise que la solidarité nationale suppose que chacun prenne des mesures qui sont là pour le protéger et nous protéger. Ça ne protège pas de manière absolue, on l'a bien compris. On n'est pas absolument certain de ne pas pouvoir avoir le virus ou de ne pas le transmettre, mais on diminue drastiquement ces possibilités-là. Et donc, il faut le faire parce que...

17:33
Locuteur non identifié

Ça veut dire, Olivier Faure, que vous n'êtes pas du tout sur la même ligne que Jean-Luc Mélenchon, Michel Barnier ou Marine Le Pen qui demandent le retour de la gratuité des tests pour les non-vaccinés ?

17:42
Olivier Faure

Ah si, moi je suis pour la gratuité des tests, ça c'est autre chose. Ah bon ? Je ne comprends plus. C'est-à-dire que je suis à la fois pour le pass vaccinal et pour la...

17:47
Invité

Mais tout simplement parce que... Attendez, à quoi sert un pass vaccinal réservé, qui réserve l'entrée au cinéma, au restaurant, aux gens vaccinés, si dans le même temps, les tests sont gratuits ? Vous les rendez, ça se gratuit pour tout le monde ? Mais parce qu'il y a six ans de gens...

17:57
Olivier Faure

Ils ne rentreraient pas dans le pass sanitaire ? Mais non, ils ne rentrent pas dans le pass vaccinal. Donc du coup, ils n'ont pas... Mais si, mais le test, il ne sert pas simplement à savoir si vous pouvez rentrer dans un restaurant. Il sert d'abord à ce que des gens qui sont potentiellement contagieux se testent eux-mêmes. Vous vous rendez compte que ça coûte 25 euros pour un non-vacciné. Donc qu'est-ce qu'il fait ? Vous avez des gens qui sont des gens très modestes qui ne sont pas vaccinés. Ils vont et se disent, bon, j'ai eu une espèce de mauvaise grippe. Est-ce que c'est le Covid ? Parce que c'est pas... Tant que ça ne se dégrade pas...

18:24
Locuteur non identifié

Mais alors vous voulez qu'on rembourse les tests pour les non-vaccinés, mais juste à usage personnel, c'est-à-dire qu'il n'y aura aucun avantage.

18:29
Olivier Faure

Mais à usage collectif, pardon, quand vous avez quelqu'un qui n'est pas vacciné, qui ne se teste pas et qui donc est potentiellement contagieux pour tout son entourage, eh bien le problème, c'est que c'est une... Enfin, ça, potentiellement, c'est une bombe humaine. Donc il faut qu'effectivement, il sache qu'il a le Covid pour pouvoir s'isoler et faire en sorte d'être traité comme il se le doit.

18:46
Invité

Le Fil Info 8h51 avec Mélanie Delaunay. On vous retrouve dans un instant. Olivier Faure.

18:52
Présentateur

Gérald Darmanin annonce l'arrestation d'un cinquième passeur présumé au lendemain de la mort d'au moins 27 personnes dans la Manche. Une embarcation de migrants qui a fait naufrage. Deux rescapés sont à l'hôpital. À partir de midi et demi, les réponses du gouvernement face à la cinquième vague de Covid. Le rappel du vaccin ouvert à tous les adultes. L'injection sera possible dès le cinquième mois après le dernier vaccin. Chez nos voisins italiens, il faudra bientôt présenter son pass sanitaire pour prendre le bus ou le métro. Les enseignants vont devoir obligatoirement passer par la case vaccination d'ici la mi-décembre.

Interpol vient d'élire son nouveau président, un général emirati accusé de torture, nomination qui révolte les défenseurs des droits de l'homme, même si ce poste est essentiellement honorifique. Petit à petit, l'équipe va s'améliorer, assure l'entraîneur du PSG. Les footballeurs parisiens battus 2-1 par Manchester City, ils sont néanmoins qualifiés pour les huitièmes de finale de la Ligue des Champions grâce à la défaite de Bruges contre Leipzig. France Info Le 8.30 France Info, Salia Braquia, Marc Fauvel.

19:57
Locuteur non identifié

Toujours avec Olivier Faure, le premier secrétaire du Parti Socialiste, on parlait à l'instant de la généralisation de la dose de rappel aux plus de 18 ans, c'est ce que devrait annoncer Olivier Véran ce midi. Qui dit vaccination généralisée, dit aussi vaccinodrome, vous demandez leur retour, c'est ça ?

20:12
Olivier Faure

Je demande leur retour, tout simplement parce qu'aujourd'hui, on nous annonce une troisième dose nécessaire, et j'encourage, simplement les vaccinodromes ont fermé à peu près partout, et donc comment va-t-on faire pour aller au rythme nécessaire ? Donc il faut les rouvrir, et il faut aider les collectivités locales. Rappelez-vous, il y a un an, ça ne marchait pas, parce que les collectivités locales n'avaient pas pris en charge la question de la vaccination. Elles l'ont pris en charge, on aura annoncé qu'elles seraient accompagnées financièrement, elles ne le sont pas. Et là, il y a la médecine de vie,

20:41
Locuteur non identifié

les médecins sont autorisés à vacciner, tout comme dans les pharmacies. Oui, mais même... C'est différent par rapport à hier un an.

20:45
Olivier Faure

Oui, mais la vaccination, il y a un an, quand les médecins libéraux venaient dans les vaccinodromes pour vacciner, ils étaient indemnisés. Cette indemnisation a été réduite il y a un mois et demi. Enfin, on se demande des fois à quoi prend ce gouvernement.

20:57
Invité

Olivier Faure, Anne Hidalgo se lance cette semaine dans un tour de France, deux mois et demi après son entrée en campagne. Elle le prolonge. Elle prolonge son tour de France, elle a été donc rentrée en campagne, elle a relancé sa campagne quelques semaines plus tard, lors d'un grand meeting aux côtés de Martine Aubry. Notamment, cette fois, c'est le tour de France. Pourquoi ça ne décolle pas, aujourd'hui encore ? Et à quel moment ça va vous inquiéter ?

21:17
Olivier Faure

Mais d'abord, je ne sais pas si on va parler de décollage. En fait, moi... Il y a un gap entre 5% aujourd'hui et la qualification pour le second tour. Le problème de ces questions, c'est qu'on nous parle en permanence de est-ce que ça décolle, est-ce que vous avez fait 5%, 10%, 15%, etc. Mais pour que ça décolle, comme vous dites... Il faut qu'on arrête de vous poser la question. Mais il faut qu'on arrête de nous poser cette question-là pour nous poser des questions sur qu'est-ce que vous voulez faire. Je préférerais vous dire, eh bien, avec Anne Hidalgo, la question salariale sera reposée au premier point. Alors, on y va.

21:48
Invité

Qu'est-ce que vous voulez faire ? Vous connaissez le débat qu'il y a eu au début de la campagne d'Annie Hidalgo sur le doublement du salaire des profs. Est-ce que, oui ou non, après les allers, les retours et parfois les allers-retours qu'il y a eu sur cette question, est-ce que, oui ou non, les professeurs gagneront deux fois plus à la fin du quinquennat d'Annie Hidalgo ? Oui ou non ?

22:05
Olivier Faure

Je ne répondrai pas par oui ou par non parce que, non mais, je vous ai déjà dit, y compris sur ce plateau, je vous ai déjà dit que, pour ma part, je partageais l'ambition d'Annie Hidalgo d'aller mettre le paquet sur l'éducation parce que c'est l'ignorance qui coûte le plus cher avec des coûts qui sont des coûts induits que personne ne calcule jamais. Après, sur la question de savoir si c'est le doublement, l'augmentation substantielle des cesseraires, il faut effectivement en parler, notamment avec le monde syndical. Donc, ce qu'elle a dit dans son livre n'était pas exact. savoir ce qui relèvera demain de la formation, ce qui relèvera du recrutement, ce qui relèvera des salaires.

Et donc, je partage cette ambition. Après, dans le détail, je souhaite que nous puissions continuer à en parler. Voilà, ce n'est pas un désaccord, c'est une façon de vous dire que cette question-là doit être traitée intelligemment et non pas simplement...

22:50
Invité

Deuxième tentative. En tant que maire de Paris, Anne Hidalgo a signé en 2019 un appel pour l'interdiction des armes nucléaires sur la planète. Est-ce que ça vaut aussi pour la candidate ? J'imagine. Plus de nucléaire ? Ni civil ni militaire ? Ce n'est pas ce qu'elle a dit. Vous me parlez là d'armes nucléaires. De dissuasion nucléaire.

23:05
Olivier Faure

Plus de dissuasion nucléaire ? Mais ça ne peut pas... Là encore, cette question sur la dissuasion nucléaire, c'est une dimension internationale. Si demain, il y a un traité de désarmement multilatéral qui s'en plaindra, évidemment, par contre, il n'est pas question de se désarmer seul face au reste du monde. C'est une évidence aussi.

23:25
Locuteur non identifié

Sauf qu'en tant que maire de Paris, elle a signé un appel pour l'interdiction de César Nucléaire.

23:31
Olivier Faure

Mais moi, je suis favorable à l'interdiction. Simplement, on ne se désarmera pas unilatéralement. Il n'y a aucune raison de penser que nous pourrions faire le choix, nous, de faire un effort que les autres ne font pas et se mettre en danger par rapport aux autres. C'est même le principe de la dissuasion. Donc, soit on est dans l'équilibre de la terreur, comme c'est le cas aujourd'hui, soit tout le monde y renonce et en ces cas, c'est possible. Dans le cas contraire, c'est non.

23:51
Invité

Vous avez sans doute vu qu'en Allemagne, la future coalition a décidé de légaliser le cannabis. Olivier Faure, là encore, est-ce que ce sera dans le projet d'Anne Hidalgo ?

23:59
Olivier Faure

Ce n'est pas dans le projet des socialistes et ce n'est pas dans le projet d'Anne Hidalgo. Simplement, moi, je souhaite que le débat ait lieu. Je me prononce en mon nom personnel. Je souhaite que ce débat ait lieu, vraiment, parce que nous sommes le pays européen

24:12
Invité

le plus prohéritif. La gauche dit ça depuis des années au Parti socialiste et chez les écologistes. Est-ce que ce n'est pas le bon moment, une campagne présidentielle, pour que ce débat ait lieu et qu'éventuellement, les électeurs soient appelés contre un candidat ou une candidate sur ce sujet ? Ce que je vous dis là, à l'instant,

24:24
Olivier Faure

c'est que je souhaite que le débat ait lieu. Mais ce ne sera pas dans le projet, vous nous dites aussi. Non, le projet des socialistes, tout ce que nous avons adopté, ça n'y figure pas. Et ce ne sera pas non plus dans celui d'Anne Hidalgo. Dans le projet de la candidate, il n'est pas encore complètement élaboré puisqu'elle le rendra public au mois de janvier, même si, progressivement, elle en rend quelques volets publics. Et donc, moi, je souhaite que ce débat ait lieu parce que nous sommes dans un pays à la fois le plus prohibitif en Europe et nous sommes aussi les plus gros consommateurs. Cherchez l'erreur.

Et donc, moi, je souhaite que l'on puisse démanteler tous ces réseaux qui sont ces réseaux parallèles qui gangrènent nos quartiers, qui, finalement, en fait, font que l'état de droit n'est plus respecté dans un certain nombre d'endroits en France. Et donc, pour cela, il faut démanteler l'économie parallèle. C'est tout.

25:07
Locuteur non identifié

Olivier Faure, une dernière question. Certains vous soupçonnent de faire une campagne low cost, de ne pas beaucoup dépenser pour pouvoir envisager soit un retrait, soit le fait qu'Anne Hidalgo fasse moins de 5% à la présidentielle, justement, et ne pas tomber dans la banqueroute. Est-ce que c'est vrai ?

25:23
Olivier Faure

C'est faux. Je ne peux pas vous dire autre chose. Comment peut-on penser que je cherche à faire une campagne où on fasse le moins possible ? Il n'y a pas de plan B à Anne Hidalgo. Il n'y a pas de plan B. Et l'évidence, c'est que nous sommes liés, non pas par un espèce de pacte politique, nous sommes liés par le fait que nous partageons des convictions et que nous voulons les défendre ensemble dans cette élection présidentielle.

25:41
Invité

Le PS avait dépensé 16 millions d'euros en 2017 pour soutenir Benoît Hamon. Vous dépenserez la même chose cette fois-ci ? Non, moins, moins. Pourquoi ?

25:50
Olivier Faure

Tout simplement parce que ce n'est pas l'argent qui garantit le résultat, Marc Fauvel. On peut faire des 16 millions d'euros de dépenses et faire 6%.

25:56
Invité

Et donc vous allez dépenser beaucoup moins cette fois-ci ? Donc ceux qui disent qu'effectivement c'est une campagne un peu low cost par rapport à la dernière fois, on n'est pas tout à fait tort.

26:04
Olivier Faure

Peut-être pas low cost, mais promotionnelle. Il y a eu une campagne, la nôtre 16 millions. Il y a eu une campagne bien plus chère qui allait même dépasser les plafonds autorisés, celle de Big Malion avec l'UMP. Ni l'une ni l'autre n'ont gagné, enfin, n'ont été des campagnes gagnantes. Eh bien, je suggère qu'on en tire une leçon. Ce n'est pas l'argent qui fait le bonheur, ce n'est pas aussi l'argent qui fait les résultats. Donc ce qu'il faut, c'est des convictions que nous puissions affirmer avec force ce que nous sommes, pourquoi nous nous battons, pour qui nous nous battons.

Et moi, je souhaite que les classes populaires, les classes moyennes, toutes celles et ceux qui, aujourd'hui, cherchent un débouché politique à leur revendication, le trouvent avec nous.

26:38
Invité

Merci beaucoup, Olivier Forbe. Bonne journée. Merci à vous.