Macron sur TF1 : la grande comédie, l'énorme propagande
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
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Questions et réponses
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- 1:50OuverteRéponse partielle
Qu'est-ce que tu penses de sa position et de son discours sur ces sujets qu'on a entendus mercredi dernier ?
- 6:50OuverteRéponse partielle
Il s'est défendu contre l'accusation d'être un président des riches. Est-ce que toi, tu es d'accord avec cette phrase-là ?
- 8:37OuverteRéponse directe
Derrière cette interview, c'est quoi sa stratégie politique selon toi ?
- 10:58OuverteRéponse directe
Qu'est-ce qu'il veut dire par là, en pleine pandémie et crise de l'hôpital public ?
- 13:27OuverteRéponse directe
Qu'est-ce que tu en penses, toi ?
- 14:49OuverteRéponse directe
En avant la performance, qu'est-ce que tu penses de cette déclaration ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 2:49InvitéFait
« C'est déjà Macron qui avait dans son programme de 2017 une économie de 15 milliards sur l'assurance maladie. »
- 7:09InvitéFait
« Il n'a même pas attendu trois mois, c'est la baisse de l'ISF. »
- 7:19InvitéChiffre
« Quand vous avez 1,3 million de fortune, ce qui n'est pas mal, souvent, elle est composée majoritairement d'immobilier. Là, ça n'a pas changé. Vous payez toujours l'ISF. »
- 7:35InvitéFait
« Plus vous êtes riche, moins vous allez payer d'ISF. »
- 7:46InvitéChiffre
« Il a offert 4 milliards de baisse de fiscalité à ces 1% de la population qui détiennent 25% du patrimoine global français. »
- 8:06InvitéFait
« Il a fait la loi travail qui réarmait le patronat face aux salariés. »
- 17:19InvitéFait
« Les retraites chez nous elles sont publiques et pas répartition. »
- 26:10InvitéFait
« le CICE, la loi travail, les baisses de dotation aux collectivités locales ça ne l'a pas dérangé »
- 29:11InvitéChiffre
« je vais mettre tant de milliards dans l'hôpital ou je vais recruter 100 000 postes de fonctionnaires, ce qui coûterait l'équivalent de ce qu'on a perdu avec l'ISF, 4 milliards »
- 29:25InvitéFait
« ils préfèrent que tu leur dises écoute je te supprime la taxe machin ça te fera 100 euros en plus »
- 29:31InvitéFait
« je vais faire en sorte que je vais virer une partie des immigrés comme ça toi tu auras tu garderas ton poste »
- 30:04InvitéChiffre
« des 22 millions de français qui ne partent jamais en vacances »
Temps de parole
- Invité78 %
- Présentateur15 %
- Invité 26 %
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Bonjour tout le monde et bienvenue pour ce nouvel Instant Porchet. Je suis ravie de vous retrouver chaque semaine, comme d'habitude, pour débriefer, analyser, comprendre l'actualité avec Thomas Porchet, surtout pendant cette période présidentielle où nous avons tant de discours politiques qui gravitent autour de nous. Au programme, aujourd'hui, on va chercher les dessous de l'entretien de notre président de la République, Emmanuel Macron, sur TF1, mercredi dernier. On décrypte le discours de Pierre Moscovici, premier président de la Cour des comptes, quand il dit vouloir maîtriser nos dépenses de santé. Et enfin, nous reviendrons sur la fameuse alliance des gauches.
Avant de commencer cet épisode de l'Instant Porchet, je voulais vous parler d'un sujet très important. Le Média TV entre dans une phase cruciale qui conditionne sa survie, une campagne de dons de fin d'année. Nous avons besoin de notre audience pour ne pas crouler sous le déficit structurel qui est le lot des médias indépendants qui font le choix de ne pas dépendre des mécènes milliardaires ou de la publicité. Il s'agit pour vous de nous faire un don sur la plateforme Okepal, un don défiscalisé à 66% pour ceux qui paient des impôts sur le revenu. Ce qui signifie que si vous nous donnez 100 euros, il vous en coûte seulement 34.
On commence cet instant porchet en allant comprendre et fouiller l'interview d'Emmanuel Macron sur TF1 mercredi dernier. Alors au départ, j'aurais aimé vous diffuser des extraits de l'entretien pour en discuter et décrypter ensemble. Ce qu'on a pu également faire dans la contre-matinale de jeudi dernier. Mais impossible de diffuser des extraits car ils sont bloqués systématiquement sur YouTube par TF1, LCI et la famille Bouygues. Et pourtant dans ce pays, la loi est claire, les discours du président de la République relèvent de l'exception aux droits d'auteur. Ils ne peuvent donc pas être privatisés et personne ne peut se les approprier.
Et on comprend pourquoi le législateur a voulu qu'il en soit ainsi pour garantir le débat politique, la parole critique et citoyenne sur une intervention officielle du chef de l'État. À partir de terminer, Thomas, on va quand même en parler ensemble. Macron nous a confié qu'il avait pris conscience des inégalités, qu'il avait redressé l'hôpital public. Toi, qu'est-ce que tu penses de sa position et de son discours sur ces sujets qu'on a entendus mercredi dernier ?
Alors, moi, ça m'a fait beaucoup rire. Parce qu'il y a vraiment le Macron de 2017. Et puis là, il y a le nouveau Macron. On en a eu l'impression qu'il a failli pleurer trois fois, là. Au moment des inégalités, quand il a commencé à aborder ce thème-là, en disant qu'il avait été en Seine-Saint-Denis, qu'il avait rencontré un maire d'une ville. Alors, on sait que c'est le maire de la Courneuve, Gilles Pou, puisque dans une autre interview, il avait dit que c'était ce maire-là qui lui avait dit que les enfants qui ne vont pas à l'école ne peuvent pas se nourrir quand les parents allaient encore travailler pendant la pandémie.
Puis, il nous raconte, pareil, que l'hôpital s'est mobilisé, que les médecins retraités, les étudiants, et que ça a été quelque chose de beau. C'est ce qu'il nous dit, avec un gros plan sur son visage. Mais vraiment, on s'est cru au théâtre. C'était assez, en termes de forme, on était proche des grandes années de propagande, pour moi, de certains pays ex-communistes. Mais ce qui est assez marrant, c'est que, OK, il dit ça très bien, mais c'est quoi le Macron de 2017 que les gens ont porté ? C'est déjà Macron qui avait dans son programme de 2017 une économie de 15 milliards sur l'assurance maladie.
Donc, à l'époque, l'hôpital, autant dire que c'était plutôt la purge du système de santé publique. C'est aussi quelqu'un qui avait dit, par exemple, puisque là, maintenant, il s'est rendu compte qu'il y avait des inégalités, mais qui avait dit qu'un des grands malaises français, c'était cette volonté d'égalité qui s'était transformée en égalitarisme jaloux. C'est ce qu'il a dit quand il était ministre de l'économie. Puis là, il se rend compte qu'au final, il y a des inégalités en France.
Et moi, ce qui me dérange beaucoup, c'est que quand il a été en Seine-Saint-Denis et qu'il a rencontré ce maire, c'est très bien, c'est une bonne chose qu'il rencontre un maire et qu'il aille en Seine-Saint-Denis il y a plus de 40 ans. Mais il y a un rapport qui est sorti un an après, qui a été fait par ce maire, un rapport sur l'inégalité des territoires, prenant comme exemple notamment la Courneuve avec le maire de la Courneuve.
On avait même rencontré la conseillère sociale d'Emmanuel Macron en lui présentant un certain nombre de chiffres qui étaient hallucinants sur les taux de pauvreté qu'il y avait dans cette ville-là, sur les manques de fonctionnaires, sur la baisse des dotations aux collectivités locales qui ont été divisées par deux depuis Hollande et poursuivies par Macron. Il y avait tout un tas de chiffres qui étaient très clairs et qui n'ont pas emmené de réaction. Et à ce moment-là, mais quelques mois avant la pandémie, il y avait les professeurs du lycée Jacques Brel de la Courneuve qui manifestaient devant le rectorat parce qu'on passait les effectifs de leur classe de 28 à 35.
Vous savez que dans ces villes-là, 7-8 élèves de plus, ce n'est pas pareil qu'à Henri IV, ce sont des élèves qui vivent dans des familles où il y a une famille sur deux qui est sous le seuil de pauvreté, où il y a parfois un cumul de désavantages et où, si on veut donner des chances à ces élèves-là qui partent avec des sacs de sable accrochés aux pieds, justement, il faut faire en sorte qu'ils soient moins par classe. Et en plus, il y avait une suppression des cours du soir pour manque de moyens. Et ce que demandaient les professeurs, c'était de revenir à des classes de 28 et de faire revenir ces cours de soir. Personne n'a répondu à ça.
Et à la rentrée-là, cette rentrée-là, puisque Macron avait déjà rencontré le maire, il n'y avait toujours pas d'infirmière dans ce lycée-là, alors qu'on est toujours en pleine pandémie et qu'il y a plus de 1 000 élèves. Donc, vous voyez, il y a les mots comme ça et puis après, il y a les actes qui sont toujours éloignés des mots. Et puis même de manière générale, quand on se pose deux minutes, on se dit, quand même, on a élu un président de 40 ans qui nous annonce en fait qu'il ne connaissait pas vraiment la France en fait.
Il connaissait une partie de la France, les grandes écoles, ça c'est sûr, on en a beaucoup parlé, aux fonctionnaires aux finances, Rothschild, les commissions, Atali, etc., les ministères, mais la France en elle-même, il nous l'avoue là, finalement, qu'avec les gilets jaunes, qu'avec ses visites en Seine-Saint-Denis, qu'avec ses visites à l'hôpital, il a découvert finalement son pays. Et ça, c'est un vrai problème. Et je vais finir là-dessus, c'est que je vais faire un petit parallèle avec Bruno Le Maire. Bruno Le Maire a sorti un livre.
Dès le début de son livre, il explique qu'il était avec De Villepin sous les dorures quand De Villepin était Premier ministre, donc il était sous les dorures, etc., avec De Villepin, et puis qu'il a été élu député de l'heure, et que là, il a été rencontré dans sa permanence une jeune femme. Et là, il vous explique à quoi ressemblait la permanence en faisant un parallèle avec les dorures qu'il avait connues avant. Et là, il se dit « Ouh, j'ai rencontré quelqu'un qui était assistante médicale, qui avait des problèmes d'argent, je n'ai pas su l'écouter, et j'ai vu que plus tard, elle était devenue gilet jaune.
» Donc là, on apparaît à un ancien ministre qui est né à Neuilly, qui a fait des grandes écoles, etc., qui théorise le fait qu'il rencontre pour la première fois une partie de la France qu'il ne connaît pas. Et là, Macron, c'est ce qu'il a fait dans cette interview sans s'en rendre compte. Il a voulu nous dire qu'il a changé, mais il a théorisé le fait qu'à 40 ans, il a découvert qu'en France, il y avait des inégalités, qu'il y avait des gens qui trimaient, que l'hôpital public était au bout, que les profs étaient au bout, qu'il y avait une colère chez certaines classes de la population et qu'il fallait y rémédier.
Donc là, il y a quand même un vrai problème de déconnexion qui a été mis au grand jour en réalité dans cette interview.
Il a dit beaucoup de choses ce soir-là. Il a dit aussi « Mes valeurs ne sont pas celles d'un président des riches ». Donc, il s'est vraiment défendu contre ça. Est-ce que toi, tu es d'accord avec cette phrase-là ?
Moi, je regarde les faits. Encore une fois, les premières mesures qui ont été mises en place quand Macron est passé au pouvoir, les premières mesures qu'il a mises tout de suite en place très rapidement, il n'a même pas attendu trois mois, c'est la baisse de l'ISF. Donc, la baisse de la fiscalité, la réforme sur l'ISF qui ne taxait plus tous les placements financiers. Alors, il faut le répéter, quand vous avez 1,3 million de fortune, ce qui n'est pas mal, souvent, elle est composée majoritairement d'immobilier. Là, ça n'a pas changé. Vous payez toujours l'ISF.
Par contre, quand vous avez 20, 30 millions d'euros de fortune, ce qui concerne une petite partie de la population, 80% sont des placements financiers. Et là, ça veut dire que sur cette fortune-là, sur 80%, vous ne payez plus d'ISF. Donc, il a inventé, Macron, la régressivité sur les plus riches. Plus vous êtes riche, moins vous allez payer d'ISF. Donc, il a offert 4 milliards de baisse de fiscalité à ces 1% de la population qui détiennent 25% du patrimoine global français, c'est-à-dire tous les bâtiments et tout ce qu'il y a dans les comptes dès le début. Puis, il a fait la flat tax, c'est-à-dire une baisse de taxe sur les revenus financiers.
Quand vous êtes au SMIC, vous n'avez pas de revenus financiers. C'est quand vous êtes dans les 10% les plus riches et plus vous êtes riche, plus vous en avez. Puis, il a fait la loi travail qui réarmait le patronat face aux salariés puisqu'on a le droit maintenant de changer les salaires, de modifier les temps de travail au cœur de l'entreprise. Donc, il a fait une série de réformes très rapides dont certaines qu'il a passées par ordonnance dès le début de son quinquennat en faveur des plus riches. Donc, il ne peut pas dire et sur le reste, il a fallu une pandémie, etc., pour qu'il se rende compte des choses.
Donc, c'est un président, clairement, qui est un président des riches puisque c'est les mesures réformes globales qu'il a faites, si on fait le bilan de son quinquennat, est en faveur des plus riches.
Derrière cette interview, c'est quoi sa stratégie politique selon toi ? Parce qu'on a vraiment pu l'entendre dire certains sont en campagne, votre serviteur, non, moi je ne fais pas de politique.
Moi, je pense que là, ce qu'il s'est dit, c'est pour ça qu'il a fait cette interview et c'est pour ça qu'il y avait tous ces moments émotions dans cette interview où vraiment, il expliquait qu'il s'était rendu compte d'un certain nombre de choses. Moi, je pense que Macron, sa stratégie, ça a toujours été d'occuper le plus le centre possible et de laisser de gauche comme à droite ce qu'on va appeler les extrêmes. Là, il a vu qu'à droite, je pense qu'il a pris tout ce qu'il pouvait prendre parce qu'il ne restait pas grand-chose, il restait des miettes que Valéry Pécresse a récupéré. Mais il a pris vraiment beaucoup à droite.
Et dans les derniers sondages des élections, notamment européennes, tous les gens qui avaient voté Fillon se sont rabattus souvent sur Macron. Donc, il se dit là, Valéry Pécresse récupère les miettes sur une stratégie très dure, un peu à la Fillon, c'est-à-dire 500 000 postes de fonctionnaires en moins, elle est capable de nous sortir, des coupes très fortes sur la dépense publique, mettre la dette au devant, des choses assez brutales. Donc, lui, là-dedans, il veut apparaître comme le réformateur éclairé, mais le réformateur quand même. Je vais faire la réforme des retraites, etc., mais chaque chose dans son temps, mais je vais faire les réformes. Voilà, je suis pragmatique.
Donc là, il n'y a plus rien à récupérer. Et puis, il dit, finalement, c'est très bien que moi, je sois d'une droite un peu à la Lemaire parce que Pécresse va être obligé d'être de plus en plus à droite et à la fin, peut-être même être du côté qu'il y ait des superpositions avec l'extrême droite. Donc là-dessus, il n'y a plus rien à récupérer. Par contre, qu'est-ce qu'il voit à gauche ? Il voit à gauche ce qu'il a récupéré déjà énormément. Enfin, il faut voir ce qu'il a récupéré à la primaire du PS. Valls, De Ruguet, j'en passais des... Pascal Durand, Pascal Canfin, chez Europe Écologie Les Verts. Il a récupéré comme un fou.
Mais il dit, il y a encore quelque chose à récupérer, notamment avec le naufrage d'Anne Hidalgo qui ne marche pas très bien. Il se dit, bon, il faut que j'apparaisse comme un mec qui reste crédible et qui ne va pas casser la baraque face à ceux qui veulent casser la baraque et qui s'est rendu compte quand même qu'il y avait un problème sur le climat, sur les inégalités, sur l'hôpital, un peu le service public et qu'on va faire en sorte que sans être démago, de bien traiter ces histoires-là. Donc, il y a une volonté vraiment d'aller chercher, on va dire, quelques voies, celles qui restent sur la gauche sociale-démocrate. Clairement.
Moi, je pense que c'était ça son objectif et c'est pour ça qu'il nous a fait un truc. J'ai compris la France, je suis triste, c'est des séquences émotions avec des gros plans où il était à la limite de pleurer. C'était pour charmer la gauche sociale-démocrate. Parce que la gauche, finalement, un peu plus extrême, elle ne pourra pas tomber dans le piège de Macron. Elle est beaucoup trop loin.
Il faut maîtriser nos dépenses de santé, c'est ce que nous affirme Pierre Moscovici, premier président de la Cour des comptes et ancien ministre de l'économie et des finances sous François Hollande. Qu'est-ce qu'il veut dire par là, en pleine pandémie et crise de l'hôpital public ? On l'écoute, il était sur France Inter mardi 14 décembre.
Il faut absolument maîtriser nos dépenses de santé et il faut le faire sans austérité. Comment c'est possible ? Une de vos pistes, notamment, c'est d'augmenter les tarifs des séjours hospitaliers. Alors, il y a plusieurs pistes. La première des pistes, c'est d'abord l'organisation des soins. C'est de faire en sorte qu'on trouve près de chez soi, par une meilleure organisation, des soins qui soient moins coûteux. Et c'est la revalorisation, sans aucun doute, de la médecine de ville. C'est la territorialisation de la médecine. Ça, c'est très important. Ensuite, il y a la question des tarifs qui est une question qui est posée.
Les tarifs doivent être repensés dans leur ensemble parce qu'on a un système qui pousse à aller vers les tarifs les plus élevés. Par exemple, les tarifs hospitaliers ou certains tarifs hospitaliers. Il y a l'organisation des professions de santé elles-mêmes. Par exemple, on peut développer des professions qui sont intermédiaires entre les professions paramédicales et les professions médicales. Je vais prendre un exemple. Les examens ophtalmiques, ils peuvent être faits par les opticiens dès lors qu'ils sont formés pour cela. Ça permettra d'économiser aussi un certain nombre de dépenses. Enfin, il y a tout ce qui concerne le numérique en santé qui est porteur de très grands progrès.
Je veux bien me faire comprendre. Moi, je n'ai jamais été un partisan de l'austérité. Je ne le suis pas. L'austérité, c'est ce qui appauvrit le secteur public. Nous avons besoin d'un secteur public fort. En revanche, il y a des gisements de performance, d'efficacité, d'organisation qui justifient des réformes, des réformes qui ne dégradent pas la qualité du service mais qui permettent de faire des économies. On peut faire aussi bien, voire mieux, avec un peu moins. Regardons quand même notre système en général. Notre système public est un système qui est extrêmement coûteux, qui n'est pas performant dans toutes ces dimensions.
Quand vous entendez Jean-François Delfraissy dire que 20% des lits d'hôpitaux sont fermés, quand vous entendez les médecins dire qu'ils sont à bout, que l'hôpital est en train d'exploser, que répond le président de la Cour des Comptes ? Je vous entends ce matin dire attention à la cuenta. C'est la raison pour laquelle, encore une fois, nous ne sommes pas du tout, pas du tout pour le coup, en train de dire qu'il faut taper sur les personnels, les payer moins, il faut les motiver. Mais vous savez, si l'organisation est meilleure, chacun aussi s'y épanouit davantage.
La Cour des Comptes prône un certain nombre de réformes dans la santé en vue de faire des économies, on l'a entendu. Qu'est-ce que tu en penses, toi ?
Je trouve ça assez grave, mais ça ne m'étonne pas de la Cour des Comptes. En fait, la Cour des Comptes, pandémie ou pas pandémie, crise ou pas crise, elle va dire toujours la même chose. Grosso modo, il faut réduire les dépenses publiques et notamment les dépenses de santé. Il faut faire en sorte que les Français traillent plus longtemps. Il faut qu'il y ait moins de fonctionnaires. Il faut baisser la dépense publique. C'est toujours la même chose.
Et là, ce qui est grave, c'est que ce discours-là, qu'on le prenne post-pandémie, parce qu'on n'en est pas encore sorti, on est en plein dedans, on parle de cinquième, sixième vague, l'hôpital est à bout, mais qu'on soit en pleine pandémie ou qu'on soit avant la pandémie, le discours ne change pas. Donc, on vous parle de baisser les dépenses publiques, maîtriser, faire en sorte de mieux organiser. C'est toujours la même chose.
Donc, je ne suis pas surpris, mais je pense qu'il faudrait vraiment se poser la question de l'utilité de la Cour des Comptes, en fait, parce que la Cour des Comptes devrait faire de la pédagogie, justement, sur les comptes, sur l'utilité de la dépense publique, ce que ça rapporte ou pas, et ainsi de suite. Mais ce qu'elle fait, en fait, c'est qu'elle fait toujours, ce ne sont pas des économistes, ce sont plutôt des juges, mais elle fait toujours le même type de constat. C'est-à-dire, la seule politique qu'elle défend, c'est une politique d'économie, constamment, quelle que soit la conjoncture et quels que soient les besoins.
Tu as commencé à le dire, on l'a vu, Moscovici, il a fustigé la dépense publique, mais il dit « Être contre l'austérité, car cela appauvrit le service public », je le cite. Il parle de gisement d'efficacité et d'organisation, de numérique, de développer les professions intermédiaires, d'augmenter les tarifs hospitaliers. Bref, en avant la performance, qu'est-ce que tu penses de cette déclaration ?
Déjà, moi, c'est le nouveau truc. Comme tout le monde s'est rendu compte que l'austérité ne servait à rien, que l'austérité avait replongé la zone euro dans la crise après la crise de 2008, et d'ailleurs, la Cour des Comptes soutenait cette austérité, des années à la France et à la zone euro de revenir à son niveau de richesse d'avant la crise de 2008 quand d'autres pays ont mis beaucoup moins de temps parce qu'ils n'ont pas pratiqué ces politiques d'austérité. Donc ça, il faut le dire, l'austérité, aujourd'hui, on ne le dit plus, mais malgré tout, on propose des politiques qui sont de l'austérité parce que de l'économie, c'est rien d'autre que l'austérité.
Et son histoire de meilleure organisation, de gisement de performance, tout ce vocable, ça vient d'où ? Ça vient du new management public et du new public management que l'on fait depuis des années à l'hôpital. C'est les tableurs Excel, c'est les rotations de lits, on s'arrange pour que les gens restent moins longtemps pour pouvoir donner. Voilà, c'est en fait cette histoire de dire, on va demander aux gens de faire plus avec moins. C'est ça, c'est à ça que ça sert l'organisation soi-disant. Et au final, ça finit par quoi ?
Ça finit par ce que l'on connaît dans l'hôpital, les burn-out, les gens qui sont fatigués, les gens qui ne veulent plus travailler dans l'hôpital parce que justement, ils voient que le jeu n'envoient pas la chandelle, ils sont poussés à bout. C'est à ça que ça aboutit. Donc aujourd'hui, il faut partir de la base, il faut un petit peu écouter le personnel. Qu'est-ce qu'il demande le personnel hospitalier ? Il demande très simplement plus de personnel, plus de moyens. Voilà. Eux, ils sont au cœur de la pandémie. Que demandent les gens dans les écoles ? Pareil, plus de moyens, plus de personnel. D'accord ? Aujourd'hui, il n'y a plus de gens qui veulent être infirmières.
Aujourd'hui, il n'y a plus de gens qui veulent être profs. Les profs font partie des mois bien payés de l'OCDE. Et on en passe et des meilleurs. C'est ça le service public. Donc attaquer comme ça aujourd'hui en disant oui, il y a des gisements d'efficacité, on pourrait faire mieux avec moins, il ferait mieux de regarder les chiffres puisqu'il fait partie de la Cour des comptes. Et moi, je le répète souvent, depuis 1978, la part de la dépense publique qui est consacrée à la fonction publique, c'est-à-dire aux administrations, est stable. Donc ils ne nous disent pas que ça augmente, c'est stable. C'est à 18% du PIB. D'accord ?
Donc la vraie question qu'il faut se poser peut-être aujourd'hui, c'est est-ce qu'il ne faudrait pas l'augmenter un peu plus ? Et quand on prend, quand on va à la base et qu'on écoute ce que demandent les gens, ils demandent toujours plus de moyens et plus de personnel.
Moscovici a souvent répété que la Cour des comptes ne faisait pas de politique. Toi, qu'est-ce que t'en dis ?
Non, mais la Cour des comptes fait de la politique. La Cour des comptes fait de... C'est ça en fait qui m'embête, moi. C'est que des gens aujourd'hui qui vous disent il faut que les gens travaillent plus longtemps, qui vous disent que oui, il faut maîtriser la dépense publique parce qu'on a une des dépenses publiques les plus élevées sans vous expliquer pourquoi nous avons une des dépenses publiques les plus élevées parce que vous savez les retraites chez nous elles sont publiques et pas répartition. Si demain on les passe tous en capitalisation et dans le secteur privé, on a une des dépenses publiques les plus faibles de la zone euro.
Donc il faut vraiment expliquer aux gens qu'en fait la dépense publique c'est quoi ? C'est seulement un chiffre qui vous indique ce que l'on veut donner au public et donner au privé. C'est tout. Si on a 57% de dépenses publiques 57% du PIB ça ne veut pas dire qu'il reste 43% pour le privé. C'est faux en fait. C'est une mesure que l'on compare au PIB et une valeur. En fait si on regardait le secteur privé le secteur privé représente 200% du PIB si on accumulait les mêmes montants que la dépense publique. Donc aujourd'hui la Cour des comptes devrait faire de la pédagogie.
Or ce qu'elle fait ce n'est pas de la pédagogie elle fait de la politique et sa politique ça vise à arriver à réduire les déficits à faire en sorte qu'on soit à l'équilibre mais je veux dire ça ne veut rien dire. Je veux dire si on avait écouté la Cour des comptes pendant la pandémie il n'y aurait pas eu de chômage partiel il n'y aurait pas eu de déficit et la plupart des entreprises se seraient écroulées les gens n'auraient pas aurait dû survivre dans des conditions horribles. Je veux dire il a fallu creuser les déficits pour soutenir l'activité. C'est de la politique macroéconomique contre-acyclique.
Donc dire qu'il faut toujours réduire les déficits et faire des économies et regarder les comptes c'est quelque part appliquer une politique libérale. Voilà. Il faut le dire. On ne va pas faire de commentaire sur la politique économique du Parti socialiste mais il applique une politique libérale et la Cour des comptes c'est le temple du néolibéralisme. Il faut le dire c'est rien de plus. Et ça tape toujours les mêmes fonctionnaires les catégorisés les fonctionnaires des collectivités locales. Après il faut voir Moscovici le salaire qu'il a parce que lui c'est un fonctionnaire aussi.
Et là on n'en parle jamais des économies sur les hauts fonctionnaires parce qu'il a un salaire qui doit être qui dépasse les 10 000 euros. Vous voyez ? Puis ça cumule avec ses anciens postes. Tout ça c'est de l'argent public. Jamais on n'entendra la Banque de France la Cour des comptes vouloir réduire le rythme des hauts fonctionnaires. Jamais. Là il n'y a pas de problème. Par contre quand il faut supprimer les catégories C dans les collectivités locales qui ont une utilité dans le périscolaire qui était en grève il y a deux jours dans la culture dans les loisirs alors là il n'y a pas de problème. Il faut supprimer.
Donc non non je pense que la Cour des comptes elle doit être réformée de fond en comble pour justement faire de la pédagogie sur ce qu'est la dépense publique et son utilité plutôt que de nous dire depuis à peu près sa création qu'il faut faire des économies.
La fameuse alliance des gauches on en a un tout petit peu parlé ensemble la semaine dernière Thomas on va revenir dessus aujourd'hui. La maire de Paris et candidate à la présidentielle Anne Hidalgo a appelé sur le plateau du 20h de TF1 à l'organisation d'une primaire de la gauche le 8 décembre dernier en boitant le pas à l'ancien ministre de l'économie de François Hollande Arnaud Montebourg qui dans une lettre diffusée sur les réseaux sociaux la veille s'est dit prêt à offrir sa candidature et à appeler à un rassemblement de la gauche derrière un projet commun. Anne Hidalgo le matin même de sa déclaration affirmait pourtant sur France 2 qu'une union artificielle ne fonctionnerait pas.
Depuis Yannick Jadot et Jean-Luc Mélenchon ont décliné l'offre si je puis dire. Les militants de la primaire populaire depuis des mois eux sont ravis et tentent par tous les moyens de convaincre les personnalités des gauches. S'agitent aussi les rumeurs et surtout les militants qui prônent la candidature de Christiane Taubira. Je ne serai pas candidate déclarait-elle en septembre dernier même si aujourd'hui trois mois plus tard le doute est entretenu. Thomas qu'est-ce que tu penses de cette stratégie encore une fois de primaire et d'alliance des gauches pour gagner l'élection présidentielle ?
Alors moi je suis surpris par la capacité que les gens ont oublié ont à oublier pardon et donc ce qui les amène à refaire en fait toujours les mêmes propositions. C'est un peu comme l'histoire de Macron pour faire un petit détour c'est-à-dire Macron il peut nous dire maintenant que c'est un président qui veut lutter contre les inégalités parce que les gens oublient ce qu'il a été en 2017. C'est la start-up nation l'ubérisation c'est fini maintenant il passe à autre chose mais les gens ont oublié. Donc vous savez quand les gens sont comme ça on peut leur faire gober un peu n'importe quoi et là sur la primaire c'est pareil.
Moi j'ai fait partie mais vraiment j'étais de l'intérieur de tous les appels à des primaires de gauche qui existent depuis six ans. Depuis six ans. Je vous fais un petit rappel parce que c'est intéressant. En 2015 il y a un certain nombre d'intellectuels Thomas Piketty Julia Cagé Thomas Porcher Raphaël Glucksmann et Yannick Jadot de politique qui font un grand appel dans Libération qui fait aujourd'hui le même type d'appel pour une grande primaire de gauche. À ce moment-là pourquoi j'ai signé cet appel de primaire ? Parce que je me suis dit voilà il y a une rupture qui se fait avec Valls Premier ministre. Valls Premier ministre politique de l'offre de Hollande CICE loi travail etc.
Et là il y a un certain nombre de frondeurs qui disent ça c'est pas ma gauche qui sont des social-démocrates mais qui disent c'est pas ma gauche. Et vous avez donc un bloc qui se reconstitue frondeur M. Hamon Montebourg Cécile Duflo etc. Aurélie Filippetti frondeur et de l'autre côté on va dire la gauche LFI insoumise etc. Et je me dis il y a un bloc là qui peut être majoritaire qui se reforme. Donc je dis pourquoi ne pas organiser dans ce bloc là une primaire ? Ça se tenait. On se réunit tous à la Bellevilloise tout le monde vient etc. Ça n'a abouti à rien. La moitié des gens qui ont voulu organiser cette primaire se sont retrouvés avec Macron.
L'autre partie se sont retrouvés seuls ou avec le PS. Voilà. Ça n'a abouti à rien. Donc moi je prends acte ça n'a abouti à rien. Puis après vraiment c'est important de revenir à ça. Après il y a Hamon sur une ligne plutôt de gauche dans la social-démocratie qui gagne les primaires du PS. Et donc là un certain nombre de tribunes sortent signées par Caroline De Haas Maxime Combès d'Atac Mathilde Larrère à l'historienne etc. Disant on veut une alliance Jadot et moi-même d'ailleurs qui ai signé on veut une alliance Jadot-Mélenchon-Hamon. Voilà. Moi j'ai signé les deux tribunes qui ont fait ça.
Plus j'ai signé une autre tribune dans le monde avec Yanis Varoufakis l'ancien ministre des Finances pour dire qu'il fallait faire un bloc anti-austéritaire contre Macron. Ça sort il se parle un peu rien ne se passe etc. Ça finit comme on le sait Jadot va avec Hamon il cède sa place donc je pense qu'il aura du mal à la recéder là et Mélenchon fait tout seul 19%. Donc là il y avait aussi un autre moment ça ne s'est pas passé. Et puis après ce truc de primaire est revenu plus ou moins.
Alors l'année dernière c'est revenu Jadot les a appelés à se réunir ils se sont réunis avec des gens qui étaient élus de En Marche Aurélien Taché Mathieu Orphelin qui sont aussi venus à la réunion après il faut voir où est-ce qu'on met la limite de la gauche et puis ça n'a abouti à rien.
Et là aujourd'hui ils vous ressortent ça et des gens disent oui c'est la solution c'est la solution mais les amis je vais dire mais regardez les six dernières années c'était les mêmes les mêmes ça n'a jamais abouti à une candidature unique il y a des grosses différences il y a des différences majeures ça n'a jamais créé une dynamique quand Jadot a lâché sa candidature et c'est courageux parce que je pense que dans une carrière politique on veut être président il a lâché sa candidature pour aller avec Hamon ça n'a pas entraîné de dynamique je dirais même l'inverse si on regarde le sondage ça n'a fait que couler donc ce n'est pas la solution et pourtant il y a des gens qui ressortent ça et moi je vais dire je pense qu'une grosse partie Arnaud Montebourg après la grosse erreur qu'il a fait il n'a que ça pour sortir un peu en beauté mais je pense qu'il y a derrière aussi beaucoup de gens qui font pression pour se partager plutôt les postes d'après les postes des législatives parce que derrière il y a beaucoup de gens qui ont peur de perdre leur poste je pense que beaucoup de gens du PS là se disent que s'ils font un score à 4-5% ça va être dur pour les législatives donc il faut au moins faire des stratégies d'alliance pour pouvoir se partager les circonscriptions et là-dessus ils sont très très forts donc vous voyez moi quand on me parle d'alliance des gauches moi je ne vois qu'une seule chose je vois alliance des postes et par expérience de ma moindre expérience politique que j'ai rencontrée il y a beaucoup de gens qui savent toujours où se trouvent les postes et qui finissent par les trouver
Je l'ai dit à un certain presse Taubira de revenir toi qu'est-ce que tu penses de cette proposition ?
Mais alors pour moi depuis le début la primaire populaire c'est un truc qui sert à faire émerger quelqu'un comme Taubira parce que à un moment si cette question-là tu rebines beaucoup les gens de gauche bon ben il regarde les sondages il regarde aussi l'ancienne présidentielle il regarde on va dire l'homme ou la femme de gauche qui est la mieux à même de gagner et tout le monde se met en ordre de bataille d'ailleurs cette personne-là d'ailleurs peut-être que là plutôt que de proposer une primaire comme le fait Montebourg enfin ou une alliance comme le fait Montebourg ou une primaire comme le fait Hidalgo il ferait mieux de s'effacer et de choisir un autre candidat qui les représenterait mieux je ne sais pas Hidalgo pourrait dire je n'y vais pas c'est Jadot en fait qui voilà et je soutiendrai Jadot mais ils ne veulent pas faire ça ils veulent parce qu'il y a cette histoire comme je vous l'ai dit de poste donc pour moi Taubira en fait c'était vraiment de la primaire populaire il ne pouvait émerger que quelqu'un comme Taubira et d'ailleurs depuis le début on nous raconte ça Taubira elle est numéro 1 les gens veulent que ce soit Taubira etc.
bon moi Taubira je n'ai rien contre je constate juste un certain nombre de choses c'est une militante antiraciste ça on est tous d'accord une militante sur les questions sociétales qui est extrêmement douée et qui est une personne qui a une culture générale mais sur l'économique n'oublions pas quand même qu'elle est restée très longtemps dans le gouvernement Valls je veux dire tout le monde Cécile Duflo est partie Aurélie Philippetti est partie Montebourg est partie Hamon est partie les frondeurs étaient là elle est restée le CICE la loi travail les baisses de dotation aux collectivités locales ça ne l'a pas dérangé elle a mis du temps à partir et donc moi sur les défis qui nous amènent après 2022 qui sont quand même pour moi et on l'a vu avec l'histoire de la cour des comptes des coupes très très fortes sur l'état social sur l'assurance maladie sur l'assurance chômage sur les retraites sur les aides sociales je me dis Taubira je ne sais même pas si elle va sentir ce truc sur d'autres choses c'est vrai qu'on est dans un climat délétère où on parle beaucoup d'immigration on parle beaucoup de choses assez horribles et là dessus ça fait du bien d'écouter Taubira mais sur la question économique qui est au coeur en réalité de la campagne même si les médias en parlent moins mais qui est au coeur moi je serais très inquiet parce que je pense qu'elle est capable de laisser la case de l'assurance maladie de faire des économies sans aucun problème parce qu'elle l'a déjà fait dans le passé et y compris dans ses engagements du passé la question économique c'est pas la question elle est la plus la plus forte là dessus elle est plutôt même libérale donc moi Taubira ça fait plaisir à une gauche qui est moi j'appellerais ça toujours la gauche déconnectée c'est à dire la gauche qui est toujours sensible à ce qui se passe très loin mais très peu à ce qui se passe très près c'est à dire le périscolaire ça la touche pas alors pourquoi peut-être que les enfants sont dans des écoles où il n'y a pas de périscolaire privé peut-être que les enfants sont gardés par je ne sais quoi quand on a un enfant qu'on met dans le public on a été affecté déjà on voit le périscolaire travailler puis on a été affecté par cette grève il y a très peu de gens de gauche je crois par monsieur Roussel qui ont soutenu les grèves du périscolaire et ça c'est un vrai problème ça en dit beaucoup sur la gauche pour moi voyez et ça la gauche Taubira je pense que le périscolaire elle s'en moque c'est le candidat de la primaire.org et d'une partie de la gauche mais ce ne sera pas un candidat qui changera la vie des classes populaires
Justement tu en parles compte tenu de la crise pourquoi la gauche selon toi n'arrive pas à être en tête des sondages aujourd'hui ?
Je ne sais pas c'est très difficile à dire mais moi je vois qu'il y a quand même disons-le il y a des gros thèmes de campagne qui sont prises par une partie des chaînes qui ont été mises en avant des thèmes sur l'immigration sur la sécurité etc.
Quand vous défendez d'autres thèmes je pense sur le périscolaire sur les collectivités locales et tout ça fait beaucoup moins le buzz on va dire médiatique que ces thèmes-là Mais après malgré tout je pense qu'il faut faire son autocritique Je pense que ce qu'a fait la force à un moment du Front National c'est de repartir des problèmes des territoires Ce n'est pas pour rien qu'il y a une grosse partie des territoires du Nord qui sont les plus appauvris qui étaient des anciens bastions communistes qui sont passés au Front National Pourquoi ?
Parce que le Front National leur a parlé de protectionnisme leur a parlé de réindustrialisation leur a parlé de choses comme ça alors qu'à l'époque le PS leur parlait de traité de libre-échange avec le Canada de mondialisation et d'énormément de sociétales et aujourd'hui c'est ça en fait qui a manqué pendant très longtemps à la gauche c'est qu'elle n'a pas parlé en fait des problèmes moi je pense du quotidien des Français et je pense aussi il y a eu tellement de trahison que même quand elle en parle aujourd'hui il y a une grosse partie qui n'y croit pas Si demain on dit écoutez je vais mettre tant de milliards dans l'hôpital ou je vais recruter 100 000 postes de fonctionnaires ce qui coûterait l'équivalent de ce qu'on a perdu avec l'ISF 4 milliards c'est-à-dire pas plus pas plus pour avoir 100 000 postes de fonctionnaires dans l'éducation dans l'hôpital ou dans la petite enfance les gens n'y croient plus ils disent non ils préfèrent que tu leur dises écoute je te supprime la taxe machin ça te fera 100 euros en plus ou de te dire écoute je sais que tu es mal demain tu vas très mal donc je vais faire en sorte que je vais virer une partie des immigrés comme ça toi tu auras tu garderas ton poste ils préfèrent entendre ils croient plus à ce type de discours qu'un discours on va dire donc ça c'est un problème mais moi je pense ce problème est dû au fait que pendant un certain temps la gauche ne s'est pas occupée de ça je veux dire moi je me souviens qu'il y avait ça avait été dans les journaux que des gens du PS disaient on peut passer des heures à parler de telle chose de telle chose de tel problème sociétal et on va parler 3 minutes du SMIC vous voyez et là il y a un vrai problème c'est que la majorité des gens qui vivent sur le revenu médian ils ont des problèmes de fin de mois difficiles ils ont des problèmes de transport en commun ils font partie des gens des 22 millions de français qui ne partent jamais en vacances et tout a été fait en fait ces dernières années pour rendre la vie de ces gens là encore plus difficile donc si on ne part pas de la base pour faire un programme et qu'on reste sur de l'incantation sur de l'humanisme un peu bébête sur des choses comme ça ben voilà ce sera toujours la gauche un peu déconnectée ce qu'on a appelé jadis la gauche caviar et il y a une partie de cette gauche là qui va vous dire n'achetez pas de sapin de Noël enfin qui reste sur des thématiques qui sont annexes au vrai problème de la majorité des français c'est à dire 50% des français qui vivent sous le revenu sous le revenu médian qui sont des problèmes de fin de mois difficiles des problèmes de vie quotidienne extrêmement difficile et moi je pense que c'est là-dessus qu'il faudrait vraiment axer le travail parce que pendant des années moi je pense que la gauche une partie de la gauche la gauche sociale-démocrate notamment a oublié ces classes populaires là
merci Thomas avant de conclure cet épisode de l'instant porché je vous rappelle donc que le média TV entre dans sa campagne de dons de fin d'année qui conditionne sa survie nous avons besoin de notre audience pour assurer une information indépendante sans pub ni actionnaire vous pouvez nous faire un don sur la plateforme OKPAL merci à vous on attend vos partages vos petits pouces en l'air sous la vidéo merci à vous d'avoir suivi cet instant porché pour toujours mieux comprendre ce qui se passe autour de nous spectateurs abonnés donateurs et sociaux je vous dis à la semaine prochaine