Pécresse, Le Pen, Zemmour : Gérald Darmanin fustige les "candidats du passé"
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Bonjour, bonjour et bienvenue dans Question Politique, le rendez-vous politique du dimanche de France Inter à la radio, de France Info à la télé, en partenariat avec le journal Le Monde. Celui qui a accepté notre invitation et qui sera donc avec nous en direct jusqu'à 13h est ministre de l'Intérieur depuis juillet 2020, devenant à 37 ans seulement le plus jeune premier flic de France. Une promotion pour celui qui était jusqu'alors ministre de l'Action et des Comptes Publics.
Une promotion qui a fait grincer quelques dents au sein de la majorité présidentielle, son rejet par le passé du mariage pour tous et l'emploi du terme d'ensauvagement utilisé par l'extrême droite, qu'il a utilisé lui en arrivant en place Beauvau, a créé un temps la polémique. Depuis, succédant à Christophe Castaner, désavoué par une partie des forces de l'ordre, il s'est attelé à donner des gages, incarnant aujourd'hui clairement la jambe droite d'Emmanuel Macron. Mais face aux attaques des Républicains et de l'extrême droite, comment défend-il le bilan sécuritaire du quinquennat ?
Quel premier bilan fait-il de la loi confortant le respect des principes de la République, dite loi contre le séparatisme ? Et puis, s'inquiète-t-il, c'est son rôle, des ingérences étrangères dans l'élection présidentielle ? On parlera aussi réforme de Schengen ou mise en place du Forum de l'Islam de France. Bref, un menu copieux qui attend notre invité avec nous. Et en direct, jusqu'à 13h, Gérald Darmanin, c'est lui, est l'invité de Questions politiques.
Questions politiques, Thomas Mégaroff sur France Inter.
Bonjour Gérald Darmanin. Bonjour. Merci d'avoir accepté notre invitation pour vous poser des questions. Je le serai comme chaque semaine en compagnie de la bande de Questions politiques. Cette semaine, Nathalie Saint-Cricq de France Télévisions. Bonjour Nathalie.
Bonjour à tous.
Bonjour. Françoise Fressos du Monde. Bonjour à tous. Et Karine Bécard de France Inter. Salut Karine. Salut tout le monde. Et nous rejoindrons tout à l'heure Alexandra Bensaïd pour quelques questions d'économie. Dans un instant avec nous. Le hashtag QuestionPol pour vos questions et vos commentaires. Merci à vous qui nous écoutez ou nous regardez. Hier, Marine Le Pen tenait son premier meeting de campagne à Reims et elle a utilisé une expression curieuse pour dénoncer l'insécurité ou ce qu'elle appelle l'ensauvagement de la France.
L'ensauvagement s'enquiste partout, dans les petites villes, dans les bourgs, dans les zones rurales les plus reculées, dans les transports, à l'école, à l'hôpital et parfois même dans les familles. Cet ensauvagement atteint partout un niveau tel qu'il commence à empêcher toute vie sociale, contrarie la vie économique et gâche même les joies les plus simples de la vie. La France orange macronique.
Alors expression France orange macronique, allusion à la France orange mécanique, livre de Laurent Oberton de 2013. Vous aviez, je le disais, un parlez-vous d'ensauvagement en arrivant en place Beauvau. Comment vous entendez les propos de Marine Le Pen hier ?
Ils sont factuellement faux. La délinquance a baissé dans notre pays depuis 5 ans. Pas partout. Pas dans tous les domaines de la délinquance. On a vu notamment une augmentation forte des violences qu'on appelle intra-familiales. Les violences conjugales, les violences sur les enfants, les violences sexuelles. Mais sur l'immense majorité de ce qu'on appelle la délinquance, il y a des baisses considérables. Beaucoup moins de cambriolages, 25% en moins. Beaucoup moins de vols de voitures, beaucoup moins de vols avec armes, beaucoup moins de vols sans armes. C'est des chiffres de 2020 ? C'est des chiffres de l'ensemble du quinquennat du président de la République.
Et il y a en revanche deux faits qu'il nous faut combattre collectivement. Les violences sur les personnes dépositaires de l'autorité publique, les policiers, les gendarmes, les élus, les pompiers, les journalistes. Ce ne sont pas dépositeurs d'autorité publique, mais représentent la démocratie, les institutions. Ces augmentations sont très inquiétantes. Elles sont là depuis 15 ans, mais singulièrement, on les constate fortement. Et puis des violences au sein du couple, au sein de la famille, ou qui touchent particulièrement les femmes et les enfants.
Donc c'est sur ces deux points-là qu'il faut regarder aussi le bilan, voir ce que nous n'avons pas bien fait, ce qu'on peut améliorer bien évidemment. Regarder aussi la libération de la parole, qui constate désormais des chiffres qui correspondent à la vraie fièvre, et non pas des choses qui étaient cachées. Mais de manière générale, je pense que ce que dit Mme Le Pen est extrêmement excessif.
Mais sur les homicides, pardonnez-moi, les tentatives d'homicides ou les homicides, manifestement, les chiffres quand même augmentent, et sacrément, ces trois dernières années.
Alors depuis une dizaine d'années, si on regarde des tendances longues, on s'aperçoit qu'il y a à peu près le même nombre d'homicides, entre 850 et 950 par an, et c'est, si j'ose dire, quelque chose d'assez flat. A l'exception des morts de terrorisme, qui, vous savez, ne sont pas comptées dans ces homicides. En revanche, moi, c'est ce que j'avais dit lorsque je suis arrivé à Place Beauvau, et c'est ce que chacun constate.
Les faits que nous constatons, ça ne veut pas dire que le nombre change énormément, mais les faits que nous constatons sont parfois de plus en plus sauvages, de plus en plus barbares, que ces meurtres, ces agressions, elles sont l'objet d'actes de sauvagerie que l'on peut tous évidemment déplorer.
Non, mais pas seulement. Les chiffres, le bilan n'est pas celui-là. Il y a un chiffre qui... On parle de 3 fois plus d'homicides en 10 ans.
Mais c'est tout à fait faux que de constater qu'il y a plus d'homicides 3 fois plus depuis 10 ans. Encore une fois, depuis 10 ans, vous reprendrez les chiffres, de 850 à 950 homicides par an. La difficulté que nous avons tous aujourd'hui, c'est que, et ça c'est ce que ne dit jamais Mme Le Pen et les autres extrémistes de tous bords, c'est que quand on voit des augmentations de chiffres d'agressions contre les policiers ou les gendarmes, quand on voit l'augmentation des règlements de compte, ce qui a été le cas l'été dernier, pas cet été-là, mais l'été dernier, notamment à Marseille, c'est aussi, malheureusement, les conséquences de l'action de la police et de la gendarmerie.
Si vous ne voulez pas de règlements de compte dans les quartiers, qui naissent notamment de l'action très forte de la police et de la gendarmerie et de la justice pour arrêter des personnes, pour mettre fin à des trafics extrêmement rémunérateurs, alors, effectivement, vous vous dites, on ne va pas dans les quartiers, on ne fait pas de lutte contre la drogue, notre priorité numéro 1. Je constate d'ailleurs que, sur cette priorité dont personne ne s'est jamais vraiment occupé avant le président de la République, les chiffres de lutte contre la drogue sont extrêmement bons. Il y a encore beaucoup de travail, bien évidemment, mais les saisies n'ont jamais été aussi hautes.
On a doublé le nombre de trafiquants qu'on a arrêtés. Pour la première fois dans notre pays, le nombre de points de deal a diminué, moins de quasiment 500 points de deal sur tout le territoire national. Il en reste encore beaucoup, il y a encore beaucoup de travail, parce qu'il faut aussi dire que le travail des policiers et des gendarmes, c'est un travail d'urgentiste. Il y a un énorme travail dans la société d'éducation, d'autorité parentale, d'urbanisme, moi qui étais maire, je peux le dire, et qui ne se résout pas en une journée.
Alors, Eric Zemmour et Marine Le Pen, justement, pour protéger les policiers, dont vous avez dit qu'ils étaient de plus en plus la cible, proposent, elles, la présomption légitime défense, c'est-à-dire qu'en gros, les policiers puissent plus facilement utiliser leurs armes vis-à-vis de leurs agresseurs. Et Eric Zemmour va encore plus loin, puisque lui propose effectivement la présomption légitime défense pour les policiers, mais également ce qu'il appelle une défense excusable pour les citoyens.
C'est-à-dire, en gros, j'ai un bar tabac, j'ai une bijouterie, ou j'ai simplement une propriété, ou une maison à la campagne, et je peux m'armer de manière à pouvoir tirer éventuellement sur la personne qui m'agresse. Qu'est-ce que vous pensez de la première proposition pour les policiers, et de la seconde concernant policiers et civils comme vous et moi ?
Mais quelles sont les propositions que vous évoquez, M. Zemmour, Mme Le Pen et Mme Pécresse ? Malheureusement, je constate que c'est dans le même panier, désormais, que les propositions démagogiques se mettent.
Considérez qu'elle est au même niveau.
C'est l'américanisation, quand on parle du Guantanamo, l'armée dans les quartiers, c'est que l'armée dans les quartiers, c'est Mme Pécresse, il n'y a aucun doute. Et M. Ciotti est le numéro 2 de Mme Pécresse, vous le savez bien. Non mais, on constate quoi ? On constate l'américanisation de la société, c'est ce qu'ils veulent en fait. Ils veulent finalement qu'on réponde par la violence débridée, celle que nous donnerions possiblement aux forces de l'ordre, débridée parce qu'aujourd'hui c'est une violence légitime, débridée et c'est normal, et c'est la démocratie, c'est la République, face à l'ensauvagement que nous dénonçons tous.
Et ce n'est pas la bonne solution parce que ça, c'est la guerre de tous contre tous. Et on voit bien que c'est des solutions faciles de gens qui n'ont pas gouverné et qui n'ont aucune vocation à gouverner. Personne n'imagine Éric Zemmour, président de la République. Je crois que chacun le sait. La vérité aujourd'hui, c'est qu'il faut savoir, regarder les choses en face, en donnant déjà les armes que nous donnons à la police et à la gendarmerie.
Non, mais attendez, pardonnez-moi, je vous ai coupé, parce que la présomption de légitime défense s'était défendue par Nicolas Sarkozy en 2012.
Je m'explique. Ce que nous avons fait, nous, parce que nous constatons en effet que les policiers et les gendarmes sont particulièrement violentés. Ils le sont notamment grâce ou à cause des manifs des gilets jaunes. Je rappelle que c'est 7000 policiers et gendarmes qui viennent augmenter ces chiffres très importants. On voit bien que ce n'est pas quelque chose de simplement quotidien. Il y a eu aussi des moments particuliers dans l'histoire de notre quinquennat qui est celui des gilets jaunes. Mais je mets ça évidemment de côté puisque c'est une tendance longue.
Nous avons proposé avec le garde des Sceaux, et désormais c'est la loi de la République depuis 8 mois, mais ça met du temps en effet pour faire adopter un texte et de le faire valider par le Conseil constitutionnel et l'appliquer, la fin des remises de peine pour ceux qui s'attaquent à des policiers et des gendarmes. C'est-à-dire qu'avant le président de la République, quand quelqu'un attaquait un policier et un gendarme et qu'il était... La fin des remises de peine automatique.
La fin des remises de peine tout court, puisqu'il y a les petites remises de peine automatique, c'était le premier texte, et le garde des Sceaux dans son texte à lui, vous avez bien vu, a changé les remises de peine puisqu'il les conditionne désormais à une réinsertion et à un travail obligatoire du côté pénitentiaire. Mais ce qui est certain, c'est qu'aujourd'hui, lorsque vous vous attaquez un policier et un gendarme et que vous êtes condamné, auparavant, si vous étiez condamné à 2 ans, vous aviez une remise de peine qui faisait que, automatiquement, sans rien faire, vous ne faisiez jamais le délai dans lequel vous étiez condamné.
Aujourd'hui, la loi de la République, c'est pas l'appréciation du juge. La loi de la République empêche ces remises de peine automatiques. Deuxièmement, nous avons créé une incrimination pénale spécifique, qui n'existait pas. Quand vous agressez un policier ou un gendarme, il n'y avait pas d'incrimination pénale spécifique pour le procureur de la République. En bas, on se plaignait que la réponse pénale n'était pas à la hauteur, mais les procureurs et les juges n'avaient pas cet instrument. Nous l'avons créé. Troisièmement, nous avons créé l'observatoire de la réponse pénale, que nous avons d'ailleurs publié, qui a été demandé par les syndicats de police depuis plus de 20 ans.
C'est Emmanuel Macron qui l'a accordé désormais. Région par région, fait par fait, les policiers, les gendarmes, les citoyens, les journalistes peuvent regarder ce qu'est la réponse pénale. Donc ça suffit. On a tout ce qu'il faut. Non mais, quel est le sujet principal ? Là, nous sommes dans le curatif, dans le travail que font les policiers et les gendarmes. Moi, je le veux dire, et quand j'écoute ces discours, je m'étonne que personne, aucun des trois candidats que vous citez, ni Mme Le Pen, ni Mme Pécresse, ni M. Zemmour, n'ont été maires. Donc ils ne connaissent pas les problèmes concrets de nos concitoyens.
Quand deux enfants de 13 ans, parce que ce sont des enfants, attaquent au couteau un policier, bien sûr qu'il faut pouvoir prendre des sanctions très rapidement et que la réponse pénale soit forte, mais le sujet est un sujet d'autorité parentale. Quand des enfants de 13 ans en sont à jouer au couteau dans la rue, c'est qu'il y a un problème de parents, c'est qu'il y a un problème d'accompagnement familial, c'est qu'il y a un problème d'école, manifestement. C'est qu'il y a un problème d'association, c'est qu'il y a un problème d'urbanisme, c'est qu'il y a un problème d'intégration, c'est qu'il y a un problème peut-être même d'emploi. C'est peut-être un peu tout ça à la fois.
Et que l'autorité, ce n'est pas seuls les policiers et les gendarmes qui en ont le monopole. Et donc c'est pour ça que les discours faciles sont inquiétants pour la démocratie. Quand c'est les extrêmes qui les portent, malheureusement on est habitué. Mais lorsque ce sont des partis dits du gouvernement, je suis extrêmement inquiet de la façon dont je constate aujourd'hui que seul Emmanuel Macron semble porter. semble porter un discours de raison.
C'est peut-être la spécificité de cette campagne, c'est qu'il y a deux candidats quand même d'extrême droite qui font de la surenchère sur ces questions sécuritaires avec des mots, orange, macronique, qui sont quand même extrêmement forts. Et puis vous avez effectivement LR qui est vraiment tenté vers quelque chose de sécuritaire. Est-ce que vous, vous pensez qu'avec vos arguments rationnels, ça suffit pour, au fond, enlever ce sentiment d'insécurité qui imprègne quand même toute la campagne ?
Avec comme sous-texte, est-ce que ça peut être le taron d'Achille de la future campagne d'Emmanuel Macron ?
J'entends bien, mais ça fait 4 ans qu'on dit ça, 4 ans et demi désormais, 4 ans et 3 quarts bientôt, peut-être 4 ans et 3 quarts, et je constate dans les études d'opinion, et puis alors chacun a ses études d'opinion, moi c'est le marché de tout coin, mais les études d'opinion, que c'est pas la sécurité ou l'immigration qui est le premier problème des Français. On voit bien qu'aujourd'hui, et à la une de tous les journaux, c'est le pouvoir d'achat, c'est les conditions sanitaires, c'est la santé, l'accès à la santé.
Quand vous êtes dans le monde rural, j'ai été député de communes agricoles, les problèmes premiers, c'était l'accès aux médecins, c'est pas la France range mécanique comme l'évoque Mme Le Pen.
Vous avez parlé à un moment d'ensauvagement.
Moi je suis ministre de l'Intérieur, c'est normal que le ministre de l'Intérieur parle de sécurité. Pas forcément d'ensauvagement. Moi j'ai mes mots à moi, je suis issu d'un quartier populaire, je pense qu'il y a des actes barbares qui relèvent de l'ensauvagement, cependant j'ai toujours dit que les réponses à ces questions que nous constatons. Et je ne suis pas ceux qui pensent qu'il y a un sentiment d'insécurité, il y a de l'insécurité. Je pense qu'il faut le dire, dans les quartiers populaires, dans des coins difficiles où les gens essaient de s'en sortir, ils ont plus de difficultés que les autres.
C'est pour ça que je soutiens fortement les policiers et les gendarmes, ça m'a été fortement reproché. Je leur donne des moyens matériels supplémentaires à la demande du président de la République. Jamais ils n'ont eu ces moyens matériels à ce niveau-là. On augmente leur rémunération, on leur permet d'utiliser une nouvelle technologie. Les drones par exemple. Mais moi je suis ministre de l'Intérieur, c'est mon travail. Le ministre de la Santé parle de santé, le ministre de l'Éducation parle de l'Éducation. Les présidents de la République potentielle, ils doivent parler de la France et de la société. Et effectivement, ils sont un peu obsessionnels.
Je vais vous dire, le débat Zemmour-Le Pen à longueur de chaîne de télévision, ça devient un peu lourdingue, je crois, pour les Français. Il n'y a pas grand monde, vous savez, que je pense que ça intéresse. Parce que c'est la polarisation vers deux enfants terribles de la classe politique française, dans laquelle malheureusement on se vôtre Mme Pécresse. Mais je crois que profondément, les Français ont envie qu'on leur parle du pays d'en 10 ans. Mais on ne vous entend pas tellement ceux-là. Du pays d'en 10 ans. Moi si vous parlez de sécurité, c'est très intéressant de parler de sécurité.
Mais bien sûr, on peut parler des délinquances d'aujourd'hui, il faut lutter contre la délinquance d'aujourd'hui sans aucun doute. Mais ce qui est intéressant pour quelqu'un qui va gouverner la France pendant 5 ans, c'est la délinquance qu'on aura demain. Demain, les attaques terroristes, ce sont des attaques de drones. Ce ne sera plus des gens forcément qui en donnent avec des kalachinikovs dans une salle de spectacle. Ce sera un drone avec une charge explosive qui ira dans une salle de spectacle sur une foule. Demain, les attaques de la délinquance, c'est le cyber.
Les points de deal de demain, madame, mais demain, dans quelques semaines, dans quelques mois, dans quelques années, on accueille les Jeux Olympiques bientôt, vous verrez cela. Malheureusement, il faut s'y préparer. Les points de deal seront des points de deal numériques. Ce sera par les réseaux sociaux, par le dark web, par la crypto-monnaie que vous aurez ces difficultés, cette délinquance. Demain, les viols sur enfants, et c'est déjà en grande partie le cas, seront commandés sur le dark web, en direct.
Et donc, si vous ne parlez pas de la police aussi de demain, si vous ne dites pas voilà la société en laquelle je veux, et si je veux parler de sécurité, on peut parler de ces sujets très importants, il faut y réfléchir un peu. Moi, malheureusement, je vois que madame Le Pen, comme monsieur Zemmour, ont les mêmes débats que Jean-Marie Le Pen, qu'il y a 20 ans.
Mais vous avez vous-même changé de ligne politique, malgré tout, parce que je reviens quand même sur cette présomption de légitime défense. Nicolas Sarkozy est le premier à en avoir parlé. Aujourd'hui, vous dites que ses adversaires politiques, Marine Le Pen notamment, ce sont des solutions faciles, mais c'est une solution que vous-même, vous avez défendue en 2012, quand vous étiez le directeur de campagne de Nicolas Sarkozy. C'est lui le premier qu'on a parlé.
Non, mais d'accord, mais c'était il y a 10 ans. C'est comme quand Mme Le Pen, pardon, Mme Pécresse, a su ce nom révélateur, je l'espère, par le Karcher. C'était il y a 15 ans, 20 ans. C'est comme si vous me disiez qu'au début de ma vie de député, j'ai voté contre le traité européen proposé par M. Sarkozy et Mme Merkel. Je n'ai pas toujours voté conformément à ce qu'a dit M. Sarkozy. C'était maintenant il y a 15 ans. Vous parliez du mariage pour tous, monsieur. C'était une erreur de ma part. Et c'était effectivement il y a 10 ans. Et aujourd'hui, on parle de la France de 2027. On ne parle pas de la France... Alors je sais que M.
Zemmour, il aime beaucoup parler du général de Gaulle, de Napoléon et de Bainville. Moi, j'aime beaucoup le général de Gaulle et Napoléon et j'ai lu Bainville. Peut-être que je n'y ai pas compris tout à fait la même chose qu'il y a compris. Mais c'était le temps ancien. Alors le général de Gaulle, il avait une phrase pour ça, madame. Il disait, on peut regretter le temps des voiliers à vapeur, mais aujourd'hui, la France, il faut regarder vers l'avenir. Ben voilà, c'est pareil. Il faut regarder vers l'avenir. Et ce que je reproche, c'est que ce sont des candidats du passé et Mme Pécresse et M. Zemmour. Mais vous n'arrêtez pas de soumeler Mme Pécresse.
Vous dites qu'elle se vautre. Vous dites, j'ai fait un...
Non, elle se vautre dans l'extrémisme. Je n'ai pas dit qu'elle se vautreait. Non, non, mais ce n'est pas très concis.
Se vautre dans l'extrémisme, ça veut dire que... Ben je regrette que les... En gros, qu'elle est totalement extrême-droîtisée. Et que c'est peut-être pour ça Nicolas Sarkozy ne la soutient pas.
On a compris où allait désormais la partie congrue de la droite qui était les LR. Elle allait vers l'extrême-droite. Mais c'était conforme à ce qui a poussé Mme Pécresse jadis à quitter les LR, qui se voquérisait, disait-elle. Et elle-même se voquérise de nouveau. Ben évidemment, ça se voit. Enfin, ça se voit tous les jours, malheureusement. Puis ça se voit que ça ne marche pas, en plus, par ailleurs.
Donc, ce qui est sûr, c'est qu'aujourd'hui, la droite gaulliste, la droite libérale, la droite centriste, la droite européenne, la droite qui est concrète et pragmatique, qui n'a aucune haine des étrangers, mais qui considère qu'il faut de l'ordre dans notre pays, elle soutient naturellement le président de la République, Emmanuel Macron.
Alors, Gérard, maintenant, vous parliez du monde d'après, 2027, peut-être même au-delà. Gérard, quand même, vous ramenez dans les commissariats aujourd'hui. Et la question, elle n'est pas posée par l'un d'entre nous, elle est posée par Constance Villanova, qui dénonce l'accueil des femmes victimes sexuelles, de victimes de violences, pardon, sexuelles et sexistes, leur accueil dans les commissariats qui, selon elles, posent problème.
Le 25 janvier dernier, sur France Inter, vous expliquiez que les victimes de violences conjugales portent plainte systématiquement. C'est faux, monsieur le ministre, elles nous écrivent tous les jours, elles ont peur, elles n'osent pas. Et puis les faits, les chiffres sont contre vous. Pourquoi porter plainte quand une victime sur cinq de féminicides en 2020 avait justement porté plainte ? Pourquoi porter plainte quand un rapport du ministère de la Justice daté de 2019 explique que dans 80% des cas de féminicides, les victimes avaient porté plainte, et que leur plainte a été classée sans suite ?
Pourquoi porter plainte quand le 4 mai 2021, Chahinez a été brûlé vive dans la rue par son ex-conjoint qui sortait de prison pour des faits de violences conjugales ? Et pourquoi porter plainte quand le 28 janvier dernier, le 12e féminicide de l'année 2022, a été commis justement par un policier connu pour des faits de violences conjugales ?
Gérald Darmanin. Oui, d'abord, je pense que la présentation faite par Madame qui est militante est extrêmement dangereuse pour les femmes. Parce que, quelle est la conséquence de ce qu'elle dit ? C'est qu'il ne faut pas les porter plainte. Si vous n'allez pas... Vas-y, pourquoi porter plainte ? Pourquoi porter plainte ? Je pense qu'il faut faire attention à ce que disent les gens. Elle demande plutôt à ce que la plainte soit mieux recueillie. Je vais le dire, mais ce n'est pas comme ça qu'elle a été présentée. Et puis surtout, avec beaucoup, je trouve, de fausseté dans l'agglomération des réponses.
Puisque, dans les deux cas qu'elle a évoqués, qui sont terribles, celui du commissaire de Mérignac, notamment, n'est pour des violences conjugales eux-mêmes et qui restent policiers. Il n'y en a plus. Je les ai. C'est une décision que j'ai prise après en avoir parlé avec le président de la République. Je les retire de la République, bien évidemment. Et je les retire des bureaux de plainte. Et quand les conseils de discipline évidemment se réunissent le plus rapidement possible, je les retire de la police nationale. Donc ce n'est pas le cas. Il faudrait l'expliquer complètement.
Après qu'il y ait des policiers et des gendarmes, soit les 250 000 policiers et gendarmes qui ne fassent pas correctement leur métier, c'est sûr. Il y en a chez les journalistes, il y en a chez les hommes politiques, il y en a chez les boulangers et il y en a même, j'imagine, chez les militants. Les conséquences sont plus ou moins graves en fonction des politiques. Évidemment, c'est tout à fait vrai. C'est pour ça que, contrairement à d'autres métiers comme homme politique ou journaliste, quand vous êtes policier et que vous avez fait une erreur très grave, vous n'êtes plus du tout policier. Ça, c'est sûr. Donc, bien sûr qu'il peut y avoir des erreurs.
Et je suis là pour être un chef d'administration qui corrige ces erreurs, qui prend ces sanctions. Mais je veux dire aujourd'hui que nous avons fait un travail considérable. Et les policiers, les gendarmes ont fait un travail absolument considérable pour recueillir les paroles des plus faibles et notamment des femmes dans les commissariats et les brigades de gendarmerie. C'est 400 000 interventions par an en 2021. 400 000. C'est-à-dire que c'est devenu un contentieux de masse, les violences conjugales et les violences sexuelles, pour lesquelles les policiers, c'est leur activité, la deuxième activité après la drogue. Ça a complètement changé le travail des policiers et des gendarmes.
Il fallait évidemment former l'intégralité des 250 000 policiers et gendarmes, bien évidemment. Les former notamment en violences psychologiques. Et je veux redire à madame que, en effet, les instructions sont extrêmement claires et que si c'est le contraire, qu'on me le précise bien volontiers. Quand une femme va déposer plainte dans un commissariat ou une brigade de gendarmerie, une fois sur deux auparavant, c'était il y a 5 ou 6 ans, on disait « Madame, c'est pas si grave que ça, vous avez fait d'abord une main courante ». Désormais, c'est toujours systématiquement une transformation en plainte.
Et quand la dame ne veut pas déposer plainte, parce que parfois c'est la dame qui ne veut pas déposer plainte, parce qu'elle a peur, parce qu'elle se demande si tout ça va pouvoir être suivi, on fait toujours un signalement parqué et le procureur de la République ouvre systématiquement une enquête. Donc je pense que, bien sûr, on a beaucoup de choses à améliorer. Bien évidemment que les violences conjugales, notamment, sont un drame pour la société, qu'on doit pouvoir beaucoup mieux accueillir les personnes encore. Ça tient d'ailleurs à l'accueil des commissariats. Désormais, nous faisons la plainte à domicile.
Si vous allez vous réfugier chez votre maire, au CCAS, chez votre avocate et que vous souhaitez que la police vienne prendre la plainte, aujourd'hui, nous expérimentons dans 10 départements cela. Je pense qu'on ne mérite pas les caricatures qu'évoque cette dame.
France Inter. Question politique.
On va ouvrir une page consacrée à la place de l'islam en France. Mais avant ça, vous avez sûrement vu hier à Amboise, à la veille de son inauguration, le mémorial où le monument en hommage à Abdelkader, héros de la résistance algérienne, devenu pionnier du dialogue interreligieux a été découpé à la meuleuse. Vous avez parlé d'un acte profondément débile. Est-ce que ce n'est pas un peu plus que ça ? C'est sans doute
un peu plus que ça. Alors, je ne connais pas les motivations, j'imagine, très compliquées et très néfastes de ceux qui ont attaqué cette œuvre d'art. Mais peut-être que c'est Abdelkader qui ont fait penser que c'était un sujet musulman. Que voulez-vous que je vous dise si ce n'est que je constate tous les jours des augmentations d'actes anti-religieux et singulièrement anti-musulmans ? Voilà. Et l'enquête dira pourquoi on a attaqué cette œuvre d'art.
Mais c'est aussi débile parce que Abdelkader c'est aussi un grand personnage algérien mais français et occidental dans la mesure où il a protégé vous le savez les chrétiens d'Orient, de Syrie, qu'il était très ouvert au dialogue interreligieux comme vous l'avez dit et que par ailleurs a été décoré par notre pays en l'ordre éminent de la Légion d'honneur. Et c'était un jour en plus de cérémonie me semble-t-il. Voilà. Donc je me réjouis si j'ose dire que la classe politique semble prendre cela au sérieux mais tous les jours il y a des mosquées des écoles des personnes qui sont apparemment musulmanes puisque c'est parfois la discrimination qui est retenue qui sont l'objet de ces menaces
dans notre pays. Alors hier aussi vous avez mis en place le forum pour l'islam de France le forif qui prendra la place du conseil français du culte musulman pour faire clair le forif c'est quoi et ça sert à quoi ?
C'est l'instance de dialogue que l'état doit avoir avec la religion musulmane comme il l'a avec la conférence des évêques de France ou comme il l'a avec le consistoire juif de France.
On voit bien que notre difficulté particulière c'est une difficulté qui est ancienne malheureusement vous parliez de Nicolas Sarkozy il y a eu une possibilité de créer sous Jean-Pierre Chevènement et Nicolas Sarkozy ce qu'on appelle le CFCM le conseil français du culte musulman qui représentait les fédérations musulmanes et ces fédérations elles étaient souvent affiliées à un pays l'Algérie la Tunisie le Maroc la Turquie et donc ce qui a fait dire que c'était l'islam consulaire c'est pas tout à fait vrai mais c'est aussi vrai avec beaucoup d'argent de l'étranger avec des pays étrangers qui viennent donner leur avis sur ce que doivent faire les musulmans en France.
Donc là qu'est-ce qui va changer ?
Donc on a arrêté à la demande du président de la République c'est une décision extrêmement courageuse Parce que c'était dangereux L'islam consulaire c'est à la fois dangereux mais c'était surtout pas acceptable parce que Nicolas Sarkozy s'est trompé en choisissant cette voie Non il y a 20 ans c'était autre chose encore une fois ne faites pas d'anachronisme vous savez le CFCM il a apporté le début de représentation institutionnelle de l'islam et puis on a vu que pour des raisons de continuité de financement étranger mais aussi pour des raisons de bisbille il y a 20 ans quand Nicolas Sarkozy l'a créé il n'y avait pas la déstabilisation de la Syrie il n'y avait pas la déstabilisation de l'Afghanistan il n'y avait pas la guerre entre
la Syrie, le Maroc
Oui mais ça ça concerne les états maghrébins si j'ose dire c'est pas le sujet en tant que tel mais il y avait ces déstabilisations il n'y avait pas Daesh il n'y avait pas Al-Qaïda donc ne faites pas d'anachronisme les attentats islamistes sont arrivés qu'en 2012 au moment de la Fermera je rappelle que le CFCM a été créé par Nicolas Sarkozy au ministre de l'Intérieur donc je pense que pour chacun je pense que pour chacun on peut se dire que c'était aussi une autre époque d'ailleurs j'en ai parlé à Nicolas Sarkozy il l'a évidemment bien compris aujourd'hui nous ne pouvons plus accepter que l'islam de France ou l'islam français soit gouverné financièrement politiquement parfois humainement par des états étrangers ce n'est pas une déclaration de haine envers quiconque nous aimons l'Algérie le Maroc évidemment mais ils comprennent très bien je l'imagine que les musulmans en France c'est une affaire de français et c'est une affaire de musulmans français
alors ça c'est votre rêve aujourd'hui aujourd'hui qu'est-ce qui nous garantit qu'au fond ce que vous avez mis en place c'est-à-dire les groupes de travail vont accoucher d'une gouvernance
rien ne garantit mais la vie fait que chacun le comprend et d'ailleurs hier les présidents de fédérations étaient présents ils accompagnent cette création pour répondre encore totalement à la question vous savez aujourd'hui plus de la moitié des musulmans français sont français nés en France c'est rien à voir avec les pays d'origine il y a 20 ou 30 ans quand vous étiez algérien vous arriviez par immigration en France et vous avez besoin d'un lien aujourd'hui ce sont des français voilà et c'est tant mieux et l'islam comme le catholicisme comme le protestantisme comme la religion juive c'est une religion française et la république ne reconnaît aucun culte il n'en préfère aucun et il n'en déteste aucun il les regarde tous avec égalité c'est vous qui les choisissez les représentants alors est-ce que c'est à l'état de le faire comment c'est fait ce n'est pas à l'état ce n'est pas à l'état
sauf que c'est les préfets qui l'ont fait
ce n'est pas à l'état de dire aux musulmans comment s'organiser c'est ce que je leur ai dit hier mais c'est à l'état de s'intéresser à savoir qu'il n'y ait pas d'ennemis de la république parmi eux ça c'est tout à fait vrai et le président de la république très courageusement était le premier à mettre fin à une forme d'ambiguïté qui consistait notamment à ne pas poser les vraies questions de confiance est-ce que l'égalité femmes-hommes c'est important est-ce qu'on a le droit d'être homosexuel dans notre pays est-ce qu'on respecte le code civil bon des questions finalement qu'ont posé les chefs d'état auparavant toute proportion gardée qu'a fait Napoléon avec les juifs de France avec le grand Saint-Nédrin il n'a pas fait autrement et après il leur a dit organisez-vous et il y a eu le consistoire qui a été créé je ne voudrais pas faire de comparaison historique là encore qui serait disproportionnée mais c'est aux musulmans de s'organiser et c'est ce qu'on leur a dit hier
au fond est-ce que vous leur dites vous avez 5 ans pour y arriver et après on peut passer
il y a des choses qui relèvent de l'ordre public c'est-à-dire le passage par exemple des associations de loi de 1901-1905 aujourd'hui 90% des mosquées sont en 1901 c'est-à-dire comme une association de football c'est pas leur vocation il doit être en 1905 la république a 115 ans à créer un statut pour ça il faut le faire c'est le cas de tous les autres cultes c'est pas le cas des musulmans et vous avez vu que vendredi le recteur de la mosquée de Paris a annoncé le passage de cette grande institution qu'est la mosquée de Paris de 1901 en 1905 c'est une excellente nouvelle pour la république et c'est la démonstration que la loi qu'a portée le président est extrêmement efficace ça permet de faire davantage de contrôle la transparence des comptes de bien connaître qui sont les dirigeants mais aussi pour eux de bénéficier d'un certain nombre de choses par exemple financièrement par exemple ils ne payent pas la taxe foncière quand vous êtes en 1905 il faut le savoir aujourd'hui les lieux de culte français c'est prévu depuis extrêmement longtemps ne payent pas la taxe foncière lorsqu'ils sont reconnus comme lieu de culte mais les musulmans étant en loi de 1901 ils payent la taxe foncière du coup ils doivent chercher de l'argent parfois à l'étranger pour payer une taxe foncière qu'ils ne devraient pas payer s'il était en 1905 et en 1905 ils seront plus contrôlés ?
évidemment ils sont plus contrôlés ils sont contrôlés par des experts comptables ils sont contrôlés par le bureau du culte ils sont évidemment aussi encouragés à avoir d'autres sources de financement comme le denier du culte
et donc aujourd'hui il y a combien de mosquées qui ne sont pas en 1905 ?
aujourd'hui 90% des 2600 mosquées sont en 1901 et je voudrais dire quelque chose parce que je suis sur France Inter et que vous m'avez posé la question et je voudrais vraiment l'évoquer parce que c'est ce qu'il y a de plus important à comprendre vous dites ça fait longtemps que mais l'histoire de France avec les religions c'est très complexe pour tout le monde ça l'a été pour les protestants ça l'a été pour les catholiques on a mis quasiment 5 siècles 5 siècles d'abord les rois puis la république puis l'empire puis de nouveau la république pour dire ne parlez plus avec Rome ou en tout cas que de liens extrêmement lointains pour les juifs de France il a fallu quasiment 20 ans entre le moment où le premier consul reçoit le grand Saint-Nédrin et le moment où il leur refait faire une deuxième réunion il prend des décrets extrêmement difficiles et puis finalement ils acceptent une organisation qui n'était pas celle imaginée et qui n'est pas celle des autres pays d'Europe il est normal il est normal de prendre un peu de patience et de longueur de temps mais il faut évidemment être fort dans son expression pour dire aux musulmans français la religion musulmane intéresse les français intéresse l'état français n'intéresse pas les états étrangers vous n'avez pas besoin de financement étranger vous n'avez pas besoin d'imams détachés dont on mettra fin ça en 2024 et vous savez quoi la religion en France n'intéresse que la religion elle n'intéresse pas la politique voilà et c'est normal de prendre du temps et de répéter sans doute plusieurs fois comme Pénélope sur son tapis il y a un contexte particulier aussi sur son tapis pour impliquer ce qu'on fait jadis ce qu'on fait jadis les protestants les catholiques et les juifs donc moi je crois en la France et je crois aux musulmans
là vous avez créé le forif mais le CFCM n'est pas dissous pour l'instant il ne le sera pas avant le 19 février et surtout il faut quand même deux tiers de ses membres qui acceptent de le dissoudre vous êtes certain qu'il sera dissous ou pas ?
mais peu me chaud aujourd'hui comment ça peu me chaud ? peu me chaud c'est une association de 1901 le CFCM ils ont tout à fait le droit
donc il pourrait y avoir le CFCM plus le forif
non mais le CFCM n'est plus l'interlocuteur des pouvoirs publics donc aujourd'hui qu'on discutera des aumôniers dans les prisons dans l'armée française dans les hôpitaux avec le groupe du travail du forif hier le forif a proposé lui-même une association nationale qui lutterait contre les actes anti-musulmans bien évidemment nous l'accompagnerons pour la création d'une possibilité de protection sociale des imams comme il y en a pour les prêtres ou comme il y en a pour les rabbins nous discuterons avec le forif nous n'aurons plus de lien avec le CFCM je pense que sa vocation c'est de s'éteindre normalement une grande partie des présidents de fédération qui étaient là hier me l'ont confirmé mais je ne considère pas aujourd'hui que nous devons considérer autrement que le CFCM n'a plus de lien direct et indirect avec l'État
une dernière question sur le sujet
avec Françoise Fresseuse
vous dites on a du temps pour organiser il faut le donner du temps toutes les religions je n'ai pas dit qu'on a du temps mais il faut le donner mais il y a un contexte qui ne vous échappe pas c'est au fond l'extrême droite qui tape sur l'islamisme cible l'islamisme radical sur l'islam
sur les musulmans
et vous vous dites attention parce que cette haine des populistes qui rejoint les projets de l'islamisme peut pousser à la guerre civile est-ce que vous faites allusion à ce qui se passe en France ou plus généralement et est-ce que vous avez une vraie crainte de guerre civile à propos de cette religion
ils ont le non mais les guerres de religion de manière générale on est bien payé en France pour savoir qu'elles sont terribles et ce sont les plus terribles la liberté religieuse elle est consacrée depuis 1789 au moins elle était déjà en grande partie auparavant sous la royauté et la liberté d'expression de choisir son culte de pouvoir même avoir une expression de son culte y compris sur la voie publique il y a plein de gens qui vous expliquent qu'il faut une discrétion sur la voie publique c'est le contraire de la laïcité française tout ce qu'on doit faire est permis sauf l'ordre public donc on a dit par exemple qu'il n'y avait pas de vêtements religieux intégraux sur la voie publique ça c'est la loi elle l'a dit très bien mais tout ce qui n'est pas interdit est permis et ça c'est parce que la France est un pays libéral à Roubaix libéral on peut revenir à Roubaix si vous le souhaitez mais ne caricaturons pas le propos ce que je veux vous dire en revanche c'est que le projet des islamistes celui qui est de tuer celui qui est de terroriser les valeurs occidentales et les valeurs françaises singulièrement est le même finalement que le projet des extrémistes parce que que veulent les islamistes ils veulent sans doute la victoire de M.
Zemmour ou de Mme Le Pen à la présidence de la république ils se diront qu'ils pourront encore plus montrer à la Houma à la communauté religieuse musulmane que c'est eux qui ont raison et que les français sont en fait de gros racistes et que pensent les extrémistes ils sont tout à fait déçus quand on leur rappelle que c'est Ahmed Merabet policier français qui a été tué par les assassins qui ont attaqué Charlie Hebdo que le premier un des premiers tué par Mohamed Merah était un soldat français de conviction musulmane on ne le répète jamais ça évidemment que les musulmans sont éminemment français et qu'en France vous savez quoi on se fiche de savoir de la religion des gens on n'en a rien à faire que vous puissiez aller à la synagogue à l'église à la mosquée ou au temple ou pas y aller du tout ou changer de religion c'est votre droit le plus strict et qu'on ne différencie pas les français sur leur prénom avec leur consonance plus ou moins religieuse ou leur couleur de peau ou leur religion c'est ça le projet des extrémistes quand ils commencent à distinguer et à dire que l'islam n'est pas compatible avec la république quelle honte que de pouvoir penser ça en république et bien je dis moi évidemment sans les mettre tout à fait sur le même plan parce que c'est bien les théories islamistes qui tue mais je dis moi que leur but est le même c'est que nous ne soyons pas dans le même pays libéral que nous connaissons aujourd'hui
France Inter question politique Thomas Négaroff
Thomas Négaroff et Alexandre Ben Saïd qui vient d'arriver ce sera donc les questions d'économie
bonjour Gérald Darman bonjour dans ce quinquennat vous avez quand même passé plus de temps à Bercy qu'à Beauvau donc je vous ramène à Bercy
j'étais très heureux à Bercy
alors on va en parler en juillet 2020 vous quittez Bercy néanmoins bien que très heureux et Bruno Le Maire vous dit je le cite tu passes de l'autre côté du miroir c'est-à-dire celui des ministres dépensiers n'oublie pas que tu as été le ministre des comptes publics
oui j'ai autant dépensé que Bruno Le Maire
vous avez autant dépensé
bah oui parce qu'il le fallait parce que quand Bruno Le Maire le dit et j'ai beaucoup aimé travailler avec Bruno qui est un très grand ministre de l'économie et des finances auprès duquel j'ai beaucoup appris on pensait tous que l'administration de Jean Cassex était là aussi pour le démontrer que le Covid était fini voilà et malheureusement on a vu que le Covid n'était pas fini et nous avons dû faire ce que nous avons fait c'est-à-dire des plans de relance qui ont sauvé l'économie française
mais de l'autre côté du miroir au-delà du Covid vous êtes face aux besoins aux besoins des policiers aux attentes des citoyens on peut dire la même chose de la justice de l'hôpital de l'université est-ce que passer de l'autre côté du miroir voir les besoins ça vous a changé ?
moi les besoins je les avais vus quand j'étais maire madame et c'est pas parce que je suis devenu ministre thématique si j'ose dire que je découvert que les policiers ou la justice ou la santé avaient besoin d'argent mais ce qui est très important me semble-t-il de ce que j'ai appris de mon passage au compte public c'est que les finances publiques c'est la garantie quand ils sont bien tenus de la souveraineté de notre pays des bonnes finances faites-moi des bonnes finances je vous ferai une bonne politique c'est essentiel pour le bien d'une nation et on peut dépenser si on transforme son ministère moi je pense que c'est ce qu'il faut retenir quand j'étais à Bercy j'ai eu le bonheur la chance de mener l'impôt à la source l'impôt à la source plus personne n'en parle aujourd'hui à l'époque il était combattu par absolument tout le monde absolument tout le monde alors tous les candidats présidentiels madame Pécresse en premier qui était mise au budget étaient contre tout le monde était contre aujourd'hui personne ne propose de revenir à l'impôt à la source trois grandes avantages de l'impôt à la source on a pu supprimer énormément de dépenses publiques grâce à l'impôt à la source madame il y a aujourd'hui si la direction générale des finances publiques des fonctionnaires courageux sont moins nombreux c'est-à-dire 15 000 fonctionnaires de moins c'est aussi parce qu'on a fait l'impôt à la source et qu'on a informatisé transformer le ministère
mais ma question c'est est-ce que vous pensez que maîtriser les dépenses publiques baisser les dépenses publiques c'était votre but en 2017 c'est toujours possible faisable audible
oui à condition que ce soit fait dans une bonne intelligence et selon des règles européennes qui désormais correspondent à l'économie du monde donc je ne suis pas certain absolument que les 3% tels qu'on les a prévus par les traités européens avant la crise dans l'ancien monde pour reprendre l'expression soient toujours les bons mais en revanche qu'il faille moins de dépenses dites de réparation de dépenses sociales et regarder les transformations sociales qui nous permettent justement d'y arriver par exemple une réforme des retraites qui est évidemment extrêmement importante dont vous savez d'ailleurs qu'elle est la mer pour tenir les dépenses publiques puisque grosso modo les français ne le savent pas toujours mais plus de 50% des dépenses que nous faisons tous ce sont des dépenses sociales de retraite de santé et de famille donc il faut évidemment faire la réforme des retraites donc je préfère moi faire des réformes qui permettent de faire des dépenses que de baisser homothétiquement des dépenses en décourageant bien en cours
en tous les cas dans le débat aujourd'hui la dette ça n'est pas vraiment un des grands thèmes que mettent les candidats en avant sur la table ils parlent plutôt de leurs promesses leurs dépenses est-ce que ça vous surprend que ça soit pas un grand thème de campagne
non ça me surprend pas parce qu'on a d'abord c'est jamais très rigolo de parler de la dette il faut bien avouer et que deuxièmement
François Fillon il promettait de couper
un million de postes François Bayrou l'avait fait aussi auparavant il y a plusieurs candidats qui l'ont fait mais je constate aujourd'hui que c'est pas le cas parce que d'abord c'est jamais très vendeur mais aussi parce que on a vécu un moment où on a fait le dépenser sans compter ce qui était tout à fait normal donc c'est difficile de dire après que les pompiers ont arrosé d'eau partout la maison qui était incendiée on va rationaliser les bouteilles d'eau c'est compliqué j'imagine à expliquer à la population mais on est devant une situation il faudrait bien que nous en reparlions parce que vous voyez bien que les taux d'intérêt augmentent tout doucement vont augmenter on n'est pas encore
en Europe
non mais tout doucement mais sûrement puisque vous avez vu ce qui se passe aux Etats-Unis souvent l'Europe suit ce qui se passe aux Etats-Unis que l'inflation qu'on nous avait évoquée comme étant un passage continue à rester extrêmement importante et qu'il peut y avoir une difficulté assez forte se rajoute à cela madame que chacun sait que les crises internationales influencent les économies ce qui se passe en Ukraine est inquiétant ce qui se passe à Taïwan est compliqué pardon ce qui se passe évidemment au Mali ou en Algérie le Maroc est compliqué et qu'une situation internationale peut aussi bousculer l'économie mondiale et donc devoir prendre des mesures d'économie nationale
alors on ne parle pas beaucoup d'économie mais on parle beaucoup de promesses évidemment en ce moment dernier exemple hier Marine Le Pen qui répète sa volonté de supprimer l'impôt sur le revenu pour les moins de 30 ans
on sait que c'est absolument contre le principe même de la constitution et l'égalité devant l'impôt donc elle sait très bien parce que madame Le Pen j'imagine a travaillé qu'elle a fait une proposition totalement démagogique c'est ce qu'on appelle la partie extrémiste en revanche elle pourrait se satisfaire de ce qu'a fait le président de la république qui depuis 15 ans est le premier et le seul à avoir baissé l'impôt sur le revenu de manière considérable pour la quasi-intégralité de toutes les tranches à supprimer un impôt moi je l'ai porté cette suppression d'impôt la taxe d'habitation si les français ne payent plus de taxe d'habitation aujourd'hui ou s'ils sont en train de ne plus la payer c'est grâce à Emmanuel Macron c'est grosso modo entre 700 et 800 euros de gain de pouvoir d'achat par an
et vous étiez ce ministre là vous étiez le ministre avec le petit livret jaune le livret pour le pouvoir d'achat vous avez en effet expliqué la baisse des cotisations sociales la baisse de la taxe
la suppression des cotisations sociales
la suppression de certaines
en partie oui bien sûr
mais le pouvoir d'achat ça reste la première préoccupation des français est-ce qu'il y a eu des ratés ? la pandémie n'explique pas tout
la pandémie explique quand même beaucoup mais je constate d'ailleurs que Bruno Le Maire et Olivier Dussopt qui me remplacent très avantageusement au ministère des comptes publics font un travail très fort pour garder ce pouvoir d'achat sans le blocage des prix du gaz vous savez ce qui se serait passé c'est 900 euros en moyenne pour les français 900 euros de coût du gaz qu'on aurait dû payer chacun d'entre nous on a bloqué le prix du gaz mon collègue belge que j'ai rencontré au sommet européen m'a dit c'est incroyable ce que vous avez fait en France tout le monde nous dit en Belgique de faire pareil quand on dit l'électricité aurait dû augmenter 34% et qu'on le bloque à 4% on fait gagner 350 euros ça fait déjà 1250 euros de gagner sur les prix d'énergie par ce qu'a fait Olivier Dussopt et Bruno Le Maire puis il y a la prime inflation puis il y a le chèque énergie maintenant il est tout à fait vrai et il faut le répéter aux français que pour améliorer le pouvoir d'achat il faut travailler il faut que nous travaillions tous et donc le chômage qui est au plus bas de la zone euro et le plus bas d'histoire depuis 15 ans dans la république le fait qu'il y ait beaucoup d'investissements étrangers en France le fait que dans ma région à Dunkerque il y ait désormais des milliers d'emplois qui soient créés dans une zone qui est touchée par le chômage je dis aux habitants du Dunkerque c'est le travail qui voudra plus de pouvoir d'achat ce ne sont pas les allocations
vous avez parlé de la prime inflation et puis de toutes ces mesures qui ont coûté près de 15 milliards d'euros quand même en quelques mois Valérie Pécresse dit que vous avez cramé la caisse pour amoindrir le choc sur l'énergie est-ce que le ministre de l'intérieur constate que il y a des tensions dans les entreprises pour les salaires mais ces gestes ont peut-être permis en effet de ne pas retourner la colère contre l'Etat
non ces gestes ont permis aux gens au plus possible de pouvoir traverser une crise personne n'a perdu du fait de l'Etat et des décisions gouvernementales son travail parce que le président de la République a mis en place un système d'allocation au chômage qui a répondu à une question extraordinaire qui était celle du Covid
il n'y a pas de gilet jaune bref il n'y a pas de spectre gilet jaune il n'y a pas de colère sur le plan d'achat que vous voyez que les RG pointeraient pour vous
je pense que tout le monde et je parlais du marché de Tourcoing qui me paraît être un bon baromètre de ce que pense de chance et personne n'aurait fait mieux que lui et tout le monde le sait que personne n'aurait fait mieux que le président de la République pour traverser cette crise
sur le pouvoir d'achat non ça fait partie des politiques qui sont jugés
les moins satisfaits c'est pas parce que les français considèrent qu'on pourrait toujours faire mieux qu'ils ne considèrent pas que c'est le meilleur et puis regardez les autres candidats vous allez encore me dire que je suis dur avec madame Pécresse mais on n'a rien on n'a rien compris on n'a rien compris moi je n'ai rien compris peut-être que je suis moyennement intelligent c'est tout à fait vrai je viens de province on n'a rien compris à son augmentation de salaire c'est 10% recule à 2,40 finalement c'est 3 puis maintenant elle obéit droit pour quelqu'un qui veut soutenir le pouvoir d'achat des ouvriers elle obéit bien au patronat rapidement je trouve elle a vite capitulé face à ces difficultés on voit bien que le président de la République même si c'est difficile vous savez quoi gouverner c'est difficile et bien même si c'est difficile même s'il est l'objet de critique il n'y a pas un français je pense qui pense qu'il n'a pas été un bon président de la République alors qu'il a eu 2,33 tonnes pendant la crise je pense pendant la crise il a eu 2,33 tonnes il a eu 2,33 tonnes le président de la République dans son mandat celui des gilets jaunes qui a quand même un petit peu inquiété me semble-t-il une partie de l'opinion et celui du Covid regardons ce qui se passe aujourd'hui il me semble que le président est celui qui a permis à la France de traverser ces crises
sur le pouvoir d'achat il y a une mesure dont vous n'avez pas parlé c'est celle qui a surgit hier au meeting d'Éric Zemmour et là elle est très elle est très inspirée de la prime Macron vous savez Éric Zemmour il dit j'ai une prime zéro charge qui peut aller jusqu'à 3 salaires nets pour le pouvoir d'achat des français est-ce que ça vous paraît être une bonne idée ?
on peut toujours parler de prime enfin c'est pas la prime même si nous on l'a effectivement faite et ça a permis d'aider beaucoup de nos concitoyens c'est pas la prime qui va sauver l'économie française c'est quand même plutôt un cotère ou un pansement et c'est pas le changement de la maladie qui est la difficulté économique pour les ouvriers ou pour les employés de bien vivre de leur travail moi je crois plus à la participation à l'actionnariat salarié on l'a fait en grande partie c'est ce qu'a fait d'ailleurs Bruno Le Maire dans la loi Pacte il faut sans doute qu'on augmente ce que le général de Gaulle appelait la meilleure répartition entre le capital et le travail et ça je pense que c'est aux entreprises françaises aujourd'hui d'accepter et notamment les PME c'est pas facile pour eux parce que c'est beaucoup de paperasse aussi donc il faut qu'on le simplifie mais c'est une meilleure répartition entre le capital et le travail on a fait les heures supplémentaires défiscalisées c'est bien le président de la République Emmanuel Macron voilà un acte sarkoziste sans doute que vous évoquiez
vous en reprenez quand même quelques-uns finalement
le contexte change
vous triez quand même
il y a un certain nombre de choses qui sont positives et d'ailleurs je constate je constate que les heures supplémentaires défiscalisées ont été faites par Emmanuel Macron et que oui le président de la République est celui qui a aidé les gens qui avaient un travail à mieux gagner leur vie fin de cotisation et on l'a dit tout à l'heure heures supplémentaires et ceux qui n'ont pas de travail n'ont trouvé un on a le chômage le plus bas depuis 15 ans c'est extraordinaire le chômage ne sera pas madame manifestement un enjeu pour la campagne présidentielle et je m'en félicite
Gérald Darmanin
avec nous sur le plateau de questions politiques on a beaucoup parlé du marché de Tourcoing depuis midi on a aussi beaucoup parlé de Valérie Pécresse vous avez beaucoup tapé sur Valérie Pécresse non on échange en démocratie il paraît qu'il faut des débats est-ce que ça veut dire que c'est la candidate qui inquiète le plus Emmanuel Macron je ne sais pas ce qui inquiète le président de la République
moi ce qui m'inquiète c'est Marine Le Pen
mais le plus dangereux en termes électorales
non c'est Marine Le Pen
pourquoi vous dites ça ? parce qu'au fond il y a une compétition
Marine Le Pen peut battre Emmanuel Macron en second temps je vais revenir sur mon terme parce qu'au marché de Tourcoing on parle de Marine Le Pen on parle du président de la République et de Marine Le Pen
on ne parle pas de Zemmour
on ne parle plus de la gauche socialiste non on ne parle pas de Zemmour sur le marché de Tourcoing mais je n'ai pas la même sociologie peut-être que d'autres ce qui est sûr c'est que d'ailleurs les études d'opinion le montrent
celle qui est la plus à même de battre Emmanuel Macron pour l'instant vu que les sondages bougent beaucoup ça risque quand même d'être Valérie Pécresse je pense que c'est Marine Le Pen qui pourrait battre Emmanuel Macron
vous y croyez ? d'abord c'est une question j'y crois à votre question au bout de la 17ème question je vous dis que Marine Le Pen est la plus dangereuse et je pense qu'effectivement c'est la personne la plus dangereuse
Nicolas Sarkozy ne soutient pas Valérie Pécresse puisqu'il y a un danger d'extrême droite
vous qui le connaissez bien je ne suis plus porte-parole de Nicolas Sarkozy
non mais je sais mais vous le connaissez quand même
je connais le président Sarkozy j'ai beaucoup d'affection de respect pour lui j'ai une immense amitié si je peux me permettre pour lui mais je ne me permettrai pas de parler en son nom
mais vous savez pour qui il penche parce qu'on dit beaucoup qu'il pourrait ne pas pencher pour Valérie Pécresse donc vous aidez
je crois que Nicolas Sarkozy est un grand garçon majeur et je crois vacciné je crois d'avance triplement sûrement mais à droite
on sent quand même il y a un certain malaise on voit Eric Wehrt qui va avoir du mal à se prononcer c'est quoi la droite parce que moi je pense
que la droite elle est en partie chez le président de la république donc dans la portion congrue de la droite que sont les LR oui il y a un malaise chacun le voit qui a un problème il y a quand même
une partie de la droite qui a décidé de revenir au bercail qui était des Macron compatibles je pense par exemple Jean-Pierre Raffarin l'ancien premier ministre de Jacques Chirac il y en a d'autres
Valérie Pécresse a dit de vous
que vous n'étiez pas de droite oui très bien c'est sûr que moi je n'ai pas la même sociologie que Valérie Pécresse pas la même histoire personnelle et familiale et que peut-être que si la droite c'est qu'une forme de bourgeoisie oui ça c'est sûr que je n'ai pas la même droite que Valérie Pécresse parce que je suis une droite populaire mon père tenait un bar tabac mon grand-père a été immigré ce qui a dû sans doute gêner une partie des LR quand j'y étais et Nicolas Sarkozy n'a jamais été de ceux qui me le faisaient sentir donc c'est aussi pour ça que j'aime beaucoup le président de la République parce que je crois que lui il respecte ce que c'est que des gens qui travaillent et qui essayent de s'en sortir bien évidemment et qui ne sont pas dans la rente mais pour répondre à la question plus précise que vous me posez il me semble aujourd'hui qu'une grande partie de ce que pensent l'électeur de droite qui veut moins d'impôts travailler plus avoir une sécurité de l'emploi et une sécurité dans la rue sans trouver des boucs émissaires chez les immigrés chez les musulmans qui n'est pas anti-européen qui ne considère pas qu'il faut faire des Guantanamo qui ne se pose pas des questions sur l'IVG je pense que cette droite ce qu'on appelle la mer ce que Malraux appelait le métro à 6 heures elle soutient le président de la République peut-être qu'elle se pose des questions encore c'est quoi son projet avec qui il veut gouverner comment il veut le faire mais ça c'est normal la campagne je l'espère permettra au président de la République d'évoquer cela pour les électeurs et je pense que ce que réussit le président de la République c'est à réconcilier ce qu'avait jadis fait et je voudrais vraiment dire que tout ça n'est pas comparaison mais quand même une partie de la droite avec une partie de la gauche qui se dit sociale-démocrate pro-européenne compréhendant l'économie de marché et qui on le voit bien aujourd'hui soutient aussi le président de la République et c'est me semble-t-il le meilleur moyen de gouverner notre pays
alors comment on contre Marine Le Pen si vous la ciblez comme l'adversaire principal
vous savez Marine Le Pen il faut la combattre sur le fond de la décision concrète que nous prenons face au fantasme qu'elle porte vous m'aviez évoqué rapidement tout à l'heure la loi séparatisme on n'en a pas beaucoup parlé mais c'est nous qui avons fermé les officines istabistes c'est nous qui permettons aujourd'hui de fermer des lieux de culte radicalisés c'est nous qui avons permis d'expulser 1400 personnes qui étaient fichées ou qui étaient des criminels elle n'arrêt pas d'en parler à la télévision mais nous on le fait voilà après on lui dit on lui dit madame Le Pen vous êtes excessive et vous mentez aux français lorsque vous dites que vous allez supprimer l'impôt sur le revenu voilà c'est ni juste d'abord c'est pas juste parce que le trader de 30 ans pour reprendre l'expression celui qui bosse dans une banque d'affaires ou celui qui bosse dans un fonds d'investissement ou qui a la chance de gagner beaucoup d'argent non mais voilà il doit payer des impôts et c'est tout à fait normal qu'il en paye des impôts et pourquoi je supprimerais le trader celui qui a 29 ans qui travaille dans une grande banque parisienne et qui a déjà son appartement et qui paye déjà l'IFI et que je comparerais cette suppression d'impôt à celle de l'ouvrier peut-être de 29 ans qui a 1600 euros péniblement à l'usine et qui lui peut-être verra une suppression d'impôt si Mme Le Pen est passée et si le Conseil constitutionnel l'accepterait ce qui serait évidemment une totale surprise mais ce serait totalement injuste il y aurait sans doute quelques centaines d'euros ici et quelques centaines de milliers d'euros là donc en plus le projet de Mme Le Pen il est profondément profondément injuste socialement donc il faut le combattre comme j'essaie de le faire
il y a un autre angle d'attaque de Marine Le Pen c'est de dire que vous êtes les grands défenseurs d'une Europe ouverte aux quatre vents comment vous lui répondez ?
elle va changer d'avis bientôt puisque finalement elle est revenue sur la binationalité elle est revenue sur l'euro donc d'ici demain dans la prochaine campagne présidentielle Mme Le Pen ira il n'y aura pas de prochaines à l'écouter finalement oula oui enfin peut-être on en reparlera mais la difficulté aujourd'hui c'est que l'Europe c'est la réponse aux problèmes migratoires que connaît la France voilà ce qui se passe à Calais se joue en très grande partie à la frontière l'italienne et polonaise à la frontière italienne à la frontière grecque ce qui se passe parfois dans ce que nous constatons malheureusement quand les sans-papiers manifestent à Paris ça se passe en grande partie à Séouta et à la frontière entre l'Espagne et le Maroc
mais le conseil Schengen que souhaite mettre en place Emmanuel Macron il va réussir à le faire ou pas ?
et donc effectivement l'Europe fait déjà un travail très important je constate d'ailleurs qu'on ne parle plus de la frontière polonaise et lituanienne parce que l'Europe a fonctionné elle a permis de dire ensemble aux Irakiens aux Syriens mais surtout aux Biélorusses et aux Russes arrêter de faire ces vols avec ces attaques hybrides plus personne ne parle de cela mais en effet mais elle parle souvent
avec plusieurs voix malgré tout
en effet bien sûr mais la construction européenne est difficile et rien n'est facile et c'est pour cela qu'il faut des chefs d'Etat expérimentés et courageux pour le faire et qui ne demandent pas aux Français ils font un conseil politique et vous avez avancé cette semaine ? exactement nous avons adopté à Tourcoing et à Lille le principe et le premier conseil aura lieu le 3 mars prochain à Bruxelles c'est une grande avancée le conseil politique de Schengen qu'est-ce que ça change complètement ?
ça change autant que quand les ministres de l'économie jadis c'est comme pour l'euro exactement les conseils de l'économie jadis se regardaient l'euro de loin ou regardaient l'économie de loin depuis 10 ans au moins ils se réunissent tous les mois et donnent des ordres à la commission et donnent des ordres aux agences et regardent comment l'économie peut répondre à la monnaie unique et bien on a une politique migratoire que nous espérons unique et commune en tout cas les problèmes des uns sont les problèmes des autres et on doit gouverner politiquement cet espace c'est ce qu'a voulu Emmanuel Macron
Gérald alors maintenant une petite question à laquelle vous n'en répondrez pas
après les sondages
les français s'impatientent concernant la candidature d'Emmanuel Macron est-ce que ça peut durer longtemps comme ça on sait que le général de Gaulle en 75 il était pris 31 jours avant l'élection d'ailleurs on a vu ce que ça a donné
et François Mitterrand extrêmement tardivement en 88 également
extrêmement tardivement mais il était en période de cohabitation donc forcément quelque chose de plus facile est-ce que ça peut durer longtemps ou est-ce qu'en gros le mystère épais va se dissiper dans les quelques jours
vous n'allez pas me croire mais j'en sais rien voilà vous savez je n'appelle pas le président de la république moi je soutiens le président de la république c'est pas ma campagne personnelle donc je pense qu'il faut que chacun chaque ministre
ça ne gèle pas le débat c'est-à-dire qu'un certain nombre de personnes si on a une campagne électorale
j'ai pas l'impression que ça gèle le débat ce matin et puis j'ai pas l'impression que ça gèle le débat du samedi après-midi non plus ni du samedi matin justement sur ça plus personne ne parle des parrainages je constate que ça a été un moment de vie médiatique et puis maintenant c'est plus personne ne parle des parrainages
justement Gérald vous évoquiez hier l'après-midi très politique qu'on a eu en France de meetings il y a eu beaucoup d'incidents en marge du meeting d'Éric Zemmour vous êtes vous le tenant de l'ordre public est-ce que vous pourriez aller jusqu'à interdire des meetings d'Éric Zemmour si à chaque fois ça se passe mal dans la rue et à chaque fois des forces de l'ordre sont blessées
moi je pense que la démocratie doit se faire et que la grandeur de la démocratie c'est de permettre aux gens qui combattent des institutions parfois la démocratie parfois une certaine forme de démocratie de pouvoir tenir quand même leur réunion c'est ça la grandeur de la démocratie la différence entre une dictature et une démocratie c'est qu'en dictature on n'accepte pas que les gens qui critiquent la dictature puissent parler en démocratie on accepte que les gens qui critiquent la démocratie puissent parler donc le travail des policiers et des gendarmes et c'est mon travail du ministre de l'Intérieur c'est de faire que les choses se passent au mieux que les gens qui veulent manifester contre M.
Zemmour puissent le faire dans des conditions acceptables de sécurité et que les gens qui veulent aller au meeting de Zemmour puissent le faire je pense que je suis un ministre de l'Intérieur démocrate et républicain
dernière question sur la question précédente si la guerre est déclarée entre la Russie et l'Ukraine vu ce que dit le renseignement américain ce matin est-ce qu'Emmanuel Macron pourra se déclarer candidat ou est-ce que ça peut l'empêcher ?
ce que je vois c'est que le président de la République moi je le constate tous les jours il est aux avant-postes pour éviter que le drame arrive en Ukraine et donc on a la chance et la fierté d'avoir un président qui est entendu dans le monde qui va voir M. Poutine qui discute avec Joe Biden qui va lui-même en Ukraine il prend beaucoup de risques à le faire et c'est très courageux et bien si ça marche pas il l'aura essayé et ça peut l'empêcher ?
et aujourd'hui je constate que seul Emmanuel Macron et il poursuit en cela la grande vocation universelle de la diplomatie française que d'être entre les deux grandes puissances et bien je crois qu'Emmanuel Macron a le courage d'aller parler à Vladimir Poutine et c'est le chef d'état qui manifestement en Europe arrive à le faire
merci beaucoup Gérald Darmanin merci Ludovic Juliette et Damien Sanghali à la réalisation Jean-Philippe Ballas Alexandre Gilardi pour la préparation de l'émission et toute l'équipe on se retrouve la semaine prochaine pour un nouveau numéro de Questions Politiques
Gérald Darmanin