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interviewLa France insoumise· 2 octobre 2021 86 min

Qu’est-ce qui est essentiel ? - Conférence #AMFIS2021

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Présentateur

Bonjour à toutes et tous, je suis vraiment ravie de vous retrouver pour cette conférence qui en fait est le fruit je dirais d'une obsession que j'ai depuis pas mal de temps et en réalité le titre que vous avez vu sur l'annonce dans le programme des amphis n'est pas tout à fait juste parce que c'était un titre qu'on avait donné il y a plusieurs mois quand j'avais l'idée de cette conférence et en réalité ce dont je vais vous parler c'est de quoi avons-nous vraiment besoin ?

c'est ça la question à laquelle je veux répondre dans cette conférence et ensuite d'avoir évidemment un débat parce que c'est une question particulièrement participative donc je vais vous faire une conférence, j'espère que tout le monde est bien assis reste qu'est-ce que je fais cette conférence donc vous dire un petit peu où j'en suis sur cette question théorique mais qui me paraît fondamentale pour affronter les défis qui sont devant nous sur un plan social et sur un plan politique je partirai, alors on a un petit problème devant c'est vrai qu'avec le micro c'est...

je suis équipée mais ça va, c'est pas grave on entend le vent mais c'est pas très grave je vais démarrer, ça en surprendra peut-être quelques-uns par un texte assez connu de Keynes que peut-être certains d'entre vous connaissent qui est Lettre à nos petits-enfants et c'est une lettre qui est parue en 1930 donc vraiment au lendemain de la crise de 1929 et c'est un texte qui est surtout connu parce qu'il n'était pas du tout inquiet de la crise économique qui se passait il pensait que c'était un soubresaut d'une certaine manière mais que tout ça allait vraiment se régler facilement et ce qu'il prophétise à court terme c'est la fin de la rareté c'est-à-dire qu'il dit que les capacités productives du capitalisme vont permettre de satisfaire les besoins et il date même ce moment-là et ce moment-là pour lui c'est 2030 donc vous dire si on y est il dit en 2030 on aura ce qu'il faut mais alors, et c'est ça qui est intéressant dans cette lettre il est très inquiet il est très inquiet parce qu'il craint une grande dépression nerveuse de la société parce qu'il pense qu'il y a une inadéquation entre les valeurs de la société et la moralité du capitalisme qui vont ensemble d'un côté, c'est-à-dire la quête de profit la cupidité, l'argent partout et de l'autre côté le fait que nous ayons une société d'abondance et il pense que la production des richesses qui est en devenue suffisante il n'y aura plus besoin de travailler juste trois heures par jour évidemment c'est pas ce qui s'est passé c'est pas ce qui s'est passé mais dans le texte de Ken ce qui est bien c'est qu'on comprend qu'il voit le problème c'est-à-dire qu'il voit qu'il y a un vice quelque part un verre dans le fruit on peut dire et que cette société-là d'après Kent sera une société dépressive parce qu'elle ne sait pas faire face à l'oisiveté c'est pas du tout la culture du capitalisme et aussi une autre dimension qui est très importante pour lui qui est la question du plaisir immédiat c'est-à-dire que le capitalisme il est dans l'accumulation pour demain on doit accumuler pour demain pas de plaisir immédiat et dans la place de l'argent qui est fondamentale et qui structure en fait la société et donc le régime transitoire que devait être le capitalisme aurait dû permettre d'en finir avec la lutte pour la subsistance qui est au cœur de l'économie et de l'humanité l'histoire de l'humanité mais sa moralité et son sens qui repose sur l'argent la recherche de profits ne peuvent conduire la société seulement au chaos et il termine en disant que seules les personnes aptes à garder vivace à cultiver à perfectionner l'art de sa vie l'art de vivre sa vie pardon à perpétuer oh pardon avec le vent c'est pas évident à perfectionner l'art de vivre sa vie au lieu de se vendre pour la gagner pourront jouir de l'abondance quand elle viendra aucun pays aucun peuple me semble-t-il ne peut envisager l'âge du loisir et de l'abondance sans effroi trop longtemps on nous a formés pour l'effort contre le plaisir et la rareté c'est ça qui est intéressant c'est défini et on peut le définir comme l'écart entre qui est un écart sans cesse renouvelé entre ce que l'on possède et ce que l'on désire or le statut social est indexé sur ce que l'on possède le principe de rareté est donc au centre de notre système économique et c'est ça qu'il faut vraiment bien saisir parce que la question c'est pourquoi le surplus bien réel sur un siècle c'est important de se rendre compte que sur un siècle il y a bien eu un surplus de production qui a permis d'améliorer d'apporter du confort et d'améliorer pour une part la vie mais pourquoi ce surplus de production ce surplus de revenus ne sont pas venus financer l'augmentation des loisirs mais l'augmentation de la consommation c'est ça qui s'est produit que n'a pas tout à fait vu Kenst mais il a compris que la question des besoins d'une certaine manière était majeure était centrale et je veux dans cette conférence me référer à un livre que peut-être certains d'entre vous ont lu ou dont vous avez peut-être entendu parler qui moi m'a beaucoup beaucoup bousculé c'est les besoins essentiels d'un intellectuel sociologue qui s'appelle Razmik Koshéyan les besoins pas essentiels les besoins artificiels pardon qui est paru chez Zone en 2019 et pour lui et je partage totalement ça la question des besoins est la question fondamentale du 21ème siècle André Gorz qui est un auteur auquel je me réfère beaucoup dit cette phrase que je trouve très juste le besoin est révolutionnaire en germe c'est à dire que non seulement il y a la structure du besoin du capitalisme qui est fondamentale pour comprendre ce qu'est le capitalisme mais si on part des besoins on arrive alors à une stratégie potentiellement révolutionnaire et c'est de ça dont je veux donc vous reparler pour Azmig le besoin c'est pour Azmig que chez Yann le besoin c'est la façon dont il le traite d'un point de vue intellectuel il le voit comme un point de fusion entre deux courants idéologiques intellectuels d'abord la critique de l'aliénation que l'on retrouve notamment chez Gramsci ou chez Poulanzas et la critique de l'écologie politique qu'on a chez André Gorz ou chez une auteur qui l'a dénichée que moi je ne connaissais pas qui est Agnès Ehler qui est une hongroise de l'école de Budapest proche de Lukacs pour ceux que ça intéresse et qui elle a notamment écrit un livre sur la théorie des besoins chez Marx et donc c'est la fusion de ces deux pensées qui permettent d'avancer vers une théorie des besoins alors si l'on postule ça y est mon truc s'en va c'est un peu le risque c'est un peu le risque avec les fiches vachement sympa merci beaucoup il faut les mettre il y a des pierres en fait c'est vachement bien adapté je vais mettre des pierres donc si l'on postule que l'économie doit servir les besoins humains que ce doit être son but je pense qu'ici tout le monde est d'accord avec ça que ça doit être le sens de l'économie alors il nous faut une théorie des besoins et la crise je dirais le confinement ce moment d'où l'intitulé initial de cette conférence qu'est-ce qui est essentiel posait bien cette question là je pense que c'est un moment dans le confinement ou sur les réseaux sociaux dans les médias on a eu beaucoup beaucoup d'interventions beaucoup de réflexions autour de ce qu'est-ce qui est essentiel et qu'est-ce qui ne l'est pas puisque la société s'est arrêtée et vous vous souvenez sans doute de ce texte de Bruno Latour qui moi m'avait marqué qui avait pas mal circulé qui était un texte où il nous demandait de nous arrêter vous vous souvenez il disait on ne peut pas reprendre profitons de cette crise sanitaire pour nous interroger sur une crise beaucoup plus profonde qui est la mutation liée au défi climatique et remettons en cause notre modèle de production et posons-nous les questions de ce dont nous avons besoin et à ce moment là il fait un truc marrant il pose six questions et il fait passer son questionnaire le questionnaire de Bruno Latour six questions sur les activités qu'on a envie d'arrêter et les activités qu'on a envie de continuer sur les mesures pour accompagner la transition qui en découlerait pour répondre à ces besoins et puis il appelle chacun qui a rempli ce questionnaire à dire vous le comparez avec votre voisin moi j'ai envie de dire que c'est à partir de là que les problèmes commencent et que les difficultés commencent parce qu'avec ce questionnaire et aussi avec la comparaison on a en réalité deux questions qui se posent la première c'est les besoins ressentis les besoins qu'on déclare est-ce que ce sont des besoins authentiques véritables ça c'est la première question et la deuxième question c'est comment articuler socialement les besoins que chacun les besoins individuels que chacun va déclarer sur sa propre feuille comment on les articule et comment on fait société à partir de chaque besoin individuel étant entendu comme le disait Marx et je partage ça que le besoin n'est qu'individuel il n'est qu'individuel et pour répondre à ces questions là on a des éléments notamment à la première qui nous viennent qui sont assez connus qui nous viennent de la littérature de la chanson d'un peu partout pour poser cette question de est-ce que nos besoins et donc nos désirs sont véritables qui est lié à la critique de la société de consommation critique de la société de consommation qu'on peut voir apparaître en précurseur il y a longtemps cette folie consumériste qu'elle produit sur nos désirs je dirais qu'on l'avait déjà dans Au bonheur des dames de Zola donc fin du 19ème siècle mais c'est surtout dans les années 60 qu'on a vu grandir cette critique là alors je disais dans la littérature j'ai en tête le livre de Pérec Les choses je ne sais pas si vous vous souvenez de ce livre qui est un petit livre qui avait quand même fait un peu événement c'est un couple Sylvie et Jérôme c'est un couple parisien qui cherchent un peu le sens de sa vie et qui pour payer ses études travaillent dans une agence de publicité où ils posent des questions à la con parce qu'ils font des enquêtes donc c'est aimez-vous le caramel dormez-vous en pyjama bon ils trouvent que tout ça c'est quand même un peu nul alors finalement ils partent en Tunisie pour chercher un sens à leur vie elle elle devient prof et puis en fait ils s'emmerdent là-bas en Tunisie avec quelques profs ils reviennent à Paris à Paris puis à Bordeaux et là en fait ils sont très attirés par le confort matériel ils ont envie d'avoir du confort matériel et ils trouvent un vrai travail de cadre dans une agence de communication et à partir de là Pérec décrit cette ronde des objets qui va les obséder c'est à dire qu'ils n'ont sans cesse qu'une idée en tête c'est d'acquérir encore plus d'objets dans leur maison et à la fin de ce livre on comprend la vacuité en fait c'est à dire qu'il y a une grande vacuité à tout cela et il décrit Paris il dit Paris était une tentation permanente donc c'est une tentation permanente et donc il décrit ce puits sans fond et cette vacuité dans cette vie qui tourne autour des objets on l'a aussi on le trouve aussi et là vous allez l'avoir en tête aussi bien que moi dans la chanson de Boris Vian la complainte du progrès que moi j'adore absolument mais j'adore Boris Vian vous vous souvenez non le début alors attendez je l'ai mis quelque part ou est-ce que je l'ai fichu un frigidaire non vous allez la chanter quand même un frigidaire un joli scooter un axe un joli scooter un actomy un atomixer pardon et un dame le pilot une cuisinière avec un four en verre des tas de couverts et des peines à gâteaux et la fameuse une tourniquette pour faire la vinaigrette ah merde un ratatine ordures et un coupe-friture bon on va pas la faire en entier mais je la trouve je la trouve tout à fait éclairante parce qu'elle raconte déjà dans les années 60 cette espèce de folie où on veut posséder posséder posséder bon ça c'est dans le monde artistique mais le livre qui marque cette période c'est évidemment alors là je sais pas ce que c'est c'est génial il faut une équipe pour aller trouver les fiches c'est le Mistral c'est le livre de Boris pardon pas de Boris vient de Jean Baudrillard la société de consommation qui sort en 1970 et là vraiment on a une théorie très intéressante sur la société de consommation où Baudrillard nous explique que le bonheur est désormais confondu avec la vie matérielle avec l'accumulation de marchandises et il analyse la société d'abondance alors il faut bien se rendre compte qu'on est en pleine trente glorieuse il en reste des choses mais nous on a d'autres choses à apporter par rapport à notre société mais il montre bien combien les objets la marchandise de nos vies ne visent pas seulement à satisfaire une fonction mais sont autant de symboles de signes qui agissent dans une logique sociale et dans une logique des désirs et par l'objet c'est ça qui est intéressant on se différencie socialement on adhère à des valeurs on se démarque et on assoit on assoit on assoit on assouvit pardon un désir même s'il est immédiatement chassé pardon par un autre dans un rapport qui devient tout à fait pathologique c'est à dire on a envie d'un truc et puis dans la seconde d'après une fois qu'on l'a immédiatement on a envie d'autre chose et encore envie d'autre chose et c'est impossible en fait à satisfaire et ce qu'il décrit c'est vraiment la consommation comme jouissance et comme le règne de la frustration quiconque est allé dans un hypermarché ou dans un centre commercial j'ai écrit un livre là dessus qui s'appelle la gauche en sortant de l'hypermarché quiconque est allé là peut mesurer à quel point c'est le règne de la frustration on ne peut pas tout s'offrir et on est tenté tenté tenté toujours d'avoir plus même si le plus n'est pas le mieux mais à ce moment là on ne s'en rend pas compte ce qu'il décrit c'est donc cette société comme jouissance et il dit si l'on admet que le besoin n'est jamais tant le besoin de tel objet que le besoin de se différencier c'est à dire le désir au sens social alors on comprendra qu'il ne puisse jamais y avoir de satisfaction accomplie ni donc une définition du besoin premier point donc le premier point c'est qu'à travers l'objet se fabrique l'affirmation pardon d'une position dans la société c'est à dire que l'objet fonctionnant comme un langage il nous dit à quelle classe sociale on appartient c'est très concret vous savez bien que quelqu'un qui a une paire de baskets sans marque ou quelqu'un qui a des Nike ou quelqu'un qui maintenant a ce qu'on appelle les Veja et bien en fait déjà ça raconte quelque chose de qui vous êtes et de comment vous vous situez dans la société de telle sorte que contrairement à une idée reçue le productivisme le consumérisme le capitalisme au démarrage mais avec ces deux corollaires que sont le productivisme et le capitalisme et le consumérisme contrairement à ce qu'on a dit n'homogénéise pas les choses c'est bien la dynamique de la différenciation qui est en fait le moteur essentiel c'est pas du tout le conformisme c'est la distinction et ça je crois que c'est important d'avoir en tête que cette idée de se démarquer de se sentir supérieur de finalement appartenir à vouloir sans arrêt grimper pour ressembler à la catégorie sociale supérieure c'est ça le moteur et c'est ça qui vous fait acheter quelque chose la mécanique c'est qu'un objet une marque qui se démocratise perd en réalité de son attractivité auprès des catégories sociales supérieures qui vont immédiatement en chercher une autre vous connaissez ça non ?

voilà et c'est d'ailleurs pour ça que le luxe le luxe il se redéfinit en permanence parce que si tout le monde accède à quelque chose ce n'est plus un luxe par définition il n'y a plus de luxe manger du saumon est un luxe fut un luxe à un moment donné à partir du moment où le produit se démocratise et bien manger du saumon n'est plus un marque de luxe on va manger autre chose voilà ce qui est un luxe aujourd'hui très à la mode c'est manger de la truffe de l'huile de truffe ça c'est voilà quand ça va se démocratiser qu'on va en trouver en supermarché du tout ça qui fait que c'est un luxe et ce sont les plus privilégiés c'est à dire ceux qui ont le pouvoir de définir ce qu'est le bon goût ce qui n'est pas le bon goût ce qui est beau ce qui est laid ce qui a de la valeur et bien ce sont les catégories supérieures dominantes qui ont ce pouvoir de définir ce qui a de la valeur Bourdieu l'a fort bien décrit dans la distinction et on sait même que plus une chanson par exemple est populaire plus en général elle est moquée en haut lieu mais c'est vrai pour plein d'autres choses si une marque devient populaire je pense à Lacoste bon ben voilà dans le monde bourgeois on va moins mettre de Lacoste donc c'est intéressant de bien comprendre ce phénomène par lequel la bourgeoisie se dissocie de la classe moyenne qui elle-même se dissocie des catégories paupérisées et donc ce qui alimente cette concurrence entre les classes parce que c'est vraiment une concurrence entre les classes sociales c'est le désir de parvenir c'est à dire que le désir de parvenir est vraiment un moteur considérable on veut accéder à la classe sociale supérieure et c'est ça qui fait qu'on a un moteur Corinne Morel-Darleu on parle très très bien dans son livre que vous avez peut-être vu qui est superbe plutôt couler couler en beauté que flotter sans grâce je recommande vraiment c'est un très beau livre elle parle très très bien de ce désir de parvenir auquel elle décide à un moment donné justement de renoncer parce que ça fait chier en fait ce désir de parvenir ça n'a pas beaucoup de sens mais réussir à l'abandonner c'est une grande rupture par rapport aux normes qui sont les nôtres et André Gortz résume parfaitement cette situation il dit le capitalisme a besoin de produire un nouveau type de consommateur un nouveau type d'individu l'individu qui par sa consommation par ses achats veut s'affranchir de la norme commune se distinguer des autres et s'affirmer hors du commun c'est être en dehors de ce qui est commun et donc c'est bien le principe de distinction le deuxième point je vous ai dit le premier point c'est la distinction le deuxième point c'est la question de l'aliénation l'aliénation qui est engendrée par le consumérisme et son corollaire je n'arrête pas de vous le dire le productivisme c'est acheter un produit parce qu'il vient de sortir c'est courir faire les soldes c'est chercher en permanence la bonne affaire alors maintenant en plus sur les réseaux sociaux on est complètement traqué donc vous avez une fois à chercher je ne sais pas quoi n'importe quoi à acheter une chaise après vous allez être censé être sollicité on va vous balancer des chaises en permanence pour vraiment attiser votre désir que vous avez eu une fois cette pulsion d'achat pour la chaise vous allez être traqué en permanence avec cette chaise et contrairement à ce qu'on croit cette pulsion là c'est pas simplement ceux qui ont de l'argent en fait qui ont vraiment les moyens qui sont pris là-dedans c'est tout le monde qui est pris là-dedans et c'est important de se dire aussi que même les pauvres en fait sont pris dans cette mécanique infernale il y a un sociologue qui a fait un travail formidable sur l'argent des pauvres où va l'argent des pauvres moi j'ai été bluffée parce que c'est vraiment une enquête sociologique et il démontre d'abord comment les riches les possédants l'état passent son temps à essayer de traquer comment les pauvres dépensent leur argent parce qu'eux il faut qu'ils dépensent leur argent de façon rationnelle parce qu'ils n'ont pas beaucoup d'argent donc il faut qu'ils fassent la démonstration que ce qu'ils ont fait est parfaitement logique et correspond à des besoins essentiels quand les autres on ne leur demande pas de compte sur ce qu'ils font de leur argent s'ils s'achètent des yachts et tout ça c'est tout à fait normal mais le pauvre lui doit faire ses preuves et ce qui est marrant enfin ce qui est marrant c'est moyennement marrant mais moi j'ai trouvé ça très intéressant il montre à un moment donné comment par exemple quelqu'un qui est au RSA une femme qui est au RSA et bien au début quand elle touche sa paye le mois du RSA elle court régulièrement s'acheter un homard et elle revient avec et après elle bouffe des pâtes pendant 15 jours mais elle a bouffé son homard et elle est contente parce qu'elle a bouffé son homard et en fait la logique ce que je veux dire c'est que la logique des pauvres c'est aussi parfois vouloir accéder à du luxe alors là c'est pas méprisable mais c'est aussi se payer des produits voilà de temps en temps se faire avoir accès aussi à ce à quoi normalement on n'est pas censé avoir accès alors ça échappe à la rationalité économique de la dépense du mois de son RSA mais en fait ça n'échappe pas vraiment à la rationalité humaine qui est de se dire je vais me faire plaisir à bouffer un bon truc et puis tant pis je boufferai des pâtes le reste de la semaine donc c'est pour dire que aussi alors c'est pas sur le homard mais plus globalement sur l'idée qu'à toutes les échelles on a ce fondamentalisme marchand et je pèse mes mots qui fonctionne parce qu'il s'agit de s'enrichir d'accumuler de la marchandise et d'ailleurs même la mesure de la richesse même si elle est aujourd'hui très critiquée mais le produit intérieur brut au démarrage cette mesure de la richesse très datée elle mesure justement la production de richesses matérielles c'est bien là dedans qu'on est complètement embarqué et depuis l'apparution de la société de consommation de Daudrillard c'est vrai qu'on a vu des évolutions notamment le marketing qui s'adapte considérablement en permanence je prends un exemple qui est le BIC les femmes vont connaître ça moi quand j'étais jeune j'ai acheté un BIC c'était un rasoir jaune et après il y a eu un rasoir rose il m'a semblé que c'était le même rasoir mais en tout cas il est devenu plus cher et quand tu achètes ce rasoir rose tu es sûr que c'est pour te raser toi les pâtes ou je ne sais pas quoi mais tu es bien une femme parce que tu as un rasoir rose alors que tu es avant tu avais le même rasoir mais il était jaune et il était moins identifiant et ça c'est ça veut dire aussi à quel point maintenant avec le marketing ce qu'on nous vend c'est une forme de promesse c'est une identité vous n'achetez pas simplement un produit qui remplit une fonction vous avez bien sûr quelque chose qui remplit aussi vous même et dans les promesses c'est un Mars et ça repart vous allez manger un Mars vous avez un coup non mais c'est ça je veux dire vous avez un coup de pompe vous mangez un Mars et ça repart si vous bouffez un Nuts peut-être c'est très différent bon voilà mais là on vous fait une promesse qui est une promesse importante du publicitaire mais après ça se traduit dans les objets vous avez les crèmes sans gras vous avez le café décaféiné vous avez les bières sans alcool donc c'est en fait au bout d'un moment on finit par nous vendre du rien d'ailleurs à Paris quand vous venez à Paris c'est peut-être vrai ailleurs vous pouvez acheter une boîte d'air de Paris c'est-à-dire une boîte de rien c'est une boîte de conserve vous avez jamais eu ça c'est une boîte de conserve vous l'ouvrez et vous avez de l'air de Paris mais l'exemple que je prends toujours mais que je trouve si parlant c'est le coca le coca au démarrage c'est quand même du sucre de la caféine et puis aujourd'hui on a le coca zéro c'est-à-dire du coca mais sans la promesse du coca c'est-à-dire du coca sans sucre et sans caféine ça c'était le coca zéro en vrai c'est le coca pardon light au démarrage mais en fait le coca light avait un problème c'est que c'était les filles qui prenaient beaucoup le coca light et les hommes n'osaient pas parce que le marketing tout ça était très finalement tourné vers les femmes donc ils ont fait le coca zéro donc j'ai toujours pas compris qu'elle était la différence entre le coca zéro et le coca light si c'est la couleur il a un petit côté zoro en fait coca zéro et voilà et donc le coca zéro peut être bu par mais vous inquiétez pas ça continue parce que maintenant il y a le coca light alors le coca light c'est le coca vert et qui est un coca qui permet d'indiquer une intention qui est une intention écolo parce que le coca light est évidemment voilà une production un peu différente je ne sais pas ce qui est changé mais le coca light vous donne une intention une intention qui est écolo donc c'est évidemment sans fin et c'est une manière de bah voilà d'investir d'investir notre identité qui au bout d'un moment finit par se confondre avec la marque comme je disais tout à l'heure on ne porte pas des chaussures c'est des baskets on va mettre des on porte des new balance on ne porte pas un polo mais on porte un lacoste on ne porte pas un sac à dos on porte un hispac moi mes gamins ils disent c'est mon hispac c'est pas un sac à dos et donc ça c'est pas c'est pas tout à fait neutre parce que ça finit par carrément être une manière de se réaliser soi-même de s'identifier soi-même et nous devenons pour terminer ça ça va tenir des hommes et des femmes sandwich parce que même et ça c'est pour moi le truc le plus délirant c'est que vous trouvez maintenant des t-shirts avec les marques marquées en énorme que vous payez quasiment plus cher parce qu'il y a la marque dessus et comme il y a la marque dessus c'est une manière pour vous d'afficher là où vous vous situez sur l'échelle sociale et de marquer votre identité et au final dans cette histoire complètement dingue où on devient ces hommes et ces femmes sandwich je dirais qu'on devient des consommateurs de signifiants plutôt que de signifier et comme le disait Marx moins tu es plus tu possèdes j'aime bien cette phrase de Marx et c'est vrai que maintenant quand on achète l'acte d'achat ne constitue pas seulement un avoir mais aussi de l'être on nous vend de l'être et en même temps c'est l'insatisfaction permanente puisque en permanence on a un excédent des besoins c'est l'excédent il est c'est l'excédent des besoins puisqu'on a envie d'avoir quelque chose et on s'en rend malade je ne sais pas si vous connaissez cette maladie des temps actuels qui s'appelle l'oniomanie on sait qu'on a des groupes pour alcooliques anonymes et maintenant il existe aux Etats-Unis mais pas seulement des groupes pour soigner l'oniomanie qui est une maladie particulièrement féminine je crois que ça a plus de 80% des femmes qui sont touchées par ça et donc des groupes de parole de femmes qui achètent de façon compulsive et qui se mettent dans le rouge complètement et qui sont complètement en pathologie psychiatrique avec ce problème d'achat littéralement compulsif et je pense que c'est une maladie qui est intéressante parce que comme souvent les maladies psychiatriques elles indiquent aussi c'est quelque chose de la société dans laquelle on est et l'apparition de cette maladie psychiatrique pour moi c'est le signe d'une maladie plus générale que nous avons tous qui est cette maladie de la consommation dont il faut impérativement se faire et d'autant plus dingue tout ça c'est que vous tous ici vous savez très bien ce mécanisme c'est-à-dire qu'on le connaît et en même temps on n'arrive pas à s'en débarrasser on en est prisonnier on en est globalement assez aliéné il y a des mouvements qui naissent soit des trucs à l'échelle individuelle pour les plus conscientisés d'entre nous bien sûr on est quand même pas complètement neuneux on essaie de s'en débarrasser mais il y a des mouvements collectifs qui se battent je ne sais pas quelle est cette fiche c'est pas grave qui se battent contre la logique de consommation mais je dirais que ce mouvement d'abstinence il est vachement plus global il y a une perte de désir il y a merci quelque chose qui est plus profond non ça ne veut pas qui est plus profond dans la société ouais c'est pas mal super merci beaucoup qu'il y a un mouvement d'abstinence plus global on l'a dans le rapport à l'élection l'abstention et l'abstention il marque de la même manière la volonté désir en fait il y a un désir de politique je ne crois pas que dans l'abstention c'est le rejet de la politique mais c'est le rejet de la politique telle qu'elle est l'abstinence cette espèce d'abstinence dans la consommation je ne veux plus consommer c'est aussi cette base d'idée je ne supporte plus cette société de consommation et mon désir est trop atteint donc j'arrête de consommer ce mouvement il existe aussi avec la sexualité qui elle-même a été quand même sacrément marchandisée et le mouvement d'abstinence sexuelle il y avait un roman je ne sais pas si vous vous souvenez l'envie de Sophie Fontanel où elle raconte elle a arrêté pendant plusieurs années cinq ans d'avoir des relations sexuelles parce qu'elle a foutu le bazar parce qu'elle le revendiquait etc les gens ne comprenaient pas et elle, elle raconte comment s'abstenir lui permettait de retrouver le désir c'est-à-dire qu'il fallait en passer par cette abstinence pour retrouver le désir d'une sexualité telle qu'elle la voulait voilà et je crois que ça c'est quelque chose d'assez profond dans cette société qui est en perte de sens en perte de choses ce que je voulais dire par là c'est qu'au final on arrive à une société qui appauvrit ses besoins il y a un appauvrissement dans le rapport aux besoins et c'est à ça que nous assistons et c'est un paradoxe que soulève très très bien Razmig que chez Yann c'est-à-dire qu'en régime capitaliste on peut répondre à des besoins de comportement essentiels alors pas pour tous évidemment et pas tous mais quand même mais en même temps le capitalisme crée de nouveaux besoins et un mode de vie qui nuit à la réalisation des besoins essentiels c'est un paradoxe à deux facettes le capitalisme crée des besoins néfastes avec le gaspillage écologique c'est-à-dire productivisme complètement dingue qui détruit la planète et le gaspillage aussi par rapport à nos désirs qui deviennent falsifiés qui deviennent détournés de nos désirs véritables mais il y a une deuxième facette à ça qui est le fait que le temps passé à travailler pour gagner de l'argent pour pouvoir consommer conduit à un appauvrissement aussi de l'individu parce qu'on n'a pas le temps de loisir le temps de pensée le temps justement à soi pour soi et c'est tout à fait central dans la théorie des besoins j'en ai parlé si certains étaient là hier sur la conférence qu'on a eu sur la réduction du temps de travail mais en fait la réduction du temps de travail a totalement à voir avec cette question-là c'est-à-dire c'est pour sortir aussi de la roue infernale c'est retrouver du temps à soi pour soi dédié et pas simplement gagner de l'argent pour pouvoir consommer et perdre en fait son désir alors c'est pourquoi si on part des besoins on aboutit à une critique radicale du capitalisme et du productivisme qui va avec et quand on tire le fil nous voyons que le capitalisme ne peut pas fonctionner sans cette logique des besoins il n'y a pas de capitalisme s'il n'y a pas cette espèce de moteur infernal du besoin qu'on vous crée sans cesse et donc la question de la structure des besoins alors là je vais avoir un problème la question de la structure des besoins est tout à fait ah c'est gentil merci à vous c'est voilà c'est une conférence gesticulée à ma manière donc en fait cette structure des besoins elle est donc centrale ce que je vous disais en régime capitaliste mais donc elle est centrale aussi pour nous et c'est pour pourquoi avez vu Marx alors Marx que je cite et le Marx que je cite dans le livre d'Agnès Hélère qui a fait un livre donc sur la théorie des besoins chez Marx et elle montre alors c'est complètement dingue parce que pendant tout le livre elle nous explique à quel point il est contradictoire en fait sur le sujet c'est là un grand grand auteur de ce point de vue là c'est à dire qu'il faut tracer il y a des moments où il dit des choses des moments d'autres mais elle, elle retrouve ce fil qui est un fil tout à fait passionnant et elle nous dit cette citation de Marx une révolution radicale ne peut être que la révolution des besoins radicaux une révolution radicale ne peut être que la révolution des besoins radicaux les besoins radicaux chez Marx c'est les besoins véritables c'est les besoins authentiques ce ne sont pas les besoins d'accéder à la marchandise même ce n'est essentiellement pas des besoins marchands c'est des besoins tout à fait autres et donc la question c'est de savoir comment définir les besoins et qui définit les besoins ça c'est une question que Marx ne s'est pas posée parce que ça nous ramène évidemment à la démocratie ce n'est pas la question qui s'est posée et c'est une question hyper complexe on part souvent du principe que c'est facile qu'il suffit de répondre aux besoins fondamentaux et puis voilà l'affaire est réglée en réalité définir ses besoins est quelque chose de beaucoup plus beaucoup plus compliqué on a bien sûr les besoins biologiques ça à la limite je dirais on les voit manger manger répondre aux besoins ça on peut voir qu'en fait on sait qu'il y a une malnutrition à travers le monde très forte dans les pays du sud mais y compris chez nous et qu'il ne serait pas très compliqué en réalité de nourrir tout le monde puisqu'on estime que l'humanité pourrait assurer l'alimentation de 3 milliards de personnes en plus que la population actuelle qui était à peu près à 10 milliards et sans bouleversement majeur de la production alimentaire et sans pression supplémentaire sur l'écosystème donc on pourrait déjà avec enfin voilà déjà dans le système actuel en fait on pourrait nourrir tout le monde et répondre à ce besoin fondamental boire pareil je pense qu'on pourrait avoir vraiment une politique simple pour l'accès à l'eau potable de tout le monde et en France notamment les régies publiques que nous défendons pour accéder à l'eau respirer là ça devient un petit peu plus compliqué parce qu'on respire de plus en plus mal et que les métropoles internationales font que l'accès à un air pur est devenu très compliqué pourtant on pourrait imaginer que c'est un besoin tout à fait fondamental que de pouvoir respirer donc là ça commence à toucher au nerf oh c'est gentil mon besoin fondamental pour cette conférence d'avoir des pierres pour tenir mes fiches donc respirer ça devient compliqué ce qui devient compliqué aussi c'est que les besoins vitaux ne sont pas les mêmes pour tout le monde j'ai une maladie j'ai besoin d'un médicament et c'est fondamental pour moi mais vous vous n'en avez pas besoin c'est aussi historique parce que si je veux prendre ce médicament c'est qu'il y a eu une révolution scientifique pharmaceutique qui permet par exemple de soigner mon diabète là où autrefois voilà donc le besoin de ce médicament il est profondément historique les besoins ça s'historicise ça n'est pas des besoins donnés pour toujours ce sont des benoît qui s'inscrivent dans une période même quand ils sont même quand ils sont biologiques c'est ça que je voulais dire donc même biologique c'est pas hyper hyper simple donc il y a besoin d'une adaptation permanente une adaptation permanente qu'il faut opérer pour définir ces besoins qui ne sont pas donnés une fois pour toutes et qui ne sont pas les mêmes pour tous mais ce qui est fondamental c'est de penser tous les besoins qui ne sont pas biologiques et les besoins qui ne sont pas biologiques ils relèvent de l'amour ils relèvent de la culture de la sexualité de la contemplation il y a beaucoup beaucoup de besoins qui sont fondamentaux pour nous qui ne sont pas biologiques et que nous avons à satisfaire et ces besoins fondamentaux sont là aussi même si on peut vivre sans c'est vrai qu'on peut vivre sans on peut vivre sans amour on peut vivre sans sexualité mais la question c'est vraiment quelle vie on mène si on ne répond pas à ces besoins et de ce point de vue là c'est pour ça que Marx parle des besoins radicaux il touche à ces besoins là ou que Gortz André Gortz lui parle de besoins authentiques mais c'est au fond la même chose c'est des besoins non Gortz il parle pardon de besoins qualitatifs Marx de besoins radicaux on peut parler de besoins authentiques mais vous voyez ce que je veux dire c'est à dire qu'on touche aux besoins pour être un individu qui est un individu pleinement libre pleinement émancipé et donc là on est en dehors du simple matériel on touche à la liberté et quand on touche à la liberté on touche à mon avis au sens de l'économie de ce qu'elle devrait de ce à quoi elle devrait répondre ce qui nous permet d'être chacune et chacun des individus libres des individus libres et donc la société doit organiser cette production matérielle et pas seulement cette organisation de la société pour que chacun puisse accéder à cette liberté les libertés individuelles voilà magnifique merci le mistral est quand même vraiment sacrément sacrément violent et je vous admire de rester là parfois dans la bourrasque là oui je vous disais que la liberté individuelle répondre à cette liberté individuelle en fait c'est une responsabilité collective il faut jamais le perdre de vue c'est à dire que si le besoin est individuel la réponse à ce besoin elle se pose de façon tout à fait collective et donc il faut mesurer cet enjeu le problème c'est qu'aujourd'hui et je viens un dénerre de la guerre c'est que les catégories dominées veulent globalement accéder à ce que possèdent les catégories dominantes c'est ce que je racontais un peu tout à l'heure en fait et c'est là qu'elles situent leurs besoins c'est à dire que le besoin va être de rendre réalisable pour elles-mêmes la satisfaction des besoins qui sont eux satisfaits pour les classes dominantes c'est la satisfaction des besoins des classes dominantes et d'ailleurs les bourgeois ne sont pas capables de satisfaire leurs propres besoins radicaux les fameux besoins qualitatifs dont je parlais tout à l'heure puisqu'ils sont eux-mêmes aliénés et enfermés dans ce désir de parvenir et tout ce que je racontais tout à l'heure donc c'est là que ça commence à devenir sacrément compliqué c'est là aussi que moi parfois je râle contre une notion qui est parfois utilisée pas trop chez nous mais en tout cas dans la société qui est la notion de pouvoir d'achat c'est à dire l'idée qu'on revendique du pouvoir d'achat moi j'ai vraiment envie de dire que ce qu'on revendique c'est du pouvoir vivre pour tout le monde et pas simplement du pouvoir d'achat parce que si on écoute le pouvoir d'achat correspond exactement à ce que je racontais tout à l'heure c'est à dire ce besoin de pouvoir s'offrir ce que les autres s'offrent et d'être enfermés dans la roue de la consommation et voilà c'est ça et donc nous c'est pas ça qu'on veut ce qu'on veut c'est du pouvoir vivre mais si on parle pouvoir vivre et non pas pouvoir d'achat on se rend compte que c'est pas du tout la même logique qu'on va déployer c'est pas la même chose en fait qu'il y a derrière parce que ça appelle des biens communs ça appelle des services publics ça appelle une réorganisation du temps de travail c'est complètement autre chose en fait sans compter l'imaginaire que ça charrie parce que c'est complètement un autre imaginaire le pouvoir vivre ou le pouvoir d'achat donc ça me paraît tout à fait important et donc je touche là le nœud stratégique qui va permettre d'ouvrir le débat et c'est ce que je voulais apporter aborder dans cette conférence et ouvrir le débat là-dessus c'est comment changer la société sans interroger et sans que soit modifié le désir des gens le désir étant entendu comme le désir qui correspond au besoin vous avez compris ce que je veux dire c'est-à-dire autrement dit comment accéder à une société émancipée construite autour de la satisfaction des besoins les fameux besoins qualitatifs ou radicaux comme vous voulez ou authentiques quand les individus qui la composent sont en quête de besoins superflus c'est-à-dire de besoins et de désirs qui sont normés par la société de consommation qui elle-même est produite par les logiques capitalistes que je venais de vous dire tout à l'heure et là Razmik Koshéyan nous aide pour répondre à ces questions-là il nous dit qu'il faut arriver à distinguer les besoins authentiques des besoins superflus et que pour y arriver ça suppose de sortir les individus du tête-à-tête qu'ils ont avec la marchandise tête-à-tête qu'ils ont avec la marchandise et donc on revient au changement de la structure des besoins et je pense que ce changement de la structure des besoins il est particulièrement intéressant parce qu'il articule à la fois le social les inégalités toutes ces questions-là et l'écologique et il permet d'articuler aussi l'individu et le collectif donc ça veut dire qu'on touche à un sujet un thème qui nous permet d'embrasser le tout un nouveau tout celui que nous sommes précisément en train de chercher pour accorder le social et l'écologie et raccorder l'individu et le collectif avec des points d'appui considérables dans la société comme je le disais tout à l'heure avec les mouvements la jeunesse quand vous suivez un peu tous les mouvements de jeunesse sur le climat ils parlent de tout ça ils n'arrêtent pas de parler de ça quand vous regardez ce qui s'est passé dans les discussions dans les nouvelles pratiques y compris individuelles mais aussi collectives issues de la crise du Covid c'est beaucoup ces questions-là qu'est-ce qui est essentiel qu'est-ce qui ne l'est pas le travail pourquoi je vais bosser les gens qui refusent qui préfèrent être au RSA que d'aller se faire chier avec des boulots chiants voilà c'est vraiment ça et donc ce qu'on peut proposer c'est une norme du suffisant la norme du suffisant c'est un concept qui est proposé par André Gorse et qui me paraît tout à fait intéressant qui est à la fois proche de la règle verte que nous défendons à la France insoumise mais qui je dirais ne prend pas le biais tout à fait au même endroit c'est très proche il y a des connexions extrêmement fortes mais ce n'est pas le même nombre d'attaque la norme du suffisant touche à la conception des besoins il s'agit de produire en fonction du nécessaire véritable et de ce que voilà de ce que l'environnement et l'écosystème peut supporter mais il touche aussi en même temps on ne peut plus dire en même temps mais je le dis quand même au niveau d'efforts à consentir pour produire ce qui permet la satisfaction des besoins c'est ça la logique dans le système capitaliste il y a une séparation entre les producteurs et les consommateurs parce que les producteurs n'ont pas de pouvoir direct dans et sur la production tout le monde a bien ça en tête c'est comme ça que le capital a pu émanciper la production par rapport aux besoins ressentis et passer son temps à créer d'autres besoins je cite Gortz la production est avant tout au service du capital deuxième besoin le verre d'eau ça va pas être très grave le caillou dans le verre non ça va pas ça va voir avec le caillou dans le verre très gesticulé donc je disais Gortz la production est avant tout au service du capital et ce n'est que dans la mesure où le capital a besoin de consommateurs pour ses produits que la production est aussi au service des besoins humains et donc le capital se sert des besoins qu'il sert en vue de son propre accroissement lequel demande en retour l'accroissement des besoins et donc la boucle est bouclée c'est ce que je n'arrête pas de vous dire et donc il résume la situation de façon assez lumineuse il dit que c'est la recherche de l'efficacité maximale dans la mise en valeur du capital qui exige l'inefficacité maximale dans la couverture des besoins soit le gaspillage maximum et donc si on rapproche le consommateur du producteur on a une clé majeure de transformation en pratique la norme du suffisant est ce qui permet de régler le niveau de l'effort le niveau de l'effort ça veut dire le travail le temps de travail qu'on est prêt à consentir pour qu'on le règle au niveau de la satisfaction donc des besoins ça marche dans les deux sens c'est à dire que c'est une dialectique entre ce qu'on veut bien faire comme temps de travail par rapport aux besoins qu'on a réussi à définir et c'est une dialectique entre les deux que nous avons absolument à rechercher le truc c'est qu'il nous reste d'abord à définir ses besoins et ses besoins pour en redonner un exemple de la complexité je vais prendre l'exemple que donne Razmig que Cheyenne qui est l'exemple de l'éclairage l'éclairage a pris une place considérable dans les sociétés contemporaines vous le voyez d'ailleurs il y a un mouvement qui existe pour le droit à la nuit qui sont très intéressants parce qu'en fait on est sans arrêt avec beaucoup beaucoup d'éclairage alors c'est bien sûr les industries de l'éclairage public notamment liées à la commande publique qui créent un besoin sans fin c'est les commerces qui sont allumés qui allument leurs marques leurs enseignes etc.

et donc il y a un énorme gaspillage d'énergie et le droit à la nuit qui n'existe plus mais après quand vous grattez un petit peu vous voyez bien que ça commence à être compliqué la lumière le droit à la nuit dans la ville par exemple va être contradictoire avec le droit des femmes à pouvoir se balader et à être justement éclairées parce qu'il y a le droit à la nuit mais il y a aussi les marges des femmes qui font des parcours dans les villes pour montrer là où il n'y a pas suffisamment d'éclairage et où elles se sentent en insécurité alors on peut se dire que dans la société merveilleuse il n'y aura plus de viol il n'y aura plus d'agression sexuelle on sera tranquille il n'y aura plus besoin d'éclairer mais enfin on n'en est pas tout à fait là et donc ce besoin d'éclairage va être contradictoire avec ce besoin qu'exprime à juste titre aussi du droit à la nuit et du fait qu'il y a plein de maladies qui sont liées maintenant à ces éclairages trop grands donc il y a bien une contradiction et donc pour imaginer comment on résout ces contradictions il faut qu'on ait quand même une théorie là-dessus parce que soit ça devient une sorte de dictature des besoins vous voyez ce que je veux dire d'en haut qui décide et qui impose quelque part ce que sont les besoins véritables et ce qu'ils ne sont pas je pense qu'avec les expériences de type soviétique on peut avoir une idée de ce que ça peut donner soit on a une théorie très radicale qui dit que la question des besoins doit être un lieu fondamental de la discussion démocratique et donc de la délibération collective et ça veut dire mettre en mouvement en permanence le peuple tout le monde autour de cette question de la définition et de la redéfinition perpétuelle de ces besoins avec une alliance fondamentale qui doit permettre de régler pas de régler mais en tout cas d'aider à ce que ces contradictions se résolvent entre le producteur et le consommateur parce que les deux sont mal je l'ai dit le consommateur avec son énergie libidinale qui est complètement en berne parce qu'en fait on n'en peut plus voilà les hypermarchés vous savez sont de moins en moins fréquentés parce que les gens n'ont ras-le-bol en fait il y a un moment donné ça nous sort par les yeux donc cette énergie libidinale comme ça en fait on n'en peut plus mais le producteur lui aussi il est en bout de course parce que dans le système capitaliste ben voilà il est ubérisé il n'a plus de sens à son travail enfin j'en parlais dans la conférence hier et lui-même est complètement mal sauf que c'est deux bouts de la chaîne donc comment on arrive à raccorder ce producteur qui est mal avec ce consommateur qui est mal je schématise mais vous voyez un peu le défi qui est tout à fait le nôtre et bien moi je pense que c'est vraiment dans cette critique des besoins c'est à dire dans cette théorie nouvelle des besoins que peut se trouver une réponse à ces questions si on est capable de la faire porter comme au centre du débat public et au centre de notre proposition politique c'est le moyen de dénicher aussi ce qui est dans l'air du temps c'est à dire ce lien qui est fait entre croissance et bonheur entre croissance et bien-être qui est totalement faux je pense qu'avec cette théorie des besoins on enfonce le coin on montre que ce n'est pas vrai qu'il n'y a pas de lien entre cette croissance et ce bien-être on peut le remettre en cause et on peut sortir de la production de la richesse marchande pour vider une autre production qui est celle des richesses humaines c'est totalement raccordé au slogan qui a longtemps été le nôtre l'humain d'abord ça qu'on disait et bien quand on part des besoins on a la possibilité de vraiment toucher à toute la chaîne productive en partant du quotidien des gens et de se faire se poser des questions qui sont à mon avis des questions tout à fait fondamentales et le prélude c'est évidemment qu'il y a un grand mouvement d'éducation populaire là-dessus parce que si on est tous convaincus que nous avons du mal même à définir nos propres besoins véritables parce qu'on est complètement aliéné par la société de consommation alors ce travail d'émancipation passe par ce qu'on appelle l'éducation populaire enfin vous voyez ce que je veux dire c'est un travail de débat de mise en commun de réflexion de démocratie d'un niveau particulièrement élevé à partir d'une question qui est une question révolutionnaire voilà ce que je voulais vous dire merci à vous donc l'idée c'est vraiment d'ouvrir le débat alors il y a un autre micro baladeur il est là il arrive et donc voilà c'est une question suffisamment vaste pour alors j'ai vu une main là

46:30
Locuteur 7

bonjour je vais me décaler juste pour commencer vous avez parlé de Keynes là et des 3 heures par ça m'a fait penser à Paul Lafargue le droit à la paresse c'était le premier décroissant je pense en 1880 sur les besoins il y a aussi un livre intéressant alors le bug humain je ne sais pas si vous avez vu en fait on est un peu lié aussi à notre cerveau le striatum qui on a toujours besoin de plus toujours de plus plus plus et que ce soit même de position sociale ou de d'alimentation de de de nourriture c'est ce qui nous a sauvé l'humanité pendant des milliers d'années mais aujourd'hui quand on est en en on produit trop ça risque de nous tuer et et ça les gens du marketing l'ont compris bien avant que les les les scientifiques découvrent l'effet du striatum sur notre besoin nous demander plus et c'est le le fait de la pub de nous de nous en demander de plus en plus et je pense que sur les besoins justement il faut essayer de jouer là-dessus et essayer de sur la surconsommation de de trouver le bonheur dans autre chose et quand on a un président qui nous dit qu'il faut que les jeunes rêvent de devenir milliardaires ou d'avant qu'à 50 ans si on n'a pas de Rolex on a raté sa vie que les milliardaires sont des premiers cordés alors que les milliardaires sont juste des gens qui sont des parasites de la société d'être trop riche après trop riche quelqu'un mettra où il veut mais à un moment donné on est un parasite pour la société voilà donc déjà jouer là-dessus la publicité est vraiment joue sur notre sur nos sur nos instants de plus plus plus donc c'est déjà dans les combats le combat sur la publicité notamment la publicité sur la voie publique enfin voilà à lutter dessus voilà il y a aussi vous parliez de Hervé Kempf qui a écrit comment les riches détruisent la planesse où il explique que chacun veut un peu plus que celui qui a au-dessus toujours toujours plus il y a aussi dans un des albums d'Astérix et Obélix c'est un peu lequel il explique comment vendre des menhirs il faut faire le besoin et faire l'envie avec le voisin pour vendre les menhirs donc même dans Astérix et Obélix on arrive à trouver ça je ne me souviens plus quel est l'album d'ailleurs mais bon voilà merci

48:56
Locuteur 2

bonjour merci beaucoup ok les besoins on en veut toujours plus ok il faudrait qu'on en discute mais l'homme étant un animal social c'est pour moi absolument normal qu'il veuille les mêmes choses que ses voisins et qu'il y ait des phénomènes de mode la plupart de nos besoins à mon sens sont des besoins sociaux qu'on détermine par des modes les besoins de culture les besoins d'amour d'argent c'est des choses qu'on fait par mimétisme par rapport aux autres personnes et à partir de ce moment là bah même si on en discute au final ça reviendra à des questions de mode et il n'y a pas de besoins ontologiquement fondamentaux qui sont dans notre nature fondamentale autres que ceux de manger et dans ce cas là bah enfin on se mord la queue on tourne en rond je vois pas où est-ce que ça peut aboutir de discuter comme ça donc

50:02
Locuteur 7

bonjour alors moi il y a un grand absent dans ce que tu dis j'adhère complètement à tout ce que tu dis mais il y a un grand absent c'est je vais parler d'un bouquin par exemple d'une dame qui s'appelle Gisèle Berkman qui a écrit un bouquin qui s'appelle La dépensée c'est-à-dire qui part du principe qu'on se dépense dans le travail pour pouvoir ensuite dépenser l'argent mais pour que ça ça fonctionne il faut qu'on dépense c'est-à-dire qu'on cesse de penser c'est qu'on cesse d'avoir recours à un esprit critique et donc pour moi le grand absent dans ce que tu dis c'est le comment ça s'appelle c'est toute l'entreprise de déculturisation ouais la télé la télé en premier la publicité le cinéma les séries enfin tout tout ce qui tourne autour de la mise en valeur d'un mode de système bourgeois de vivre tu vois rarement des films qui se passent dans des usines il y a tout un contexte un environnement polluant pour empêcher les gens d'avoir recours à un esprit critique et c'est là-dessus qu'il faut qu'on se batte il faut qu'on se batte contre ça c'est surtout qu'on ne se bat pas assez là-dessus

51:34
Clémentine Autain

je propose pardon je propose de prendre juste une question de femme et après peut-être répondre

51:45
Locuteur 8

un deux

51:53
Locuteur 4

ça marche oui moi je il y a quelques questions qui me comment dire qui me sont venues pendant ce que tu disais Clémentine et notamment sur les besoins sur les besoins sur les besoins fondamentaux enfin sur voilà je trouve que c'est une question qui peut être assez subjective parce que chacun a des besoins qui sont différents des autres on est d'accord j'ai je suis élue dans une commune et je suis adjointe et j'ai la délégation des affaires sociales dans ce cadre-là je reçois donc des personnes qui sont souvent en difficulté en grande difficulté et j'ai l'exemple d'une mamie qui est seule chez elle qui a un revenu très très très très très vraiment elle a pratiquement rien elle a un souci bon elle est tout le temps évidemment à découvert et elle vient nous demander des aides et une assistante sociale qui l'a vue lui a dit mais vous fumez arrêtez de fumer et vous allez voir sauf que pour elle ce besoin c'est un besoin fondamental elle si elle ne fume pas pour elle c'est son plaisir donc quelque part on est en train alors c'est une assistante sociale c'est quelqu'un dont le métier est justement social donc je suis vraiment atterrée par ce genre de situation et je me dis on est en train de faire culpabiliser des gens parce que soit ils fument soit ils ont des dépenses qui ne sont pas effectivement des dépenses essentielles mais qui le sont pour elles en tous les cas donc pour en finir je voulais simplement dire par rapport au service public effectivement je crois que là tout est là je veux dire un besoin fondamental c'est se loger c'est avoir un toit c'est se chauffer c'est avoir de l'eau potable c'est s'habiller correctement c'est effectivement se cultiver tout ça et ça effectivement ça on l'a plus je suis agent aussi EDF et on a plus ces liens de proximité les agences clientèles où les gens pouvaient venir nous voir pour avoir des délais de paiement etc tout ça ça n'y est plus déjà si on arrive et si on se bat pour avoir de nouveau des services publics dignes de ce nom je pense que la donne sera changée alors après c'est peut-être pas le c'est pas l'objet du débat mais mais voilà enfin c'est ce qui m'est venu pendant pendant la discussion

54:49
Locuteur 1

j'ai juste une question très rapide dans une société de consommation pardon dans une société de consommation à outrance quelle solution on pourrait proposer nous et peut-être d'autres je ne sais pas pour arriver justement à une solution qui puisse arranger tout le monde et voilà c'est une question tout simplement d'un point mais bon c'est assez vaste aussi mais bon s'il y a la possibilité de répondre ça serait assez important merci

55:25
Clémentine Autain

oui merci Clémentine

55:45
Présentateur

juste une petite interrogation et une question parce que si je suis là moi c'est parce que je suis absolument convaincue comme vous tous sûrement qu'on a un besoin de changement de société n'est-ce pas et si l'avenir en commun apporte un bon nombre de solutions qu'est-ce que dans tout ce que tu nous as démontré qu'est-ce qu'on pourrait tirer comme fil pour faire naître et redonner aux habitants en particulier ceux des quartiers populaires les aspirations à ces besoins qui me semblent s'être égarés merci

56:18
Locuteur 7

merci pour la conférence en admettant que nous puissions définir démocratiquement je pense que c'est très important les besoins radicaux pour une société avec toutes les imperfections tous les ajustements qui s'imposeront bien entendu comment faire pour organiser les chaînes de production pour produire les besoins matériels et quid du capitalisme quid de la propriété démocratique de l'outil de production je pense que voilà ça me paraît être une question essentielle oui bonjour je fais partie de la confédération paysanne et dans notre histoire des luttes sociales on a on a des quelques victoires qu'on a dû à la désobéissance civile vous parliez d'éducation populaire donc je pense qu'il y a un autre lieu que celui que le lieu électoral un lieu un lieu complémentaire au lieu électoral qui va se passer en 22 c'est celui d'organiser une grande opération de communication qui soit une action de désobéissance civile nous on a à notre actif l'histoire du LARZAC donc nous avons nous avons contre l'armée obtenu une victoire pour Notre-Dame-des-Landes à nouveau une autre victoire en organisant en occupant le terrain je pense que pour 22 au vu de ce qui s'annonce c'est à dire à peu près 15% de voix qui nous seront positives pour l'avenir en commun je pense qu'on mérite beaucoup mieux et donc on devrait se lancer dans une énorme campagne de désobéissance civile que nous ont montré d'une manière spontanée les Gilets jaunes à savoir la libération de tous les péages autoroutiers jour J heure J ça ne nous demande que deux heures on peut négocier ça avec les forces de l'ordre et nous en avons une bonne expérience et si vous voulez en parler dans le détail pour vous donner le manuel du parfait libérateur des péages autoroutiers des péages des péages autoroutiers contre Vinci et son monde je suis à votre disposition au local au stand de la Confédération Paysanne pour vous donner le mode d'emploi comment libérer un péage en deux heures pour le besoin qui me semble légitime le besoin spontané que les gens ont contre les actionnaires que nous avons vérifié au péage de Lançon en deux heures nous avons récolté 800 euros d'une manière spontanée donc je pense que si nous pouvions faire de cette action une action d'éducation populaire je pense qu'on aurait la chance de dépasser les 15% d'adhésion à notre programme merci

59:48
Présentateur

les péages autoritaires c'est pas mal on va les garder après on repasse à la salle mais juste quelques réactions de toute façon c'est très interpellé par on tourne en rond moi je crois pas du tout ça je crois pas du tout ça parce que là ce qu'il faut comprendre c'est que le besoin est détourné vers la marchandise en permanence et la possession d'objets dans une logique qui est fondée sur le désir de parvenir mais on peut quand même avancer l'idée qu'une autre société est possible qui ne soit pas régie par ça qui soit régie par d'autres valeurs d'autres normes c'est pas de normes c'est d'autres normes et d'autres valeurs vraiment pour vous en convaincre je vous recommande de lire un bouquin qui va peut-être vous étonner ça apparaît comme ça un peu le pas le fil direct mais moi ça m'a éclairé notamment là dessus ça s'appelle la fin de l'homme rouge de Svetlana Aleksevitch sur les années 90 c'est des témoignages au moment de la Perestroïka en Russie donc au moment du basculement la fin de l'URSS et c'est justement une réflexion sur cette arrivée du capitalisme et finalement en quoi consistait la nostalgie qu'on a pu voir et que de notre point de vue paraissait complètement incroyable que des gens puissent être nostalgiques du régime soviétique elle a recueilli des centaines des témoignages et de ces centaines de témoignages elle a fait vraiment de la littérature magnifique mais on saisit bien que évidemment le régime autoritaire tout ça voilà elle en parle et c'est violent et c'est pas du tout je parle pas de cette nostalgie là mais en même temps leur stupéfaction devant l'arrivée de ces étalages plein de machins et cette obsession de la possession de la marchandise donne à voir qu'il peut exister une société dans laquelle ça paraît pas normal ça ce qui pour nous est normal c'est ça que je veux dire donc il est possible d'avoir d'autres normes qui font que notre obsession ne sera pas celle-là mais davantage tournée vers l'échange vers la pratique pour tout le monde d'art d'avoir une vie culturelle de s'intéresser à d'autres choses que de perdre son temps à courir après les objets et la ronde de la marchandise et c'est pourquoi je veux dire que évidemment dans une autre société il peut y avoir des modes mais elles peuvent tourner autour de complètement autre chose complètement autre chose donc on ne tourne pas en rond à mon sens je ne connaissais pas Gisèle Bergman donc je vais regarder je ne sais plus voilà c'est vous donc je suis ravie en plus ça m'a fait rire parce que mon père est chanteur et il y a une de ses chansons qui s'appelle très exactement ne pense plus dépense donc c'est vraiment ça donc j'ai bien honté cette espèce d'idée que quand on est obsédé par ça on ne pense plus et que si on bosse comme un dingue quand on rentre à la maison et qu'il faut reproduire on est dans la consommée on a le cerveau qui est complètement et donc la question pour moi est centrale je l'ai dit à la fin d'éducation populaire c'est à dire d'élévation aussi du niveau de conscience et de partage et ce travail là pour moi on est un mouvement aussi qui a vocation à mener ce travail là alors si on arrive en responsabilité est-ce qu'on ferme la télé est-ce qu'on met à batou du jour au lendemain je pense qu'en tout cas il y a des besoins d'intervention très fortes sur l'emprise de la publicité je pense qu'on a des leviers qui sont considérables vraiment considérables et sur les réseaux sociaux etc il y a d'appropriation sociale la dame parlait de service public il y a le service public mais il y a aussi la logique de bien commun qui ne relève pas forcément directement de l'état mais qui peut relever de logique d'appropriation sociale de bien commun de l'humanité et ça il faut étendre ce change là et faire reculer le règne de la marchandise et ça c'est tout à fait jouable et c'est ce que d'ailleurs on propose dans l'avenir au commun à l'intérieur alors votre question je ne suis pas sûre de l'avoir parfaitement comprise je ne suis pas certaine mais j'entends quelque chose en tout cas du côté des quartiers populaires et ça m'appelle une remarque mais qui peut-être répond pas exactement à votre question mais je trouve qu'on ne dit pas assez que dans les quartiers populaires il y a des éléments de réponse le monde populaire dépense beaucoup moins évidemment puisqu'il y a moins d'argent qu'ailleurs et il est une part de la réponse aux défis écologiques or on passe notre temps à leur taper sur la gueule comme on l'a vu avec justement ce qui a mis en colère les gilets jaunes passent leur temps à leur taper sur la gueule à les montrer du doigt ils ne mangent pas bio ils ne demandent que ça il ne faut pas croire ils aimeraient bien vous faire bio simplement c'est pas accessible voilà c'est tout donc au lieu de leur faire la leçon essayez de prendre la mesure qu'ils ont un début de réponse parce que dans les quartiers populaires l'entraide le suffisant c'est à dire justement de ne pas prendre trop parce que de toute façon ils n'en ont pas les moyens c'est des choses qui sont déjà là existent déjà et je trouve que la bourgeoisie il ferait bien de réfléchir aussi à ce qui existe déjà dans le déjà là dans le monde populaire qui demande juste à pouvoir vivre dignement et qu'on arrête de lui taper sur la gueule voilà mais ça c'est une inversion presque vous voyez ce que je veux dire mais moi je suis fascinée par l'entraide en particulier capacités de résistance qui sont très grandes et qui sont liées justement à ce qui se développe et qui se développe moins en termes d'individualistes dans des catégories sociales qui sont des catégories sociales plus élevées la dignité populaire pour les quartiers c'est énorme donc déjà de leur parler autrement et d'avoir des mesures qui partent de leurs besoins à eux et non pas du besoin du capital de sa croix c'est vraiment une révolution considérable et qui ne peut améliorer leur sort maintenant comment les en convaincre j'entends bien que c'est pas si simple et j'ai vu aussi avec la dernière législative et présidentielle que Macron avec le Yes We Can avec le rêve de devenir millionnaire c'est quelque chose qui existe en partie dans les quartiers populaires le statut d'indépendant fait rêver pour ça je vais me débrouiller je vais y arriver je vais etc et il y a une autre partie qui n'est pas sur ces valeurs là mais davantage tournée vers les logiques de partage donc c'est une bataille qui est une bataille d'hégémonie culturelle que nous avons absolument à mener ensuite je voulais dire un mot sur la propriété évidemment l'outil enfin prendre l'outil de production c'est très compliqué mais là aussi la loi peut beaucoup en réalité parce qu'il y a des expériences de coopératives qui existent il y a beaucoup d'entreprises qui sont en galère aujourd'hui et qui demandent à être reprises en scope en coopérative et l'état n'aide absolument pas donc déjà soutenir le mouvement qui permet dans le cadre légal existant d'être en mouvement coopératif et donc de s'approprier les moyens de production c'est quand même quelque chose qu'on soutient à la France Insoumise de façon très très très forte et donner du pouvoir aux salariés dans l'entreprise c'est un des biais considérables pour que les producteurs décident de ce qu'ils font de leur outil de production vous connaissez l'exemple de Grand Puy mais c'est assez intéressant à Grand Puy il y a une raffinerie et dans cette raffinerie que Total veut supprimer alors que nous n'avons qu'une seule raffinerie en Ile-de-France ce qui voudrait dire qu'on amènerait le pétrole de super loin donc c'est une catastrophe écologique au nom d'un greenwashing puisque c'est pour développer des choses à l'autre bout du monde qui vont bousiller les terres donc tout ça est une catastrophe à l'autre bout du monde et les salariés eux réfléchissent à ça c'est à dire que si on leur donnait là les clés eux ils réfléchiraient à comment transformer cette raffinerie pour qu'elle soit plus vertueuse sur un plan environnemental et évidemment pour maintenir pour maintenir les emplois donc c'est la consommateur c'est à dire le consommateur et les exigences environnementales et le sort des salariés tout ça peut être totalement raccordé dans un seul et même projet en tout cas c'est ce qu'on essaye de viser mais il doit y avoir d'autres qui veulent parler donc je ne veux pas monopterre

1:07:24
Locuteur 8

Bonjour

1:07:30
Locuteur 7

d'abord je voudrais profiter qu'on est entre amis pour dire deux choses c'est que je vous remercie je te remercie de lancer ce débat qui est assez fondamental quand même et la deuxième chose c'est je voudrais te remercier pour la campagne pour les régionales parce que il me semble que c'est le lieu aussi pour te remercier alors ceci dit je voudrais présenter peut-être un autre volet il me semble qu'il y a trois choses dans le besoin dans le je vais reprendre différemment excusez-moi on pourrait aborder la question autrement en disant par exemple comment ça se fait que le capitalisme se maintient c'est-à-dire qu'il y a quand même quelque chose qui marche dans le capitalisme et là je crois qu'il y a une réponse qui a été apportée par des gens notamment je pense à Lacan qui disait le capitalisme ça se consomme ça se consomme et ça se consume et je pense qu'il y a un autre rapport fondamental de Lacan qui a été de définir ce qu'il a appelé le plus de jouir et je invite ceux qui veulent se coltiner un bouquin peut-être un peu difficile mais de quelqu'un de très intéressant et qui est en plus très proche de nous qui s'appelle Pierre Bruno et qui a écrit un livre il y a quelques années qui s'appelle Lacan passeur de Marx où justement il s'attache à creuser cette idée de Lacan pour démontrer à mon avis de façon assez convaincante la chose à laquelle je trouve le terme philosophique peu importe parce que je ne suis pas philosophe mais que le point d'achoppement sur lequel a buté Marx qui explique peut-être en grande partie aujourd'hui notre difficulté à faire pour poursuivre là-dedans je pense qu'il y a un truc nécessaire aussi qui a été évoqué le besoin moi je pense qu'il y a plutôt dans le capitalisme une promesse de jouissance ça a été dit différemment mais je reprends toujours m'inspirant un peu de Lacan de Pierre Bruno etc d'autres psychanalystes et il y a le truc du fait que la promesse de jouissance se fait au dépens du lien social ça aussi c'est un truc de Lacan c'est à dire que pour sortir de là de là-dessus et ça rejoint un petit peu ce qui a été évoqué sur les gilets jaunes etc c'est qu'il y a on a besoin d'une théorie du sujet c'est à dire que c'est la théorie qui peut nous permettre de faire vivre la démocratie parce que et c'est à partir du sujet qu'on peut redéfinir les besoins bon voilà c'est un petit peu complexe mais voilà je voulais juste noter vous faire partager ça merci

1:10:27
Locuteur 5

voilà bonjour non alors j'espère que je vais être claire pour essayer de prendre les choses par un autre bout mais ça me fait penser ça me fait penser à un autre bout de la chaîne sur comment on travaille la connaissance de nos besoins individuels c'est à dire que moi mon constat en ce moment c'est qu'il y a quand même un énorme une énorme dynamique dans le champ du développement personnel de plein de gens qui se disent mais je craque je sais plus je change de vie je machin finalement j'ai quoi mes besoins enfin il y en a plein dans tous les stades dans les églises dans les trucs de yoga dans les machins et on parle que de ça on parle de revenir sur nos besoins après on parle de gérer la violence entre nous et puis il y a le développement de la communication non violente qui travaille sur les besoins c'est quoi mes besoins etc donc ça résonne beaucoup avec ce que tu dis au sens sociétal collectif et je me dis pour l'avoir touché du doigt et pour avoir aussi essayé un seul truc avec mes gamins c'est de leur dire tu manges pas si t'as pas faim et tant pis si tu t'engueules avec ta grand-mère parce que si tu finis pas ton assiette et ben mes gamins en 18 ans maintenant et mes gamins le fait d'avoir bossé sur c'est quoi mon besoin à ce moment là sur tous les autres besoins mais alors s'ils ont pas besoin ça leur glisse quoi et c'est assez impressionnant cette force que ça donne soi-même d'avoir travaillé ça et du coup je me disais là en t'écoutant que sociétalement ça pourrait être un truc énorme aussi dans les politiques qu'on mène auprès de la jeunesse de l'éducation etc qui pourrait faire partie d'un truc de base qui est que chacun travaille et sache comment faire pour ça se développe dans les écoles autour de la violence notamment sur apprendre aux gamins à gérer leurs émotions pour pas taper etc mais voilà je me dis que ça résonne beaucoup et que ça peut être un grand chantier aussi collectif que de se dire qu'on a besoin individuellement tous de travailler sur nos besoins fondamentaux pour qu'à chaque instant devant une pub devant une injonction devant n'importe quoi on sache revenir à nos besoins en disant bah non quoi c'est aussi une force peut-être qu'on peut développer collectivement

1:12:42
Locuteur 7

oui je vais te demander de préciser une différence que tu fais donc t'as pas mal citer marx marx il explique aussi le modèle qu'il souhaite construire par un système de production qui serait chacun selon ses capacités pour chacun selon ses besoins la question que je te pose du coup c'est t'as énormément parlé de la redéfinition démocratique des besoins moi j'ai toujours eu l'impression que justement la redéfinition démocratique des besoins a été contenu dans la redéfinition démocratique de la production du coup en quoi tu différencies les deux et comment tu fais le lien bonjour il y a une question que tu n'as pas abordé c'est la question de la limitation écologique de tout le système parce que la consommation ça nous amène au gouffre où on est déjà en train de se noyer à savoir la pollution la la la la disons la disparition des ressources naturelles le massacre de l'environnement à tous les niveaux et ça je dirais que c'est un mur contre lequel qu'on le veuille ou non qu'on veuille limiter nos besoins ou pas on va se taper le nez bonjour

1:14:28
Locuteur 9

il me semble qu'il y a déjà beaucoup de choses qui existent au niveau local sur cette nouvelle façon de gérer les besoins de chacun en tout cas en Drôme il y a beaucoup d'endroits où se développe le fait de consommer sur le lieu où on habite et ça ça crée à la fois des relations autres que la consommation sur des grandes surfaces et ça correspond à aux besoins fondamentaux de relations et de consommation pour se nourrir pour se vêtir etc et d'autre part je voudrais revenir sur qu'est-ce que c'est que le besoin la dame a parlé tout à l'heure effectivement ce qui est impressionnant intéressant de savoir quels sont nos besoins fondamentaux et se développe actuellement beaucoup effectivement de choses sur des besoins individuels savoir ce qu'on ressent faire du yoga etc et moi ce qui me revient en boomerang c'est que en fait quelque part pour moi c'est bien la société capitalisme qui nous enferme là-dedans en nous rendant malades et en même temps elle nous donne donc des solutions pour qu'on achète qu'on achète du bien-être et et ça ça ça me questionne

1:16:08
Locuteur 7

oui bonjour voilà les normes actuelles au niveau du capitalisme c'est l'économie domine le politique le politique domine l'éthique c'est l'économie domine le politique le politique domine l'éthique donc il faudrait peut-être inverser les rôles et faire que l'éthique domine tout à la fois le politique et l'économique alors comment sous quelle forme avec des comités éthiques à quel niveau gérés par des citoyens bien entendu et qui prendraient en compte les les désirs de chacune et chacun bon c'est une utopie mais pourquoi pas merci pour ton intervention moi je j'ai bien aimé les éléments que tu as avancé dans ta conclusion et notamment la question que tu as posé autour de de l'idée comment faire pour définir voilà pour définir nos désirs et les définir autrement alors même si c'est une question un peu vertigineuse et assez voilà mais justement alors par rapport à ça il faudrait pas qu'on enferme le débat c'est pas c'est pas forcément ce que tu as fait mais y compris dans ce qui ressort dans la discussion simplement dans un débat autour de comment on travaillerait à une meilleure définition de nos besoins individuels dans un cadre nouveau dans un cadre social nouveau qui serait voilà débarrassé y compris des dictates du capitalisme etc mais ça pose aussi la question de comment on construit collectivement un horizon désirable un horizon de transformation social et comment on s'y prend y compris compte tenu de justement de tout ce qui pèse sur nous voilà dans la société dans la société actuelle ça par rapport à ça on est dans un cadre de discussion un peu plus complexe et sur lequel y compris pèse bon beaucoup d'échecs et où il y a pour le coup à penser pas simplement à l'échelle individuelle mais voilà sur un horizon collectif qui soit effectivement qui soit porteur de projet porteur de transformation sociale porteur de dynamique collective est-ce qu'il y a encore des questions ?

Oui bon pardon bonjour

1:19:15
Locuteur 10

voilà il y a un truc dont tu n'as pas parlé qui me semble important aussi c'est le problème d'acheter des choses à crédit c'est à dire que c'est maintenant très rare les gens qui n'ont pas un crédit sur le dos ça commence pour ceux qui veulent faire des études ils doivent prendre un crédit le jeune qui s'installe qui trouve un boulot qui s'installe il achète ses meubles à crédit etc la vie commence comme ça ça met dans une situation de bon de de dépendance directement dès qu'on rentre dans la vie et une situation d'insécurité et je pense que aussi le fait de se dire tous les mois je suis capable de rembourser mon crédit et pourquoi bon ça me met en difficulté pourquoi est-ce que je ne pourrais pas en plus m'acheter des trucs pour me faire plaisir etc donc c'est un cercle vicieux et il y a la plupart des gens ont un crédit sur le dos et bon ça c'est un domaine où les pouvoirs publics un gouvernement peut quand même avoir une action donc ça me semble une piste aussi à étudier de près

1:20:26
Locuteur 7

merci Clémentine en tout cas d'amener cette question là que je trouve essentielle de définir l'essentiel je ne sais pas si tu as eu l'occasion de lire une théorie d'une économiste anglaise qui s'appelle la théorie du donut qui présente un modèle éco-socialiste qui grossièrement cadre son économie entre un plafond écologique et un plancher social ce qui est un petit peu ce que tu as évoqué durant ta conférence et que du coup beaucoup aussi ont théorisé la problématique que je retrouve par contre à chaque fois que je lis des choses sur le sujet c'est justement sur la définition du plancher et du plafond et donc du coup tu as très justement dit qu'on devrait prendre en tout cas définir ça de manière démocratique est-ce que toi tu aurais je te demande ton avis à toi une proposition d'un outil démocratique pour les définir

1:21:35
Présentateur

du leurre je pense qu'on va c'est ça et la bourrasque oui alors un outil démocratique pour moi c'est la sixième république mais vraiment quoi c'est à dire que là on est dans un tel niveau de défiance entre les citoyens et les institutions d'abord et deuxièmement on a un besoin on a un besoin de renforcer la participation partout d'ailleurs pas simplement la participation aux décisions des municipalités etc dans les entreprises de remettre en cause la place des médias leur organisation donc en fait avec cette sixième république telle qu'on la conçoit on a un outil pour se donner les moyens de poser cette question là voilà moi je crois ça il faudrait l'intégrer dans les grandes questions qu'on aurait envie de mettre en débat moi je pense que c'est une question fondamentale qui pourrait donner lieu dans le processus constituant à quelque chose d'assez fondateur et d'assez essentiel c'est une hypothèse qu'on peut qu'on peut faire le crédit me paraît très important il y a une autre question dont je n'ai pas parlé qui me paraît aussi importante que le crédit c'est la garantie parce que maintenant quand vous achetez quelque chose on vous survend une nouvelle garantie c'est garantie 5 ans vous voulez 7 ans le vendeur d'ailleurs se fait de l'argent parce qu'il vous a vendu la garantie et en général vous n'avez pas tout bien lu et quand vous rapportez votre truc en fait c'était beaucoup plus compliqué donc la loi pourrait agir sur les extensions de garantie obligatoire et comme le crédit je pense qu'il y a des possibilités aussi d'intervenir pour que cette logique de crédit ne mette pas les gens dans une situation absolument épouvantable voilà après je ne vais pas répondre aux uns et aux autres j'ai pris avec le vent j'ai pris pas mal de notes de ce qui a été dit et c'est tout à fait enrichissant en réalité juste un mot qu'est-ce que j'ai aimé ah oui sur Lacan et oui sur Lacan on tourne un peu autour de la même chose je veux dire Marx, Freud puis on peut ajouter Lacan en fait dans la théorie critique qui a trait à l'aliénation on est autour de ça sur les concepts de jouissance donc parfaitement d'accord pour l'intégrer dans la critique que nous menons aujourd'hui et il y avait un autre point sur lequel j'étais d'accord aussi c'était sur la redéfinition de la production qu'à avoir je ne sais plus qui était intervenu là-dessus qu'à avoir aussi avec la redéfinition des besoins pour moi c'est vraiment la même chose en fait c'est ce que je disais quand il s'agit de raccorder le producteur et le consommateur c'est précisément pour que le producteur ait un point de vue sur ce qu'il produit qui corresponde au fait que lui-même d'ailleurs est consommateur et qui corresponde à ses besoins également donc c'est de les raccorder en fait les deux là où ils sont aujourd'hui totalement absolument absolument dissociés les limitations de l'écologie enfin les limites écologiques pour moi c'est intégré totalement dans tout ce que je raconte je ne sais plus c'est vous monsieur qui êtes intervenu là-dessus sur le fait que l'écologie j'en avais peut-être pas suffisamment parlé les limitations et tout ce qui va nous arriver dans la tête je pense que la théorie des besoins la théorie critique des besoins nous permet de répondre à ça je ne vois pas tellement d'autres moyens je pense que de le prendre uniquement sur le biais stricto sensu écolo environnemental ne permet pas la mobilisation massive de masse dont nous avons besoin et qu'avec la théorie des besoins et cette question-là je pense qu'on a l'opportunité d'un sens qui est retrouvé dans la production et qu'on tire le fil de ce sens et on arrive aux limitations des ressources naturelles et c'est pourquoi je pense que c'est un biais qui nous fait se raccorder le social et l'écologie les producteurs et les consommateurs mais aussi le social et l'écologie comme quelqu'un d'autre en parlait l'individu et le collectif j'ai beaucoup aimé tout ce qui a été dit sur on veut nous vendre maintenant du bien-être et toute cette question de l'individu qui cherche dans le système lui-même comment trouver une réponse seule et il ne peut pas la trouver seule c'est ça c'est ça c'est évident c'est que la réponse à la fois il a des besoins qui sont des besoins identifiés individuels mais la réponse ne peut être qu'une réponse collective et dans le besoin et dans le besoin de commun voilà je vous propose que dans une dernière bourrasque nous arrêtions là et que la question continue de germer je vous remercie beaucoup de toutes vos interventions merci

1:26:00
Locuteur

merci merci merci merci