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interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo· 28 août 2017 25 min

Anne Hidalgo dit avoir été "menacée dans son bureau" par des lobbies automobiles

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:05
Présentateur

L'interview politique de France Info avec Jean-Michel Apathy. Notre invité Jean-Michel aujourd'hui est forcément dans une forme olympique, c'est Anne Hidalgo, la maire de Paris. Bonjour Anne Hidalgo. Bonjour. La cote de popularité du président de la République s'effrite trois mois après sa prise de fonction. 40% des Français lui font confiance. Cette chute est spectaculaire, plus importante que celle qu'ont connue à la même période Nicolas Sarkozy et François Hollande. Vous avez une explication Anne Hidalgo ?

0:31
Anne Hidalgo

Non, je pense que les choses vont toujours très vite. Le rythme de notre démocratie s'accélère. Peut-être aussi, je pense qu'on est un peu trop encore en France dans l'idée qu'un homme seul ou une femme seule, en tout cas un être providentiel, pourrait régler tous les problèmes d'un pays.

0:49
Présentateur

C'est peut-être lié à son projet aussi, non ?

0:51
Anne Hidalgo

Il faut aller vers un peu de maturité et accepter que l'affaire du pays, redresser ce pays, c'est l'affaire de tous. C'est pour ça que je suis profondément social-démocrate dans la méthode et dans les objectifs.

1:07
Présentateur

Oui, mais enfin, on a élu quelqu'un de président de la République. Bien sûr. Donc aujourd'hui, un jugement est porté sur le président de la République. Je parlais de son programme. Vous étiez assez sévère avec les propositions d'Emmanuel Macron pendant la campagne électorale. On vous écoute, c'était au mois de mars dernier, c'était sur Europe 1. On vous écoute Anne Hidalgo.

1:22
Invité

Ce n'est pas un candidat de gauche. Ah, il n'est pas de gauche, Macron ?

1:24
Anne Hidalgo

Non, ben non. Je pense que c'est un homme du centre et d'une droite libérale. Mais regardez son programme, d'ailleurs très proche de celui de François Fillon sur beaucoup d'aspects, sur les aspects économiques et sociaux. Mais je ne considère pas que c'est un candidat de gauche. Toujours le même avis ? Oui, bien sûr. D'ailleurs, lui ne se définit pas comme un candidat de gauche. Donc, ça n'a pas été mon candidat au premier tour de l'élection présidentielle. Comme beaucoup de Français de responsables politiques, bien évidemment, je l'ai soutenu. Et le deuxième tour a été, je crois, pour le pays, la bonne nouvelle, y compris de faire reculer le Front National.

Mais voilà, moi j'ai mis mes distances.

2:07
Présentateur

Mais vous disiez de droite. Est-ce que vous le diriez aujourd'hui ? Puisque Emmanuel Macron n'applique une politique. Est-ce que sa politique est une politique de droite ?

2:14
Anne Hidalgo

Je ne sais pas encore. Par exemple, vous voyez, on nous demande de nous exprimer sur la question du travail et des ordonnances. J'ai un avis sur la méthode. Je pense que les ordonnances, et je l'ai dit depuis très longtemps, et là je suis cohérente, les ordonnances ne sont pas, pour moi, un mode de gouvernance adapté à la modernité qu'on devrait pouvoir porter, s'appuyer sur les partenaires sociaux, travailler, y compris en prenant le temps de ces réformes. Mais sur le fond, je ne sais pas quoi vous dire. J'attends de savoir ce qu'il en est. Donc, attendons un peu. Il y a des sujets sur lesquels, bien sûr, en tant que maire de Paris... On a beaucoup d'éléments d'informations sur le fond.

Pas tant que ça. Votre prudence, m'étonnez un peu.

2:58
Présentateur

Non, non, non, pas tant que ça. Au mois de mars, vous dites qu'il est de droite. Non, non, non, mais là vous dites qu'on ne sait pas.

3:01
Anne Hidalgo

Non, non, je ne dis pas qu'on ne sait pas. Je dis qu'il n'est pas de gauche, clairement. Donc, il est droite. Il est centriste. C'est ce que je disais au mois de mars. J'ai dit qu'il est centriste. Il est d'une droite, peut-être, libérale. En tous les cas, il gouverne avec des élus de droite également. Moi, ce que je veux vous dire sur ce sujet-là, attendons. C'est très difficile, au bout de quatre mois, de faire un bilan exhaustif et définitif.

3:24
Présentateur

Sur le travail, vous iriez manifester, par exemple, contre la réforme ? Il y a des manifestations qui sont d'ores et déjà prévues.

3:29
Anne Hidalgo

Bien sûr que non. D'abord, je ne sais pas ce qu'il y a dans cette réforme. Deuxièmement, en tant que maire de Paris, je suis une partenaire de l'État. J'ai beaucoup de sujets sur lesquels je travaille avec le président de la République. Donc, c'est compliqué de le critiquer. Non, non, pas du tout. Je me sens très libre de donner mon point de vue sur chacun des éléments. Sur les Jeux olympiques, nous sommes ensemble. Et je pense que faire gagner la France à partir de la candidature de Paris, c'est pour moi un bonheur, une responsabilité. C'est quelque chose qui m'engage pleinement. Sur les réfugiés et les migrants, il y a une parole que m'a donnée le chef de l'État.

Je n'ai pas de raison de la mettre en cause. Tant qu'on est sur la même longueur d'onde, j'accompagne. Mais en même temps, j'ai un certain nombre d'inquiétudes. Par exemple, sur la question des migrants, je sais qu'on ne pourra pas régler le problème simplement en disant qu'on renvoie chez eux ceux qu'on appelle les Dublinais, c'est-à-dire des gens qui ont mis le pied en arrivant en Europe dans un autre pays, en Grèce, en Italie et voire même en Allemagne. Je sais qu'on ne réglera pas le problème comme ça et qu'on le réglera en installant des centres de premier accueil. Donc je fais des propositions.

4:36
Présentateur

Aujourd'hui, vous avez besoin d'Emmanuel Macron, ce qui explique peut-être que vous êtes moins sévère avec lui que vous ne l'étiez.

4:41
Anne Hidalgo

Je n'ai pas à être sévère ou pas sévère.

4:42
Présentateur

Dans le monde du mois de janvier, vous disiez, Anne Hidalgo, je vous cite, Emmanuel Macron est l'incarnation de la reproduction sociale des élites. Il porte une vision auto-centrée, colbertiste, jacobine. Je n'ai pas perçu dans son travail quotidien une modernité qui m'aurait éblouie.

4:57
Anne Hidalgo

Eh bien, attendons de voir si quelque chose change dans les actes qui vont être posés. Nous avons élu un président de la République pour cinq ans. On est au début du quinquennat. On ne va pas se mettre là tout de suite à faire des tas de procès d'intention. Ce n'était pas mon candidat du premier tour.

5:14
Présentateur

Vous avez entendu le sondage qu'évoquait Jean-Michel au début de cette interview ? Plus que 40% de Français satisfaits. Vous comprenez ou pas cela ?

5:23
Anne Hidalgo

Je pense qu'on met beaucoup trop, beaucoup trop d'illusions dans l'élection d'un homme.

5:31
Présentateur

On est lié aussi un homme et une femme à la tête de la mairie. La politique est personnalisée. C'est Anne Hidalgo la maire de Paris. D'accord, bien sûr. Aux adjoints ? Non, non. Beaucoup de gens auraient du mal à cité leurs noms. Il y a une personnalisation.

5:42
Anne Hidalgo

Je suis d'accord avec vous. Il y a une personnalisation, elle est importante. L'incarnation en politique, c'est quelque chose d'important. Mais en même temps, par exemple, une mairie, ça fonctionne de façon très horizontale. Une mairie, un maire, s'il ne prend pas appui sur ses adjoints, sur son conseil municipal, sur les conseils de quartier, sur les associations, il ne fait pas bouger sa ville.

6:03
Présentateur

Et vous trouvez que dans la méthode, Emmanuel Macron ne prend pas assez appui sur ses ministres ?

6:05
Anne Hidalgo

Je ne sais pas. Je regarde. Ce sont les premiers pas. On est quatre mois après l'élection. Ce n'a pas été mon candidat de premier tour. Je n'envisage pas d'adhérer à la formation En Marche. Je suis socialiste. Ce serait un scoop. Peut-être, mais en tous les cas, je pense qu'il y a effectivement un autre chemin. Je suis une social-démocrate européenne convaincue, écologiste. Et je pense qu'il y a un autre chemin. Voilà. Mais la vie politique française suppose qu'on laisse quand même aussi poser les actes, que chacun fasse ses preuves.

6:37
Présentateur

Anne Hidalgo est notre invitée ce matin. On fait un point tout de suite sur l'actualité. Avec vous, Edwige Coupez. Il est 8h40.

6:43
Invité

Et l'actualité est très parisienne ce matin, puisque Kylian Mbappé passe sa visite médicale. Le jeune prodige de 18 ans arrive au PSG. Un accord conclu hier avec Monaco pour 180 millions d'euros. C'est une somme record pour un joueur français. Mbappé qui est resté sur le banc hier soir contre Marseille. Cela n'a pas empêché Monaco de corriger l'OM 6-1. En clôture de la quatrième journée de la Ligue 1, les monégasques prennent la tête du classement avec le PSG. Le gouvernement est attendu à 10h30 tout à l'heure à l'Elysée. C'est le séminaire de rentrée autour d'Emmanuel Macron en forte baisse dans les sondages.

Pour faire face au dossier chaud du moment, à commencer bien sûr par la réforme de la loi travail, présentation des ordonnances jeudi. Et justement contre ces ordonnances, l'appel de Jean-Luc Mélenchon hier à la mobilisation générale du peuple, ce sera le 23 septembre, manifestation à Paris. Le leader de la France insoumise dénonce le coup d'état social et antidémocratique d'Emmanuel Macron. Donald Trump est attendu demain au Texas pour constater les dégâts de l'ouragan Harvey. Houston, quatrième ville des Etats-Unis, paralysée par des inondations sans précédent, aéroports fermés, routes submergées. Le bilan est d'au moins trois morts.

7:58
Présentateur

Jean-Michel Apathy. Qui incarne l'opposition aujourd'hui en Hidalgo ? Incontestablement, Jean-Luc Mélenchon à gauche, à une longueur d'avance sur tout le monde. Il était hier à Marseille, on l'écoute.

8:09
Invité

Le 23 septembre prochain, il faut que le peuple défère la Paris contre le coup d'état social, contre le coup d'état antidémocratique qui s'organise contre lui.

8:23
Présentateur

Le parti socialiste a disparu, 28 dirigeants à sa tête, c'est pas fait évidemment pour être visible, tandis que Jean-Luc Mélenchon, lui, est bien là. Ça suggère et quel commentaire chez vous ?

8:32
Anne Hidalgo

Écoutez, d'abord, pour le parti socialiste, quand on s'est pris sur la tête le coup qu'on s'est pris entre la présidentielle et ensuite les législatives, là aussi il y a un peu de temps. Voilà, je suis très impatiente, toujours, je ne suis pas du tout quelqu'un qui...

8:49
Présentateur

Non, ce matin vous êtes assez patiente, le calendrier ce matin vous l'avez en tête.

8:53
Anne Hidalgo

Non mais je pense qu'on est au début d'un quinquennat, on est au début d'un quinquennat, on ne va pas commencer à hystériser la vie politique française là dès le début.

9:00
Présentateur

Y compris dans l'opposition donc.

9:02
Anne Hidalgo

Mais y compris dans le... Moi, vous savez, je suis quelqu'un de profondément attaché à la démocratie, c'est normal qu'il y ait des points de vue différents, qu'il y ait des partis différents, que ces partis s'affrontent par la parole, par les propositions, dans le respect, ça serait mieux. Vous savez, je pense que les excès verbaux parfois des politiques produisent des catastrophes. La violence des mots, elle produit aussi la violence dans les vagues.

9:24
Présentateur

Là, vous visez Jean-Luc Mélenchon en disant ça ?

9:26
Anne Hidalgo

Je vise ceux qui utilisent la parole politique d'une façon tellement agressive qu'il n'y a plus de place pour le dialogue. Jean-Luc Mélenchon ? Jean-Luc Mélenchon fait partie, effectivement, de ceux qui attisent. Bon, il défend, il apparaît, oui, j'ai vu les sondages aussi, comme le principal opposant, s'il a envie d'être le principal opposant. J'ai l'impression qu'on est quand même à un autre moment de notre histoire collective et peut-être ce qui s'est passé au moment de la présidentielle et des législatives, c'est-à-dire à la fois ce rejet par les Français de quelque chose qui attise, qui antagonise en permanence, peut-être quelque chose qui doit nous faire réfléchir.

En tout cas, moi, ça me fait réfléchir. Comment être dans une opposition, certains disent constructif ? Comment être dans une proposition, une force de proposition ? Je reprends le sujet des réfugiés et des migrants, qui est un sujet très important pour le pays, pour l'Europe et pour Paris. Il y a plusieurs façons d'avancer là-dessus. J'ai bien vu que le président de la République m'a donné sa parole et son engagement, qu'il serait à mes côtés sur ce sujet-là. Puis je voyais bien que ce n'était pas tout à fait comme ça, dans les actes qui commençaient à se dessiner. Je n'ai pas à mettre en cause la parole du président de la République.

Ce que j'ai fait, c'est que j'ai fait une proposition avec Dominique Versigny, mon adjointe, qui travaille sur ce sujet, avec les associations, nous avons porté une proposition de loi qui est assez globale pour pouvoir permettre d'aider et les associations, mais aussi les parlementaires et le gouvernement, peut-être à choisir un chemin qui est un chemin un peu plus réaliste et pragmatique et humaniste, qui nous permette de résoudre cette crise à laquelle on va être confrontés encore pendant quelques années. Voilà, j'ai plutôt envie d'essayer d'apporter, et je pense qu'il y a, c'est pas le « ni droite, ni gauche » ou « est droite et gauche », c'est pas ça. Vous êtes de gauche ?

Moi, je suis une femme de gauche. Donc ça existe toujours, la gauche et la droite ? Et la gauche et la droite existent toujours. Vous êtes dans l'opposition, Hidalgo ? Je ne me définirais pas globalement dans une opposition.

11:28
Présentateur

Vous auriez voté la confiance au Premier ministre ?

11:30
Anne Hidalgo

Je ne sais pas. Mais je ne suis pas... Je ne sais pas parce que je ne sais pas très bien encore de quoi va être fait le programme de ce quinquennat.

11:38
Présentateur

Dans une démocratie, vous avez dit votre attachement au mécanisme démocratique. Dans une démocratie, on est dans la majorité, on soutient. Où on est dans l'opposition ?

11:45
Anne Hidalgo

Oui, mais vous pouvez aussi être dans une majorité lucide, acceptée. Par exemple, j'ai beaucoup regretté dans le quinquennat précédent qu'on n'ait pas laissé aux parlementaires, avec toute leur sensibilité, notamment de gauche, y compris ceux qu'on a caricaturés en frondeur, qu'on ne leur ait pas laissé apporter aussi une valeur ajoutée dans le dispositif. Je suis sûre que la gauche serait dans un autre État si on avait été peut-être un peu plus ouvert. Donc, qu'on soit dans la majorité ou qu'on soit dans l'opposition, je suis aussi pour qu'on puisse exprimer en liberté des propositions, des oppositions. Et c'est comme ça que c'est plus constructif.

12:23
Présentateur

Mais vous êtes où aujourd'hui ?

12:25
Anne Hidalgo

Moi, aujourd'hui, je suis à la tête de la mairie de Paris.

12:26
Présentateur

Une majorité ou opposition ?

12:27
Anne Hidalgo

Eh bien, je suis à la mairie de Paris et je suis à la tête d'une majorité.

12:31
Présentateur

C'est un peu facile. Non, non, non. Est-ce que vous avez participé à la reconstruction du Parti Socialiste ?

12:34
Anne Hidalgo

Je vais participer à cette reconstruction, bien sûr.

12:36
Présentateur

Il est dans l'opposition, le Parti Socialiste.

12:38
Anne Hidalgo

Le Parti Socialiste est en partie dans l'opposition. Je ne sais pas pour l'instant, parce qu'il doit, il doit, il ne sait plus où il est, mais vous êtes marrant, vous, après quatre mois et après une défaite comme ce qu'on a connu, vous, vous pensez que, allez hop, ça se lève et tout le monde repart.

12:52
Présentateur

Il y a déjà eu des grosses défaites, à gauche et à droite, et souvent, il y a quelqu'un qui reprend le flambeau. Là, on ne voit pas très bien qui va le faire.

13:00
Anne Hidalgo

C'est comme dans la vie. Ça attend un peu, ça discute, ça mûrit, ça mature, ça réfléchit, et ensuite, ça construit. Et moi, je pense qu'il faut se donner ce temps-là. Moi, je suis profondément attachée à l'idée qu'on est une ligne sociale-démocrate, écologiste et européenne.

13:18
Présentateur

Ça, c'est majoritaire comme idée ?

13:20
Anne Hidalgo

Je ne sais pas si elle est majoritaire, mais en tous les cas, j'ai beaucoup, beaucoup, je pense que ça a été pendant longtemps, en tous les cas, un positionnement comme celui de Lionel Jospin était clairement sur cette ligne sociale-démocrate, tant sur le fond que sur la méthode. Les sociodémocrates, ils pensent que les corps intermédiaires sont utiles, nécessaires, que le temps de la démocratie sociale, de la démocratie dans le monde du travail, mais aussi avec les associations, c'est quelque chose d'utile. Donc moi, je veux vraiment reconstruire ça.

Vous savez, aujourd'hui, en Europe, parce que c'est profondément européen, c'est à l'échelle européenne qu'il va falloir aussi repenser ce projet sur le fond et sur sa forme. Il y a des choses qui marchent bien. Je prends Antonio Costa, Premier ministre portugais, qui est un ministre socialiste, qui travaille avec une coalition très, très large. D'ailleurs, le Parti communiste portugais, c'était un fait historique, lui a apporté son soutien. Il travaille, il est en train de redresser son pays, il a tourné le dos à l'austérité, il est profondément social-démocrate. Il y a en Europe beaucoup de maires sociodémocrates dans des grandes villes.

Je pense, bien sûr, à Londres, je pense à Lisbonne, je pense à Copenhague ou à Stockholm, avec lesquels j'ai envie de travailler, j'ai envie d'apporter ce que je comprends du monde, de son évolution, de cette marche du monde, avec mes convictions de social-démocrate et d'écolos. Et j'ai envie d'apporter ça au Parti socialiste et je le ferai, bien sûr.

14:50
Présentateur

Alors, vous êtes engagé dans la reconstruction du Parti socialiste et vous n'êtes pas la seule, évidemment. On a noté la semaine dernière le retour de François Hollande, il était à Angoulême, on l'écoute.

14:59
Invité

Je me suis astreint à une réserve, à une retenue que chacun peut comprendre, mais qui ne m'empêchera pas, à partir d'un certain moment, de dire ce que j'ai à dire, sous des formes diverses. Je suis passionnément français et donc je continuerai à m'exprimer.

15:14
Présentateur

Est-ce que c'est une bonne nouvelle qu'il soit revenu François Hollande ?

15:17
Anne Hidalgo

Il a raison de s'exprimer.

15:18
Présentateur

Personne ne le conteste, mais est-ce que politiquement c'est une bonne nouvelle ?

15:22
Anne Hidalgo

Après, moi je pense qu'il faut, voilà, peut-être là, d'autres, je dirais pas de génération, parce qu'on a besoin d'apports divers et variés, mais il faut qu'on se repose un peu, enfin se reposer, pas s'arrêter, se reposer un peu, voilà, poser un peu nos réflexions, nos idées, tourner la page, oui et non, vous savez, en politique, on part jamais de... Non mais je suis...

15:48
Présentateur

Vous avez beaucoup de oui et non, beaucoup de...

15:49
Anne Hidalgo

Je suis désolée, mais parce qu'on est au début d'un quinquennat...

15:52
Présentateur

Est-ce que c'est une bonne nouvelle que François Hollande revienne ?

15:54
Anne Hidalgo

On est au début d'un quinquennat et avec une, vraiment, une défaite majeure pour le camp qui est le mien. Donc je pense qu'il nous faut prendre le temps de comprendre ce qui s'est passé et de nous projeter, voilà. Qu'il ait la liberté, qu'il aille bien, qu'il soit en forme, je l'ai vu d'ailleurs à Angoulême et je l'ai vu ensuite au match du PSG, puisqu'il est venu soutenir le PSG la semaine dernière.

16:18
Présentateur

Mais pardon, Hidalgo, on n'a pas bien compris quelle serait votre place dans cette reconstruction. Vous dites, je vais y participer. A quelle place ?

16:25
Anne Hidalgo

A la place qui est la mienne, en tant que maire de Paris. Vous pourriez prendre la tête du Parti Socialiste ? Non, pas du tout. Est-ce que vous avez songé ?

16:30
Présentateur

Je ne l'envisage pas du tout. Est-ce que vous avez songé d'être candidate à la présidence de la République ?

16:34
Anne Hidalgo

Non, non, beaucoup de gens m'avaient poussée au moment... 2022 ? Beaucoup de gens m'avaient poussée et je n'ai pas, bien sûr, répondu à cela parce qu'à la tête de Paris, attendez, je ne vais pas vous répondre parce que la question... Vous êtes, voilà. Je sais bien que le temps s'accélère, mais enfin, il y a cinq ans, là, cinq ans, d'accord ? Ça se prépare, une candidature. Oui, oui. Et en cinq ans, il s'est passé beaucoup de choses. Regardez, même dans la dernière année, il s'était passé beaucoup de choses. Donc, on va être un peu plus apaisé. C'est parce qu'on a de l'énergie, là. Un peu plus serein. C'est la rentrée, alors on est pleine d'énergie. J'en ai beaucoup et pour Paris.

Oui, et ma place à Paris. Pourquoi ? Parce que je pense qu'à Paris, c'est une bonne échelle, à la fois pour penser, pour voir ce monde qui arrive, les grandes mutations du monde sur le numérique, sur l'écologie, sur le social, la crise des réfugiés. Elle vient et elle percute les grandes villes. À l'endroit où je suis, avec mon équipe, nous voyons cela et nous agissons. Et cette place-là, elle est remarquable. réussir à Paris, c'est peut-être aussi aider, pas simplement, bien sûr, les Parisiens. Ça, c'est le premier objectif. Mais c'est aider aussi, peut-être, une famille sociale-démocrate, une famille de gauche, à se repenser et à se reconstruire.

17:46
Présentateur

Alors, on va parler de Paris dans un instant, juste après l'essentiel de l'info avec Edwige Coupès. Il est 8h50.

17:50
Invité

Et on parle d'une petite ville valorbiquée dans le Calvados. Impossible pour la maire d'embaucher les 5 animateurs prévus sans les aides de l'État. La maire a donc décidé de décaler la rentrée scolaire d'une semaine pour dénoncer le gel des contrats aidés décidés par le gouvernement et d'autres communes pourraient suivre. Une rentrée qui s'annonce donc sous tension pour Emmanuel Macron, en forte chute dans les sondages. Le président réunit le gouvernement ce matin au grand complet. Ça se passera à l'Elysée, à trois jours de la présentation des ordonnances sur la loi travail. Aux Etats-Unis, Harvey stagne au-dessus de Houston, ce qui explique la gravité des inondations.

60 à 70 centimètres de pluie sont tombées en 48 heures. Il n'y a pas d'amélioration prévue avant jeudi. Les sauveteurs évacuent les sinistrés par bateau. Les zones entières restent inaccessibles et le bilan est déjà d'au moins trois morts. En France, il fait chaud. 34 à 36 degrés jusqu'à 37 cet après-midi à Albi. La canicule gagne du terrain. Le Tarn et le Tarn-et-Garonne sont en vigilance orange canicule. Six autres départements en alerte, de l'Allier, au Puy-de-Dôme jusqu'au Jura. Et puis les recherches vont reprendre dans l'Isère, après la disparition d'une fillette de 9 ans lors d'un mariage ce week-end à Pont-de-Beau-Voisin. Un appel à témoins a été lancé par la gendarme.

19:06
Présentateur

Jean-Michel Appetit. Votre politique d'aménagement urbain, on va l'appeler comme ça, Anne Hidalgo, suscite beaucoup de critiques et des automobilistes ne vous disent pas merci pour les embouteillages. On en écoute quelques-uns.

19:16
Invité

C'est ponctuel. Mais si vous revenez dans un quart d'heure, si ça se trouve, ça sera bouché. C'est bouché le plus clair du temps. Avant, ça prenait maximum avec le couloir vie, ça prenait maximum de 10 minutes, on va dire, dans le pire des cas. Maintenant, des fois, 10 minutes, on est toujours au milieu.

19:34
Présentateur

Voilà, ce sont des chauffeurs de taxi, ce sont les usagers les plus fréquents, évidemment, des rues de la capitale. Mais votre politique de priorité au vélo fait que la voiture n'a plus beaucoup de place à Paris.

19:43
Anne Hidalgo

D'abord, ce n'est pas nouveau, la question des embouteillages dans la capitale. Il y a une littérature très, très ancienne qui évoque cela. Donc, c'est un fait. Et Paris est une ville qui a pris du retard, pas parce qu'on n'a pas fait ce qu'il fallait. Ces 15 dernières années, avec Bertrand Delanoé, il y a eu vraiment un changement dans la politique de mobilité, avec les bus en site propre, avec les tramways, avec le vélo. Vélib a été vraiment le lancement du vélo dans cette ville de Paris. Il y a eu Autolib. Donc, on travaille depuis 15 ans. Mais on n'avait pas les pouvoirs, notamment sur un certain nombre de voiries, ce que j'ai récupéré, notamment avec la loi sur le statut de Paris.

Donc, aujourd'hui, je peux accélérer, je dois accélérer. D'ailleurs, vous parlez du plan vélo. Je me souviens, il y a quelques mois, toutes les rédactions nous tombaient dessus en disant « Paris prend du retard sur son plan vélo, c'est catastrophique, dramatique. » Ces journalistes, comment ils changent d'avis. Ces journalistes. Et là, aujourd'hui, les mêmes journalistes nous expliquent qu'on prend du retard, on prend trop d'avance sur le plan vélo.

20:53
Présentateur

Mais c'est les automobilistes qui disent « un peu plus circulaire en Paris ».

20:55
Anne Hidalgo

Des gens qui travaillent, des gens qui viennent de banlieues. Moi, ce qui m'importe, c'est d'abord d'offrir de la mobilité pour tous, et notamment aussi, bien sûr, pour les gens de la métropole. La grande majorité des déplacements se fait en transport en commun. Ça ne vous a pas échappé sur la région Île-de-France et sur la métropole. Ce qu'il nous faut, c'est améliorer le réseau de transport en commun. Paris y consacre beaucoup d'argent, pas simplement sur le réseau parisien.

Puisque sur le budget des Parisiens, sur leurs impôts, chaque année, je verse une subvention de 380 millions d'euros au syndicat des transports d'Île-de-France pour les aménagements de toute l'Île-de-France en transport en commun. La pollution. La pollution, ça tue. Voilà. Ça tue, on le sait. Les responsables politiques qui, jour après jour, parce que le lobby automobile, le lobby du diesel, le lobby de ceci, cela, vient y compris vous menacer. J'ai été menacée. Ils sont venus me menacer dans mon bureau en me disant « Si vous n'arrêtez pas avec cette politique de lutte contre la pollution et donc d'évolution de la mobilité parisienne, nous vous ferons battre aux prochaines élections.

» J'ai entendu ça dans mon bureau. J'ai entendu ça dans mon bureau. Et vous croyez que ça, ça va me faire fléchir alors qu'il y a des morts, attendez, alors qu'il y a des morts qui sont des morts liées à la pollution ? Moi, je ne vais pas fléchir. Je l'ai dit et je le redis. Je préfère être du bon côté de l'histoire.

22:21
Présentateur

Est-ce que vous avez lu le Figaro Magazine ce week-end à Nidalgo ? Pardon de vous couper, mais il nous reste autant.

22:24
Anne Hidalgo

Oui, et bien justement.

22:25
Présentateur

« Les folies de la reine des bobos ». C'est un bouquin. C'est un livre qui est très sévère avec votre politique. Et en gros, ce que disent les extraits du livre, c'est que vous êtes dans le déni, vous et votre municipalité, en ce qui concerne les conséquences provoquées par votre politique de circulation. Est-ce qu'au moins vous pouvez reconnaître que cette politique est loin de faire l'unanimité ?

22:50
Anne Hidalgo

Vous savez, elle ne fait pas l'unanimité. Je ne cherche pas à faire l'unanimité. Je cherche et je suis très soutenue par les Parisiens, ce qui m'importe. Moi, vous savez, les lobbies, je pense qu'il faudra aussi regarder leur travail.

23:01
Présentateur

Oui, mais par exemple, pardon Nidalgo, mais les banlieusards, ce ne sont pas les lobbies. Les gens qui viennent travailler de Boulogne, de Sevran, de Montreuil, ce ne sont pas des lobbies. Moi, je parle des gens, des banlieusards.

23:10
Anne Hidalgo

C'est un document qui est un document à charge, un livre de caricature assez caricatural, y compris pour nier dans ce livre et dans ce papier les effets de la pollution atmosphérique sur la santé, puisqu'il est dit que c'est faux que la pollution ne tue pas. Il est dit aussi dans ce papier des choses assez terribles. sur la politique de logement de la ville, on entend des choses mais qui sont d'un racisme. Vous allez attaquer ? Non, parce que vous savez, c'est un bouquin de caricature. Ils assument ce côté-là. Ce n'est pas le premier, ce ne sera sûrement pas le dernier. Non, ce que je regrette, c'est qu'au passage, ils attaquent aussi, par exemple, les fonctionnaires de la ville.

23:56
Présentateur

On laissera les lecteurs du livre se faire une opinion. Une autre actualité parisienne, le football. Kian Mbappé rejoint le Paris Saint-Germain après Neymar. Alors la municipalité n'est pas directement impliquée, bien sûr, dans tout ça, mais j'imagine que vous avez un commentaire.

24:12
Anne Hidalgo

Oui, moi je suis très heureuse d'abord que l'équipe du PSG soit une grande équipe. Neymar, c'est aussi de l'attractivité pour Paris et pour le pays. Les conséquences de ma politique, c'est quand même, je pense, un petit peu, un petit peu. Je ne suis pas la seule, c'est un travail d'équipe, mais on gagne les Jeux Olympiques. Les conséquences de ma politique, c'est aussi faire reculer la pollution. Les conséquences de ma politique, c'est aussi l'attractivité retrouvée de la capitale, qui est un poumon économique pour le pays tout entier. 400 millions pour deux joueurs, ça ne gêne pas ? Le modèle économique du foot, ça c'est sûr que... Mais vous avez un point de vue ?

Je pense que c'est un modèle assez étrange en tous les cas. Oui, il y a beaucoup d'argent là-dedans. Mais pour Paris... Pas de jugement moral ? Je n'ai pas de jugement moral, parce que c'est un système qui, juridiquement, est fondé et qui est comme ça. Mais je suis heureuse pour Paris, parce que quand le PSG gagne, Paris gagne aussi.

25:14
Présentateur

Quand le PSG va, tout va. Tout va.

25:16
Anne Hidalgo

Et quand Paris va, la France va.

25:18
Présentateur

Merci Aline Dalgo. Merci beaucoup Aline Dalgo, merci d'avoir été notre invité ce matin sur France Info.