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interviewLEGEND· 25 mai 2025 133 min

COMMANDANT DANS LES FORCES SPECIALES : SES MISSIONS LES PLUS INCROYABLES (libération d'otages...)

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Bonjour tout le monde et bienvenue sur les gendes. Alors émission exceptionnelle aujourd'hui, vous le voyez, on n'est pas dans le studio comme d'habitude. On est sur la base de Orléan à Brissy s'appelle exactement.

C'est le commando parachutiste de l'air, le CPA10 qui appartient à l'armée de l'air et de l'espace. Donc c'est des forces spéciales qui sont envoyées pour des missions parfois très dangereuses. Ils vont nous raconter tout ça.

On va recevoir Stan. Stan, ça fait plus de 20 ans qu'il est ici. Il est commandant aujourd'hui.

Il a fait beaucoup beaucoup de missions. Qui raconte dans un livre. il va nous raconter tout ça.

On va aller à l'intérieur d'un avion qui s'appelle la 400M. L'avion qui permet euh de larguer non seulement euh des parachutistes, mais aussi du matériel. On va faire un studio à l'intérieur.

Vous allez voir, on va faire un truc exceptionnel. On va faire un exercice complet de libération d'otage. C'est-à-dire qu'on va les suivre comme s'ils avaient un appel pour aller libérer euh des otages pas loin.

Donc là, on va simuler dans les environs. On va prendre la 400M, ils vont être largués, on va les retrouver en bas et on va suivre la colonne d'assaut avec un échange de coup de feu. On va pouvoir les suivre.

Vous allez voir, c'est une émission qui est très complète sur le CPA10. Du coup, les forces spéciales sur les jambes. C'est parti. [Musique] Salut, je m'appelle Stan, je suis officier dans les forces spéciales depuis 20 ans et je vais vous parler de mon unité.

Le commando para justice de l'UR numéro 10 aujourd'hui sur légende. Voilà, bienvenue. Tu as fait le plus dur parce que c'est pas facile de le clap au début pour se mettre à l'aise.

Merci de nous accueillir en tout cas sur la base. On est on est vers où là ? On est vers Orléan sur la base sur votre base enfin la base de ton groupe.

C'est là on est dans un A400M. On va vous raconter après le le parcours de de stade. C'est son pseudo, c'est pas ton vrai prénom.

Non, il y a ton équipement derrière, tu nous expliqueras. On a mis un quad aussi avec une mitrailleuse derrière, mais là on n'est pas dans le studio, on n'est pas dans un studio habituel. On est dans un A4M, donc c'est un avion.

Comment on peut décrire ? C'est quoi ? C'est un avion de transport de troupe, un avion de transport de matériel.

C'est pour faire quoi cet avion ? Alors, c'est Ouais, c'est ce qu'on appelle un avion de transport et ça sert à des tas de choses. Donc, c'est un très long rayon d'action.

Ça peut aller euh n'importe où sur la planète et transporter du matériel euh des hommes euh de des véhicules et ça peut aussi larguer des parachutes. Attends et tu peux quand tu largues par exemple un bateau, une voiture, il y a des soldats qui sont dedans qui restent dedans. Ouais, tout à fait.

Ouais. Tu as sorti un livre, c'est chez Mario édition. Je vous mets voilà la couverture là.

Si jamais vous voulez le chercher, je vous mettrai le lien dans la description sur YouTube, sur Spotify si vous nous écoutez en podcast audio aussi sur Dieser, Apple Podcast et et Amazon s'appelle les guerrier du 10. Alors il y a il y a des histoires, il est vraiment chouette le tu racontes pas mal de choses que tu as vécu ou que des membres de ton groupe ont vécu et c'est marrant, c'est vraiment bien représenté. C'est que tout à l'heure on était à la cafète, c'est vraiment ça et là il y a un petit musée, enfin même un grand musée, il y a pas mal de choses.

Il y a des illustrations et tu racontes des anecdotes qui se sont passées dans la vraie vie. Du coup, ces vraies anecdotes que tu racontes ? Ouais, tout ce qui est dans le livre est réel.

Euh donc il y a c'est pas tout ce qui s'est passé, c'est pas ma vie non plus. C'est un témoignage avec différentes histoires qui racontent la vie au CPA10 et surtout nos missions sur les sur les 20 dernières années euh sur une période qui a été très marquée par le contre terrorisme. J'ai participé à l'arrestation de chefs terroristes en Afghanistan, au Sahel, dans d'autres pays d'Afrique.

Parfois, tu vas peut-être raconter l'émission. On va pas donner forcément les pays ou trop de détails précis, mais c'est histoire de comprendre ce que vous pouvez vivre au force spéciale. Juste qu'est-ce que c'est CPA 10 votre groupe ?

Qu'est-ce que ça veut dire ? C'est commando parachutiste de l'air. Mais qu'est-ce que ça veut dire concrètement ?

Qu'est-ce que vous faites ? C'est l'unité euh de commando de l'armée de l'air qui fait partie des forces spéciales. Il y en a dans les trois armées, dans l'armée de terre, dans la marine et dans l'armée de l'air.

Et dans l'armée de l'air, c'est nous, le CPA10. et on fait euh 95 % du temps, on fait la même mission, les mêmes missions que nos camarades des autres armées, Command Marine, première Payma dans l'armée de terre et après on a des petites spécificités. Euh donc la logique c'est que chez les marins c'est tout ce qui touche à la mer, au nautisme et ben chez nous c'est tout ce qui touche à l'air.

Donc on a on a plus de chuteurs opérationnels, donc les gens qui sautent très haut très haut. on a plus de capacité de guidage de frappe aérienne. Et après, on a une autre spécificité qui est pas vraiment aérienne, mais c'est que on a des des maîtres chiens dans tous nos groupes.

On a des chiens de guerre dans chacun de nos groupes. Vous avez des chiens qui sautent en parachute. Ouais, tout à fait.

Enfin, vous sautez avec les chiens quoi. Gen, vous pouvez emmener votre chien et alors vous avez une spécificité. On l'a vu tout à l'heure le chien, enfin un des chiens, ils ont des casques avec carrément des ils peuvent sauter en oxygène.

Oui. Alors, il y a des avions qui se posent, je vous explique. On est vraiment sur la base.

On est vraiment sur la piste d'atterrissage. Enfin juste à côté sur le parking. Donc c'est normal s'il y a du bruit de temps en temps.

Vous entendez, il y a un avion qui est en train d'être réparé aussi à côté. C'est pour ça que parfois il y a des petits bruits. Voilà.

Donc ouais, nos chiens sautent avec nous, enfin c'est fou ça. Et y compris sous oxygène à très haute altitude. Et en fait, c'est grâce à un masque qui a été développé par des gens du CPA10, par des opérateurs des groupes du CPA10.

C'est c'est quoi très haute altitude pour vous ? Un son parachute quand tu fais un son parachute en famille, tu vas au bord de la mer, l'été, tu veux te payer un son parachute, c'est à combien de mètres de hauteur ? Alors dans les parclubes, les gens sautent jusqu'à 4000 m et nous on saute jusqu'à 4000 m sans oxygène et dès qu'on va au-dessus de 4000 m, donc ça peut être beaucoup plus haut, on saute avec de l'oxygène pour bah pour pouvoir respirer puisque la pression d'oxygène dans l'air n'est pas suffisante au-dessus et on risque de perdre connaissance.

C'est quoi le plus haut que tu peux tu puisses sauter ? Je sais pas si on peut donner les chiffres mais à peu près. Tu vois, c'est une donnée un peu sensible.

D'accord. D'accord. Mais c'est beaucoup plus haut 4000.

Ouais. moins au moins deux fois plus haut. C'est vrai.

Ah [ __ ] ! Quasiment comme un avion de ligne. Ouais, c'est c'est un peu le but euh du saut sous oxygène, c'est que le largage soit camouflé dans la circulation aérienne.

En fait, c'estàd que l'avion qui largue les parachutistes, il peut passer sur un radar pour un avion en transit parce qu'il est aux mêmes altitudes et du coup, on peut larguer discrètement des parachutistes. Fort [ __ ] Tu vas nous raconter après comment ça se passe quand vous sautez à la fin de l'émission euh pour vous expliquer le dérouler. On va tourner cette émission en plusieurs jours.

Aujourd'hui, on tourne le plateau, ce qu'on appelle le plateau, c'est l'interview dans l'avion. Euh ensuite, on va faire un petit dodo, je crois. Et demain, euh tu vas nous emmener sur un exercice avec avec toute ton équipe.

Qu'est-ce qu'on va vivre exactement pour qu'on puisse comprendre ce qu'on va vivre demain ? Et comme ça, vous allez le voir à la fin de l'émission en image aussi. Bon, on va faire un déroulé de mission un peu typique des forces spéciales.

Donc, on va faire une mission de libération d'otage, c'est-à-dire la mise en place. Donc là, ce sera en parachute. Donc on va être largué, on va faire une infiltration sous voile.

C'est dire quoi une infiltration sous voile ? C'est quand on on ouvre, donc on saute en chute libre, on ne chute que quelques secondes et puis on ouvre très rapidement le parachute. Donc c'est des parachutes en forme d'elle.

Et donc grâce à ça, on va parcourir une longue distance en planant. On va le faire demain ça. Ouais, tout à fait.

Et c'est ce qui va nous permettre d'arriver discrètement sur la zone d'action. Donc l'avion nous largue loin, on dérive en silence. On fait ça de nuit.

Ouais. C'est en cachette en fait. Tu arrives la nuit, tu planes, il y a pas l'avion qui passe à côté de la zone de combat.

Exactement. Depuis depuis la zone d'action, l'avion n'est pas audible. Donc en fait, on est on arrive discrètement en planant, on se pose là, on prend nos équipements, on marche jusqu'à la zone d'action et puis après c'est parti pour ça va être on va libérer les otages en gros.

Ça que vous allez faire demain. Tout à fait. Ouais, c'est ça qu'on va faire.

On va vous suivre. Alors la porte pour expliquer puis après on va rentrer dans l'histoire mais la porte qui est derrière Stan va se baisser en fait. C'est le principe de la 400M, c'est qu'il y a une énorme passerelle en fait qui qui descend.

Ouais. Pour que vous puissiez sauter à l'arrière. C'est ça.

C'est la rampe. Donc elle s'ouvre à l'horizontale et donc on marche sur la rampe jusqu'au bord et après on se laisse tomber dans le ciel. Tuas tuas tu es plus stressé de faire l'émission maintenant ou de sauter demain en parachute ?

Ah l'émission c'est exactement mon inverse. C'est marrant. Euh tu n'as plus de stress quand tu sautes ?

Non. Tu étais pas parti pour faire le CPA10 au départ. Tu étais parti pour être dans un escadron de chasse.

En fait, tu devais être euh je crois c'était navigant, personnel navigant, c'est ça ? Ouais, tout à fait. Ouais.

En fait, j'étais recruté euh pour être navigateur. C'est dire quoi le navigateur ? C'est pas pilote.

Alors, le navigateur, c'est quelqu'un qui travaille avec le pilote, donc soit dans un avion de transport, soit dans un avion de chasse. Euh donc moi, j'étais dans la chasse et c'est lui qui va gérer donc la navigation comme son nom l'indique et puis tout ce qui est moyen long terme dans la mission. Donc les aspects tactiques, le système d'armement de guerre électronique et cetera.

Et donc moi, j'étais formé là-dedans. Euh j'étais affecté dans un escarnon de chasse sur Mirage 2000. Sur Mirage 2000.

Et euh et c'est comme ça que j'ai commencé dans l'armée de l'air et de l'espace. D'accord. Tu arrives en quelle année toi ?

C'est c'est pour J'étais en 2001. 2001. Ouais.

Tu vas y passer parce que là tu y es toujours pour préciser. Je crois que tu es dans tes dernières années. Tu disais je suis dans ma dernière année.

Ouais. Comment tu découvres les forces spéciales ? Pourquoi tu changes de d'un coup tu voulais partir comme ça personnel navigant ?

Qu'est-ce qui te fait changer d'avis ? Alors en fait, il y a eu un échange entre mon escadron et le CPA 10 ou et c'est comme ça que j'ai découvert cette unité et j'ai tout de suite été attiré par l'esprit de groupe qui peut y avoir et puis puis ça avent de la gueule quoi. Donc je me suis dit en fait j'ai envie de faire partie de ces mecs-l.

Tu t'engages donc à 19 ans, toi tu rentres assez tôt, tu n'as tu n'as tu rentres directement dans l'armée. Tu as pas eu d'autres métiers avant ? Non.

Ouais, j'étais je sortais du lycée. Alors, j'ai fait des petits boulot parce que le processus pour rentrer, on passe des sélections et puis on attend une réponse. Donc, j'ai fait des petits boulots à côté.

Tu vas faire le stage Beloua. Alors, ça c'est en 2005, c'est c'est à l'école de fusier commando de l'air. Qu'est-ce que c'est le stage Beloua ?

C'est c'est les les nouveaux en gros, c'est ça ? Ouais, en fait, c'est le stage qu'on fait quand on arrive au CPA10. Donc avant ça, on fait une formation de de fusil commando de l'air qui dure à peu près 1 an et euh et en arrivant au CPA10, on passe des sélections.

Ouais. Et on fait 5 mois de stage euh pour euh pour compléter la formation et vraiment euh apprendre à être un opérateur des forces spéciales. Il est violent le stage, il est dur.

Ouais, c'est 5 mois où on est mis à l'épreuve en permanence. On sait jamais ce qu'on va faire le lendemain ou même l'heure d'après. C'est vrai.

Et ça n'arrête pas. sous stress tout le temps. Ouais, ça n'arrête pas et euh c'est alors c'est physiquement éprouvant et euh cognitivement aussi parce qu'on nous demande beaucoup.

Il faut apprendre vite, restituer et euh et ça s'enchaîne, ça s'enchaîne tout le temps. Donc il y a pas de répi. Et euh quand on croit que c'est fini et ben en fait euh il y a l'instructeur qui arrive qui dit "Allez les gars, c'est reparti." C'est intéressant d'avoir maintenant que tu as 20 ans de recul.

Est-ce que ce que tu as appris et le niveau du stage, tu l'as compris après en mission en te disant heureusement qu'il y a des sélections aussi drastiques, aussi dures complètement. Et puis euh et puis pendant ma carrière après moi j'ai encadré un stage Beloua aussi parce qu'on y on y passe tous donc on y passe tous à l'entrée et puis plus tard quand on a l'expérience, on passe tous sur l'encadrement du stage Beloua. Ah, tu deviens prof en Ouais, c'est ça.

Et du coup euh on on comprend vraiment euh des deux côtés la nécessité de ce qu'on fait. et tu disais partir en mission sans dormir. Moi je suis déjà parti en mission en opération après avoir passé 24 heures sans dormir.

Non, c'est vrai. Et là la mission a pas encore commencé. Donc donc c'est une exig Ouais. en vraie opération ou donc c'est une exigence qui est qui est qui est qui est essentielle parce que les mecs qui sortent du stage Beloua après ils sont avec nous en groupe sur le terrain donc faut qu'ils tiennent la ligne.

On peut pas avoir des mecs en qui on n pas confiance. Donc c'est pour ça qu'on exige énormément des stagiaires parce que parce que c'est demain c'est le mec qui est à côté de nous et à qui on va confier notre vie. Tu as déjà pas dormi pendant combien de temps maximum ?

Plus de 48 he parce que je te dis tu pars en mission, tu as déjà pas dormi 24 he et puis après bah la mission tu as fait de nuit blanche d'affilé. Ouais ouais et au combat en même temps ? Oui ouais bien sûr.

Et donc ouais tuas des fois tu as des hallucinations hein. Tu tu commences à planer. C'est dangereux limite he sur Ouais.

Alors la réalité te te réveille vite, le corps est bien fait quand il y a besoin. Il y a un petit une petite production d'adrénaline et puis et puis on est dans le match. On va parler des matchs justement.

Et est-ce que tu apprends à dormir ? Est-ce qu'il vous apprennent en stage à faire des comme les les navigateurs à dormir 20 minutes reprendre tu sais rapidement ? Alors ça on la prend tout seul en fait.

Tu as pas le choix. Quand tu dors pas pendant 48 he tu te fous sur une ben tu dors quoi. À un moment, enfin nous tout le temps quand on est dans la soude hélico euh dans l'avion avant de sauter, on dort. [ __ ] juste avant de sauter en mission.

Ouais, bien sûr. Ouais parce qu'après tu sais pas pendant combien de temps tu vas pas dormir. Tu t'es déjà endormi en mission parce que tu étais crevé, tu devais faire le gay mais au bout de 2 jours je sais pas, tu t'es assoupi et tu t'es ou là alors sur des sur des moments de creux.

Ouais. Sur des moments mais sur des moments calmes quand il y a pas forcément besoin d'être d'être alerte. Et puis après on des fois on peut se relayer entre entre nous.

Il y en a un qui guettete et puis l'autre qui l'autre qui dort un peu. Dernière question sur le stage après on va parler des d'émission c'est quel niveau physique il faut avoir ? Est-ce que faut faire un sport pour si ça peut vous donner envie peut-être chez vous de le faire et de participer de se lancer comme tu l'as fait en 2005 ?

Tu vois, il y a peut-être certains d'entre vous qui vous posez la question et cetera. Est-ce qu'il faut être est-ce qu'il faut faire du du MMA ? N'importe quoi ?

Est-ce qu'il faut être bon en boxe en judo ? Est-ce qu'il y a un sport qui peut t'aider à être meilleur aux forces spéciales le jour où tu vas faire le stage Beloua ? Il faut faire le sport qu'on aime mais surtout il faut être complet en fait.

Il faut avoir du cardio et de la force dans dans tous les muscles du corps. Il y a pas besoin d'être un ultra champion dans un domaine mais il faut être bon en tout. Voilà, faut être complet.

Après, si en plus tu es champion dans un domaine, euh c'est un plus. Mais les sports de combat, tu en as parlé, c'est bien. C'est bien parce que ça fait appel à un peu toutes les toutes les qualités physique et puis ça donne un état un état d'esprit combatif.

Ça ça nous on le recherche mais c'est pas obligatoire. On a des mecs qui sont des coureurs d'Ultra Trail, on a des mecs qui sont des des champions de CrossFit, on a des mecs qui sont des champions de sport de combat, on a tout. Est-ce queil y a déjà eu du combat au corps à corps ?

Est-ce que ça peut arriver ou est-ce que c'est plus à la bayonnette comme avant ? Mais est-ce que ça vous est déjà arrivé qu'un mec soit caché derrière une porte ? J'en sais rien.

Tu vois pas eu est-ce que ça peut être utile quand même de savoir se battre ? Oui, c'est utile. Alors, c'est pas vraiment du combat au corps à corps parce qu'on a on a des flingues, on a pas forcément besoin de se battre à main nu.

En revanche, pour maîtriser quelqu'un qu'on fait prisonnier, qu'on capture, là c'est utile parce que parce que le mec que tu vas faire prisonnier, il se laisse pas faire. déjà avant en fait euh quand tu cherches à capturer quelqu'un euh c'est que on t'a demandé de le prendre vivant pour avoir une information pour Ouais. pour récolter du rance, pour qu'il soit jugé, pour qu'il soit remis.

Euh enfin, il y a des tas de raisons. Il y a des tas de raisons du renseignement. Ouais.

Et euh et donc en fait c'est un peu comme c'est très technique, c'est un peu comme libérer un otage, sauf que l'otage veut te tuer. Et euh donc déjà il y a toute une approche dans la mission qui rend ça un peu plus technique que de se mettre à distance et la battre. Et une fois que tu es au contact, bon, il se laisse pas faire.

Donc donc faut faire des clés de bras, faut le faut le faut le maîtriser, quoi. Donc c'est là que c'est là que c'est utile. Euh dernière question, mais c'est c'est le physique ou le mental souvent qui lâche en premier dans le stage Belouga ?

En fait, au stage Bouga, tout joue sur le mental parce que les gars qui font le stage, ils ont déjà le ils ont passé des sélections physiques. Donc on sait qu'ils ont la condition physique. Ils ont ça c'est un acquis en fait.

On on perd même pas de temps à à prendre des mecs qui ont pas un minimum de conditions physiques. Oui, c'est déjà des mecs solides. Ouais, ils ont passé des sélection exigeante au niveau physique.

Donc ça voilà, la condition est long. Mais ce qui va lâcher en fait, ouais, c'est le mental. La plupart des échecs au stage en fait, c'est des abandons.

Il y a beaucoup plus d'abandons que de que de gars qui sont éliminés. Vous êtes combien au début ? Vous êtes combien à la fin sur les sélections ?

C'est variable mais à la fin du stage, on a en général une petite dizaine d'opératures qui sortent. Et au début c'est entre 20 et 30. OK.

Euh mais c'est des gens qui ont déjà passé tout un tas de filtres. Il y a des stages préalables qui assurent un tri. Oui.

Les gens qui arrivent 300 au début, il y a plus que 20 et sur les 20, ils en prennent 10 quoi. On doit être en en du début à la fin, on doit être à 10 % et sur c'est même sûr parce qu'on avait fait des statistiques une fois et c'est 10 %. Ouais.

Et et sur le Beloua, ouais, les gars qui arrêtent, c'est souvent par abandon parce que parce que c'est trop dur. Donc il lâche. Tu vas être pris, ils vont te dire que c'est bon à la fin.

Euh, comment ça se passe ? Il met dans un groupe, il te demande une spécialité un peu comme à l'école, il te forment sur je sais pas tireur de haute précision, THP, tireur d'élite, en gros, sniper. Est-ce que tu as des choix ou est-ce que il te ils te testent eux dans les chefs dans plusieurs catégories, après ils te positionneront là où tu es bon ?

C'est l'unité qui choisit où vont les les nouveaux opérateurs. Il y a des des souhaits qui sont émis mais en fait c'est les besoins de l'unité qui font que l'opérateur va aller dans tel ou tel groupe et après les groupes font leurs courses. Donc les groupes, ils observent les stagiaires de de temps en temps viennent sur le sur le stage pour regarder les stagiaires, voir un peu comment ils se comportent.

Ils posent des questions aux instructeurs qui sont des gars de l'unité. eux-même ils suit des groupes et puis il se dit bah tiens ce mec là donc faut qu'ils aient un besoin et donc les groupes qui ont un besoin de recrutement regarde et puis repère des profils. Il ils il te mettent dans quel groupe toi tu vas tu vas où ?

Alors moi je suis officier donc quand je suis arrivé c'était plus le commandement qui décidait "OK, on a besoin d'un chef de groupe dans ce groupe là donc tu iras dans ce groupe là." Comment tu te fais accepter dans un groupe au départ ? Bon, déjà, c'est sûr queil y a eu le le stage avant, donc on est garanti d'avoir euh d'avoir quelqu'un qui correspond.

Euh c'est valable pour un officier, mais aussi pour le plus jeune des équipiers, hein. Euh, ça c'est pour tout le monde. Mais alors quand on est officier et qu'on se retrouve directement avec des responsabilités, euh on est encore plus regardé à la fois par les équipiers et par le commandement.

C'est parce qu'ils savent qu'ils vont faire la guerre avec toi, donc il faut aussi qu'ils aient confiance en toi. Exactement. Alors, ça c'est valable pour tout le monde.

Mais quand tu es chef, ils savent qu'ils vont faire la guerre sous tes ordres. Ils savent que tu vas leur donner des ordres au combat. Donc il y a encore plus d'exigences.

Mais il y a une petite phase de parrainage quand on arrive. On n'est pas parachuter chef de groupe directement. On a un adjoint solide qui est là pour parrainer le jeune chef de groupe quand c'est donc quand c'est un officier.

Parce qu'un sous-officier, lui il va il va monter les échelons petit à petit avant de devenir chef de groupe. Quand tu es officier euh quand tu es lieutenant, le premier grade d'officier, tu es tout de suite chef de groupe parce que après tu vas tu vas vers d'autres responsabilités. Il y a du bisutage ou pas ?

Non, il y a pas de vanne au départ. Euh non. Euh il y a une ambiance euh très euh ça ça on se branche tout le temps.

Il faut vraiment faire gaffe à ce que tu fais parce que euh ça sera pas loupé quoi. Tu as plus peur de ce que vont penser tes collègues en voyant l'émission que la majorité des gens. Ah oui parce qu'on se laisse rien passer.

Ouais ils vont imprimer la photo et puis ils vont mettre dans le bureau. Ah ouais ouais. Non mais c'est tout le temps comme ça.

Ça branche en permanence. Tu as pas intérêt à dire une connerie dans l'émission là. Ah oui sur une mission sur un truc mais sinon je vais l'entendre répéter tous les jours pendant pendant des mois.

On va parler de ta première mission au feu. C'est passé en Afghanistan juste avant euh est-ce qu'il y a des femmes dans les forces spéciales ? C'est une question quand j'ai tapé force spécial questions et cetera.

Est-ce qu'il y a des femmes aux forces spéciales ou qui bossent avec vous euh sur base ? Oui, il y en a. J'en envoie.

Mais est-ce qu'il y en a dans les commando aussi ? Alors, dans les forces spéciales au sens large, oui, il y a des femmes, mais dans ce que les gens imaginent, c'est-à-dire les opérateurs, les combattants, commando forces spéciales, non, il y a pas de femme. Est-ce qu'il y a une raison euh physique euh particulière ?

En fait, il y a aucune femme euh qui a qui a jamais euh passé euh les sélections. Alors, peut-être, en tout cas, pas chez nous. Chez nous, aucune femme ne s'est jamais présentée aux sélections.

Euh, ça a peut-être été le cas dans l'armée de terre et la marine, mais en tout cas, aucune n'a jamais fini le stage pour devenir équipier. Première mission au feu en Afghanistan. C'est la première fois qu'on t'envoie.

Tu es excité avant. Tu es un peu inquiet. J'imagine comme chaque être humain raisonnable.

On a même si on a la peur, on se lance, on est courageux, mais on a quand même un peu de peur intérieure ou est-ce que pas du tout. Tiva, tu es excité parce que ça fait des années que tu t'entraînes. Comment ça se passe ?

J'étais surtout excité parce que je parti en Afghanistan. L'Afghanistan, c'est euh c'est un pays un peu mythique. Euh donc le fait de partir là-bas à la enfin à l'aventure quoi, enfin j'avais 25 ans, euh j'attendais que ça.

J'avais je sortais de de 2 ans de de d'épreuve de sélection et de stage d'hiver pour en arriver là. Donc donc ouais, non, il y a pas d'appréhension, il y a que l'envie d'y aller quoi. Qu'est-ce qui va se passer là-bas sur ta première ?

Qu'est-ce que tu vas devoir faire ? Qu'est-ce qui te marque ? Euh, il va se passer il va se passer plein de choses, mais ce qui marque le plus, c'est le premier euh le premier engagement au feu, quoi.

Le le la découverte. Euh c'est un peu comme euh c'est un peu comme un premier rendez-vous. Euh tu imagines des tas de trucs mais tu sais pas vraiment comment ça va se passer.

Et puis c'est au moment où ça se passe que tu que tu découvres que tu découvres comment c'est. Ça se passe pas com posant, tu te poses des questions, tu dis est-ce que je vais bien réagir ? Est-ce que je vais être à la hauteur ? parce que je vais pas être complètement bloqué, paniqué.

Donc et puis finalement non, finalement ça s'est bien passé. Tu rencontres les le premier Pays les autres forces spéciales là-bas, vous êtes plusieurs sur le terrain, vous allez bosser ensemble dans des missions. Comment ça se passe avec les autres ?

Ouais, on était tous ensemble. Donc c'était un un groupement de force spécial avec des groupes de des trois armées, donc de l'armée de terre, de la marine et nous. Et donc on faisait nos missions.

Donc pour moi c'était une découverte parce que c'était mon mon premier déploiement mais en fait c'est ce qu'on fait tout le temps. Euh donc après euh euh enfin c'est ce que j'ai connu après pendant toute ma carrière parce que on est on est toujours déployé les uns avec les autres en fait. On se connaît très bien.

On est on fait des missions ensemble. Euh un groupe du CPA10 et un groupe de des mar de la de la marine ou de l'armée de terre euh sur la même mission. Euh moi, j'ai commandé des groupes du Premier PMA ou euh des commandes aux marines.

Euh on est vraiment tout le temps ensemble, on fait on fait les mêmes missions. Donc euh donc euh donc on est très proche. Après, il y a une petite il y a toujours un peu de compétition euh mais de la même manière que de la compétition à l'intérieur du CPA10 entre les groupes.

C'est un peu c'est un peu la l'état d'esprit qu'il y a chez les opérateurs des forces spéciales. Là, tu vas ouvrir le feu ou pas sur cette première mission ? Tu vas connaître, on dit connaître le feu, c'est ça ?

Toi, tu vas connaître le feu à ce moment-là ou tu tu es juste spectateur sur celle-là ? Non. Oui, oui, j'ai j'ai engagé le feu.

On était on était dans un espèce de de petit fortin. C'était une base avancée où on avait été déployé. C'était dans les dans les limites des zones contrôlées en fait par la coalition.

Et euh donc ça faisait 50 m par 50 m euh sur un plateau, enfin vraiment le lieu mythique où tu te dis euh je pars à l'aventure, tu imagines un endroit comme ça quoi. Et euh et donc une nuit euh ça faisait ça faisait je sais pas une semaine qu'on y était euh on avait toujours pas vu de taliban. On se demandait si s'il y en avait finalement et en fait ils sont montés à l'assaut de notre fortin la nuit une nuit.

Donc ils ont attaqué le fortin dans le noir. Ouais tout à fait. Ouais.

Ouais. Ils ont donc ils sont ils sont avancés sur le plateau en profitant de la nuit puis ils ont commencé à à tirer sur la la tour sur ceux qui montaient la garde. Donc on a tous étaient réveillés, on est allé on est allé sur nos postes de défense et puis on a engagé le feu on a engagé le feu contre eux sans peur.

Euh non mais en fait dans des moments comme ça, tu as pas le temps d'avoir peur. Tu es tu penses à des tas de trucs mais tu as pas peur parce que bah ça c'est sur le c'est c'est la première fois que tu le découvres mais en fait après c'est tout le temps comme ça. La la peur, elle peut venir peut-être elle peut être là longtemps avant ou pour ceux qui ressentent ce genre de choses, elle peut venir après coup en se disant "Putain, j'ai c'est pas passé loin." Mais sur le moment, tu es dans le feu de l'action donc il y a pas de place pour la peur, tu es concentré, tu essaies de bien faire bien faire ton travail en fait.

Et est-ce que les talibans en l'occurrence là-bas avaient ils avaient un avantage dans le sens où ils attaquaient, donc ils connaissaient le terrain ? Ouais. Les montagnes et cetera.

Vous vous avez là, on voit ton matériel, ton équipement qui est derrière moi. Il y a ton casque avec des JVN dessus, des JVN vision nocturne avec les quatre tubes. Là, on peut voir large.

On expliquera plus en détail tout à l'heure. C'est ton vrai équipement à toi. Euh juste vous vous voyez du coup dans le noir euh même si c'est pas comme en plein jour plus, mais est-ce que eux en ont aussi ?

Est-ce que maintenant ceux de l'autre côté ont aussi des des technologies ? Aujourd'hui oui, mais à l'époque non. Et à l'époque, nous on avait pas les mêmes jumelles de vision nocturne.

On avait du du matériel d'ancienne génération, donc on voyait beaucoup moins bien que aujourd'hui. OK. Euh là aujourd'hui ce qu'on a c'est vraiment le top.

Ça ça marche très bien. Ça ça marche très très bien. Ça c'est très cher par exemple.

Tout le monde peut pas avoir ça. Ça coûte une fortune. C'est une belle voiture.

Ouais. Ouais. C'est très très cher mais ça marche très très bien.

À l'époque, on avait on avait même pas deux tubes. On avait un seul tube qui renvoyait vers vers les yeux donc avec une une vision beaucoup moins bonne. Mais les talibans eux n'avaient pas de d'appareil de vision nocturne, ils avaient rien du tout.

Donc tu avais un avantage quand même. Donc euh donc on avait on avait l'avantage technologique bien sûr, mais comme tu as dit, ils avaient l'avantage du terrain parce que euh justement euh c'est un peu leur marque de fabrique. C'est que euh c'est ça qui était euh frustrant avec les euh les talibans, c'est que euh l'engagement, le combat était toujours à leur initiative.

C'estàd que on pouvait pas, on tombait pas sur eux. Le quand quand on les croisait, on les croisait peut-être mais on savait pas que c'était des aliments et puis il le devenait quand eux le décidaient. quand la position leur été favorable, les conditions il les avait choisis et puis il profitaient du terrain.

Quand il sentaiit que qu'il perdait l'avantage, ils avaient des chemins de repli, il disparaissaient. Donc c'était c'était difficile, c'était un ennemi fantomatique. C assez assez frustrant.

Tu as échappé à la mort. On va on parlait. C'était dans cette mission là ou pas ?

Ouais. Ouais. Ouais. tu on va parler du côté psychologique aussi même de donner la mort parce que même si c'est euh des adversaires, des gens euh méchants ou qui veulent faire du mal à quelqu'un, ça fait quand même quelque chose et parfois les militaires reviennent de mission, font des PTSD euh des syndes post-traumatiques en gros parce que ça ça marque en fait psychologiquement.

Est-ce que toi tu donnes la mort sur cette première mission et est-ce que ça t'impacte personnellement ou pas ? Alors sur celle-là peut-être, mais je le sais pas. Oui, tu vois tu vois pas au résultat parce que voilà euh en fait euh quand le quand l'affrontement se termine, ils ils ont disparu en fait.

Il y a une diversion avec ils ont balancé des requêtes sur notre fortin depuis une autre position et ils ont profité de cette diversion pour quitter le terrain. On sait qu'il y en a qui ont été touchés parce qu'il y avait des traces de sang mais on savait pas s'ils étaient morts, blessés et on savait pas par qui. Euh donc je sais pas en fait sur cette mission là, je sais pas.

Mais toi, tu vas passer donc euh près de la mort. Je je juste après, quelques quelques temps après. Euh vous êtes en voiture, c'est ça ?

Ouais, en fait, on était en train de quitter le fortin dont j'ai parlé. on rentrait sur la base principale. Euh donc c'était de nuit et euh mon équipe, on on était les derniers dans le convoi.

C'était c'était nous qui fermions la marche parce que on était on était trois groupes à à partir et euh moi j'étais l'avant-dernier véhicule et en fait je suis en train de rouler et là il y a une je vois une petite explosion l'équivalent d'une grenade. Je dit je pas mal. Mince il y a la bagnole de devant qui a fait tomber une grenade.

Qu'est-ce qui se passe ? Donc, j'appelle, non, il y a pas eu de grenade de perdu et cetera, tout va bien, pas de blessés, rien. On continue.

Je rencontre au capitaine qui commandait le le convoit, il me dit "On rentre et euh et c'est seulement après coup, le lendemain euh que j'ai appris parce qu'il y avait euh des gens qui étaient dans le qui étaient ceux qui nous avaient remplacés dans le fortin." Donc d'autres groupes qui sont allés reconnaître les lieux euh qui nous ont appris que en fait il y avait un piège un donc un engin explosif improvisé euh et donc il y avait une grosse charge d'explosif et en fait ça fonctionne avec une plus petite charge d'explosif qui est qui est reliée à un système de déclenchement et en fait quand tu déclenches la petite charge explose et c'est celle-là qui fait qui déclenche la grosse charge qui elle inflige vraiment les dégâts. Et en fait, la grosse charge n'avait pas été déclenchée par la petite charge. [ __ ] Donc donc toi, ça t'a secoué déjà la petite ou pas ?

Non, c'est enfin une grenade une grenade ce qu'on appelle nous une grenade offensive, c'est sans sans chrapnel, sans sans éclat en plein air. Ça ça fait une grosse explosion mais ça fait pas le souffle est pas très violent. Euh c'est ça marche bien en espace confiné.

Et là, elle a tapé à côté de toi, c'est ça ? Ouais, elle était euh enfin sur le bas côté quoi. Elle était sur le bas côté mais euh ça aurait fait du dégâts.

Si la charge principale avait explosé là, la la voiture aurait volé en fait. On aurait été complètement soufflé. Donc tu passes pas loin quand même dès la première mission.

Ouais. [ __ ] c'est fou. Et ça te dissuate pas de partir ?

Non. Alors, j'ai beaucoup regardé les bas côtés pendant quelques temps, mais en fait après ça passe. On avait reçu dans l'émission Cyril Chaboun qui était son pseudo c'était Cooper quand il était ici.

C'est ça. Au CPA10, il perdu ses jambes avec un drone piégé. Nous avait raconté dans l'émission il y a quelques temps.

Donc ça peut ça peut arriver quoi. C'est vraiment des trucs qui arrivent et vous perdez vous avez perdu des hommes. Il y a dans dans votre base, il y a des photos des des anciens qui sont décédés.

C'est c'est réel quoi. Vous êtes vraiment tellement au front que voilà faut ça peut arriver à chaque chaque jour quoi. Ah oui en fait la la mort au combat pour nous c'est quelque chose de très concret.

C'est quelque chose d'incarné parce que c'est pas un vague souvenir de de grands aïeux qui sont morts à une époque. C'est c'est des gars qu'on a connu. Moi les quatre morts au combat du CP je les ai tous connus.

Je les ai tous côtoyés. Et donc euh c'est gravé dans la pierre sur une stelle au milieu de notre quartier et euh et ça nous oblige en fait. Euh c'est quelque chose qui est voilà qui fait partie de l'âme, de l'unité euh qu'on entretient, on entretient leur mémoire euh parce que parce que voilà, leurs souvenirs nous obligent.

Les familles qui viennent parfois. Oui oui oui. Les familles les familles nous rendent visites.

Ouais. de ceux qui sont décédés, vous les recevez toujours, on les reçoit, on leur rend visite euh pour les anniversaires, par exemple. Euh donc, il y a un lien Oui, il y a un lien qui est euh qui est conservé euh euh y compris euh avec euh euh Parker par exemple qui est qui est mort en 2006, euh donc c'est il y a presque 20 ans, mais on est toujours en en contact avec sa famille.

Tu dis dans le livre le soir, il y a un atelier philosophon autour d'une bière avec tes hommes. Qu'est-ce que ça veut dire ? Ouais.

Alors, c'est une petite formule pour dire que on prend l'apéro, quoi. En fait, euh quand on est en mission, on vit ensemble. On vit ensemble.

Donc euh donc souvent euh on se on se regroupe euh on fait un parfois dans la journée, on fait nos activités puis après on se regroupe de manière conviviale avant le repas, on prend une bière ensemble. Donc si on n'est pas d'alerte, on prend une bière sinon on boit de l'eau et et puis on discute, on débriefe un peu de de ce qu'on a fait dans la journée, de ce qu'on va faire. Ça parle perso ou ça refait le match de de la journée ?

Ça parle vraiment de tout mais vraiment de tout. Alors on refait beaucoup les matchs forcément parce que on a un gros une grosse culture du Retex de retour d'expérience. Donc on essaie toujours par rapport à notre vécu, à nos opérations de de d'en tirer des leçons pour être meilleur la fois d'après.

Donc ça c'est vraiment quelque chose qui est encré chez nous et qu'on pratique beaucoup. Ça s'engueule parfois comme dans un groupe d'amis. Ouais, bien sûr.

Ça se dit hein là, tu as pas été au niveau, tu tu as pas fait gaffe derrière, il y en a qui est arrivé, c'est Ah bah ouais, enfin oui oui. À chaque fois de potes qui va après les exercices, après les entraînements, ça débriefe franchement. Donc forcément il y a ça frictionne.

Il y a il y a de l'ego. Il y a de l'ego, il y a il y a Ouais. Ouais.

Il y a il y a du Il y a parfois du contact mais comme dans une comme dans une fraterie. Voilà. C'est comme c'est un peu comme une meute de loup.

On a nos on a nos codes, on a nos nos rites, on a nos habitudes et il y a un peu de compétition hein. J'en parlais tout à l'heure, compétition avec les autres, compétition entre nous. Euh mais c'est un peu comme dans une meute, tu il y a une compétition pour gagner, pour gratter sa place dans la meute, mais par contre quand la meute fait face à un adversaire, tout le monde fait face et tout le monde montre les cros quoi.

Même si certains s'entendent pas ou se sent gueuler la veille, ça arrive comme dans Ouais. Deux équipiers qui sont pris la tête. Si s'il a s'il y a quelqu'un qui s'en prend à leur groupe, ils vont faire front comme si s'était rien passé.

Évidemment, Torah Bora, tu vas faire de la reconnaissance en Afghanistan, c'est c'est ça va être dans la même mission ou c'est une autre mission tu repars ? Euh non, ça c'était dans le même c'était dans mon premier déploiement dans la même mission. Tu dis dans le livre l'Afghanistan est surnommé le tombeau des empires.

Qu'est-ce que ça veut dire ? Bah c'est un peu le Ouais, c'est un surnom qu'on donne parfois à ce pays parce que beaucoup d'empires se sont cassés les dents dessus. Euh très loin dans l'histoire, c'est le cas de des Macédoniens d'Alexandre le Grand.

C'est c'est là que ça s'est terminé sa conquête sur l'Afghanistan. Et puis plus récemment, les Anglais au 19e siècle, les soviétiques à la fin du 20e et puis bah l'Empire américain plus récemment. C'est vraiment un pays qui est euh c'est le pays de la construinsurrection.

C'est le pays euh enfin c'est le pays de l'insurrection en fait. C'est c'est un pays de gens qui sont habitués à combattre un occupant qui qui n'ont connu que ça, qui sont euh extrêmement rustiques, qui ont une vie qui ont des vies très dures et euh et puis c'est des montagnards. L'essentiel de l'Afghanistan, c'est des montagnes.

Donc ça ça fait ça crée des gens durs et ça crée aussi un terrain qui est vraiment très difficile à contrôler. C'est quoi votre mission là-bas là ce jour-là ? à Torabora euh c'était c'était une une reconnaissance parce qu'en fait il y avait il y avait pas de force de la coalition qui était allée dans cette zone là et donc on avait été envoyé bah pour reconnaître les lieux voir si en arrivant comme ça de manière inattendue on arrivrivait pas à trouver dans des zones qui avaient été un peu repérées par nos spécialistes du renseignement pour voir si on on arrivait pas à dénicher des groupes de des groupes de talibans.

Là tu es parachuté ? Non, on est déposé en hélicoptère. Déposé en hélicoptère.

Ouais. Euh j'ai j'ai une mission dont tu parles. Tu dis sac à dos de 60 kg pour aller chercher un ennemi en zone non contrôlé.

Ouais, c'est ça. On était parti euh pour une semaine. Tu as 60 kg.

Donc on Ouais. Quand on part, on est en autonomie donc faut qu'on ait euh à manger, à boire. C'est plus un sac à dos.

C'est un collègue que tu as sur le dos là. 60 kg je pense. C'est le le poids de sem.

Non. [ __ ] si tu as quelqu'un sur le dos pendant une semaine. Ouais.

Alors, on le pose régulièrement surtout quand on est sur des missions longues comme ça. On a on a beaucoup de matériel mais on va faire un point on va poser le le Ouais. Vo on va poser le le sac à dos et puis on va prendre les équipements nécessaires en fonction des missions.

Et donc après on tourne entre les groupes. Il y a un tour un groupe qui garde le bivoak et puis un groupe qui part en reconnaissance en étant un peu allégé et puis qui revient et puis mais si on change après de position bah on part avec notre charge de 60 kg et puis on se déplace. Tu vas avoir des champs partout.

En Afghanistan, tu dis il y a des champs verts. En fait, il cultivent du cannabis là-bas. Ouais, ouais, ouais.

On était arrivé dans dans une vallée où il y avait des des dizaines d'hectares de champ de cannabis au marchait au milieu des plans de cannabis. Mais ils en font quoi ? Ils le fument ou c'est pour l'exportation ?

Ils vendent euh alors euh il y a du pau aussi. Il y a beaucoup de pavaux en Afghanistan. Euh et donc ils exportent énormément d'opium.

Euh le cannabis, ils doivent en exporter un peu mais surtout je sais qu'il le consomme localement. Ah oui ouais. OK.

C'est que les talibans fument les gens en général. Ouais. Ou ouais.

Moi j'ai j'ai rencontré un un chef de village lors d'une mission de reconnaissance où on faisait du renseignement et je discutais avec le chef de village d'ailleurs. C'était c'est marrant parce que c'était un si de Robert de Niro et donc on discutait sur sur un banc et il était en train de fumer un pétard parce que c'est normal là-bas. On nimagine pas ça.

C'est marrant hein. Euh, tu vas être pris pour cible le 4e jour. Vous êtes attaqué d'un coup ti des tirs ricoches sur les pierres à côté de vous.

Tu expliques ça ? Même les tireurs d'élite qui regardent n'arrivent pas à voir les les ennemis en fait qui sont cachés en fait dans les dans les pierres. Comment vous allez vous en sortir ?

Ouais, c'est ce que je disais. Euh, ils sont l'ennemi là-bas, il était vraiment fantomatique. Donc si s'il nous attaquaient, c'est qu'ils avaient des positions préparées, ils étaient très bien cachés.

Et en fait euh bon, on était en train de manœuvrer, donc on était pas notre situation n'était pas désespérée, mais on était un peu en difficulté et en fait c'est le le fait de faire passer des avions de chasse à très basse altitude pour faire un maximum de bruit qui les a qui les a fait fuir en fait. Ça a déclenché leur fuite et ça ça a mis fin à l'affrontement. Tu les fais passer à ras du sol pour Oui, c'est ça.

En fait, c'est ce qu'on appelle un show of force, donc une démonstration de force. et euh on demande, on donne, on fait trouver la position aux avions de chasse et on leur demande de passer euh avec la la postc la postcbustion donc c'est le la flamme rouge à l'arrière du rafale ou du mirage. Donc il faut un maximum de bruit pas le plus vite possible, très bas et donc ça fait un ça fait un bruit de tonner, ça fait vibrer l'air et forcément quand on n'est pas habitué euh c'est impressionnant et typiquement pour des là ça avait marché ça ça marche une fois ça marche une fois parce qu'ils apprennent vite, ils se rendent compte que OK donc ça c'est pas c'est pas ça le danger.

Le danger c'est c'est la bombe, c'est pas le passage des avions. Mais quand ils le savent pas au début ça marche. Alors, si vous entendez parfois des des des bruits je rappelle, on est sur vraiment sur l'aéroport, sur votre base.

Donc c'est pour ça il y a des avions qui sont toujours en train de chauffer les moteurs, de préparer, de décoller. Il y a toujours un peu de bruit derrière. Mais voilà, c'est pas un problème de micro, c'est normal derrière.

Tu vas revenir en France au bout de de d'un certain temps. Euh qu'est-ce qui se passe ? Tu as envie de repartir ?

Tu as envie de rester ? Tu as besoin de souffler ? Tu vas voir un Je sais qu'il y a des psychologues maintenant qui sont mis à dispo quand il y a des missions difficiles.

Qu'est-ce qui va se passer pour toi à la fin de cette première OPEX ? Alors euh à l'époque, il y avait pas encore euh de suivi psychologique. C'est quelque chose qui est venu plus tard.

Aujourd'hui, effectivement euh quand on rentre, on est débriefé par des psychologue pour s'assurer que tout va bien. Euh on a des entretiens juste au retour et puis un peu plus tard. Mais à l'époque, ça n'existait pas.

Et euh et euh ouais, pour répondre à sa question, oui, j'attendais qu'une chose, c'était de repartir. J'étais jeune, célibataire, j'avais pas j'avais pas de contrainte. Donc j'avais envie de repartir en mission.

Évidemment. Juste une question, ta femme est militaire ou pas ? Non, pas du tout.

Non, parce que tu as plusieurs enfants. Ouais, j'ai trois enfants. Ouais.

Et et ça a dû ça n'a pas posé de problème quand tu partais à chaque fois. Elle a accepté ça dès le début. Et tu as connu militaire ?

Elle m'a connu, j'étais déjà au CPA10 donc elle savait dans quoi, non, on va dire, elle savait vaguement dans quoi elle s'engageait. C'est pas vra pas vraiment pas complètement. Mais mais voilà, je faisais déjà ça, j'ai continué à le faire et à la tenue heureusement.

Après, parfois on fait on sait dans quoi on s'engage mais on fait semblant d'être patient une année ou deux puis au bout d'un moment on dit "Mon gars, c'est bon là." Non, elle elle a été très patiente. Franchement, je tire mon chapeau parce que elle a elle était elle est toujours là.

Euh c'est déjà beaucoup. Ouais. Il y a une histoire, une histoire que tu racontes dans ton livre, c'est un c'est pour montrer le respect envers les ennemis.

Tu dis quand vous tuez quelqu'un, vous l'éliminez, il y a toujours du respect même auprès des des corps et cetera. C'est hyper important. Pas du d'une arrivée un peu chaotique au Sahel dans dans al je sais pas où c'est exactement, dans quel pays, je me rappelle plus, mais tu dis on arrive à 200 m d'un bivoak et demi déposé par hélicoptère.

Tu vois de quelle mission je parle ? Est-ce que tu peux expliquer ça ? À quel point il y a du respect et comprendre la la scène ?

Ouais. En fait, l'ennemi c'est un adversaire, donc c'est pas c'est pas quelqu'un à qui j'en veux parce qu'il m'a fait du tort. C'est c'est un objectif qu'on m'a assigné.

Donc il y a pas de il y a pas de haine. Il peut y avoir il peut y avoir parfois de la colère quand notamment quand on a des blessés ou des morts chez nous évidemment. Donc là là la la passion la passion est présente.

Mais mais de manière générale en fait on fait on fait ce qu'on nous a demandé faire. Et il y a pas de raison de le faire salement. Donc il y a pas de raison de pas respecter l'adversaire.

En fait les mecs contre qui on va se battre, on les connaît pas. On sait pas qui c'est. On connaît pas leur histoire.

C'est peut-être les pires criminels, mais c'est peut-être juste un mec qui a euh qui a trouvé sa voix là-dedans parce que il avait pas choix par grand parce qu'il avait pas le choix ou parce que euh parce que euh de la même manière que moi je me suis engagé euh dans les forces spéciales françaises, euh lui il s'est engagé dans euh les combattants de de de sa cause, de sa tribu, de de chez lui, quoi. que il y a nos objectifs euh principaux, c'est des gens sur lesquels il y a un dossier, c'est des c'est des terroristes ou des chefs terroristes, mais autour d'eux, il y a des gens qui sont de simples combattants et qui ont pas forcément commis des horaires. On le sait pas en fait.

Donc, il y a pas de raison de leur en vouloir. A priori. Raconte en détail si tu veux bien.

Là, tu es déposé. Qu'est-ce qui se passe pour comprendre ? Donc là, en fait, on était c'était un assaut un ce qu'on appelle nous un assaut éiporté.

Donc on était c'était il faisait nuit. Ça c'est une grosse partie de vos missions. C'est c'est comme ça souvent.

Ouais, c'est c'est des missions qu'on faisait énormément au Sahel. Donc j'en ai fait des comme ça, j'en ai fait pas mal. Euh de jours ou de nuit, quand on a le choix, on le fait de nuit.

Parfois, on a pas le choix, on le fait on le fait de jours. Mais donc là, c'était de nuit et on était posé euh on a été déposé à 200 m d'un d'un bivac etnemi. En fait, ils étaient en train de ils étaient en déplacement, ils étaient en pickup.

C'était deux pickup qui se déplaçaient et on était censé les intercepter alors qu'ils roulaient. Sauf que pendant le temps de vol, parce que on a on a volé pendant 2 heures en hélico depuis notre base pour pour rejoindre l'endroit où ils étaient. C'est long 2 heur d'hélico.

Ouais. Et euh et entre-temps en fait, il s'était arrêté. et s arrêté ce qui fait qu'on est arrivé sur une position arrêtée ce qui est beaucoup plus défavorable parce que quand s'il roulent avec le bruit du déplacement déjà ils entendent l'hélicoptère un peu plus tard et puis s'ils veulent combattre bah il faut qu'il s'arrêtent qu'ils sortent des fois ils sont obligés de prendre leur arme s'ils l'ont posé quelque part alors que là ils sont à là ils sont prêts.

Donc on arrive ils ont entendu l'hélico hein parce que un hélico ça fait énormément de bruit donc ils l'ont entendu depuis longtemps et donc quand on arrive bah ils sont ils sont prêts à nous accueillir. En fait, il faisait il faisait une nuit Ouais. assez assez sombre.

Pas complètement noire mais assez sombre. Et en fait, quand on descend de l'hélico, on se fait déjà canardé, [ __ ] Donc donc en fait, on est on est dans le nuage de poussière parce que quand un hélicopose dans le désert, ça soulève énormément de sable. Donc on est en fait, on est dans une bulle, on est dans les balles déjà, ça tire.

Ouais, bien sûr. Ouais, ouais. on les entend et on on on perçoit même parfois un peu les traces dans le dans la poussière et et puis il y a des puis il y a des étincelles parce que parce que ça tape ça tape contre des des choses.

Il y a les étincelles aussi qui sont faites par les pesles de l'hélico. Donc tu sais pas trop en fait qu'est-ce qui fait quoi. Donc c'est un moment qui est un peu en un peu en suspendu.

Tu tu passes de la soude de l'hélico à je pose le pied sur le sable et là et là ça cartonne et c'est parti quoi. on est tout de suite tout de suite dans le match mais il y a il y a une perception qui a un peu altéré euh enfin en tout cas moi c'est comme ça que souvent je vois je vivait les choses c'est que des fois j'ai j'avais un peu l'impression que les choses se ralentissaient euh parce que tu es en pleine production de de d'adrénaline. Donc tu es tu es tu es tu as les sens qui sont les sens qui sont hyper aiguisées et en même temps tu es hyper concentré parce que tu es tu es tu es dans ta mission et puis tu es au cœur de le enfin tu arrives sur l'action et donc tu arrives et donc tu es dans cette bulle qui se dissipe petit à petit et donc là en l'occurrence en fait on profite souvent c'est ce qu'on fait souvent on profite du nuage de poussière ce qui fait que nous on voit rien mais eux ils nous voi pas non plus pour se déplacer et sortir de la ligne de tir comme un fumigène quoi.

Voilà c'est un peu comme un fumigène. Donc on en profite pour se sortir de la ligne de tir et ce qui fait qu'on on reprend une une situation un peu plus maîtrisée parce que comme il fait nuit, ils ont le ils ont le doute, ils savent pas exactement où est-ce qu'on est. Donc là après on peut reprendre la mission, on peut se réorganiser et reprendre la progression.

Question bête, mais pourquoi il remontent pas dans leur pickup et ils se barrent pas ? Parce qu'ils savent que vous arrivez en hélico, vous êtes suréquipé, il y a peu de chance quoi. Ben parce qu'ils savent que leur pickup ila moins vite que l'hélico.

Ça dépend aussi de qui est en face. Il y a des il y a des adversaires qui sont plus ou moins déterminés. Il y a des mecs qui se rendent tout de suite.

Ah oui, on a sur beaucoup de missions, on arrive et les mecs, ils sont déjà les mains en l'air et ils se rendent immédiatement parce que ils savent que le rapport de force leur est défavorable. Euh il faut se mettre à leur place aussi. tu es tu es là tranquille dans le désert et d'un coup il y a des hélicos qui font un bruit de tonner qui arrivent et tu as des mecs surarmés euh qui qui débarque et et qui fonc sur toi.

Donc on génère la peur aussi chez eux euh et heureusement euh mais parfois ils sont très combatifs. Il y a des jusqu'au bouddhistes quoi. Il y en a qui vont Ouais.

Ouais ouais ouais. Et donc là il se passe quoi ? tu arrives, tuapproches et là donc on donc là on reprend la progression et en fait au bout d'un moment enfin très très vite parce qu'on est on est à courte distance il il repèrent à nouveau notre position ou et donc ils se remettent à tirer et donc là c'est là que nous on brise la discrétion et qu'on engage le combat et donc là on n plus nous on aveuglé donc assez vite tous ceux qui sont qui sont pas cachés derrière les véhicules et masqués on les neutralise on les neutralise assez facilement parce que on a des très bons tireurs et puis on a nos nos appareils de visé qui font que on est on est performant.

Tu dis ils sont 8, nous on est 11. C'est la limite du niveau de risque acceptable. Ouais, parce que en général on cherche un rapport de force favorable.

Quand on le peut, on essaie d'être plus nombreux que les adversaires et puis d'avoir des appuis extérieurs. C'est avoir par exemple un un hélicoptère d'attaque tigre avec un canon. Euh quand on peut aussi un hélicoptère avec des tireurs d'élite embarqué. euh parfois des des avions de chasse au-dessus si c'est nécessaire ou des drones.

Là sur cette mission là en fait euh il y avait beaucoup de forces de la du groupe de force spécial qui avait qui étaient déjà engagé sur une autre opération et donc là on avait le minimum c'est-à-dire qu'on avait juste un hélicoptère de transport de commando et l'hélicoptère tigre c'est tout. on avait rien d'autre et et en plus ce qui fait que le risque était aussi très élevé c'est qu'on avait pas de on avait pas de renfort. Il y d'habitude sur une mission prévoit toujours un petit élément réservé.

On appelle ça une QRF, c'est une quick response force. Donc c'est des renforts qui sont en alerte, prêts à venir nous renforcer s'il y a besoin. Si c'est trop chaud.

Là, il y en avait pas parce que tout le monde était consommé euh à part nous sur des sur d'autres missions et euh on était très loin des bases euh française donc on avait un délai qui était très long en cas de blessé pour euh l'évacuation médicale. Donc c'était très très mauvais. Donc c'était vraiment tendu.

Et il y a tu dis un ennemi qui sort un lance-roquette depuis un pickup et qui vous tire dessus, c'est là où ça va basculer en fait. À ce moment-là, en fait, le tigre retrouve la capacité de tirer parce qu'il avait une panne sur son canon. [ __ ] !

Euh c'est un truc qui arrive parfois. Et juste à ce moment-là euh donc on a le alors moi j'étais euh j'étais à ce moment-là euh je m'en souviens à la radio avec le le chef de groupe et euh et en fait c'est le souffle un peu du de l'explosion qui me de la requette qui me rappelle un peu sur le sur ce mec-là et juste à ce moment-là le tigre me dit "Le canon est bon." Donc je dis "Bah vas-y mon gars feu." Et il le touche.

Ouais. Ouais. En fait il était à côté de son véhicule donc il tire.

C'est une salve he c'est donc ça en fait ça ça tape le sol sur plusieurs plusieurs dizaines de mètres et donc il traffe et il tape le véhicule et donc ça explose. Les mecs qui sont autour sont les deux mecs je crois ou trois je sais plus qui sont autour sont immédiatement neutralisés. Il y a peu de chance de survie face à un hélicoptère tigre.

Ah ouais ouais. Non c'est c'est vraiment une bête de combat. Ils ont une visée thermique.

Donc même quand la nuit est absolument noire parce que nos jumelles de vision nocturne, ça marche avec de l'intensification de lumière. Donc faut qu'il y ait un petit peu de lumière, une lune. Voilà, un petit peu de lune, un petit peu de l'o pour qu'on voit eux, ils ont du thermique.

Donc ça ça repère la chaleur. Et donc là, il y a il y a enfin à moins d'avoir des capes isolantes qui coupent la détection de chaleur, euh tu es immédiatement repéré. Donc souvent sur nos missions euh par exemple quand on allit chercher des mecs qui sont cachés dans les buissons ou dans des arbres parce que comme je l'ai dit quand on arrive des fois les mecs ils flipent et euh ils peuvent se rendre ou ils peuvent se sauver et donc ils profitent parce que le désert c'est pas vraiment euh du sable plat, il y a plein de buissons, de petits arbres épineux et cetera et les gars arrivent à se cacher dans des trucs des des buissons qui sont gros comme ça.

Les mecs, ils arrivent à se cacher dessous quoi. Et pour les trouver on utilise, on appelle le tigre. Il nous dit "Là là il y a un mec 3 m devant vous." Nous, on le voit pas.

Il nous dit "Il y a un mec 3 m devant vous." Donc c'est Oui, c'est un c'est un système qui est qui est vraiment très efficace. Et puis ils ont un canon qui suit qui est calé sur le sur la chaleur sur non Ouais.

Enfin sur le sur le viseur thermique quoi. Ouais. Donc il y a peu de chance de le rater quoi.

Ouais. Euh tu vas être à ton tour visé par par un un des buissons. Tu dis tu tu vas avoir des balles, tu vas les entendre, on va te tirer dessus à ce moment-là.

Ouais. En fait, c'est je vois des impacts de balles sur le sable juste devant moi. En fait, je regarde là donc c'est des des le sable qui soulev et donc je cherche autour moi, il y avait le docis qu'on a parfois on a un médecin avec nous.

Donc il y avait le médecin et c'est lui qui me dit "Ah regarde ça vient ça vient de là." Et donc immédiatement on on vise on vise l'origine des tirs et puis on engage. Tu as tiré dans le buisson ?

Ouais, j'ai tiré dans le buisson le sur le lieu d'origine des tirs, quoi. Et euh puis là, ça s'est arrêté. Donc euh je pense que à ce moment-là, je j'étais pas sûr, mais je pensais l'avoir touché.

Euh, donc j'ai gardé euh j'ai demandé à un gars de de rester avec son fusil sur le buisson au cas où ça reparte. Et puis on a continué la mission et puis quand on avait terminé, quand tout était stabilisé, on allait reconnaître ce buisson pour vérifier que le gars avait été avait été neutralisé. Et tu l'as eu ?

Oui. C'était ton premier euh dont je suis sûr. Ouais.

Ouais. En Afghanistan, je sais pas. Je je pouvais pas savoir mais là oui oui c'était c'était sûr. et tu dis "Tu vas voir le corps parce qu'il faut que vous fassiez euh de la reconnaissance." C'est enfin vous dites "Aller au résultat, c'est aller voir s'il a pas un disque dur dans sa poche, des papiers d'identité, un portable euh pour avoir du renseignement et vous dites parfois vous prenez l'ADN, les empreintes." Enfin euh ça ça doit être bizarre quand tu sais que tu l'as abattu d'aller prendre sa main.

Mais en fait euh après nos opérations de de contre-terrorisme, on fait une exploitation, ce qu'on appelle une exploitation de sites sensible. Donc en fait, c'est comme de la police scientifique, sauf que c'est fait par les assassins. Donc donc on on les mecs qu'on a tué.

C'est dur cette phrase. Ouais mais mais c'est ça, c'est de la police scientifique. On prend les empreintes, on prend l'ADN, on fait des photos, on prélève toutes les donc on met des gants en en plastique pour pas laisser de trace et on exploite tout le tout ce qui peut être utile au renseignement.

Donc les supports numériques, les téléphones, on prend les numéros des armes, on on prend tout ce qui peut être exploitable en terme de renseignement et c'est aussi des éléments de preuve euh pour pas que l'ennemi ne puisse exploiter nos opérations. Faut pas qu'il y ait une communication en disant ils ont arrivé et ils ont massacré des familles. Non, nous c'est des preuves que ceux qu'on a neutralisé c'était des combattants.

Et est-ce que la la tu avais la preuve le mec du buisson, c'était le gars que vous alliez chercher en plus. C'est ça. Ouais, tout à fait.

C'était la cible. C'était la cible. C'était un chef un chef terroriste celui qu'on était venu chercher.

Et ça t'a rien fait psychologiquement ? Le fait de savoir après que c'était la cile important donc ça devait pas être un gentil. Ouais.

Non non. Est-ce que psychologiquement le soir tu te couches tu dis "Tuain j'ai tué quelqu'un". Tu vois même si c'est tu es entraîné pour ça tu sais que tu vas le donner.

On en a parlé avec Sébastien Lecornu, ministé qu'on remercie encore d'être venu et qui qui expliquait qui dit euh on sait qu'on a un contrat et qu'on peut donner la mort euh à un moment donné mais ça fait toujours quelque chose peut-être. Tu vois, c'est plus c'est plus sur le deuxième parce que tu l'as fait une fois, tu c'est là que tu te rends comptes et c'est plus sur le deuxième que tu tu vas peut-être te poser un peu de questions. Mais mais en gros enfin, moi je le je le vis assez bien.

Je suis enfin je suis en paix avec mon âme de ce point de vue-là parce que je sais que les mecs sur lesquels j'ai tiré, c'était déjà il me tirait dessus et puis et puis c'était pas des enfants de cœur. C'était vraiment enfin c'était des vrais terroristes. C'est pas des c'est pas des mecs qui étaient là par hasard.

Et qu'est-ce que vous allez faire de leur corps ? Juste on parlait de ça justement. Tu disais que tu respectais qu'est-ce que vous faites à la fin ?

B on répète on respecte le leur rythme en fait. Donc en l'occurrence dans tout ce qui est lutte contre le djihadisme en général ce sont des musulmans et donc on répète on respecte le le rit islamique et on les enterre dans la direction de la Mec puisque c'est les c'est les consignes qu'on a et puis ça semble normal. Il y a pas de raison de manquer de respect aux morts.

Comme je disais, il y a pas de haine. Euh, on sait pas qui c'est ou alors quand on sait qui c'est, ben ça y est, il a il a payé. En fait, c'est terminé.

Donc, il y a pas de raison de de le souiller. Je voulais qu'on parle juste un truc rapidement. On en a parlé tout à l'heure vite fait, mais on peut larguer absolument tout d'un avion.

Tu disais, c'est assez fou de cette de cette A400M. C'est un avion qui peut voler quasiment tout droit, se mettre vraiment même quasiment à l'envers, enfin à l'envers, pas tout à fait, mais il peut vraiment tourner bien plus qu'un A330 par exemple, un avion, un Airbus classique. Je voulais juste parler d'un truc les chiens, on a abordé le sujet rapidement.

Tout à l'heure, on a vu un chien sur la base passer avec un un masque. Avec un masque avec bah vraiment une paire de lunettes et une espèce de de de groin comme par exemple, on peut avoir dans un avion rafale, c'est où il y a de l'oxygène à l'intérieur, ils appellent ça le groin. C'est ça.

Il y en a un qui a été fait exprès sur enfin ici sur cette base pour les chiens. Vous avez été les premiers au monde à pouvoir sauter avec un chien. Ouais.

Alors, ça a été développé par des équipiers du CPA10. En fait, on part du principe que on a des chiens, des chiens de guerre, c'est des équipiers et en fait, ils doivent nous suivre euh sur toutes nos missions. Ils doivent pouvoir aller partout avec nous.

Ça vous sert à quoi demander ? Peut-être la première question que je poser chiens. Ouais.

Alors, c'est des chiens de détection et d'attaque. Donc, détection, ça veut dire qu'ils peuvent détecter des pièges, par exemple, de l'explosif, peuvent faire de la recherche, c'est faire on les fait chercher quelqu'un qui se cache par exemple et et ils font de l'attaque. Donc comme un chien d'attaque, on lui dit "Fonce sur celui-là, il y va".

Ils peuvent rentrer dans la maison et détecter s'il y a un mec caché derrière sous un parquet, un truc comme ça. Ouais, par exemple. Ouais, tout à fait.

Et puis euh nos chiens, ils sont dressés, ils peuvent aller mettre en place un petit drone roulant euh de reconnaissance à un autre étage parce que le chien, il est très léger et puis avec ses avec ses pattes, il fait pas de bruit. Donc on va l'envoyer à l'étage du dessus, il va prendre dans sa gueule le petit drone roulant, il monte à l'étage, il pose le drone, il revient et après on pilote le drone pour faire une petite reconnaissance. Il y a pas de chien avec des armes ?

Non, leurs armes, c'est leurs dents. Ouais, déjà c'est bien. D'ailleurs, on les appelle les euh les canines pour les les canines.

C'est le c'est le patch qu'ils ont, le mot code qu'on utilise, c'est K9. Un chien a pas peur de sauter en parachute au début ? Euh parce que toi tu sais pourquoi tu le fais, le chien il comprend pas.

En fait, il son on les familiarise petit à petit. D'abord euh ils vont d'abord ils vont monter dans l'avion au sol, après ils vont monter en vol, après ils vont faire euh ils vont s'équiper euh s'arnacher euh comme pour sauter mais depuis le sol et et petit à petit en fait on les a on les acclimate euh comme d'ailleurs comme pour tout ce qu'on leur apprend. Euh c'est comme à des enfants, on va on va y aller étape par étape et puis euh jusqu'au jour où voilà où il y aura le le saut et euh et euh et puis après une fois qu' une fois qu'ils ont fait quelque chose, bah ils ont vu que ça se passait bien.

Donc euh donc on peut recommencer. Sans donner de détails trop précis, tu disais que tu pouvais sauter beaucoup plus haut tout à l'heure par rapport à un vol classique à 4000 m à peu près, 4 km d'altitude quand vous les faire un son parachute avec des copains ou quoi. Où est-ce que tu peux sauter au minimum ?

Est-ce que vous avez des parachutes plus efficaces pour vraiment sauter hyper bas pour justement être détecté par personne et que l'avion ? Ouis, on a les euh donc ce qu'on appelle les coupoles, les parachutes automatiques où vous accrochez avec une tous en fait tous les paras, on commence par ça. On est formé au parachutisme, on passe le brevet para, c'est du largage où on est accroché au câble et puis on sort les uns derrière les autres et puis on est largué en en nombre bas avec une coupole.

Et nous dans les forces spéciales, on le fait plus bas que les autres. Donc on descend jusqu'à 200 m et euh tu sautes à 200 m. Ouais, c'est le c'est le c'est le plus bas qu'on fait.

C'est plus bas que la tour eff. Ouais, tout à fait. Ouais, on est tous pas intérêt que ça s'ouvre pas parce que là la décision, tu as un parachute de secours ou pas ?

Oui, bien sûr. Ouais. Ouais.

C'est bah enfin c'est on a un vent, ce qu'on appelle le ventral qu'on actionne avec une poignée en cas de problème mais il y a il y a effectivement moins de temps de réaction que quand on saute. La norme c'est 300 m. OK.

Voilà. En formation on commence à 400 m. Après la norme c'est 300 m et nous on descend à 200 m.

On va faire venir un collègue, un de tes collègues dans un instant pour nous raconter une mission assez euh assez euh incroyable et horrible en même temps dans dans un hôtel au Burkina Faso. Euh juste avant, petite question, on parle de ça. Tu as déjà eu un souci en son en parachute ?

Euh des petits problèmes, ouais, mais rien de rien de grave. Euh mais euh mais ça arrive ça arrive quand même de temps en temps. Euh on a un parachute de secours qui est la même voile que celle qu'on utilise normalement.

Donc tous ceux qui ont eu des problèmes à l'unité en en para leur voile principal, ils ont fait la procédure de secours et ils ont volé avec le avec l'aile de secours. Donc donc ça se passe très bien, ça marche très bien. Faut garder son calme quand ça s'ouvre pas la première.

Oui, bien sûr. Il y a en fait on mécanise énormément et on répète au sol les procédures et quand quand il y a un incident, on connaît la réaction à appliquer à cet incident et on l'applique mécaniquement. Qu'est-ce que c'est que le verre action ?

On va le voir quand on va vous suivre dans un dans un dans une mission d'entraînement en tout cas pour aller libérer des otages fictifs. Mais il y aura des comédiens qui vont jouer enfin des des vrais humains qui vont jouer. Vous allez vraiment tirer avec des munitions particulières.

Tu nous expliqueras ça tout à l'heure. Qu'est-ce que c'est que le vert action ? Ça c'est très particulier.

Alors ce que nous on appelle le vert action c'est l'autorité qui nous délivre le le l'autorisation de de passer à la phase finale d'une mission. Donc ça s'applique pas forcément à toutes les missions, mais sur certaines missions, il y a un point de non retour. En fait, c'est un endroit et un moment où si on n pas le ver action, on peut repartir en arrière et c'est comme si on était jamais venu.

Par contre, si on passe au-delà de ce point de nos retour, donc si on a le ver action et qu'on franchit ce point-là, il y a plus de retour en arrière parce que on engage le la bulle autour de l'ennemi et on on est détectable par l'ennemi et on on passe en zone de combat, en fait. Donc à partir de là euh l'ennemi saura qu'on est venu. Est-ce que parfois vous arrivez vraiment sans aucun bruit la nuit avec les lunettes et vous arrivez vraiment à à accéder à des otages à à tuer les terroristes sans que personne entende à l'extérieur du village ou de la maison à ressortir sans que personne ne vous a entendu ?

Oui. Euh oui oui, c'est euh c'est quelque chose qu'on a fait euh qu'on fait qu'on a fait plusieurs fois euh surtout pour des euh des captures. En fait, le but c'est justement de de de capturer les ennemis vivants et donc le mieux en fait c'est d'aller au plus près sans qu'il s'en rendent compte.

Et donc dans ce cas-là euh on va euh privilégier une mise en place qui soit la plus discrète possible. Et c'est là que souvent on saute en parachute, on fait euh ces infiltrations sous voile dont on a parlé dans nuit bien sûr. Euh et euh on se pose discrètement, on approche et plus on va s'approcher, plus on va ralentir dans notre progression, plus on va euh soigner nos déplacements de manière à arriver sur l'ennemi et le surprendre.

Et plusieurs fois, il nous arrivait de de d'en fait de réveiller de réveiller des mecs qui étaient en sur leur campement. tu arrives jusqu'à lui quand il dort ? On les arrive, on les on les réveille et on les enfin les capture en les réveillant quoi.

Mais les gens autour vous ont pas entendu ? Non. Bah en fait les gens autour c'est euh c'est le c'est le reste du campement.

Ça peut aussi être effectivement dans des villages. Mais dans ce cas-là en fait on va discrètement jusqu'au euh jusqu'au bâtiment où il y a la cible. On fait pas de bruit.

On rentre, on on fouille les pièces le plus discrètement possible et puis on chope le mec qu'on est venu chercher. Et là l'ennemi c'est le bruit. ouvre une porte et le moindre bruit, ça peut réveiller le gars, il a une galage derrière, tu sais pas.

Alors souvent sur les campements, il y a pas de il y a enfin il y a il y a rien en fait. Ils dorment à la belle étoile ou alors ils sont dans détente même parfois dans les maisons, il y a pas forcément de porte. Euh sinon effectivement c'est un obstacle à discrétion mais en fait souvent le les conditions qu'on font qu'on peut être discret.

Il y a pas de Il y a on marche dans le sable et on arrive mec qui dort par terre et on le réveille quoi. Tu as déjà enjambé euh je sais pas les femmes et les enfants du gars sans sans les réveiller pour attendre un mec par exemple euh sans réveiller la famille autour. Alors sur des Oui.

Ouais c'est déjà c'est déjà arrivé. Alors pas forcément de marcher marcher dessus mais parfois parfois au moment où on capture un mec donc là forcément ça réveille tout le monde et là bon ça commence à tout le monde se réveille c'est les gamins qui crient les femmes qui paniquent et cetera donc là il faut faut calmer comment tu fais pour que ils se taisent on les calme en fait on s'approche on leur fait des signes. Bon alors ça marche pas très bien en général parce que faut se mettre à leur place.

Euh, tu as des mecs qui arrivent avec des avec des halau de lumière devant les yeux qui débarquent de nuit comme ça. Après, c'est des mecs qui vont se faire sauter sur un marché peut-être le lendemain. Enfin, c'est des c'est parfois c'est au dernier moment quand vous intervenez, c'est vraiment Ouais. quand on pour rien quoi, on va pas au petit bonheur la chance choper des mecs dans leur dans leur sommeil. c'est il y a du renseignement qui est fait au préalable et on sait que on va chercher des euh des membres des groupes armés terroristes.

Donc il y a vraiment se dire au bruit et ça t'arrive de faire une comme chaque être humain de pas de faire une connerie mais tu vois de il y a personne qui fait du bruit et tu en as un qui tape à un moment donné dans une casserole, j'en sais rien et puis d'un coup ça ça doit arriver ça. On nous avait déjà raconté des anecdotes un peu comme ça mais ouais oui c'est genre de choses qui peuvent arriver. Après souvent comme je t'ai dit souvent c'est dur c'est sur des campements parce que on essaie de privilégier le moment où les gens sont en déplacement quand ils sont pas dans des dans des dans des villes.

Donc il y a finalement il y a peu de choses qui prêtent à faire du bruit autour mais ça peut arriver ça peut être aussi une branche qui craque parce que il y a quand même de la végétation dans le désert. Il y a des buissons, des choses comme ça ou un sac qui s'accroche dans des épines. Donc oui oui ça peut arriver.

Tu fais quoi quand tu as une branche qui tu arrêtes de bouger ? Tu bouges plus ? Ouais.

Bah c'est comme euh comme quand tu es gamin et puis que tu te lèves pour aller taper dans le chocolat euh tu te figes et puis tu attends de voir si les parents sont réveillés. C'est un peu plus dangereux, hein. Ouais mais euh c'est nous les plus dangereux avec le sourire.

Elle est folle ta phrase quand même. Pourquoi vous êtes plus dangereux que les autres ? Parce qu'on est mieux entraîné, mieux équipé, expérimenté dans ce qu'on fait.

Et donc euh en général, on a une une supériorité aussi bien technique grâce à aux technologies qu'on a que tactique sur nos adversaires. Alors attention he des fois il y a des mecs en face qui sont qui sont vraiment de très bon niveau. C'était surtout le cas chez les gens de l'État islamique en fonction des en fonction des groupes.

Il y avait vraiment des gens entre niveau. Par exemple les Tchenen euh qui faisaient partie de l'État islamique. c'était des vrais combattants.

Euh mais souvent c'est des gens qui font ça parce que euh donc soit c'est des chefs euh les les ceux qu'on va chercher hein, les les ordures. Euh donc c'est des gens qui euh qui euh qui disent aux autres de faire des saloperies mais qui les font pas trop eux-mêmes. Donc c'est pas vraiment des combattants.

Euh soit c'est leurs hommes et là il y a tout. Il y a il y a des combattants nés et puis il y a des mecs qui sont là parce que ils ont d'autres affaires parce que c'est l'occasion de gagner 20 dollars au lieu de 2 dollars. Donc en règle générale, on est on est supérieur à l'adversaire.

Un gars un gars de ton groupe m'a dit que je connais un petit peu m'a dit "Un jour je suis plus dangereux queeux parce que j'ai tout à perdre." Il part en mission, il est parti en mission, on le citera pas, on l'embrasse. Alors que sa femme était enceinte.

Il dit, "Imagine la force mentale qu'il faut pour avoir un enfant en préparation qui va arriver et se dire je vais peut-être jamais le connaître." Donc, il a tout à perdre. Alors, c'est ça c'est quelque chose effectivement qu'on qu'on connaît tous enfin tous ceux qui ont des familles, on connaît ça.

Soit des enfants à être, soit des enfants déjeuné. Et effectivement, oui, on a on a euh enfin sans sans déshumaniser les mecs d'en face, euh on a on a souvent plus à perdre que parce qu'on a une vie qui est finalement plus enviable. Euh on va dans des pays où la vie est souvent très dure et euh et donc il y a des gens effectivement qui font ça un peu par désespoir.

Mais il y a pas que ça. Il y a aussi des des vrais idéologues, des gens qui qui nous en veulent vraiment. Et et c'est cela nos cibles.

Nous, c'est c'est eux qu'on va chercher, c'est pas le kid moyen. Mais autour de ces gens-là, autour de ces cibles, il y a aussi euh des combattants qui qui font ça parce qu'ils ont ils ont pas d'autres choses à faire. C'est ce qu'on disait tout à l'heure ou des ils ont trouvé une cause finalement, une raison d'exister.

Et dans ton livre, donc je rappelle, il s'appelle Force Spéciale, les guerriers du 10, c'est chez Marœuil édition qu'on embrasse qui fait plein de livres d'ailleurs sur les les gens des armées, des services et cetera. Il prome beaucoup. Et donc dans ton livre à moné tu parles euh d'une histoire et où il y a un joker en gros il y a un joker pour Régis.

Euh tu es avec Girot, euh c'est ça un un compagnon qui est dans ton groupe qui est décédé d'ailleurs depuis c'est ça, on en parlera. Euh et euh Régis va avoir un un C'est pas son vrai prénom Régis hein. Non c'est son pseudon.

C'est un pseudo. Il y a que des pseudos. Personne a son vrai prénom.

Ouais. Régis va avoir un joker. Qu'est-ce que ça veut dire avoir un joker ?

En fait, c'est euh c'est le terme qu'on emploie entre nous pour dire que c'est vraiment pas passé loin. Euh donc tu vois quand je racontais le l'explosion euh qui a qui a eu lieu sur le bas côté quand je suis passé en bagnole, ça typiquement c'est un joker. et et donc rég sur une opération en fait, il intercepte deux deux terreau qui arrivent sur une moto eth donc c'est la nuit quand ils arrivent, ils savent pas, ils voi pas qu'on est là, ils reviennent sur un campement et donc au dernier moment à entre 5 et 10 m donc r il avait régis et son binô qui qui leur disent arrêtez-vous et et qui leur mettent un coup de lampe pour pour leur faire signe.

Et là, en fait, à ce moment-là, la moto s'arrête, le celui qui conduit la moto s'arrête et le passager qui avait une une calache, une calashnikov, un fusil d'assaut en bandoulière, lève sa calchnikov et balance tout de suite une rafale sur mes mecs et et donc régissent sur cette sur ce ml. Donc juste juste juste après, il neutralise Ouais. En une seconde.

Donc il reposte, ils neutralisent, enfin ils en neutralisent un, il y a l'autre qui qui part en courant. Donc après ça le combat se poursuit. Mais à ce moment-là, sur cette première rafale, Régis, il prend deux balles dans la plaque.

Euh dans Alors, qu'est-ce que c'est que la plaque ? C'est ça, en fait, on a on porte un gilet de combat avec des plaques balistiques qui couv C'est ça. Qui couvr les organes vitaux et en fait, il a pris deux balles dans dans en plein en plein ventre mais il s'en rend pas compte sur le moment.

Dans le feu de l'action, il s'en rend même pas compte et c'est après en vérifiant son matos qui s'aperçoit qu'il a deux chargeurs parce qu'on met nos chargeurs dessus. Il y a deux chargeurs explosés et des balles dans les plaques. [ __ ] !

Ah, ça a tapé dans ses chargeurs ? Ouais, ça a traversé les chargeurs, ça les a éclaté. Parfois, le matériel, ça sert, c'est le but.

Mais parfois, ça tape dans un truc à rien à voir. Un chargeur qui va aussi Ça arrête une balle un chargeur. Non, derrière.

Ouais, c'est la plaque derrière qui est faite pour ça qui arrête les balles. On voit aussi un casque là à l'image, voilà, on citera pas la personne mais qui qui a pris une balle de 762 39, une balle de cashnikov au niveau de la tête et ça a arrêté, vous le voyez à l'image là, ça a arrêté complètement la la cartouche quoi. Ouais.

Euh c'est à ça que ça sert les gros casques balistiques. C'est pour ça qu'on porte des casques et et des gilets par balle. Euh de semaines plus tard, il y a donc on va parler de de TST time sensitive target.

Qu'est-ce que ça veut dire ? En fait, c'est euh c'est une cible fugace. Ça veut dire que euh on va pouvoir euh faire une mission pour la neutraliser ou l'intercepter euh pendant un temps limité parce qu'on sait que après il est par exemple, c'est quelqu'un qui peut être en déplacement entre deux villes et on sait que entre les deux villes euh quand il va arriver dans l'autre ville, il va il va se perdre dans la la circulation ou dans la dans une marée humaine ou genre de choses.

Donc il faut l'intercepter pendant qu'il est en déplacement. Ou alors on sait qu'on a une surveillance par drone et que dans quelques heures, le drone va devoir partir pour aller faire le plein de carburant. Donc on a un créneau d'action et si c'est une cible importante et qu'on a cette occasion, on la saisit.

Même si c'est de jours que les conditions sont défavorables, on va saisir l'occasion et agir sur la cible. Donc là, vous y allez à 12h15. C'est pas un horaire très discret.

Ouais. Non, c'est en pleine journée. On part on part à 125 et il y a 2 heures de vol encore un peu plus même de 2h de vol pour rejoindre la cible.

Donc on arrive on arrive il est Ouais, il doit être 15h parce que 125 on est déclenché donc on prépare un peu la mission quand même avant d'embarquer dans les hélicos. Plus 2 heures de vol, on arrive, il est à peu près 15h. Qu'est-ce qui va se passer ?

Donc là en fait on on débarque à proximité. Euh on n'est pas engagé tout de suite parce que on avait repéré sur la la vidéo du drone qu'il y avait une dune. Donc on se fait déposer derrière la dune, ce qui nous permet d'être protégé dans ce moment où on est un peu vulnérable.

Et donc après, on monte immédiatement la dune pour se retrouver euh face aux ennemis. Et là, ils étaient euh au départ quand on part, ils étaient trois, mais là, ils étaient plus que deux parce qu'il y en avait un qui était parti et euh et donc il y en a un qui engage le combat immédiatement et donc bah on lui tire dessus, on neutralise euh et l'autre par contre se rend. Donc il y en avait un qui avait choisi de qui avait choisi de mourir au combat et l'autre qui qui a préféré qui a préféré se rendre.

Et vous allez trouver des papiers enterrés, c'est ça ? C'est c'est à ce moment-là. Ouais.

En fait, quand on arrive au départ, il y a le il y a là, on avait un hélicoptère avec des tireurs d'élite embarqués qui survolent qui survolent qui les survolait puis qui faisait des tirs de ce qu'on appelle des tirs de cloisonnement. Donc il tire sur le dans le sol, il tirent pas pour les toucher, il tire dans le sol de manière à éviter que qu'il s'enfuit. Etth et pendant que il faisait ça, le le gars courait se déplacer et ils ont vu qu'il avait caché quelque chose dans un buisson.

Donc évidemment, on est on est tout de suite allé fouiller pour voir ce qu'il avait caché. Et en fait, on est tombé sur une papier avec des des dessins et des choses écrites en arabe. Et euh et donc moi, j'avais un de mes un de mes équipiers euh qui parle arabe et qui a qui a interprété qui a interprété les documents et en fait c'était les plans d'un attentat qui était prévu quelques jours plus tard sur un sommet international.

Il y avait tout, les positions, les les armatisé et cetera. Toi, tu as pas l'info de parfois pourquoi tu vas sur ce mec là. On te dit juste lui, il faut le ramener et tu sais pas pourquoi tu as pas toutes les infos.

On a on a les informations disponibles. On est on est euh de de ce point de vue-là, je pense dans l'armée française en général euh mais en tout cas c'est vraiment le cas dans les forces spéciales. On nous explique toujours les raisons et euh le renseignement qui entoure nos missions.

Donc là on mais là on savait pas qui préparait un attentat. En fait ça ça c'était pas connu. On savait que c'était un gros poisson.

On savait qu'il fallait qu'il fallait le choper mais on ne savait pas qu'il préparait. Attends, ça c'est vraiment un coup de chance. Va faire rentrer Brasco dans un instant.

Euh un membre de ton équipe qui a vécu une scène horrible, un massacre dans un hôtel au Burkina Faso. Il a vécu donc c'est aussi pour qu' qu'on prenne d'autres missions du CPA10. Juste avant, petite question humaine sans les filles, j'ai pas besoin.

C'est quoi l'image qui t'a le plus marqué que tu arrives pas à t'enlever de ta tête ? Il y a une mission qui m'a plus marqué et euh mais c'est pas la même chose que l'image qui m'a le plus marqué. Fais fais-moi les deux si tu veux.

L'image qui m'a le plus marqué, c'était euh c'est une mission vraiment atypique. Euh on avait été envoyé pour reconnaître le site du crash d'un avion de ligne. En fait, il y a un avion de de ligne qui s'était craché au en plein désert dans le mal en zone non contrôlée.

L'endroit faisait que c'était difficile d'y aller et puis c'était risqué. Et donc c'est nous qui avions été envoyés et c'est nous qui sommes all fait allés faire la la reconnaissance du site du crash. Euh donc enfin les débris de l'avion et de tous les passagers qu'il y avait dans cet avion.

Euh et là c'était là c'était vraiment c'était vraiment dur. J'ai un de mes mecs qui qui qui en a qui qui en a fait des cauchemars euh pendant des mois d'ailleurs. Il est il a il a quitté il a quitté plus tard.

On est reparti en mission ensemble mais sur la mission suivante, il a dit "Moi, je peux plus parce que ce momentl Ouais, parce que enfin, tu avais des familles entières dans cet avion. Donc tu avais des morceaux, des morceaux de corps humain, d'enfants, de tout quoi. Et et c'était voilà, c'était éparpillé sur le site d'un crash d'avion.

Tu enfin tout est réduit en en mi l'avion, il y avait pas de morceaux plus gros que ça de l'avion. C'était vraiment explosé. Mais par contre, on trouvait des papiers en bon état. on a trouvé des dizaines de papiers d'identité et et donc on a collecté tout ça en attendant que que un détachement plus important de de l'armée régulière vienne pour sur le sur le site.

On a on a récupéré tout ça et en fait tu te regardes les papiers et puis tu as les enfants, les parents, les grands-parents euh leur papiers d'identité. Donc en fait, tu sais que là, il y a une famille entière euh qui a qui a trouvé la mort. Et ça, c'est vraiment c'est vraiment ça a rien à voir avec les missions de combat, ça rien à voir avec tout le reste, mais c'est vraiment euh les images de cette mission là, c'est vraiment Mais ça fait partie de tes missions quand même.

Ouais. Bah en fait, on est un peu un on est un peu un couteau suisse quand quand on sait pas à qui faire appel. Souvent, on fait appel aux forces spéciales parce que c'est risqué, parce que on sait pas trop comment faire et donc on dit à les forces spéciales déjà ils sont réactif euh ils ont l'habitude de prendre des risques et puis ils sont imaginatifs.

Donc on va leur confier une mission et puis ils vont trouver une solution. Etth donc c'est vraiment voilà, ça a rien à voir avec nos missions habituelles mais c'est des images. Ouais, c'est des images qui m'ont marqué.

Et la mission qui était le plus marquée au sens large du coup. Après, en terme de en terme de mission, c'est quand quand on a perdu quand on a perdu Giro. Forcément, parce que perdre perdre un de tes équipiers, c'est le pire qui puisse arriver à un chef.

Tu étais chef sur cette mission là ? Ouais, c'était moi le le chef de détachement et le et le chef sur le chef de mission sur le terrain sur sur l'opération en question. Tiro, il ont mis une photo de lui, si tu veux bien à l'image.

Euh qu'est-ce qui s'est passé ce jour-là ? En fait, on était en fin de mission, on avait fait, c'était une mission de reconnaissance longue. On était en en reconnaissance motorisée au Normaliie.

Euh ça duré ça a duré une semaine. Euh on était sur le retour et euh on savait que que les groupes armées terroristes en avaient après nous parce que plutôt dans cette mission, en début de mission, on avait on avait tapé euh on il y avait eu un combat et on avait on avait neutralisé un de leurs chefs. Euh c'était c'était un coup de chance. on était tombé dessus et on l'avait neutralisé et on avait poursuivi la mission et sur le retour euh en fait on savait on savait que il voulait se venger.

On avait vraiment pris toutes les mesures. On changeait d'itinéraire, on faisait des des contre-embuscades, des faux bivoac et cetera et et mais sur le sur le retour, alors qu'on avait fait des manœuvres pour pour faire croire qu'on allait passer par ailleurs et qu'on passait par là, il y avait toute une zone on avait on avait pas le choix en fait. il y avait des rochers qui faisaient qu'on devait passer dans une route.

Voilà, on pouvait, c'était pas une plaine où on pouvait passer à droite à gauche, on avait pas le choix. Et donc à cet endroit-là, ils avaient mis un piège et on sait on sait que c'était on sait que c'était pour nous parce que après coup en analysant la scène, on a vu des trace de pack qui était qui avait à peine une heure quoi. Et euh et donc ils ont mis une un piège explosif avec une avec une mine antichar et euh et donc ils l'ont fait exploser sous euh sous notre véhicule de tête euh dans lequel il y avait euh donc il y avait trois équipiers.

Quand ça arrive, c'est euh c'est moi j'étais de le véhicule juste après euh enfin pas juste après celui juste derrière. Donc il y avait un véhicule entre nous. Moi ce que je vois c'est je vois une boule de feu et le le véhicule qui part à 3 m de haut et puis qui qui retombe.

Donc à ce moment-là moi je me dis j'ai perdu trois mecs et euh bon on réagit, on on passe en mode réflexe, on sécurise la zone, on va sur eux parce que on sait pas si on va pas être victime d'une embuscade en plus en plus. Donc on on prend toutes ces mesures-là et on va très vite sur eux pour euh et là en fait ils étaient juste blessés. Ils étaient tous les trois vivants euh mais ils étaient blessés.

Donc on les a médicalisé, on a déclenché l'évacuation. Euh c'était c'était Cooper d'ailleurs mon radio. Donc c'est lui qui passe qui passe les messages d'évacuation.

C'est les chabun qu'on a reçu dans l'émission. Ouais. Et euh et donc 30 minutes plus tard, l'hélico pose et on les brangarde, on les met dans l'hélico, ils sont évacués.

Donc à ce moment-là, nous on se dit c'est bon, on les a tiré d'affaires, on sait pas encore quel c'est quel ils vont avoir et cétait très blessé. C'est c'est très difficile à dire parce que comme c'est une onde choc, il y a des dégâts que tu vois pas à l'intérieur. Euh on voyait que ils avaient les jambes amochées surtout Giro, mais on sait pas trop.

Ils étaient surtout sous l'effet du choc. Oui, l'effet de blast. Ouais, c'est ça le blast et puis les les le dire le les les chocs contre les contre les parties métalliques du véhicule aussi.

Donc ils avaient de multiples blessures tu tu et ça peut te faire une hémorragie interne. Enfin, il y a plein de séquelles d'un blast d'une bombe ou quoi. Ouais.

Et donc à ce moment-là, voilà, ils sont évacués euh et on se dit bon, on a fait on a fait ce qu'on avait à faire. On est enfin on est il y a la satisfaction d'avoir dans ces conditions fait ce qu'on devait faire et on se dit bah voilà on a trois blessés on sera là pour eux on va voir dans quel état ils seront mais on se dit ils sont tirés d'affaires quoi. Voilà.

Et euh mais en fait plus tard euh donc Giro enfin tous les trois ils sont ils sont évacués en France donc il rentrent à la base et puis ils sont traités il y a jusqu'en France tout de suite une première intervention sur dans le pays dans l'hôpital militaire et après ils sont renvoyés en France ce qu'on appelle une strat donc c'est un Falcon qui les ramène en France un jet privé ou c'est ça c'est c'est le Falcon des armées qui fait Et euh et donc après ils sont à l'hôpital militaire à Paris et ils sont traités là-bas. Et donc sur les trois, il y en a deux qui euh qui vont à peu près bien euh qui aujourd'hui aujourd'hui vont bien euh qui sont traînés et il y a Girot qui est qui est vraiment lui dans un dans un état beaucoup plus dégradé. Et donc en fait le temps le temps passe euh et en fait il l'ampute il l'ampute des deux jambes d'abord dans les tibias et puis après ça remonte et euh et à chaque fois on a des nouvelles cause d'une infection.

C'est ça tu dis ça remonte. Ouis, c'est une infection. Ouais.

Et à chaque fois on a des nouvelles et en fait ça remonte. Donc à chaque fois nous ça nous ça nous impacte forcémentin. Nous on est resté nous on a continué la mission et euh et donc mais c'est un peu à chaque fois qu'on a des nouvelles, c'est un peu comme un coup de poignard quoi parce que parce qu'on pensait on pensait que c'était bon et puis en fait en fait c'est de pire en pire.

Lui il est conscient parfois. Ouais, parfois on a on a même des on recevit même des photos de lui où il faisait signe avec des copains de l'unité qui lui rendaient visite tous les jours à l'hôpital et puis et puis les les deux autres qui étaient hospitalisés avec lui. Donc donc oui, on a on a des moments de c'était un peu l'ascenseur nationale.

On a eu des moments d'espoir et puis après c'était cassé net et puis un mois plus tard fini. Tu la prends quand tu es là-bas ? On est encore là-bas.

Ouais. [ __ ] et là tu as envie de rentrer ou comment ça se passe ? Ouais.

Alors la la fin de mission était proche donc on allait rentrer bientôt mais on a on a demandé à rentrer quelques jours plus tôt pour être présent pour être présent à ses obsèques. Il était papa ? Non non non, il était il avait pas d'enfant en fait.

Aucun des morts au combat du CPA10 n'avait d'enfant. On n pas ce cas de d'orphelin à l'unité. Mais c'est aussi, enfin moi ce que je dis ce que je dis en général, c'est que c'est aussi quand même euh euh quelque chose qui nous impose une charge supplémentaire parce que euh comme ils n'ont pas de descendance euh ça veut dire que euh il y a pas euh une chaîne de génération qui va entretenir leurs souvenirs et donc leurs souvenirs en fait ne reposent que sur nous, sur leur frères d'armes.

Ils ont ils ont des familles qui qui des souvenirs mais leurs parents ou leurs frères et sœurs vont vont disparaître et en fait c'est les seuls qui peuvent sur la longue durée entretenir leurs souvenirs, c'est les générations successives d'opérateurs du CPA10. les jeunes qui arrivent aujourd'hui au CPA10 qui les ont pas connus, qui ont pas connu en combat, il ils sentent ils se sentent responsable, on leur inculque le le le devoir de d'entretenir cette mémoire. Et tu disais que tu étais son chef, tu es son tu as eu un sentiment de culpabilité quand quand ça s'est passé.

Tu t'es dit tiens, j'aurais dû prendre une autre décision. Comment ça se passe dans la tête d'un être chef, c'est pas que pour les bonnes choses, c'est aussi pour toutes les décisions. Ouais, forcément.

Ouais. Ouais, cette mission je l'ai refaite 100 fois. Je l'ai refaite des tas de fois dans ma tête.

Ouais. Ouais. On se pose toujours la question de savoir euh on se pose plein de questions, on l'a refait, on on la refaisait, on la refaisait entre nous quand on était là-bas avec avec le chef d'équipe, avec les autres mecs, on on l'a refaite entre nous des tas de fois pendant longtemps.

Et après on arrive à y retourner. Oui. Oui.

Parce que c'est un en fait c'est un processus de deuil. Donc le le temps déjà fait son œuvre et puis voilà, c'est comme quand on voilà quand on a perdu un proche en c'est ça d'ailleurs. On a perdu un proche quand on y repense il y a l'émotion et puis mais en même temps faut continuer à vivre et puis puis faut continuer continuer à faire ce pourquoi on s'est engagé.

Si euh si on lâche à la première euh à la première à la première épreuve, c'est que c'est qu'on s'est trompé de voix, c'est qu'on était pas fait pour ça. Euh on le sait quand on arrive. D'ailleurs, quand je dis que les jeunes opérateurs qui les ont pas connus, on leur inculent que ce souvenir, ils arrivent, ils savent que dans cette unité, il y a des mecs qui sont morts au combat.

Ils savent que quand on vient chez nous, c'est pas pour faire pompan, c'est pour aller au combat et il y a un prix, il y a un risque et ce risque, il est incarné, il existe, il est il est vraiment présent. Tu as rencontré sa famille après ? Oui, oui, bien sûr.

Oui, oui. Je connaissais ses parents et sa sœur. Ils t'ont parlé, ils t'ont rassuré aussi de leur côté ?

Oui. Euh, alors moi ça m'a pris un peu de temps avant de pouvoir euh de pouvoir euh leur parler, mais euh mais oui, oui, on de temps en temps, on se voit où on se donne des nouvelles au téléphone euh et euh et puis euh les les les groupes entretiennent ça aussi, les groupes qui ont eu des morts au combat, même si aujourd'hui dans l'effectif du groupe, il y a pas forcément pour certains beaucoup de mecs qui ont connu Le gars qui mort au combat en fait, il continue à chaque anniversaire à aller fleurir la tombe, rendre visite à la famille. C'est quelque chose que voilà, c'est quelque chose qu'on perpétue.

Pourquoi tu les as pas vu rapidement ? Tu disais tu avais du mal à les voir à cause de à cause du de la culpabilité. Ah oui, c'est vrai.

Et puis c'est pas facile. Tu sais pas, Enfin, je savais pas quoi dire. Et là, tu as vu un psi ou pas ?

Euh oui oui euh bon on voit des ps après moi je enfin je parle pas trop. Enfin c'est pas mon truc les psis. Je je comprends vraiment euh le le queil y ait ça et c'est très bien.

Il y a des gens qui sont à l'aise avec ça qui qui qui peuvent parler et cetera. Beso euh c'est pas mon cas. Voilà.

Je j'ai pas spécialement envie. Euh on a tous besoin de parler à quelqu'un. Je suis pas je suis pas un grand parleur.

Je parle pas beaucoup. Euh et quand je parle, c'est euh c'est avec les euh avec les les copains, avec ceux qui ont ceux qui ont vécu les choses aussi. Il y a des trucs que tu gardes pour toi que tu dis à personne ?

Ouais, comme tout le monde, je pense. Non, non, mais de de mission, gén pourrait se poser la question euh quand on connaît pas. Est-ce que tu parles à ta femme le soir ?

Est-ce que tu racontes l'émission quand tu rentres ? Parce que on a besoin de parler. Non, non, non.

Je je je raconte je racontais rien à ma femme. D'ailleurs, elle m'a quand elle a quand elle a lu mon livre, elle m'a fait une petite crise. Elle était elle était un peu en colère après moi.

Que tu es vécu ça en fait ? Elle m'a dit "Tu faisais ça, tu partais et tu me disais rien et tu repartais." C'est vrai ?

Ouais. Ouais. Elle m'en a voulu un peu.

Ouais. parce que non, je la préservais tout ça, je raconte absolument rien. Dans les services secrets extérieurs, la DGSE par exemple, il y a parfois ceux qui vivent des choses ont le droit d'avoir une personne de confiance qui déclare, donne le nom de cette personne pour parce qu'on est des cocottes minutes.

Parfois, on a besoin de de raconter, de dire ce qu'on a vécu quand c'est trop dur fort ou trop intense pour aller bien mentalement comme une cocotte minute qu'on a besoin de se décharger. Euh toi tu avais pas ça ? Non non mais d'un autre côté euh tu vois finalement euh quand l'occasion s'est présentée de faire le livre c'était pas du tout prévu.

Finalement ça m'a aussi permis de mettre alors c'était pas écrit, c'était un autre processus mais ça permet aussi de sortir des choses même si j'ai fait l'impasse sur les moments les plus euh les plus difficiles. Euh c'est aussi une manière de tourner la page. On va faire rentrer Brasco dans un instant qui a un membre de ton équipe qui a vécu une histoire que tu racontes dans dans les les guerriers du 10. ton livre, tu tu racontes une anecdote dans un hôtel au Burkina Faso où le CPA est allé à la contre des terroristes qui étaient en train de faire un massacre dans un hôtel.

Ça a été médiatisé, c'est une affaire qui a été connue he on en a parlé aux infos dans les médias et cetera, ça a été repris. Alors, il va se cacher le visage contrairement à toi. Pourquoi est-ce qu'il doit se cacher le visage et pourquoi toi est-ce que tu te le caches pas alors que tu es encore opérationnel ? important de l'expliquer parce que moi je là je pars plus en mission et je vais quitter l'armée.

Je suis à la fin de de ma carrière militaire opérationnelle alors que Brasco lui il est toujours actif et donc il doit préserver son identité comme tous les opérateurs des forces spéciales parce que c'est secret parce que nos identités sont protégées. Elles sont elles sont secrètes de manière à à protéger nos personnes et nos actions. C'est pour ça que vous avez pas des de vos vrais prénoms et des pseudos.

On utilise des pseudos parce ça évite de déraper sur le vrai nom. Et puis en même temps ça fait office d'indicatif à la radio. On s'appelle par nos pseudos à la radio.

Et quand on se choisit ou se fait attribuer un pseudo, il est unique dans l'unité. Il y en a qu'un qui s'appelle avec un pseudo dans l'unité. Donc en fait quand on se parle à la radio, on peut pas se tromper de personne.

Il y a pas deux Tibo de Sébastien alors qu'on peut avoir le même prénom que plusieurs mecs à l'unité. Il y a il y a pas le même pseudo. Et vous avez un passeport.

Comment ça se passe au niveau des papiers ? Je sais pas si on peut expliquer. Est-ce que vous avez un un On peut pas expliquer ?

Si si. Non non, on n pas on a alors on n pas d'identité fictive, on n pas des faux passeports et cetera. Le pseudo c'est juste comme ça.

Euh on pas vous passe écrit sur des papiers mais on n pas j'ai pas un passeport Stan. D'accord. On va faire rentrer Brasco.

C'est parti. Allez ça y est. On a fait rentrer Brasco.

Merci de venir à l'antenne. C'était pas prévu ce matin pour être très honnête. On en a parlé tout à l'heure.

Donc tu as le visage dissimulé sous un C'est un cachcoup que tu utilises en mission. C'est ça. Ça fait partie euh d'une protection qu'on utilise en mission aussi bien pour le visuel, pour pas voir notre visage et aussi en protection pour tout ce qui est sable, projection quand il y a un hélico qui pose ou autre.

Donc c'est pour ça que le son est un peu plus étouffé si vous nous écoutez un podcast audio que que avec Stan juste avant. Euh sans donner trop de date précise, mais toi ça fait plusieurs années que tu es tu es dans le groupe, ça fait longtemps. Ça fait 15 ans au sein du CPA10 et j'ai fait 13 ans de groupe action.

Euh le groupe action, qu'est-ce que c'est un groupe action ? C'est euh on en a plusieurs au CPA 10, donc au nombre de 10. Euh c'est un groupe auquel on appartient et euh qui est utilisé pour faire justement ces ces ces missions un peu spéciales que tout le monde peut pas faire, qui est très précise et coordonnée et on va donc justement utiliser des des des personnes entraînées et faites pour pour être utilisé pour ces missionsl.

Euh Stan, il y a des opérations, je crois que c'est François Hollande qui avait expliqué ça à l'époque, les opérations dites homo euh d'élimination de de cibles qui étaiit faites par le je crois par la DGSE, les services action et cetera. Est-ce qu'il y a l'équivalent euh ici au CPA10 de ce genre de mission euh d'élimination de cib ou c'est une mission en fait classique pour vous finalement ? Alors oui, dans la à la DGE, ils utilisent ce terme de homo.

Chez nous, chez nous, ça existe pas. Euh en fait, on on reçoit une mission militaire. Ça fait partie de des missions.

Dans les missions, il y a détruire, neutraliser, capturer et cetera. Et à chaque fois, on reçoit une mission. Et effectivement, parfois la mission, c'est d'aller éliminer une cible.

Tiens, on peut imaginer les films, les films américains où tu as un président qui file une enveloppe. Est-ce que ça peut se passer comme ça ? C'est un ministre et certaines opérations sont décidées effectivement par le président puisque c'est lui le le chef des armées au niveau opérationnel, c'est lui le le sommet de la hiérarchie des armées pour les opérations et donc les missions les plus sensibles ou risquées euh requèrent parfois sa validation.

Et toi par exemple, tu le rencontres parfois ça t'arrive enfin ou dans le passé non ? Ça, il y a il y a des strates entre nous, hein. C'est sont le c'est le chef d'étatmajor des armées qui fait l'intermédiaire entre le président de la République et le général commandant les opérations spéciales.

Donc entre lui et nous, il y a des strates. On n pas à faire en tout cas dans les opérations, on n pas à faire au président nous en tant que opérateur. La plupart des des missions que vous faites, les Français sont pas au courant.

Oui, parce que parce qu'il y a un besoin de discrétion. Mais c'est un c'est une discrétion qui vise à l'efficacité opérationnelle. C'est parce que on est discret qu'on qu'on obtient qu'on peut avoir, on va dire l'effet de surprise sur nos missions, nos modes d'action.

Une fois qu'elle s'est déroulée, on peut en parler. Alors, Brasco, je vais te laisser parler si tu veux bien. Je vais je vais donner aucune indication comme ça, je vais pas faire d'erreur dans ce que je peux dire, pas dire et cetera.

Je te laisse raconter si tu veux bien, cette mission qui est très marquante. Moi, quand j'ai lu ton livre, j'ai les larmes aux yeux sur sur C'est vraiment le moment où j'ai j'ai ça m'a ça m'a ça m'a angoissé. C'est très violent ce que tu as ce que tu as vécu et c'est même à la lecture, tu vois, ça m'a ça m'a fait trembler la voix.

Enfin, j'ai j'ai j'étais je par avec ma femme, ça m'a ça m'a vraiment touché. Est-ce que tu peux expliquer ce qui s'est passé, quand c'était, où c'était à peu près donner un maximum de détails qu'on imagine, tu vois, qu'on comprenne. Euh oui, c en en 2016.

Euh nous, on est positionné au Mali à ce moment-là. Euh, on est prévu de faire une mission euh ce jour-là, ce soir-là qui a été annulée. Euh donc euh dès qu'on pressait comme on pouvait, on avait prévu de faire euh effectivement un barbuck.

Donc on on avait commencé à essayer de griller quelques saucisses et euh ça peut partir n'importe quand quoi. Voilà. Voilà.

Donc c'est pour ça que quand on a des petits moments entre nous, on peut décompresser un petit peu. On prend ce temps ce temps pour décompresser, même si c'est histoire de de manger quelques saucisses avec avec les copains. Donc donc effectivement le moment s'y prêté euh sauf que bah chez nous ça va tellement vite que des fois on sait pas si on va terminer notre saucisse.

Donc là effectivement ce jour-là un bruit on enfin c'est il y a beaucoup de choses qui peuvent nous nous interpeller quand on est comme ça. On est en repos mais on est toujours sur le tire en alerte. C'est ça.

C'est c'est du bruit, certains petits détail et là pour ce jour-là, c'était le bruit de quelqu'un qui court dans les cailloux. Ça c'est vraiment quelque chose qui qui moi je sais qui m'a interpellé parce que quelqu'un qui court dans les cailloux, dans nos camp, on avait beaucoup de cailloux, c'est que il se passait quelque chose de grave et qu'on vient vous appeler quoi. C'est ça.

Et donc du coup, ça nous interpelle. Nous tout de suite bah on commence à regarder un petit peu à droite à gauche ce qui s'y passe. Effectivement, on vient de nous prévenir pour nous dire de nous équiper rapidement parce qu'il y a une prise d'otage au Burkina Faso et qu'on doit intervenir.

Vous êtes pas au Burkina Faso, on est au Mali. OK, donc il y a un pays voisin, c'est ça ? mais pas si proche quand même.

C'est que c'est quand même à quelques heures de de Non. Donc effectivement, on doit se préparer rapidement pour embarquer rapidement dans dans un gros porteur et euh raller directement le le Birkina Faso maison comme ça hein. Un le même type quoi.

C'est ça, c'est ça, c'est ça, c'est ça. Vous montez dedans, vous êtes même pas euh vous étiez pas au courant 10 minutes avant. Ça part en avion très vite, vous équipez le minimum et vous partez.

On n'a pas le temps de de de réfléchir. On nous dit vaguement ce qui se passe, nous directement, on commence déjà à préparer le matériel. On n' pas de temps à perdre pour euh quand il y a des choses comme ça qui s'y passent parce que chaque seconde qui qui qui qu'on perd, c'est des vies qui sont perdues.

Comme un pompier qui va partir au feu, qui a une alerte, il faut partir vite quoi. Ça c'est le genre de métier où on est on est rapidement amené rapidement à être utilisé. Donc vous préparez vos affaires, vous partez donc en en gros porteur, vous êtes largué en en parachute au-dessus de de l'hôtel qui a pris là où il y a une prise d'otage où vous êtes déposé.

Comment ça se passe ? Non, ce jour-là, on on pose on pose sur l'aéroport et la petite anecdote, c'est que l'aéroport est à tout coupé. Il y a plus d'éclairage complet sur l'aéroport et le pilote doit faire justement un atterrissage sous vision nocturne.

Bon, et les bururkinabés ont tout coupé volontairement. volontairement les lumières de de de la piste. [ __ ] !

Et donc vous vous posez et là vous arrivez devant l'hôtel. Qu'est-ce que tu as comme info ? Donc effectivement, on pose euh on descend et on a rapidement comme info qu'on va être transporté sous blindé des véhicules blindés qu'on a euh nous au sein de de de notre support là-bas et on est déposé à la proximité de l'hôtel le temps de faire un brief et de rapidement intervenir.

Là, tu sais qu'ils sont nombreux, tu sais qu'il y a beaucoup de morts. Tu as quoi comme info ? On a on sait qu'il y a eu beaucoup de morts sur place.

Euh le nombre de de personnels, on ne l'a pas exactement. On sait que ils peuvent être piégés. Ça c'est l'info qu'on a.

Ils peuvent être piégés sur eux et qui sont jusqu'au boutistes pour pour aller jusqu'au bout de leur mission. Piégé, c'est un gilet camikas quoi. Un gilet explosif.

C'est ça. Donc qu'est-ce qui se passe quand tu arrives ? On est trois groupes à intervenir et on se briefe ensemble et on part assez rapidement pour investir l'hôtel.

Tu rentres dans l'hôtel, tu es dans les Tu es où toi par rapport à Donc on fait une approche sur l'hôtel. Nous on a des on a décidé de passer par le 4e, donc de monter sur l'hôtel de voisin, de passer par les toits, de monter sur le splendide et à ce moment-là d'essayer de trouver une entrée au sein d'une porte, d'une fenêtre pour pouvoir accéder dans l'hôtel. Et c'est en s'approchant de l'hôtel qu'on est déjà pris à partie euh où il y a des tirs du 3e qui qui commence à aller sur nos positions et donc rapidement on s'approche de l'hôtel et on commence à monter le un espèce de d'escalier en col maçon.

Tu vois tu vois des des morts ou tu vois rien de l'extérieur quand tu arrives ? Pas tout de suite. Pas tout de suite.

Il fait nuit et on est dans la rue euh derrière l'hôtel. Là où il y a eu la grosse tuerie, c'est la rue devant l'hôtel où il y a le cappuccino juste en face. Là, c'est là où euh voilà, c'est ça, c'est un bar brasserie qui était très fréquenté là-bas.

Et donc, on n' pas de contact visuel pour le moment avec des des des civils ou autres de mort sur place qui était fréquenté par qui ? Euh, il y avait beaucoup d'occidentaux, euh de la population. C'est pour ça que ça été visé pour les occidentaux. pour rien à voir.

Je pense que ça a été euh un des facteurs qui a fait que je pense qu'il voulait un lieu où pour pouvoir faire beaucoup de beaucoup de morts effectivement. Ils ont ils ont ils ont eu ce qu'ils voulaient. Toi, tu vas faire quoi du coup ?

Tu vas rentrer dans chaque chambre au début ? Et notre but principal, c'est de rapidement neutraliser la menace pour arrêter tout ça. Tu peux nous raconter ?

Donc euh effectivement, on a fini de de monter en haut de l'hôtel du de l'hôtel voisin. On arrive à escalader euh le deuxème hôtel qui était un petit peu plus haut pour euh pouvoir accéder à son toit et on trouve un accès pour une porte euh qui donne comme une porte d'ici de secours qu'on arrive à ouvrir et là on commence à rentrer dans l'hôtel. Donc on commence à investir et là on arrive à un angle justement bah de de de de couloir et là on voit un long long couloir avec des des multites de portes à droite et à gauche et on commence à investir l'hôtel chambre par chambre.

Chambre par chambre. Donc quand tu rentres dans une chambre sais pas s'il y a pas quatre mecs qui t'attendent. C'est ça.

C'est ça. Et on doit presque s'annoncer parce que on sait qu'il y a des civils sur zone. On a quelques infos de de déjà qui nous remontent. de présence, on va dire des familles quoi, des gens dans les hôtels.

C'est ça. Et de on sait qu'il y a il y a un ministre au sein de l'hôtel et on a aussi du personnel américain qui est sur zone. Donc on a on a quelques infos qui on a pas on n pas le le numéro de chambre ou autre et c'est surtout qu'on n pas aussi le le le matériel adéquate pour péter les portes.

Pour péter les portes. Comment tu pètes les portes de coup ? coup de pied.

Voilà, on pète les portes au coup de pied. On n' pas le choix. Euh, on a la chance parce qu'elle s'ouvre relativement bien.

Ouais. Parce que au 4e euh quand on descend au 3e, là ça devient beaucoup plus compliqué. Là, on doit appeler un renfort et de les ouvrir euh euh ou au Bélier ou à la masse directement pour pour pouvoir ouvrir.

Et on a même fait aller frac au 12 au calibre 12. Euh à quel moment tu vas rentrer en contact avec les terroristes ? très tardivement.

En fait, on fait euh une grosse partie de l'hôtel sans rentrer en contact. On les localise même euh au matin. Donc c'est vraiment quelque chose qui est qui est qui est qui est qui est long parce que plus les chambres passent, plus on se dit qu'on va tomber dessus et plus les chambres passent et puis on les trouve pas.

Donc on tombe sur beaucoup de blessés, on trouve sur des traces euh on voit des douilles au sol, on voit qu'ils ont essayé de de d'ouvrir certaines chambres. Donc tout ça c'est c'est c'est visuel. On sait on sait qu'on s'y approche mais on narrive pas à les trouver.

Tu as peur à ce moment-là ? Pas peur. Pas peur parce que on est dans notre dans notre bulle en fait.

C'est c'est compliqué à expliquer parce que effectivement beaucoup pourraient penser qu'on a peur. En fait, on est tellement conditionné, on sait ce qu'on doit faire et euh et en fait on a surtout un gros objectif qu'on veut atteindre. Et je pense que c'est ça l'une des forces chez nous, c'est qu'on on est vraiment acharné de travail et on veut réussir notre objectif et c'est surtout qu'on qu'on commence à voir l'étendue des dégâts et nous on veut stopper ça.

C'est quoi l'étendue des dégâts ? Bahse surtout à euh voir visuellement euh les corps dans les chambres, même pas dans les chambres, on ne tombe pas sur des corps euh morts dans les chambres, on tombe sur des personnes blessées dans les chambres, beaucoup de personnes blessées euh à l'œil euh euh des blessures par bal, on a quelques personnes blessées, mais quand on regarde dans les fenêtres extérieures, là c'est une vision qui est qui est assez compliquée, même qui est qu'on essaie d'éviter parce que il y a beaucoup beaucoup de corps, femme, enfant Euh tout le monde, ils ont tiré sur les enfants et sur les Ils ont tiré sur tout le monde. Quand tu sauves des gens comme ça, que tu rentres et qu'il y en a qui sont blessés, que tu arrives armée, tu dis armée française, tu te présentes.

Effectivement, on s'annonce armée française qui pensent que c'est des d'autres. C'est surtout qu'il y en a il n'osent pas nous ouvrir. Effectivement, ils ont peur.

Ils sont cachés sous les lits, les gens se cachent. C'est c'est comme ça. Donc on fouille tout en devant analyser euh pour effectivement savoir si c'est un terroriste qui a juste planqué son arme et savoir s'il essaie pas de passer dans dans dans la masse avec les civils ou euh une personne qui se cache sous le lit.

Enfin c'est c'est assez particulier. Euh et c'est surtout quand quand ils veulent pas ouvrir, on est obligé d'enfoncer la porte et de et parfois c'est juste quelqu'un qui a peur. C'est ça.

Ça s'est souvent passé. Ils étaient beaucoup de de de personnes étaient cachées sous les lits. [ __ ] ça aide pas.

C'est ça. Et en libérant, une petite chose qui qui nous marque, c'est que il y a beaucoup de gens en libérant les passes à l'arrière parce que nous, on peut pas s'en en occuper tout de suite. On a on a des personnes qui viennent récupérer tout ce qui est hatage et les gens nous bénissent à leur passage, te bénissent, il nous remercient et c'est qui t'ont pris dans les bras, ils nous touchent, les gens nous touchent.

Ils nous prennent pas dans les bras, ils nous touchent. Ils ont besoin de nous toucher et c'est assez particulier. Et euh et en fait c'est c'est ça qui qui rend humain.

Tu comprends pourquoi tu fais ce métier à ce moment-là ? Moi, je savais déjà ce que pourquoi je faisais mon métier. J'ai pas attendu cette missionlà pour pour l'apprendre.

Mais euh on est encore plus motivé quand on quand on voit ces gens sortir sain et sauf euh de de cette théorie qui est qui est qui qui est qui est qui est ignob. Et comment tu vas tu vas arriver au contact du coup ? On va arriver au contact bah très tardivement comme je le disais le sur le matin.

Sur le matin, on est en appui euh parce qu'on les a pas trouvé dans l'hôtel. Effectivement, ils ont réussi à se sortir euh de l'hôtel. Et euh donc on a une autre un autre équipe qui investit le cappuccino.

Euh nous, on est placé en appui dans cet hôtel splendide au fenêtres et en fait, il est à peu près 6h30 du matin à ce moment-là. Sachant qu'on a commencé à 23h l'investigation de de l'hôtel et vers 6h30, on a le le V du jour, on commence à regarder un peu partout. Il y a effectivement pas mal là-bas.

Il y a il y a il y a encore il y a encore du monde sur zone. En fait, ce qui est assez atypique, c'est que même si le lieu est euh dangereux, il y a des gens qui commencent à circuler un peu plus loin. Donc, on doit analyser chaque personne, savoir si c'est pas un des terroristes ou juste une personne civile.

Et et sur le moment où on est en appui, on a j'ai sur ma droite un blindé burkinabé qui se met à se déplacer et en fait ça m'attire l'œil et à ce moment-là je vois une silhouette sortir dans autre bâtiment. Donc c'était un un petit bar qui faisait l'angle de de la rue et qui se met à complètement rafaler la la le burtier Manabé dans dans son dans son blindé et lui lancer une grenade. Donc là effectivement le Burkinab s'enferme et il lui crève les pneus d'ailleurs avec la grenade.

Donc l'immobiliser là on comprend que déjà c'est pas un gentil. Lui il est pas là pour pour enfiler des pernes. Et tu arrives à la voir là ? tout de suite.

On voit que c'est justement il ils nous repèrent même ils savent qu'on est en app sur les fenêtres, ils arrivent à nous repérer alors qu'on est on a fait en sorte justement de pas être détecté. On voit qu'ils sont entraînés dans leur déplacement. Donc on on les neutralise pas tout de suite.

Euh celui-ci euh on neutralise peut-être une vingtaine de minutes après s'est changé pas mal de tir. Il avait une une petite ouverture dans son bâtiment et il essayé de nous tirer justement par là et à un moment il il se il se découvre. je le neutralise euh lui tombe et là après çaen on va s'échange encore d'autres tirs parce qu'il y a un deuxième qui justement euh on c'est là qu'on se découvre qu'ils sont tous en fonction euh dans dans dans ce petit euh café et euh il nous échange de tir et ça dure un bon un bon 1 heure et demi avant de de pouvoir réussir à neutraliser les trois assaillants.

Tu vas arriver à avoir les trois ? On va réussir à avoir les trois. On va réussir à voir les trois parce que sur la fin il on voit qu'ils sont pas là pour partir.

Ces gens-là étaient étaient jusque boudhiste et il il voulait en finir ici. Et sur la fin, ce qu'on finit par neutraliser, on va dire que sur la fin il s'offrent presque, ils en pouvaient plus. ils sortent et je pense qu'ils sont même limite en en fin de de de chargeur et ils savent que sur la fin ça sera ça sera de toute façon pas gagné pour eux et peut-être mourir en martyre comme ce qu'ils essayent de de d'avoir.

Donc tu arrives à éliminer enfin vous êtes plus deux c'est ça tu dis on est on est l'équipe en appui. Moi je neutralise le premier parce que je j'ai la chance de de le voir assez rapidement. Après, une fois que justement on a détecté ce ce coinlà d'où il sort, bah effectivement une grosse partie de l'équipe euh se concentre aussi sur ce pointlà, même s'il faut garder la fille euh avec l'équipe qui qui investissait sur le cappuccino, mais on a une plus grosse puissance de feu qui qui appuie cette partie.

Et tu vas rentrer dans le café après pour aider ou on va devoir y aller effectivement parce que on va aller au résultat et surtout savoir si il n'y a plus personne sur zone parce qu'on en est au nombre de trois mais on avait une information qui était peut-être plus que que trois. Et c'est c'est des images qui s'en vont pas après de ta tête. C'est c'est forcément des images qui ne s'en vont pas.

C'est des des images que si je repense, je j'arrive à voir des détails. Je me rappelle de de de comment ils étaient. Il y avait il y avait plein de petites choses qui qu'on qu'on se rappelle forcément nos missions dans des odeurs, des des des détails, euh les chambres, comment elles étaient faites, euh il même des civils qu'on qu' qu'on libéré.

Il il y a plusieurs images qui effectivement ça ça restera gravé jusqu'à la fin. Toi, tu es tu es papa ou pas ? Non, je suis jeune papa et ouais, j'ai mon fils, il va bientôt avoir 2 ans.

Et bravo. Euh et ça c'est des images où tu projettes quand tu dis que tu vois des enfants, des trucs. C'est effectivement effectivement une projection.

Ouais. Bah de toute façon, on a forcément une projection femme, enfant, homme, on sûr, on sait on sait pourquoi pourquoi on se bat pour arrêter tout ça. C'était tellement euh vraiment visuellement très impactant.

C'est pour ça aussi qu'on qu'on essaie de se protéger à pas trop regarder par la fenêtre pour pour éviter de de d'être trop marqué derrière par par certaines visions. Tu es allé voir un psi après on se posait la question avant mais donc comme Stam le rappel on j'ai fait partie de cette période où on avait pas un suivi psychologique. Maintenant effectivement même pour cette mission là on a eu un suivi directement sur zone. les les ps sont se sont déplacés sur zone pour faire un premier un premier on va dire décryptage et voir un peu avec nous essayer d'en parler.

C'est c'est l'émission c'est c'est cette mission là qui t'a le plus marqué ? Non, c'est ce qu'on m'avait déjà posé dans le passé. C'est une des grosses missions qui a été on va dire qui a fait beaucoup de bruit et qui qui a été très belle.

Ça a été médiatisé quoi. C'est ça. C'est c'est une mission qui qui a été très médiatisée mais c'est pas ma plus belle mission, on va dire ma plus impactante.

C'est quoi la celle la plus impactante ? Pour terminer pour comprendre pour moi c'est une mission qui a aussi été racontée dans le livre, c'est celle de la Centrafrique. Donc celle-ci, elle était Qu'est-ce que tu vas vivre là-bas ?

On va vivre un siège. Donc ça c'est euh assez particulier quand vous êtes euh assiéger et que vous voyez vos vos vivres diminuer sans pouvoir trop rien faire. Ça c'est assez particulier avec euh toutes sortes de de renseignements qui nous arrivent à nos oreilles comme quoi il y a il y a il y a x véhicules qui vont arriver sur nous et qui qui qui veulent en finir avec nous.

Sachant qu'on était vraiment pas beaucoup, on était euh euh 15 personnels français, donc le groupe a 10 et euh cinq soutiens. Donc on était pas on était pas énorme. Donc euh effectivement c'est chaque jour et euh on va dire que c'est c'est assez long.

C'est assez long. On se préparait le matin et on attendait de voir ce qui allait se passer la journée jusqu'au soir. Parfois, tu penses que tu peux mourir sur une mission comme ça.

Tu te dis là c'est possible que là celle-ci on était arrivé à préparer un sac. C'est la seule mission que j'ai j'ai préparé ça avec, on va dire des choses personnelles à se dire que si vraiment on doit on est vraiment dans une situation d'inconfort à essayer de partir même si on peut partir seul en courant à prendre ce ce sac et de faire ce qui et ce qu'il faut pour s'en sortir. On avait même graillé tout un tas de de chargeurs.

Remplis des chargeurs. Ouais. Ouais.

Remplis pour on va dire on avait vu le camp se dire bah on serait vu Gira là. à la fin. Tu as vu des choses dures en Centrafrique physique ?

Enfin dur. C'est pas c'est pas les des des choses. Je sais qu'il y a eu beaucoup de choses très dures là-bas qui on a vu des gens fermés dans des conteners en plein en pleine chaleur donc des choses un peu inhumaines.

On a vu mais ce qui a été vraiment difficile c'est vraiment une action qui a été derrière où il y a une grosse grosse intensité de feu et ça ça a été très très violent. Juste Stan, toi tu as déjà sauvé quelqu'un et tu t'es dit tiens, je fais ce métier pour ça ? Bah indirectement, oui, on a on a contribué à sauver des gens mais euh mais euh pas pas de manière aussi aussi directe.

C'est quoi la faute où tu es passé le plus proche de la mort toi ? J'en ai eu quelques-unes. Euh, on va dire que par exemple en Centrafrique où euh justement on devait aller faire un bâtiment où il y avait euh euh un chef euh d'un capturer ou neutraliser.

Et ce jour-là, effectivement, quand on arrive sur sur le la baraquement qui était au milieu de d'autres baraquement où il y avait tous ces tout ces mecs, bah on s'approche de l'entrée, une mission qu'on avait beaucoup répété en amont. Et là effectivement quand je fais une ouverture d'angle, il y a une rafale qui passe juste à l'intérieur malgré qu'on ait envoyé beaucoup de de grenade assourdissante pensant que ça allait un petit peu calmer le jeu mais effectivement dans ce moment-là ça calme pas beaucoup. Toi tu vas retourner en mission là.

Moi, j'ai euh, on va dire, un contrat moral avec ma famille euh où euh le moment de de sortir de de cet opérationnel euh arrive pour moi. Donc j'essaie de sortir de de de on va dire de de de ces missions compliqué et tranquillement même si c'est pas simple mais c'est c'est il y a un moment où il faut faut aussi savoir laisser de la place au groupe et penser un petit peu plus à sa famille. Les enfants, c'est c'est un game changer.

Les enfants, c'est la vie. les enfants, c'est c'est on a fait des frissons ça mais c'est c'est c'est ça mais c'est mon travail me m'a pris beaucoup mais aujourd'hui je donnerai tout pour mon fils. Donc j'ai donné énormément au groupe, j'ai donné énormément à mon unité mais aujourd'hui j'ai j'ai une autre bataille et celle-ci j'en mettrai autant d'intensité que ce que j'ai mis dans mon travail.

Merci Brasco. Merci à vous. Merci d'être venu.

On va continuer Stan avec une mission que tu as vécu maintenant. Allez voilà, on a enlevé le siège de de Brasco. Merci à lui hein, c'était cool qu' puisse raconter comme ça.

On a une autre vision aussi des des de ce qu'il a pu vivre. On va vous suivre lors d'un entraînement. Vous allez vous entraîner sur une libération d'otage.

On va faire donc on va vous filmer faire un un saut en parachute de l'arrière d'un A400M. Un avion comme ça avec la trappe qui va sir de l'arrière. Vous allez voir dans dans quelques minutes.

On va s'équiper avec vous. On va essayer de vous suivre au plus près parce que ça va pas être facile à à filmer. On va essayer de faire du mieux qu'on peut.

Vous allez voir euh juste avant pour finir sur sur ton livre, tu racontes plein d'anecdotes, notamment celle de la lutte contre l'État islamique. Est-ce que tu peux raconter deux trois trucs qui étaient arrivés là-bas et après une dernière qui qui est folle aussi sur la mort de la responsable de l'ONU dans dans dans un pays, on va en parler juste après. Euh donc effectivement, on a été engagé euh dans la lutte contre l'État islamique. assez tôt et ça s'est intensifié après les attentats du Bataclan où on demandé effectivement de bah de de de détruire cette menace là d'où elle venait.

Euh et donc on était en première ligne euh sur la ce qu'on peut appeler une ligne de front puisque'en fait c'était vraiment un état l'État islamique avec son territoire, son armée et il y avait une ligne de front entre eux et euh et les les forces locales qui qui les combattaient parce que donc on était c'est pas nous contre les islamiques, on était avec des forces locales qui combattaient les ter islamiques parce que c'était eux les premières victimes en fait et donc nous on c'est c'est donc c'était principalement les Kurdes mais pas que Et donc nous, on les soutenait en leur apportant nos savoir-faire et nos capacités technologique ou tactique. Et donc c'est une mission qui était assez gratifiante parce que parce qu'on a vraiment vu les effets stratégiques de ce qu'on faisait puisque le khalifat, l'État islamique a été détruit. Euh il y a plus d'entité territoriale, état islamique aujourd'hui.

Le le mouvement existe encore mais il est diffus. euh ils ont plus cette force qu'ils avaient à l'époque et euh et donc de ce point de vue-là, ouais, c'était assez c'était assez gratifiant et euh et c'est une mission c'est une mission où en plus euh on a eu euh on a eu très chaud parce que parce qu'en face déjà c'était un ennemi qui était solide et et puis les circonstances faisaient qu'on était exposé de manière très régulière au danger. Quand on était sur la sur la ligne de front, on était en comme comme en Afghanistan dans le fortin que que je décrivais.

Sauf que c'était pas un fortin perdu au milieu de rien, c'était un fortin sur la ligne de front. C'est-à-dire queon savait que à 2 km il y avait les positions de l'État islamique et nous on était de l'autre côté il y a il y avait un Nansland et de l'autre côté c'était l'État islamique et nous on était sur cette ligne de front et voilà également on les cherchait, on les observait, on on faisait voler nos drones eux aussi. Euh on on leur on leur tirait dessus euh quand euh quand il y avait euh quand c'était nécessaire et eux eux nous tirent dessus, on se faisait pilonner au mortier.

Euh donc avec ces obus d'artillerie en fait qui tombaient qui tombent dessus ça des fois ça tombait dans notre camp. On a eu plusieurs fois des blessés euh al pas dans mon groupe heureusement mais mais chez nos camarades kurdes ou des Américains aussi. D'ailleurs, à plusieurs occasions, nos tireurs d'élite ont permis de de de neutraliser les gens de l'État islamique qui tirent au mortier sur les force kurde parce que on arrivait à les repérer et puis donc euh nos tireurs d'élite qui qui ont une capacité technique supérieure à celle que vous pouvez avoir nos nos partenaires puisquil fallait tirer à longue distance et donc notre notre tireur d'élite a a neutralisé des gens des Take jusqu'à 1500 m environ.

Donc c'est des tirs, c'est des tirs qui demandent une certaine technicité et euh on a même on a même une fois un véhicule suicide euh qui qui fonçait sur euh sur notre camp qui avait passé la le Nomansland, traverser le Nomansland et qui fonçait sur nous. Comment tu sais que c'est un véhicule suicide ? En fait, c'est des véhicules qui sont qui sont bricolés pour ça.

En fait, ils construisaient des espèces de véhicules à la Mad Max recouverts de plaques métalliques euh complètement protégé. Ouais. sur des sur des voitures ou des vannes et donc en fait à l'intérieur c'est bourré d'explosifs et avec des vis, des clous, des trucs pour quand ça quand ça fait un maximum de dégâts quand ça explose mais le véhicule lui est couvert de de de plaque de bandage ce qui fait ce qui fait qu'il est protégé donc ça permet qu' qu'il aille si tu tires au piston peut tirer dessus ça fera rien et donc c'est il s'en serv il s'en servait régulièrement donc il y avait un candidat au suicide à l'intérieur il avait juste une petite meurtrière pour voir à peu près où il allait et son but c'était juste d'arriver jusqu'à nous et de se faire exploser.

Et qu'est-ce que tu fais quand il te fonce dessus du coup ? Ben en fait on a nous on avait nos des petits lancemiles donc en fait on a pu on a pu Ouais c'est ça. Ouais c'est un truc portable donc c'est assez lourd mais c'est portable et puis en position entière.

Donc là heureusement enfin on avait anticipé ce genre de menace donc donc on l' on l'a neutralisé à à quelques centaines de mètres. Tu tu parles d'une anecdote toi tu étais pas là mais est-ce que tu peux nous parler c'est ton groupe qui a vécu ça là. C'est ça paraît irréel d'ailleurs responsable de l'ONU, je ne sais pas dans quel pays c'était en fait c'est sur une mission de d'évacuation de de ressortissant.

Donc en fait, c'est quand on part pour secourir les citoyens français ou même parfois européens de de pays qui nous le demandent, des pays alliés euh qui n'ont pas forcément la capacité d'intervenir. Euh et euh donc c'était dans une mission comme ça et en fait il fallait aller chercher une diplomate euh une diplomate suédoise si je me souviens bien qui était qui répondait pas qui était qui était dans un quartier isolé. Donc le groupe parle et chercher l'a cherché dans son appartement.

En fait, il y avait eu des combats dans la rue. Ça s'est vu en arrivant, il y avait des traces de combat et cetera. Et euh et donc en fait en arrivant dans son appartement qui était dans les étages, elle était euh elle était assise dans son salon euh affalé sur sur son bureau avec son son ordinateur allumé et en fait euh tout était intact.

Il y avait personne était rentré, il y avait rien, tout était calme. Et en fait, elle avait reçu une balle, elle avait pris une balle en pleine tête qui était venue de l'extérieur. C'était une balle perdue.

Un peu comme un peu comme les les les enfants dans les cités qui euh j'ai entendu ça là, qui avait pris qui avait reçu des tirs de de calche. Et donc elle était elle était elle était sur Skype certainement avec des proches euh puisqueelle s'était encore allumé et elle avait pris une balle comme ça qui était surgie nulle part et qui l'a tué alors qu'elle était en Skype avec sa famille ou Ouais, c'est ce que c'est ce qui c'est ce qui c'est ce qui se pas c'est ce qui semblait. Ouais.

Et euh c'est vrai que ça ce genre de de d'anecdote, ça nous marque pas mal parce que nous on sait que on prend des risques énormes. Euh on parlait du joker tout à l'heure, régulièrement ça passe pas loin. Et puis puis nous on parle de joker quand voilà, il y a une explosion, il y a on a pris la balle dans les plaques mais il y a plein de fois où on parle pas de joker, mais les balles elles passent elles passent pas loin simplement elle touche rien.

Donc donc tout va bien. Et là en fait, nous on prend tous ces risques, on s'en sort et on et on tombe sur personne qui est comme ça qui a pris qui était assise dans son salon et qui prend une balle. Ça c'est assez ça fait réfléchir un peu sur sur un peu le le le sens de tout ça, savoir s'il y a un peu s'il y a un destin en fait quelque part, si c'est écrit ou pas, si c'est ton heure ou pas ton heure.

Ouais, c'est ça. Ouais. Euh dernière histoire parce qu'il y en a tellement dans ton lit, je vous laisserai aller le prendre, je vous mettrai le lien si vous voulez chercher dans la description sur YouTube, vous mett lien euh directement comme ça sur Amazon si vous voulez le chercher.

Si vous nous écoutez en podcast audio sur Spotify, 10 Apple Podcast ou Amazon, pareil, il y aura le lien euh dans la description, il y a plus qu'à cliquer dessus et vous pourz aller le chercher. C'est aux éditions Maruil édition, s'appelle les guerriers du 10, force spéciale les guerriers du 10. Nicolas euh Stan entre guillemets, voilà. parce que tu mets pas évidemment ton nom de famille.

Euh chaque détail, chaque fait ou attention est authentique. Donc tu racontes plein plein d'histoires. Une dernière histoire si tu veux bien avant de nous expliquer pourquoi tu pars et ensuite on va passer à l'exercice avec je sais pas si on va utiliser le quad avec la mitrailleuse qui est derrière toi.

On va faire des plans après pour montrer tout ça et je vais te poser une dernière question là-dessus. Juste dernière anecdote du livre. C'est une famille qui était recluse dans sa salle de bain et qui ne croyait pas que c'était l'armée française derrière la porte.

Est-ce que tu peux raconter cette histoire aussi qui est l'impression que c'est une scène de film à chaque page de toute façon. Ouais. C'était une famille qu'il fallait euh qu'il fallait chercher chez elle.

Et en fait euh il y avait des euh françaises, des miliciens, une famille française. Ouais. Et il y avait des euh des miliciens qui avaient qui étaient rentrés euh qui étaient rentrés chez eux.

Et en fait eux s'étaient réfugiés dans la salle de bain et c'était enfermé dans la salle de bain qui donnait sur la chambre des parents qui étaient au fond de la maison. Et donc quand euh quand les mes collègues rentrent dans la pièce euh devant il y a un mec qui se rend tout de suite euh et puis un autre qui se cache derrière un rideau mais qui est tout de suite tout de suite levé. Il se cachait avec une une machette et euh et en fait euh ils avaient pas ils étaient encore en train de fouiller la maison.

Ils avaient pas eu le temps de tout fouiller. Ils en étaient pas encore arrivés à se soucier de cette famille. Heureusement, l'intervention avait lieu assez tôt pour ça, enfin suffisamment vite pour ça.

Donc tout est tout est calme, tout est terminé. Mais enfin fait, il a fallu il a fallu rassurer cette famille parce que parce que il ils arrivaient pas à croire en fait que que l'armée française était venue les était venue les sauver. C'était une famille avec deux enfants et une dizaine d'années.

Tu racontes qu'ils avaient euh abusé de la nounou, je crois. Ouais, les les les gars qu'on a qu'on a chopé avaient effectivement avaient avait violé les euh les la nourrice des enfants. Euh et que vous lui avez laissé quelques secondes pour se défouler sur les les méchants après ?

Ouais, je crois qu'elle en avait besoin. Est-ce que vous utilisez les quads qu'on voit à l'arrière ? Est-ce que vous avez des véhicules comme ça qui sont faits un peu surmesure en fonction de vos besoins de chaque mission ?

Comment ça se passe ? Tu vois, on voit que vous avez technologiquement plus de moyens, on va dire, qu'une armée classique. Ouais, on a différentes sortes de véhicules.

On a les véhicules de patrouille adapté au milieu désertique qu'on utilise beaucoup moins aujourd'hui qu'avant. Euh gen de buggy un peu des Ouais, c'est des 44 des 44 un peu lourds et armés mais très ouverts qui nous permettent de de vraiment très bien percevoir notre environnement. Et puis on a on a ça, on a les quads euh on a on a aussi des deux roues de différents types.

Euh on a et puis on utilise aussi parfois des véhicules civils blindés euh beaucoup notamment pour les missions d'évacuation de ressortissant ou quand on veut se déplacer de manière un peu un peu discrète. C'est quoi le truc de plus fou que tu as vu technologiquement ? Technologiquement, je pense que là où il y a le vraiment les euh les systèmes les plus les plus performants, c'est dans les tout ce qui est euh optronque.

On a vraiment des des systèmes optroniques euh très performants. Qu'est-ce que c'est opptronique ? C'est tout ce qui va permettre de voir euh euh à longue distance, de jours, de nuit avec de soit de l'intensification de lumière, soit de la thermie.

On a des on a des systèmes vraiment très très performants et en système de communication aussi, on arrive avec des radios assez portable avec une antenne de communiqué en satellitaire. Donc on peut en en pressant l'alternateur parler à un poste de commandement qui a des milliers de kilomètres. Donc là-dessus, on est on a des du matériel vraiment pointu.

Pourquoi tu pars ? Ça fait des années, tu as un poste de la C'est quoi ton grade exactement ? Je suis commandant.

Commandant, je dis pas de bêtises. Dans le poste de commandant, tu es tu es en place, gens tuaimes bien, tu as fait plein de missions, tu as vécu et tu vis, tu as vécu surtout de l'adrénaline. À quel moment on se dit tiens, je vais passer à autre chose ?

Alors moi, c'était un peu c'était un peu un choix que j'avais anticipé parce que je suis officier sous contrat et en fait, j'aurais pu passer officier de carrière et et prolonger euh mais c'était ça voulait dire monter plus vite en grade et donc être moins sur le terrain. Et moi, j'avais la volonté de faire ce temps le plus opérationnel possible et je savais qu'après voilà, je je voudrais probablement passer à autre chose plutôt que plutôt que rester dans l'institution. Euh et voilà et et de ce point de vue-là euh euh j'ai vraiment euh j'ai vraiment été rassasié en terme de d'opération.

J'ai vraiment j'ai vraiment fait tout ce que je voulais faire et euh et puis au niveau familial euh c'est petit à petit c'est devenu aussi de plus en plus difficile. Donc il était voilà c'était le moment en fait tout s'est conjugué pour que le moment vienne de partir. Tu t'es pris un petit coup de pression ?

Oui. Alors [Applaudissements] euh un un peu mais euh un peu et puis euh et puis il y a il y a les enfants aussi. Alors, j'ai eu euh j'ai eu des enfants assez jeunes.

J'ai trois enfants. Donc euh je suis reparti en mission d'état de fois alors que j'avais des enfants. Euh mais c'est devenu de plus en plus difficile pour eux aussi.

Alors, surtout le mon petit dernier qui est euh qui est très euh très affectueux, il c'est quelque chose qui euh qui tolère assez mal. Euh et après, il y a eu aussi une usure chez mes grands. Euh je me souviens d'une fois où euh je partais en déplacement et euh je le dis euh je le dis à mes enfants, voilà papa pas va partir, je reviens.

Et là et là en fait, j'ai vu dans les yeux de ma fille un moment de panique et elle m'a demandé si je reparti en mission alors que alors que je partais juste en déplacement quelques jours. des petits signes qui m'ont fait dire que qu'il était peut-être temps de de calmer les choses après avoir passé pas loin de 10 ans à l'extérieur. Voilà.

Tu vas faire quoi après ? Euh je suis en train d'y travailler. C'est pas encore c'est pas encore complètement défini.

Euh je je réfléchis à différentes pistes mais peut-être peut-être me lancer dans le dans le conseil. Voilà c'est c'est pas encore très défini. Qu'est-ce qui t'a rendu le plus fier dans ces années militaire ?

Le c'est c'est la reconnaissance de mes pères. Euh ce qui est le plus important pour moi, c'est de pas avoir déçu euh les gens qui étaient à mes côtés ou sous mes ordres. Je pense que c'est ça, c'est ça qui comptait le plus pour moi, c'est euh c'est d'avoir d'avoir tenu la ligne.

Merci beaucoup. Merci de nous ouvrir les portes de ça. C'est des lieux, je sais pas vous, il y a peu de caméras qui viennent chez vous.

Non. Ouais. Non, c'est effectivement c'est très rare.

C'est très rare. Et en 87, la dernière manivelle noir et blanc. Non mais il y a peu de caméra parce que faut montrer peu et en même temps, je sais que ça va donner envie aussi à plein de gens peut-être de on se on se montre mais on on il y a on est souvent l'objet d'inter mais on on se montre pas beaucoup, on se montre un petit peu.

Là on va vraiment vous immerger dans un déroulé de mission complet euh comme comme ça peut se faire en peut se faire en vrai. Donc ça va être ça va être un peu plus euh plus beaucoup plus que ce qui se fait d'habitude. Est-ce que ça te fait peur ?

Demain ? Ouais. Ce qu'on va faire demain, est-ce que tu es inquiet un peu sur euh Mais moi, je vais vous accompagner demain.

Donc euh en fait, il me demande ça pour savoir si je vais sauter en parachute. J'ai extrêmement peur. Ça fait une semaine que je ne dors pas.

J'ai fait des cauchemars, je me suis réveillé la nuit et tout et je sais pas si je vais sauter. En tout cas, ce qui est important, c'est que je serai dans l'avion ici à cette place là et je vais vous faire coucou quand vous allez sauter. Le tournage, on va le faire en on le fait en plusieurs jours.

Là, aujourd'hui, c'est le le les plans dans l'avion et demain allez nous voir, nous équiper par habill en tray comme vous. Euh et on va vous suivre donc du briefing que tu vas faire à ton équipe. Voilà, il y a une prise d'otage, il faut liber les otages, boum, on prend l'avion, on imagine qu'on fait plus d'heures d'avion et cetera.

Là, ça va être un vol assez court parce queon va sauter, j'imagine. Je sais même pas où d'ailleurs, j'ai demandé aucune information. Il peut vous confirmer.

On va on va on va surise, on va vous regard, on va se retrouver dans un pays chaud. C'est incro, c'est pas un exercice là. Et en fait, on va vous on va vous filmer sauter avec la porte qui va s'ouvrir à l'arrière.

Vous allez voir, ça va être magnifique. Peut-être que sur un saut, on va vous accompagner, on va voir comment on le sent au premier saut parce que en vrai, c'est facile à à dire quand on est chez soi et puis déjà rien que quand la porte s'est ouverte tout à l'heure à l'arrière, on s'est imaginé dans le vide. C'est quand même très impressionnant et vous avez tout mon respect pour ça.

Je c'est impressionnant quoi. Félicitations. C'est quelque chose Ouais. qu'on quand on l'analyse parce que parce que d'autres personnes nous en parlent.

Oui, c'est quelque chose qu'on réalise parfois mais en fait nous on on vit là-dedans. Donc en fait c'est ça nous semble ça nous semble normal parce que on on fait ça régulièrement et on est et on est entouré de gens qui font ça et en plus euh chez nous on aime pas trop les ventards. Donc si jamais on commence à à trop trop se la raconter, on est vite on est vite remis dans le remis dans l'axe.

On normalise beaucoup ce qu'on fait. Voilà. C'est euh c'est euh c'est juste normal.

Vous allez voir si c'est normal. C'est parti. [Musique] [Musique]

COMMANDANT DANS LES FORCES SPECIALES : SES MISSIONS LES PLUS INCROYABLES (libération d'otages...) — Olivier Faure · Pourquijevote