"C'est le moment d'essayer la gauche", estime Raphaël Glucksmann, plaidant pour un Premier ministre sans "ambition pour la suite"
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Bonjour. Comment négocier un budget ? Comment sortir de la spirale de la crise ? Quelles sont vos propositions ? Êtes-vous prêts ? La gauche est-elle prête à s'installer à Matignon ? Mais d'abord, dans une heure, justement, les socialistes seront reçus par François Bayrou. Qu'est-ce que vous attendez d'eux ? Négociation ou intransigeance ?
Nous avons, avec Place Publique, été reçus aussi par François Bayrou mardi. Et la première des choses que j'ai dites au Premier ministre, c'est pourquoi ? Pourquoi avons-nous l'obligation de se prononcer avant la négociation ?
Vous auriez préféré qu'il fasse les choses à l'envers. Vous lui avez dit que vous auriez dû d'abord discuter, nous laisser un mois.
Dans n'importe quelle démocratie européenne, la décision d'accorder sa confiance ou de censurer dépend de la négociation. En juillet, il y a eu un budget qui a été esquissé par le Premier ministre. Nous avons dit, nous, à Place Publique, le Parti Socialiste, que c'était inacceptable en l'État. Et que nous allions faire des contre-propositions et qu'il allait falloir négocier. Donc, en réalité, le mois de septembre devait être un mois de négociation, de rapport de force, pour voir jusqu'où le gouvernement était prêt à céder. Et à changer sa copie qui était injuste et outrancière.
Mais le train est lancé, là, non, Raphaël Glucksmann ?
Et donc, tout d'un coup, sans que personne ne soit prévenu, on nous dit, c'est quitte ou double, faites-moi confiance, apprendre ou à laisser. C'est totalement irresponsable. Et donc, ça nous place dans une situation qui rend, mais évident, le choix. C'est-à-dire qu'on ne peut pas donner de chèques en blanc à un Premier ministre. D'autant plus quand on nous explique, ensuite, que la taille de l'enveloppe, que les 44 milliards d'économies ne sont pas négociables.
Et donc, quand nous, nous avons dit, dès juillet, que cette taille ne convenait pas, et que même les experts de la Commission européenne, qui ne sont pas quand même des gauchistes laxistes en matière budgétaire, expliquaient qu'il fallait une trajectoire sur plusieurs années, qui aboutisse à 120 milliards d'économies, mais que donc, on pouvait tout à fait partir sur un budget de 25 milliards d'économies. C'est ce que vous proposez à Paris.
Donc, mardi, ça n'a servi à rien pour vous, et dans une heure, pour vous, ça ne sert à rien que le Parti Socialiste, parce qu'il sait déjà que c'est mort ou quoi ?
Non, il faut y aller, parce que moi, ce que je veux, c'est qu'on crée un climat de dialogue. Le Premier ministre vous invite à discuter, vous y allez. Vous y allez parce que vous avez le respect des institutions républicaines.
Donc, vous dites aux socialistes, il faut négocier, il faut discuter. Il faut y aller, mais il ne faut pas voter la conscience.
Il n'y aura pas de négociation. La vérité, c'est que vous ne faites pas une négociation sur un budget, quand vous avez des positions si diamétralement opposées, en trois jours et en une heure à Matignon. Ça ne marche pas comme ça. Ce qu'il aurait fallu, c'est une méthode, un processus. Mais vous savez, depuis le 7 juillet 2024, depuis le résultat des élections législatives, depuis le chaos produit par la dissolution d'Emmanuel Macron, je dis la même chose. Il faut changer de mentalité. Désormais, plus personne n'a la majorité. Et donc, le gouvernement de droit divin, ça n'existe plus.
Quand vous êtes Premier ministre et que vous n'avez pas de majorité, ce que vous devez faire, c'est entrer dans une négociation sérieuse pour voir si un compromis est possible. Ce n'est pas ce qui se passe. En fait, c'est comme si les dirigeants du bloc dit macroniste, qui avaient l'habitude de gouverner avec une majorité pléthorique, n'arrivent pas à comprendre la situation politique issue des élections et qu'ils n'arrivent pas à changer leur manière de gouverner.
Vous dites vous-même qu'ils ne sont pas d'accord entre eux, Paul, le Premier ministre, les socialistes.
Je crois qu'on va écouter François Bayrou. Olivier Faure, qu'est-ce qu'il veut ? Il veut être à Matignon. Il l'a dit, il l'a annoncé. Les propositions qu'il vient de sortir, ça veut dire qu'on ne fait rien. Parce que ce que propose le Parti socialiste, ce n'est pas de freiner la dépense, c'est de laisser repartir la dépense.
Qu'en pensez-vous, Raphaël Guxman ? Mais quand vous avez un parti d'opposition qui fait des propositions, des contre-propositions, ce que vous devez faire, c'est dire, évidemment, je ne suis pas d'accord avec ça, dit le Premier ministre, on va en discuter et on va voir comment on peut aboutir à quelque chose qui sera un compromis. Là, ce n'est pas ça qui est dit. C'est dit, c'est un rejet a priori. Mais qu'est-ce qui est rejeté, en fait, fondamentalement ? Qu'est-ce qui est rejeté depuis le début, dans nos propositions ou dans les propositions du Parti socialiste ? C'est la mise à contribution sérieuse des plus hauts patrimoines et des grandes fortunes.
Et nous, nous avons dit une chose simple, nous sommes prêts à discuter de tout, mais il y a une chose qui rendra tout compromis impossible, c'est s'il n'y a pas de changement des politiques fiscales mises en place par Emmanuel Macron depuis son arrivée au pouvoir.
Donc vous êtes prêts à renoncer à la taxe Zuckman pour une autre taxe moins irritante ?
Non, ce que nous avons dit, c'est que nous posons ça sur la table et qu'ensuite, moi j'attends une contre-proposition. Il y a la taxe Zuckman. Renaissance, le Premier ministre, le Président disent, c'est impossible. Qu'est-ce qu'il propose ? Parce que nous, nous, ce qui est certain, c'est qu'il n'y a pas de compromis possible si l'effort qui est demandé à la France et aux Français n'est pas juste. Et ce qui est juste, ce qui est la base même de la justice, c'est que ceux qui ont multiplié par deux leur fortune colossale déjà, ces huit dernières années, eh bien, soient mis à contribution d'abord.
Lundi soir, nous l'aurons...
Mais vous savez, ce n'est pas simplement une lubie. Ce n'est pas simplement une lubie. C'est la seule manière de rendre l'effort commun acceptable. C'est que tous les Français, toutes les Françaises, voient que ceux qui ont le plus sont mis le plus à contribution.
Lundi soir, excusez-moi de vous interrompre, lundi soir, nous n'aurons sans doute plus de Premier ministre, sauf vraiment une surprise absolument colossale. Quelle personnalité faut-il à Matignon ? De droite ou de gauche ?
Moi, je veux une personnalité de gauche. On a eu deux gouvernements minoritaires de droite successifs. Ça a échoué. C'était un problème de politique, c'était un problème de méthode. On peut essayer autre chose. Un Premier ministre de gauche qui annonce d'emblée une méthode. Et la méthode, c'est celle du compromis. C'est celle du dialogue.
Vous dites comme Dominique de Villepin, c'est le moment d'essayer la gauche, on n'a pas essayé ?
C'est le moment de deux choses. D'essayer la gauche, mais c'est surtout le moment d'essayer une autre méthode. Une autre manière de gouverner ce pays. Quand vous n'avez pas de majorité, vous ne pouvez plus gouverner de manière moi ou le chaos, comme le font les dirigeants français de manière traditionnelle. Et en fait, ce à quoi on assiste en ce moment, c'est à une crise politique qui dure depuis le 9 juin 2024, depuis la dissolution, parce que la classe politique française est en premier chef. Au premier chef, ceux qui dirigent le pays, le président de la République, les premiers ministres successifs, refusent de changer la manière de gouverner. Vous savez, comment vous faites ?
Vous nommez un premier ministre de gauche. La première des choses qu'il fait, la première des choses qu'il fait, il rassemble les forces politiques de l'Assemblée nationale à l'Assemblée nationale, qui ont participé au front républicain des dernières législatives. Et il leur dit maintenant, il va falloir construire un budget.
Mais comment un premier ministre de gauche pourrait durer plus longtemps ? Avec quelle majorité ?
Mais en fait, ce n'est pas un premier ministre de gauche ou un premier ministre de droite ou un premier ministre du centre. La seule manière de durer là, la seule manière de durer, c'est de mettre son orgueil dans sa poche.
Mais les politiques sont incapables de faire ça, ils nous l'ont prouvé toutes les dernières années. Par quelle magie pourraient-ils tous mettre leur orgueil dans leur poche ?
C'est tout le problème de la classe politique française. C'est qu'en réalité, elle est incapable de comprendre ce qui se passe. Elle est incapable de se comporter comme on se comporte dans les autres démocraties européennes. Vous savez, moi, mes collègues au Parlement européen, quand ils ont vu la composition de l'Assemblée nationale après la dissolution, ils se sont tournés vers nous, ils nous ont dit, c'est difficile, mais honnêtement, il n'y a rien d'anormal pour nous.
Mais Raphaël, vous parlez comme si c'était évident pour votre camp, excusez-moi, parce que vous appelez au dialogue comme si c'était une évidence, vous voyez bien qu'à gauche, personne ne veut négocier. Et Olivier Faure, il dit, il faut un premier ministre de gauche, mais avec un gouvernement uniquement fait de ministres de gauche, pas de ministres Macroni, pas de ministres de droite. Donc, quel message vous leur adressez aux socialistes aujourd'hui ? Vous êtes le seul à dire ça.
J'ai aussi entendu qu'une discussion serait engagée de manière immédiate avec les autres forces politiques à l'Assemblée nationale et que la stratégie serait celle du compromis. Moi, c'est ce que je dis depuis le 7 juillet. Alors, il faut peut-être que je le dise en italien, en espagnol. Mais vous lui dites à Olivier Faure ? Mais j'ai entendu qu'il allait sur cette voie.
Avec un gouvernement exclusivement de gauche chimiquement pur. Vous êtes d'accord avec cette idée ? Il faut un gouvernement exclusivement de ministres de gauche. Vous, dans votre gouvernement, il n'y aurait que des ministres de gauche ?
Alors déjà, je vais vous dire, je ne pense pas qu'il y aura mon gouvernement.
Vous n'avez aucun contact avec le président là-dessus ? Non, je n'ai aucun contact avec le président. Aucun émissaire. Aucun contact avec le président. Vous n'êtes pas candidat à Matignon.
Je n'ai aucun contact avec le président de la République. Et je vais vous dire une chose très simple. Je pense que, de toute façon, la personnalité qui doit faire un travail qui est très ingrat, et vous avez dit que ce n'était pas le propre de la classe politique française d'être capable de faire ce type de travail, il ne doit pas être suspecté d'avoir des ambitions pour la suite. Parce que sinon, les forces politiques, a priori, de toute façon, refuseront de lui faire des cadeaux. Donc, ça ne peut pas être vous, Raphaël Luxemann,
parce que vous avez des ambitions pour la suite.
Non, mais ce qu'il faut, je serais suspecté de ça, ce qu'il faut, c'est quelqu'un qui est capable de se dire, ce ne sera pas le grand soir. Nous ne pourrons pas mettre en place les grandes transformations écologiques et sociales. Nous le savons, dont notre pays a besoin. Ces grandes transformations, elles seront décidées au moment des élections nationales, que ce soit des législatives anticipées ou le cycle normal, c'est-à-dire 2027. Mais en attendant, il faut gérer le pays. En attendant, il faut bien gérer le pays. Ce qui supposera un esprit de compromis. Mais Raphaël Luxemann, esprit de compromis, c'est un... Je sais que dès que vous dites ça, vous vous faites accuser d'être un traître.
On vous entend, Raphaël Luxemann, mais sur quelle mesure ? Juste, vous avez parlé d'une taxe sur les hauts revenus, vous dites, ça, c'est impératif, il faut que les macronistes fassent un geste dans cette direction. Vous avez une ou deux autres mesures, concrètement, sur lesquelles la gauche, les macronistes, la droite pourraient s'accorder ? Qu'est-ce qu'il faut ? Est-ce qu'il faut taxer plus les retraités, ce que François Bayrou appelle les boomers, faire des économies dans le système de santé ?
Nous, nous avons dit à Place Publique que nous étions ouverts sur la contribution des retraités les plus aisés et que ça correspondait à un esprit de justice. Parce qu'en fait, ce qui doit nous guider, nous, c'est l'esprit de justice. Et donc, quand on a un effort à faire, il faut voir quelles sont les catégories qui sont le plus en souffrance et les exclurent de cet effort. Donc, vous voulez taxer les riches ? Mais, c'est une évidence. Et je pense sincèrement, vous savez, que c'est même l'enjeu principal, aujourd'hui, des négociations possibles. Et le président de la République, parce que le Premier ministre ne semblait pas totalement fermé à cette idée. Mardi matin, quand vous l'avez vu.
Et la question, c'est...
Emmanuel Mouchala nous l'a dit hier matin là-dessus. Ils réfléchissent. Notamment sur les holdings, nous a-t-elle annoncé.
Eh bien, il faut réfléchir sur les holdings. Il faut faire pire, il faut agir, il faut faire plus. La question, elle est posée au président de la République. Est-ce que le président de la République accepte de remettre en cause les politiques fiscales qu'il a mises en place
depuis son élection ? Mais vous avez déjà répondu sur l'ISF. Il ne vous a répondu pas moyen. Et sur la taxe de Khmann, pour l'instant, c'est non aussi. Oui, mais ça, ça veut dire qu'il n'a toujours pas compris
dans quelle réalité politique nous vivions. Il n'a pas de majorité. Il est temps qu'il l'entende. Il y a une majorité de Français et une majorité de députés, probablement, qui seraient prêts, eux, à aller taxer les plus hauts patrimoines. Mais vous savez, le président de la République est quelqu'un de très plastique. Il a changé beaucoup d'opinions sur beaucoup de sujets depuis son élection. Par contre, il semble y avoir une seule constante identitaire dans le macronisme. C'est la protection des plus hauts patrimoines. C'est le fait de ne surtout pas aller chercher l'argent là où il est. On vous entend, mais à partir de combien, Raphaël Lixman ?
S'il y a cette remise en cause de cette constance identitaire, nous sommes prêts à dialoguer.
Raphaël Lixman, c'est un peu incantatoire là. Concrètement, vous taxez les plus hauts patrimoines à partir de combien et les retraités, vous les taxez comment ? Vous augmentez la CSG ? Vous supprimez l'abattement de 10% ?
C'est de ça qu'on peut discuter. Il faut poser les principes. Il faut poser les principes. Nous, on pose la taxe Zuckman. Nous, on dit aussi si vous, ce que vous voulez poser sur la table, c'est un ISF amélioré qui permet de faire contribuer les plus hauts revenus.
Mais quel revenu ? 1,3 million de revenus ? C'est quoi la somme ? C'est quoi le seuil ?
C'est de la négociation. Simplement, pour pouvoir négocier, il faut s'accorder sur les principes. Moi, ce qui m'inquiète aujourd'hui, principalement, c'est qu'en fait, je ne sens pas, du côté de ceux qui s'autoproclament les responsables, la responsabilité suffisante pour remettre en cause leur dogme. vous savez, à gauche, et vous expliquez que je suis le seul, ce n'est pas vrai, à gauche, on a porté un programme et aujourd'hui, c'est à peu près clair pour tout le monde sauf pour les insoumis que ce programme ne peut pas être appliqué entièrement.
Vous avez porté un programme que vous reniez aujourd'hui ? Non,
on ne le renie pas. Ce qu'on dit, ce qu'on dit de manière très simple, c'est que personne n'a de majorité pour appliquer l'ensemble de ses idées, de son programme, de ses idéaux et de ses principes. Donc, qu'est-ce qu'on fait quand on n'a pas de majorité ? Un minimum pour les Françaises et les Français les plus modestes. On vous entend, Raphaël,
et on va continuer de parler dans un instant
du NFP. Vous savez, il y a toujours ce procès d'irresponsabilité qui est fait à la gauche. On dit toujours, mais comportez-vous de manière responsable. Mais moi, je me retourne maintenant vers les députés qui soutiennent le président de la République et le Premier ministre. J'en dis, peut-être est-ce à votre tour aussi de vous comporter de manière responsable, de renoncer à cette idée que vous êtes les seuls légitimes à pouvoir dicter la politique de la France. Les urnes ne confirment pas cela. Et donc, désormais, la responsabilité, c'est de votre côté aussi être prêt à faire des sacrifices et à accepter que d'autres idées que les vôtres puissent être appliquées dans ce pays.
Dans un instant, le nouveau Front Populaire, justement, est-il définitivement mort ? Vos ambitions pour 2027 ? Aussi, Raphaël Glucksmann. Le 830 France Info, Agathe Lambret, Paul Laroutourou. Avec Raphaël Glucksmann, député européen, place publique, pas de budget, un gouvernement qui n'existera plus, sans doute, dans quelques jours, une classe politique qui se déchire. Et des Français, des abusés.
Des abusés, ils n'en peuvent plus. Tous les sondages d'opinion le disent et on va écouter ensemble Gilles qui vit en banlieue parisienne, qui travaille dans l'aide aux personnes en situation de handicap. Il est au micro de Agathe Mailluet.
Le comportement aujourd'hui de la France insoumise, de l'extrême droite, ça me fait juste gerber. Je déteste ce gouvernement macroniste. On est en train de baliser le terrain à l'extrême droite. Personne ne fait rien. Il n'y en a pas un pour représenter le pays.
La seule solution, Raphaël Glucksmann, c'est la dissolution ?
Moi, je ne veux pas la brutalisation des institutions et regarder ce qu'a donné la première dissolution. Donc, il faut voir si on peut éviter ce scénario. Et la seule manière de l'éviter, c'est d'avoir ce compromis dont je parle sur le budget. Maintenant, si ce compromis est impossible, si on n'arrive pas à se mettre d'accord, eh bien, ce sera un échec immense, mais il n'y aura pas d'alternative à la dissolution. Et à ce moment-là, nous serons prêts. Mais moi, je veux souligner les propos qui ont été tenus là. De Gilles. De Gilles. C'est extrêmement grave ce qui est en train de se produire. Et ce qui se produit, en fait, depuis le 7 juillet et le résultat des élections le 7 juillet 2024.
Il y a eu un front républicain. Il y a eu un sursaut des électrices et des électeurs pour barrer la route au Rassemblement National. Ça nous imposait une responsabilité immense. On avait un poids sur les épaules qui était extrêmement lourd. Et l'obligation de ne pas gâcher ce sursaut républicain. Et ce à quoi on assiste depuis, à commencer par le comportement des premiers ministres successifs qui refusent la négociation, eh bien, ce à quoi on assiste, c'est un immense gâchis. Et la prochaine fois, je vais vous dire que ça va être beaucoup plus compliqué de mobiliser les démocrates en France pour barrer la route à l'extrême droite.
Et donc, la responsabilité, la responsabilité, elle est immense. Il faut qu'il y ait un examen de conscience des politiques.
La responsabilité de la gauche aussi, Raphaël Luxman ?
Mais moi, depuis le début, depuis le 7 juillet, qu'est-ce que j'ai dit ? J'ai dit, la gauche est en tête, mais nous ne sommes pas majoritaires.
Et justement, aujourd'hui...
Et donc, la stratégie qui a été adoptée, eh bien, de dire le NFP, tout le NFP, rien que le NFP, c'était une stratégie qui d'emblée était perdante.
S'il y avait une dissolution demain, est-ce que, comme l'année dernière, vous pourriez soutenir une alliance de LFI, OPS, un remake du Front Populaire ou vous dites plus jamais ?
Je vais être extrêmement clair. Il n'y aura pas d'alliance avec la France insoumise. Législative, anticipée, présidentielle, tout ce que vous voulez. Il n'y aura pas d'alliance avec la France insoumise.
Même pour barrer la route au RN,
nous ferons une offre d'une gauche démocratique, cohérente, sociale, écologiste, une offre qui peut créer une dynamique politique dans ce pays et qui ne sera pas avec la France insoumise. Et je suis extrêmement clair, c'est définitive. S'il y en a qui hésitent, ils seront obligés de choisir. Mais il y a toujours le péril d'extrême droite, Raphaël Gluckman. Qu'est-ce que vous faites face à ce péril ? Nous serons prêts. Qu'est-ce que vous faites ? Nous serons prêts, dès la dissolution si jamais elle arrive, pour porter cette offre-là face à l'extrême droite.
Qu'est-ce qui a changé le péril d'extrême droite ? Il est toujours là. Ça veut dire qu'en cas de duel LFI-RN, vous faites quoi ? Vous n'apprêtez pas à voter LFI ?
Là, ce que je vous explique, c'est qu'il n'y a pas d'accord.
Vous nous expliquez que ça signifie que vos divergences avec Jean-Luc Mélenchon sont plus fortes que l'impératif du Front républicain. C'est ça que vous avez dit ce matin.
Non, pas du tout. Mais regardez, est-ce que vous me posez la question « Allez-vous faire un accord avec Bruno Rotaillot ? » Je vais vous répondre non. Est-ce qu'au deuxième tour, s'il y a un candidat face au Rassemblement National ? Mais du coup, il n'y a plus de Front républicain ? Mais ce n'est pas un accord, le Front républicain. C'est un désistement de deuxième tour. C'est un vote de deuxième tour. Donc s'il y a un second tour LFI-RN, vous voterez LFI ? Moi, je voterai toujours contre le Rassemblement National.
Donc vous voterez LFI ?
Je voterai droite, LFI, tout ce que vous voulez. Mais contre le Rassemblement National. Ce que je dis, c'est qu'un accord national de premier tour face au Rassemblement National est contre-productif. En fait, je vais vous dire une chose. Quand vous prenez, parce que j'entends des gens qui disent « Oui, Raphaël, il a raison, il ne faut pas d'accord national avec l'AFI, sauf dans les circonscriptions où il y a une menace RN. Et donc là, dès le premier tour, il faut rester allé. » Mais je réponds une chose très simple. Oui, notre priorité, c'est de battre l'extrême droite. Mais dans une circonscription où il y a une menace du RN, quel est le pire candidat possible au deuxième tour face au RN ?
Mais c'est évidemment un candidat LFI. Et donc si vous voulez battre le RN, il faut précisément qu'il n'y ait pas un candidat LFI face au RN. Justement à propos de l'FI,
on aimerait vous faire écouter la députée LFI de Paris, Sophia Chekirou, interrogée par l'émission Quotidien.
« Moi, je ne considère pas que la Chine est une dictature. La liberté d'expression en Chine n'est pas aussi menacée à mon avis que celle qu'on a en France. »
« Moi, je ne considère pas que la Chine est une dictature. La liberté d'expression est aussi menacée en Chine que celle qu'on a en France. »
Et vous voudriez, honnêtement, qu'on aille devant les Françaises et les Français en disant « Nous allons gouverner le pays avec Madame Chikirou et ses amis. » Ces gens-là ne font plus la différence entre une dictature et une démocratie. Ne font plus la différence entre la Chine et la France. Vous aimeriez que la désarouée et les publicités ne sont pas d'accord ? Ils passent sous silence. La déportation des Ouïghours. La répression à Hong Kong. La mise en prison de l'ensemble des dissidents. Ils passent sous silence le fait que la Chine est une menace à la fois politique, géopolitique et aussi économique pour nos pays.
Et ça vient après un rapport porté par Madame Chikirou à l'Assemblée nationale qui était lunaire, totalement apologétique de la dictature. Oui, je le répéterai, de la dictature du Parti communiste chinois. Mais ça vient aussi avec Jean-Luc Mélenchon qui explique que Zelensky, le président ukrainien, n'est plus président de rien. Et qui reprend mot à mot la propagande de Vladimir Poutine. Alors, est-ce que nous, nous allons porter une offre politique commune avec ces gens qui ne font pas la différence entre les démocraties et les dictatures ?
Peut-être que leur place
est à Pékin avec ce grand rassemblement de grands humanistes internationaux depuis la Corée du Nord jusqu'à l'Iran en passant par la Chine et la Russie. Moi, je veux l'opposé de cela. Moi, je veux que la France soit le porte-drapeau de la liberté et du droit. Moi, je veux que l'Europe s'affirme que l'Europe démocratique qu'on piétine, qui est piétinée à la fois par les États-Unis d'Amérique désormais et par les régimes autoritaires, que cette Europe démocratique s'affirme, qu'elle se dote d'une défense commune, qu'elle reprenne le flambeau de la liberté que les Américains ont complètement laissé à la poubelle. Moi, je veux que la France soit fidèle à son histoire.
Vous savez, c'est le pays qui a déclaré que tous les hommes naissaient libres et égaux en droit. Et la gauche française, elle doit reprendre ce drapeau-là. Elle ne doit pas se coucher devant les tyrans. Vous avez dit en mars,
à propos de la présidentielle de 2027, je suis prêt à y laisser ma peau. Est-ce que vous le redites aujourd'hui ?
Moi, je suis prêt à laisser ma peau pour qu'il y ait une offre qui est une offre de gauche, démocrate, pro-européenne, écolo, sociale.
Mais est-ce que vous avez la personnalité ? Est-ce que vous avez les tripes pour être candidat à la présidentielle ?
Moi, j'ai les tripes déjà pour obliger toutes les forces politiques à choisir. Je sais que beaucoup de gens n'aiment pas choisir. Qu'on a une sorte de mystique où on dit qu'on repousse les choix. Non, il faut choisir maintenant. Et notre stratégie est une stratégie gagnante. Vous savez, la gauche, aujourd'hui, elle a un plafond de verre. Vous avez les tripes pour être candidat ? 26, 27%. 26, 27%. Elle a un plafond de verre qui s'explique, un, par le rejet de l'AFI, mais deux, par un problème d'absence de travail sur des sujets de fond. Moi, je veux le porter. Et moi, j'ai les tripes pour faire en sorte qu'on ne dévie pas de cette ligne-là parce que je suis sûr que c'est la bonne.
Maintenant, on est en pleine crise politique. Vous me posez une question sur ma personne. Je vais vous répondre très cash. C'est tellement pas le moment de décider de ça.
Raphaël Glucksmann, avant de terminer, comme tous les jours, c'est le moment de la question qui ? Une question qui sera reprise, notamment sur les réseaux sociaux. Aujourd'hui, la question que vous auriez préféré éviter, sans doute. Est-ce que vous avez regardé votre compagne, Léa Salamé, au 20h ? Et qu'est-ce que vous en avez pensé ?
Effectivement, c'est la question qui ? Moi, j'étais extrêmement fier. Je vais vous parler de manière très honnête. J'ai été extrêmement fier et j'ai trouvé que c'était un moment incroyable pour elle. C'est ma fierté pour elle, pour ce qu'elle représente, pour ce à quoi elle aspire. Je suis heureux de ce qu'elle fait, fier de ce qu'elle fait. et on a toujours su être complètement séparés dans nos carrières.
Justement, comment vous vous organiserez si vous êtes candidat à l'élection présidentielle ?
Là, effectivement, avec des sillons mais pas en bouteille, mais là, ça posera un problème. Mais elle l'a dit de manière très claire depuis le début. Mais pas encore vous, c'est pour ça que je vous pose la question. Ah non, mais c'est évident que ce sera dans ce cas-là un problème et une incompatibilité. Quand j'ai fait une campagne aux européennes, elle s'était d'elle-même retirée pendant la campagne et ça semble évident. Maintenant, j'aimerais vraiment dire une chose. On est en 2025 et une femme n'a pas les opinions politiques de son mari. Et je peux vous garantir, d'ailleurs, qu'en l'occurrence, c'est probablement très vrai sur certains sujets.
Vous n'êtes pas forcément d'accord sur tout poésiquement ?
Ah bah, non. D'ailleurs, c'est un fait que je partage devant vous. En règle générale, je suis quand même extrêmement discret sur les affaires privées, un peu protestant et je refuse d'en parler. Vous me posez la question. Je suis bien obligé de répondre. Elle est politique. Et à la fin, je vous dis, il n'y aura pas de conflit d'intérêt en cas de, mais ce qui est certain, c'est qu'elle était une excellente journaliste avant même qu'on se rencontre, que moi, je suis très fier d'elle. Voilà, je vous le dis.
Merci. Raphaël Luceman, on a entendu votre message. Merci d'avoir répondu aux questions de France Info.
Raphaël Glucksmann