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interviewEurope 1 — L'interview politique du week-end· 21 septembre 2025 10 min

Possible chute du gouvernement de Sébastien Lecornu : «C'est certain, l'équation est déjà faite», assure Carlos Martens Bilongo

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:02
Présentateur

Supermater Weekend, 6h-9h, Alexis de la Fléchère. Et à 8h12 sur Europe 1, Alexis de la Fléchère reçoit Carlos Martins-Bilongo, député La France Insoumise dans la 8ème circonscription du Val d'Oise. Bonjour Carlos Martins-Bilongo. Bonjour. Merci d'être avec nous. Emmanuel Macron va annoncer demain à l'ONU la reconnaissance officielle d'un État palestinien. Vous le réclamiez. Vous êtes donc sur ce point-là. Macron, compatible ?

0:27
Carlos Martens Bilongo

Non, c'est une promesse de la France qui date de plusieurs années. Vous savez, c'était aussi dans le programme de François Hollande en 2012. Et lors des élections législatives de 2024, c'était dans le programme du NFP où chaque composante de la gauche a appelé à reconnaître l'État de Palestine.

0:43
Présentateur

Selon un sondage IFOP, 78% des Français y sont opposés car cette reconnaissance, elle intervient, c'est ça qui choque, sans aucune condition, sans vraiment de contrepartie. Est-ce que vous comprenez les critiques à l'égard du chef de l'État ?

0:58
Carlos Martens Bilongo

Je peux les entendre, mais encore une fois, c'est une chose qui aurait dû être faite depuis plusieurs années. On demande des conditions à qui ? Parce que vous savez, la Palestine, aujourd'hui, il y a deux autorités, on va dire. On a sur Gaza le Hamas, malheureusement, je déplore. Ensuite, on a l'autorité palestinienne qui est en Cisjordanie. Et aujourd'hui, quand on demande des conditions au Hamas, ça leur donne aussi une légitimité. Alors qu'ils ne sont pas légitimes, il faut reconnaître l'État de Palestine pour les concitoyens et concitoyennes palestiniennes qui vivent sur place et qui souffrent malheureusement de bombardements et de massacres.

Et c'est une promesse de la France qui a été faite depuis de longues années. On a toujours été pour deux États.

1:42
Présentateur

Ce qui choque aussi, c'est qu'il reste 48 otages aux mains des terroristes du Hamas. L'antisémitisme en France explose depuis le 7 octobre. Demain, c'est le nouvel an juif. J'insiste, mais est-ce qu'il n'était pas essentiel, Carlos Martins-Bilongo, dans ce contexte, d'attendre un moment un peu plus favorable ?

2:01
Carlos Martens Bilongo

Je ne pense pas que le président de la République le fait sciemment. Je ne suis pas de son parti, je le critique. Mais je pense qu'il faut dissocier vraiment l'aspect religieux de ce conflit hydro-palestinien qui dure depuis de très longues années, 70 ans. Parce qu'en Israël, il y a différentes personnes qui ont plusieurs confessions. Il y a des gens qui sont musulmans qui vivent en Israël. Il y a des chrétiens aussi en Israël. En Palestine, il y a des chrétiens, des musulmans ou autres. Il faut sortir de l'aspect confessionnel pour pouvoir avoir un jugement lié aux droits internationales.

2:33
Présentateur

Mais sur les conditions, c'est vrai qu'il n'y a aucune contrepartie. C'est vrai qu'au départ, à la base, Emmanuel Macron disait « pas de reconnaissance de la Palestine si les otages ne sont pas libérés ». Ce n'est pas le cas. Ça peut aussi choquer.

2:48
Carlos Martens Bilongo

Il y a plein de sujets qu'on peut réévoquer comme ça. Quand on a des ministres du gouvernement de Benjamin Netanyahou.

2:54
Présentateur

Parce que sur la solution à deux États, beaucoup sont d'accord.

2:57
Carlos Martens Bilongo

Malheureusement, vous avez Benjamin Netanyahou et des ministres à lui, qui sont condamnés par la CPI, qui sont contre la solution à deux États. qu'ils appellent carrément à l'éradication du peuple palestinien. À un moment donné, il faut...

3:10
Présentateur

Ils disent aussi que si les 48 otages sont libérés, que la guerre s'arrête demain.

3:14
Carlos Martens Bilongo

Mais ils disent aussi que l'existence d'un peuple palestinien n'existe pas. Ils veulent faire une opération ethnique et commettre un génocide. C'est toute la complexité de ce conflit, puisqu'on a aussi le Hamas.

3:24
Présentateur

Et les terroristes du Hamas disent aussi qu'on veut rayer de la carte notre voisin hébreu.

3:28
Carlos Martens Bilongo

Le Hamas ne pourra jamais le faire. L'État israélien est là, existe et doit exister. Et les deux États doivent exister. Et la France, par sa parole forte, doit pouvoir mettre un terme et des mots forts et des actes forts. Les actes forts, c'est de reconnaître l'État palestine.

3:45
Présentateur

Ce conflit, malheureusement, il s'exporte en France. À Corbeil-Essonne, le maire veut acheter des drapeaux palestiniens et les distribuer demain dans la rue. Olivier Faure, premier secrétaire du Parti Socialiste, appelle lui à hisser des drapeaux palestiniens sur les mairies en plein nouvel an juif. Est-ce que ce n'est pas mettre de l'huile sur le feu, monsieur le député ?

4:07
Carlos Martens Bilongo

Encore une fois, je vous l'ai dit tout à l'heure, il faut dissocier vraiment l'aspect confessionnel de ce conflit israélien-palestinien qui date depuis 70 ans. On a eu des drapeaux ukrainiens devant les frontons des mairies. Il y a des drapeaux palestiniens déjà devant plusieurs mairies, Malakoff, Stein, d'autres communes, encore une fois Gennevilliers et autres.

4:25
Présentateur

Ce qui est dénoncé par Bruno Retailleau parce qu'il estime qu'il y a une neutralité à avoir sur les bâtiments publics dans un conflit aussi...

4:32
Carlos Martens Bilongo

J'ai évoqué dans mon avant-propos, il y a le drapeau ukrainien sur le fronton des mairies, il y a le drapeau israélien sur le fronton des mairies de Nice. Monsieur Estrosi l'a mis depuis presque deux ans. Ça n'a jamais choqué personne.

4:46
Présentateur

Est-ce que vous seriez pour, par exemple, qu'on affiche dans ce cas-là également les portraits des 48 otages aux mains des terroristes du Hamas ? Est-ce qu'on affiche ces portraits dans les mairies, dans le hall des mairies, par exemple ?

4:58
Carlos Martens Bilongo

Les mairies, ils l'ont déjà fait. On a la mairie du 16ème arrondissement, le fait même pour les chrétiens d'Orient, on a la mairie de Dalière aussi.

5:03
Présentateur

Est-ce que c'est un peu parfois ce qui peut choquer, c'est qu'il y a deux poids, deux mesures ?

5:06
Carlos Martens Bilongo

Non, mais là je vous l'ai dit, il y a les mairies qui le font déjà, il y a juste ce qu'ils ont déjà fait. En fait, il n'y a rien de choquant.

5:10
Présentateur

Donc vous seriez pour qu'on affiche les portraits ?

5:12
Carlos Martens Bilongo

C'est déjà fait. Moi, quand je passe dans la mairie du 16ème arrondissement ou quand je passe dans la mairie de Dalière, je ne suis pas choqué, c'est posé par ces mairies-là. Les maires ou le conseil municipal, s'ils l'ont voté dans ce sens-là, ils l'acceptent. Et ensuite, si des communes veulent apposer le drapeau palestinien, ils ont le droit et c'est bien de le faire.

5:34
Présentateur

En tout cas, c'est bien de vous l'entendre dire aussi, de voir potentiellement ces portraits des otages du Hamas dans le hall d'une mairie. Vous dites ce matin sur Europe 1 que ce serait pour vous une mesure tout à fait envisageable ?

5:49
Carlos Martens Bilongo

Non, c'est déjà fait actuellement. Ça existe actuellement et ça n'a pas mis une levée de bouclier en disant que ce n'est pas possible, enlever ces portraits.

5:57
Présentateur

Et pendant ce temps, en France, il n'y a toujours pas de budget, il n'y a toujours pas de gouvernement. C'est compliqué pour Sébastien Lecornu, le Premier ministre, il va recevoir l'intersyndical mercredi. Pour l'instant, le Parti Socialiste dit non. Quelle est la position de la France insoumise sur cette situation complexe et difficile ? Vous attendez ? Vous lui laissez combien de temps à Sébastien Lecornu ?

6:18
Carlos Martens Bilongo

Quand on perd les élections, on a du mal à gouverner. Soit on laisse la coalition qui arrive en tête arriver à Matignon, soit on va s'entêter à avoir différents premiers ministres qui vont tomber. On a eu M. Barnier, M. Bayrou.

6:32
Présentateur

Donc il va tomber pour vous ?

6:33
Carlos Martens Bilongo

C'est certain. L'équation est déjà faite. Je ne vois pas quel parti va accorder un kictus à ce gouvernement. Même des députés de la majorité ne seront pas parti prenant du soutien du soutien.

6:43
Présentateur

Imaginons que Sébastien Lecornu ne réussisse pas son pari et qu'il chute comme ses prédécesseurs. peut-être une dissolution à ce moment-là de l'Assemblée Nationale. Si dissolution il y a, vous repartez avec le nouveau Front Populaire, vous pactisez à nouveau avec le Parti Socialiste, et vous avez toujours en tête Lucie Castet à Matignon ?

7:04
Carlos Martens Bilongo

Je pense qu'au moment où M. Lecornu sera censuré, il y aura un vrai sujet déjà sur le Président de la République. À un moment donné, on a fait une dissolution en 2024, en faire encore en 2025, au début de 2026, ça serait recommencer la même erreur, et les rapports de France, les rapports de force sont identiques au niveau du Parlement. Donc vous n'êtes pas pour la dissolution ? Je suis convaincu que c'est une nouvelle élection présidentielle qui permettra à la France d'avoir une nouvelle impulsion. En attendant, l'élection présidentielle, elle n'est pas tout de suite ? Oui, mais en fait, il faut qu'elle soit déclenchée.

Il y a un blocage dans le pays, tout le monde en a conscience, il y a eu 8 ans de Macronie, et on constate que toutes ces belles embolées lyricales sur le monde libéral nous mènent dans l'impasse. Les services publics ne vont pas, vous allez à l'hôpital, vous n'avez que des problèmes, l'école, ça ne va pas à un moment donné, et l'économie ici est au taux plus mal.

7:55
Présentateur

Vous avez déjà en tête un candidat pour Matignon à la France Insoumise ?

7:59
Carlos Martens Bilongo

Moi, j'ai une optique sur une future élection présidentielle. Après, si nous devons avoir encore un nouveau Premier ministre, nous n'avons pas encore cette attachée là-dessus. Nous étions sur Madame Lucie Casté il y a un an.

8:11
Présentateur

Jean-Luc Mélenchon a dit que Bruno Retailleau a besoin de la violence, de poubelles qui brûlent pour affirmer son rôle de sauveur. C'est vrai que ça m'a un peu interpellé, parce que comment on peut dire qu'un ministre de l'Intérieur souhaite le chaos à l'inverse ? Bruno Retailleau, ce qu'il veut, c'est que ça se passe bien et qu'il n'y ait pas de débordement.

8:26
Carlos Martens Bilongo

Monsieur Bruno Retailleau, il était sénateur. Vous avez connu au Sénat ? Est-ce que ça a été quelqu'un qui a eu des propositions pour la France ? Non. Qu'il soit à l'époque l'UMP ou RPR, ce n'est pas quelqu'un qui a toujours trouvé des solutions pour le peuple français. Et aujourd'hui, de par son ministère, et même des personnes de son parti sont contre lui et le combattent, il s'est donné un écho médiatique en surfant uniquement sur les peurs et sur les minorités de choses qui se passent mal dans les manifestations, et ça c'est regrettable. J'aimerais bien moi voir un ministre de l'Intérieur qui donne une belle voix à la France, qui parle de belles choses.

À chaque fois, on va le voir dans le 20ème arrondissement, dans un commissariat, il avait des pétards dans la main pour expliquer que c'était des barbares, etc. Assez de ces personnes qui insultent des concitoyens, qui font parfois des erreurs, et qu'il faut parfois condamner, qu'il faut réinsérer, mais il faut donner, je pense, une nouvelle voix à la France en parlant de choses qui vont bien également, parce que c'est des minorités où ça se passe mal.

9:34
Présentateur

Merci beaucoup Carlos Martins-Bilongo. Je rappelle que vous êtes député de la France Insoumise dans le Val-d'Oise. Merci d'avoir été avec nous. Bon week-end.

9:41
Carlos Martens Bilongo

Merci à vous pour l'invitation.

Possible chute du gouvernement de Sébastien Lecornu : «C'est certain, l'équation est déjà faite», assure Carlos Martens Bilongo — Carlos Martens Bilongo · Pourquijevote