Bernard Jomier : "On est passé tout près de ce qu'on a dû faire au moment de la crise Covid"
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Parlons pour commencer cette émission de notre adaptation au réchauffement climatique et notamment de notre système de santé alors que la France va connaître une troisième vague de chaleur qui est prévue cette semaine. La France peut-elle tenir ? Et nos hôpitaux surtout ?
Pour en parler, j'accueille Bernard Jomier, bonjour. Bonjour. Vous êtes sénateur socialiste de Paris, médecin en exercice et puis politiquement, je rappelle que vous êtes membre du parti Place Publique, le parti de Raphaël Glucksmann.
On se dirige vers une troisième canicule dans le pays, Bernard Jomier. Est-ce que vous pensez que notre pays peut être un peu mieux préparé que les deux précédentes ou au contraire fragilisé ? Ce qui est totalement inédit, qu'on n'a jamais vécu, c'est la succession à un intervalle très rapproché de deux épisodes de canicule.
On sort, il y a quelques jours, d'un épisode qui était totalement inédit par son ampleur, des températures plus de 40 degrés sur une grande partie du territoire, et là, ça va recommencer avec de nombreux départements où les populations vont être soumises à plus de 40 degrés. Et ça, cet effet-là, on ne l'a jamais vu. Et il faut se dire qu'à l'avenir, ça risque de se répéter.
On a un système hospitalier qui tient, mais pour qu'il tienne dans la durée, il faut que collectivement on en prenne soin et en prendre soin ça veut dire vous savez ce qui le menace en premier, c'est la surcharge des hôpitaux qui sont surchargés, des urgences qui sont surchargées, des personnels qui travaillent parfois dans des conditions difficiles. Tous les hôpitaux en 2026 ne sont pas climatisés. Il y a encore des établissements où il fait très chaud.
Et donc ça veut dire qu'en amont, il faut éviter d'arriver à l'hôpital. Et c'est en ville que ça se passe, c'est autour de nous. On doit les communes mettre en œuvre, et elles le font, les dispositifs d'intervention à domicile, d'appels en direction des personnes âgées fragiles.
Mais il faut aussi, au-delà de ça, que par exemple les personnes plus jeunes, parce que ça, c'est une des données tout à fait nouvelles aussi du dernier épisode caniculaire, c'est la mortalité chez les 30-50 ans. On ne fait pas de sport pendant la journée en extérieur. C'est dangereux, même si on pense qu'on est en bonne santé, et même si on l'est, on risque un accident cardiaque.
Donc on a une responsabilité collective pour franchir à nouveau cet épisode dont on ne sait pas s'il sera le dernier de cet été. D'autant que les organismes, alors là je m'adresse peut-être aux médecins, les Les organismes sont plus touchés par une succession de canicules et avec des impacts sur plusieurs jours ? Les organismes sont plus touchés.
Et l'ensemble, j'allais dire, des organismes, c'est-à-dire que moi, je suis marqué de voir des personnes qui sont jeunes, qui sont en bonne santé, qui disent « je suis fatigué de l'épisode précédent et donc on va rentrer dans un nouvel épisode avec des organismes fatigués. Je suis inquiet de ce qui se passe dans le monde du travail où on n'a pas encore les données consolidées mais il semble qu'il y ait une forte hausse des accidents de travail sur la période récente et peut-être des décès au travail on va voir on n'a pas encore les données consolidées mais tout ça ce sont des indicateurs que la situation est dangereuse pour la semaine à venir. Il faut s'inquiéter pour le bilan humain, on se souvient la semaine dernière il y a eu une bataille de chiffres autour du bilan humain de la canicule précédente avec les écologistes qui évoquait 10 000 morts, ce qui n'était pas vrai et d'ailleurs le Premier ministre avait qualifié cette spéculation de scandaleuse mais il va falloir quand même communiquer rapidement sur le bilan humain réel.
On ne peut pas communiquer rapidement parce qu'il faut être sérieux, il faut attendre, ça prend plusieurs semaines avant d'avoir les chiffres. Mais le chiffre des écologistes n'était sans doute pas sérieux, mais le chiffre du gouvernement qui a mis sur la table 1000 décès ne l'était pas plus. Et déjà il a été révisé à la hausse, à 2000 par la ministre de la Santé hier et il sera de plusieurs milliers.
Mais tout ça, j'allais dire, c'est évidemment important, mais ça ne doit pas masquer l'essentiel. C'est que la répétition de ces épisodes survient dans Dans un pays où on n'est pas allé assez vite sur l'adaptation à ces épisodes de forte chaleur. Et donc, on en subit des conséquences qui sont extrêmes.
À Paris, qui est la plus grande métropole du pays, Je rappelle que les services funéraires, toute la filière funéraire a été débordée et qu'on a été à deux doigts de devoir rouvrir, de devoir faire appel à Rungis qui dispose de grandes de surface rafraîchie, frigorifique. Bon, finalement, ça n'a pas été le cas, mais on est passé tout près de ce qu'on a dû faire au moment de la crise du Covid. – Et justement, vous parliez de l'inadaptation au réchauffement climatique pour sanctionner le gouvernement de son impréparation à ses vagues de chaleur.
Les écologistes, les députés écologistes défendent aujourd'hui une motion de censure du gouvernement. Bernard Jaumier, est-ce que si vous aviez été député, vous voteriez cette motion de censure Moi, je comprends le dépôt de la motion de censure par les écologistes parce que lutter contre le réchauffement climatique, c'est faire de l'atténuation, c'est-à-dire prendre les mesures décarbonées en fait notre pays et notre économie. Et là, on a eu des marches avant, marches arrière sans cesse ces dernières années.
Je ne reviens pas, le fonds vert, ma prime rénov', 16 changements en quelques années, personne n'y comprend plus Le plan arbre, planter des arbres. Emmanuel Macron nous avait dit qu'on allait prendre un milliard d'arbres. Je vous invite.
On est le 6 juillet, 7 juillet. Le 1er juillet entre en vigueur une loi qui impose aux parkings des centres commerciaux, dette tomberait à 50 %, les grands parkings. Regardez, la loi est très mal appliquée.
Donc ce gouvernement, il fait marche avant, marche arrière, sans mais dans le même temps on ne peut pas lui reprocher la vague de chaleur actuelle, il faut quand même être un peu de bonne foi, donc je comprends le signal politique des écologistes, mais je considère qu'on est en juillet Dans neuf mois, il y a une élection fondamentale. Le carton jaune puis le carton rouge au gouvernement, ce sera à ce moment-là. Et là, changer de gouvernement n'aidera pas à résoudre la crise actuelle. – Donc c'est de la politique politicienne, cette motion de censure ? – Non, je ne fais pas partie de ceux qui font du bashing des écologies, c'est insupportable.
On vient d'avoir une loi agricole au Sénat, moi j'ai entendu des collègues du partie d'Edouard Philippe, qu'on voyait il y a quelques instants à votre écran, qui ont bataillé pour réduire la protection des zones humides. Mais ça, c'est un niveau d'irresponsabilité grave quand même. Notre pays, non seulement subit des canicules, mais une sécheresse qui est terrible à l'heure actuelle.
Les dégâts sur l'environnement, sur l'agriculture vont être terribles. Les sols sont complètement asséchés. Eh bien, ils ne trouvent rien de plus intelligent que de détricoter la protection des zones humides.
Ce sont eux les irresponsables et pas les écologistes alors vous en parliez à l'instant il y a se pose la question dans cette crise de vagues de chaleur de la résistance de nos hôpitaux face à ce phénomènes en tout cas le gouvernement essaye de les renforcer un petit peu en urgence d'abord en essayant d'équiper de climatisation des établissements hospitaliers qui n'en comptait pas jusque là on va écouter le premier ministre sur ce point j'avais annoncé l'acquisition de plus de 30 .000 climatiseurs dans des délais assez brefs et je peux vous confirmer qu'on a déjà 6000 climatiseurs qui sont en livraison au moment où on se Et 7000 ventilateurs, ça c'est une priorité absolue, avec aussi une méthode qui a été donnée de confier aux hôpitaux le soin de pouvoir acheter ces matériels. Le ministère va les rembourser, ce qui est là aussi beaucoup plus moderne, de fonctionner en proximité avec avec des centrales d'achat qui nous permettent de regrouper, évidemment, ces acquisitions et de les faire à meilleur prix.
Voilà Sébastien Lecornu qui était jeudi dernier à Marseille lors de sa cellule interministérielle de crise sur la canicule. Bernard Jaumier qui lit en en 2026 des établissements hospitaliers sans climatisation. Comment c'est possible ?
On n'a pas tiré les leçons de la canicule de 2003 ? C'est possible parce qu'on est gouverné à coups de mesures conjoncturelles. Et donc quand un épisode arrive, le Premier ministre a raison.
Là moi je ne lui donne pas tort de commander rapidement des climatiseurs pour améliorer. Mais c'est de l'immédiateté. Or, enfin, le GIEC, tous les scientifiques nous disent depuis des années, tous les experts sur le climat nous disent qu'on va vers des canicules de plus en plus intenses.
Et c'est pour ça d'ailleurs par exemple qu'il faut rendre grâce à Elisabeth Borne d'avoir créé le Fonds Vert en 2023. Mais on crée le Fonds Vert et trois ans après, on a divisé par trois les financements. Ce fonds est destiné à nous adapter au changement climatique.
Donc cette façon de gouverner à coups de barre, un coup à droite, un coup à gauche, marche avant, marche arrière fait que quand la crise arrive, on est fragile. Et c'est le cas des hôpitaux, évidemment, quand les Les hôpitaux sont à la base sous tension. Vous rajoutez la crise climatique et c'est très difficile pour les personnels des hôpitaux.
Donc il faut mieux anticiper, il faut gouverner dans la durée et en anticipant plutôt que de devoir réagir quand la crise arrive. Des hôpitaux qui sont en état d'alerte maximale puisque le gouvernement a activé le plan Orsan niveau 3. Alors concrètement, qu'est-ce que c ce plan Orsan ?
Et bien tout simplement c'est la mobilisation maximale de notre système de santé. Cela permet de déprogrammer des interventions non urgentes, les effectifs hospitaliers sont renforcés, on revoit les plannings, on rappelle du personnel au repos, on fait appel à la réserve sanitaire aux étudiants, aux retraités et puis quand un département est saturé sur le plan sanitaire avec ce plan Orsan niveau 3 et bien les transferts de patients au niveau logistique se font beaucoup plus rapidement, ça veut dire que Bernard Jaumier dès la deuxième vague de chaleur qu'on vient de connaître et bien notre système hospitalier était déjà saturé finalement à sa limite. Oui il a été en difficulté.
Il a franchi cette vague. Moi, ce qui m'inquiète, c'est qu'on est début juillet et qu'on a deux mois à passer et qu'on ne passera pas deux mois parce que personne ne sait s'il n'y aura pas derrière une quatrième, une cinquième, une sixième canicule. Et on ne va pas pouvoir passer deux mois à dire au personnel qu'ils ne doivent pas partir en vacances, à orienter toute la chaîne de soins vers cette gestion.
Alors là, tout le monde va se retrousser les manches. Et moi, je connais bien les personnels soignants. Ils ne refineront pas à la tâche.
On a vu pendant la crise Covid. Ils étaient là, ils ont répondu présents. Encore une fois, ils répondront présents.
Mais quand arrêtera-t-on de gouverner en mettant sans arrêt les gens sous tension, en demandant sans arrêt au personnel d'en faire plus que ce qu'il est humain de leur demander ? Quand cessera-t-on de les faire travailler dans des conditions dégradées, avec peu de personnel, avec des les locaux mal adaptés. C'est là où on voit que la façon dont on gouverne le pays, le Premier ministre ne peut pas nous dire que c'est satisfaisant.
La réalité, c'est c'est que la gouvernance du pays est une gouvernance réactive, à coût de communication d'ailleurs pas très bien ajustée et qui fait que notre pays est en grande difficulté. – On va parler des personnes isolées qui sont victimes de ces vagues de chaleur et c'est peut-être même la nouveauté de cette canicule par rapport à la canicule de 2003. On écoute le Premier ministre sur ce point. – On a une particularité qui est Ce qui est difficile d'ailleurs à appréhender, c'est que la plupart, en tout cas un nombre important de nos concitoyens et de nos concitoyens qui sont décédés, sont décédés à leur domicile.
En cela d'ailleurs la grande différence avec 2003 où il y avait, on s'en souvient évidemment de la question des EHPAD. Aujourd'hui, on voit bien que, et notamment sur la plaque parisienne, en Ile-de-France, beaucoup de personnes, seules, c'est aussi un sujet sociétal, social très important, se sont retrouvés livrées à elles-mêmes et sont décédées à domicile. Pour nous, c'est aussi une évolution de la posture parce que c'est quelque chose qui pour le coup est nouveau.
Le gouvernement travaille sur un plan hors sec chaleur extrême pour mettre à l abri, plus rapidement les personnes isolées dans des lieux de fraîcheur. J'ai mis, il faut changer complètement notre logiciel sur cette solidarité vis-à-vis de ces personnes isolées qu'on oublie malheureusement, peut-être parfois. Non, ce n'est pas Ce n'est pas nouveau.
Ce n'est pas nouveau et après la canicule de 2003, les collectivités territoriales ont mis en place des fichiers qui s'appellent les fichiers chalex, chaleur extrême à Paris, dans mon département. Un fichier a été établi pour recenser toutes les personnes âgées, isolées à domicile et pour pouvoir les appeler en cas d'épisode caniculaire. Et si besoin, pour pouvoir envoyer à domicile une équipe, quelqu'un pour aller voir ce qui se passe.
Donc non, l'ampleur est nouvelle, mais le phénomène n'est pas nouveau. Et là aussi, il y a un défaut d'anticipation. C'est-à-dire que dès qu'un épisode caniculaire arrive, ces fichiers doivent être activés.
Alors c'est fait dans un certain nombre d'endroits. Mais quand le gouvernement fragilise, par exemple, les CCAS, eh bien on fragilise...
Les centres communaux d'action sociale. Pardon. Les centres communaux d'action sociale, on va fragiliser ce type de dispositif.
Donc encore une fois, pour répondre de façon satisfaisante à une crise comme la canicule qui est là, ces canicules à répétition, il faut avoir mis en amont des dispositifs stables qu'on ne change pas tous les jours et auxquels on ne coupe pas sans arrêt les moyens. – On continue à parler de la canicule dans les hôpitaux, on va aller dans le département des Pyrénées-Atlantique, retrouver Benjamin Moutet, maire d'Orthèse dans ce Le département des Pyrénées-Atlantiques. Bonjour Benjamin Moutet.
Bonjour à tous. Alors vous venez d'être élu président du conseil de surveillance de l'hôpital de la ville d'Orthèse. Comment ce centre hospitalier se prépare à cette troisième canicule qui s'annonce ?
Alors, les professionnels ont l'habitude de ce genre d'épisode parce que c'est pas le premier. Donc ils font ça avec beaucoup de professionnalisme et du coup on attend d'autres consignes, mais en tout cas là les équipes sont mobilisées, toujours prendre soin des autres. Le problème c'est effectivement comme faisait mention l'invité, c'est c'est la climatisation, il n'y en a pas.
Donc c'est un sujet délicat. Oui. Et justement, est-ce que...
Parce qu'on a entendu Sébastien Lecornu qui qui promettaient des commandes de climatisation rapide pour les hôpitaux. Est-ce que vous allez en recevoir ? Alors, ce n'est pas prévu.
Pour l'heure, on a effectivement lancé des travaux. On a décidé de travaux pour la maison de retraite, mais ce sera plus tard dans l'année. En tout cas, pas à très court terme.
Bernard Jomier, une réaction ? Voilà. La différence entre les annonces de Tout est dit, c'est-à-dire qu'encore une fois, en 20 ans, on a au fil du temps abandonné des engagements qui avaient été pris.
Et vous verrez, la loi de finances va arriver en novembre, décembre. Aujourd'hui, le Premier ministre nous dit qu'en gros, le fonds vert, on va l'augmenter, 200 millions ou pas plus, mais on va l'augmenter. Mais attendez que novembre, décembre arrive, que la chaleur passe et nos gouvernants auront oubliées.
Donc si on n'est pas dans un effort constant, déterminé, qui prend du temps parce que les sommes en jeu sont importantes, un plan de climatisation des établissements scolaires, des hôpitaux, ce sont des milliards, des milliards et des milliards dans la situation budgétaire très difficile que connaît notre pays. Et donc ça doit être un effort qui est sur la durée. Et si cet effort n'est pas maintenu, et là maintenant, Et si cet effort n'est pas maintenu, et là Maintenant, il faut qu'on arrête les coups de gouvernail dans tous les sens.
Il faut qu'on soit déterminé parce que sinon, M. le maire est président du conseil de surveillance de son hôpital. Il sait ce que vivent les personnels.
Ils le voient, ce que vivent les malades qui vont à l'hôpital. On ne peut pas soigner dans des conditions qui sont dégradées. Monsieur le maire, est-ce que vous demandez une aide de l'État pour faire face à ces vagues de chaleur qui vont se répéter ah oui dans le contexte budgétaire toutes les aides sont bonnes à prendre donc effectivement si l'Etat fait un pas vers les collectivités on l'accueille avec grande joie et quand vous voyez par exemple que le fonds vert, qui est ce fonds versé par l'État aux collectivités pour les accompagner dans cette transition face au réchauffement climatique, que son fonds vert est divisé par trois.
Est-ce que vous vous sentez délaissé dans cette lutte Oui parce que pour nous c'est ça la guerre à laquelle il faut qu'on se prépare C'est plutôt cette guerre climatique, cet enjeu du quotidien Donc c'est sur ça qu'on On a besoin d'être aidés, je pense très concrètement. Nous, on est les chevilles ouvrières d'un dispositif national. Donc on a besoin de sentir que derrière nous, une politique globale et une politique nationale sont sensibles aux sujets des plus fragiles vous des personnes âgées évidemment des enfants et puis vous parliez aussi des 30 50 ans qui souffrait de la chaleur au final on s'aperçoit que tout le monde est concerné donc c'est un sujet national qui ce qu'il faut à mon avis à ont été très concrètement et très rapidement.
Merci beaucoup, Benjamin Amoutet. Vous êtes, je le rappelle, le maire d'Orthèse dans le département des Pyrénées-Atlantiques. Bernard Jomi, on finit par quelques questions politiques avec une actualité politique qui va être chargée demain puisqu'on attend la décision de la Cour d'appel de Paris dans le procès des assistants parlementaires du Front National, assistant au Parlement européen.
Et donc on va savoir si Marine Le La justice elle n'est pas là pour faire de la politique. Oui le peuple lui a confié mandat de rendre la justice, pas de prendre des décisions d'opportunité. Donc on verra bien si Marine Le Pen peut ou pas se présenter.
Pour moi ce qui est important c'est que le Rassemblement national porte une politique que je combats. Pour rester sur le sujet de la chaleur, c'est un parti qui combat les énergies renouvelables, qui a sorti un plan de climatisation qui est totalement irréaliste, qui est sur une ligne néo-trumpienne. Je rappelle que Donald Trump prône le développement des énergies fossiles, celles qui réchauffent le climat.
Il faut bien dire qu'aujourd'hui, ce que nous vivons, il faut que chacun le comprenne. C'est ce qui s'est passé il y a 20 ou 30 ans et qu'en aggravant la situation aujourd'hui, ce sera pire demain. – On comprend votre combat sur le fond vis-à-vis du Rassemblement national, mais quand même, sur la forme, je le rappelle, la justice est rendue au nom du peuple français, même si Marine Le Pen est condamnée, est-ce que ce n'est pas au peuple français de trancher, au final, dans le cadre de cette élection présidentielle ? – Mais la justice n'est pas un sondage.
Ce n'est pas le peuple qui exprime dans un sondage si quelqu'un est coupable ou est innocent. Je veux bien qu'on vit dans une démocratie de l'instantané, mais un procès est quelque chose de sérieux, quelque chose où des arguments s'échangent et qui est confié à la justice aux magistrats. Et dans un procès, je rappelle que le procureur représente l'intérêt général et il représente l'intérêt public.
Donc tout a été fait dans les formes, tout a été fait sur un temps très long. D'ailleurs, je le rappelle. C'est-à-dire que les responsables politiques nationaux, ils ont beaucoup de moyens d'échapper à la justice et ils ne se privent pas de les mettre en oeuvre, d'utiliser tous les aléas de la procédure pour essayer de retarder toujours les jugements.
Il n'y a pas que Marine Le Pen qui fait ça. Et donc, il y a suffisamment de garantie. Aujourd'hui, clairement, elle est coupable.
Ça a été dit par la justice. Et on verra quel est le verdict. Moi, je fais confiance à la justice. – Une question sur la gauche, Bernard Jomier, puisque ce jeudi, les militants du Parti socialiste vont devoir choisir sur la primaire qu'ils vont effectuer pour cette présidentielle, alors soit une primaire ouverte qui est donc disponible pour les sympathisants, soit une primaire fermée seulement vraiment pour les militants du Parti socialiste.
On rappelle que vous soutenez vous le candidat Raphaël Glucksmann. Quelle est la meilleure solution pour avoir un candidat de cette gauche social-démocrate fort à la présidentielle ? La meilleure solution serait que naturellement, une candidature émerge.
Moi je constate, je soutiens un candidat vous l'avez rappelé mais je constate que ce n'est pas le cas aujourd'hui et donc il faut se confronter aux principes de réalité. A partir de là il faut que nos électeurs interviennent dans le processus. Moi je suis favorable à ce qu'ils interviennent de la façon la plus ouverte possible sur un espace politique clair et cet espace politique c'est la sociale écologie.
Et je le dis clairement ça n'est pas la France insoumise donc pour qu'émerge un candidat maintenant sur cet espace là oui il faut faire appel à nos électeurs. Donc c'est-à-dire vous êtes pour une primaire ouverte ? Je suis pour un processus qui fasse appel de la façon la plus large possible à nos électeurs appeler ça une primaire ouverte vous savez on utilise des mots en fonction des intérêts du moment ouvert fermé que sais-je.
La réalité c'est qu'aujourd'hui il n'y a pas de candidat qui émerge naturellement il n'y a pas un candidat qui émerge naturellement il n'y a pas un candidat qui s'impose dans les enquêtes d'opinion donc il faut que nos électeurs et pas simplement les 20 ou 30 mille adhérents du parti socialiste et ceux de place publique et les adhérents écologistes prennent la parole. Et donc tous les électeurs de gauche hors la France insoumise donc c'est à dire aussi les électeurs des écologistes, des communistes ? Moi je suis favorable à un dispositif de ce type là oui.
Ça veut dire qu'au sein de place publique, vous conseillez Raphaël Glucksmann d'aller dans une primaire parce qu'on a l'impression que pour l'instant il refuse. Je crois que la méthode, je l'ai dit, qui consiste à ce que ça décante naturellement, était la plus simple est la meilleure. Je constate aujourd'hui qu'elle ne fonctionne pas.
Et je veux bien qu'on m'explique le contraire, mais je ne doute pas que Raphaël Glucksmann voit lui-même que cette méthode ne fonctionne pas et que se discute actuellement les modalités d'un vote. Donc il pourrait changer d'avis, selon vous ? Se discutent les modalités d'un vote.
Ça se discute au sein de Place publique. Merci beaucoup Bernard Jaumier d'avoir été notre invité ce matin pour parler notamment de l'adaptation de la France et de nos hôpitaux au réchauffement climatique. Maintenant on va parler de l'adaptation de nos logements à ces vagues de chaleur et puis également des solutions pour résoudre la crise du – Sous-titrage Société Radio-Canada
Bernard Jomier