Le retour de l’inflation !
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
- A.Casse: En parlant de produits frais, les prix du poisson sont les premiers impactés. - Sur les étals de ce grossiste breton, Qu'au marché ou en poissonnerie.
Mais ici aussi, les prix explosent. - Un filet de cabillaud, l'an dernier, on le trouvait entre 20 et 25 euros le kilo. Peut-être 28 ici.
Là, c'est 41. - Pas possible? C'est du luxe? - Oui. - Sur un an, le prix au kilo du merlu a bondi de 60 %. 67 % pour le lieu noir. - Le poisson était un plat relativement accessible il y a 30 ans.
Aujourd'hui, c'est presque plus cher que la viande. - On est pris au piège de tout ce qui se passe dans le monde. Pour beaucoup d'autres produits aussi. - Etre pris au piège, c'est aussi le sentiment du patron. - Est-ce qu'il reste beaucoup à faire? - On est à la fin. - Super. - La filière subit de plein fouet l'envolée des prix du pétrole à tous les niveaux. - Ces caisses polystyrène que nous utilisons pour acheminer tout type de produits de la mer en France, à partir de lundi, elles nous coûteront entre 10 et 15 % plus cher.
C'est un produit dérivé du pétrole qui subit de plein fouet la crise par laquelle on passe en ce moment. - Pour traverser la tempête, le gouvernement a mis en place des aides pour les pêcheurs. Un geste, certes, mais insuffisant pour compenser la flambée des prix, selon Ludovic, propriétaire de 5 bateaux. - Juste avant le début du conflit, le plein sur ce bateau était de 11 000-12 000 euros.
Aujourd'hui, c'est le double. Près de 23 000-24 000 euros sur les dernières cotations des dernières semaines. - Selon lui, le seul responsable de ces fluctuations incessantes, c'est D.Trump. - On se plaint souvent de nos politiques modérées en Iran en se disant qu'ils ne font pas bouger les choses.
La tentation des votes extrêmes est de plus en plus tentante. Quand on voit ces extrêmes au pouvoir qui prennent des décisions et dont l'enrichissement personnel passe avant tout...
Nous, travailleurs que nous sommes en bas de chaîne, nous subissons ces impacts. - Toute une filière fragilisée. Que faire?
Le gouvernement veut favoriser l'électrification des navires de pêche. Selon ce mareyeur qui achète et revend le poisson, il y a urgence à agir. - On n'a pas trouvé la solution miracle.
Mais dans 10 ans, si on laisse filer, il n'y aura plus rien. Le poisson, on va être obligé d'aller le chercher au Danemark, en Hollande, en Ecosse, dans des pays où il y aura peut-être un peu plus de ces produits qu'on ne trouvera plus chez nous. - La pêche française serait menacée? - Très.
Prévoit une mobilisation demain, à Paris. - A.Casse: Question. - T.Porcher: On verra.
Le gouvernement avait fait une aide, une baisse des taxes sur les carburants des pêcheurs. C'est très compliqué. La hausse des prix de l'énergie va impacter. - A.Casse: On entend l'inquiétude du pêcheur.
Il dit qu'il y a urgence et que dans 10 ans, il n'y aura plus rien et qu'on trouvera le poisson au Danemark. - P.Dessertine: C'est une filière déjà fragile.
C'est un métier très dur. On a du mal à recruter. Les investissements coûtent très cher.
Les bateaux sont très coûteux, pour celui qui en a. Quand il a une augmentation de son carburant alors qu'il a des cours relativement bas, il tient pas. On était en train de chercher des vrais profiteurs de la guerre.
On voit tous ceux qui perdent. C'est très concret. Qui va s'en relever à la fin?
Comment on va faire? Comment on peut avoir une filière qui se maintiendrait alors que la France est l'un des plus grands potentiels de pêche, avec une surface côtière incroyable, une activité extrêmement dynamique? On a vu se rétrécir, comme peau de chagrin, dans les grands ports de pêche, comme Boulogne...
Aujourd'hui, on est à un moment-clé. On se demande si ça va basculer. Est-ce qu'il y a des entreprises qui ne vont pas pouvoir passer le cap de cette crise qui passe par le pétrole? - G.Macke: Ce qui est stupéfiant dans cette crise, c'est que tout un tas de produits sont des produits dérivés du pétrole.
Le poisson est un produit dérivé du pétrole dans le sens où le coût du poisson, 40 % dépend du gazole marin. Un chalutier, 40 % de son chiffre d'affaires, c'est le coût du carburant qu'il met dans le chalut. On s'aperçoit à cette occasion, et c'est le cas dans l'agriculture également, avec les engrais azotés, qui sont des dérivés du gaz et du pétrole...
C'est aussi le cas du gazole non routier. On s'aperçoit, à l'occasion de ce type de crise, qu'on est dépendants de cette énergie, dans le détail, dans un nombre de secteurs... - A.Casse: Vous nous aviez fait la liste.
Vous nous parliez aussi de la chimie... - G.Macke: Du plastique, des emballages, des médicaments, du textile...
Il y a des fibres synthétiques en textile, comme le nylon, le polyester...
Le monsieur nous parlait du polystyrène dans lequel il entrepose ses poissons. Même le papier, le carton...
Les papeteries utilisent beaucoup de gaz. Ce sont des industries énergivores. Il y a une diffusion dans l'économie très large.
Les jouets à Noël vont coûter plus cher. La proportion de plastique dans les jouets, c'est très important. - A.Casse: Il faut qu'on mesure à quel point nos vies vont changer irrémédiablement. - G.Macke: "Irrémédiablement", je sais pas, mais si D.Trump ne débloque pas le détroit d'Ormuz dans les 2 ou 3 prochains mois, ça crée des crises. - T.Porcher: Je rajoute un petit élément.
Nous payons cette crise et nous la prenons de plein fouet parce que nous avons fait des choix en termes de désindustrialisation ces dernières années. On importe quasiment 50 % de notre gazole parce qu'on a fermé nos raffineries. Sur l'essence normale, on est bien.
Parfois, on l'exporte pas mais le gazole, on l'importe. Avant, on l'importait de Russie. Maintenant, on l'importe du Moyen-Orient.
Ca crée une tension forte. Le gazole est plus cher, mais il a une fiscalité plus avantageuse. Nous avons une double volatilité.
La volatilité du conflit et le fait qu'on n'ait pas les moyens de raffiner sur place. C'est pareil pour les médicaments, la papeterie, etc. On nous a dit que ce serait plus intéressant de produire à la raffinerie en Arabie saoudite, mais dès qu'il y a un problème, on le prend de plein fouet. - A.Casse: Demain, il y aura sans doute plus de télétravail?
Il faudra mettre en place des mesures de circulation alternée? Ce sont des mesures plus douces pour essayer de réagir? - S.Villers: Il faut une stratégie globale pour faire face à ces chocs qui, de toute manière, ne vont pas disparaître.
A très court terme, il y a une problématique chez les ménages mais également chez les entreprises françaises. En 2022, les entreprises avaient connu des décennies où il n'y avait pas d'inflation. Elles ont pu passer des hausses de prix sans que les ménages ne rechignent.
Ca a quand même été douloureux, mais c'était inédit, la flambée des prix qu'on avait connue en 2022. Aujourd'hui, les marges de manoeuvre des entreprises sont ultra limitées. Les prix sont déjà très élevés.
Les entreprises craignent cette séquence. Elles se disent, que ce soit les pêcheurs ou le reste: "Est-ce que les consommateurs vont pouvoir acheter nos produits?"