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interviewFrance Inter — L'invité de 6h20 (sur Site radio)· 17 mars 2021 9 min

Alain Milon : "Il faut à tout prix avancer dans la vaccination"

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Le 17 mars 2020, la France se confinait en espérant des jours meilleurs. Un an après, l'épidémie de Covid est toujours là et les restrictions pour la freinée restent fortes. Bonjour Alain Milon.

0:11
Alain Milon

Bonjour, merci de m'avoir invité.

0:13
Présentateur

Je vous en prie, vous êtes sénateur Les Républicains du Vaucluse. Vous avez présidé la commission d'enquête du Sénat sur la gestion de cette crise. Un an après, on est toujours dépassé par ce virus ?

0:24
Alain Milon

On est dépassé par le virus, on est dépassé par les variants du virus aussi. Il n'y a pas que le virus initial qui avait mis tout le monde en confinement, c'est les variants maintenant qui inquiètent beaucoup. Et le fait aussi que, malgré toutes les précautions qui sont prises, en particulier dans ce qui est la distanciation, on est un peu limité dans la livraison des différents vaccins.

0:45
Présentateur

On a une impression tout de même d'impuissance. Est-ce que c'est votre sentiment ?

0:50
Alain Milon

Oui, par rapport à ce virus, on a une impression très nette d'impuissance, mais c'est un adversaire particulièrement intelligent, c'est un adversaire particulièrement dangereux, et c'est un adversaire qui tue, qui tue aussi vite, aussi rapidement, que celui de la grippe espagnole il y a un siècle en arrière.

1:11
Présentateur

Alain Milon, il y a un an, le président a décrété un confinement, du jour pour le lendemain d'ailleurs, parce que les hôpitaux explosaient. À l'automne, on a remis un confinement, parce que les hôpitaux n'étaient pas loin d'exploser. Et là encore, on s'interroge sur un possible reconfinement en Ile-de-France, parce que les hôpitaux sont sur le point de saturer. On a l'impression de revivre sans cesse la même situation.

1:33
Alain Milon

Pour une raison toute bête, c'est qu'on est toujours dans une épidémie avec un virus particulièrement contagieux, d'abord, beaucoup plus contagieux d'ailleurs, dans les variants que ce qu'il était précédemment, et un virus qui continue de tuer, et qui tue non seulement ceux qu'il tuait auparavant, mais maintenant les jeunes. Donc, on est encore en difficulté majeure tout le temps que nous n'aurons pas fait une vaccination massive de l'ensemble de la population.

Et malheureusement, les différents inconvénients qui peuvent arriver dans le cadre de la vaccination, et dont vous parlez beaucoup, en particulier pour le vaccin AstraZeneca, nous mettent dans cette situation particulièrement compliquée.

2:13
Présentateur

Pour vous, il fallait suspendre l'AstraZeneca ou pas ?

2:17
Alain Milon

Non. Non, parce que les complications qui sont données par le vaccin, qui sont menées par le vaccin, sont quand même très infimes, même si malheureusement elles existent, et c'est dommage pour ceux qui en subissent les conséquences. Mais l'ensemble, si on regarde bien, il y a à peu près plus de 20 millions de personnes vaccinées maintenant, il y a 1 à 2 ou 3 % de complications. Ces 20 millions de personnes, si elles n'avaient pas été vaccinées, elles auraient eu le Covid par ailleurs, et ce n'est pas 1 ou 2 ou 3 % de morts qu'il y aurait eu à ce moment-là, mais c'est 20 ou 30 ou 40 %.

2:49
Présentateur

Alain Millon, puisqu'on vous a invité pour faire le bilan de cette gestion de crise depuis un an et de ce qui nous attend dans les prochains mois, à propos de cette campagne de vaccination, on approche les 8 millions de personnes vaccinées en France avec au moins une dose. Pour vous, en dehors de l'approvisionnement, de cette histoire d'AstraZeneca, juste pour ce qui est de l'organisation de cette campagne, il n'y a plus de soucis sur ce plan-là aujourd'hui ?

3:12
Alain Milon

Il y a eu énormément de soucis au départ, parce qu'il faut quand même bien se rendre compte que le virus a touché le monde entier en même temps. Habituellement, quand on a des épidémies, ou des épidémies grippes par exemple, on a l'hémisphère sud qui commence, puis l'hémisphère nord, et jamais l'ensemble de la Terre en même temps. Cette fois-ci, c'est le cas. Donc tous les pays du monde, en même temps, ont commandé des vaccins au laboratoire. Il y a eu quelques difficultés à mettre en place ce vaccin, d'autant que c'est un nouveau virus. Mais maintenant, il faudrait que le laboratoire puisse nous livrer régulièrement les vaccins qu'ils sont en train de mettre en place.

Je pense en particulier à celui qui va arriver, de Janssen, qui semble-t-il est à une seule injection. Mais ce n'est pas parce que nous aurons vacciné une partie du monde, et en particulier une partie du monde dit développé, que nous serons à l'abri. si nous n'avons pas fait de nécessaire, comme le demande l'Organisation mondiale de santé, de faire en sorte de vacciner également la partie du monde qui, pour l'instant, n'a pas les moyens de s'acheter ces vaccins. Il faut donc et vacciner nos populations, et aider ces pays-là à vacciner leur population.

4:24
Présentateur

Alain Milon, je suis sûre que vous avez suivi l'intervention de Jean Castex. Hier, le Premier ministre prépare les esprits à un très probable confinement de la région Île-de-France. Mais on sait qu'Emmanuel Macron, lui, veut tout faire pour éviter ce reconfinement. Pourquoi vous pensez que le Président redoute que ce confinement ne soit pas respecté, ce troisième confinement ?

4:46
Alain Milon

On sent très bien qu'à la suite des deux premiers confinements, il y a une certaine lassitude de la population à ne plus avoir de contact physique les uns avec les autres. Un troisième confinement, s'il se fait dans la région d'Île-de-France, ce sera certainement nécessaire à cause de l'évolution de la grippe, de la grippe, pardon, de la pandémie. Mais il me semble que les dangers d'un troisième confinement, c'est les dangers sociétaux, les dangers économiques, les dangers d'isolement, les dangers psychiatriques. On voit bien qu'il y a un nombre de suicides qui est augmenté, en particulier au niveau des jeunes.

Donc je comprends bien les hésitations, pour l'instant, du Président de la République sur un troisième confinement, même si celui-ci est confiné à une seule région. Il faut, à tout prix, avancer dans la vaccination, respecter la distanciation, et respecter le couvre-feu.

5:39
Présentateur

Mais le fait d'avoir aujourd'hui une logique de confinement régionalisé, ça, c'est une bonne stratégie à mettre au crédit du gouvernement ?

5:46
Alain Milon

Je pense que oui. Le confinement régionalisé à la région de Nice a quand même permis... Je suis en Provence, en Côte d'Azur. Et vous êtes médecin, je le précise. Et je suis médecin, oui. Enfin, je l'étais. Le confinement dans les Alpes-Maritimes a quand même permis de faire en sorte que ce virus ne s'est pas étalé dans le Var, dans le Vaucluse, dans les Bouches-du-Rhône, d'une manière aussi intense qu'on aurait pu le craindre. Donc les confinements régionalisés et même un petit peu dans les dates surtout fixées pour les week-ends ou autres, ce n'est pas une mauvaise solution. c'est même une solution intéressante.

6:23
Présentateur

Et les élus locaux d'ailleurs ont beaucoup reproché au gouvernement d'avoir une approche centralisée, d'être sourds aux alertes des collectivités.

6:28
Alain Milon

Il y a du mieux aujourd'hui ? Il y a quand même beaucoup de mieux actuellement. Les préfets, les directeurs d'ARS commencent depuis pas mal de temps déjà, travaillent en collaboration la plus étroite possible avec l'ensemble des élus et les maires en particulier. Moi, je vois en Vaucluse particulièrement le préfet de Vaucluse et le directeur d'ARS sont en permanence chaque semaine en train de communiquer avec les élus locaux.

6:56
Présentateur

Il y a un an a été promulguée la première loi d'urgence sanitaire, ce qui permet au gouvernement de légiférer par ordonnance. Ça veut dire que le Parlement a lui aussi été mis sous cloche ?

7:06
Alain Milon

Le Parlement devait faire comme tout le monde, essayer de se confiner et donc il ne pouvait travailler qu'avec quelques éléments et essayer de faire en sorte que ses propres parlementaires ne soient pas atteints par la maladie. Je ne pense pas, pour ce qui me concerne, dans ces périodes de crise sanitaire et d'urgence importantes, je ne pense pas que le Parlement ait été mis sous cloche. Par contre, ce qu'il faut, c'est que le gouvernement régulièrement rende compte de l'action. Il ne le fait pas assez ? Il le fait probablement, il vous dira qu'il le fait suffisamment. il le fait suffisamment sans informer réellement ou complètement.

Toutes les semaines, on a les questions au gouvernement, toutes les semaines, on a les ministres qui sont questionnés sur ce qui se passe actuellement au niveau de la nation. Il y a le Premier ministre qui rencontre aujourd'hui

7:57
Présentateur

des patrons de groupe de l'Assemblée et du Sénat.

7:59
Alain Milon

Oui, oui, tout à fait. Oui, mais il ne les rencontre pas pour faire le point sur la situation, il les rencontre certainement pour leur dire qu'un prochain confinement va se mettre en place sans leur demander leur avis en leur disant que ça va se faire comme ça. C'est ça la difficulté. Maintenant, bien évidemment, quand on est à l'exécutif, on doit décider. Quand on est à l'exécutif, on doit légiférer. Mais le problème est quand même dans le fait que les consultations entre le gouvernement et le Parlement doivent aller jusqu'au bout. Je vais vous prendre un exemple. Il ne nous reste plus beaucoup de temps,

8:29
Présentateur

Alain Milan. Allez-y rapidement.

8:30
Alain Milon

Il y a une proposition de loi sur l'organisation de la santé qui a été mise en place par le gouvernement il y a quelques semaines en arrière. Les relations entre le Parlement et le gouvernement pour essayer d'améliorer cette proposition de loi n'ont jamais été bonnes et on n'a jamais réussi à faire passer aucun message.

8:48
Présentateur

Alain Milan, sénateur LR du Vaucluse, vous étiez l'invité du 5-7.

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